Silence, ça tourne !

Chapitre 4

Le reste de la journée fut beaucoup moins palpitant. Iron Man filma le visage d'Artemis atteignant l'orgasme sous tous les angles et avec toutes les intentions possibles, de l'extase pure, à la froideur la plus absolue, mais de fait, la présence de Loki n'était pas requise. Il s'intéressa encore un peu aux figurants plongés dans les délices orgiaques, puis ce fut l'heure de la pause méridienne.

L'après-midi, on profita de la présence de tous ces figurants pour mettre en scène, non plus une scène d'orgie, mais une scène de bal. Le Comte et la Comtesse Howe organisaient des réceptions plus somptueuses les unes que les autres, dans l'espoir d'attirer l'attention de la famille impériale, et en particulier l'objet de l'obsession d'Artemis: l'impératrice Sissi. De son côté, Alister encourageait sa femme dans sa quête, car tout le monde savait que si vous aviez l'attention de l'Impératrice, vous pouviez obtenir des marchés et des monopoles intéressants.

Quelques plans de l'intrigue se déroulaient pendant cette soirée de bal, mais c'était surtout l'occasion d'avoir des images impressionnantes de danses en costume. Avec une trentaine de figurants, on pouvait aisément donner l'impression qu'une centaine de personnes se pressaient pour s'amuser sous les moulures du petit palais.

Le personnage principal était toujours Artemis, qui acceptait de nombreuses danses, mais un plan en particulier s'intéressait à Alister dansant avec la Princesse von Eggenberg pour attirer l'attention du Prince. Pendant ce temps-là, le secrétaire particulier d'Alister, et amant jaloux, observait dans l'ombre.

La majeure partie du temps de tournage était en fait consacrée aux préparatifs, car avec autant de figurants et aussi peu de personnel, tout était plus long à mettre en place, si bien que le soir arriva sans que personne ne s'en aperçoive.

Le retour en voiture avec Stark se fit majoritairement en silence. Les deux hommes étaient plongés dans leurs pensées, fatigués par un jour de tournage éprouvant. Ils arrivèrent bien après le couple que tout le monde surnommait Fitz-Simmons, du nom de ses deux membres, et qui étaient figurants pendant la scène de l'orgie et celle du bal. Les Fitz-Simmons avaient une petite notoriété dans le milieu pour être un couple monogame exclusif, même sur un plateau de tournage. S'ils acceptaient d'accueillir un membre supplémentaire au milieu de leur duo, ils refusaient tout simplement d'être séparés.

Béni fût Jarvis, le repas était prêt, et n'attendait plus qu'eux. Il ne fut pas plus agité que le voyage en voiture, même si Tony donna quelques conseils à Loki pour préparer les scènes du lendemain.

«Ne te mets pas la pression, c'est ta première scène avec pénétration, et ce n'est même pas du sexe d'amour. C'est du sexe rituel, donc, on ne se concentrera pas sur ta performance, mais sur ses effets sur Artemis. Il y aura quelques plans sur la partie pénétration, mais on en reparlera demain. Jarvis, cette tourte au poulet est à se taper le cul par terre.

—J'ai parfois l'impression d'avoir raté ton éducation, Anthony.

—Pas du tout, répondit Loki avec un sourire en coin. Vous n'y êtes pour rien, Monsieur Jarvis. Il a simplement mal tourné.»

Tony se déclara blessé dans son amour propre avec tellement de grandiloquence que Loki ajouta:

«Je vois pourquoi tu es derrière la caméra plutôt que devant.

—Tu vas finir par aller à pied au boulot demain matin!»

Évidemment, il n'en fut rien.

Pour le deuxième jour dans le décor de la salle de bal, il y avait un peu moins de figurants, mais tout autant de préparation. La scène du matin était un point culminant de l'intrigue. Artemis, après l'assassinat de l'objet de son obsession, l'Impératrice Sissi, renonçait à son vœu de virginité, et se donnait en offrande à une divinité christo-païenne transcendantale.

«Artemis utilise le corps de son mari pour s'offrir elle-même, expliqua Iron Man à ses acteurs et actrices ce matin-là. Donc Alister sera attaché sur l'autel. Le but est de donner l'impression qu'il est lui-même la table, avec la tête tombant d'un côté et les membres contre les pieds de la table. Il n'y a plus que le sexe en érection qui dépasse, un peu comme un gode sur un sybian.»

Il y eut quelques sourires et des hochements de tête. Apparemment, tout le monde savait de quoi Iron Man parlait, à part sans doute Loki.

«Google est ton ami, lui glissa Edda avec un sourire.

—Artemis chevauche Alister, et autour, elle est aidée à atteindre l'orgasme par les caresses de ses soumises et de ses adorateurs les plus fidèles.

—Comment tu veux montrer qu'elle perd sa virginité? demanda Edda.

—Vous savez tous comme moi que la notion de virginité est très problématique, et qu'elle n'a de valeur que parce qu'une société lui en donne, soupira le réalisateur. La société de la fin du XIXesiècle lui donne beaucoup d'importance, mais pour moi, il n'y a rien à montrer, donc on ne va pas se concentrer là-dessus. Pas de sang, pas de truc comme ça. De toute façon, on reste dans du symbolique. Même si certaines images sont crues, elles ont une signification. Un orgasme n'est pas juste un orgasme. Ici en l'occurrence, c'est l'aboutissement pour Artemis d'une prise de contrôle totale sur son corps et le désir des autres.

—Elle est tyrannique, laissa échapper Leo Fitz, aussi appelé Jimmy Futterman durant les tournages.

—C'est vrai, admit Iron Man. Mais c'est une tyrannie qui ne s'exerce que derrière les portes de la maison. Autrement, elle vit la même domination que les autres femmes. On n'a pas encore tourné ces scènes, mais Alister n'est pas un gentleman non plus. Bon les enfants, on se reconcentre!»

Le rôle de Loki dans la scène ne nécessitait aucun costume, mais une préparation mentale guidée par Deadpool.

«Cette scène va être éprouvante pour toi, parce qu'elle va être physique. Les bras et les jambes attachés aux pieds de la table, et la tête presque quatre-vingt-dix degrés, c'est dangereux. Tu peux te faire très mal, crois-moi, en plus tu vas avoir du mal à respirer. Donc ton érection risque d'en pâtir. En plus du fait que tu n'auras pas le temps de te construire un subspace en quelques minutes. La solution la plus simple, un étui pénien en forme de pénis, une sorte de métapénis. Péniseption.

—J'ai compris l'idée, souffla Loki en essayant de garder une attitude professionnelle.

—Spidey se chargera de camoufler ça en post-prod. Et pour la tête, quand le placement de la caméra le permettra, quelqu'un sera là pour glisser un support sous ta tête. C'est rudimentaire, mais si tu ne veux pas finir avec le cou en compote, c'est efficace. Petit conseil quand même, quand ce sera terminé, Iron Man a fait en sorte que tu n'aies aucune scène à tourner cet après-midi, donc tu pourras rentrer avec moi au manoir.»

Loki ne put s'empêcher de ressentir une pointe de déception.

«Eh, ben, t'en fais une tête. C'est la perspective de passer un quart d'heure enfermé dans un lieu exigu avec moi qui te fait cet effet? Ben pas merci Lolo, je veux dire Eskil, on est au boulot.»

Loki, qui avait compris depuis un moment comment fonctionnait le sens de l'humour très particulier de Deadpool, rétorqua:

«Excuse-moi de ne pas sauter au plafond, mais jusqu'ici je voyageais avec le patron. Difficile de passer après lui.

—Je ne te demande pas de me sucer dans la voiture, non plus! Mon soumis n'est pas partageur. Et je ne suis pas ton genre apparemment, tu vises plus haut.

—Comment ça plus haut? demanda Loki, désarçonné.

—Si tu fais cette tête parce que tu vas manquer un seul voyage avec le boss, c'est que tes ambitions vont plus loin qu'un simple consultant.»

Loki se raidit inconsciemment.

«Rhôô, fais pas ta mijaurée. C'est normal d'en pincer pour Iron Man. Il est beau, il est riche, tout l'inverse de moi, quoi. Bon, c'est sûr que se prendre un râteau, c'est jamais agréable.

—Je ne me suis pas pris de râteau, nia immédiatement Loki.

—Ah! ah! Donc tu en pinces vraiment pour Iron Man! Mes condoléances. T'es pas le premier, tu seras pas le dernier.»

La franchise du ton était dure à encaisser, mais Loki connaissait son objectif et endura sans broncher.

«Peut-on revenir sur la préparation de la scène? demanda-t-il froidement.

—Ok, ok. Le prends pas comme ça, gamin. On va travailler l'assouplissement des épaules et du cou.»

Une petite heure plus tard, le tournage de la scène commença par l'arrivée d'Artemis devant l'autel. Pour éviter de fatiguer Loki dans une posture peu naturelle, Iron Man commença par des plans resserrés sur Artemis, dans une tunique blanche, simplement retenue par une épingle, scanda une prière vers l'autel.

«Je te salue Sissi et je sens ta Présence

Qui se manifeste dans mon être

À travers mes pensées

Mes mots et mes actions,

Je laisse ta Présence Divine

Me guider avec ton Infinie Sagesse.

Tu arrives,

Je sens ta Danse!

Tu parles,

J'entends ta Chanson d'Amour!

Elle est à l'intérieur et à l'extérieur

Dans les choses les plus simples et donc parfaites,

Et ton Temple sacré est mon corps de femme,

Ta pensée est maintenant ma pensée

Et je ne pense qu'à l'Amour,

Je ne ressens que de l'Amour

Je ne vois que l'Amour.

Je te salue Sissi !

—Coupez! On va la refaire. Artemis est certes une illuminée, mais elle est aussi au désespoir. On doit ressentir ça, qu'elle a perdu celle qu'elle pensait être l'amour de sa vie. Prête Edda? Silence plateau! Ça tourne!»

Un peu plus tard, Loki fut placé, toujours accompagné de Deadpool, sur une sorte d'autel au milieu du décor. Après quelques essais, il trouva une position moins inconfortable que les autres, où, grâce à ses pieds à plat sur le sol, il pouvait discrètement pousser sur ses cuisses et son bassin pour soulager ses jambes. Par contre, il allait devoir faire confiance à Deadpool et Iron Man pour soulager son cou dès que ce serait possible.

«Les liens vont être très solides, expliqua le consultant en BDSM. Si on utilisait des liens lâches, tu pourrais bouger et te blesser pendant la scène.

—Dès que t'es prêt, on t'attache et on commence le tournage, dit Iron Man. C'est toi qui donnes le feu vert.

—Je suis prêt, annonça Loki après un moment à mobiliser ses muscles une dernière fois.»

Il retira son peignoir et s'assit sur la table qui ferait office d'autel. Derrière lui, Captain America avait créé une sorte d'icône religieuse à la gloire de l'Impératrice Sissi dans une esthétique néogothique presque lugubre. Des bougies piliers noires avaient été allumées et éclairaient le plateau de tournage d'une faible lueur chaleureuse.

Scarlet Witch appliqua un fond de teint en poudre sur tout le corps de Loki, retoucha une ou deux rougeurs un peu trop visibles, puis il s'allongea. Il posa la tête sur un tabouret pour ne pas se casser la nuque trop rapidement. Deadpool s'affaira aussitôt à le ligoter aux piliers de l'autel. Loki fixait le plafond en contrôlant au maximum sa respiration et en essayant de détendre les muscles qui ne devaient pas travailler inutilement.

Loki était entièrement nu, mais avec une absence notable d'érection.

«Comme on a dit tout à l'heure, on va d'abord essayer de te faire bander de manière mécanique. Je crois que tu as vu ça avec Deadpool, dit Iron Man une fois que Loki fut solidement amarré à l'autel.»

Loki ne pouvait pas vraiment hocher la tête, mais Deadpool comprit ce qu'il devait faire et s'appliqua du lubrifiant sur les mains et commença à masturber Loki. Ce dernier continuait à fixer le plafond et imaginait tout ce qu'il avait envie de faire avec Tony pour forcer son érection.

Il fallut plusieurs minutes de travail, mais Deapool parvint à faire durcir suffisamment le sexe de l'acteur. Une fois satisfait, il le lâcha, puis retira le tabouret sous sa tête, délicatement, en accompagnant de la main le mouvement du cou.

Loki ne voyait plus que le décor représentant Sissi, à l'envers, et ne pouvait se fier qu'à son ouïe pour savoir où en était la scène.

«Silence plateau! Ça tourne!»

Les fidèles d'Artemis et ses soumises se placèrent de chaque côté de l'autel. Loki savait qu'Edda entrait aux bruits de pas solennels. Un bruit de tissu lui indiqua qu'elle venait de retirer la simple tunique qui la couvrait. Il sentit un contact sur ses jambes puis ses flancs. Edda venait de grimper sur l'autel et s'était positionnée au-dessus de Loki, les genoux de part et d'autre de son bassin. Autour d'eux, les fidèles et les soumises s'affairaient à caresser leur maîtresse qui s'enfonçait toujours plus loin dans son délire.

«Ô Sissi!

Devant toi ce soir,

J'accueille en moi ta présence

Je t'offre ma féminité

Je m'ouvre à ton pouvoir.»

Une petite main de femme, certainement celle de Judith, la soumise favorite d'Artemis, saisit Loki par la hampe puis la guida vers le vagin chaud et humide, préparé et lubrifié pour l'occasion.

«Coupez! Personne ne bouge! Deadpool, le tabouret! Vision, on bouge la première caméra.»

Doucement, Deadpool redressa la tête de Loki jusqu'à une position plus naturelle et l'acteur puis enfin apercevoir ce qui se tramait au-dessus de lui. Sa queue, par miracle toujours en érection, était à moitié enfoncée dans le vagin d'Edda qui se soutenait grâce à ses cuisses en attendant de pouvoir bouger.

«Et, action!»

Avec lenteur, Artemis s'affaissa sur toute la longueur du pénis turgescent. Quand elle fut enfin assise sur son mari, sans quitter des yeux le portrait de l'Impératrice qui lui faisait face, elle continua sa prière.

«Ô Sissi!

Je sens ta présence!

Je sens tes mains sur ma peau

Je sens ta bouche sur la mienne

Je sens ta féminité contre ma féminité

Je sens ta fraîcheur contre ma chaleur

Je sens ta mort contre ma vie

Bénis-moi Sissi!»

Artemis poussa sur ses cuisses et releva le bassin pour faire glisser le sexe d'Alister dans le sien. Autour d'elle, ses fidèles touchaient ses cuisses nues, ses pieds, son ventre, ses seins, ses cheveux noirs qui tombaient jusqu'à ses reins.

«Ma biche, honore-moi, ordonna-t-elle.

—Coupez! Deadpool, vas-y! Vision, on reprend le cadrage large.»

À nouveau, la tête de Loki bascula lentement en arrière, guidée par la main du consultant.

«Action!»

Loki sentit qu'une deuxième personne montait sur l'autel et se plaçait au-dessus de lui. Il savait que Judith devait aider sa maîtresse à atteindre l'orgasme et les bruits humides lui indiquaient que les deux femmes s'embrassaient langoureusement.

La tête ainsi retournée, il devait se concentrer sur ses propres sensations pour éviter de se déconcentrer. Il sentait que les va-et-vient d'Edda sur sa queue n'étaient pas suffisants et il essayait d'imaginer qu'il s'agissait de la bouche de Tony à la place pour se revigorer.

«Coupez! On ne bouge plus! Tabouret! Travelling resserré sur Artemis. C'est bon? Loki, tu tiens le coup?

—Oui, répondit-il d'une voix un peu étranglée par la position.

—Ok, ça tourne!»

Quicksilver modifia la lumière pour faire comme si un rayon de lune tombait sur l'autel et Artemis atteignit l'extase.

«Coupez! Artemis redresse toi un peu, Judith tu lui insères le faux sperme, super. Artemis, tu peux te remettre en position, on refait l'orgasme. Judith, tes doigts sur le clito de ta maîtresse. Et, action!»

Artemis reprit ses mouvements de va-et-vient considérablement plus lubrifiés et joua à nouveau l'apogée de sa jouissance. Puis, encore frissonnante, elle se leva et libéra le sexe de Loki.

«Merci, ô Sissi de m'avoir bénie. Je porte une descendance, j'en suis certaine. Ma biche, nettoie-moi.

—Coupez! Tabouret, caméra! Ça tourne!»

Artemis contourna l'autel et vint se placer au-dessus de la tête de son mari. Avant de lui adresser le moindre regard, elle sourit à ses fidèles et les congédia après son petit rituel de récompense. Ne restèrent plus que le couple et Judith, nue et agenouillée au sol.

Artemis se pencha et embrassa son mari, à l'envers.

«Mon époux, mon cher époux. L'âme de l'Impératrice a béni nos semences.

—Ma mie, ma tendre amie, répondit Alister. Merci pour ce cadeau, de permettre à mon nom de se transmettre. Je vous suis redevable.»

Sa voix était déformée par la posture douloureuse de son cou, mais il essaya de transmettre l'adoration pour sa femme.

«Coupez! lança Iron Man. C'était pas mal du tout. J'aurais bien aimé faire plusieurs essais pour la fin, mais on ne va pas faire souffrir Eskil plus longtemps.

—On peut la refaire si tu veux, protesta Loki.

—Non, non, tu es déjà suffisamment essoufflé comme ça. Edda et Grace, aidez Deadpool à détacher Eskil. Allez manger, ceux qui tournent avec moi cet après-midi, on se retrouve à quatorze heures.»

Un par un, les liens qui maintenaient Loki à l'autel tombèrent au sol, et grâce au soutien de Deadpool et d'Edda, il put se redresser précautionneusement. Ses muscles protestaient vigoureusement et la tête lui tournait un peu. Son érection était heureusement tombée depuis longtemps, mais il était toujours partiellement couvert de faux sperme vaguement blanc et gélatineux. Iron Man lui tendit une serviette et son peignoir.

«Merci, souffla Loki qui s'empressa de se couvrir.

—T'as vraiment été super, dit le réalisateur. Je sais que cette scène n'exploitait pas vraiment tes talents d'acteur, mais ta performance était quand même d'envergure.

—Tu avais raison, c'était très éprouvant. Je pense que je vais accepter l'offre de Deadpool et rentrer au manoir.

—Crois-en mon expérience, lança Deadpool en ramassant les cordes par terre. Des étirements, un paracétamol et au lit! Tu vas dormir comme un bébé.

—Les bébés se réveillent toutes les heures pour pleurer, fit remarquer Loki placidement.

—Comme un macchabée alors?

—Je ne suis pas sûr de vouloir faire une sieste, en définitive.»

Sur ces mots, Loki voulut se lever pour rejoindre sa loge et se rhabiller, mais ses muscles maltraités par l'immobilité refusèrent de coopérer. Il trébucha et se rattrapa à la première chose qu'il put: Iron Man. Son peignoir, qui ne tenait que grâce à sa main gauche, s'ouvrit en grand, et c'est partiellement nu que Loki tomba dans les bras du réalisateur.

Loki était grand, il faisait au moins une tête de plus qu'Iron Man, mais il était mince et sec, donc peu lourd par rapport à sa taille. Néanmoins, surpris, Iron Man eut du mal à le réceptionner et les deux hommes se retrouvèrent agrippés l'un à l'autre. Iron Man avait une main sur le pectoral de Loki et l'autre sur son bras, tandis que Loki s'accrochait à ses épaules.

«Wouho! Doucement, Michael Vegas! s'exclama le réalisateur. Je crois qu'on a un peu abusé.

—Non, c'est rien, c'est bon, mes jambes fonctionnent, dit Loki en rougissant furieusement.»

Il avait pour objectif de séduire Tony Stark, pas de se ridiculiser devant lui, que diable!

«Attends gamin, intervint Deadpool. Je vais t'accompagner jusqu'à ta loge. À ce soir, boss!»

Loki ne protesta pas quand Deadpool passa un bras par-dessus ses épaules pour le soutenir, trop embarrassé pour cela. Il ne put s'empêcher de remarquer néanmoins qu'Iron Man était tout aussi rouge que lui.

«Thor? C'est Amora.

—Qu'est-ce que tu veux encore?

—Je croyais que tu voulais retrouver ton frère, mordit-elle immédiatement, acerbe.

—Bien sûr que je veux le retrouver! Tu as une piste?

—Ça se pourrait bien. Mais je veux un service en échange.

—Je vais me répéter, mais: qu'est-ce que tu veux?

—Ma sœur, Lorelei, cherche du travail. Elle est commerciale, spécialisée dans la vente de produits financiers et d'assurance.

—Envoie-moi son C.V. Je verrai ce que je peux faire. Et cette piste?»

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