Chapitre 66
Juin 2005
Drago se leva, retirant ses mains et s'éloignant jusqu'à ce qu'il soit à presque à deux mètres d'elle. Hors de portée de bras.
Il sembla soudain incertain, comme s'il ne savait plus comment interagir avec elle. Ses mains à ses côtés s'ouvrirent et se fermèrent pendant qu'il hésitait et détournait les yeux.
Le chagrin et la douleur s'imposèrent de nouveau entre eux, balayant tout comme un raz de marée. Il était douloureux de le regarder, d'avoir envie de lui, d'avoir besoin de lui comme s'il était son l'oxygène, mais de ne pas savoir comment ils pourraient jamais réconcilier ce qui existait à présent entre eux.
"Tu devrais dormir," dit-il après un moment, regardant le sol et lissant ses robes. "J'amènerai les livres que tu voudras demain."
Hermione le regarda, hésitant et prenant une petite inspiration.
"Est-ce que tu veux rester ?" Elle força la question à sortit avant qu'elle ne puisse la reconsidérer.
Drago la regarda avec une expression vide, et le cœur d'Hermione commença à tambouriner douloureusement dans sa poitrine.
Ses yeux regardèrent le vide puis retrouvèrent leur focus.
"Tu ne veux pas que je reste," dit-il après l'avoir étudiée pendant une seconde de plus, le coin de sa bouche se tordant. "N'essaie pas de te forcer à faire quelque chose parce que tu t'y sens obligée."
Il tourna les talons et avança vers la porte.
"Non," dit-elle, se levant, la voix tranchante. "Ne pars pas."
Il se figea.
Elle déglutit, sa gorge se serrant. "Je veux que tu restes. Vraiment. C'est juste que… parfois… parfois…" Elle butta sur les mots en essayant de s'expliquer. "Mes souvenirs sont dans le désordre… je ne peux pas toujours me souvenir…" Elle déglutit. "Reste. Je veux que tu restes. Je ne veux pas être seule."
Elle avança précautionneusement vers lui. "D'accord ?"
Les doigts d'Hermione tremblaient quand elle caressa le dos de la main de Drago. Elle était à moitié préparée à ce qu'il recule ou la repousse. Elle déglutit et s'approcha, étudiant son visage. Son expression était un masque.
Elle baissa les yeux et glissa les doigts dans sa main. Elle respirait à peine, et ses mains commencèrent à trembler visiblement.
Ça ira. Respire et ça ira.
Obéissante.
Silencieuse.
Ne pas résister.
Elle ferma les yeux et prit une petite inspiration. Le son remplit ses oreilles.
"Hermione." La voix de Drago lui fit ouvrir brusquement les yeux et elle leva le regard. Il avait les yeux baissés vers elle avec une expression fermée. "Ne fais pas ça."
Il prit précautionneusement les poignets d'Hermione et se libéra la main des siennes, ses doigts se raidissant pendant un moment. "Je viendrai te voir demain."
"Non." Elle attrapa de nouveau sa main. "Non. Ne pars pas. Je ne veux pas que tu partes. J'ai juste… J'ai juste…" Sa mâchoire tremblait tant qu'elle luttait pour parler. "Je ne…" elle déglutit et leva les yeux vers lui. "Je veux seulement tenir ta main. Je ne veux pas… je ne peux pas dire non si tu… à cause du…"
Les yeux de Drago vacillèrent, et sa main tressaillit dans celle d'Hermione.
Elle baissa les yeux sur leurs mains, sa prise se resserrant. "Reste," dit-elle, inspirant vivement. "Je veux savoir que tu n'es pas… ailleurs."
Le cœur d'Hermione se mit à battre à toute vitesse jusqu'à ce que le sang rugisse dans ses oreilles, mais elle carra les épaules et se força à marcher vers son lit.
Il lui traversa l'esprit que peut-être elle aurait dû accepter une autre chambre. Ainsi ça n'aurait pas été le même lit.
Elle s'arma, repoussant cette pensée. Ce serait toujours un lit. Elle serait toujours allongée dessus à devoir lui faire confiance pour qu'il ne lui fasse pas de mal.
Elle lui faisait confiance. Elle savait qu'elle lui faisait confiance. Toujours.
Elle s'allongea du côté le plus loin et se roula sur le côté, le fixant. Il s'assit lentement de l'autre côté et eut l'air si gêné qu'il semblait sur le point de directement disparaître de la chambre. Elle tendit la main vers lui.
Les doigts de Drago tressaillirent avant qu'il ne tende la main et entrelace leurs doigts.
Il s'adossa de nouveau à la tête de lit. Il ne semblait pas avoir l'intention de dormir. Elle l'étudia, faisant courir son regard le long de son visage, essayant de le mémoriser de nouveau.
Au plus elle se souvenait clairement de lui, au plus elle voyait ouvertement les façons dont il avait changé. Il avait l'air épuisé, visiblement anéanti, au point que cela se voyait sur ses traits.
Les doigts de Drago tressaillirent dans sa main.
Il avait des tremblements qui ne ressemblaient pas aux dommages musculaires typiques du Doloris. Ça semblait psychosomatique ; une conséquence à long terme du Doloris. La torture avait été utilisée avec tant d'abus sur lui que les effets en étaient devenus permanents.
Voldemort l'avait puni à répétition pour son incapacité à capturer le dernier membre de l'Ordre ; la personne responsable d'avoir détruit le médaillon qu'Ombrage avait porté.
La gorge d'Hermione s'obstrua et elle serra sa main plus fort. "Tu…" Sa voix se brisa. "Tu as détruit l'Horcruxe de cette façon parce que tu espérais que ça forçait Voldemort à quand même rappeler Severus en février, n'est-ce pas ?"
Il la fixa puis détourna les yeux, bougeant légèrement son menton en signe d'acquiescement.
Il y eut une sensation de creux dans la poitrine d'Hermione alors qu'elle repensait à toutes les occasions où elle avait remarqué qu'il avait été torturé. Toutes ces fois où elle s'était dit de ne pas s'en soucier, qu'il le méritait.
Quotidiennement, pendant plus d'un mois.
"Je suis vraiment désolée, Drago," dit-elle.
Il se raidit comme si les mots l'avaient frappé et il lui arracha presque sa main.
"Ne t'excuse pas auprès de moi. Il n'y a rien dont tu doives t'excuser." Il aboya les mots comme s'il était sur le point de gronder.
Hermione le regarda en silence jusqu'à ce qu'il détourne le regard d'elle.
"Tu es en colère contre moi, n'est-ce pas ?" demanda-elle finalement.
Drago regarda autour de la pièce, l'expression indéchiffrable. "Ça ne veut pas dire que tu aies une raison de t'excuser auprès de moi."
Hermione l'étudia. "Pourquoi pas ?"
"Parce que…" il cligna des yeux. "... c'est à moi de m'excuser en premier, et je…" il leva les yeux sur le baldaquin du lit "et je…"
"Drago…"
"Merlin, Granger," sa voix était hachée, et il passa une main dans ses cheveux. "Tu n'as pas idée d'à quel point j'ai espéré que tu ne te souviendrais de rien quand tu es arrivée ici. Ce que je ne ferais pas pour retourner en arrière et faire les choses bien. Si je ne t'avais pas dit que j'avais fait tomber ma couverture… si j'avais menti et que je n'avais pas essayé de te dire au revoir, rien de tout ça ne te serais arrivé."
La gorge d'Hermione se serra. "Ça m'aurait tuée, si tu m'avais envoyée au loin et que j'avais découvert plus tard que tu étais mort parce que je t'avais demandé de sauver Ginny. Je ne m'en serais jamais remise. Jamais. Je recommencerais tout," dit-elle. "Chaque seconde. Je referais tout une nouvelle fois pour te sauver."
Il y eut un silence assourdissant.
Drago la fixa avec un mélange de choc et de rage sur le visage. "Tu ne m'as pas sauvé," dit-il quand il sembla capable de parler de nouveau. "Tu nous as juste envoyé en enfer pendant deux ans."
C'était comme être frappée.
Elle se sentit pâlir alors que le sang se retirait de son visage. Son corps entier se recroquevilla.
La prise de Drago sur sa main se resserra, son expression se teintant immédiatement de regrets. "Attend… je n'ai pas…"
Elle baissa la tête et essaya de respirer. "J'ai essayé de revenir." Sa voix tremblait. "J'ai vraiment essayé."
"Je sais. Je ne voulais pas dire…"
Elle détourna les yeux. "Tu n'aurais pas dû présumer que j'aurais accepté de te perdre. Pensais-tu que je ne ressentais pas la même chose que toi ? Que je m'en soucierais moins parce que j'avais d'autres obligations ? Tu n'aurais pas dû penser que je m'en soucierais moins, j'ai fait tout ce que je pouvais pour te garder en sécurité. Tu ne sais pas tout ce que j'ai fait pour te garder en sécurité."
"J'ai juste…"
"Je te l'ai promis à chaque fois que tu as demandé, j'ai promis que je serais toujours à toi. Il n'y a pas d'exception ou de date d'expiration dans toujours."
ooo
Une douleur écrasante dans sa tête la réveilla le lendemain matin. Ses doigts étaient toujours entrelacés avec ceux de Drago au centre du lit. Il était endormi, mais ses traits étaient tirés.
Le trouver dans son lit avec elle était familier. Il n'y avait pas de souvenirs conflictuels à le voir endormi.
Quand il était proche, c'était comme replonger dans le passé. Le toucher, être près de lui, était aussi naturel et instinctif que respirer. Elle avait l'impression qu'elle ne pourrait jamais être assez proche de lui.
C'était surtout dans les distances intermédiaires qu'elle se retrouvait brusquement plongée dans un moment où il la surplombait et forçait le passage dans son esprit ; quand il s'approchait d'elle et l'agrippait par le bras pour la faire transplaner ; quand il lui disait quelque chose de si cruel que ça l'aveuglait.
Mais quand il était proche, il était Drago. Il était à elle.
Il avait été vulnérable avec elle. Il l'aimait, même s'ils ne s'étaient jamais attendu à ce qu'ils soient autre chose que damnés. Cela ne l'empêchait pas de l'aimer.
"Je vais prendre soin de toi," articula-elle silencieusement. "Je vais trouver une façon de prendre soin de toi."
Elle sentit immédiatement quand il se réveilla. La tension frappa son corps entier dès qu'il fut conscient. Ses yeux s'ouvrirent brusquement et il la fixa.
Ses yeux se plissèrent immédiatement. "Est-ce que tu vas bien ?"
Elle haussa une épaule. "Ma tête. C'est toujours pire après une bonne journée."
Il lâcha sa main et lui toucha le front. "Tu as de nouveau de la fièvre."
Elle ne fit pas l'effort de hocher la tête pour acquiescer.
"Peux-tu manger ?"
L'estomac d'Hermione se tordit, bouillonnant à cette pensée. "Peut-être plus tard."
Les sourcils de Drago se joignirent et il eut l'air visiblement inquiet. "Je dois aller en Belgique aujourd'hui. Je serai de retour demain. Reste au lit."
Il se leva, l'étudiant toujours. Hermione s'agita et leva la tête. "Tu as dit que tu me donnerais des livres."
Une éclair d'irritation traversa le regard de Drago, ses lèvres se pinçant. "Demain."
"Non. Tu as dit aujourd'hui. Je peux toujours lire." Elle essaya de s'asseoir. "Sinon je vais juste rester allongée là à m'inquiéter."
Il soupira à travers ses dents. "D'accord. Arrête de te lever. Je vais demander à Topsy de t'amener des livres, des plumes et du parchemin une fois que tu auras mangé."
Hermione se rallongea et serra ses bras plus fort autour d'elle, essayant de se réchauffer.
Elle déglutit. "Je… n'ai besoin que des livres. Je ne peux pas toucher les plumes, alors… je n'aurais pas usage du parchemin."
Les muscles de la mâchoire de Drago se contractèrent. "Bien," dit-il, s'avançant vers le lit. "Juste les livres alors."
Il fit apparaître une couverture supplémentaire et la posa sur Hermione. "Demande à Topsy si tu veux quelque chose. Je serai de retour demain."
"Sois prudent, Drago. Ne… ne…" sa voix s'éteignit et elle resta silencieuse.
"Tu dois revenir," dit-elle finalement.
"Je reviendrai."
Une fois qu'il fut parti, Hermione s'affala d'avantage sur le lit. Elle avait l'impression que son crâne allait se fendre.
Elle se sentait affreusement nauséeuse, mais Drago avait dit que Topsy ne lui apporterait des livres que si elle avait mangé. Elle ne savait pas si ça compterait si elle vomissait tout après.
À midi, elle réussit à garder une potion et une petite tasse de bouillon. Topsy lui livra une pile de livres et un classeur de pages manuscrites où Hermione reconnut l'écriture de Drago ; toutes ses notes sur ses tentatives pour enlever la Marque des Ténèbres.
Topsy cala Hermione avec des coussins pour qu'elle puisse lire allongée sur le côté.
Hermione essaya de passer cliniquement les notes en revue et de ne pas penser au fait que Drago avait mené ses expériences sur des sujets non consentants qui étaient morts pendant le procédé.
C'était tous des Mangemorts, et plusieurs avaient aidé à torturer Narcissa.
Drago avait été minutieux. Ses recherches et ses analyses étaient compréhensibles. Il avait dû apprendre par lui-même une partie considérable de la magi-biologie et de la théorie de la guérison en addition de ses recherches sur les sorts.
Il avait essayé neuf fois. Deux fois de plus depuis que la guerre était terminée.
Hermione savait de ses propres recherches que Voldemort avait été un élève brillant à Poudlard. Quand il avait créé la Marque des Ténèbres, il avait investi un temps et des efforts considérables pour en faire un collier définitif à passer autour du cou de ses adeptes. Ce n'était pas particulièrement élaboré ; c'était simple, direct, et létal.
Au dos du classeur se trouvait un ensemble de notes rédigées dans une écriture pointue. Severus, réalisa-elle, avait aussi analysé la marque.
Hermione parcourut les notes deux fois puis se roula en boule, attrapant sa tête douloureuse et essayant de réfléchir, essayant d'analyser.
Elle ne cessait de serrer les dents en luttant pour gérer la douleur. Finalement, elle s'évanouit.
Quand elle se réveilla de nouveau, Drago était assis au bord du lit. Il avait ouvert son guide de la grossesse, ses yeux écumant les pages. Elle le regarda pendant un moment.
"Tu es rentré," dit-elle.
Il ferma immédiatement le livre et leva les yeux vers elle.
Son mal de tête s'était de nouveau estompé pour être moins débilitant. Elle s'assit précautionneusement et ramassa le classeur. "J'ai lu tes notes, mais pas encore les livres. J'ai quelques titres de livres qui, je pense, pourraient être utiles."
"Très bien." Le coin de sa bouche se tordit alors qu'il la regardait.
Elle lissa les pages et fixa le coin de l'une d'entre-elles qui avait été plié. "Une partie du maléfice interfère avec la coagulation du sang. C'est une sorte d'hémophilie qui pourrait avoir un effet à long terme. Il faudra que je crée une potion ; une variation de celle qu'on utilise contre les morsures de vampire. Il faudra en prendre régulièrement, mais une fois que Voldemort sera mort, tu pourrais ne plus avoir besoin de la prendre."
Elle se mordit la lèvre. "Cela ne résoudrait pas le problème immédiat de la fermeture de la blessure. Tu as essayé toutes les méthodes classiques, même les vieilles méthodes moldues comme la cautérisation et… le goudron, mais je viens juste de commencer. Je trouverai quelque chose."
Drago hocha de nouveau la tête et détourna les yeux.
La conversation était douloureusement guindée. Drago ne voulait pas parler de ses tentatives avec plus de détails que les notes qu'il avait fournies. Il était distrait et ne cessait de regarder vers l'horloge. Son expression était impliquée de manière appropriée, mais son regard était morne alors qu'elle mentionnait les théories qu'elle voulait explorer.
Elle réalisa, en le regardant, qu'il faisait ça pour lui faire plaisir. Les notes et les livres étaient là pour l'apaiser. Ils étaient la bibliothèque. Quelque chose pour l'occuper pendant qu'il continuait à suivre ses propres plans.
Elle arrêta de parler et regarda juste ses genoux. Il y eut une longue pause et il se leva.
"Je te ferai envoyer les livres que tu as mentionné plus tard dans la journée de demain."
Alors qu'il partait, il s'arrêta soudain et se retourna.
Il resta à la regarder, et sa bouche bougea légèrement plusieurs fois avant qu'il ne parle.
"Granger… tu ne…" Il s'arrêta et elle vit son poing se serrer à son côté avant de disparaître dans son dos. Il pressa ses lèvres en une ligne dure et cilla avant de fixer l'espace devant elle.
"Je n'ai jamais présumé que tu garderais une grossesse." Il était presque sans expression pendant qu'il parlait, mais sa pomme d'Adam trembla brièvement. "Je peux envoyer une potion avec toi pour que tu puisses… résoudre le problème une fois que tu auras quitté l'Europe. Dis-moi juste…" Il s'interrompit et baissa les yeux, serrant la mâchoire. "Non, oublie ça, pas besoin. Je l'enverrai. Il n'y a aucune raison pour que tu me dises ce que tu choisiras."
Il tourna les talons et partit avant qu'elle ne puisse parler.
Hermione resta allongée au lit, passant ses doigts sur son bas-ventre. Si elle cherchait, elle pouvait sentir le renflement, petit mais ferme, de son utérus juste au-dessus de son pelvis.
Cela ne lui était jamais venu à l'esprit d'avorter si elle s'échappait, ni que ça serait l'hypothèse que retiendrait Drago.
Elle se serait jetée par la fenêtre ou empoisonnée pour empêcher un bébé de naître au Manoir Malefoy et d'être laissé aux soins d'Astoria, mais il ne lui était jamais venu à l'esprit d'avorter si elle s'échappait.
C'était un bébé. Pour Hermione, ça avait été un bébé depuis le moment où Stroud avait annoncé qu'elle était enceinte.
Pas un foetus. Pas un héritier. C'était un bébé, et un bébé à propos duquel elle se sentait déjà intensément protectrice. Quand elle avait vu la lumière du rythme cardiaque qui palpitait, ça avait été comme si son cœur avait été volé.
Mais Drago pensait qu'elle ne le garderait pas une fois qu'elle aurait son mot à dire dans cette affaire.
Il l'avait violée. Elle était enceinte. Il s'attendait à ce qu'elle veuille avorter dès qu'elle serait libre.
Il avait supposé qu'il resterait en arrière pour mourir, et qu'elle partirait et essaierait d'oublier tout ce qu'il s'était passé en l'effaçant.
Topsy arriva avec une pile de livres dans la soirée, plusieurs d'entre eux étant tous neufs.
"Est-ce que Drago est là ?" demanda Hermione en retournant un des livres entre ses mains.
"Il vient juste de rentrer."
"Peux-tu lui dire que je veux le voir ?"
Topsy fit une révérence et disparut.
Hermione marcha jusqu'au portrait sur le mur.
Narcissa Malefoy fixa Hermione.
Hermione n'avait vu Narcissa qu'une fois, à la Coupe du Monde de Quidditch plus d'une décennie auparavant. Narcissa avait seize ans sur le portrait, le même âge que Drago quand il avait pris la Marque des Ténèbres.
"Je veux sauver votre fils," dit Hermione. "Mais je ne sais pas comment."
Narcissa ne dit rien. Elle resta simplement assise dans son fauteuil, étudiant Hermione en silence. Finalement, Hermione abandonna et se détourna.
Elle feuilletait les livres que Topsy avait apportés quand la porte s'ouvrit.
Drago se tenait dans l'encadrement.
Hermione ferma le livre. Sa gorge se serra. Il se tenait toujours si loin, et chaque centimètre d'espace semblait lourd.
"Le portrait de ta mère ne me parle pas," dit-elle.
Drago le regarda. Le portrait se leva, regardant Drago pendant un moment avant de se retourner et de disparaître hors du cadre.
"Ce n'est pas toi. Elle ne parle à personne d'autre qu'à moi. Mon père a passé des heures à la supplier de simplement le regarder. Le cadre était dans la salle à manger de l'aile sud. Le portrait a vu tout ce qui est arrivé à ma mère. Il a arrêté de parler pendant longtemps après ça. Quand ma mère a été relâchée, elle a monté le portrait dans sa chambre." Ses yeux étaient mornes et indéchiffrables. "Elle avait l'habitude de se tenir devant pendant des heures, touchant la main du portrait sur la toile, comme si elles essayaient de s'atteindre l'une l'autre.
Hermione fixa le cadre vide.
L'influence de Voldemort était comme du poison dans la famille Malefoy. Comme s'il s'était imprimé non seulement sur les bras de Drago et Lucius, mais aussi dans la trame de leur héritage. Il avait détruit Narcissa et corrompu leur maison. Même le portrait, une ombre de la mémoire de Narcissa, était silencieux et effrayé.
Drago regarda de nouveau Hermione. "Elle a demandé à veiller sur toi. Elle voulait être sûre que tu irais bien pendant que tu serais ici."
Hermione se força à faire un pâle sourire avant de baisser les yeux, hésitant pendant plusieurs secondes.
Ses mains rampèrent jusqu'à son ventre alors qu'elle levait les yeux. "Je voulais te parler de ce que tu as dit plus tôt, avant que tu partes."
L'expression de Drago se referma instantanément, et son regard se fit perçant comme une lame.
La poitrine d'Hermione se serra. Drago la surplombait de nouveau, cette même expression froide sur le visage.
"Tu veux que je te regarde, Granger ? Bien. Je regarde. C'est délicieux, je dois dire, de voir toute cette culpabilité dans tes yeux. Tu sais, j'avais pour habitude de penser que ma servitude envers le Seigneur des Ténèbres était l'asservissement le plus cruel qu'on puisse concevoir. Mais je l'admet, il fait pâle figure à côté de toi."
Le cœur d'Hermione s'emballa, et elle cligna plusieurs fois des yeux, essayant de se reconcentrer sur le présent.
"Peux-tu venir plus près ?" Sa bouche semblait sèche. "C'est plus facile de te parler si tu n'es pas si éloigné."
Il avança, et le rythme cardiaque d'Hermione augmenta avec chaque pas.
L'expression de Drago était prudente.
Elle se mordit la lèvre inférieure. Elle leva les yeux à l'endroit où il se tenait à seulement trente centimètres d'elle.
Si elle le touchait, il ne semblerait pas si froid.
Il n'avait pas l'air de vouloir qu'elle le touche.
Elle se força à ne pas s'y attarder, levant le menton et croisant son regard. "Je n'avais pas réalisé que tu t'attendais à ce que je mette fin à la grossesse si je m'échappais. Je comprends pourquoi tu peux penser que je l'aurais fait… avant, mais non. Je ne le ferai pas."
L'expression de Drago ne changea pas. Ses yeux ne trahirent même pas la plus petite réaction. "Tu pourrais changer d'avis une fois que tu seras libre."
Hermione secoua la tête. "Non."
Le regard de Drago resta morne, mais elle pouvait voir la tension aux coins de ses yeux. Il se redressa pour la surplomber, et elle eut l'impression d'être étranglée.
Sa lèvre se retroussa et il montra les dents. "Il n'y a aucune raison de prendre des engagements envers moi sur ce que tu feras une fois que tu seras libre. Fais ce que tu veux."
Hermione serra la mâchoire. "Je vais faire ce que je veux. Et c'est pour ça que je ne l'utiliserai pas. Je veux que tu le saches. Je le regretterais toute ma vie. Je me… je me demanderai toujours si le bébé aurait eu tes yeux. Chaque hiver je penserais à l'âge qu'il aurait eu et je me demanderais ce qu'il aurait fait. J'essaierais de deviner quelle genre de baguette il aurait eu, et quelles matières il aurait aimé, et s'il aurait été un occlumens naturel comme toi et moi." Elle parlait vite parce que sa gorge se serrait, ses pommettes commençaient à lui faire mal. "Je me demanderais s'il aimerait lire. S'il aurait des cheveux comme les miens. Si tu… si tu meurs… je voudrais tout lui raconter sur toi. Tout. Je n'ai… je n'ai jamais pu parler de toi à quelqu'un." Sa poitrine fut agitée d'un spasme. "Les gens devraient savoir comment tu es."
Drago s'esclaffa du fond de sa gorge et leva les yeux vers le plafond. "Comment je suis ? Comment penses-tu exactement que je sois ?" Il eut un petit rire. "Tu as la chance d'avoir une nouvelle vie. Ne t'enchaînes pas à mon souvenir."
Hermione secoua la tête.
Il baissa les yeux vers elle, le regard dur. "Est-ce que tu veux commencer ta nouvelle vie avec le bâtard d'un Mangemort enchaîné à toi ? Le monde entier sait que tu es là et ce que je t'ai fait dans cette maison. Ça a été assez soigneusement publié, comme tu t'en souviens peut-être. Peu importe la couleur de ses yeux, ou quel âge il aurait, ça sera l'enfant d'un meurtrier, conçu parce que je… t'ai violée pendant que tu étais ma prisonnière, et tout le monde le saura. Tout le monde."
Son torse sursautait pendant qu'il parlait, et il détourna les yeux d'elle. "Laisse tout ça derrière toi, Granger." Il inspira. "Fait un enfant avec quelqu'un d'autre un jour."
Hermione le fixa. "Est-ce que c'est ce que tu penses que je vais faire ? M'enfuir et me cacher, et prétendre que tu étais un monstre duquel j'ai eu la chance de m'échapper ?"
Il la regarda, l'expression indéchiffrable. "Ça ne serait pas un mensonge."
Hermione croisa ses yeux d'argent et y vit une morne et vide résignation.
"Je te hais. Je te tiens pour partiellement responsable de la mort de chaque personne depuis le début de la guerre, et de chaque personne qui mourra. Tu n'as pas besoin de me convaincre que tu es un monstre, je le sais déjà."
La gorge d'Hermione se serra si fort qu'il fut difficile de déglutir alors qu'elle tendait la main vers lui. "Drago, tu n'es pas un monstre. Tu n'as pas eu le choix. Pensais-tu que je te détesterai toujours une fois que j'aurais retrouvé mes souvenirs ?" Elle s'avança et attrapa son visage dans ses mains. "Même avant que je me souviennes, tu étais la seule chose qui me faisait me sentir en sécurité."
Elle le regarda dans les yeux. "J'ai laissé un mot. As-tu vu mon mot ? Je t'aime."
Il tressaillit comme s'il avait été frappé, et elle sentit sa mâchoire trembler entre ses doigts. Il commença à secouer la tête, et elle l'immobilisa, le tirant vers elle.
"Je t'aime," dit-elle plus fermement, sa voix tremblant d'intensité. "Je t'aime. Je t'aimerai toujours. Toujours. Jusqu'à ce qu'il ne reste rien de moi."
Elle se mit sur ses orteils, avança le menton, et l'embrassa.
Il était figé quand les lèvres d'Hermione touchèrent les siennes.
"Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime." Elle répétait les mots, encore et encore contre sa bouche. Les doigts d'Hermione glissèrent le long de la mâchoire de Drago alors que ses lèvres continuaient de bouger contre les siennes.
Il ne bougeait toujours pas. Elle se pressa contre lui.
Puis il se mit à trembler. Sa main se leva pour capturer le visage d'Hermione, et il la serra contre lui. Ses doigts s'emmêlèrent dans ses cheveux alors que ses paumes entouraient ses jours. La bouche de Drago était brûlante. Il l'embrassa, encore et encore.
Il l'embrassait comme s'il était affamé, comme s'il était en train de se noyer. Sa langue, ses dents et ses lèvres se pressaient contre celles d'Hermione. La bouche d'Hermione effleura celle de Drago, et elle le mordilla. La langue de Drago tapota la lèvre inférieure d'Hermione puis glissa contre la sienne. C'était comme s'il essayait de se déverser en elle ou de la consumer.
Les doigts de Drago glissèrent le long de l'oreille d'Hermione et son pouce caressa l'arc de sa pommette. Elle enroula ses bras autour du cou de Drago et suivit tous les mouvements de ses lèvres. Il poussa une exclamation hachée contre la bouche d'Hermione et elle le sentit frissonner. Il l'embrassa jusqu'à ce qu'elle puisse sentir le désespoir dans son sang.
Puis il recula, reposant son front contre celui d'Hermione. Ses mains tremblaient alors qu'il la tenait.
"Je suis désolé… Je suis désolé… Je suis tellement désolé. Je suis désolé pour tout ce que je t'ai fait," dit-il, la voix rauque et brisée. "Je t'aime. Tu es partie, et je ne te l'avais jamais dit."
ooo
Elle lui demanda de rester toutes les nuits.
Ils ne faisaient jamais plus que s'embrasser. Les mains de Drago s'aventuraient rarement sous les épaules d'Hermione quand il l'embrassait.
Elle se blottissait dans ses bras et s'endormait en l'écoutant respirer.
Pendant la journée, il partait "travailler" et elle faisait des recherches, donnant à Topsy des listes de plus en plus longues de livres qu'elle voulait. Conjuration de sorts. Magie noire. Sorts létaux. Encyclopédie des potions et index des ingrédients. Analyse des sorts. Textes médicaux moldus.
Elle espérait, si le sort était brisé, qu'elle serait capable de découper la marque. Mais après avoir suivi une simulation mentale de la procédure de quatre façons différentes, elle en avait conclu que c'était impossible. Le maléfice dans la marque n'était pas dermique, c'était comme ses runes, même si elle coupait tout le tissu musculaire de son avant bras et enlevait et faisait repousser les os, en supposant qu'elle pourrait garder sa main sous stase assez efficacement pour préserver les tissus et les nerfs pendant vingt-quatre heures, la Marque des Ténèbres repousserait avec les os, les muscles et la peau.
Drago estimait qu'ils auraient quelques heures au moins une fois que ses menottes seraient enlevées. Il était possible que Voldemort le sache immédiatement ; il était hautement intéressé par Hermione.
Si Hermione essayait de faire s'enfuir Drago avec elle, il n'y aurait pas le temps pour une procédure de guérison élaborée. Ils devraient rapidement enlever la marque.
Il devrait couper son bras gauche, juste sous le coude.
Cette pensée laissa un nœud douloureux dans le creux de son ventre alors qu'elle demandait plus de ressources sur les techniques d'amputation. Elle n'était même pas sûre que l'amputation serait un succès. La plaie avait été ensorcelée pour ne pas guérir ; couplée avec une hémorragie magiquement accélérée, le résultat était rapidement létal.
Ce n'était pas comme la mort progressive du maléfice que Dumbledore avait reçu sur sa main. Les dommages refusaient d'être contenus ou ralentis, magiquement ou non. Garrots. Essence de Dictame. Cautérisation. Sorts de Guérison. Severus et Drago avaient essayé sans succès d'arrêter le saignement.
C'était comme si le maléfice était déterminé à forcer tout le sang à sortir du corps.
Elle ne cessait de restreindre les options. Chaque jour était comme une vis de plus en plus serrée.
Ses maux de tête cessèrent d'être débilitants, mais ils étaient remplacés par une anxiété écrasante. La date sur le mur semblait sonner le glas quotidiennement. Elle faisait des recherches jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus voir assez bien pour lire. C'était la seule façon qu'elle avait de se sentir utile.
Se sentir utile était tout ce qu'elle faisait. Elle savait que Drago la laissait avoir l'impression de contribuer. Il la laissait essayer, pour qu'elle puisse avoir l'impression de faire quelque chose. C'était juste un exutoire, comme faire des abdominaux dans sa chambre ou fouiller de manoir des cachots au grenier dans l'espoir de trouver une arme. C'était quelque chose à faire pour elle. Quelque chose pour l'occuper.
Quand Drago était avec elle, il la traitait comme s'il lui disait constamment au revoir. Il la regardait comme s'il lui disait au revoir. Il la touchait comme s'il lui disait au revoir. Il enroulait ses bras autour de ses épaules et reposait sa tête sur la sienne, et elle pouvait le sentir.
Un matin, elle revint de la douche et découvrit que ses livres avaient disparu. Topsy se tenait près du lit.
"La Guérisseuse va venir aujourd'hui, le Maître a dit qu'il fallait enlever tous les livres."
Hermione fit un hochement de tête résigné et alla regarder par la fenêtre. C'était l'été, luxuriant et beau. Elle n'avait pas été à l'extérieur depuis plus d'un mois.
Cela lui paraissait un tel effort ; de faire tout le chemin jusqu'à l'extérieur, d'essayer de rester calme sous le ciel ouvert. Ce serait un gâchis de temps et d'énergie qu'elle ne pourrait pas dépenser à essayer de trouver un moyen d'enlever la marque de Drago.
Il y eut un petit craquement, et elle regarda par-dessus son épaule pour voir que Drago était apparu.
"Stroud va arriver bientôt."
Hermione hocha la tête. "Topsy l'a mentionné."
Il s'avança plus près, regardant par la fenêtre à côté d'elle.
"Quand es-tu allée dehors pour la dernière fois ?"
Hermione continua à regarder le labyrinthe. Elle tendit la main et posa le doigt sur la grille de la fenêtre. "Je ne me souviens pas. Début mai."
"Tu devrais y aller."
Les doigts d'Hermione glissèrent de la vitre et retombèrent à son côté. "C'est trop ouvert. Je ne veux pas."
Drago resta silencieux.
"De l'air frais te ferait du bien. Ça peut t'aider à manger plus."
Hermione baissa les yeux. "Je n'ai pas le temps."
"Lis en bas, assise devant une fenêtre ouverte. Tu avais l'habitude de toujours sortir."
La mâchoire d'Hermione menaça de trembler. Elle la tendit et haussa les épaules. "Hé bien…" Sa voix était prudente. "J'étais différente à ce moment-là."
"Je ne parle pas d'il y a des années. Tu avais l'habitude de sortir sur le domaine. Tu avais l'habitude de sortir de cette chambre. Maintenant tu le fais à peine."
Elle haussa les épaules et continua à regarder par la fenêtre. "Je n'avais rien d'autre à faire."
Il poussa un soupir. "Granger… pourquoi ne sors-tu pas ?"
Hermione resta silencieuse un moment. Elle posa le bout du doigt sur la vitre et dessina Kenaz, pour le savoir, la créativité et l'inspiration. Elle n'avait jamais imaginé à quel point écrire pourrait lui manquer, à quel point elle avait pris pour acquis de pouvoir coucher ses pensées sur le papier pour s'organiser et pouvoir les relire. L'écriture lui manquait presque autant que la lecture lui avait manqué. Elle se retrouvait souvent à dessiner sur la fenêtre pour essayer de processer tout ce qui était entassé dans son esprit.
À côté de Kenaz, elle dessina Sowilo, pour le succès et l'intégrité, et Dagaz pour le progrès, le pouvoir du changement, et l'espoir.
Puis elle soupira et dessina Isa au-dessus des autres et la tapota avant de baisser les yeux. "Je me sens plus en sécurité - plus calme - dans cette chambre. Il y a encore beaucoup de choses que je suis en train d'intégrer, et ça… ça m'affecte plus quand je suis dans d'autres parties de la maison." Elle déglutit, et ses épaules tressaillirent. "Je pourrais paniquer, et après tu ne me laisserais plus faire de recherches."
Drago se figea. "Granger…" Sa voix s'estompa brièvement. "Ne… ne reste pas en cage à cause de moi."
Hermione leva vivement les yeux vers lui. "Ce n'est pas le cas. Je… je ne veux juste pas prendre le risque. Il y a des choses plus importantes qu'aller dehors."
Drago commença à répondre mais s'arrêta, son expression se refroidissant. "Stroud est là."
Hermione sentit son ventre se nouer. "Très bien."
Il sortit pour amener Stroud, et Hermione s'assit au bord de son lit, souhaitant que son rythme cardiaque ralentisse.
La porte s'ouvrit, et la guérisseuse entra, Drago seulement quelques pas derrière elle, son masque indifférent soigneusement en place.
"Vous êtes consciente, cette fois," dit Stroud, regardant Hermione en faisant apparaître une table au milieu de la pièce.
Hermione se leva et marcha lentement vers la table avec le ventre noué, s'asseyant sur le bord avant qu'on ne le lui demande.
Drago et elle avaient discuté de l'éventualité d'une visite de Stroud, mais y être préparée ne faisait pas tambouriner son cœur moins douloureusement dans sa poitrine.
Stroud agita sa baguette et lança plusieurs diagnostics. "Hé bien, vous n'êtes plus comateuse ni sur le point de mourir de faim. Je serais venue plus tôt pour cet examen, mais le Haut Préfet avait peur que vous soyez trop délicate. Vous allez entrer dans le second trimestre cette semaine."
Stroud regarda Hermione d'un œil critique. "Vous avez l'air plutôt malade. Vous devriez toujours sortir au moins une heure par jour. Vous ne voulez pas désavantager l'enfant en négligeant votre santé."
La poitrine d'Hermione se serra, et ses doigts se tendirent de façon protectrice vers son ventre.
Stroud agita sa baguette, et l'orbe brillante apparut. Plus grande, à peu près de la taille du poing d'Hermione.
La lumière palpitant rapidement emplit la pièce comme une étoile. Hermione la fixa et oublia de respirer.
Stroud inspecta l'orbe et lança plusieurs sorts dessus avant de griffonner dans son dossier. "Toujours en bonne santé. Il ne semble pas que le coma ou les crises d'épilepsie aient causé de problèmes de développement."
Stroud lança un autre sort de diagnostic, alors qu'il se manifestait, son expression retomba.
"Femelle. Quel dommage."
