L'affaire Sirius Black – 33 ans

Parmi les nombreuses casquettes de Severus Prince, la maîtrise de l'occlumencie et de la légilimencie était une pratique qu'il se gardait bien de révéler. Son séjour à l'académie lui avait permis de se mettre à jour sur les lois en vigueur dans son pays et apprendre que ces deux pratiques étaient interdites et les contrevenants traqués avec un zèle douteux lui avait fait comprendre, en plus de régulariser sa situation, qu'il ne fallait pas qu'il fasse connaître ses atouts. Heureusement, certains d'entre eux lui donnaient quelques avantages, comme suivre le traitement psychique de la jeune Ginevra. En effet, la jeune fille avait été possédée par un artefact pendant sa première année à Poudlard et sa mère Molly l'avait retiré de l'école peu avant les fêtes de fin d'année pour la faire soigner, malgré l'opposition de son mari Arthur qui suivait scrupuleusement les conseils d'Albus Dumbledore. Si initialement, le prix de la loterie du ministère devait servir pour un voyage en amoureux pour se réconcilier, Arthur avait dû plier quand Molly avait exigé se rendre en Égypte où se trouvait leur fils aîné Bill, en mission pour Gringotts. Ce qu'elle n'avait pas signalé, c'était l'existence non loin de leur logement d'une clinique mondialement connue pour le traitement et le suivi des cas de possessions. Laissant le soin à Percy, Fred et Georges d'occuper leur père ainsi que leur jeune frère, Molly avait emmené chaque jour sa fille à la clinique pour qu'on puisse vérifier l'état de sa fille puis proposer un nouveau traitement en signalant ses contacts avec Severus Prince. Depuis, ce dernier vérifiait régulièrement que l'enfant allait bien et depuis la rentrée, lui enseignait l'occlumencie sous couvert de retenues ou de cours de soutien.

Mais l'évasion de Sirius Black d'Azkaban n'était pas pour inspirer la sérénité au sein de l'école, encore moins la formidable idée du ministre de la magie de protéger les élèves en plaçant des détraqueurs tout autour de Poudlard.

Outre la fouille intégrale du train se rendant en Écosse qui avait traumatisé l'ensemble des élèves, l'influence de ces créatures était telle que les professeurs ne comptaient plus les crises de nerfs, les symptômes de dépression voire les tentatives de suicide. Severus ne s'était pas encombré de scrupules, il avait contacté les familles de ses Serpentards et avait posé un ultimatum: ou bien ils retiraient leurs enfants de Poudlard qui échouerait à protéger leur santé psychique cette année, ou bien ils leur fournissaient des artefacts pour protéger leurs esprits. En moins d'un mois, tous les sangs purs, qu'importe les années, avaient quitté les lieux et les nés de moldus avaient suivi dans la foulée. Seuls les nés de sorciers avaient hésité mais leur nombre avait alerté le conseil d'administration qui avait exigé le retrait des détraqueurs malgré l'opposition masquée d'Albus Dumbledore, ainsi que la suspension de ce dernier pour ne pas avoir relevé la détresse des élèves ni mis en place les mesures nécessaires pour les protéger.

Pendant ce temps, Severus avait été prévenu par l'une de ses alarmes d'une intrusion provenant de la forêt interdite. Il avait suivi la trace jusqu'au portrait de la Grosse Dame qui gardait la salle commune de Gryffondor. Il était arrivé juste à temps pour voir Sirius Black brandir un couteau alors que l'accès lui avait été refusé et l'avait neutralisé rapidement. Ensuite, il l'avait exfiltré vers l'une des propriétés Prince pour pouvoir l'interroger plus à son aise.

Car oui, en prenant connaissance du testament du couple Potter, Severus avait découvert que leur gardien du secret n'était pas Sirius Black, comme tout le monde l'avait cru, mais Peter Pettigrow, mort le lendemain des Potter de la baguette de Black. Le maître de potions n'avait pas œuvré pour sa libération pour une raison très simple: si Black était innocent dans la mort des Potter – et peut-être également dans la disparition de Pettigrow, car les preuves n'étaient pas vraiment concluantes à ses yeux – il l'était concernant l'enfer qu'il lui avait fait vivre pendant sa scolarité et il était temps qu'il paie pour ses actes. Sa capture lui permettait de faire la lumière sur l'affaire et également mettre dans l'embarras le ministère comme Dumbledore qui ne cessaient de le harceler pour qu'il plie à leurs directives. Ses soupçons confirmés, il avait envoyé Black en France pour se faire soigner puis pour qu'il saisisse le conseil international magique pour proclamer son innocence. Trois semaines avant le quatorzième anniversaire d'Harry, l'erreur judiciaire concernant Sirius Black avait été reconnue et il avait été déclaré libre avec un dédommagement conséquent ainsi qu'une proposition d'embauche à Poudlard en tant que professeur de duel.