Un clan qui prend forme
Le pendentif de Sirius se mit à le brûler sévèrement dans sa poche et il mit quelques instants à comprendre pour quelle raison. Il se leva donc et se dirigea directement vers Gwain Robards, le chef du bureau des aurors.
-Puis-je savoir ce que vous faites? demanda Albus Dumbledore en le voyant aller vers la sortie
-Je pars, répondit Sirius.
-Je n'ai pas fini, rappela Albus en fronçant des sourcils.
-Et je ne suis pas intéressé pour vous servir de garde du corps, rétorqua Sirius. Mon chef est déjà au courant de la situation et connait parfaitement ma position pour votre proposition. Même si je suis désigné, vous ne pouvez pas me forcer à me placer sous vos ordres et Robards sait très bien que si vous lui forcez la main, je n'aurais aucune hésitation à démissionner, mon contrat me le permet parfaitement. Maintenant, même si vous ne me l'autorisez pas, je suis pressé. Bonne journée.
Sous le regard admiratif d'une partie de l'assemblée obligée d'écouter le discours du président du Magenmagot prétendant que lui servir de garde du corps serait une prestigieuse ligne dans leur carrière, Sirius Black quitta les lieux. Depuis qu'il était auror, il ne comptait plus les tentatives de James de le placer sous ses ordres – il était le seul à être passé auror senior après une seule année avec l'appui d'Albus Dumbledore alors qu'il fallait attendre généralement trois ans – ou de le faire muter pour le mettre sous la responsabilité directe de Dumbledore. Malheureusement pour eux, depuis qu'il était consort Gaunt, les contrats lambda ne pouvaient plus lui convenir et chaque décision professionnelle devait avoir son accord plein et éclairé, quand ce n'était pas celui de son épouse et cheffe de clan, qui n'avait pas les deux personnages dans ses petits papiers.
Épouse, qui, actuellement, était entrée en plein travail. Il avait déjà prévenu Robards qu'il se rendrait au chevet de sa femme dès le signal d'alerte lancé et rien ni personne ne l'en empêcherait, encore moins le grand Albus Dumbledore. Son insistance autour de sa personne faisait jaser depuis un moment et il se murmurait que le vieux sorcier, qui se vantait d'avoir une oreille attentive dans chaque famille sorcière, était frustré de ne rien connaître de la nouvelle lady Gaunt, même par le biais de son mari.
S'il savait …
Sirius sortit de la salle de réunion et ne fut pas étonné de voir Remus Lupin camper devant les portes. Ne voulant pas perdre du temps avec lui, il prit les devants.
-Non, je n'ai pas envie de travailler pour Dumbledore ni de revenir dans l'Ordre du Phénix, décréta Sirius alors que son ancien ami ouvrait la bouche. Tant qu'il déclarera ouvertement que les loups garous ne sont que des nuisances et qu'ils n'ont pas le droit d'être reconnus comme victimes de leur affection, je ne vois pas pourquoi je devrais lui accorder de l'attention.
-Ce n'est pas vrai! s'indigna Remus
-Parce que tu assistes aux sessions du Magenmagot ou tu lis les comptes rendus? ricana Sirius. Ou tu écoutes bien sagement les traductions de James ou de Dumbledore? Peu importe, je ne vais pas débattre sur ce point avec toi. Je suis pressé et je n'ai pas envie d'écouter une propagande de plus. Bonne journée.
Remus lui prit le bras pour l'arrêter.
-Où sont passés tes idéaux et ton envie de changer le monde? grinça Remus. Du jour au lendemain, tu es retourné dans ta famille et tu nous as tourné le dos.
-Ils sont passés dans le camp qui pouvait justifier objectivement ses actes quand je le lui demandais, répliqua Sirius en se dégageant. Où on ne prétendait pas une chose et on faisait le contraire. Où on sait où on va et on ne suit pas aveuglément un «chef». Je connais mes objectifs et je sais comment je vais y arriver. Peux-tu faire la même chose sans dépendre de la volonté d'un autre?
Sirius n'attendit pas de voir sa réaction pour se détourner et filer.
Son fils l'attendait.
