Bonjour à tous!

Premièrement, Bonne Année! Je vous souhaite à tous de la santé. C'est tellement important!

Je sais, cela fait un moment depuis la dernière publication, mais ne vous inquiétez pas. Il y aura une fin à cette histoire.

J'espère que vous apprécierez.

Bonne lecture!

SeverusRiddle


CHAPITRE 10

Une trombe d'eau glacée aspergea Harry en entier: ses draps, son matelas, ses rideaux de lit, tout. D'un geste spastique, il sortit de son lit, aveuglé par l'absence de ses lunettes et par sa tignasse collée à son crâne, couvrant le devant de ses yeux. Il dégoulinait de la tête aux pieds, en simple caleçon, le corps frigorifié par la mauvaise blague.

— Qui a fait ça? s'exclama-t-il d'une voix dure, mais enrouée par le sommeil.

Mais autour de lui, tout le monde dormait. Ou du moins, simulait le sommeil. Black ouvrit ses yeux ensommeillés sous l'avalanche de jurons et sous les piétinements féroces émis par Harry. De toute évidence, Orion était innocent: le temps qu'il prit à comprendre la raison du courroux de son ami révélait bien des choses. Un mouvement furtif se vit dans un des lits : Malefoy. Sans prendre la peine de se sécher, Harry se précipita sur le sorcier, le visage plissé par la colère.

— Toi! hurla-t-il, ce qui réveilla cette fois-ci Declan. C'est toi qui as fait ça, sale vipère!

Il tira sur les couvertures et révéla un Malefoy qui tentait de camoufler le petit sourire naissant en bordure de ses lèvres. Sans hésiter, il empoigna le coupable par le collet de son pyjama et le rapprocha de lui.

— Tu trouves ça drôle, peut-être?

— Un peu, avoua-t-il, l'expression narquoise.

Même Orion lâcha un rire, mais leva les mains en signe de paix sous le regard noir d'Harry. D'un mouvement du poignet, Harry fit venir sa baguette dans ses doigts, devant le visage impressionné de tous, et pencha celle-ci en direction de son assaillant. Malefoy écarquilla les yeux par la crainte des intentions inconnues du garçon.

— Vas-tu me laisser tranquille, à la fin? Je sais que c'est toi qui as tenté de me pousser dans les escaliers hier! Je sais aussi que tu as fait exploser l'encre dans mon sac la semaine dernière! Tout ça à cause d'un piètre duel? C'est pathétique! À qui la faute si tu n'as pas de talent, hein? J'ai été assez patient!

Pendant qu'Harry postillonnait sur le visage de Malefoy, une porte se fit claquer. Mais il s'en fichait et, d'un mouvement de baguette, il aspergea Malefoy d'un flot d'eau glacée, l'inondant davantage que ce qu'Harry avait subi. Il maintenait le sorcier par le col, qui se débattait et tentait de le frapper au visage, mais Harry esquivait toujours, les yeux brûlant de colère. Bientôt, le lit ressembla à une mare. D'un geste brusque, il poussa Malefoy loin de lui et métamorphosa les coussins en grenouille, recréant un joli étang.

— Peut-être devrais-je recouvrir ton visage de pustules pour rehausser ce magnifique tableau? Afin que tu ressembles à un crapaud?

Sans ses lunettes, Harry n'y voyait pas grand-chose, mais s'imaginait facilement la scène. Un sourire sournois allongea ses lèvres. Sans crier gare, Malefoy se jeta sur lui, les deux tombant au sol dans un bruit fracassant. Il frappa sa cible avec force, heurtant la pommette d'Harry.

— En colère, vipère? cracha ce dernier, les yeux brillants étrangement.

Une émotion bouillait en lui, difficile à comprendre. Mais, cette émotion effaçait toutes les autres et surtout, la nouvelle attirance qu'il possédait envers Tom.

— Sale Sang-de-Bourde! Tu pollues notre environnement avec l'air que tu expires.

— Lâchez-vous! cria Black, d'une voix paniquée.

Harry avait envie d'user de la magie pour mettre un terme à cette bataille à mains nues, mais il ressentait un certain plaisir à entraîner Malefoy dans une réaction aussi primitive, aussi… Moldu. Après tout, Malefoy ne pensait même pas à lancer des sorts. Il le rouait de coups, Harry les accueillant avec un sourire condescendant. Alors qu'il se faisait griffer la joue, il s'exclama:

— Te rends-tu compte que tu agis comme un Moldu? Tu sais, ce que tu m'éprises le plus?

Et il rit alors qu'un coup l'atteignit à la mâchoire. Son rire continua, ne pouvant plus s'arrêter tout comme la violence de Malefoy. Du sang gicla de sa bouche, la gencive percée. Mais ce constat n'atténuait pas son hilarité. C'est comme si quelque chose s'était cassé en lui: il riait, riait, riait. Harry trouvait les Serpentards si pathétiques avec leurs valeurs. Et même les humains en général: la guerre, le mal, la lutte… Harry se fit pousser davantage contre le sol, toujours en proie à sa mystérieuse folie. Malefoy se tenait maintenant debout, devant lui, le regard meurtrier. Il pointait sa baguette avec une terrible haine imprégnée sur les traits.

— Je vais te tuer! siffla-t-il avec férocité.

— Alsan! cracha Orion. Baisse ta baguette!

Un sourire saignant aux lèvres, Harry écarta les bras, offrant son torse pâle et imberbe comme cible parfaite.

— Eh bien, vas-y! dit-il avec sérieux. Libère-moi une bonne fois pour toutes!

Ils se fixèrent un long moment, sans rien échanger. Mais une puissante poussée surgit en Harry et sortit de sa gorge:

— Vas-y, tue-moi, sale vipère! Je n'attends que ça depuis tellement longtemps!

Soudain, la porte s'ouvrit en grand et Malefoy fut repoussé jusqu'au mur derrière lui dans un craquement douloureux. Il s'échoua au sol, du sang coulant de sa lèvre: il s'était mordu lors de l'impact. Sans même se retourner, Harry sut qu'il s'agissait de Tom. Il sentait son regard lui brûler le dos, le front, son âme.

— Que se passe-t-il? entendit-il alors qu'il se relevait sans la moindre grâce, reniflant un bon coup et secouant sa tête comme un chien pour essorer ses cheveux.

— Malefoy a fait une mauvaise blague à Evans, expliqua Declan, rapidement. Evans a réagi et puis ça semble s'être empiré pendant mon départ.

Lentement, Harry se retourna et observa le groupe, suite à un dernier regard sans émotion pour Malefoy. Il croisa les yeux de Tom, ceux-ci le détaillant comme à son habitude, comme si Harry subissait une opération chirurgicale délicate, mais dévia bien vite le regard. Depuis les derniers jours et surtout, depuis qu'il avait compris la naissance de son attirance pour Jedusor, Harry le fuyait comme la peste. Il empruntait les passages secrets pour éviter de le croiser dans les corridors, avait recommencé à manger dans les cuisines de Poudlard et s'isolait dans sa chambre ou bien dans la Salle sur Demande comme lors de son arrivée en 1942. Le voir ainsi, devant lui, le mettait terriblement mal à l'aise. Et Tom le sentit.

— Black?

Orion sursauta.

— C'est Aslan qui a tout commencé! Depuis des jours qu'il est sur le dos d'Harry: il l'a même poussé dans les escaliers hier!

Un nouveau rire s'éleva de la poitrine d'Harry. Comment pouvait-il se trouver dans le passé, en 1942? Comment pouvait-il se tenir debout, dans un état aussi lamentable, du sang ruisselant sur le menton, devant Tom Jedusor, d'une beauté époustouflante? Comment pouvait-il se faire défendre par un futur Mangemort de la famille Black? Non, cette pensée était injuste, surtout après les secrets qu'Harry détenait de la bouche d'Orion. Mais tout ça, le fait qu'il soit ici, comme Maître de la Mort? C'était une mauvaise blague, une très mauvaise blague. Et pourtant, Harry la riait sans s'arrêter. Il était décidément bien cassé.

Mais Tom ne scrutait pas la réaction incohérente d'Harry, mais plutôt le visage d'Orion.

— Harry? répéta-t-il d'un murmure menaçant.

Black fronça les sourcils d'incompréhension.

— Oui, Harry. Oh! Euh…

Et il se tut. Tom semblait encore plus en colère maintenant. Et comme pour répondre à cette sourde fureur, Orion s'expliqua:

— Harry et moi sommes amis. J'ai bien le droit d'utiliser son prénom.

Et Harry rit de plus belle, debout, à moitié dénudé, le corps frigorifié et trempé. Il agrippa son ventre humide de ses bras, plié en deux. Son rire ne tarissait pas. Vraiment, sa vie se révélait un véritable fiasco. Même le regard brûlant de Tom, à nouveau sur lui, ne parvint pas à le réchauffer. Orion lui balança une couverture et Harry s'y enroula pendant que ses pieds le conduisaient vers la salle de bain. Il devait… s'isoler.

Il s'enferma dans la douche, l'eau plus que chaude lui brûlant la peau. Et il réfléchit. Comment Malefoy avait-il pu passer ses barrières magiques? Harry fronça les sourcils, puis poussa un long soupir. Il avait oublié de les mettre la veille, à cause de la fatigue. Ses nuits étaient courtes et si mouvementées qu'il commençait à faire des erreurs. Cela ne devait pas se reproduire. Devait-il aller voir l'infirmière pour des somnifères? Était-ce une bonne solution? Solution qui pourrait le mettre plus en danger si Malefoy tentait autre chose une prochaine nuit. Alors qu'il se savonnait les cheveux, il entendit la porte s'ouvrir.

— Hé, la salle de bain est occupée! cria-t-il, l'incompréhension se collant à son visage. J'avais pourtant barré la porte!

Mais personne ne répondit. Harry se rinça rapidement, le cœur battant à tout rompre. Il n'y avait rien de pire que de se sentir coincé et nu comme un ver dans une pièce avec un inconnu. Il passa la tête derrière le rideau de douche et plissa les yeux pour voir l'intrus. Sa vision ne lui permettait que d'observer une silhouette, près de la porte, qui gardait heureusement une distance raisonnable.

— Tom? C'est toi?

— Oui.

— FICHE LE CAMP! hurla-t-il alors qu'il tâtonna le mur à la recherche d'une serviette pour protéger son intimité, bien qu'il soit hors de vue derrière le rideau.

— Voyons, Evans, ricana Jedusor. J'ai tout vu plus tôt. Enfin… presque.

— Espèce de salaud! Laisse-moi!

Harry ne le voyait pas, mais il imaginait bien son sourire narquois étirer ses lèvres fines. Tom aimait le pouvoir, la domination, et cette situation, tout à fait ridicule, il va sans dire, lui octroyait assurément ce sentiment de puissance.

— Tu as oublié tes vêtements, lâcha Jedusor d'un ton infantilisant. Je croyais que tu aimerais que je te les apporte.

— Ori…

Harry se tut immédiatement. Il avait failli dire: « Orion aurait pu le faire. » Il valait mieux garder le silence afin d'éviter le courroux de Tom, surtout dans la situation actuelle. Harry était bien trop dénudé, sans baguette. Ce n'était pas le moment de lui tenir tête. Le sombre sorcier n'aurait aucun scrupule à tirer le rideau dans un accès de colère.

— Pardon? entendit-il.

— Merci, rétorqua rapidement Harry avec une voix qu'il espérait sincère. Je termine ma douche et je sors.

Le silence se fit et au bout de quelques minutes, la porte claqua. Harry ferma les yeux, le cœur au bord des lèvres. Il s'essuya derrière le rideau de douche, enroula fortement la serviette autour de sa taille et fila jusqu'à sa pile de vêtements soigneusement pliée. Il enfila son uniforme, tenta de nouer sa cravate, mais abandonna bien vite la perfection, mais prit quelques minutes supplémentaires pour se sécher les cheveux. Il espérait gagner du temps avant de retourner dans le dortoir. Il souhaitait être seul, mais doutait que Tom prenne la peine de partir après les derniers événements. Lorsqu'il s'observa dans le miroir, il resta bouche bée. Ses cheveux, déjà rebelles, pointaient avec plus de vigueur dans tous les sens. Voilà pourquoi il les laissait habituellement sécher naturellement. Il inspecta son visage et l'intérieur de sa bouche, visualisa quelques plaies qu'il soigna d'un mouvement du poignet. Puis, d'une grande inspiration, il ouvrit la porte pour retrouver son lit.

Et comme prévu, Tom l'attendait, seul, assis sur le lit de Malefoy, tournoyant sa baguette entre ses longs doigts fins.

Harry esquiva son regard et fit comme s'il n'était pas là. Il marcha jusqu'à sa commode et fourra son livre de potions dans son sac à dos. Puis le balança sur son épaule. Il sentait la piqûre du regard de Tom sur lui, lui chatouillant sa cicatrice. Pourquoi était-il là? Il avait réussi à l'éviter ces derniers jours et aimerait continuer ainsi. Harry crut que la colère bouillait en lui, mais en s'attardant un instant sur ses émotions, il comprit qu'il s'agissait plutôt d'anticipation, d'angoisse. L'impulsivité le gagna et, d'un mouvement brusque, il se retourna et fusilla Jedusor du regard.

— Pourquoi es-tu ici? Et pourquoi es-tu sur le lit de Malefoy?

Un énorme sourire carnassier étira les lèvres de Tom, comme si ce dernier n'attendait que cela, n'attendait que cette réaction. Comme si Harry était tombé dans son piège. Ce constat accéléra les battements de son cœur et il déglutit avec difficulté. Il avait l'impression de perdre le contrôle et il n'aimait pas ça.

— Je suis heureux que tu me poses la question, répondit langoureusement Tom. Ce lit – il pointa ledit lit comme si Harry n'était qu'un enfant à qui on faisait la leçon – est maintenant le mien.

— Quoi? s'énerva-t-il en fronçant les sourcils.

Et le choc le saisit. Declan lui avait expliqué, lors de sa première journée, que les colocataires d'un dortoir pouvaient changer en cas de discorde ou autre. La main accrochée à la ganse de son sac à dos, Harry resserra sa prise jusqu'à s'en blanchir les jointures.

— Malefoy et toi avez une mésentente assez flagrante, je dois le dire, continua Tom de sa voix doucereuse. J'ai donc pris la décision de modifier nos espaces de vie.

Harry se passa la main dans les cheveux, les ébouriffant davantage. Il se lécha les lèvres, la bouche sèche. Il serait plus difficile pour lui d'éviter Jedusor, maintenant qu'il partageait un lit côte à côte.

— J'espérais te faire plaisir, susurra Jedusor.

— Tu pensais? Arrête de mentir, sale serpent! le coupa Harry, énervé. Tout ça, c'est un jeu pour toi. Un jeu dans lequel tu prends un trop grand plaisir.

L'atmosphère se modifia du tout au tout. Celle-ci, encore légère malgré les révélations de changement de dortoir, s'alourdit. Un vent magique glacé s'éleva près d'Harry. Et celui-ci, même s'il le piquait, l'attirait tout de même.

Tom était fâché.

— Un jeu? siffla ce dernier. Tu m'évites depuis des jours et je ne sais même pas pourquoi! Je croyais que nous avions… une trêve.

Pourquoi personne ne venait les interrompre? Où était Black?

— Et, ajouta Tom d'une voix maintenant glaciale, les yeux rouges brûlant d'un sentiment qu'Harry n'arrivait pas à saisir, je t'ai entendu hurler à Malefoy, plus tôt. Tu lui as demandé de te tuer!

Harry se figea.

— N'avons-nous pas un accord? cracha Jedusor. Si tu avais de telles pensées, de venir me voir?

— Mais… je te vois, là, marmonna-t-il avec lassitude alors qu'il se pinça l'arête du nez.

Tom se leva et s'approcha d'Harry. Le froid engourdit davantage le corps de sa proie alors que sa bouche se tortillait étrangement. Sans pouvoir détourner le regard, Harry cherchait à comprendre les émotions derrière ce tiraillement: colère, angoisse, mais surtout, satisfaction. Mais pourquoi?

— Lorsqu'on brise un accord, susurra Tom, nous devons le payer. Alors, tu me dois quelque chose.

Les épaules d'Harry se tendirent. Son estomac se tordit de peur.

— Tiens… C'est nouveau, ça… Que veux-tu? souffla-t-il en évitant ses yeux.

— Ta potion: Felix Felicis.

Brusquement, Harry releva le menton et plongea son regard dans celui de Tom. Ce dernier souriait narquoisement, la victoire déjà atteinte.

— Non, Tom! N'importe quoi, sauf ça!

Les iris de Jedusor devinrent encore plus écarlates devant les propos lancés. Ses lèvres s'étirèrent davantage.

— Eh bien, tu ne peux pas me refuser la prochaine, alors.

Harry croisa les bras contre lui, le visage livide. Il était tombé dans le panneau, il le savait. Il garda le silence, silence qui fut interrompu par son assaillant.

— Je veux une étreinte.

— Pardon? s'étouffa Harry avec sa salive. Je n'aime pas être touché… Tu le sais.

Mais Tom le scrutait avec sérieux. Ses pupilles étaient à nouveau dilatées et son souffle se faisait un peu plus laborieux. Pourquoi voulait-il une étreinte alors que Black lui avait spécifié que Jedusor lui-même n'aimait pas les contacts physiques étroits.

— Je veux une étreinte, qui durera le temps que je désire, répéta Tom d'une voix rauque. C'est ça ou bien la potion.

Harry serra plus étroitement les bras autour de lui. Son cœur lui faisait mal, il allait trop vite. Le vertige s'invita dans son esprit. Il envisagea un moment de lui refiler le Felix Felicis, mais ce n'était pas raisonnable. Qu'allait faire Tom d'une telle potion? Donner un câlin, ce n'était rien en y réfléchissant bien. Mais il avait peur, il sentait déjà ses mains moites. La magie autour de lui s'apaisa un instant, comme pour l'encourager à accepter la deuxième option. Il ferma un moment les yeux, ignorant le chatouillement à son front. Il inspira profondément. Il n'osait même pas lui demander le pourquoi d'une telle requête. Ça ne correspondait pas à l'image qu'il avait de Voldemort et aussi de Tom Jedusor. Puis, d'un coup sec, il hocha la tête.

— L'étreinte, alors.

Comme au ralenti, il observa la grande silhouette de Tom se rapprocher et l'engloutir de son ombre. Deux bras s'enroulèrent autour d'Harry: l'un autour de sa taille et l'autre le haut de son dos. Une main plongea dans sa masse de cheveux, les doigts écartés en éventail. Ceux-ci, dominants, s'appuyèrent avec force contre la tête du garçon, prêts à lui briser le crâne. Harry fut alors coincé dans un étau, le visage enfoui contre le torse vigoureux de Tom, contre sa chaleur, contre les effluves herbacés qui s'infiltrèrent dans ses narines. La magie de Jedusor s'enroula de façon possessive autour d'Harry, fusionnant avec sa propre magie.

— Tes bras, autour de moi, ordonna difficilement Tom, dans un souffle.

Harry, les bras ballants le long de ses flancs et le cerveau ramolli, obéit à l'ordre. Il les glissa autour de la taille de Tom, raffermissant leur étreinte, les rapprochant davantage. Et, alors qu'Harry ne crut pas que l'intimité pouvait être augmentée, sentit le visage de Jedusor s'enfouir dans son cou, les lèvres appuyées contre sa peau. Un grand frisson le parcourut. Tom respira profondément, comme s'il cherchait à mémoriser l'odeur d'Harry. Il déplaça sa bouche contre sa carotide sans toutefois l'embrasser.

Harry sentit ses joues surchauffées, comme le reste de son corps. Le temps lui parut à la fois long, à la fois court. Après un moment, il voulut à se retirer, mais Tom maintint sa prise avec force, la mâchoire crispée.

JE décide quand ça se termine.

Et il continua à respirer dans le creux du cou d'Harry, les lèvres contre son pouls, une main dans ses cheveux et l'autre, sur l'os de sa hanche.

— P…potions, déglutit Harry, n'allons-nous pas être en retard?

Lentement, l'étau se desserra et Harry put respirer normalement. D'un geste preste, il s'éloigna d'un pas, évitant le visage de Tom. Mais il ne put s'empêcher de lui jeter un coup d'œil. Le sorcier le scrutait avec une intensité décuplée, les sourcils froncés, les yeux toujours aussi rouges, presque calculateurs. Mais Harry détourna rapidement le regard et se racla la gorge.

— Je dois aller me chercher quelque chose à manger avant le cours, dégobilla-t-il, ses jambes le pressant vers la sortie.

Harry sortit en trombe, les yeux paniqués. Mais qu'est-ce que c'était que cela? Il ne comprenait pas. Il passa en flèche dans la Salle commune, zigzaguant entre les élèves pour atteindre le couloir des cachots. Il n'osa même pas regarder derrière lui pour voir si Tom le suivait, son cœur si près de sa tête que ses battements assourdissaient ses oreilles. Il avait l'impression de nager dans du coton. Une fois dans la Grande Salle, il agrippa un croissant et un morceau de fromage qu'il enveloppa prestement dans un linge et repartit vers les sous-sols pour son cours de potions qui débutait dans quelques minutes.

Près de la salle de cours, il s'échoua au sol et mangea quelques bouchées de son croissant ainsi que son fromage sans toutefois réussir à tout terminer. Son estomac était fragile, comme si une grosse boule empêchait la nourriture de descendre. Et enfin, le dégoût s'empara de lui. Comment pouvait-il avoir apprécié l'étreinte d'un meurtrier? Tom Jedusor n'était certes pas encore Voldemort, mais il avait déjà tué des personnes dans cette ligne temporelle. Pour sa famille, il semblait dire que c'était un accident. Mais pour Mimi Geignarde, il ne pouvait pas le dire. Sa nouvelle mission était de faire comprendre l'amitié et l'amour à Tom. Se faire une étreinte était quelque chose de bien, en lien avec ces objectifs, n'est-ce pas? Mais… Harry ne pouvait s'empêcher de se trouver dégoûtant. Comment Ron, Hermione et même Ginny réagiraient-ils s'ils le savaient? Il porta une main à sa poitrine et ferma avec force ses paupières. Il n'aurait pas dû manger… Il se sentait malade.

Le professeur Slughorn sortit de la salle de classe, un grand sourire aux lèvres. Il semblait assez fier du cours qu'il tiendrait. Ses yeux trouvèrent alors Harry et devinrent soucieux.

— M. Evans, vous sentez-vous bien?

Harry se releva, la bouche tordue.

— Oui, ne vous inquiétez pas. J'ai un peu la nausée, mais ça va passer.

Slughorn le fixait, étudiant son teint.

— Vous êtes livide, mon cher. Si cela ne passe pas, vous irez à l'infirmerie.

Harry hocha la tête, mais rit de lui-même intérieurement. Tout cet émoi était du fait de Jedusor. L'infirmière ne pourrait malheureusement rien faire. D'un pas hésitant, il s'avança dans la salle et prit sa place habituelle. Au-devant de la classe bouillait un chaudron dont les vapeurs s'élevaient en spirale. Cette constatation choqua Harry.

— Non… non, non, non.

— Pourquoi non? demanda alors Tom qui s'assoyait près d'Harry.

Ce dernier garda le silence, des sueurs d'effroi glissant dans son dos.

— Tu es parti plutôt rapidement, tantôt.

Sa voix était à la fois moqueuse, comme s'il le raillait, mais à la fois cassante, comme un reproche. Harry ne dit rien, puis déposa son menton dans la paume de sa main, le coude appuyé sur la table. Il fixait le devant de la classe, les sourcils froncés. Tom installa son plan de travail dans un silence lourd. La potion qui tourbillonnait en avant était de l'Amortentia. Les vapeurs étaient faibles à cette distance, mais Harry savait qu'elles augmenteraient à son approche. Et il n'avait tout simplement pas envie de sentir la potion. Il refusait catégoriquement.

Tom remarqua afin l'objet d'inquiétude d'Harry.

— Oh, souffla-t-il doucement. Intéressant. La dernière fois, n'était-ce pas Felix Felicis? Et maintenant…

Harry sentit son regard lui brûler non seulement son visage, mais aussi sa cicatrice. Jedusor laissa sa phrase en suspens, mais Harry entendait son sourire moqueur derrière les mots soufflés. La tête lourde, le cœur au bord des lèvres, il attendit le début du cours.

— Bonjour chers élèves! Aujourd'hui, j'ai un nouveau défi pour vous! s'exclama Slughorn avec un peu trop d'enthousiasme. Voyez-vous la potion qui tourbillonne ici, près de moi? Eh bien, je sens qu'elle va vous émoustiller!

Harry renifla bruyamment. Finalement, le professeur de potions improvisait quelque peu ses cours. Contrairement à la dernière fois où le Felix Felecis était en jeu et dont il avait compris qu'ils devraient tous faire le philtre de Mort Vivante, Harry ne put deviner la suite des choses.

— Cette potion, chers camarades, est d'une puissance extrême, considérée comme très dangereuse. Quelqu'un peut-il la reconnaître?

Tom leva la main, un sourire satisfait aux lèvres. Harry, de son côté, demeura inerte, le visage renfrogné. Il avait déjà acquis le respect de Slughorn.

— Tom, je ne suis pas surpris de tes connaissances. Voyons voir si elles sont bonnes.

Malgré l'infructueuse altercation entre Jedusor et le directeur de leur maison pour les Horcruxes, Slughorn ne semblait pas nourrir de ressentiment pour son élève.

— C'est de l'Amortentia, monsieur, un puissant philtre d'amour. Bien entendu, cette potion serait incapable de reproduire le véritable sentiment, mais il crée une obsession chez son buveur, une obsession se rapprochant très fortement à l'amour. L'Amortentia a une odeur différente pour chaque personne, en fonction de ce qui l'attire.

— Eh bien, 20 points pour Serpentard! le félicita Slughorn. Une réponse parfaite. Au fait, merci pour vos chocolats, Tom, j'ai bien reconnu votre écriture sur votre mot.

Harry eut un sourire en coin. Voilà pourquoi leur relation était restée aussi stable: Tom devait envoyer des présents à son professeur pour manipuler son esprit. Et Slughorn, eh bien, se trouvait flatté de la situation.

— Puisque vous avez dicté la bonne réponse, mon cher Tom, vous aurez l'honneur d'être le premier à sentir la potion. Venir me rejoindre!

La curiosité plus forte que son dégoût de lui-même, Harry observa Jedusor se lever et s'avancer vers l'avant de la classe. Certains élèves, dont la majorité des filles, trépignaient d'impatience de voir la réaction de leur Préfet. Tom gardait un visage lisse, un sourire presque séducteur, une émotion sous contrôle. Lorsqu'il fut près du chaudron, il se pencha pour humer les vapeurs tourbillonnantes. Du moment où une spirale entra dans ses narines, Tom crispa les mains, celles-ci agrippant le bord de la table. Ses yeux se colorèrent comme lorsqu'il ressentait une émotion particulièrement intense, et les ferma fortement. Cette réaction était sage, Harry comprit qu'il cherchait à camoufler cet aspect devant l'assemble de la classe. Ses sourcils se froncèrent et, au prix de ce qu'il semblait être un grand effort, recula pour mettre de la distance entre lui et la potion.

— N'est-ce pas envoûtant? questionna le professeur, ses mains contre son gros ventre. Aucune personne ne résiste à l'attraction de l'Amortentia. Alors, qu'avez-vous senti?

— Un mélange sucré, répondit Tom, la respiration un peu saccadée.

— Eh bien, retenez bien les odeurs, car vous aurez tous un devoir à faire à la fin de la classe. En petit groupe, j'aimerais que vous veniez près de la potion pour, non seulement étudier son aspect, mais aussi pour humer son odeur, il va s'en dire. Vous me remplirez la moitié d'un parchemin sur vos impressions.

Tom retrouva sa place, le corps raide, le teint livide. Il jeta quelques fois des coups d'œil à Harry, mais resta silencieux. Un groupe de quatre étudiants rejoignirent le devant de la classe. Un jeune homme qu'Harry ne connaissait pas et de Serdaigle posa une question:

— Combien d'odeurs sommes-nous censés sentir en général? De mon côté, j'en dénombre 5.

— C'est une excellente question, M. Rawen. Je vous accorde 10 points pour votre pertinence. Le chiffre magique est de trois, si je me fie à mon expérience et aux données recueillies. Le fait que vous en ressentez autant dénote votre grande appréciation de la vie, j'ose dire. C'est exactement le pourquoi que je demande ce devoir à la fin du cours: un peu comme une sorte d'étude sur les propriétés de la potion.

Harry sentirait-il les mêmes trois odeurs? Mais s'il était honnête, il n'avait pas du tout envie de savoir. Avec étonnement, il vit Tom lever la main, le teint livide.

— Oui, Tom?

— Est-il possible qu'une personne ne sente aucun parfum? interrogea-t-il d'un ton ferme.

Harry l'observa, les sourcils froncés. Puis, son regard bifurqua vers Slughorn, sa curiosité piquée.

— Ma foi, c'est une excellente question aussi, répondit ce dernier en se flattant le menton. Jamais au cours de ma vie je n'ai entendu une telle chose. Chaque être humain aime au moins une chose dans leur vie, ne pensez-vous pas? Il serait très malheureux et inquiétant si une personne ne sentait pas au moins une odeur.

— Et serait-ce possible que l'Amortentia ne produise… qu'une seule et même odeur pour une personne? poursuivit Tom avec contrôle.

Mais derrière ses mots, Harry put ressentir une note de préoccupation.

— Hum… Encore une fois, je n'ai jamais observé un tel phénomène. Je dirais même qu'une seule odeur se révèle aussi inquiétante qu'aucune odeur.

— Et pourquoi donc?

C'était Rawen, comme un typique Serdaigle, cherchait à comprendre. Slughorn plissa les yeux, sous la réflexion.

— L'Amortentia, comme expliqué plus tôt, ne reproduit pas le véritable sentiment amoureux. Elle produit une sorte d'obsession chez le buveur. Et donc, j'ose imaginer que si une personne ne sent qu'une seule et même odeur, cela signifie et prouve une véritable obsession pour l'origine de ladite odeur.

Harry renifla amèrement. Est-ce que Tom avait senti quelque chose? Avait-il vraiment senti un mélange sucré ou bien était-ce un mensonge pour faire bonne figure? Dumbledore lui avait bien dit, dans son véritable présent, que Voldemort ne comprenait rien à l'amour. Alors, serait-ce possible que l'Amortentia soit inactive pour Tom? Du moins, ses effluves? Cela expliquait peut-être sa réaction. Il était plongé dans ses réflexions lorsque son professeur se rapprocha de lui.

— M. Evans, levez-vous. Vous devez vous aussi me donner un parchemin sur l'Amortentia.

À contrecoeur, Harry obtempéra puisque Slughorn comprit son détachement. D'un pas lent, il s'avança vers la potion et l'observa. Elle ressemblait exactement à son souvenir, lors de sa vraie sixième année, lorsqu'il avait senti l'odeur de la tarte à la mélasse, d'un manche à balai et de fleur, provenant de Ginny Weasley. Au souvenir de Ginny, son cœur se serra.

— Allons, M. Evens, ne soyez pas timide. On dirait presque que cette potion vous effraie.

Cette remarque n'était pas tout à fait inexacte. Heureusement, un groupe de jeunes filles restaient proches de la potion, rêvassant sur les odeurs qu'elles sentaient. Il n'était donc pas seul à l'avant. Harry n'eut pas d'autre fois que de se pencher et de respirer les effluves. Une fois de plus, il humait les mêmes odeurs, sauf que Ginny était absente. Les nausées revinrent à une vitesse foudroyante. D'instinct, Harry se plaqua une main contre la bouche.

— L'infirmerie, marmonna-t-il avant de quitter la salle de cours d'un pas rapide.

Et il fila réellement à l'infirmerie. Il ignora les élèves qui l'observaient courir vers sa destination. Il pénétra avec un grand fracas dans l'infirmerie aussi immaculée que dans ses souvenirs. Il se précipita vers un lit et agrippa une corbeille près de celui-ci. Puis, il vomit le faible contenu de son estomac. La bile sortie en dernier, aussi jaune que la couleur des Poufsouffles.

— Oh mon dieu! s'exclama une voix féminine. Couchez-vous, Bon Dieu!

Cette voix, loin d'être celle de Mme Pomfresh, rappelait toutefois la même inflexibilité. Une caractéristique chez les infirmières, osa penser Harry. Il s'exécuta une fois qu'il fut certain de ne pas restituer davantage. L'infirmière, du nom de Mme Sicky, évalua la condition d'Harry.

— Vous êtes un peu fiévreux, vous resterez ici ce soir afin que je puisse m'assurer de votre état. Je ne voudrais pas une épidémie de Dragoncelle! Prenez ce somnifère, vous avez besoin de repos.

Et elle s'éloigna, une fois qu'elle eut fermé les rideaux du lit d'Harry. Celui-ci, couché sur le dos, le visage livide, ne put que réfléchir aux derniers événements. Il ne sentait plus l'odeur de fleur de Ginny… Il ne sentait plus Ginny… Elle était vraiment partie, non seulement physiquement, mais aussi de son cœur. Sans s'annoncer, des larmes coulèrent de ses yeux. Il avait l'impression de revivre un deuil, ou bien peut-être le continuait-il? Comment l'odeur de fleur avait-elle pu être remplacée par l'odeur herbacée de Tom? Ses larmes inondèrent maintenant ses joues. Il avait mal, très mal. Et il se dégoûtait. Ce n'était pas seulement de l'attirance qu'il possédait pour Tom, mais quelque chose de plus profond, sans que ce soit un véritable sentiment amoureux. Mais… Harry se connaissait. Si ce sentiment persistait, il tomberait réellement amoureux. Mais il ne le pouvait pas. Il ne l'acceptait pas!

Que faire?

Il s'endormit sur son désespoir. Lorsqu'il ouvrit les yeux, il se rendit compte qu'il était très tôt. Il avait dormi très longtemps, son corps un peu plus vigoureux que la veille. Selon un Tempus, il était six heures du matin. Un muffin reposait sur une table près de lui avec un petit mot.

Harry,

Tu dois absolument te reposer! C'est une catastrophe si tu ne le fais pas. As-tu oublié que c'est notre premier match de Quidditch ce dimanche? Bole n'arrête pas de me hurler dans les oreilles depuis qu'il sait que tu es à l'infirmerie. Bon… Malefoy peut bien te remplacer, mais Harry… Repose-toi, hein?

Orion

Harry se frotta les cheveux. Il avait complètement oublié le match de Quidditch. Alors que ses pieds effleurèrent le sol, une porte s'ouvrit pour révéler l'infirmière.

— Que faites-vous, M. Evans? Vous ai-je donné la permission de sortir du lit? Mangez donc votre muffin pendant que je vous examine.

Plusieurs sorts le frappèrent sans douleur alors qu'il mâchouillait sa collation.

— Bon, tout va bien. Il semblerait qu'il y avait une petite déshydratation derrière tout ça, une alimentation aussi insatisfaisante, mais surtout, une grande fatigue. Vous devez manger tous vos repas, compris? Et vous allez boire. Après, vous pourrez partir.

— Je vais donc pouvoir jouer au Quidditch demain?

— Oui, répondit Mme Silky. Je vais vous donner quelques potions de sommeil pour la semaine. Je vous conseille d'en prendre une lorsque vous sentez que votre nuit sera mouvementée.

Harry sortit alors de l'infirmerie, direction son dortoir. Il bifurqua vers les cuisines pour prendre un petit quelque chose de supplémentaire à grignoter. Lorsqu'il pénétra la Salle commune, celle-ci était plongée dans le silence, les étudiants encore au lit. Il s'installa près du feu et mangea ses toasts. La luminosité changea, mais faiblement. Après tout, la Salle commune se trouvait sous le lac. Les rayons du soleil atteignaient plus difficilement ses fenêtres englouties. Quelques élèves se levèrent et bientôt, Black se précipita vers Harry.

— Hé! Tu es sorti quand?

— Ce matin, répondit Harry. J'ai juste un peu de fatigue, mais ça va aller.

Orion hocha la tête, soulagé.

— Merci pour le mot, ajouta-t-il dans un sourire.

— Ça n'a pas été facile de te le remettre, avoua Black.

Harry fronça les sourcils.

— Pourquoi?

— Eh bien, commença-t-il en se frottant la nuque, Jedusor rôdait autour de l'infirmerie avec un visage effrayant. Un peu comme s'il montait la garde. Mais il n'est jamais entré dans l'infirmerie.

Black haussa les épaules alors qu'Harry se renfonçait dans le divan, le cœur comprimé.

— Il a dû aller faire sa tournée en tant que Préfet, j'ai donc profité de ce moment pour me faufiler à ton chevet. Il fallait que je te rappelle notre match de demain!

— C'est juste ça qui t'inquiétait? le questionna Harry d'une voix grave avant de pousser un léger rire.

Et ils continuèrent à discuter, ce qu'Harry appréciait. La présence de Black empêchait ses pensées de s'orienter vers Tom, toujours endormi dans le dortoir.

— Au fait, devine ce que Jedusor a gagné hier en potion après sa concoction de l'Élixir d'Euphorie? demanda Orion.

— Il y avait un prix à gagner?

Il était vrai qu'Harry n'avait pas pu participer au cours avec son état de la veille.

— Oui. La dernière fois, tu avais gagné le Felix Felicis, eh bien, cette fois-ci, l'élève avec la meilleure potion obtenait un échantillon d'Amortentia! Alors, si j'étais toi, je surveillerais mes arrières.

Harry s'étouffa un moment.

— Voyons! Comment Slughorn peut-il permettre ça? s'énerva-t-il. Ne disait-il pas que cette potion était parmi les plus dangereuses?

— Un étudiant de Serdaigle a aussi émis cette réflexion. Et Slughorn a assuré que l'échantillon qu'il remettait au gagnant avait des effets amoindris… Justement pour éviter un drame. Et il a rappelé que l'effet n'était pas interminable. La potion allait juste apporter le meilleur rendez-vous amoureux au vainqueur.

Harry déglutit avec difficulté. Il n'arrivait pas à y croire. Cette potion entre les mains de Tom… Il cligna des yeux. Que pourrait-il faire de cette potion? Pourquoi Harry avait-il manqué le cours? Il aurait pu empêcher cette situation. Il devait empêcher cette situation!

Sans réfléchir, il se leva sous le regard interloqué de Black et s'aventura dans leur dortoir. Declan finissait de nouer sa cravate, puis, d'un hochement de tête envers Harry, sortit du dortoir. Les rideaux du lit de Tom étaient fermés. Dormait-il encore? Sans s'en rendre compte, il fit les cent pas, le corps tremblant. Son manège dû réveiller Jedusor puisqu'il tira les rideaux, les cheveux décoiffés et le regard plissé.

— J'étais de corvée hier, claqua-t-il de sa langue acérée. Pourquoi m'empêches-tu de dormir?

Ses yeux étaient durs, mais Harry put observer une lueur étrange derrière l'émotion, comme une sorte de soulagement.

— Je…

Harry se tut. Comment amener le sujet de l'Amortentia?

— Il semblerait que j'aie manqué un prix intéressant, hier, en cours de potions?

Les yeux de Tom se plissèrent davantage.

— Si tu le dis, répondit-il, évasif.

Harry se frotta le cou, nerveux. Il ne voulait pas que cette potion soit entre les mains de Tom. En fait, cette potion ne devrait être dans les mains de personne. Il ne comprenait réellement pas Slughorn. Peut-être devrait-il en toucher un mot à Dumbledore? En même temps, il ne voulait pas s'attirer la déception du professeur de potions au cas où il aurait encore besoin de le… manipuler contre Jedusor.

— Pourquoi ai-je l'impression que mon prix te fatigue? analysa Tom, maintenant assis sur le bord du lit, les sourcils encore plus froncés. As-tu besoin de cette potion pour séduire une personne?

Ces derniers mots furent presque crachés.

— Non! s'exclama Harry rapidement. Je ne comprends pas comment on peut offrir un tel prix. Et… eh bien, tu n'es pas une personne tout à fait stable, Tom.

Un sourire amusé se glissa contre les lèvres de Jedusor.

— Donc, tu as peur de ce que je peux faire de cette potion?

Le cœur d'Harry bondit dans sa poitrine.

— Je te propose un échange alors, continua Tom. Amortentia contre Felix Felicis.

Harry resserra ses bras, indécis. Encore Felix Felicis… Pourquoi voulait-il absolument cette potion? Il y avait anguille sous roche.

— Ce n'est pas la première fois que tu me demandes cette potion… Pourquoi?

Tom croisa ses jambes, les bras écartés derrière lui sur le matelas. Ses cheveux tombèrent devant ses yeux sombres, alors que la lumière du matin effleurait l'angle de sa mâchoire. Un air triomphant trônait sur l'ensemble de ses traits.

— C'est comme ça. Mais je peux très bien garder l'Amortentia, termina-t-il.

— J'accepte, souffla Harry, vaincu.

Il préférait octroyer de la chance à Tom plutôt que le pouvoir de dominer une personne avec Amortensia. Le problème était que la potion se trouvait dans le sac d'Hermione, toujours sur lui. Et ce sac, il ne voulait guère le dévoiler à Jedusor. Il ouvrit donc son coffre au pied de son lit et, avec subtilité, glissa la bourse enchantée dans ledit coffre. Il se mit à fouiller parmi tous ses trésors et ressortit la potion de Felix Felicis qu'il garda dans sa main.

— Tu gardais ton prix dans ta maille? Pourtant, il ne me semble pas l'avoir trouvé lorsque je l'ai fouillé dernièrement, roucoula Tom.

— Quoi? Tu as fouillé dans mes choses? s'énerva Harry.

— Voyons, Evans, tu es à Serpentard. Tu ne devrais pas être étonné de ça.

Harry serra ses poings de colère. Heureusement qu'il gardait les reliques sur lui. Il faut dire qu'il n'avait pas protégé son coffre avec des sorts puisque rien d'important ne s'y trouvait. Tom lui tendit la potion d'Amortentia. Harry prit le temps d'humer la potion afin de s'assurer de son authenticité et fut, une fois de plus, envahi par l'odeur de Tom. Il reboucha rapidement le flacon et tendit, à son tour, la potion de Felix Felicis. Lorsque Jedusor referma sa main sur la bouteille, un sourire sauvage apparut. Ce sourire provoqua un énorme doute chez Harry. Il avait envie de le lui faire avaler.

— Tu sais, moi aussi je peux fouiller dans ton coffre, lança-t-il avec un air désinvolte. Tu dois avoir toi aussi des objets importants, sacrés.

Il fixait Tom avec dureté alors que ce dernier le scrutait, la mâchoire crispée. Mais son air était toujours sous contrôle.

— Des objets comme un journal, noir, avec ton nom inscrit dessus, continua Harry, une main sur une hanche. Tu sais, ton Horcruxe.

Tom se leva d'un bond, les yeux maintenant de couleur rubis. Son souffle était inégal, le corps en entier tendu.

— Mais ne t'inquiète pas, je ne ferais rien, poursuivit Harry. Je te l'ai dit, je suis incapable de te tuer. Alors, pourquoi m'occuperais-je de ton Horcruxe? À moins que tu commettes quelque chose de grave envers une personne… Là, j'y réfléchirai.

Et Harry sortit en trombe du dortoir, échappant à l'éclatement magique de Tom.


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À la prochaine!