Musique écoutée : All Good Thing Come to a End - Nelly Furtado
Chapitre 6 : Premier Jour, Premiers Ennuis
Première nuit, premier jour, premiers ennuis.
Albus rangeait ses affaires dans la malle au pied de son nouveau lit, contre le mur sous la fenêtre. Le précédent lit d'Albus était plus éloigné, mais il avait demandé à l'un de ses amis de lui céder le sien afin qu'il soit plus proche de Malfoy.
«Pour qu'il ne soit pas seul. C'est dur d'arriver en cours d'année."
Carlson avait hoché la tête avec un sourire entendu devant cette pâle excuse, mais il avait accepté.
Du coin de l'œil, il observait le jeune blond, assis sur son nouveau lit, qui feuilletait distraitement le magazine qu'il lui avait prêté. Il n'avait déballé aucune de ses affaires et sa malle de voyage était logée contre le mur, à l'abandon.
Durant le repas, Albus l'avait présenté à ses amis qui s'étaient montrés chaleureux, mais la conversation était restée superficielle; et après quelques politesses, Scorpius s'est ensuite enfermé dans le mutisme, ne touchant pas à son assiette et lançant de temps en temps des regards vers Dorian qui lui répondait par des sourires. Albus avait détesté cette pointe de douleur qui s'était formée dans le creux de son estomac lorsqu'il regardait les échanges entre les deux garçons. Mais ce qui le troublait d'autant plus, c'était le regard froid qu'échangeait Scorpius avec son frère quand leurs yeux se croisaient.
" Dis-moi, dit-il en fermant sa malle à clé et en jetant un coup d'œil vers les trois autres occupants de la chambre qui étaient déjà endormis, toi et mon frère, vous vous connaissez ?
- Pas vraiment", dit Scorpius, détaché. Pourtant il avait cessé de tourner les pages et il semblait déconcerté. " On s'est rencontré une fois, continua-t-il. Ça ne s'est pas bien passé.
- Il s'est mal comporté ? Tu sais, James peut parfois se montrer brutal et lourd, mais il n'est pas méchant."
Scorpius réfléchit quelques instants, mais ne détacha pas ses yeux du magazine.
-Non…" dit-il enfin, perdu dans ses souvenirs. "En fait, il s'est montré charmant…, du moins au début."
Il ferma la revue et la jeta sur le lit d'Albus en ajoutant : "Ton frère n'a pas l'habitude qu'on lui refuse ce qu'il veut, comme tous les enfants gâtés, alors quand ça arrive, il se met en colère."
Il se leva, ouvrit son pantalon et le fit glisser le long de ses jambes blanches. Albus rougit et détourna les yeux, le temps que Scorpius rentre dans les draps, ne portant que sa chemise.
Albus s'éclaircit la gorge, attrapa son pyjama et l'enfila rapidement, ne souhaitant pas que quelqu'un aperçoive la bosse qui commençait à se former dans son sous-vêtement. Il se glissa dans les couvertures et éteignit la lumière à l'aide de sa baguette. Il essayait de faire défiler dans sa tête des images assez grossières qui pourrait faire redescendre son désir ; le chat de Lily, un épisode de l'émission culinaire de sa grand-mère, « pour que le homard soit plus tendre, il faut lui arracher la queue pendant qu'il est vivant…"
" Potter ? entendit-il murmurer dans le noir. Il sursauta, oubliant le homard. C'était la voix de Scorpius, bien sûr.
- C'est Al, répondit-il, mais sa voix était douce.
-… Al… désolé pour ce qui s'est passé dans le train.
- C'est rien, répondit Albus après une courte pause. Bonne nuit."
Albus ouvrit les yeux un peu plus tard dans la nuit, réveillé par ce qui semblait être des pleurs étouffés, provenant du lit de Scorpius. Il alluma une des bougies qui se trouvaient sur la table de chevet et s'approcha du garçon. Les pleurs avaient cessé.
"Je t'ai entendu. Est-ce que je peux faire quelque chose ?"
Scorpius se tourna vers lui et se redressa légèrement, faisant glisser les couvertures, dévoilant ses jambes. Une manche de sa chemise était descendue sur son bras, découvrant une épaule blanche. Des larmes avaient coulé sur son visage, mais il ne pleurait plus.
Il tendit le bras vers Albus.
" Dors avec moi cette nuit," l'invita-t-il. Mais la voix était impérieuse, sans douceur.
La gorge d'Albus devint sèche et il eut du mal à déglutir. Scorpius en chemise débraillée était un tableau ravissant et sans doute l'image la plus séduisante qu'il n'ait jamais vue. Il jeta un coup d'œil vers les autres lits, veillant à ce qu'il ne soit pas vu et approcha de Scorpius qui écarta les couvertures et se reculait pour lui laisser de la place. Albus s'assit sur le lit puis hésita. Scorpius posa la main sur son épaule, mais Albus le repoussa doucement, lui faisant face.
" Est-ce que Dorian dort avec toi d'habitude?" demanda-t-il.
Scorpius hésita, surpris par la question et grimaça.
Albus secoua la tête, désabusé, faisant mine de se lever du lit.
"Je ne suis pas un jouet de remplacement.
- Qu'est ce que tu racontes? Non, ce n'est pas ça," dit Scorpius qui le retint par le bras.
Albus se raidit et regarda le jeune blond s'asseoir sur ses genoux, tout en passant les bras autour de son cou. Les lèvres de Scorpius touchèrent le coin de sa bouche, légères et douces.
Un instant, Albus oublia tout ce qui l'entourait, comme si le monde disparaissait derrière un voile sombre. Plus rien ne semblait réel, si ce n'était les lèvres qui frolaient sa joue. Mais cette douceur disparut soudain, quand Scorpius le lâcha et recula, levant à nouveau les couvertures dans une invitation silencieuse.
Albus le suivit et se glissa dans les draps. Il s'allongea contre le jeune Malfoy, passant son bras autour de sa poitrine et logeant sa tête au creux de son cou. Il eut envie de l'embrasser, de déposer des baisers tendres et aimants le long de sa gorge, mais il se retint, se contentant de la chaleur de leur étreinte nouvelle. Il sentait le cœur de Scorpius battre contre son bras. Le battement d'abord rapide se ralentit doucement alors qu'Albus sentait le garçon se détendre dans ses bras. Bercé par ce rythme, engourdi par la chaleur de leurs deux corps blottis, il s'endormit.
Quand Albus se réveilla, le jour pointait à peine à l'horizon, et la lumière qui transparaissait à travers la vitre était pâle.
Il avait chaud, cela faisait longtemps qu'il n'avait pas aussi bien dormi, même s'il s'était réveillé un nombre incalculable de fois. Scorpius se débattait dans son sommeil, mais il revenait toujours se blottir dans les bras d'Albus. Il se redressa dans le lit, et observa le jeune garçon qui dormait à ses côtés.
Il avait toujours pensé que Scorpius était un être indépendant et solitaire ; quelqu'un qui possédait la liberté qu'il n'avait pas, quelqu'un qu'il admirait.
Mais pour la personne qu'il avait tenue dans ses bras cette nuit, il ne ressentait aucune admiration, mais un attrait plus simple et plus profond ; du désir pur, un désir de possession.
Il pourrait l'aimer, simplement l'aimer.
Il ne l'avait jamais imaginé sous cet angle, seulement comme un fantasme, mais jamais dans un sens romantique. Maintenant, il savait qu'il désirait Scorpius, cette personne fragile et pourtant froide, qui s'offrirait à lui pour ne pas être seul.
En observant son visage, Albus se rendit compte qu'il était dur, comme tous les garçons le matin. Pourtant, cette érection matinale était différente, d'habitude il ne ressentait pas de désir. Mais la chaleur de Scorpius et le contact de ses jambes nues contre les siennes, ou la manière dont le jeune garçon collait son corps contre le sien, excitaient le jeune adolescent.
Il se leva sans bruit pour rejoindre son lit, mais il changea d'avis et alla dans la salle de bain.
Il se dirigea vers la rangée de lavabos, hésita un instant, puis glissa sa main dans son pantalon et commença à se masser, se remémorant les lèvres sur sa joue, la peau contre la sienne. Sa respiration devint haletante et il serra ses doigts avec force autour de son sexe, jusqu'à se faire mal. Il voulait éteindre ce désir, ce feu qui le consumait sans qu'il comprenne pourquoi. Il pensa au garçon avec qui il avait passé la nuit, la douceur de ses jambes, la chaleur de son corps, ses lèvres tendres, ses fesses rondes…
Dans un dernier cri étouffé, il se vida dans l'évier.
Il ouvrit l'eau et laissa le liquide effacer les traces de sa passion sur l'acrylique. Il resta un instant immobile, les deux mains sur le rebord du lavabo, essayant de reprendre son souffle, puis leva les yeux vers le miroir qui lui faisait face et toucha sa lèvre fendue. Un ami lui avait guéri le bleu qui s'était formé, mais il n'avait pas pu cicatriser la lèvre. Il avait les cheveux en bataille, les yeux hagards et le visage rougi du plaisir éprouvé.
Il se sentait pitoyable !
Comment faisait Dorian pour résister? Une pensée traversa alors son esprit : est-ce que Dorian et Scorpius couchaient ensemble ?
Il sentit la colère envahir son être et il se retint de retourner dans le dortoir pour crier sur le garçon qui osait jouer ainsi avec ses sentiments et son désir. Mais c'était stupide, la faiblesse venait de lui. C'est lui qui cédait à ses pulsions pour le garçon. Pourquoi lui en vouloir ?
Il passa une poignée d'eau sur son visage, ferma le robinet et repartit se coucher dans son propre lit, froid et vide.
Salle de Cours, Potions.
" La potion « Species Mortis » permet de feindre la mort pendant environ quarante heures. Cette potion est célèbre, car il s'agit du poison que but Juliette pour éviter son mariage avec Paris dans l'œuvre de Shakespeare « Roméo et Juliette ». Si le Frère Laurent, qui lui a donné la potion, avait été un sorcier, il lui aurait expliqué que l'effet peut varier selon la dose d'extrait de fèves noires utilisée. L'histoire aurait pu être moins tragique. Les moldus ne devraient pas utiliser ce qu'ils ne comprennent pas."
- Excellent, monsieur Malfoy, trente points pour Serpentard."
Le professeur Slughorn inclina légèrement la tête vers le jeune garçon qui avait réalisé avec brio la potion « Species Mortis » aussi appelée « l'apparence de la mort."
" Je ne savais pas que tu étais aussi doué en potion," dit Albus en faisant disparaître sa mixture violette qui n'avait pas la couleur pourpre de celle de son voisin de table.
"J'aime les poisons," dit Scorpius avec un sourire ravageur en versant un peu de liquide rouge dans une fiole qu'il étiqueta. "Cela peut être utile de temps en temps. Et toi, dans quoi tu excelles ?
- La défense contre les forces du mal bien sûr, comme tout Potter qui se respecte," déclara le jeune garçon aux cheveux noirs, en lui faisant un clin d'œil.
Scorpius sourit en secouant doucement la tête et attrapa son sac pour suivre Albus qui quittait déjà la salle de classe pour se rendre à leur prochain cours.
Ils avaient passé la matinée ensemble, comme si cela était naturel. Scorpius était plus détendu en présence d'Albus qui appréciait cette légèreté qui régnait maintenant entre eux.
Bien sûr, les remarques et commentaires n'avaient pas tardé à fuser autour d'eux.
« Malfoy tape dans la famille Potter maintenant » ou « Potter est ami avec le petit-fils de l'homme qui a voulu tuer sa mère ».
Albus avait du mal à supporter ces commentaires contrairement à Scorpius qui les ignorait superbement, lançant des répliques acides et cinglantes à toutes personnes qui se montraient agressives envers eux, et cela, avec beaucoup de maîtrise. Il était sans doute habitué à ce genre d'insulte.
" Et même s'il était blessé, il ne le montrerait certainement pas en public," se dit Albus qui commençait à comprendre comment fonctionnait le jeune blond.
Ce qui était plutôt une bonne chose, vu que les attaques se multipliaient au cours de la journée. Albus avait arraché une photo mobile de Scorpius qui dansait avec Adams Rice, avec l'inscription en rouge « Je suis une trainée », collée sur le tableau de répartition des salles. (Une gentillesse de Goyle sans aucun doute…) Il avait aussi intercepté un mot d'insulte déguisé en oiseau volant en papier.
Sinon le reste de la matinée fut agréable… Ce qu'il avait moins anticipé, c'était les mots et lettres que recevaient Scorpius, lui vantant sa beauté, ou même l'invitant à la bibliothèque, dans la tour d'astronomie ou un dortoir quelque conque pour des rendez-vous secrets.
Mais à son grand soulagement, Malfoy n'y prêtait aucune attention et jetait les lettres après chaque lecture. Le jeune Potter se reprochait déjà cet attachement possessif qui le liait à Malfoy, mais il ne parvenait pas à s'en défaire.
Ils pénétrèrent dans la salle de classe et s'assirent à une table sur la gauche, proche du mur, et ils gardèrent la table de derrière pour Linz Carlson et Aaron Briani qui restaient avec eux à chaque cours.
" Au fait, nous sommes ici pour quel cours ? demanda Scorpius qui n'avait pas jeté un seul coup d'œil au planning, comptant sur Albus pour le guider à travers les différentes salles.
- Métamorphose."
Scorpius se raidit soudain, les yeux écarquillés, les poings serrés. Il fit mine de se lever, comme possédé, mais Albus le retint par le bras.
" Qu'est ce qui se passe ? demanda-t-il en fronçant les sourcils.
- Il faut que je sorte, dit-il tremblant. Je crois que je vais sécher ce cours, je ne peux pas le suivre.
-C'est un cours obligatoire. Et tu as mal choisi ton coup, il est enseigné par le Professeur McGonagall, la directrice de l'école.
-Je m'en fiche, il faut que je sorte.
Il dégagea violemment son bras et se leva, prit ses affaires et attrapa son sac, mais au moment où il s'engageait dans l'allée, le Professeur Mc Donagall entra dans la salle de classe, lui faisant face.
" Avez-vous quelque chose de plus intéressant à faire que de suivre mon cours, monsieur Malfoy ?" demanda-t-elle d'un ton pincé et autoritaire.
Toute la classe regarda le jeune garçon. Scorpius respira rapidement, tremblant. Il se mordilla la lèvre, mais il finit par secouer la tête.
- Non, professeur, répondit-il faiblement.
- Bien, veuillez retourner à votre place."
Scorpius expira lentement, et se résigna à se rasseoir aux côtés d'Albus qui le regardait avec étonnement. Il croisa le regard de ses deux amis, qui lui demandèrent ce qui s'était passé, mais Albus haussa les épaules d'un air innocent : il n'en savait rien.
Scorpius ouvrit son livre sans rien dire, pendant que le Professeur leur distribuait des coupes de fer plaqué d'or qu'il fallait transformer en petit tabouret victorien.
"Tu m'expliques ? demanda Albus au bout de quelques minutes.
- Non.
- Tu n'aimes pas ce cours ?"
Scorpius hésita, concentré sur cette fichue coupe qu'il aurait été incapable de transformer en louche à soupe tellement il était nerveux.
" Je n'ai pas aimé le professeur qui m'a enseigné cette matière, répondit platement Malfoy, espérant que cette explication suffirait à son voisin curieux.
- Il t'a fait du mal … ?
- Bon écoutes, explosa Scorpius en prenant toutefois garde de ne pas élever la voix. Je t'apprécie, on s'amuse bien ensemble, mais qui je suis et ce que j'ai vécu ne te regarde pas." Il ignora le regard surpris et blessé que lui lança Albus et continua : "Reste à ta place Potter, dans ton monde plein de joie et de paillettes. Tu ne peux pas comprendre."
Visiblement irrité, il attrapa la coupe et se mit à feuilleter son livre, cherchant les raisons qui l'empêchaient d'exécuter le sort avec succès. Peut-être qu'il prononçait mal l'incantation, ou qu'il n'était pas assez concentré. Mais il savait très bien que cela n'avait rien à voir avec son talent. Il n'avait jamais pu transformer quoique ce soit depuis ce jour-là, de toute façon. Il était incapable de mettre en pratique ce que cet homme lui avait enseigné. Plongé dans ses réflexions douloureuses, il ne s'attendait pas à ce qu'Albus lui dit ensuite.
" Un fou m'a enlevé quand j'étais enfant."
La déclaration surprit tellement Scorpius qu'il lâcha la coupe, qui roula sur la table et atterrit sur le sol, propageant un bruit de ferraille qui résonna à travers toute la pièce. Il murmura « désolé » en direction du professeur qui le regardait en fronçant les sourcils et se leva pour ramasser la coupe, récoltant des ricanements moqueurs de la part de Goyle et de sa bande.
Quand il se rassit, il posa la coupe et se tourna pour regarder Potter.
" Maintenant que je me suis bien ridiculisé, tu veux m'en dire plus ?"
Albus sourit tristement et continua : " J'avais cinq ans. Je n'ai rien compris. J'étais avec mes cousins dans le jardin de mes grands-parents, tu sais les Weasleys ; puis l'instant d'après, j'étais dans les bras d'un type en cape noire, avec une énorme barbe affreuse et des yeux rouges." Albus se tordit sur sa chaise, ses gestes devenaient mal-assurés. Il luttait pour empêcher les souvenirs de lui faire du mal.
"En fait il n'avait pas les yeux rouges," continua-t-il d'une voix toujours détachée. "Mais quand je pense à lui je ne vois que cela ; une énorme barbe noire, des yeux rouges et des ongles longs et sales. Il m'a emmené dans une vieille maison, m'a installé sur un canapé crasseux, devant une vieille télé/ J'étais seul la plupart du temps, sauf quand cet homme venait me regarder et me prendre en photo ou me dessiner. Il m'appelait Harry... Je ne m'en souviens pas très bien. Bizarrement… je ne me souviens même pas avoir eu peur. Cela n'a duré que deux jours. Mon père m'a retrouvé en deux jours. Laisse-moi te dire que tous les Aurors étaient sur le coup !" dit-il en riant, mais il n'y avait aucun humour dans son rire. Il souffrait de se souvenir et il tremblait.
Scorpius gardait les yeux sur son livre de métamorphose, il ne pouvait pas regarder Albus, car il ne savait pas quoi lui dire. Tous les mots qui lui venaient à l'esprit lui paraissaient fades et inappropriés. Après tout, il n'avait jamais eu à consoler quelqu'un. Il n'avait jamais su quoi dire à Dorian… Il n'avait même pas les mots pour se guérir lui-même.
Il soupira, tendit la main et prit celle d'Albus sous la table, serrant ses doigts, en un geste de compassion et de réconfort. Potter lui sourit, et referma sa main sur la sienne. Ils communièrent un moment en silence.
"Les fans de ton père… ils craignent… déclara finalement Scorpius.
Albus éclata de rire malgré lui, le genre de rire qui détend lorsque l'on parle d'un sujet tragique et douloureux.
"Monsieur Potter". Les deux jeunes garçons sursautèrent et se lâchèrent la main. McGonagall se tenait juste derrière leur bureau.
"Puisque vous semblez beaucoup vous amuser, veuillez faire une démonstration de la transformation."
Albus se recomposa, prit sa baguette et s'exécuta. Sa coupe devint un magnifique tabouret en acajou, ce qui permit à Serpentard de récolter dix points supplémentaires. Quand le professeur eut quitté leur rangée, Albus se tourna vers Scorpius.
"À toi, parle-moi", murmura-t-il. Malfoy se raidit et secoua la tête, mais Albus insista : "Je n'ai jamais raconté ce qu'il m'était arrivé. À personne, tu es le seul.
- Je n'ai rien à raconter, répondit Scorpius.
-D'accord, répondit Albus, j'attendrai."
Dortoir des Serpentards
Albus donna un violent coup de pied dans la malle au pied de son lit. Ce n'était pas de sa faute, il n'était pas le chef de cette école, il ne pouvait pas contrôler tout le monde. Mais Scorpius était parti, après lui avoir reproché de n'avoir rien fait.
Comment aurait-il pu savoir bon sang !
Durant le diner, Scorpius avait été surpris de ne voir ni Dorian ni Nicolas Greengrass à la table des Gryffondor, mais il n'en avait rien dit, se contentant de lancer des coups d'œil vers la porte pour surveiller leur probable arrivée.
Mais ils ne vinrent pas.
C'est en retournant vers la salle commune qu'ils avaient entendu un groupe de Serpentards discuter.
"Je ne l'ai pas vu, mais il parait que Finnigan et ses potes lui ont bien arrangé la face. Il est sorti de l'infirmerie contre l'avis de Madame Pomfresh. Il parait qu'il boitait.
- C'est bien fait pour lui. Nott a une trop grande gueule, il fallait le calmer un peu."
Avant qu'ils aient pu comprendre ce qui leur arrivait, Scorpius avait fondu sur eux, leur hurlant de se la fermer, en leur jetant tous les objets qui se trouver à porter de main. Cela aurait pu mal finir si Albus ne l'avait retenu pour l'empêcher de se battre, s'interposant entre le frêle garçon et les élèves. Il l'avait emmené dans le dortoir, le portant pratiquement et l'avait jeté sur le lit le plus proche.
" De quel côté tu es ? avait demandé Scorpius, en hurlant.
- Pas du tien, quand tu réagis comme cela ! avait répliqué Albus en pointant son doigt vers la porte.
- Finnigan est un ami de ta famille, avait craché Scorpius, jaugeant Albus d'un œil dédaigneux, tu ne peux même pas nous protéger de tes proches ? Tu vas me dire que tu ne savais pas ce qu'il comptait faire ?
- Non, je n'en savais rien !
Scorpius s'était levé et avait repoussé le jeune Potter, puis s'était dirigé vers la porte.
" Où vas-tu ?
- Je vais voir Dorian." Il avait claqué la porte derrière lui, laissant Albus, seul.
Potter s'assit sur le lit. Un instant, il se demanda s'il aurait dû suivre Scorpius. Comment allait-il retrouver son chemin dans le château ? Mais il ne savait pas où il pouvait être. Epuisé, il s'allongea sur son lit, quand il entendit la porte s'ouvrir. Il se redressa, croyant que Scorpius était de retour, mais ce fut Aaron Briani qui pénétra dans la chambre. Il sourit devant le visage déçu de son ami.
" Désolé, ce n'est que moi, dit-il en s'asseyant sur son lit.
- Je suis content de te voir aussi, dit Albus d'un ton d'excuse, c'est juste…
- Ouais je sais, t'inquiète pas. On m'a dit que Malfoy avait craqué.
Le jeune garçon aux cheveux bruns sembla hésiter, puis se frotta les yeux en soupirant avant d'ajouter : "J'ai vu Nott tout à l'heure.
- Il est comment ? demanda Albus, fixant le plafond.
- Bien amoché."
Albus ne répondit pas. Il mit son bras sur ses yeux, barrant la lumière et il souhaita que cette journée se finisse vite.
Fin du Chapitre 6
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