Musique d'écoute : Life in Mono - Mono


Chapitre 11 : C'est la Dernière Fois

« Félicitations ! »

Scorpius soupira bruyamment mais ne put garder son visage irrité devant l'expression radieuse d'Albus.

« Je savais que tu serais parfait », dit-il en passant son bras autour des épaules du jeune garçon pour l'emmener vers le vestiaire pour prendre une douche bien méritée après les premiers essais réussis du Capitaine des Serpentards.

Scorpius était le nouvel attrapeur de l'équipe. Et il n'avait même pas eu besoin de faire d'effort pour cela. Il avait été le meilleur sans même se forcer.

Si les autres participants aux essais avaient été sceptiques, voire même désobligeants en voyant Scorpius enfourcher son balai, ils avaient rapidement déchanté lorsque le garçon avait attrapé le vif d'or en moins de sept minutes. Il était extrêmement rapide. Sa stature fragile ne pesait rien sur le balai, ce qui accentuait la vitesse. À cela s'ajoutaient sa vivacité et son agilité qui lui permettaient d'effectuer des angles aigus dans les airs.

Le public qui assistait aux essais en était resté stupéfait. Et des applaudissements, déclenchés par Dorian et Nicolas, avaient ensuite enflammé toute la tribune.

C'est à ce moment-là que Scorpius avait réalisé qu'il avait attrapé le vif d'or, car jusqu'à ce moment, il avait vidé son esprit, oubliant le stress, les autres joueurs, les spectateurs, et le regard plein d'espoir d'Albus et de Dorian. Il avait oublié tout cela. Il avait simplement imaginé qu'il poursuivait une étoile et le vif d'or avait atterri dans sa main.

À peine avait-il touché le sol qu'il se retrouva dans les airs, dans les bras de Dorian qui le soulevait en le serrant dans ses bras. Il entendait vaguement les mots d'admiration qu'il lui murmurait à l'oreille, car ses yeux avaient rencontré les iris émeraude d'Albus, et il était resté hypnotisé par le regard fiévreux et doux de son « Capitaine ».

Si les bras de Nott lui étaient toujours indispensables, il se rendait compte que la distance entre Albus et lui était insupportable.

Son Capitaine ne l'avait bien sûr pas pris dans ses bras, mais il lui avait serré la main avec douceur en mettant dans ses yeux et son sourire tant de tendresse que Scorpius avait dû détourner le regard.

Scorpius pénétra dans le vestiaire et suivit Albus vers les douches. Quand ils arrivèrent vers les bancs de bois qui longeaient le mur à côté des lavabos, Potter retira rapidement ses protections de sport et son uniforme, affichant sans pudeur sa nudité devant le jeune Malfoy.

Scorpius ne bougeait pas. Il trouvait indécent de se dévêtir ainsi. Mais il gardait pourtant son regard sur le corps d'Albus.

Il était terriblement jaloux.

Il était trop mince, alors que son compagnon était de plus en plus masculin. Les entraînements de Quidditch avaient sculpté son corps avec finesse, dessinant des muscles apparents mais non agressifs. Ses formes étaient viriles et agréables. La peau de son dos était hâlée, presque dorée. Ses mains étaient masculines mais ne recelaient aucune brutalité. Elles avaient l'air douces et caressantes.

Scorpius regarda ses propres mains. Elles étaient trop fines, trop délicates et quand elles se fermaient, le poing était trop faible.

Une main chaude se posa sur son front et il leva les yeux pour voir Albus qui le regardait avec gravité.

« Je ne sais pas à quoi tu penses, murmura-t-il avec douceur, mais arrête. »

Scorpius lui sourit, repoussant les doigts qui touchaient sa peau.

Albus lui sourit et s'éloigna. Il ouvrit la porte d'une des douches et y entra. Malfoy attendit d'entendre l'eau se mettre à couler pour ôter à son tour ses vêtements.

Il poussa la porte de la douche, ouvrit le robinet et laissa la chaleur humide soulager son corps.

Scorpius pensa au corps qu'il venait de voir, tandis que l'air devenait lourd. Il l'avait envié, oui, mais une autre sensation avait effleuré son esprit. Quelque chose qui était inconnu et interdit.

Un soupçon de désir.

Il aurait aimé serrer le corps d'Albus contre lui et poser sa tête contre son torse, le parcourir de ses lèvres.

Il fut choqué par ces pensées, qui lui étaient étrangères. Le désir avait toujours été une action de son corps, une sensation qui lui procurait du plaisir mais qu'il ne comprenait pas. Il détachait totalement ses émotions de son enveloppe charnelle. Quand Dorian l'embrassait, il ressentait de l'affection mais aucune passion. Quand James l'étreignait, son corps s'enflammait mais son cœur était de glace, son esprit éteint.

Mais les yeux d'Albus embrasaient son cœur.

Il éteignit soudain l'eau chaude et laissa l'eau glacée l'envelopper et le recouvrir, en une sensation de picotements douloureux. Il voulait se débarrasser de cette chaleur dont il ne savait que faire, qui l'effrayait et le faisait trembler. Mais il avait l'impression de voir les yeux d'Albus posés sur lui et de se sentir brûler de l'intérieur.

Abandonnant la douche glacée après quelques minutes, Scorpius sortit et se dirigea vers les lavabos.

« J'ai gagné ! dit-il en passant devant la porte de la douche d'Albus.

— Je ne savais pas qu'on faisait une compétition, répondit Potter à travers la porte. De toute façon, j'aurais perdu, j'aime trop les longues douches. »

Scorpius renoua encore une fois autour de ses hanches la serviette qui menaçait de tomber à chacun de ses pas. Il finit par abandonner, jeta la serviette au sol et attrapa sa chemise. Celle-ci lui semblait trop grande pour lui. Avait-il minci ?

Il se dirigea vers le grand miroir au-dessus du lavabo, jambes nues, le corps mouillé, mais cela ne le gênait pas. La chaleur dans le vestiaire était étouffante. Ses longs cheveux humides et lourds tombaient sur son visage et ondulaient dans son dos, laissant couler de fines gouttelettes sur son corps et sur la chemise blanche qui collait à sa peau.

Les vitres étaient embuées, et son reflet était trouble. Il passa une main sur le miroir, essuyant l'eau vaporeuse pour regarder son visage. C'est alors qu'il s'aperçut qu'il n'était pas seul.

Derrière lui, il aperçut une autre personne.

Effrayé, il s'apprêta à crier de stupeur, mais une large main se plaqua sur sa bouche, tandis qu'un bras puissant enserrait sa taille.

Scorpius commença à se débattre, quand il entendit un murmure à son oreille.

« C'est moi, du calme. »

James...

Scorpius se calma instantanément, mais la peur laissa place au dégoût et à un profond agacement.

Potter le lâcha. Malfoy se retourna vivement, le fixant d'un œil sombre.

« Qu'est-ce que tu viens faire ici ? murmura-t-il, mais sa voix trahissait sa colère.

Comment James pouvait-il se montrer aussi imprudent ?

— Je suis venu te féliciter, répondit son assaillant, amusé de l'agressivité impuissante de Scorpius.

— Oh vraiment ? C'est gentil. Va-t'en maintenant ! »

Mais James parcourait déjà de ses yeux bruns enflammés la silhouette moite du jeune garçon. Il s'approcha doucement et Scorpius recula, tentant d'échapper à la chaleur de son assaillant, de sorte qu'il se retrouva coincé entre le lavabo et le corps de James.

« Tu ne portes que ça ? demanda-t-il en faisant glisser ses doigts le long de la cuisse de Scorpius, savourant la chair humide. »

Scorpius repoussa sèchement la main qui le caressait, mais il se retrouva soudain soulevé, posé sur le lavabo, plaqué contre le miroir. Des mains puissantes maintenaient ses cuisses, les massaient, les griffant presque. Scorpius ferma les yeux, tandis qu'un corps fiévreux se logeait entre ses jambes moites et que des lèvres parcouraient sa gorge.

Des doigts caressaient et tiraient sur ses cheveux mouillés. Sa respiration se coupa en un cri rauque. Non, c'était mal. Il ne pouvait pas !

« Al... Albus est là, parvint-il à articuler.

— Tu veux qu'il regarde ? entendit-il murmurer. »

Il se raidit, écœuré. James essayait de le provoquer mais, ce faisant, il allait beaucoup trop loin. Il se sentait humilié, dans cette position si indécente alors qu'Albus était à quelques pas d'eux, ne se doutant pas des caresses de son frère sur son corps.

— Arrête !

Il voulut le repousser, mais James l'avait déjà remis sur ses pieds en un mouvement vif. Scorpius le regarda, interloqué. James lui souriait :

« Relax, c'était qu'une blague. Mon frère est à côté, tu me prends pour un pervers ?

Scorpius le regarda et se demanda s'il devait vraiment répondre à cette question. James tendit la main et plaça une des mèches de ses cheveux derrière son oreille avec douceur.

Il fit glisser ses doigts, attrapa la nuque du garçon et l'attira à lui pour l'embrasser. Un baiser rapide mais très doux, juste le temps de goûter à ses lèvres fraîches.

Il lâcha Malfoy et prit un morceau de papier de sa poche qu'il lui tendit :

« En fait, j'étais venu te donner l'heure de notre prochain rendez-vous. Tu es libre ce soir, n'est-ce-pas ? Il faut qu'on fête ta nomination. Je voulais te laisser ce mot dans la poche de ta veste, mais quand je t'ai vu devant le miroir…»

Ses yeux s'emplirent à nouveau d'une lueur dangereuse. Scorpius regardait le bout de papier blanc comme s'il s'agissait d'un poignard aiguisé et n'osait s'approcher.

James attrapa sa main et mit la feuille pliée dans sa paume. Il se pencha vers le jeune garçon, et l'embrassa à nouveau. Scorpius ne bougea pas, endurant le baiser en silence, endurant les doigts durs et froids qui traînaient sur son corps, glissaient dans son dos, roulaient sur ses hanches et sur ses fesses. Son esprit était blanc.

Quand James le lâcha, abandonnant ses lèvres, un goût de souillure resta sur sa langue.

Il ignora l'homme qui le regardait de bas en haut, s'arrêtant sur ses jambes nues avant de redessiner son corps avec désir. Décidé à arrêter cette expertise minutieuse de son anatomie, il se dirigea vers le banc et y prit son jean qu'il enfila rapidement. Potter ricana et s'éloigna.

Il tapa sur la porte de la douche dans laquelle se trouvait Albus quand il passa devant :

— Al, tire-toi maintenant ! dit-il. Mon équipe doit se changer pour l'entraînement !

Albus grogna sous la douche. Quel emmerdeur ! Il avait envie d'enfoncer profondément le savon qu'il avait dans la main dans la gorge de son frère. Il attrapa la serviette et l'enroula autour de ses hanches. Il sortit, tapant des pieds, irrité de devoir stopper sa douche relaxante si vite.

Il trouva Scorpius appuyé contre le lavabo, les mains serrées sur le rebord en acrylique. Sa respiration était saccadée. Il semblait troublé, et même en colère.

— Qu'est-ce qui se passe ? demanda Albus en regardant la stature rigide de son ami.

— Hum, quoi ? dit Scorpius en levant la tête comme s'il venait de découvrir qu'Albus était près de lui.

— T'as pas l'air bien, dit Albus hésitant. Est-ce que James t'a dit quelque chose ?

— Non, dit Scorpius, se redressant. Non, il ne m'a rien dit.

Il se leva, plaça son uniforme de Quidditch dans un des casiers du vestiaire qu'il ferma à l'aide de sa baguette. Il attrapa sa veste et se dirigea vers la porte.

— Je t'attends dehors, on étouffe ici.

Et il disparut, laissant un Albus figé et surpris.

La pluie avait commencé à tomber, en fines gouttes glacées. Scorpius fut surpris de la fraîcheur du vent qui le fit frissonner, mais il aimait cette morsure du froid qui gardait ses pensées limpides. Il mit sa veste bleue sur sa chemise humide et se dirigea à grandes enjambées vers le lac qui se trouvait non loin du stade de Quidditch.

Apercevant un tronc allongé, il s'y assit. Le bout de papier était toujours dans sa main. Après l'avoir lu, il prit sa baguette et le brûla. Il apprécia le feu qui dévorait le papier malgré la pluie, effaçant l'écriture.

Il se sentit soudain l'envie de rire, un rire nerveux et triste qui se terminerait par des sanglots s'il ne se retenait pas. Il ne contrôlait plus rien, il n'avait plus de prise sur ce qui se passait.

Comment avait-il pu en arriver là ? Il trouvait tout ce qui l'entourait risible et ridicule car tout lui était étranger : la nouvelle assurance de Dorian, les avances malsaines de James, les yeux verts brillants d'Albus. Quand le monde lui était-il devenu si étranger, à lui qui aurait tellement désiré en faire partie ? Il se sentait si seul et si fou sous cette pluie d'automne.

— C'est parce que je t'ai forcé la main pour les essais que tu es triste ?

Il se retourna et vit Albus qui le regardait, les deux mains dans les poches de son jean élimé. Ses cheveux noirs s'emportaient dans le vent. L'eau perlait sur son visage, coulait sur son menton. Et ses yeux… incroyablement verts qui ne regardaient que lui. Les plus beaux yeux du monde, si on lui avait posé la question.

— Je ne voulais pas t'obliger à jouer, mais je savais que tu étais le meilleur, continua Albus en s'approchant pour s'asseoir à ses côtés. Et je ne voulais pas que tu renonces simplement parce que tu as peur de ne pas être accepté.

— Je n'ai peur de rien, répliqua Scorpius en se redressant.

C'était un doux mensonge qu'il se répétait encore et encore, il avait fini par y croire.

— Mais je sais tout ça, Al. Je sais que tu as agi pour moi.

Il tendit la main et joua un instant avec les mèches humides d'Albus pour adoucir sa voix qui restait dure. Albus ne fut pas surpris de cette froideur qui apparaissait si soudainement et avec tant de force chez son ami, comme une barrière de glace qu'il plaçait inlassablement entre lui et le monde.

— Et avec toi comme attrapeur, les Gryffondors n'ont aucune chance, dit soudain Potter en regardant le lac, attardant ses yeux clairs sur la brume qui embaumait la surface de l'eau trouble, tachetée de gouttes de pluie.

Scorpius crut qu'Albus avait prononcé ces mots avec dérision, mais quand il se rendit compte que le visage de son ami était impassible, son sourire s'effaça.

— Je veux gagner, Scorpius, dit-il, son regard perdu au loin mais sa voix était forte et ne tremblait pas. Mon père m'a félicité quand j'ai reçu la lettre me désignant comme le nouveau capitaine de Serpentard. Lui et Rose ont été fiers. Les autres…

Sa voix s'éteignit soudain. Sa respiration était courte comme si une tristesse secrète l'avait affaibli. Il sentit la main de Scorpius, une main douce et si hésitante qu'elle en était touchante, se poser sur la sienne.

Puis se redressant, il continua, mais ses yeux brillaient de larmes qui ne coulaient pas :

— Je veux que ma mère regrette de s'être assise dans les tribunes des Gryffondors. Je veux que, pour une fois, elle… qu'ils se rendent compte de ce que je suis, et de quoi je suis capable. Qu'ils se rendent compte qu'être un Potter chez les Serpentards n'est pas une trahison.

Une larme s'échappa et roula sur sa joue.

— C'est tellement triste, d'être un étranger dans sa propre famille.

Soudain il vit Scorpius se lever, et il crut que celui-ci allait partir, l'abandonner sans un mot comme il savait si bien le faire, sans donner d'explications sur ses agissements, sur ce qu'il faisait, sur les personnes qu'il voyait.

Mais à sa grande stupéfaction, Malfoy ne partit pas. Il se mit à genoux devant lui, laissant ses frêles genoux s'enfoncer dans la boue qui ruisselait doucement vers le lac. Albus eut le souffle coupé en regardant un ange aux cheveux blonds lourds de pluie, placer son corps entre ses cuisses et enserrer son corps de ses bras puis poser son visage contre sa poitrine. Albus ne bougea pas, trop abasourdi, et il attendit que Scorpius parle.

« Je suis jaloux, dit Malfoy en serrant un peu plus ses bras autour du jeune garçon. De la façon dont tu sais parler, dont tu sais exprimer ta douleur, de ta volonté de t'en sortir et de ne pas sombrer. La manière dont tu portes à nu ce qui fait mal, et ce qui étouffe. Alors que moi… » Il releva la tête, plongeant son regard dans le sien. « Je m'enfonce dans la boue, et je ne sais que m'accrocher à toi. »

Albus voulut parler, mais Scorpius continua :

« Si c'est ce que tu désires, on gagnera, murmura Malfoy. Je gagnerai pour toi, mon "Capitaine". »

Le cœur serré, Albus se laissa glisser du tronc et atterrit à genoux devant Scorpius. Il prit le visage du jeune garçon dans ses bras.

Scorpius eut envie de reculer, de s'échapper de la prison dorée que formaient les mains d'Albus sur son visage. Mais il le laissa approcher de lui.

Des lèvres douces, impossiblement douces, se posèrent sur les siennes. Des lèvres qui ne demandaient rien, mais qui donnaient avec passion et tendresse. Les pouces qui frôlaient ses joues étaient apaisants, les doigts dans ses cheveux étaient caressants. Et le monde disparut car il n'avait plus sa place entre les deux garçons.

C'était un baiser qui gonflait la poitrine, comme si un fil avait été cousu autour de son cœur et qu'Albus était le seul à pouvoir tirer dessus et procurer ses contractions de douleurs amoureuses.

Mais c'était si "juste", si réel. Ce n'était pas un baiser de culpabilité silencieuse ou de cruauté passionnée comme avec James, ni un baiser de pitié affectueuse ou d'indulgence fraternelle comme avec Dorian, ou un baiser manipulateur comme avec les autres.

Dans ce baiser, Scorpius donnait son innocence oubliée. C'était son premier baiser, un baiser qui ne le blessait pas.

Des larmes se mirent à couler sur ses joues blanches, et Albus sentit l'une d'elles glisser sur ses lèvres et saler le goût qu'ils partageaient, le rendant amer. Il se recula et regarda le jeune garçon.

« Pourquoi est-ce que tu pleures ? demanda-t-il en étalant ses larmes avec ses pouces, les mêlant à l'eau de pluie.

— Parce que ça ne fait pas mal… »

Albus eut envie de demander, mais il se rendit compte qu'il ne voulait pas savoir. Pas tout de suite. Pas maintenant que Scorpius était si fragile dans ses bras. Il se releva et emporta le garçon avec lui, le soulevant presque. Malfoy le regardait de ses yeux gris brillants dont les larmes continuaient à s'échapper, mais cela ne semblait pas le gêner.

Albus plaça un bras autour de ses épaules et ensemble ils prirent la direction du château en silence.

Le temps qu'ils arrivent au château, la pluie avait cessé. Alors qu'ils pénétraient dans la grande cour et qu'Albus s'apprêtait à ouvrir la grande porte, Scorpius posa sa main sur son épaule.

« Je dois m'absenter avant le dîner, dit-il, je ne pourrai pas venir étudier avec toi à la bibliothèque.»

Albus serra ses doigts autour de la poignée qu'il était sur le point de tirer. À nouveau, Scorpius allait disparaître sans mot et sans explication, et de nouveau, il n'aurait aucun droit de savoir.

« Tu veux que je vienne avec toi ? demanda-t-il, curieux de la réponse que pourrait lui apporter son ami.

— Non, c'est inutile, dit-il rapidement, je ne serai pas long. Je te retrouverai dans la grande salle.

— Pourquoi ? Où est-ce que tu vas ? insista Albus, observant le rouge monter aux joues du jeune Malfoy.

— Al… dit-il.

— Tu vois quelqu'un ? Une fille ? Un homme peut-être ? dit Albus d'un ton léger, mais sa mâchoire se serrait et son visage était hautain et dur.

— Cela ne te regarde pas… dit Scorpius, les yeux rivés sur le sol.

— Mais putain, regarde-moi au moins quand tu dis ça ! cria Albus qui ne parvenait plus à se contenir, lâchant la poignée pour asséner son poing dans la porte de bois. »

Scorpius sursauta et Potter continua : « Je déteste quand tu fais cela ! Je déteste quand tu pars et que tu ne dis rien. »

Scorpius baissa la tête, refusant toujours de rencontrer son regard, et Albus sentit son cœur se serrer.

« Si tu vois quelqu'un, si tu as un petit-ami, la moindre des choses c'est de…

— Non ! dit Scorpius en secouant la tête. Non, je n'ai pas de petit-ami caché. C'est… c'est compliqué, ne me demande pas de t'expliquer.

— Tu n'es pas juste avec moi !

— Je sais ! cria Scorpius. »

Il se calma aussitôt quand il se rendit compte que leurs voix avaient attiré l'attention curieuse d'un groupe d'élèves qui chuchotaient en les regardant. Malfoy poussa Albus, ouvrit la porte et attrapa la main de son compagnon pour pénétrer dans le bâtiment. Quand le jeune blond s'assura qu'ils étaient seuls à nouveau, il se tourna vers Albus.

« C'est la dernière fois. »

Albus sembla ne pas comprendre, mais Scorpius continua :

« Je sais que ce n'est pas juste pour toi, que tu as l'impression d'être utilisé ou je ne sais quoi. Je sais que tu détestes que je te cache ce que je fais. Mais je te jure que c'est la dernière fois ! Crois-moi, Albus, c'est la dernière fois. »

Malfoy serrait sa main entre les siennes, et Potter regarda les doigts blancs qui s'accrochaient aux siens.

« C'est la dernière fois que tu partiras comme cela… mais tu ne me diras pas ce que tu faisais ? »

Scorpius secoua doucement la tête, mais ses yeux avaient une lueur implorante, demandant intensément à Albus de lui faire confiance.

« Est-ce que j'ai le choix ? dit finalement Albus en souriant. »

Mais son sourire était plein d'amertume. Il lâcha la main de Scorpius et commença à s'éloigner en direction des escaliers, laissant le jeune blond seul et douloureux dans le couloir vide. Malfoy regardait ses mains qui avaient laissé échapper celle de l'homme qui faisait battre son cœur, et celui-ci semblait battre moins fort à présent.

« Dépêche-toi ! Tu vas attraper la crève dans ces fringues mouillées. »

Scorpius leva la tête et aperçut le garçon aux yeux verts qui l'attendait au bout du couloir et lui tendait une main qu'il s'empressa de serrer dans les siennes.

Fin du Chapitre 11


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