Musique d'écriture : Quoi - Jane Birkin
Le dortoir était empli de ronflements et de respirations. Albus fixait les rideaux verts du baldaquin, retenus ouverts d'un côté. De là, il pouvait apercevoir le lit de Scorpius. Il était encore vide. Il était revenu depuis plus d'une heure déjà, alors que la fête des Serpentard avait pris fin et que quelques élèves soûls avaient sombré dans l'inconscience, dans la salle commune ou même dans les escaliers, incapables de rejoindre leur lit. Il en avait compté quatre.
Albus les avait enjambés pour rejoindre le dortoir, après être passé chez les Serdaigles.
Quand il avait quitté James, l'abandonnant dans le dortoir après l'avoir frappé à la nuque, Albus avait croisé Finnigan dans la salle commune. Celui-ci ne l'avait pas regardé, mal à l'aise, et il était directement monté voir son frère. Albus en fut soulagé, car il n'était pas sûr que son frère se soit déjà remis du coup, mais il ne voulait pas le voir. Il ne voulait pas l'aider. Pour autant, il ne voulait pas qu'il soit seul. Il restait son frère.
À la sortie de la tour, il ne put se résigner à retourner directement au cachot des Serpentard. La tour des Serdaigles était plus près. Il avait une chose à régler avant de retourner dans sa maison.
Il escalada les étages et arriva devant la porte où l'aigle bleue lui posa une question à propos de la guerre des Gobelins, à laquelle il ne savait pas répondre. Il attendit qu'un élève de la maison bleue arrive pour rentrer dans la tour et lui demanda s'il pouvait trouver Kate Davies pour qu'elle vienne le rejoindre à l'entrée. Le garçon s'exécuta.
Albus se sentait étrangement calme. Son estomac lui faisait mal, et son esprit était flou. Il avait trop appris, trop compris en peu de temps. Mais bizarrement, maintenant, tout lui paraissait clair, comme si un brouillard épais s'était levé et qu'il pouvait enfin apercevoir le chemin qu'il avait vainement essayé de garder sous ses pas sans y parvenir.
L'arrivée de Katie le sortit de ses pensées, et il lui sourit. Elle fut surprise et leva un sourcil, les mains sur les hanches, et demanda :
« Tiens ? Surprise. Tu viens t'excuser de m'avoir dit de m'occuper de mes affaires quand il s'agit de ton équipe de Quidditch et de m'avoir fait une scène devant toute la salle commune des Serpentards ? »
Albus secoua la tête, souriant de plus belle. Il mit les mains dans ses poches et s'adossa à la rampe d'escalier.
« Non, je continue à penser que tu dois t'occuper de ce qui te regarde. »
Le rouge lui monta aux joues, mais la colère s'estompa rapidement.
« Si tu ne viens pas pour qu'on se réconcilie, pourquoi tu es venu ?
— Pour ne pas me réconcilier, » dit-il avec douceur. Il vit la lueur d'appréhension passer dans ses yeux, et il lui prit la main. « Kate… Toi et moi, ça ne marche pas. »
Elle retira sa main de la sienne, sa lèvre inférieure tremblait.
« Comment tu peux dire ça ? Ça ne fait qu'une semaine et tu n'as même pas essayé !
— Justement. » Il parlait toujours avec douceur, sa voix presque suppliante. Il passait la main dans ses cheveux. « Je n'essaie pas. Je n'y arrive pas. Je n'arrive pas à faire semblant.
— Faire semblant ! » répéta-t-elle.
« Oui, faire semblant, insista-t-il. Je n'arrive pas à faire comme toi.
— Je te demande pardon ? » dit-elle, sa voix sifflante.
« Allons Kate, tu ne m'aimes pas ! Tu essaies de faire de moi ce que je ne suis pas. Tu essaies de faire de moi quelqu'un de plus fort que je ne le suis, avec plus d'assurance que je n'en ai. Je ne suis pas à l'aise dans les démonstrations publiques, dans les déclarations, dans les mises en valeur. Tu aimerais que je devienne un genre de leader qui manie les foules et qui t'exhibe à son bras, toi, la femme belle et forte, capitaine rivale. Mais je ne suis pas ce genre de type, je ne suis pas… » Il se mordilla la lèvre et poursuivit : « Je ne suis pas James. Je suis un calculateur, un introverti. Je préfère agir dans l'ombre, et j'ai ma part de noirceur que j'apprécie. Et je n'ai pas envie de briller à tout moment. Et je sais que ce n'est pas ce qu'il te faut.
— Tu ne sais pas ce qu'il me faut, » dit-elle, les larmes brillaient dans ses yeux mais ne glissaient pas sur ses joues. « Je ne t'ai jamais demandé de devenir le capitaine de Quidditch adulé de tous. Et ce n'est pas parce que tu t'appelles Potter que j'ai voulu faire de toi un héros ! »
Albus inspira, et sa voix s'adoucit :
« Tu ne me l'as jamais demandé, mais c'est ce que tu voudrais. Je te quitte avant que tu me haïsses parce que je n'arrive pas à le devenir. »
Une larme coula sur sa joue, et elle porta une main sur sa bouche, étouffant un sanglot. Il attendit un instant, ne sachant comment agir devant ses pleurs.
« Si c'est une question de fierté, Kate, dit-il, tu peux dire que c'est toi qui as voulu arrêter.
— Tais-toi, » gémit-elle. Et elle pleurait vraiment.
« Kate… » murmura-t-il en tendant les mains. Elle le laissa la prendre dans ses bras. Il resta auprès d'elle jusqu'à ce que les larmes se tarissent.
Quand elle rentra dans la tour, personne n'aurait pu penser qu'elle avait pleuré. Elle était à nouveau ravissante, sans défaut, glaciale. Et Albus sut qu'il avait pris la bonne décision pour tous deux. Kate avait besoin d'un homme fort à ses côtés, d'un homme qui savait briller avec le même talent.
Et Albus… Albus avait besoin de Scorpius.
C'est pourquoi il attendait son retour, dans le dortoir des Serpentard, incapable de fermer les yeux et d'attendre le lendemain. Il aperçut une baguette et l'étincelle d'un « lumos ». Il posa la tête sur l'oreiller et fit mine de dormir, gardant discrètement un œil ouvert. Scorpius était entré suivi de Dorian, qui tendait la baguette pour éclairer la pièce. Albus vit Scorpius prendre le flacon vide d'une potion pour soigner son mal de tête sur sa table de chevet.
« Tu es sûr ? » murmura-t-il à Dorian, la voix tremblante.
Nott acquiesça en silence, et Scorpius pointa sa baguette sur sa tempe, tira un filament, fluide et bleu, qui sortit de sa tête, attiré par la baguette. Il tapota le goulot et le filament tomba dans la petite flasque. Il le referma, les mains tremblantes.
« Je crois qu'il y a une Pensine dans le bureau des directeurs de Poudlard, » dit Nott en prenant la fiole que lui tendait le garçon. « Je demanderai à McGonagall de l'utiliser.
— Je préfère ne pas savoir. Rends-moi juste la fiole et le souvenir quand tu auras fini. »
Dorian s'assit sur le lit et le prit dans ses bras, le serrant très fort, les lèvres appliquées sur son front et ses cheveux. Il le relâcha en murmurant « Dors » avec douceur, et Scorpius acquiesça avec un sourire las en s'allongeant sur le lit. Nott quitta la pièce, emportant la seule source de lumière.
L'obscurité reprit sa place. Albus entendit Scorpius défaire les rideaux du baldaquin dans le noir, signe qu'il allait bientôt s'endormir.
Il chercha à l'aveugle la baguette qui se trouvait sur son lit et murmura « lumos », éclairant à nouveau la pièce. Il entendit un faible soupir de protestation d'un des occupants du dortoir, mais il n'y prêta pas attention. Il réduisit l'intensité de la lumière et se leva du lit, s'approchant.
Il écarta les rideaux, découvrant Scorpius, allongé sur le côté, surpris de le voir.
« Albus ? Qu'est-ce que tu fais ? » sursauta le garçon en se redressant.
Potter porta un doigt à ses lèvres, lui faisant signe de se taire. Il grimpa sur le lit, fermant les rideaux derrière lui, avant d'exécuter un sort d'emprisonnement. Les rideaux se raidirent et se refermèrent comme des portes. Un sort d'étouffement les isola du monde extérieur : aucun son ne pouvait s'échapper.
Albus se rendit compte qu'il tremblait. Malfoy s'était redressé et le regardait, perplexe. Il portait encore son t-shirt et son pantalon noir, n'ayant pas eu le temps de se changer pour dormir. Il attendit que Potter parle, mais ce dernier se contenta de le fixer.
« Pourquoi tu es là ? » demanda-t-il, amer, résigné à une nouvelle confrontation à propos de James, persuadé que Potter allait lui donner le coup de grâce. Son regard plein de déception en avait dit bien assez lorsqu'il les avait découverts dans le dortoir. Il reposa sa tête sur l'oreiller, attendant qu'il parle.
« Je… » Albus déglutit péniblement, fiévreux. Scorpius détourna les yeux.
« Tu veux me parler de ce que tu as vu tout à l'heure ? » commença Malfoy, sentant son cœur se comprimer et sa voix se briser.
« Non ! »
Surpris par la dureté de la réponse, Malfoy le fixa sans comprendre. Albus le regardait intensément, et il ne sut reconnaître la lueur sombre qui brillait dans ses yeux. Il ne bougeait pas, percé par ce regard, haletant.
Doucement, les yeux du garçon quittèrent son regard et glissèrent sur ses lèvres. Scorpius cessa de respirer quand Albus se pencha sur lui, plaçant une main à côté de sa tête pour soutenir son poids. Il ne bougeait pas, tétanisé. Doucement, Potter approcha, laissant tout le temps au garçon pour le repousser s'il le désirait. Mais ne trouvant aucune résistance, il captura ses lèvres. Tout son corps tressaillit au contact de sa bouche, douce et fraîche contre la sienne, tremblante dans le baiser.
Raidi l'instant d'avant, le corps de Scorpius se relâcha sous son étreinte et il lui rendit son baiser, ses doigts plongés dans ses cheveux. Intensifiant le baiser, Albus entrouvrit les lèvres et Scorpius fit de même. Leurs langues s'entrelacèrent amoureusement et sans retenue, Albus allongea son corps sur celui de Scorpius, se soutenant légèrement pour ne pas l'écraser. Le garçon gémit, et le corps d'Albus trembla de plaisir.
À bout de souffle, il quitta ses lèvres, se redressa et plongea son regard dans celui de Scorpius. Le garçon avait les joues rouges, les lèvres gonflées par le baiser, ses yeux bleus étaient sombres et fiévreux.
Il était tellement beau, si parfait. Le souffle coupé, Albus eut envie de lui murmurer tant de choses, mais les mots s'étranglèrent dans sa gorge. Il emprisonna la joue de Scorpius dans sa main, passant son pouce sur ses lèvres avant de l'embrasser à nouveau. Il brisa à nouveau le baiser, tremblant.
« Si tu ne veux pas de moi, » soupira-t-il, posant son front sur celui du garçon, son souffle caressant, « dis-le-moi maintenant, et je sortirai de ta vie. Mais si tu veux que je reste… »
Scorpius secoua frénétiquement la tête, les larmes coulaient de ses yeux, glissaient jusque dans ses cheveux.
« Reste, » murmura-t-il, accrochant ses doigts dans le t-shirt du garçon, et le ramenant sur lui. « Je t'en prie, reste. »
Albus acquiesça et l'embrassa plus fiévreusement encore. C'était la première fois qu'il l'embrassait ainsi, en tant qu'amant, lui montrant à quel point il le désirait, sans innocence.
L'époque de leur enfance était terminée. Ses lèvres glissait sur sa joue, sa mâchoire, et sa gorge, et il sentit Scorpius frémir au contact de sa bouche qui embrassait et mordait la chair à la jointure de son épaule. Un doux gémissement plaintif passa les lèvres du garçon, alors qu'Albus passa la langue sur la peau qu'il venait de mordiller et instinctivement, Scorpius écarta les jambes, rejetant la tête en arrière.
Albus sentit son sexe se gonfler contre le ventre de Malfoy, lui-même excité, son pantalon devenant trop étroit. Tremblant, hésitant, Albus se redressa et posa la main sur le bouton et la fermeture du pantalon, il attendit l'accord du garçon qui acquiesça, haletant. Potter ouvrit le pantalon du garçon et le tira par la bande de la ceinture, passant les hanches et les jambes blanches, laissant le sous-vêtement.
Un instant, Albus prit peur, fébrile devant la peau découverte, innocent et incertain.
Scorpius se redressa vers lui et entoura son cou de ses bras minces, l'embrassant à son tour, le corps collé contre le sien. Albus le sentit glisser ses doigts dans la bande élastique de son pantalon, le repousser au bas de ses hanches, puis des doigts enserrèrent son membre. Une chaleur l'enveloppa en vague, et Albus se contracta, laissant échapper un râle dans le baiser. Fiévreux, il repoussa Scorpius et le rallongea sur le matelas. Il se plaqua contre son corps chaud, le tissu du sous-vêtement séparait leur peau, mais aucun des deux ne semblait s'en soucier.
Albus se campa entre les jambes du garçon, les genoux blancs caressant les côtés de son corps. Il plaça ses mains de chaque côté des épaules du garçon pour se maintenir et il se positionna contre son entrejambe, raideur contre raideur, puis il colla son front contre le sien et commença à remuer les hanches.
À la première poussée, Scorpius poussa un hoquet de plaisir. Il entoura le cou d'Albus de ses bras minces tandis qu'Albus intensifiait le rythme et le frottement de leurs deux corps.
Bientôt, Potter ne put supporter la barrière des vêtements et il glissa une main entre leurs deux corps, puis descendit le sous-vêtement sur les cuisses du garçon, craquant l'élastique dans son mouvement maladroit et saccadé.
Peau contre peau, engourdi par l'extase, Albus laissa un râle de plaisir passer ses lèvres, tandis que Scorpius, la tête rejetée en arrière sur l'oreiller, laissait échapper des gémissements étranglés à travers ses dents serrées, les cheveux collés à son front, écartant davantage les jambes alors que l'humidité de leur excitation rendait le glissement plus facile, plus délicieux.
Le plaisir monta encore et les bras d'Albus cédèrent sous l'intensité. Il écrasa Scorpius de son corps, se soutenant sur un coude, et plaça un bras sous la jambe de Scorpius, le forçant à relever le genou pour augmenter la friction, reprenant un rythme effréné contre son corps. La respiration de Scorpius se fit irrégulière, entrecoupée de cris de plaisir.
Le rythme devint extatique alors que leur plaisir atteignait son apogée. Albus crut qu'il allait s'évanouir alors que ses coups de hanches devenaient violents et incontrôlés. Il entendit les cris de Scorpius devenir de plus en plus forts tandis qu'il atteignait son point de rupture. Albus sentit le corps du garçon se raidir brusquement, des ongles s'enfoncer dans ses cheveux, et des jambes fines enserrer ses hanches. Le cri de plaisir qui s'échappa des lèvres du garçon déclencha son propre orgasme et, après quelques poussées, il chercha les lèvres de Scorpius pour étouffer son cri passionné alors qu'il se libérait entre leurs deux corps.
Quelqu'un le secouait, la voix de Scorpius l'appelait. Quand il ouvrit les yeux, il se rendit compte qu'il n'avait pas bougé, allongé sur le corps de Malfoy, le visage enfoui dans son cou, les jambes du garçon enserraient ses hanches. Le garçon remuait sous lui.
« Tu m'écrases, » murmura Scorpius, et le sourire s'entendait dans sa voix.
« Oh, » grommela Albus en se repoussant de ses deux bras pour glisser sur le côté, posant son corps sur le matelas. Il garda un bras autour du torse de Scorpius et referma les yeux. Il aurait voulu dormir pendant un siècle. Il se sentait apaisé, aucune pensée ne traversait son esprit.
Mais on le secouait encore.
« Albus, ne te rendors pas. Tu dois retourner dans ton lit. »
Potter ouvrit les yeux, perplexe.
« Pourquoi ? » demanda-t-il, sans comprendre la demande du garçon.
Scorpius haussa une épaule et le regardait, allongé sur le côté lui aussi, les cheveux emmêlés, les lèvres rougies et entrouvertes. Une allure scandaleuse, et Albus eut à nouveau envie de lui.
« Si on te trouve dans mon lit,» expliqua Scorpius, comme s'il énonçait une évidence, «il y aura des rumeurs. »
— Et alors ? » insista Albus.
Scorpius fronça les sourcils et cligna des yeux. Potter sentit son cœur se serrer, le sommeil s'évanouit totalement, alors qu'il se redressait, fixant le garçon.
« Ce n'était pas un coup comme ça, Scorpius. Je veux être avec toi. »
Malfoy se releva à son tour et cligna des yeux, fixant Albus, presque abasourdi.
« Avec moi ? » répéta-t-il d'une voix atone.
« Oui, avec toi ! » insista Albus, stupéfait devant l'expression surprise du garçon. « Dans le genre, te tenir la main, t'embrasser dans les couloirs et t'écrire pendant les vacances. Un couple, quoi ! » Il leva presque les mains au ciel devant l'absurdité de la situation. Sa voix se radoucit : « Mais tu croyais que c'était quoi ? »
Scorpius resta alerte un instant. Il gratta le drap d'un ongle, nerveux.
« Je n'en sais rien. Le meilleur moment d'une journée profondément merdique, » finit-il par dire en haussant les épaules. Un doux sourire se dessina sur ses lèvres. « Et j'avais envie de toi. »
Albus sourit à cela, mais se reprit. Il se posta devant Malfoy, à genoux sur le matelas, et prit la main de Scorpius. Le garçon se raidit à ce contact, et Albus attendit qu'il l'accepte et se détende avant de poursuivre.
« On va parler maintenant, d'accord? » Il attendit que Scorpius acquiesce et il poursuivit : « Je veux être avec toi, je ne l'ai jamais caché. Depuis qu'on s'est rencontrés, je te demande de me laisser une place dans ta vie. Moi, je suis clair avec moi-même, je te veux. Je veux juste savoir si toi, tu es prêt pour nous. »
Il vit Scorpius prendre une inspiration, profonde mais pénible, presque paniqué, et il tenta de retirer sa main de celle d'Albus, mais il ne le laissa pas faire.
« Non, tu ne t'enfuiras pas cette fois, » dit Albus. Il hésita, baissa les yeux, puis releva la tête avant de dire : « Il n'y a plus personne entre nous, n'est-ce pas ? »
Scorpius fit non de la tête, gardant son regard plongé dans celui d'Albus. Le garçon sourit.
« Alors pourquoi tu hésites ? Si tu veux être avec moi, tu as juste à me le dire…
— Bien sûr que je veux être avec toi ! » dit Scorpius, presque désespéré. Il tremblait maintenant. « Mais cette nuit encore, il y avait James…
— Je n'ai rien à voir avec James ! » s'indigna Albus, serrant la main de Scorpius jusqu'à lui faire mal.
« Je sais ! » cria Scorpius, soulagé qu'un sort étouffe leurs paroles au reste du monde. « Crois-moi, je le sais, personne ne le sait aussi bien que moi ! » Il hésita, se demanda quelle barrière l'entravait aujourd'hui. Il lui semblait perdre pied. « Ça va tellement vite… » murmura-t-il.
« Kate et moi, nous avons rompu.
— Pardon ?
— J'ai rompu avec Kate cette nuit, juste après avoir quitté la tour des Gryffondors. » Il sourit devant la surprise perplexe de Scorpius. « Je te l'ai dit, je suis au clair avec moi-même. C'est toi que je veux. »
« Ah ? Alors c'est si simple ? » se dit Scorpius, le cœur au bord des lèvres. Tout était sans doute une question de courage, un courage qui lui avait terriblement manqué tout au long de sa vie. Il observait le garçon devant lui, à genoux sur le matelas, sa main serrant la sienne, le cœur ouvert et les mots s'échappaient si facilement de ses lèvres. À nouveau, Malfoy l'enviait tout autant qu'il le désirait. Oui, il le désirait. Son regard lui avait manqué, il avait souffert le martyre en son absence, percé à vif, réduit à affronter les jours comme un mort animé par la seule douleur de l'absence. Et maintenant, ce garçon le suppliait de lui ouvrir son cœur, et lui n'avait pas le courage d'accepter ?
« Plus que tout autre, j'ai un talent pour cracher au visage du bonheur… » se dit-il, troublé par les yeux verts qui le regardaient toujours avec douceur. Il secoua la tête. C'était maintenant qu'il devait faire un acte de foi.
« Ok, » murmura-t-il.
« Ok ? » répéta Albus, et son sourire aurait pu illuminer le monde.
Scorpius en resta gêné.
« Oui, » soupira-t-il en se mordillant la lèvre.
Un étrange enthousiasme gonflait sa poitrine alors qu'il regardait Albus. Et le garçon lui rendit son sourire et l'embrassa, avec tant de douceur que Scorpius en aurait pleuré. Il entoura encore son cou de ses bras, le serrant contre lui alors qu'il embrassait et mordillait sa lèvre inférieure. Son cœur se gonflait et se contractait dans sa poitrine, propageant des frissons presque douloureux dans tout son corps. Il adorait son odeur, sa douceur mêlée à une force qu'il ne soupçonnait même pas, mais que Scorpius ressentait dans les bras qui serraient si fort son corps contre le sien.
« Tu peux me laisser dormir ici maintenant ? » dit Albus en brisant le baiser et en se rallongeant, attirant Scorpius avec lui.
Et le garçon acquiesça.
Fin du Chapitre 24
Pour plus de chapitres rapidement (gratuit!): 🔗 My P.A.T.R.E.O.N : TiffanyBrd
