Disclaimer: Le Seigneur des Anneaux appartient à J.R.R. Tolkien. Et Final Fantasy7 à Square Enix.


Chapitre 12 :

Révélations et humiliation

« Bon, alors, qui est la mère ? » demanda Genesis.

Sephiroth haussa un sourcil.

« Comment veux-tu que je le sache ? »

« Ben il me semble évident que tu le sais, vu qu'apparemment c'est toi le père. »

« Genesis… » l'avertit Angeal.

Bien qu'appréciant peu le manque de délicatesse constant de Genesis, Angeal avait mollement prononcé son nom. Car lui-même partageait son idée, bien qu'il en fût peu convaincu. Sephiroth n'était pas réputé pour être sociable, alors rencontrer une femme et avoir des enfants…

Pouvait-il vraiment être leur géniteur ? La ressemblance était troublante, il y avait vraiment un air de famille, mais…

De son côté, Sephiroth avait gardé l'air impassible, mais intérieurement, il était partagé. Genesis l'énervait, mais il avait quand même un très léger doute. Ces enfants et lui avaient-ils de l'ADN en commun ?

« Arrête, Angeal, ça crève les yeux qu'ils sont de la même famille ! » dit Genesis. « Enfin, la fille, je veux bien croire que non, mais les trois autres, je suis sûr que si ! Alors, qui c'est ? Et pourquoi tu nous as jamais parlé d'elle ? »

« Je ne sais pas qui sont leurs parents. C'est la première fois que je les vois. »

« Ouais, ouais, c'est ça ! » grommela Genesis.

Craignant qu'une nouvelle dispute éclate, Angeal se planta devant Sephiroth.

« D'abord explique-nous tout depuis le début », dit-il sur un ton ferme. « Où les as-tu trouvés ? »

Sephiroth entreprit de leur expliquer comment il avait rencontré la fillette dans les laboratoires, alors qu'il venait pour une ces soi-disant «visites médicales», qui n'était en fait qu'une séance de torture que Hojo adorait lui infliger dès qu'il en avait l'occasion. Et puis la découverte des enfants, avant de décider de tous les emmener en cachette.

Lorsqu'il eut fini, ses deux amis paraissaient perplexes.

« La fille peut se rendre invisible ? » demanda Genesis, sceptique.

« Si c'est le cas, ce serait une sacrée arme pour la Shinra ! » dit Angeal.

« Et les trois autres ? Ils peuvent faire quoi ? Quel lien ont-ils avec toi ? » demanda Genesis.

« Je n'en sais rien ! » soupira Sephiroth, agacé. « Je n'ai pas encore pu leur parler, ils sont méfiants, comme vous avez pu le constater. »

« Hum… Il faudrait essayer de leur parler », dit Angeal. « Je peux réessayer, si tu veux ? »

Sephiroth acquiesça, soulagé que son ami prenne l'initiative de lui-même. Angeal avait toujours été le plus poli et le plus sociable dans leur trio.

Il aurait sûrement plus de chances que lui d'obtenir des réponses des enfants.

XxXxXxXxXxXxXxX

Allongée sur le lit avec les garçons, Lowen dormait d'un sommeil agité.

Ils avaient tous fini par s'endormir, épuisés par les derniers évènements.

Le domestique du manoir s'était présenté à la porte, peu après la visite des trois hommes. Il leur avait apporté un plateau de nourriture avec le sourire, et l'avait posé sur la table. Voyant qu'aucun d'eux n'osait s'approcher, il n'avait pas insisté et était ressorti.

Les enfants avaient fini par s'approcher du plateau. Il comportait une assiette pleine de sandwichs et quatre verres de jus de fruits.

Affamés, tous avaient accepté la nourriture. Lowen avait quand même pris le soin d'enlever le fromage et la viande de son sandwich. Elle les avait troqués contre les feuilles de salade dans ceux des autres, après leur avoir expliqué son intolérance.

Rassasiés, tous s'étaient réinstallés sur le lit et avaient fini par s'assoupir.

Toutefois, Lowen fut bientôt réveillée par un cauchemar. Elle avait rêvé qu'elle était dans un caisson de laboratoire, et que Hojo s'approchait pour lui injecter du poison. Sauf que liquide rouge dans la seringue avait gagné en éclat, jusqu'à se changer en un grand œil flamboyant qui avait envahi l'espace. Le rire menaçant de Sauron l'avait effrayée, si bien qu'elle s'était réveillée.

Elle regarda les garçons et fut rassurée qu'aucun d'eux n'ait été réveillé par sa faute.

Elle essaya de se rendormir, mais la précarité de leur situation lui revint à l'esprit.

Nerveuse, elle réfléchit. Sur la table, le tableau de nourriture avait disparu. Le domestique avait dû le récupérer en silence, pendant qu'ils dormaient.

Et si elle sortait en douce de la chambre pour aller explorer ? Peut-être qu'elle pourrait redevenir invisible et espionner la discussion des adultes. Quoiqu'ils avaient sûrement déjà bien parlé depuis le temps. Mais elle avait besoin de faire quelque chose pour s'occuper, plutôt que d'angoisser dans ce lit.

Alors, elle activa son pouvoir et passa dans le monde des ombres. Invisible, silencieuse, elle sortit de la chambre et regarda le couloir.

Il était immense ! Des portes en bois épais, fermées, s'alignaient le long des murs. Laquelle prendre ? À quel étage se trouvaient les adultes ?

Elle se risqua jusqu'à l'escalier menant dans le hall et descendit lentement les marches.

Arrivée en bas, elle perçut des échos de voix provenant d'une porte sur la droite.

Elle s'approcha du battant et regarda à travers la serrure. Elle vit Sephiroth, assis dans un fauteuil. Les voix des deux autres hommes, le brun et le rouquin, lui parvinrent plus distinctement. Ils étaient bien là, tous en train de discuter.

Elle allait se concentrer sur les voix pour tenter de distinguer leurs mots, quand Sephiroth leur fit signe de se taire. Il tourna brusquement la tête vers la porte et alla l'ouvrir.

Bouche bée, Lowen le regarda baisser les yeux vers elle.

« Je sais que tu es là. »

Lowen était si paniquée qu'elle n'eut aucun mal à perdre sa concentration. Les deux adultes dans son dos la regardèrent apparaître avec surprise.

« Waouh ! C'était donc vrai, cette histoire d'invisibilité », dit l'homme roux.

L'enfant se frictionna nerveusement les bras. Allait-on la punir pour avoir tenté d'espionner leur discussion ?

Le brun s'approcha d'elle et s'agenouilla.

« Quel est ton nom, petite ? »

« … Lowen. »

« C'est joli. Et ton nom de famille ? »

La tête basse, l'enfant haussa les épaules.

« Je suis Angeal. Angeal Hewley. Eux ce sont mes amis, Genesis Rhapsodos et Sephiroth, que tu connais déjà. Nous sommes des Soldat Première Classe. »

Lowen releva la tête pour examiner chacun d'entre eux. Sephiroth la dévisageait calmement. Le rouquin, Genesis, avait l'air curieux, mais il avait un petit sourire arrogant qui ne quittait visiblement jamais ses lèvres.

Quant à Angeal, il dégageait quelque chose de chaleureux et humain.

« Les garçons ne sont pas avec toi ? » demanda Angeal.

« Ils dorment. »

« Mais pas toi ? »

« … J'ai fait un cauchemar. J'arrivais pas à me rendormir, alors je… »

« Tu es descendue nous espionner », finit Genesis.

Angeal lui lança un regard d'avertissement. Sephiroth en fit de même. Si jamais le rouquin commettait un impair, ils n'obtiendraient peut-être aucune réponse de l'enfant.

« Désolée », dit Lowen. « J'avais peur… »

« Peur de quoi ? Personne ne va te faire de mal ici, tu sais », la rassura Angeal.

« Peut-être pas vous. Mais le monsieur à tête de rat pourrait revenir, lui. »

« Qui ? » demanda Angeal.

« Cet affreux bonhomme avec des lunettes, là… Hojo. »

Sephiroth fut secoué d'un rire silencieux. « Le monsieur à tête de rat », c'était pas mal comme surnom.

Amusé, Angeal secoua la tête.

« Rassure-toi, il ne viendra pas ici. Par contre, tu veux bien nous dire d'où vous venez, tous les quatre ? Avant les laboratoires, je veux dire. »

Lowen serra les dents.

« Je… Je peux pas vous indiquer sur une carte d'où je viens, je… Avant d'atterrir dans les labos, j'ai vécu sept ans dans une forêt, dans une espèce de grande maison sous terre. »

« Et comment as-tu fini aux laboratoires Shinra ? »

L'enfant eut un soupir fatigué.

« Honnêtement, je ne sais pas. C'est flou. Je ne sais pas combien de temps j'ai passé aux labos, car il n'y a pas de fenêtres ni de calendrier. Personne ne me parlait, on se fichait de ce que je disais ou pensais. »

Sephiroth se crispa intérieurement. Elle avait raison, il était difficile de compter les heures dans cet endroit infernal. Une journée pouvait paraître durer une semaine, voire plus, quand on vous faisait vivre l'enfer.

« Et les garçons ? » enchaîna Angeal.

« Ils disent qu'ils y sont depuis leur naissance. Ils ont encore plus souffert que moi. Quand j'ai vu quelles horreurs on vivait tous là-bas, j'ai décidé d'utiliser mon pouvoir pour tenter de nous sortir de là. »

« Comment espérais-tu faire cela ? » demanda Sephiroth, curieux.

Lowen haussa les épaules.

« Je n'avais pas d'idée précise, mais j'espérais sortir des labos et trouver un adulte ou une personne honnête qui voudrait bien nous sortir de là. Un policier, un assistant social ou… quelqu'un qui serait sensible à notre sort, quoi ! »

« Si tu ne connais personne, pourquoi m'avoir choisi ? » s'étonna le Soldat.

« Je ne vous ai pas choisi. Je ne pensais pas vraiment que vous pourriez m'aider. Quand je vous ai vu entrer, j'ai d'abord cru que vous travailliez là, mais quand j'ai vu l'ignoble face de rat vous injecter tous ces produits, et qu'il y en avait même un qui avait l'air mortel, je… j'ai décidé d'agir. Il devait payer pour tout ce qu'il avait fait. »

« Tu étais prête à compromettre ton maigre plan d'évasion pour tuer quelqu'un ? » demanda Angeal.

Lowen le regarda droit dans les yeux. Le Soldat eut un léger geste de recul. La façon dont elle le regardait était troublante. Ses yeux aux couleurs si différentes la rendaient étrange, mais plus encore, elle avait une expression qui la vieillissait. On aurait dit une adulte enfermée dans le corps d'une petite fille.

« Je ne sais pas ce qu'il y avait dans la seringue, même si le crâne sur l'étiquette laissait deviner que c'était toxique. J'ai juste vu quelqu'un qui était en train de se faire empoisonner par un sadique. Alors j'ai choisi d'intervenir, au lieu de m'enfuir et d'avoir une mort sur la conscience. Oui, c'était peut-être mal calculé de ma part, mais… mais je ne regrette pas mon choix ! Si vous voulez m'envoyer dans une prison pour mineurs, très bien, ce sera toujours mieux que les labos ! Mais ne punissez pas les garçons. Ils sont des victimes dans tout ça, ils ne méritent pas de retourner là-bas. »

Le cœur battant la chamade, de la sueur coulant dans son dos, Lowen regarda les trois adultes avec angoisse. Ces derniers échangèrent un regard, puis Sephiroth s'avança pour se mettre à genoux devant elle. L'enfant le vit poser sur elle un regard plus doux et amical.

« Tu n'iras pas en prison. Et tes amis non plus », dit-il sur un ton assuré. « Mais ils ne t'ont rien dit sur qui pourraient être leurs parents ? »

« Non, ils ne le savent pas. Ils disent qu'ils n'ont aucune famille. »

« Ils t'ont dit leur nom ? » demanda Angeal.

« Kadaj, Yazoo et Loz. »

« Pas de nom de famille ? »

« Non. En fait, ils ont choisi leurs prénoms dans des livres, mais les scientifiques s'en fichent, ils ne les appellent pas comme ça. Avec eux, ils sont juste des numéros. »

« Quoi ?! » demanda Genesis.

« J'ai entendu les scientifiques appeler Kadaj numéro 17. Moi, ils m'ont nommée numéro 22. »

Sephiroth baissa tristement la tête. Évidemment, cela ne le surprenait pas de la part de ce vieux fou de Hojo.

De leur côté, Angeal tremblait de colère et Genesis avait l'air indigné.

Finalement, Sephiroth se leva pour aller près de la porte d'entrée. Il appuya sur un bouton dans le mur. Peu après, la porte s'ouvrit, laissant réapparaître le domestique.

« Oui, monsieur ? »

« Haneki, raccompagnez la petite dans la chambre où se trouvent les garçons. Et veillez à ce qu'ils aient à manger, à leur réveil. »

« Bien, monsieur. Si vous voulez bien me suivre, mademoiselle. »

Lowen fit mine de le suivre, mais arrivée à la porte, elle se tourna vers les trois hommes.

« Vous allez faire quoi ? » demanda-t-elle d'une voix timide.

Les adultes échangèrent un regard, puis Angeal lui répondit d'un ton rassurant :

« Vous garder en sécurité. Ne t'inquiète pas et retourne dormir. »

Lowen le remercia d'un faible sourire, puis elle suivit le domestique vers la chambre.

Restés dans le bureau, les trois Soldats se regardèrent.

« Comment ont-ils pu faire ça ? Des enfants ! » fulmina Angeal.

« Ce ne serait pas la première fois », soupira Sephiroth.

« Eh, qu'est-ce que tu veux dire par-là ? Tu approuves ce qu'on fait dans ces labos ? » demanda Genesis.

« Bien sûr que non ! Je dis juste que ça ne m'étonne pas de Hojo. »

« Peu importe, on doit faire quelque chose. Ces gosses ne méritent pas d'y retourner », dit Angeal.

« D'accord, mais quoi ? » demanda Genesis. « Vous avez entendu la gosse, ils n'ont même pas de nom. Aux yeux de la société, ils n'existent pas. Et si on les confie à un orphelinat ou une famille d'accueil, la nouvelle risque de s'ébruiter. Hojo pourrait s'arranger pour les reprendre sans que personne ne le soupçonne. »

Sephiroth plissa les yeux.

« En effet, tant qu'ils n'ont pas une vraie existence en ce monde, ils sont vulnérables. »

« Que veux-tu dire ? » demanda Genesis.

Angeal vit Sephiroth esquisser un sourire calculateur. Le sourire qu'il avait lorsqu'un plan voyait le jour dans son esprit.

XxXxXxXxXxXxXxX

Tandis que Lowen suivait le domestique vers la chambre, elle réfléchit à cet entretien.

Quoi que décident les adultes, elle avait le pressentiment qu'ils essaieraient de les aider.

Pourtant, elle était inquiète. Allait-on les envoyer dans un orphelinat ? Si oui, pourraient-ils rester ensemble ? Ces garçons étaient ses seuls véritables alliés dans ce monde.

« Tout va bien, mademoiselle ? »

Lowen leva les yeux vers Haneki. C'était un homme d'une quarantaine d'années au physique asiatique. Il avait la livrée classique d'un domestique : un pantalon et des chaussures noires, et une chemise blanche sous un gilet sombre.

« Ça va. Dites, monsieur… »

« Vous pouvez m'appeler Haneki. »

« Haneki. Si jamais on a de nouveau à manger, est-ce que je pourrai avoir seulement des fruits et des légumes ? J'ai un problème avec la viande et le lait. »

« Aucun souci, mademoiselle. »

Le domestique lui ouvrit la porte. Lowen vit les garçons, assis sur le lit et discutant avec agitation. En la voyant, ils parurent rassurés. Sans doute s'étaient-ils imaginés le pire à leur réveil, en voyant qu'elle n'était pas là.

Sitôt rentrée dans la chambre, ils l'assaillirent de questions. Lowen leur raconta son entretien avec les trois hommes.

Quand elle eut fini, Kadaj parut mécontent.

« T'as pris un gros risque en y allant seule. T'aurais dû rester avec nous. »

« Ouais, imagine qu'ils se fâchent et te punissent. Ils auraient pu t'emmener loin de nous ! » dit Loz d'une voix tremblante.

Lowen lui offrit un sourire touché, mais ne dit rien.

Quoiqu'aient prévu les adultes, elle espérait juste qu'ils agiraient rapidement, car cette attente pourrait vite devenir stressante.

XxXxXxXxXxXxXxX

Le lendemain matin…

Assis à son bureau, le président Shinra considérait les deux personnes debout en face de lui.

Le premier, Sephiroth, était immobile et calme, comme de coutume.

Le second, Hojo, était nerveux et agité. Il ne cessait de redresser les lunettes sur son nez et de jeter des regards en biais à Sephiroth, avant de revenir au président.

Ce dernier considéra l'écran d'ordinateur posé à côté de lui. Dessus figuraient des photos des enfants que Sephiroth avait découverts au laboratoire.

Il ne savait que penser de cette découverte. Il aurait aimé que les enfants soient présents pour cet entretien, mais Sephiroth affirmait qu'ils étaient trop effrayés et n'auraient jamais tenu en place devant lui.

Au fond, tant mieux, le président avait déjà assez de problèmes sans qu'il doive en plus gérer une bande de gosses pleurnichards !

Lissant sa grosse moustache blonde, le PDG imposant se pencha vers le scientifique.

« J'attends des explications, professeur Hojo. D'où sortent ces enfants ? »

Le scientifique redressa une nouvelle fois ses lunettes en marmonnant quelque chose.

« Pardon ? Plus fort, je vous prie ! » exigea le président, irrité.

« Je disais que ces enfants font partie de mes créations. »

En entendant cela, Sephiroth ne put s'empêcher de lancer un regard assassin au scientifique.

« Si je comprends bien, vous confirmez les dires de Sephiroth : vous avez osé vous servir dans les caisses de la société pour créer de nouveaux Soldats sans que je vous en donne l'ordre. Avez-vous idée de ce que vos expériences ont coûté au budget de la Shinra ? »

« Écoutez, monsieur le Président… » gronda Hojo.

En voyant son supérieur prendre l'air menaçant, le scientifique prit sur lui pour rester calme.

« Le travail que j'effectue nécessite certains protocoles et des mesures de sécurité particulières. Nous avons créé plusieurs spécimens sur le même modèle que Sephiroth, au cas où ce dernier ne survivrait pas sur le long terme. Et puis, c'est vous qui réclamez sans cesse de nouveaux prototypes plus performants ! J'ai tenté des améliorations avec ces enfants et j'en suis arrivé à plusieurs découvertes intéressantes, dont… »

« JE N'EN AI RIEN À FAIRE ! VOUS AVEZ OUTREPASSÉ VOS DROITS ET BAFOUÉ MON AUTORITÉ ! »

Sephiroth demeura immobile, se délectant de l'échange qui avait lieu sous ses yeux. Que c'était agréable de voir Hojo se faire tourner en ridicule !

Ce dernier était partagé entre la peur et la colère, mais il n'osa protester.

Dommage, j'aurais aimé qu'il continue de se mettre en tort. S'il se faisait virer ou pire… songea le jeune homme.

Le président attendit un instant, le temps de reprendre son souffle, puis reprit plus calmement :

« Les Turks ont mené une enquête suite au témoignage de Sephiroth et nous avons découvert que ces quatre gosses sont les seuls survivants sur vingt-deux spécimens. Vos rapports indiquent la mort des dix-huit autres. Et les comptes indiquent des dépenses de plusieurs milliers de gils que nous allons mettre des années à récupérer. Je n'ai pas le choix, je vais vous couper les vivres pendant deux semaines, puis vous aurez droit à un crédit réduit de moitié pour le futur. »

« Quoi ?! Mais monsieur… »

« SILENCE ! Ou vous préférez être viré ? J'ai entendu dire que le professeur Hollander se ferait une joie de vous remplacer. »

Pâle et tremblant de rage, Hojo baissa la tête en signe de soumission.

« Je vous retire ces enfants. Ils seront désormais sous la garde de Sephiroth. »

L'intéressé ouvrit des yeux ronds en entendant ça. Lui, garder les enfants ?! Mais comment…?

Il regarda brièvement Hojo quitter la pièce, puis se tourna vers le président.

« À nous deux, Sephiroth. Tout d'abord, je vous remercie d'avoir eu l'initiative d'enquêter sur Hojo. Grâce à vous, nous avons évité d'autres dépenses inutiles. »

« Oui, monsieur. »

« Par contre, comme je l'ai déjà dit au professeur, vous allez devoir vous occuper de ces enfants. »

« Sauf votre respect, monsieur, je ne suis pas sûr d'être qualifié pour cela. »

« Je sais, je sais. Vous êtes militaire avant tout, et je n'ai pas l'intention que cela empiète sur votre travail. Vous allez simplement garder ces gosses sous votre toit. La compagnie se chargera de tous les frais pour la nourriture, les vêtements et les éventuels frais médicaux. Vous devez juste vous assurer qu'ils suivent bien leur scolarité dans une de nos écoles. »

Sephiroth comprit où il voulait en venir. Les enfants allaient rester sous la garde de la compagnie et être formés pour devenir d'éventuels atouts. Le président avait conscience que les garçons possédaient le potentiel pour devenir de bons Soldats comme lui. De futurs Soldats Première Classe. Quant à la petite fille, il s'imaginait sûrement qu'elle pourrait devenir une scientifique ou une Turk.

Tout de même, cela embêtait Sephiroth. Il aurait préféré que ces enfants soient confiés à une famille normale. Mais il savait que s'il refusait, le président n'aurait aucun scrupule à se débarrasser d'eux. Beaucoup de rumeurs circulaient sur la façon dont il traitait son propre fils, Rufus.

« Entendu, monsieur. »

« Bien ! Voici les rapports de Hojo sur les enfants. Allez au soixante-deuxième étage et donnez-les au maire. Dites-lui de s'occuper des démarches administratives pour enregistrer les enfants dans la base de données civile. »

Acquiesçant, Sephiroth prit les dossiers et, après un bref salut de la tête, sortit du bureau pour prendre l'ascenseur.

Tandis que celui-ci descendait vers le soixante-deuxième, il ne put résister. Il ouvrit le dossier d'un des enfants et commença à le lire.

« Spécimen n17

Taille : 1,20 mètres

Poids : 32 kg

Type : Sujet masculin du projet S

Spécialités : Maîtrise de l'élément Foudre, maîtrise ambidextre des armes blanches

Tests : Isolation dans caisson mako, épreuve résistance à Foudre, faiblesses aux éléments Eau et Poison »

Sephiroth regarda la photo. C'était celle de Kadaj. Il tourna la page et trouva enfin ce qu'il voulait : la date de naissance et les parents. Il n'y avait rien pour le père, mais en lisant celui de la mère, il eut l'impression de recevoir un coup au plexus.

« Mère : Jenova »

Fébrile, il consulta les rapports des deux autres garçons. Pour eux non plus, le père n'était pas précisé, mais la mère était bien Jenova. Ils étaient donc bien ses frères. Mais comment était-ce possible ?

Sa mère était morte en le mettant au monde. Il avait atteint la vingtaine et ces garçons avaient sept ans. Comment Jenova aurait-elle pu enfanter trois autres garçons des années plus tard ?

À moins que Hojo n'ait anticipé sa mort et prélevé ses ovules avant qu'on dispose du corps.

Lorsqu'il passa au dossier de Lowen, il fut surpris par la maigreur des informations.

Il n'y avait que son numéro, le 22, une photo d'elle, son poids et sa taille, ainsi que des observations sur son régime alimentaire. Elle ne tolérait que l'eau, le sucre, les fruits et les légumes. On avait également analysé son ADN et décelé des similarités avec celui des plantes, ainsi qu'une étonnante production d'oxygène dans ses cellules.

Il y avait aussi une pochette plastique contenant un collier. La chaîne était en argent, avec au bout une fleur en or dont le cœur était serti d'un joyau. Ce n'était pas un bijou fantaisiste qu'on pouvait se payer dans un magasin quelconque. Où Lowen avait-elle pu se procurer un tel bijou ?

Il trouva aussi des photos des vêtements qu'elle portait à son arrivée aux laboratoires. On aurait dit une petite tunique aux couleur vert sombre et brun. Le genre de tenue qu'on portait pour se camoufler. Les délicats motifs de plantes et les boutons en argent qui servaient à fermer le col et les manches laissaient aussi deviner la qualité des vêtements.

Lowen venait-elle d'une famille aisée ? Il faudrait qu'il interroge les Turks pour qu'ils enquêtent sur une disparition d'enfant de riches. Une enfant aux yeux vairon ne devait pas être difficile à retrouver si elle figurait dans la base de recherches.

En attendant, il allait devoir s'occuper de la paperasse avec le maire.

Ensuite, il lui faudrait rentrer pour annoncer la nouvelle aux enfants.


Et voilà pour ce chapitre !

J'aurais besoin d'aide pour la suite, chers lecteurs. Je cherche un nom de famille pour Lowen, et j'hésite. Dans la fic d'origine, c'était «Storm», mais c'était plutôt justifié à l'époque, car il y avait eu une histoire de tempête provoquée par elle. Tandis que là, non. Du coup, je cherche un nom en rapport avec la nature, les arbres et les animaux.

Je sais pas trop, j'avais songé à Greenrock, Bedor ou Brumedor, mais j'hésite. Sinon, avez-vous d'autres suggestions ?

Si oui, n'hésitez pas à me les donner en review.