Elle plia la lettre et la rangea dans son petit sac à main. Chouta était toujours dehors, près des Grandes Portes avec sa robe noire contrastant vivement avec le paysage blanc de neige. Elle n'avait plus la moindre envie de retourner dans la Grande Salle, et elle voulait encore moins croiser Potter, envers qui sa haine ne faisait que grandir. Les jumeaux Weasley étaient partis, et à présent, c'est Madame Maxime qui se trouvait là, devant elle, le regard perdu dans les étoiles. La demi-géante reniflait bruyamment, vêtue de robe de velours bleue probablement cousue sur mesure.

Lorsque Chouta s'avança, elle se rendit compte que cette dernière pleurait en silence.

Chouta rouvrit son sac et lui tendit un mouchoir en tissu.

- Tenez, Madame Maxime, dit-elle doucement.

Madame Maxime la remercia d'une voix étouffée, avec son accents français plus marqué que jamais, se mouchant avec le mouchoir.

-Merci, ma chèreuuuu...

- Qu'est-ce qui ne va pas, Madame Maxime? Demanda-t-elle.

- Ce sont...Des problèmeuuus de grandes personneuuus, dit la directrice comme si Chouta était trop sotte pour comprendre.

Elle se moucha de plus belle. Heureusement que le bout de tissu était ensorcelé, permettant d'aspirer les larmes et les glaires jusqu'à ce qu'ils disparaissent...

- Je ne fais peut-être qu'un mètre cinquante cinq mais je connais des grands problèmes dignes de très grandes personnes, affirma Chouta sur un ton de reproche.

- C'est Hagrid, craqua la grande femme. Nous sommes comme fait pour être ensembleeeee, mais... notre amour sembleee impossibleeee. Je me suis enfouis quand il m'a demandeuuu ma main.

Elle baissa les yeux, ses larmes scintillant à la lumière des étoiles :

- J'ai peeeeur du jugement des autres. Je fais au moins un mètre de plus que lui! Il est foouuuu, qui voudrait faire danser une femme de ma taille?

Chouta acquiesça en signe de compréhension, même si dans sa tête, elle ne voyait absolument pas où était le problème. Elle se dit qu'il y avait plus grave, comme raison de ne pas vivre sa relation comme on peut l'entendre.

- Ce Bal de Noël pourrait être l'occasion rêvée pour être ensemble, ne serait-ce que pour une soirée. Je ne suis pas à votre place mais à mon sens, il serait navrant de s'arrêter seulement à ça...Il est possible que votre grandeur soit une qualité d'Hagrid apprécie, c'est un demi-géant géant comme vous, et les géants aiment la grandeur, ils ne voient pas ça comme une honte. Prenez exemple sur Viktor et Hermione, c'est eux qui ont dû faire preuve de beaucoup de courage ce soir.

Madame Maxime leva les yeux, mais elle ne voyait que des problèmes et pas des solutions.

- Ceeee n'est pas aussi simple, je vis en France, et je suis directrice d'une école de magie. Je n'aurais jamais le temps de construire quelqueeee chose de durable avec lui.

Chouta fit tous les efforts du monde pour poser une main réconfortante sur le bras de Madame Maxime :

- Vous allez encore m'en trouver combien, des excuses? Lui demanda-t-elle. Allez le rejoindre ou regretterez-le pour toujours.

Chouta avait certes une dent contre Hagrid, mais comme toute être vivant, il ne méritait pas de mourir seul. Madame Maxime laissa échapper un petit sourire à travers ses larmes.

- Vous êtes heuu une très gentille fille, vous êtes euu à Gryffondor?

- Quoi? Non! Je suis une élèves de Durmstrang, dit Chouta d'une voix indignée.

- On n'aurait pas dit, vous n'êtes pas comme votre directeeuuuur, comment vous appelez-vous? Demanda Madame Maxime qui avait l'air incrédule.

- Chouta, et je suis exactement comme mon directeur. Il faut simplement nous connaître davantage pour nous comprendre...

Madame Maxime prit une profonde inspiration, se redressant de toute sa hauteur imposante. D'un geste gracieux, elle lissa ses cheveux d'une main avant de réajuster sa robe.

- Un grand merci, Chouteu. Vous avez sauvé ma soireuuu, dit-elle d'un ton plus clair en lui rendant son mouchoir.

Chouta la regarda rentrer dans le château, son cœur léger de voir qu'elle avait pu aider. Elle-même fit demi-tour quelques minutes plus tard et entra à son tour, se dirigeant vers la Grande Salle.

Elle repéra rapidement Pansy Parkinson et Drago Malefoy assis dans une table tout au fond, flanqués de Crabbe et Goyle, leurs silhouettes massives tranchant sans la moindre délicatesse des cuisses de crapaud géant. À sa grande surprise, aucune chaise ne lui était réservée...

Voyant qu'ils n'avaient pas pensé à elle, celle-ci s'approcha avec hésitation.

- Salut, vous n'avez pas oublié quelq...commença-t-elle, mais avant qu'elle ne puisse finir sa phrase, Pansy l'interrompit d'un ton acerbe.

- On ne veut pas de toi autour de cette table, va voir allieurs si on y est. De toute façon tu dois certainement avoir mieux à faire...

Chouta recula légèrement, décontenancée. Drago semblait d'accord, il l'a regardait comme si elle avait tué son père.

- Je sais que je ne suis pas facile à vivre ces derniers temps, admit-elle avec sincérité. Ne prenez pas ça personnellement, ça n'a rien à voir avec vous. Vous le savez, hien, que ce n'est pas de votre faute?

Pansy croisa les bras et leva un sourcil accusateur. Crabbe et Goyle imitèrent.

- On ne t'a pas vue de toute la journée et tu pensais vraiment qu'on allait te garder une chaise? Demanda-t-elle froidement. Non mais je rêve, c'est gonflé pour quelqu'un qui nous a planté en plein Noël. T'es partie en courant sans la moindre explication de notre salle commune alors que tu es l'invitée des Serpentards. J'te signale qu'on t'a cherchée partout, même dans la Salle sur Demande et la réserve de la bibliothèque. Oh et puis je ne vois même pas pourquoi je me fatigue à te le dire, je sais que de toute façon ça t'es complètement égal.

Drago renchérit, un éclat de suspicion dans ses yeux gris :

- Ouais, surtout avec la lettre bizarre que Geignarde t'a écrite sur un rouleau de PQ. Elle ouvre quoi, cette clée? Depuis quand tu fréquentes cette folle?

- Écoutez, essaya-t-elle pour se justifier.

C'était vraiment important. La clé que Mimi m'a donnée m'a permis de trouver quelque chose que je devais absolument trouver. Je suis désolée si tout cela vous a fait penser que je ne voulais pas fêter Noël avec vous.

- Garde tes excuses, lança Drago d'un air supérieur en secouant la tête. Ton comportement devient vraiment suspect. Et puis, je sais que tu as menti sur ton père. Le ministre des Affaires étrangères norvégien est une femme, pas un homme, et elle est d'origine colombienne. Son portrait est apparu cet après-midi dans la Gazette du Sorcier. Je serais alors bien curieux de savoir sur quoi d'autre tu nous ment depuis le début. Tu crains, Chouta.

Chouta ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit. Ils avaient découvert le pot aux roses et à l'évidence ils n'étaient pas assez mature peut accepter le simple fait qu'elle ait envie ( et surtout le droit ) de garder dans son jardin secret ce que bon lui semblait.

- Tu pourras revenir nous voir quand tu n'auras plus de secrets pour nous, ajouta Pansy, le ton plus doux mais non moins tranchant. De vrais amis ne se cachent rien.

- Mes petits secrets n'avaient pourtant pas l'air de te déranger hier soir, grinça-t-elle avec véhémence.

- C'était sûrement parce que je ne pensais pas être en face d'une fille qui ment autant qu'elle respire, rétorqua Pansy.

- Hé, de quoi vous parlez toutes les deux? Intervient Drago.

La colère monta en Chouta bien qu'elle s'était promise de mieux de contrôler...

- Parfait! Vous ne voulez plus me fréquenter? Tant mieux! S'exclama-t-elle. Ce que je fiche de mes journées ne vous regarde en rien! Trouvez quelqu'un d'autre à dominer, car moi, je ne me laisserai pas faire! Vous voulez contrôler tous mes faits et gestes, mais je ne suis pas votre marionnette, je n'ai aucun compte à vous rendre. Vous croyez pouvoir me faire peur à moi? Eh bien croire, c'est se faire avoir!

- Alors part et ne revient pas! L'agressa Drago en se levant de sa chaise.

Tout ce remue-ménage avait attiré l'attention de plusieurs professeurs, y compris Rogue, qui cessa brusquement de parler à McGonagall pour jeter un regard perçant dans la direction du tapage. Karkaroff, quant à lui, semblait parfaitement à l'aise au milieu du chaos, agitant nonchalamment son verre de vin vide en direction d'un elfe de maison, avec l'air de quelqu'un qui pensait que la gravité elle-même remplirait son verre s'il le demandait assez fort. Il était de nouveau complètement bourré...Ce qui quelque part, décevait Chouta. C'était simplement incroyable se tienne encore debout sur sa chaise.

Elle fit un geste obscène à l'adresse de Pansy et Drago avant de se tourner et de repérer Viktor Krum, qui arpentait les tables avec un air préoccupé. Sa place à la table des Durmstrang était vide, une assiette également tristement vide à sa place, un signe inquiétant pour quelqu'un qui dévorait généralement autant de kilos de viande qu'un ogres des montagnes.

Autour d'elle, les sorciers et sorcières riaient et conversaient en groupes, profitant de la soirée avec leurs amis. Mais Chouta, debout seule au milieu de cette mer de visages joyeux, se sentait plus triste que jamais. Même Madame Maxime, qui d'habitude semblait toujours inapprochable, était maintenant presque collée à Hagrid, riant joyeusement.

Elle s'approcha de lui, cherchant du réconfort.

- Viktor, tu as l'air inquiet. Qu'est-ce qui se passe?

Krum la regarda, le visage sombre.

- La cavalière de Poliakoff vient de lui poser un lapin. Elle a dit qu'il avait une haleine de chacal, et il est introuvable depuis. Il est sorti de la Grande Salle, et personne ne l'a revu.

- Le professeur Karkaroff a vu la scène? Demanda Chouta.

- Hélas. Avec Rogue, ils n'ont pas manqué de lui dire que cette jeune fille avait parfaitement raison, soupira-t-il.

- Alors cherchons-le ensemble, il doit sûrement être couvert le honte le pauvre. Ça ne serait pas étonnant qu'il soit reparti au bateau.

Sans un mot de plus, ils quittèrent la Grande Salle, décidés à retrouver leur ami que la vie n'avait jamais gâtée.

Dans ces couches de neige, les traces de pas de Poliakoff étaient nettement visibles, mais ses empreintes ne les menèrent pas au bateau. Elles se dirigeaient plutôt tout droit vers les entrailles de la Forêt Interdite, sans le moindre détour. Ce tracé était droit, ne marquant aucune hésitation. Pourtant, plus tôt dans l'après-midi, Albus Dumbledore avait formellement interdit de s'y rendre, vu le contexte actuel de loup-garou. Poliakoff était aussi trouillard qu'une fourmi... Et si, comme Croupton avant lui, il avait été attiré là-bas par elle-ne-savait quelle sorte de force maléfique ?

- Qu'est-ce qu'on fait? Demanda Chouta tandis que la forêt se tenait devant leurs yeux.

- On fonce, Poliakoff est sûrement sous imperium, gronga Krum. Il n'aurait jamais osé partir là-bas de son propre chef.

- Mais sous l'impérium de qui? Et pourquoi? Demanda Chouta alors qu'elle suivait le pas rapide et décidé de Viktor.

- C'est ce que nous allons découvrir, répondit Krum qui n'en demordait pas. La personne qui a fait ça goûtera à mes poings.

Viktor était en colère, et il allait tout faire pour sortir son petit protégé de la. Chouta le suivit sans trop d'hésitation, elle avait toutefois l'avertissement de Dumbledore en tête, se disant qu'encore une fois, elle profitait de son indulgence.

Ils trouvèrent la forêt interdite pareil à elle-même, quelques lumos des Aurors venu pour surveiller le domaine se baladaient beaucoup plus loin.

Contrairement aux autres fois, ils n'utilisérent pas leurs baguettes magiques pour s'éclairer. Ça aurait été prendre le risque d'être repéré par ces derniers Aurors.

Les empreintes de Poliakoff étaient toujours aussi nettes, et sa trajectoire droite. Il avait arpenté les petits chemins entourés de sapins et de chêne, sans jamais s'éloigner des sentiers battu. Plus ils suivaient les pas et plus ils se sentaient pour ainsi dire soulagé qu'il n'ait pas prit la direction du nid des araignées. D'une voix rauque, Viktor lui avait dallieurs dit que si tel avait été le cas, ils l'auraient retrouvé dans un état squelettique. Ce garçon n'avait pas les talents magiques qu'il fallait pour se défendre face à des milliers d'acromentules assoiffées...

Sans le moindre éclairage, il devenu de plus en plus compliqué pour les nos héros de comprendre où ils étaient...Les arbres étaient si haut que bientôt, ils couvriraient la lune et le ciel tout entier, les laissant dans une noirceur complète...

Les Aurors étaient très loin, agitant leurs baguettes magiques à l'entrée de la forêt. Ils devaient très trois, quatre au maximum. Un nombre tristement insuffisant pour ratisser toutes les entrées possibles.

A présent, rien ni personne ne pourrait les aider en cas de Malheur...et Le Malheur en personne ne tarda pas à se présenter alors que les empruntes de pas les menèrent au bord du lac, celui où nombreux vieux sorciers disaient que le jour il était béni, mais que la nuit il était maudit. Selon la légende, c'est ici que le Baron-Sanglant avait été noyé par les villageois moldu après qu'il ait commis tout ses crimes il y a plusieurs siècles.

Le corps d'une licorne sans vie gisait au bord de l'eau, accompagné d'un inquiétant bruit susurrant, comme si quelque chose était en train de dévorer ses entrailles...

Ils se cachèrent chacun derrière un arbre, échangeant des regards terrifiés.

Les deux élèves ne pouvaient pas voir quelle horrible créature était en train de commettre l'irréparable, car le dos de l'animal leur cachait la vue. S'attaquer à une licorne, c'était mutiler son âme et accepter de devenir un monstre. Dans leur monde, cela signifiait aussi bloquer le passage vers l'au-delà une fois le moment venu, condamnant les sorciers ayant commis ce crime à l'enfer.

Avant qu'ils n'aient eu le temps d'établir le moindre plan, une silhouette s'éleva d'entre les entrailles de la licorne... Il faisait tellement sombre qu'ils ne voyaient que le sang argenté de l'animal couler de la bouche du malfaiteur. Chouta remarqua qu'il portait un masque noir qui couvrait uniquement ses yeux, semblable à ceux qu'on voyait au carnaval, mais avec une tonalité bien plus lugubre.

L'homme masqué prit de sa poche plusieurs fioles, comme celles que Rogue avait toujours dans son bureau...Ensuite, il préleva autant de sang possible...Bientôt, il tena entre chaques doigts des fioles contenant du sang frais, aussi argenté que le diadème d'une reine pouvait l'être. Cela ressemblait à du mercure.

- C'est Poliakoff, lui murmura Viktor le plus bas possible, toujours caché avec elle derrière deux arbres.

- Non, ce n'est pas lui...

- Ça ne peut être personne d'autre.

- Voldemort, dit Chouta, le sang glacé. C'est lui qui doit être derrière tous ces phénomènes étranges. Il utilise les sorciers à sa guise. Après Croupton, Poliakoff est sa seconde victime.

- Poliakoff est perdu, nous n'arriverons pas à prouver son innocence. Pas tant que la communauté fermera les yeux sur le retour de Voldemort. Si nous arrivons à l'aider, on devra cacher au monde ce qu'il a fait.

Ils continuèrent de regarder Poliakoff, il tira le corps de la licorne avec une force improbable dans les profondeurs du lac. Son poids cassa la couche de géle qui emprissonnait l'eau, et bientôt, elle se retrouva dans les profondeurs, vouée à l'oubli. Puis, avec une expression presque perverse sur le visage, Poliakoff se tourna pile en direction de là où ils étaient caché...

- Je vais compter jusqu'à trois, dit-il avec une voix qui ferait peur à n'importe quel enfant. J'ai flairé votre odeur depuis le début, camarades. 1...

Il ne dû pas attendre d'arriver jusqu'à trois, puisque Chouta et Krum venaient sans la moindre peur de quitter leur cachette de fortune et de lui bondir dessus avec leurs deux baguettes magiques pointé à un mètre de sa gorge. Le garçon était habillé en tenue traditionnelle des partisans du seigneur des ténèbres...Poliakoff souria, il avait l'air confiant.

- On va te ramener au château avec la force s'il le faut, annonça Viktor d'une voix ferme. Tu n'es pas toi-même, laisse qui tu es vraiment reprendre le contrôle de ton esprit.

Poliakoff n'avait même pas sortit sa baguette magique, il se tenait devant eux avec une assurance déconcertante.

- Hi hi hi, ricana-t-il. Tu ne comprends donc pas. Je suis enfin moi-même, penses-tu vraiment que j'allais toute ma vie rester ce " pauvre garçon boutonneux dont la nature fait honte à sa famille ?" Non... Un avenir plus grand que le vôtre m'attend maintenant que j'ai en moins le sang d'une Licorne.

C'est précisément à ce moment-là qu'ils comprirent que Poliakoff n'était pas le moins dû monde sous imperium. Au contraire, plus que jamais il n'avait été, il était parfaitement lui-même...

- L'école de Durmstrang a toujours fait attention à toi comme on fait attention à un petit frère, s'exclama Chouta pour essayer de le raisonner. Ne dit pas de foutaises, ce soir encore, nous sommes venu sauver ta peau! Alors on va tous faire l'impasse sur ce que tu as fait, ton âme ne concerne que toi et ça sera entre toi et La Mort. Ce qui est sûr, c'est que tu vas rentrer avec nous.

- Vous ne m'avez jamais sauvé de rien, grogna Poliakoff. Vous avez toujours tout fait pour me maintenir en bas de l'échelle, la risée de la plus puissante école que le monde des sorciers n'ait jamais connu...Mon Maître a raison, Karkaroff a toujours détesté que ses élèves puisses un jour faire mieux que lui...Il n'exploite pas la pleine puissance dont nous sommes capable.

- C'est peut-être parce que le professeur Karkaroff est plus que conscient des dangers de la magie noire, regarde là où ça l'a mené! Je te cite le nombre de dents qu'il a perdu, le nombre de talismans qu'il porte sur chacun de ses doigts, ou encore les litres d'alcool qu'il boit pour pouvoir dormir? Il vit comme un véritable pirate, et je ne parle pas des pirates qu'on voit dans les comtes de fées.

Le vent se souleva d'entre les arbres, les branches s'ecartérent et la lumière de la lune les éclaira brièvement...Poliakoff était monstrueux. Ses ongles étaient devenus des griffes, ses mains étaient poilues...C'était lui, le loup-garou dont parlait Monsieur Croupton, il n'avait pas tout inventé de toute pièce. Alors, son fils encore en vie n'était peut-être pas qu'une invention...

- Karkaroff est responsable de son état, c'est ce qui arrive quand on tourne le dos au Seigneur des Ténèbres, aboya Poliakoff qui commençait à devenir agité. Regardez comme c'est malheureux, mon maître a pourtant toujours tellement de solutions louables à apporter aux sorciers. Surtout ceux qui comme moi, ceux qui ont une particularité...J'ai pourtant essayé de me cacher, de me fondre dans la masse des années durant. Mais j'ai atteint le point de rupture le jour où Rogue m'a lancé un maléfice alors que j'essayais de me faire une potion tue-loup, c'est là que j'ai laissé mon corps se transformer...

- Tourner le dos à Voldemort est la plus grande marque de courage dans notre monde! Protesta Chouta. Tu ne comprends dont pas, les loups-garous tuent parfois leurs proches par simple accident, tu dois te faire soigner par de vrais medicomages. Les potions de fortunes ne peuvent rien pour toi, tu dois recevoir un traitement à vie.

Poliakoff leva ses mains et les serras en signe d'agacement...L'expression de son visage dérangeante, glaciale...

- Ce n'est pas du courage, espèce d'éffrontée! C'est de la déloyauté, de la trahison! Pour ta gouverne, être un loup-garou n'est pas une tare, ça a toujours existé!

S'en était de trop, à l'évidence, rien ne pouvais résonner Poliakoff, Chouta lança un sortilège...

- Sectumsempra!

Le corps de Poliakoff se transforma en une horrible plaie ouverte...Il avait des coupures de partout...Malgré ça, il ria d'un rire strident sous le regard déconcerté de Viktor.

- Même pas peur, même pas mal, ria le nouveau mage noir.

- Endoloris, incanta Viktor qui reprenait son sang-froid.

Jamais Chouta n'aurait cru que le champion de Durmstrang aurait un jour recours à la magie noire, traduisant à quel point leurs vies étaient en danger.

Le sortilège ne fit aucun effets, sans doute grâce au sang de Licorne et Poliakoff ria de plus belle tout en sortant sa propre baguette magique.

- À mon tour, dit-il d'une voix aiguë en altérnant la direction de sa baguette entre Chouta et Krum. Tic, tac, tic, tac...

Les deux créèrent un bouclier magique, qui en temps normal devait amplement faire l'affaire...

- ...Expelliarmus!

Viktor fut propulsé sur plusieurs mètres et lâcha sa baguette pendant son vol...Elle n'osait même pas se retourner vers lui par peur de le voir mort.

- Chouta, c'est grâce à toi si j'ai retrouvé la parole et que je ne me suis pas ridiculisé devant le Maître. Donc j'ai décidé de te faire un proposition. Rejoint-nous et allions nos force, le Seigneur des Ténèbres te protégera. Tout ce que tu auras à faire, c'est de te mettre à genoux devant lui et de lui promettre allégeance.

- JAMAIS ! cria-t-elle en se précipitant sur lui, arrachant sa baguette de ses mains avec une force désespérée.

Elle se souvenu que Poliakoff ne savait pas nager.

De toutes ses forces et de tout son poids, elle poussa Poliakoff dans le lac. Ses deux mains, chacune armées d'une baguette magique, levèrent en l'air les rochers environnants qu'elle lança vers l'endroit où Poliakoff avait sombré. Elle espérait que le poids des pierres l'entraînerait au fond du lac, l'empêchant de remonter jusqu'à la surface. Krum reprit très vite connaissance, et alla lui-aussi jeter des pierres dans le fond du lac, son front ensanglanté. Des bulles d'airs remontaient à la surface, signe que Poliakoff agonisait, ses poumons n'allaient plus tarder à se remplir d'eau...

Deux minutes plus tard, plus de bulles.

C'est ainsi que Poliakoff mourut un soir de Noël, rejoignant la dépouille du Baron-Sanglant et de la Licorne