Bonne matinée et bon dimanche à vous. Il fait gris mais chaud en Belgique. Ce jour je vais à la Japan Expo à Bruxelles. Faites-moi signe si vous aussi vous y allez...
Le front de Viktor Krum était
ensanglanté, et la seule chose que Chouta put faire fut de courir vers le ruisseau le plus proche, y puiser de l'eau dans ses mains froides pour débarbouiller le visage de son ami. Elle brandit ensuite sa baguette magique en l'air, ses pulsations cardiaques anormalement trop élevées et lança un sortilège de détresse. Une lumière éclatante jaillit de sa baguette, perçant la canopée dense de la forêt pour s'élancer vers les cieux, atteignant les nuages. Le bruit fut le même qu'un feu d'artifice, mais ô grand malheur, il n'y avait rien de festif dans cet acte.
Les Aurors arrivèrent rapidement, et les deux élèves de Durmstrang, encore sous le choc, expliquèrent tant bien que mal ce qu'ils venaient de vivre et de faire. Ils décidèrent de ne pas remonter le cadavre de l'eau, car seule la police magique en avait l'autorité.
Les deux Aurors, des hommes d'une cinquantaine d'années, refusaient de croire que Poliakoff avait été enrôlé par Voldemort. Ils niaient en bloc toute possibilité que le plus puissant mage noir soit de retour. À leurs côtés se trouvait une apprentie Auror aux cheveux roses et au style résolument punk. Mais à peine eut-elle envisagé de donner son propre avis que ses deux tuteurs la coupèrent brusquement, imposant leur scepticisme d'une manière presque autoritaire.
Viktor se résigna rapidement. Il avait accepté que tout le monde n'était pas prêt à entendre une vérité aussi terrifiante. Chouta, en revanche, toujours plus battante et bornée, continua tout le long du chemin du retour à jurer sur la tombe de sa mère que Poliakoff n'aurait jamais agi ainsi sans une influence extérieure. Son attitude exaspérait les autres, et même Krum lui demanda de se taire, probablement à cause de sa voix qui risquait d'attirer l'attention des innombrables créatures dangereuses rôdant dans la forêt.
Lâchant prise (elle voyait que personne ne l'écoutais...)Chouta marcha en retrait derrière le groupe. Cependant, elle ne resta pas seule bien longtemps. L'autre fille du groupe trébucha, ayant marché sur sa propre cape après s'être cognée plusieurs fois contre des arbres. Sans hésiter, Chouta la releva.
- Tonks, se presenta-t-elle brusquement en se relevant rapidement. Ne fait pas attention, je suis maladroite. Au faite,
moi je te crois, mais je suppose que l'avis des filles ne compte pas.
Elle avait prononcé ces mots en jetant un regard plein de reproches aux autres, qui ne s'étaient même pas retournés ne la voyant tomber.
Elles papotèrent comme deux amies de longue date. L'apprentie avait ce côté " brute " et " révolutionnaire ", on aurait peut-être dit Chouta dans une version plus âgée.
Leurs voix se mêlérent au murmure de la forêt, puis du parc, jusqu'à ce que le groupe, enfin revenu jusqu'a la devanture du château, tombe nez à nez avec Severus Rogue qui semblait les attendre ici depuis le début.
Ce dernier se tenait devant les grandes portes, avec son regard perçant les comptant un à un, tandis qu'en arrière-plan, la musique rock des Bizarre Sister's résonnait depuis la Grande Salle.
- Vous n'avez pas ramené Monsieur Poliakoff, constata Rogue d'une voix glaciale envers les Aurors. Allez me le chercher ou c'est moi qui ira le tirer par la peau du cou. Le non respect du couvre-feu et de l'interdiction de se rendre dans la forêt interdite, c'est une double violation du règlement!
La cape de Rogue volait dans tous les sens, ses bras croisés et son visage dur comme la pierre. Les deux Aurors, en tête du groupe, échangèrent un regard grave avant que l'un d'eux ne se décide à annoncer la mauvaise nouvelle à Rogue :
- Je ne craint que ce ne soit pas nécessaire, ce garçon n'est plus, dit-il en jetant un regard à Krum et Chouta.
Ces deux jeunes gens l'ont surpris en train de commettre un acte abominable sur un licorne...Nous n'avons pas eût d'autres choix que de l'éliminer.
- Ce n'est pas vrai! C'est nous qui l'avons tué avant qu'il nous tue! Voldemort est derrière tout ça, s'exclama Chouta alors que Viktor lui jetait des coups de coudes pour essayer de la faire taire comme il le pouvait. Il est de retour!
- SILENCE! Ordonna Severus Rogue d'une voix autoritaire.
Le maître des potions sembla avoir le souffle coupé, une rare lueur de peur se lisait dans ses yeux noirs. Sans perdre une seconde, il se dirigea en hâte vers la Grande Salle où la fête semblait au beau fixe. Quelques instants plus tard, il en revint, accompagné d'Albus Dumbledore, dont l'expression habituellement sereine était marquée par rien d'autre que de la gravité et de l'incompréhension.
- Severus, demanda le directeur de Poudlard d'une voix polie mais qui ne laissait pas de place à la négociation, prenez les enfants avec vous dans votre bureau, ils ne doivent surtout pas aller répéter aux autres cette horrible tragédie. Il sera de mon devoir de l'annoncer une fois là soirée terminée. Les Aurors peuvent me suivre dans mon bureau.
Alors que les deux Aurors essayaient de pousser Thonks pour ne pas qu'elle les suivent, Dumbledore se retourna comme s'il avait vu ce qui se passait derrière lui :
- Je veux tous les Aurors, Mademoiselle Tonks comprise, demanda-t-il calmement.
Devancé par Dumbledore et les Aurors, et sans prononcer un mot, Rogue saisit Viktor et Chouta par le bras et les emmena fermement jusqu'à son bureau. Les deux élèves étaient tellement sous le choc, en colère et indignés par les mensonges qui commençaient déjà à entourer cette affaire, que l'idée de protester ou de se débattre ne leur vint même pas à l'esprit. Leur silence pesant ne faisait qu'amplifier la gravité de la situation tandis qu'ils suivaient Rogue à travers les cachots vides de Poudlard.
Une fois réunis dans le bureau, d'un coup de baguette, Rogue alluma quelques bougies avant de claquer la porte. Il ordonna froidement aux deux élèves de s'asseoir sur les deux chaises vides devant son bureau, le directeur des Serpentards prit également place en face d'eux...
- Pourquoi les Dieux me tourmentent-ils? Pensa lentement Rogue à voix haute. A chaques fois que je pense avoir tout vu, un nouvel événement se dresse devant moi.
Il sortit une bouteille en verre d'un de ses tiroirs et remplit deux verres.
- Buvez ça.
Chouta et Krum prirent les verres et burent d'un trait. C'était une potion au goût horrible, épaisse et nauséabonde comme une soupe passée de date. Néanmoins, dès qu'ils eurent avalé, ils sentirent leurs ecchymoses disparaître et le front ouvert de Viktor cicatrisa instantanément.
Sans même y être invité, Viktor Krum prit la parole et lui expliqua les conditions de la mort de Poliakoff. Rogue le cru sur parole, contrairement aux deux imbéciles d'Auros.
- ...J'aurais aimé qu'il en soit autrement pour Monsieur Poliakoff, termina Rogue. Vous me voyez navré que les choses se soient terminé de cette manière...
Après avoir pincé l'arrête de son nez durant un certain moment, Rogue se pencha en avant, plissant ses yeux étincelants :
- Vous rendez-vous compte de la chance insolente que vous avez d'être encore en vie à l'heure qu'il est? Si vous étiez à Serpentard, dans ma propre maison, je vous aurais renvoyé dès les premiers jours où vous avez franchis ces portes. Voyez-vous, j'ai dès le début présagé que votre école n'apporterait que des problèmes.
Cette question n'attendait pas de réponses, Chouta et Viktor le savaient...Rogue poursuivit :
- Le Sang de Licorne procure des vertues de guérison miraculeuses...C'est pourquoi le Seigneur des ténèbres convoite ce produit depuis quatre ans...Le sorciers qui en bois devient presque invincible.
- Le Seigneur des ténèbres, où se cache-t-il? L'interrompit Chouta. Quand compte-il se montrer?
- Nulle ne le sait, répondit gravement Rogue. Et je vous interdit de partir à sa recherche, est-ce bien compris?
- L'idée de faire une partie de cache-cache avec lui ne m'enchante pas vraiment, rassura Chouta d'une voix neutre.
Rogue alla se servir un verre de vin rouge avant de reprendre place sur sa chaise...Il noya son longuement son regard dans ce liquide rouge foncé.
- Espérons alors que cette idée continue de vous repulser...Je ne sais plus à quoi je dois encore m'attendre venant de Durmstrang...
- Comment Poliakoff a-t-il trouvé Vold, enfin, vous-savez-qui, alors que personne ne sait où il est? Questionna Chouta qui avait des tonnes de questions, comme toujours.
Personne ne trouve ça incohérent?
- Il se trouve que le Seigneur des Ténèbres met toujours la main sur ceux qui le cherchent. C'est dans cet ordre-là qu'il m'avait trouvé, dit-il à voix basse, massant son avant-bras.
Une brève vague de mutisme s'installa...
- Nous voulions seulement le protéger, nous portons toujours secours aux nôtres, reprit Viktor avec un ton courageux.
- Que de nobles sentiments, murmura Rogue d'un ton venimeux, regardez où cela vous a menés... Au moins, sa mort aura été plus digne que ce que le Seigneur des Ténèbres lui aurait réservé.
- Que voulez-vous dire ? Demanda Chouta, ne comprenant pas pourquoi Voldemort aurait voulu du mal à Poliakoff.
Viktor partageait cette incompréhension. Après tout, Poliakoff était censé être dans son camp.
- Autrefois, Voldemort a interdit à ses Mangemorts de boire le sang des Licornes, expliqua Rogue avec une froideur calculée. Cette règle, à ma connaissance, n'a jamais changé. C'est un bénéfice qu'il s'est exclusivement réservé. Il ordonne à ceux sous son commandement de lui en rapporter pour lui permettre de survivre, jusqu'à ce qu'il trouve une magie assez noire, assez puissante, pour retrouver un corps... Poliakoff a manifestement trahi cette règle, et le Seigneur des Ténèbres sait toujours quand quelqu'un lui ment.
Chouta remarqua que le maître des potions semblait en savoir beaucoup, curieusement trop pour quelqu'un au service de Dumbledore. Elle se demanda ce que Viktor en pensait, lui qui ne l'aimait pas. Elle ne savait toujours pas avec exactitude dans quel camp se trouvait Rogue.
- Professeur, pourquoi l'un des Aurors a prétendu avoir éliminé Poliakoff alors que c'est nous qui l'avons fait? Questionna Viktor. La communauté doit connaître la vérité, et savoir qu'il avait rejoint les rangs des ténèbres.
Rogue réfléchit quelques instants avant de donner une réponse...
- Cet Auror a pris l'initiative de vous protéger, de vous épargner des justifications inutiles, expliqua-t-il, son regard perçant fixant Viktor. Je n'aurais pas hésité à faire de même si c'était moi qui étais intervenu. Quant à la question des ténèbres, les preuves de son retour sont faibles, et seules une poignée de personnes, dont nous, le savent...pour le moment. Je raconterai votre version des faits au professeur Dumbledore, bien que je ne doute pas un seul instant que Mademoiselle Tonks l'a déjà très bien fait.
- Se justifier de quoi? Protesta Chouta. C'est l'unique vérité, qu'elle soit belle ou pas.
- Il suffit, s'agaça Rogue en saisissant une plume et un parchemin vide. Vous pouvez disposer. Ne racontez cela à personne et ne quittez plus ce château sans en avoir reçu l'autorisation.
Viktor, bouillonnant de colère, était sur le point de donner un coup de pied dans un mur. Il partit précipitamment, allant attendre Chouta dans le couloir. Elle se leva, bien qu'elle n'ait pas l'intention de partir immédiatement ; elle avait encore quelques mots à dire.
- Miss Byrne, quittez ce bureau vous aussi, ordonna Rogue, commençant à écrire sur son parchemin.
Toujours dans sa robe noire, l'adrénaline retombant, Chouta réalisait qu'elle était trempée de neige fondue...
- Quand Poliakoff est venu vous voler des ingrédients dans votre armoire, vous n'avez même pas cherché à lui demander quelle potion il voulait réaliser... Vous êtes le seul qui aurait pu mettre le doigt sur quelque chose, lança-t-elle avec défiance.
Rogue leva lentement les yeux de son parchemin, son regard noir perçant.
- Je ne viens jamais en aide aux voleurs. Quand on veut obtenir quelque chose de moi, il faut me le demander. Je ne laisse jamais quiconque me mettre sur le fait accomplis. Maintenant, sortez, avant que je ne perde patience.
- Vous n'êtes qu'un égoïste, Rogue. Je ne vous fait pas confiance.
Cette fois, il se leva de son bureau et lui fit face. Bien plus grand qu'elle, il se plaça si près qu'elle dut lever la tête pour le regarder dans les yeux. La pièce était pauvre en lumière, pourtant, elle voyait parfaitement le reflet de son visage dans les yeux de Rogue.
- Vos sentiments à mon égard me sont d'une insignifiance absolue. Vous n'avez pas à aimer ni à comprendre mes motivations. Vous avez des doutes sur moi, très bien. Qu'allez-vous faire ? Me tuer, moi aussi ? Dit-il avec sarcasme. Allez-y, je vous en prie, Miss Byrne. Moi aussi j'ai tué mon père, mais croyez-moi, cela ne m'a pas guéri de mes tourments.
