Chapitre 16 : Duel D'Aigles

Les portes massives du château abandonné grincèrent en s'ouvrant, dévoilant une cour sombre, partiellement envahie par la végétation. À l'intérieur, l'air était lourd de poussière et de l'odeur métallique du sang frais. Arno, Geralt et Ciri s'avancèrent sans un mot, mais chacun était prêt au combat. Arno, fidèle à lui-même, fit rapidement une remarque.

« Eh bien, ça ne crie pas vraiment l'hospitalité ici, vous trouvez pas ? Un peu de lumière, une déco plus chaleureuse… non ? » murmura-t-il en s'adressant directement au lecteur, un sourire narquois aux lèvres. « On dirait presque l'antre d'un méchant de deuxième zone, mais bon, on a fait avec pire. »

Ciri leva les yeux au ciel sans répondre, concentrée sur leur avancée. Geralt, toujours silencieux, ajusta son épée en acier et fit signe à Ciri de se préparer. Ils savaient tous que les mercenaires d'Ajax ne tarderaient pas à apparaître.

Un cri retentit soudainement dans les couloirs étroits du château. Un groupe de mercenaires déboula, armes levées, hurlant comme des bêtes enragées. Sans attendre, Geralt se jeta dans la mêlée, ses mouvements précis et tranchants. L'éclat de son épée d'acier illuminait les ombres. Ciri, rapide comme le vent, se téléporta derrière les ennemis, coupant avec son sabre dans un enchaînement gracieux mais mortel.

Arno, quant à lui, attendit quelques secondes avant de se lancer, admirant la scène.

« Bon, bon, d'accord… On dirait que c'est à mon tour de briller. Attention, je vais voler la vedette, les amis ! » dit-il avant de dégainer Claudette, son épée en acier. Il fonça tête baissée dans le tas, balançant des coups tout en commentant chaque mouvement.

Les mercenaires, pourtant bien entraînés, ne faisaient pas le poids face aux trois sorceleurs. Geralt frappait avec une précision redoutable, chaque coup était fatal. Il utilisa un signe d'Aard pour repousser plusieurs ennemis d'un coup, les envoyant valser contre les murs avec un bruit sourd. Ciri, elle, se déplaçait avec une rapidité impressionnante, ses coups de sabre tranchant net les ennemis qui n'avaient pas le temps de réagir.

« Trop lents, les gars ! Vous avez besoin de plus de pratique ! » lança-t-elle avant de disparaître à nouveau pour réapparaître dans le dos d'un autre mercenaire, l'abattant d'un seul coup.

Arno, toujours en train de plaisanter, s'amusait avec ses adversaires. Il esquivait leurs attaques avec une agilité surprenante, avant de les éliminer avec des coups bien placés.

« Et un autre pour la collection ! Non mais sérieusement, les gars, vous devriez essayer de prendre des cours de combat. Y'a un sorceleur quelque part qui donne des leçons ? Oh, attendez… C'est moi. »

Un mercenaire tenta de l'attaquer par derrière, mais Arno, sans même se retourner, bloqua l'attaque avec Claudette avant de riposter avec un coup de pied dans le ventre de son adversaire, l'envoyant rouler au sol.

« On ne me prend pas par surprise aussi facilement. Je suis un sorceleur, rappelez-vous ! »

Le trio progressait rapidement dans les couloirs du château. À chaque nouvelle vague d'ennemis, la coordination entre Geralt et Ciri était impeccable. Ils se couvraient l'un l'autre, se battant comme une équipe parfaitement synchronisée. Geralt lançait des signes d'Igni pour brûler les ennemis les plus dangereux, tandis que Ciri utilisait sa vitesse pour couper court à toute tentative de contre-attaque.

Arno, lui, continuait de plaisanter tout en abattant ses adversaires, mais derrière son masque d'humour, il restait efficace. Chaque coup porté était calculé, et il se plaisait à tester la patience des mercenaires qui tentaient de l'encercler.

« Hé, je crois que t'as perdu quelque chose ! » dit-il en tranchant l'arme d'un mercenaire en deux avant de le désarmer totalement d'un geste fluide. « C'est embêtant, hein ? »

Après plusieurs minutes de combat intense, le groupe élimina la majorité des mercenaires. Les derniers résistants furent rapidement maîtrisés par Geralt et Ciri, qui frappèrent avec une efficacité redoutable. Arno, couvert de sang mais toujours aussi bavard, rengaina Claudette avec un air satisfait.

« Bon, c'était divertissant, mais c'est tout ? Je m'attendais à plus de résistance. Je commence à me demander si Ajax a misé sur les bons gars. »

Geralt, essoufflé mais concentré, s'essuya le front et répondit d'une voix grave : « Ce n'était que le début. Le cœur du château nous attend, et je doute qu'Ajax se repose sur des mercenaires pour ce qui vient. »

Ciri acquiesça en silence, ses yeux fixant la porte du fond, là où la tension montait à chaque pas.

« Soyons prudents, » ajouta-t-elle. « Il nous reste encore un long chemin avant d'arriver jusqu'à Triss. »

Arno hocha la tête, un sourire en coin. « Prudent, moi ? Voyons, c'est pas mon genre ! Mais si ça vous rassure… Allez, en route, on a une princesse à sauver. »

Le groupe s'avança, le poids de l'imminente confrontation se faisant sentir. Tandis qu'ils approchaient du cœur du château, la tension montait d'un cran. Ils savaient que ce qui les attendait serait bien plus dangereux que de simples mercenaires, et chacun se préparait à affronter une menace plus redoutable encore.

Le groupe progressait rapidement à travers les couloirs sombres du château, mais une atmosphère lourde commençait à s'installer. Geralt, toujours en tête, s'arrêta brusquement, sentant une présence inhabituelle. Ciri, à ses côtés, scruta les environs, ses sens en alerte. Arno, derrière eux, s'apprêtait à faire une énième plaisanterie, mais il fut interrompu par le bruit sourd d'une masse qui s'abattait violemment au sol.

Dans la cour centrale, une silhouette imposante apparut lentement, sortant de l'ombre. Angel Dust, une mutante à la carrure titanesque, se tenait là, un sourire carnassier sur les lèvres. Ses muscles saillants, couverts de cicatrices, brillaient faiblement sous la lumière pâle qui traversait les fenêtres brisées du château. Elle avançait d'un pas lourd, chaque mouvement faisant vibrer le sol sous ses pieds. La force pure émanait d'elle, comme une bête prête à déchiqueter ses proies.

« Sérieusement ? Une sorte d'ours mutant humanoïde ? » lâcha Arno en fixant la mutante avec une fausse terreur. « Et moi qui pensais qu'on allait affronter une armée de petits gobelins cette fois-ci... Ça, c'est beaucoup trop ! » Il se tourna légèrement vers Geralt, toujours en train de jauger la situation, un rictus amusé sur son visage. « J'ai pas signé pour ça, vous savez. Mais, euh... bon courage ! »

Geralt plissa les yeux, reconnaissant instantanément le danger mortel qu'Angel Dust représentait. Il échangea un bref regard avec Ciri, qui acquiesça en silence. « Arno, va chercher Triss. Nous nous occupons d'elle. »

Arno leva les bras, faussement outré. « Quoi ? Vous voulez dire que vous me laissez l'ascenseur émotionnel sans la grande baston ? Bon, d'accord, mais si vous avez des problèmes, envoyez-moi une carte postale, hein ? »

Il se prépara à monter les escaliers, jetant un dernier regard à Geralt et Ciri. « Faites attention, elle a l'air du genre à ne pas aimer les blagues. »

Geralt le fixa un instant, puis reporta son attention sur Angel Dust. « Va, Arno. Triss n'a peut-être plus beaucoup de temps. »

Sans un mot de plus, Arno s'élança vers l'intérieur du château, disparaissant dans l'ombre des escaliers. Geralt et Ciri restèrent immobiles, se concentrant sur leur adversaire. Angel Dust, debout comme une montagne, esquissa un sourire sinistre avant de charger sans prévenir. Le sol se fissura sous la force de son pas, et avant même que Geralt ne puisse réagir, elle abattit son poing comme une masse de guerre sur le sol, créant une onde de choc qui fit vaciller Ciri.

Geralt esquiva d'un bond agile, roulant sur le côté avant de lancer un signe de Quen pour se protéger d'un éventuel deuxième coup. Ciri, quant à elle, utilisa son pouvoir pour se téléporter, réapparaissant quelques mètres plus loin avec son sabre à la main, prête à frapper.

« Elle frappe fort, mais elle est lente ! » cria Ciri, son visage tendu par la concentration.

Angel Dust, cependant, ne semblait même pas ressentir la moindre fatigue ou douleur. Sa peau, épaisse comme du cuir renforcé, renvoyait les lames avec une résistance presque surnaturelle. Geralt tenta une attaque rapide avec un signe d'Igni, envoyant une flamme brûlante vers son visage. Le feu embrasa brièvement ses cheveux noirs, mais la mutante ne recula pas. Au contraire, elle frappa de nouveau, ses poings fracassant le sol où Geralt se tenait quelques secondes auparavant.

« Elle est plus résistante que ce que j'imaginais, » murmura Geralt en serrant son épée d'argent.

« Je peux la ralentir, mais ça ne durera pas, » répondit Ciri, sa voix tendue. Elle se téléporta derrière Angel Dust, visant ses jambes. Avec une agilité extraordinaire, elle tenta de trancher les tendons de la mutante, mais sa lame glissa presque sans effet sur la peau renforcée d'Angel Dust.

Geralt, réalisant que les coups physiques ne suffiraient pas, lança un autre signe, cette fois un Yrden, pour essayer de la ralentir. Le piège magique s'étendit autour d'Angel Dust, et pendant un instant, elle sembla hésiter, ses mouvements se ralentissant à l'intérieur du cercle magique. Mais sa force brute brisa les effets du signe en un instant.

« C'est quoi ce monstre… ? » murmura Geralt, alors qu'Angel Dust, les yeux emplis de rage, se tournait vers Ciri, prête à frapper.

Ciri esquiva de justesse, mais Angel Dust anticipa son mouvement, balançant son poing dans une frappe brutale qui frôla la jeune sorceleuse. Le choc du coup fit éclater la pierre du mur derrière elle, envoyant des éclats voler dans toutes les directions.

« Il faut trouver un point faible ! » cria Ciri en reprenant son souffle.

Geralt hocha la tête, tentant de distraire la mutante en l'attaquant de front. Il porta un coup direct à son épaule, espérant au moins désorienter leur adversaire, mais la mutante riposta d'un coup de poing qui faillit lui briser les côtes. La puissance derrière ses attaques était inhumaine. Geralt vacilla sous l'impact, ses jambes fléchissant sous la douleur.

« Geralt ! » cria Ciri, se précipitant à sa rescousse.

Angel Dust semblait invulnérable, mais ils savaient que chaque créature avait un point faible. Et même si elle ne laissait que peu de place aux erreurs, ils allaient devoir la trouver rapidement.

Geralt, respirant avec difficulté, se redressa, le visage crispé. « Il faut être plus malin qu'elle. On va combiner nos forces. Ciri, téléporte-toi derrière elle à mon signal. »

« Reçu, » répondit-elle, son sabre prêt.

Le combat venait à peine de commencer, mais ils savaient que cette bataille serait bien plus qu'un simple affrontement de force. La clé de la victoire résidait dans leur capacité à travailler ensemble.

Geralt savait que continuer à frapper sans stratégie serait futile. Ils devaient se synchroniser parfaitement, chaque mouvement comptait.

« Ciri, utilise ton pouvoir pour frapper où elle est le plus vulnérable. Je vais la ralentir et ouvrir la voie, » murmura Geralt, son regard fixant Angel Dust, jaugeant chacun de ses mouvements.

Ciri hocha la tête, sa concentration décuplée. « Je suis prête. »

Geralt leva sa main et traça un rapide signe d'Yrden sur le sol, créant un piège magique autour de la mutante. Instantanément, Angel Dust sentit ses mouvements se ralentir légèrement. Elle rugit de rage, tentant de briser le champ d'énergie avec sa force brute, mais Geralt, cette fois, avait ancré son piège plus profondément. Le moment d'agir était venu.

Ciri, rapide comme l'éclair, se téléporta derrière Angel Dust, son sabre prêt à frapper. Elle visa les articulations derrière les genoux, là où la peau semblait légèrement plus fragile. Elle enfonça sa lame avec précision, entaillant suffisamment pour affaiblir la mutante, mais sans encore l'immobiliser totalement. Angel Dust grogna de douleur et se retourna avec une violence inattendue, balançant son bras dans un arc large. Ciri esquiva de justesse, disparaissant dans une traînée de lumière avant de réapparaître à quelques mètres de là.

Geralt en profita pour lancer un autre signe, cette fois Igni. Une gerbe de flammes jaillit de sa main, enveloppant temporairement Angel Dust dans un rideau de feu. Elle hurla, aveuglée par les flammes, mais même cela ne suffisait pas à l'arrêter complètement. Sa peau, aussi épaisse que de l'acier, résistait aux assauts enflammés, bien que les brûlures commencent à affaiblir ses réflexes.

« Elle est plus coriace que je le pensais, » grogna Geralt, serrant plus fermement la poignée de son épée. « Ciri, on doit frapper ensemble, dans ses points faibles. »

« Elle vacille, Geralt. Encore un effort, et on pourra la finir ! » répondit Ciri, ses yeux perçant l'ombre qui enveloppait Angel Dust.

La mutante, malgré ses blessures, chargea soudainement, son poing immense prêt à écraser Geralt. Le sorceleur plongea sur le côté, roulant sur le sol pour éviter l'attaque. Le poing d'Angel Dust heurta le sol avec une telle force qu'un cratère se forma, la pierre se brisant sous l'impact. Mais sa rage aveugle la rendait moins précise. Ses mouvements, bien que toujours puissants, étaient plus maladroits.

« Maintenant ! » cria Geralt, levant de nouveau la main pour lancer un signe d'Aard. Une onde de choc invisible frappa Angel Dust de plein fouet, la faisant trébucher et vaciller. C'était l'ouverture dont ils avaient besoin.

Ciri, rapide comme l'éclair, se téléporta juste derrière la mutante, frappant de nouveau, cette fois à la base du cou. Le sabre pénétra profondément, tranchant la chair avec une précision chirurgicale. Angel Dust rugit de douleur, portant instinctivement la main à sa nuque. Mais elle était trop lente.

Geralt, profitant de la distraction, se précipita en avant, son épée levée haut au-dessus de sa tête. Dans un mouvement rapide et puissant, il trancha la gorge d'Angel Dust, sa lame d'acier traversant sa chair comme du papier. Le corps massif de la mutante vacilla un instant, comme si elle refusait d'accepter la mort imminente, puis elle s'effondra lourdement au sol dans un dernier souffle rauque.

Un silence retomba sur la cour, interrompu uniquement par les halètements de Geralt et Ciri. Le combat avait été épuisant, mais grâce à leur coordination et leur stratégie, ils avaient vaincu une adversaire redoutable. Ciri recula légèrement, essuyant la sueur de son front tout en jetant un coup d'œil à Geralt.

« Elle était… incroyablement forte, » dit-elle en reprenant son souffle.

Geralt hocha la tête, ses yeux fixés sur le corps inerte d'Angel Dust. « Oui. Mais la force brute n'est rien contre l'intelligence et la vitesse. »

Ciri sourit légèrement, rassurée par les mots de son père adoptif. Ensemble, ils s'étaient battus comme une équipe, et le résultat était une victoire durement acquise.

« Arno doit déjà être à l'étage. On ferait bien de le rejoindre, » ajouta Ciri en tournant son regard vers l'entrée du château.

Geralt acquiesça. « Oui. Si Arno est face à Ajax, il pourrait avoir besoin de nous. »

Ils se tournèrent vers l'escalier qui menait à l'étage supérieur, où un autre duel les attendait, cette fois entre deux sorceleurs aux méthodes et aux motivations radicalement opposées.

Arno atteignit l'étage supérieur, le couloir devant lui faiblement éclairé par la lumière vacillante de quelques torches. L'atmosphère était lourde, chargée de tension. Il pouvait sentir la présence d'Ajax, comme une ombre menaçante qui rôdait quelque part au bout de ce chemin. Loin d'être intimidé, Arno sourit pour lui-même, son épée Claudette en main, prête à bondir.

« Ajax ! » s'écria-t-il, d'une voix volontairement théâtrale. « Je crois qu'on a des comptes à régler. Et désolé, mais je n'ai pas de monnaie sur moi ! »

Il avança, s'amusant avec ses propres mots, mais toujours alerte. Tout à coup, une silhouette sombre apparut à l'autre bout du couloir, rigide et impassible. Ajax, droit comme un roc, ses yeux perçants fixant Arno avec un calme glacial.

« Arno… Toujours aussi insupportable, je vois, » dit Ajax, sa voix froide et calculée.

« Oh, t'as aucune idée, mon vieux ! » répondit Arno, tournoyant légèrement Claudette dans sa main. « Je suis là pour sauver la fille, botter des culs, et accessoirement m'amuser un peu. Alors, prêt à danser ? »

Ajax ne répondit pas, mais avança d'un pas mesuré. D'un geste fluide, il dégaina son épée d'acier, finement ornée des symboles de l'École de l'Aigle. Les deux hommes se fixèrent un instant, puis en une fraction de seconde, Ajax attaqua, frappant avec une précision mortelle.

Arno para l'attaque à la dernière seconde, un sourire provocateur aux lèvres. « C'est tout ce que tu as, Ajax ? J'espère que tu te réchauffes parce que sinon, ça va être court. »

Ajax recula d'un pas, calculant son prochain mouvement. « Tu ne changeras jamais. Toujours à plaisanter, même au bord du précipice. »

« Ah, mon pote, » dit Arno en bloquant une nouvelle attaque, « si je devais être sérieux à chaque fois que ma tête est en jeu, je serais vieux avant l'heure. Oh, attends... je suis déjà immortel ! »

Ajax esquissa un sourire froid, puis enchaîna avec une série de frappes rapides et précises. Chaque coup était un modèle de perfection, le style de l'École de l'Aigle poussé à son paroxysme. Ajax se déplaçait avec une grâce méthodique, presque mécanique. Il tentait de repousser Arno dans un coin, de l'obliger à révéler une faiblesse.

Mais Arno, fidèle à lui-même, esquivait et bloquait avec une légèreté désarmante, faisant des commentaires à chaque coup. « Sérieux, mec, t'es le genre de type à sortir avec un livret de règles pour jouer aux cartes. Pas étonnant que t'aies aucun pote. »

Le contraste entre leurs styles était saisissant. Ajax, tout en contrôle et discipline, visait toujours avec précision, calculant chaque angle, chaque ouverture. Il faisait tout pour garder la distance, utilisant les techniques spéciales de l'École de l'Aigle, qui permettaient à ses frappes d'être à la fois puissantes et économes en énergie. Chaque geste était mesuré, comme une horloge bien huilée. Pourtant, il ne parvenait pas à déstabiliser Arno.

Arno, de son côté, était l'opposé complet : ses mouvements semblaient chaotiques, désordonnés même. Il tournoyait, esquivait, et par moments semblait presque se jeter dans le combat comme un acrobate. Mais derrière cette apparente anarchie se cachait une efficacité redoutable. Il évitait les coups d'Ajax avec une facilité déconcertante, et chaque riposte était une surprise.

« Dis-moi, Ajax, » lança Arno entre deux parades, « tu crois qu'on pourrait faire ça avec des sabres lasers ? Parce que sérieusement, ça aurait de la gueule. Et en plus, ça ferait vrrrroum, et là, mon gars, tu serais encore plus stylé ! »

Ajax, toujours impassible, se concentra, lançant un coup vicieux visant à désarmer Arno. L'épée d'Arno se heurta à la sienne avec un fracas métallique, et pendant un bref instant, ils restèrent face à face, les lames entrecroisées. Ajax plissa les yeux, la tension palpable entre eux.

« Tu ne prendras jamais rien au sérieux, Arno. C'est pour ça que tu n'as aucune chance contre moi, » souffla Ajax.

« Ça dépend, » répondit Arno en levant un sourcil. « Tu parles du combat ou de cette situation dramatique de sorceleur incompris ? Parce que là, sérieusement, tu devrais consulter. T'as un gros complexe de héros, mon pote. »

Ajax, furieux, força sur sa lame, essayant de faire vaciller Arno. Mais ce dernier, dans un geste inattendu, lâcha volontairement son épée et bascula en arrière, laissant Ajax déséquilibré. « Oups, » dit Arno en s'écartant d'un bond. « Ah, je t'ai pas dit ? Je fais du free fight maintenant ! »

Il roula au sol pour éviter une frappe d'Ajax, attrapant son épée, et se releva dans une posture grotesque.

« Et là, t'es censé dire quelque chose de méga dramatique comme 'Je suis ton père !' Mais bon, je te laisse trouver ta propre punchline. »

Ajax recula, retrouvant son équilibre, son regard brûlant de haine. Il réalisait que ce combat ne serait pas gagné uniquement par des compétences techniques. Arno était un adversaire unique, son imprévisibilité le rendant aussi dangereux que n'importe quel maître du combat. Mais Ajax n'était pas prêt à lâcher prise.

« Je te ramènerai en Zerikania, que tu le veuilles ou non, » déclara Ajax avec une froide détermination, avant de plonger à nouveau dans la mêlée avec une série de frappes fulgurantes.

« Eh bien, » répondit Arno en esquivant l'une des frappes, « si t'arrives à me capturer, on se fait un road trip ! Je suis sûr que t'es un type super fun en voiture. »

Le combat continuait de plus belle, la tension montant à chaque coup échangé. Arno souriait toujours, mais derrière son humour, il savait qu'Ajax ne lâcherait rien, et que ce duel pourrait se jouer sur un fil.

Il serra les dents. C'était peut-être l'un des combats les plus difficiles qu'il ait jamais eus.

Le combat entre Arno et Ajax atteignit son paroxysme, les deux sorceleurs échangeant des coups avec une intensité croissante. Ajax, avec son style méthodique et calculateur, tentait de trouver une faille dans l'approche désordonnée d'Arno, espérant capitaliser sur un moment de faiblesse. Mais chaque fois qu'il pensait avoir trouvé une ouverture, Arno retournait la situation avec une imprévisibilité déconcertante, ponctuant ses attaques d'un humour incessant.

« Sérieux, Ajax, tu devrais arrêter de compter tes coups, » lança Arno en se fendant pour éviter une frappe rapide. « On dirait un vieux général qui calcule le nombre de flèches avant de lancer une bataille. »

Ajax, frustré, resserra sa prise sur son épée, son regard brûlant de détermination. Il changea de tactique, feintant une attaque frontale avant de pivoter brusquement, envoyant un coup latéral rapide. Mais Arno, une fois de plus, anticipa l'attaque. Il se laissa volontairement toucher à l'épaule, le coup de l'épée perçant sa chair sans provoquer la moindre réaction de douleur chez lui.

« Oh, joli coup ! » s'exclama Arno avec une grimace exagérée, regardant la lame enfoncée dans sa chair. « Mais... tu sais quoi ? » Il retira la lame de son épaule avec un sourire effronté. « Ça chatouille à peine. »

Ajax recula, visiblement déstabilisé.

Ajax lança une série d'attaques furieuses, utilisant les techniques de l'École de l'Aigle dans une tentative désespérée de prendre l'avantage. Ses mouvements étaient impeccables, chaque coup calculé, mais Arno se battait avec une fluidité qui défiait toute logique. Il esquivait avec une souplesse déconcertante, ses ripostes aussi inattendues que ses blagues.

Finalement, après un échange particulièrement intense, Arno trouva une ouverture. Ajax, dans son assaut frénétique, fit un léger faux mouvement, exposant son flanc. Arno n'hésita pas. Avec une vitesse foudroyante, il dévia la lame d'Ajax, désarmant son adversaire dans un mouvement fluide.

« Oh, et voilà ! » dit Arno en lui donnant un petit coup amical sur le torse. « Tu vois, le secret, c'est de ne jamais jouer selon les règles. »

Ajax tomba à genoux, essoufflé et vaincu, regardant son épée tomber au sol. Son visage était marqué par une frustration palpable. Lui, le sorceleur méthodique et redoutable, avait été battu par l'imprévisibilité chaotique d'Arno.

« Tu es... une aberration... » murmura-t-il, la voix pleine d'amertume.

Arno s'approcha lentement, essuyant le sang sur Claudette d'un geste nonchalant.

Ajax, épuisé et sans arme, resta silencieux, la défaite pesant lourdement sur ses épaules. Arno leva un sourcil, le regardant avec un mélange de pitié et de moquerie.

« Allez, fais pas cette tête. T'as fait de ton mieux, » dit Arno avant de le décapiter.

Il fut rejoint par Ciri et Geralt.

Geralt leva un sourcil en voyant Arno. « C'est fait ? »

« Oh oui, » répondit Arno avec un sourire malicieux. « J'ai laminé le gars, comme dans les bons vieux films de kung-fu. »

Ciri, essuyant son sabre après son propre combat acharné, regarda Arno avec un mélange de curiosité et de méfiance. « Tu es vraiment impossible à comprendre. »

« C'est ce qui fait tout mon charme, ma chère ! » rétorqua Arno en lui adressant un clin d'œil.

Geralt, visiblement peu impressionné par les plaisanteries d'Arno, hocha simplement la tête en direction des couloirs sombres du château. « Allons-y. Triss nous attend. »

Le trio s'engagea dans les couloirs du château, éliminant les derniers mercenaires d'Ajax qui restaient en travers de leur route.