Chapitre 22 : Le Guerrier Du Futur
Le ciel de Kovir, d'un bleu cristallin quelques secondes auparavant, se fissura comme une glace trop fragile sous un poids invisible. Arno, qui était tranquillement en train de trancher un morceau de pain un peu rassis — cadeau d'un fermier reconnaissant —, s'arrêta net. Ses sens de sorceleur s'alarmaient. Une vibration sourde, presque inaudible pour les oreilles humaines, résonnait dans l'air. Une anomalie.
Il leva les yeux, scrutant l'horizon, et ses pupilles fendirent le paysage en deux, comme si elles cherchaient un danger caché. Là, dans le ciel, à la frontière des collines boisées et du village qu'il surveillait, un point lumineux déchira la réalité. Le portail s'ouvrit, projetant des lueurs émeraude et violette dans un tourbillon irréel.
« Eh bien, ça change du griffon habituel... », murmura Arno en enfilant ses gants de cuir.
L'atmosphère se fit lourde, oppressante. Ce n'était pas une simple magie de sorcier, ça, il en était certain. Quelque chose d'ancien, d'étranger, se manifestait. Il rangea son pain d'un geste rapide et se redressa, sentant déjà son instinct de chasseur prendre le dessus. Il savait que rien de bon ne sortait jamais d'un portail en plein ciel.
Le tourbillon de lumière s'intensifia, et une silhouette émergea. Un homme, si l'on pouvait encore le qualifier ainsi. Il avait un bras métallique qui scintillait dans les lueurs surnaturelles, une immense épée accrochée dans son dos, et, plus étrange encore, un œil qui émettait une faible lumière, comme un soleil en miniature caché sous la chair. Ce n'était pas un magicien classique, ni un démon. Non, c'était... autre chose.
Arno plissa les yeux. « Un golem ? Un mutant ? » Il se couvrit de son manteau sombre, ajustant les sangles de son épée Claudette. Si l'individu avait des intentions hostiles — et avec un bras en métal, c'était fort probable —, il devait se préparer. Il resserra sa prise sur le pommeau de son épée, mais resta immobile, observant.
L'étranger regarda autour de lui, impassible, comme s'il cherchait quelque chose. Ou quelqu'un. Puis, sans un bruit, il commença à marcher dans la direction du village, ses pas lourds écrasant les brindilles et les feuilles sèches sous ses bottes. Chaque mouvement était précis, mécanique, comme un prédateur qui traque une proie. Pourtant, il n'y avait rien de précipité dans ses gestes. Il avançait avec la froide assurance de celui qui sait exactement où il va.
Arno fronça les sourcils. « Intéressant... Pas un amateur, celui-là. »
Il hésita un instant, pesant ses options. Se montrer maintenant, ou le suivre discrètement ? Un type qui sort d'un portail magique géant ne peut rien annoncer de bon, mais mieux valait savoir ce qu'il cherchait avant d'agir. Avec une agilité propre aux sorceleurs, Arno se glissa derrière les arbres, avançant à couvert, ses bottes ne faisant aucun bruit sur le sol moelleux de la forêt.
« Une épée aussi grande, un œil qui brille, et il sort d'un trou dimensionnel. Si ce n'est pas une histoire folle qui commence, je ne sais pas ce que c'est », pensa Arno en se faufilant entre les troncs, toujours à bonne distance de son mystérieux adversaire potentiel.
Arno continua de suivre l'homme, ses sens en alerte. Pour l'instant, aucune raison de se précipiter. Juste observer. Après tout, qui sait ? Peut-être que ce type était là pour une raison qui ne le concernait pas... ou peut-être qu'il allait amener encore plus de problèmes dans une région qui en avait déjà assez.
Arno avait suivi l'inconnu à travers la forêt de Kovir, ses pas invisibles parmi les ombres des arbres. L'homme, lui, avançait sans se soucier de qui ou quoi pourrait l'observer. Ses yeux scrutaient les environs comme s'il savait exactement où il allait. Arno pouvait sentir le danger qui émanait de cet individu, une aura palpable de violence contenue. Son instinct lui criait que quelque chose allait mal tourner. Très mal.
Après plusieurs minutes de filature silencieuse, Arno aperçut une clairière. Et là, au milieu, se trouvait Julian. Le gamin semblait absorbé dans une étrange méditation, ignorant complètement ce qui venait vers lui.
"Merde..." murmura Arno en accélérant le pas, mais il était déjà trop tard.
L'homme au bras métallique avait repéré Julian. Sans une hésitation, il dégaina son épée gigantesque d'un seul mouvement fluide. La lame, aussi longue que le gamin était grand, fendit l'air dans un sifflement menaçant. Julian se redressa, mais trop tard. L'épée s'abattit avec une vitesse et une force inouïes.
"Julian, baisse-toi !" hurla Arno en se lançant dans la clairière.
Julian eut juste assez de temps pour plonger au sol, évitant de peu l'acier mortel. La lame s'enfonça dans la terre avec un impact sourd, brisant le silence de la forêt. Sans même réfléchir, Arno tira Claudette de son fourreau et se plaça entre l'homme et Julian.
"Cours, Julian !" ordonna-t-il, ses yeux ne quittant pas l'inconnu. "Cours comme si ta vie en dépendait, parce que c'est le cas !"
Le garçon, encore sous le choc, hésita une seconde. Arno grogna, les muscles de son bras serrant Claudette. "Je te couvre. Maintenant, bouge !"
Julian se releva précipitamment et prit la fuite, ses pieds frappant le sol avec la panique propre à ceux qui savent que la mort est proche. Arno, lui, restait immobile, une tension palpable dans l'air. L'homme se redressa lentement, l'épée géante toujours en main, son œil droit brillant d'une lueur étrange. Un instant, aucun des deux ne bougea. Puis l'inconnu parla, sa voix grave résonnant comme le tonnerre.
"Tu ne devrais pas te mettre en travers de mon chemin, sorceleur."
Arno arqua un sourcil. "Ah, génial. Un autre qui sait ce que je suis." Il fit tournoyer Claudette dans sa main, sa posture décontractée malgré l'adrénaline qui brûlait dans ses veines. "Tu m'excuseras, mais j'ai comme l'impression que ta méthode d'introduction est un peu... brutale. C'est mon boulot de protéger les gamins dans ce genre de situation."
L'homme planta son épée dans le sol avec un geste puissant et fixa Arno avec un regard perçant. "Je suis ici pour empêcher un futur que tu ne peux même pas imaginer."
Arno plissa les yeux, mais son sourire narquois ne faiblit pas. "Oh, tu viens du futur, c'est ça ?" Il recula légèrement, analysant chaque détail de l'inconnu. "Alors, tu es genre... quoi... Trunks du Futur, version métallique ? Je parie que tu as aussi une Delorean garée quelque part dans les bois, non ?"
L'homme ne réagit pas à l'humour d'Arno, restant impassible. "Dans mon futur, cet enfant," dit-il en désignant la direction dans laquelle Julian avait fui, "a tué ma femme et ma fille. Je suis ici pour l'arrêter avant qu'il ne devienne un monstre."
L'air devint soudain plus lourd. Arno sentit un frisson lui parcourir la nuque. "Rien que ça..." Il redressa son épée, observant l'homme avec un mélange de curiosité et de défi. "Donc, tu veux tuer un gamin parce qu'il pourrait faire quelque chose dans un futur que tu as vu... ou imaginé ?"
"Je n'imagine rien, sorceleur. J'ai vécu ce futur. J'ai vu les flammes de l'enfer qu'il déclenchera."
Arno secoua la tête, une lueur de défi dans les yeux. "Laisse-moi te dire un truc sur le futur, Trunks : il n'est jamais gravé dans la pierre. Peut-être que dans ton monde, Julian est devenu un monstre. Mais ici, c'est moi qui veille sur lui. Et tant que je suis là, il ne sera pas ce que tu penses."
L'homme fronça les sourcils. "Tu ne comprends rien à ce qui est en jeu."
"Peut-être. Mais ça, c'est une constante chez moi." Arno fit un pas en avant, prêt à engager le combat. "Et toi, tu ne me connais pas encore, mais tu vas vite comprendre que je ne me laisse pas intimider par les types avec des bras en métal et des prédictions à la noix."
Il se tenait droit, Claudette en main, son regard fixé sur celui de l'homme. Les deux adversaires s'évaluaient, la tension montant à chaque seconde. Arno sentait déjà le sang battre dans ses tempes, prêt à esquiver ou parer à la moindre attaque. Mais quelque chose dans la stature de cet homme, dans la froideur de ses gestes, lui disait qu'il n'avait pas affaire à un simple ennemi.
"Dernière chance, sorceleur. Recule, ou je te tuerai comme je tuerai cet enfant."
Arno ricana. "Tu penses vraiment que je vais laisser passer ça ? D'accord, on va se la jouer classique."
Et sur ces mots, Arno bondit en avant, ses muscles tendus, prêt à affronter ce "Trunks du Futur" à la force colossale.
Arno se propulsa en avant, Claudette brandie, chaque muscle tendu comme une corde prête à se rompre. Le bras métallique de l'homme – non, de Cable, comme il se faisait appeler – se leva instantanément pour intercepter la lame. Claudette rencontra l'acier dans une gerbe d'étincelles, et Arno sentit immédiatement la différence de force entre eux. Cable ne bougea même pas sous l'impact, le bras droit parfaitement immobile, comme s'il parvenait à parer une attaque aussi puissante avec une simple pensée.
"Pas mal, Trunks," grogna Arno en reculant d'un pas pour relancer une série de frappes rapides. "Mais il va falloir mieux que ça pour m'impressionner."
Cable, de son côté, ne dit rien. Son œil cybernétique brillait d'une lueur sinistre, analysant chaque mouvement d'Arno avec une froide précision. Le sorceleur donna un autre coup, rapide et précis, visant les côtes de son adversaire. Claudette rencontra la chair cette fois, mais fut rapidement bloquée par le bras métallique de Cable qui se déplaçait avec une vitesse fulgurante.
"Ah, t'as même le pack complet avec les réflexes de robot," ironisa Arno tout en esquivant un coup d'épée gigantesque qui lui aurait probablement fendu le crâne en deux. Il se glissa sur le côté, frappant les flancs exposés de Cable, cherchant à briser son équilibre. Mais l'homme du futur bougeait avec la grâce d'un prédateur, esquivant ou parant chaque coup.
"Ce bras, ça te fait quoi ? Plus rapide, plus fort, mais toujours aussi humain en dessous ?" Arno parlait tout en lançant des coups, un sourire narquois sur les lèvres. "Parce que, franchement, on dirait plus Terminator que Trunks. J'attends juste que tu balances un 'Je reviendrai.'"
Cable grogna cette fois, son visage se crispant légèrement. D'un mouvement rapide, il attrapa son épée géante et la balança avec une force colossale. Arno eut juste le temps de lever Claudette pour parer, mais l'impact fut si puissant qu'il recula de plusieurs pas, les bras tremblants sous l'effort.
"Okay... Celui-là, je l'ai senti," marmonna Arno, respirant plus rapidement. Cable n'était pas seulement fort, il était implacable, méthodique, chaque coup était une leçon d'efficacité meurtrière.
Mais avant qu'Arno ne puisse se remettre complètement, Cable changea de tactique. D'un geste rapide, il dégaina une arbalète d'apparence étrange, à moitié mécanique, à moitié technologique. Arno plissa les yeux, ses réflexes de sorceleur l'alertant d'un danger imminent.
"Oh, ça va devenir intéressant." Il fit un bond en arrière, anticipant une flèche ou un projectile quelconque, mais ce qui s'ensuivit dépassa ses attentes.
Un rayon d'énergie d'un bleu éclatant jaillit de l'arbalète, se déplaçant à une vitesse inimaginable. Arno n'eut même pas le temps de lever Claudette pour se protéger. Le rayon le frappa en plein torse.
La douleur fut immédiate, intense, foudroyante. Arno sentit la chaleur du rayon traverser son corps, comme si une lame chauffée à blanc avait été enfoncée dans sa poitrine. Il tituba en arrière, sa vue brouillée par la douleur, et baissa les yeux. Un trou béant, de presque dix centimètres de diamètre, s'était formé dans son torse. Le rayon l'avait traversé de part en part.
"Putain de merde..." souffla-t-il, en se mettant instinctivement la main sur le torse.
Le vent frais de Kovir s'engouffra immédiatement dans la plaie béante, lui arrachant un rire amer malgré l'intensité de la douleur. "Oh, génial. Maintenant, je sais ce que ça fait d'être un Hollow dans Bleach. Toujours voulu ressentir ça."
Il chancela, tombant presque à genoux. Le sang coula, épais et sombre, mais Arno savait que ce n'était qu'une question de secondes avant que sa régénération ne commence. Le sorceleur grinça des dents, attendant que la magie de son corps immortel fasse son œuvre.
Cable s'avança lentement, l'arbalète toujours pointée vers lui, un rictus de satisfaction se dessinant sur son visage. "Je t'avais prévenu, sorceleur. Ce n'est pas ton combat. Laisse-le tomber."
"Ah, là-dessus, on n'est pas d'accord," répondit Arno, haletant légèrement, mais déjà sentant la douleur s'atténuer alors que les tissus de son corps commençaient à se reformer. "Et puis, tu sais quoi ? J'ai connu pire. T'es pas le premier à me perforer de cette façon. Et bon, soyons honnêtes, tu feras pas mieux que ces gérants d'auberge qui mettent trois plombes à servir une bière. Maintenant, eux, c'est de la torture."
La régénération s'accéléra. Arno sentit la chair se reformer, les os se reconstituer. Mais il n'y avait pas moyen d'ignorer la sensation étrange de sentir un vent frais à travers une cavité dans sa poitrine. Chaque inspiration ressemblait à une bouffée glaciale qui brûlait de l'intérieur.
"Tiens, un courant d'air dans la poitrine. C'est nouveau, ça." Il fit un sourire narquois à Cable, qui le regardait, visiblement perplexe. "Franchement, j'ai l'impression que je pourrais faire office de cheminée. Mais je te rassure, ça se répare. Regarde."
Cable le fixa, incrédule, tandis que la plaie d'Arno se refermait, comme si de minuscules fils invisibles tissaient de nouveaux tissus musculaires. Arno en profita pour se redresser complètement, faisant craquer ses épaules et tournant lentement son cou comme s'il se préparait à un nouvel assaut.
"Okay, Terminator. Tu m'as mis à genoux, mais comme tu peux le voir, je suis un modèle de sorceleur avec option régénération. Je vais te donner un conseil : économise tes munitions, parce que ça va prendre plus que ça pour m'arrêter."
Cable plissa les yeux, son arbalète toujours en main. Arno ne put s'empêcher de rire. "Ah, tu sais quoi ? J'adore quand mes ennemis sous-estiment ma régénération. Ça me donne toujours l'avantage. Toi, par contre, t'as l'air du genre à jouer le long jeu. Mais désolé, j'ai pas prévu de mourir aujourd'hui."
Et sur ces mots, Arno bondit à nouveau, Claudette prête à frapper. Il savait que le combat allait être long et brutal, mais désormais, il avait pris la mesure de son adversaire. Terminator ou pas, Arno n'allait pas se laisser faire. Pas tant qu'il lui restait un souffle de vie dans ce corps.
Arno avait récupéré de sa blessure, comme si l'énorme trou dans son torse n'avait jamais existé. Il inspira profondément, sentant chaque muscle se réajuster sous la peau. "Bon, c'était rafraîchissant. Un bon petit coup de laser dans la poitrine pour bien démarrer la journée. Allez, Terminator, t'en as d'autres sous le coude ?"
Cable, impassible, ne réagit pas à l'humour d'Arno. Il rengaina son arbalète d'un mouvement sec et ramassa à nouveau son épée gigantesque. L'homme du futur ne perdait pas de temps en bavardages inutiles. Ses yeux – particulièrement celui qui brillait d'une étrange lueur énergétique – ne quittaient pas Arno des yeux, cherchant une ouverture, une faille à exploiter.
"Ah, le silence. Une qualité que j'apprécie chez mes ennemis," lança Arno en souriant. "Mais bon, ça me manque un peu les grands discours de méchant. Tu sais, le classique 'Tu ne pourras jamais m'arrêter, sorceleur', ou encore mieux, 'Ce n'est que le début de ton cauchemar'. Un truc bien cliché, quoi."
Sans prévenir, Cable bondit en avant, son épée s'abattant sur Arno comme un marteau d'acier. Ce dernier eut juste le temps de lever Claudette pour parer le coup. Le choc résonna dans tout son corps, chaque muscle criant sous la pression, mais il tint bon.
"Wow, wow, wow ! Du calme, Schwarzy !" ricana Arno en repoussant la lame de Cable et en pivotant pour frapper à son tour.
Son épée siffla dans l'air, rapide comme l'éclair, mais Cable, avec une précision presque mécanique, intercepta le coup avec son bras métallique. Le choc fit vibrer Claudette dans la main d'Arno, qui recula de quelques pas, son sourire toujours planté sur le visage.
"Ce bras-là, t'as trouvé ça dans une brocante ou c'était un cadeau de famille ?" demanda-t-il en se repositionnant, prêt pour une nouvelle attaque.
Cable répondit d'un geste silencieux, frappant de nouveau avec une puissance inhumaine. Arno esquiva de justesse, se glissant sous la lame avec l'agilité d'un chat. Ses sens de sorceleur lui donnaient l'avantage de la vitesse, mais chaque fois qu'il tentait une contre-attaque, le bras métallique de Cable était là pour parer ou dévier son coup.
"Okay, okay, je vois le tableau," dit Arno en reprenant son souffle. "T'es fort, rapide, et t'as des gadgets que je comprendrais probablement jamais. Mais moi, j'ai un truc que tu n'as pas."
Cable resta silencieux, le regard impassible.
"Le sens de l'humour," lança Arno avant de se jeter en avant à nouveau.
Cette fois, il changea de stratégie. Plutôt que de frapper de manière frontale, il opta pour des feintes, attaquant d'un côté puis changeant de direction à la dernière seconde. Claudette fendait l'air avec précision, cherchant une ouverture dans la défense de Cable. Mais l'homme du futur, bien qu'ayant l'air de dépendre principalement de sa force brute, montrait une maîtrise impressionnante de son épée et de son bras métallique.
Chaque coup d'Arno rencontrait soit l'acier de l'épée, soit le métal du bras de Cable, comme si ce dernier avait anticipé ses mouvements. Le sorceleur changea d'angle, tournant autour de son adversaire, utilisant la forêt à son avantage. Les arbres étaient proches, limitant les mouvements larges de Cable avec son arme massive, alors qu'Arno se faufilait entre eux comme une ombre.
"Tu sais, j'ai combattu pas mal de monstres, mais toi, t'es clairement dans le top 5 des plus tenaces," lança Arno tout en esquivant un nouveau coup.
Cable, toujours aussi silencieux, frappa à nouveau, son épée s'enfonçant dans un tronc d'arbre, envoyant des éclats de bois partout autour d'eux. Arno profita de l'ouverture pour lancer une frappe rapide, visant le flanc de Cable, mais une fois encore, le bras métallique intercepta son coup.
"Sérieux, ce bras commence vraiment à me courir sur le système," grogna Arno en sautant en arrière, évitant de justesse un nouveau coup. "T'es plus blindé que la porte d'une banque, mon pote."
Les coups continuaient à pleuvoir, et malgré son humour persistant, Arno sentait la fatigue s'installer. Cable frappait sans relâche, chaque coup cherchant à l'écraser sous son poids. L'avantage de la régénération était qu'Arno pouvait encaisser plus que la plupart, mais ce genre de combat s'épuisait lentement. Chaque fois qu'il parvenait à s'échapper d'une attaque, Cable revenait avec une puissance renouvelée.
"Okay, changement de plan." Arno esquiva une nouvelle frappe et se précipita vers un amas de rochers non loin de là. Il sauta par-dessus, atterrissant souplement avant de se retourner vers Cable. "J'ai une idée géniale, mais tu vas devoir être patient, gros bras."
Cable n'était pas du genre à attendre. Il s'élança après Arno, son épée prête à trancher tout sur son passage. Le sorceleur, lui, savait qu'il ne pouvait pas continuer à simplement parer et esquiver. Il devait prendre des risques. Et pour Arno, prendre des risques signifiait parfois se jeter tête la première dans les ennuis.
Il bondit à nouveau vers Cable, mais cette fois-ci, plutôt que d'attaquer directement, il lâcha Claudette d'une main et projeta un petit couteau, dissimulé dans son manteau, en direction de l'œil cybernétique de Cable. Ce dernier, pris de court par cette attaque imprévisible, n'eut que le temps de dévier légèrement la trajectoire du couteau avec son bras métallique. Mais c'était assez pour Arno.
Profitant de la distraction, il fonça en avant, frappant de toutes ses forces avec Claudette, visant la jambe non protégée de Cable. Le coup frappa juste, mordant dans la chair et arrachant un grognement de douleur à l'homme du futur.
"Ah, ça, tu l'as senti, hein ?" s'exclama Arno avec un sourire triomphant.
Cable tituba légèrement, mais il ne chancelait pas pour autant. Il serra la mâchoire, se redressant de toute sa hauteur, et leva à nouveau son épée. Arno, quant à lui, reprenait son souffle, déjà prêt à enchaîner, mais il savait que ce coup ne suffirait pas à mettre Cable hors d'état de nuire.
"Bon, c'est pas tout, mais j'ai un ado en fuite à rattraper," lança Arno en se repositionnant. "Et toi, tu devrais vraiment penser à te faire une mise à jour. Tes systèmes semblent un peu rouillés."
Mais Cable n'avait pas dit son dernier mot. Il attaqua de nouveau, avec la même précision froide, mais cette fois, Arno était prêt. Il utilisait sa vitesse, ses réflexes affinés par des années d'entraînement, pour esquiver les coups gigantesques. Chaque mouvement d'Arno était calculé pour fatiguer son adversaire, l'obliger à frapper dans le vide, tout en plaçant des coups rapides et précis là où la défense de Cable faiblissait.
"Je vais t'avouer un truc, Terminator," dit Arno, la sueur perlant sur son front mais le sourire toujours présent. "Tu me rappelles un de ces boss dans les jeux vidéo. Toujours le même schéma d'attaque. Il suffit juste de comprendre la mécanique et… bam ! On te met à genoux."
Cable grogna de frustration, intensifiant ses frappes, mais Arno, plus rapide et plus agile, continuait à danser autour de lui. Il sentait que la fin du combat approchait, et bien que Cable soit encore redoutablement fort, Arno commençait à prendre le dessus.
"Alors, tu t'avoues vaincu ou on continue jusqu'à ce que je t'abatte ?" lança-t-il avant de se préparer pour l'assaut final, sentant que la victoire était proche.
Le soleil était maintenant couché. Les deux combattants se fixaient, determinés.
Claudette fendit l'air dans un sifflement mortel, tranchant de justesse le bras métallique de Cable, qui para l'attaque avec une précision froide. L'épée géante de l'homme du futur répliqua, abattue avec la force d'un marteau, forçant Arno à reculer en urgence. Le sol sous ses pieds craquait, les racines s'effritaient sous la pression de leurs mouvements. Chaque coup résonnait dans la clairière comme un tonnerre, le métal contre le métal crépitant d'étincelles.
"Okay, Terminator," grogna Arno en reculant, essuyant une fine couche de sueur sur son front. "Je commence à me demander si tu es réellement venu du futur... ou d'une salle de sport."
Cable ne répondit pas, se contentant de serrer la mâchoire alors qu'il préparait un autre coup d'épée, ses muscles métalliques tendus comme des câbles sous pression. Arno esquiva d'un bond rapide, son sourire narquois toujours bien présent.
"Franchement, si t'étais un programme de fitness, tu pourrais te faire des millions. 'Devenez aussi solide qu'un mur d'acier, avec l'entraînement Trunks du Futur !'" Arno enchaîna une feinte, pivotant rapidement pour tenter de frapper le flanc de Cable. Mais l'homme ne se laissa pas surprendre, et de son bras métallique, il bloqua à nouveau le coup de Claudette avec un bruit sourd.
Arno sentait la fatigue s'installer dans ses muscles, mais il n'en laissa rien paraître. L'humour était son arme secrète, son bouclier face à la peur ou au désespoir. Et en face, Cable, toujours aussi imperturbable, continuait d'attaquer avec une régularité inhumaine.
Mais alors qu'Arno se préparait à esquiver une nouvelle fois, quelque chose changea. Il y eut un souffle dans l'air, un bruissement étranger parmi les arbres. Quelque chose d'autre venait d'entrer dans l'arène. Arno le sentit d'abord avant de le voir. L'odeur était subtile mais familière, une puanteur de chair en décomposition qui fit immédiatement résonner l'alarme dans son esprit.
"Attends, attends," murmura-t-il en se redressant, Claudette levée en garde. "Tu sens ça ?"
Cable, aussi concentré soit-il sur son objectif, fronça les sourcils. Il baissa légèrement son épée, ses yeux balayant les ombres qui s'épaississaient autour d'eux.
Arno n'eut pas besoin de mots pour comprendre ce qui se passait. Il les avait déjà affrontées. Des créatures nocturnes, attirées par le sang, par la violence. Les goules.
Derrière Cable, des silhouettes grotesques émergèrent lentement des ténèbres des arbres, leurs corps décharnés et leurs crocs dégoulinants de bave. Des dizaines d'yeux rouges, brillants comme des braises dans l'obscurité, fixaient les deux combattants, alléchés par l'odeur du sang et l'énergie violente dégagée par leur combat.
"Ah, super. Parce que clairement, ce combat n'était pas assez excitant," marmonna Arno en pointant du doigt la première goule qui bondit des buissons. "Voilà, mon pote, t'as ramené tout le buffet. Félicitations."
Cable, malgré sa nature méthodique, semblait lui aussi comprendre que quelque chose n'allait pas. Sa mission avait beau être la traque de Julian, ces créatures-là représentaient une menace directe. Il recula d'un pas, son épée prête à frapper les monstres qui avançaient vers eux, lentement, mais sûrement.
Arno jeta un coup d'œil rapide à la horde de goules qui se rassemblait autour d'eux, un sourire fatigué sur les lèvres. "Bon, on fait une pause dans notre petite querelle pour gérer ces trucs-là, Terminator ? Parce que je ne sais pas toi, mais je ne me bats pas bien quand j'ai une armée de zombies sur le dos."
Cable ne répondit pas, mais l'éclair de compréhension dans ses yeux lui suffisait.
Les premières goules bondirent hors de l'ombre avec la rapidité d'un animal affamé. Leurs cris gutturaux résonnèrent dans la clairière, échos macabres d'une faim insatiable. Arno, déjà en alerte, esquiva la première attaque d'un mouvement fluide, laissant la créature s'écraser dans le sol où elle roula, un amas de membres tordus et de dents.
"D'accord, Claudette, tu prends une pause," murmura-t-il en rengainant l'épée en acier dans un geste rapide. "On va passer à Paulette. Elle gère mieux ce genre de soirée."
Dans un mouvement fluide, Arno dégagea son épée en argent, Paulette, et se mit en position. Les goules n'étaient pas impressionnées. Leur instinct était plus primitif : l'odeur du sang et de la magie avait éveillé une soif impossible à ignorer.
Cable, lui, n'avait pas le luxe de changer d'arme. Son épée géante fendit l'air dans un grand arc, tranchant net deux goules qui tentaient de l'encercler. Leur chair décomposée fut projetée au loin, mais les créatures continuaient de se jeter sur lui, sans peur, sans retenue.
Arno plongea vers une goule qui s'élançait sur Cable par derrière, Paulette traçant une ligne d'argent dans l'air. La lame trancha la gorge de la créature avec une facilité déconcertante, envoyant sa tête voler dans un arc macabre avant de s'écraser au sol.
"T'aurais pu dire merci," lança Arno, essuyant la bave de goule qui lui avait éclaboussé le bras. "Je suis peut-être ton ennemi, mais je suis poli."
Cable répondit d'un grognement, abattant son épée sur un groupe de goules qui tentaient de l'entourer. Le coup était précis, net, décimant trois créatures d'un coup. Arno ne pouvait s'empêcher d'admirer l'efficacité brute de son adversaire. Mais l'heure n'était pas aux compliments.
"On en parle du fait qu'elles viennent en masse ?" cria Arno par-dessus le chaos. "Sérieusement, t'as invité tout un régiment ou quoi ?"
Les goules s'amassaient, déferlant par vagues, leurs yeux rougeoyants brillants de désir de chair. Arno parvenait à maintenir une certaine distance avec Paulette, chaque coup bien placé renvoyant une créature à la terre d'où elle était venue. Mais pour chaque goule abattue, deux autres semblaient prendre sa place.
"Ça devient un peu ridicule," lança Arno en tranchant une goule en deux. "Je veux bien être immortel, mais là, j'ai quand même des limites."
"Concentre-toi, sorceleur," répliqua Cable entre deux coups d'épée, son ton plus sec que jamais.
Arno fit claquer sa langue. "Tu sais, Terminator, ce que j'aime avec toi, c'est ton enthousiasme contagieux."
Une goule se jeta sur lui, mâchoires grandes ouvertes. Arno pivota rapidement, Paulette perforant la créature en plein thorax. Elle poussa un cri déchirant avant de retomber, inerte, à ses pieds. "Bon, ça suffit les mondanités," murmura Arno en reprenant son souffle, observant les environs. "Je commence à avoir sérieusement envie de retourner m'occuper du gamin."
Les goules continuaient à affluer, plus nombreuses à chaque seconde. Même Cable, avec toute sa force, commençait à se retrouver acculé. Ses coups d'épée dévastaient les créatures les unes après les autres, mais elles semblaient infinies, une mer sans fin de griffes et de crocs.
Arno jeta un coup d'œil autour de lui. La situation devenait insoutenable. "C'est officiel, Terminator," déclara-t-il, tranchant une autre goule avec précision. "On est en train de se faire déborder. Et franchement, j'ai beau être immortel, ces bestioles sont loin d'être une partie de plaisir."
Cable ne répondit pas, mais il était clair que même lui comprenait qu'ils ne pouvaient pas tenir longtemps à ce rythme. Une créature particulièrement féroce parvint à saisir le bras métallique de Cable, ses griffes tentant de mordre l'acier. D'un mouvement sec, il arracha l'appendice putréfié de la goule, mais d'autres étaient déjà sur lui.
Arno recula, Paulette encore levée, mais il voyait bien que la marée ne cessait de croître. "Tu sais quoi, j'ai une idée. Je te laisse avec tes nouveaux amis, et je vais faire un petit plongeon. En solo."
Cable tourna la tête vers lui, les sourcils froncés, mais avant qu'il ne puisse répondre, Arno leva un doigt. "Pas besoin de me remercier. C'est leur jour de chance, en fait, pas le tien."
Une autre goule bondit sur lui, mais Arno esquiva d'un bond agile avant de dégainer un couteau qu'il lança directement dans l'œil d'une créature qui s'approchait trop près. Il recula jusqu'à la rivière, qui serpentait non loin de la clairière, ses eaux froides et sombres une invitation désespérée.
"Terminator, on se reverra !" cria Arno avec un clin d'œil avant de plonger dans la rivière, les goules hurlant de frustration alors qu'il disparaissait sous les flots.
La sensation glaciale de l'eau l'enveloppa, coupant court au bruit et à la violence derrière lui. Arno émergea quelques mètres plus loin, ses muscles crispés par le froid, mais il souriait toujours.
"Bon, elles vont pas me suivre ici, c'est sûr. Reste plus qu'à retrouver le gamin avant que Trunks ou pire ne le trouve," murmura-t-il, se laissant porter par le courant en jetant un regard vers la rive encombrée de créatures hurlantes.
Les goules, frustrées, tournaient en rond sur la berge, incapables de le suivre dans l'eau. Arno les regarda, encore un sourire sur les lèvres, avant de se laisser emporter par le courant.
"Leur jour de chance, vraiment..."
