Titre : Deux cadeaux pour Noël
Genres : Romance de Noël un peu bête, Isagi et Kaiser toujours aussi doués
Rating : M
Personnages/Pairings : Yoichi Isagi/Michaël Kaiser, mentions des parents d'Isagi
Disclaimer : Les personnages et l'univers de Blue Lock appartiennent à Muneyuki Kaneshiro et à Yusuke Nomura.
Résumé :
De manière générale, Michaël n'a jamais trouvé d'intérêt à toutes ces décorations qui pullulent dans les rues dès la fin du mois de novembre. Cette année, pourtant, elles l'agacent encore plus que toutes les autres - et de qui cela pourrait-il être la faute, hein, sinon de Yoichi Isagi, de ses stupides amis et de sa stupide famille ?
Note de l'auteur : Comme l'an dernier, la super géniale Zofra et moi-même avons organisé un petit échange de Noël sur le fandom, et donc voici ma part du marché (en plus court que la dernière fois :P) Zofra, encore merci énormément d'avoir bien voulu faire cet échange avec moi ! C'est toujours tellement fun d'écrire pour toi ! x3
Remerciements : À Dany P'tit Pois, dont les conseils sont toujours les plus pertinents et les meilleurs, même quand je tourne un peu en rond avec mes prises de tête (pardoon xD)
Deux cadeaux pour Noël
Des cascades d'étoiles qui s'étiraient d'un bout à l'autre des rues, comme pour guider le chemin des passants émerveillés. Des éclats d'or et d'argent qui couraient le long des façades, jusqu'au bout de chaque fine branche de chaque arbre. Et au milieu de la place, par-delà un énorme nœud de LED blancs entouré de grands paquets cadeaux multicolores, espace idéal pour la file de gamines surexcitées et de couples niais qui n'attendaient que de pouvoir y prendre leur trentième selfie de la journée, le sapin-
… Pff.
De manière générale, Michaël Kaiser n'avait jamais trouvé d'intérêt à toutes ces décorations qui pullulaient dans les rues dès la fin du mois de novembre – trop de lumière, trop de couleurs, et aucune utilité pratique, pour couronner le tout, à peine bon à l'éblouir et à lui donner la migraine. L'espace d'un instant, il avait presque cru qu'il pourrait y échapper cette année, en prenant la peine de faire tout ce trajet pour aller passer l'avant-dernière semaine de décembre au Japon plutôt qu'ailleurs ; mais il était bien placé pour savoir que ce qu'on désirait vraiment ne s'obtenait qu'en se battant de toutes ses forces et de toute sa hargne pour, n'est-ce pas, et en fin de compte, les illuminations d'ici l'agaçaient encore plus que celles de toutes les villes d'Allemagne, non, de toutes les villes d'Europe réunies. Et de qui aurait-ce pu être la faute, hein, sinon de ce cher Yoichi Isagi du Blue Lock-
Sinon de celui qui se tenait en ce moment-même à ses côtés, emballé dans sa veste d'hiver courte mais bien chaude, les oreilles dénudées pourtant rougies par le froid, tandis que Michaël grelottait malgré son long manteau. L'insupportable, l'exaspérant, le pathétique Yoichi que Michaël, si magnanime, avait encore accepté d'accompagner aujourd'hui – et avec qui il était bien obligé de faire le chemin du retour, maintenant, sous la nuit tombée et le long des galeries marchandes tout éclairées un 23 décembre.
C'était on ne peut plus évident, pourtant : il n'y avait rien entre Yoichi et lui. Pas une once d'amitié, à coup sûr, pas même un semblant de rivalité – pff, et puis quoi, encore ? En dehors du terrain, où Michaël se ferait un plaisir de l'écraser aussi souvent qu'il le faudrait, autant de fois que nécessaire pour qu'il cesse de revenir à la charge, c'était tout juste si on pouvait dire qu'il y avait le sexe- Parce qu'aussi fatigant et pitoyable soit-il, Yoichi baisait bien, et Michaël prenait autant de plaisir à s'installer à califourchon sur ses hanches et à mener la danse qu'à le laisser le renverser entre les draps et croire – naïvement – qu'il avait repris le contrôle. (Rouge de gêne et de colère et d'envie, leurs bassins délicieusement pressés l'un contre l'autre, ou bien ses mains fermes autour de ses poignets, le regard brûlant rivé sur lui – un petit Japonais de rien du tout, sorti de nulle part, plus jeune que lui, puceau avant lui, et pourtant jamais le sexe n'était plus intense que lorsque c'était avec lui. Jamais le sexe n'était meilleur que lorsque c'était avec lui.) Mais c'était tout. Il n'y avait rien de plus.
Alors pourquoi fallait-il qu'ils soient si nombreux à avoir l'air de croire le contraire, ces derniers temps ?!
Les incapables du Blue Lock – ceux que Yoichi appelait ses amis – avec lesquels ils avaient passé l'après-midi, passe encore. Honnêtement, avec le recul, Michaël se demandait ce qui lui avait pris tout à l'heure- Quand Yoichi avait annoncé qu'il avait l'intention d'aller les voir et qu'il avait terminé par tu veux venir, le ton à peine blasé, le sourcil à peine haussé, de juste… se lever et le suivre. Alors qu'il savait pertinemment que, cette fois encore, une bonne partie de ces abrutis perdraient une occasion de se taire.
L'excité avec la coupe au bol, d'abord. Oh, Isagi, Isagi ! Alors ça y est, vous passez vraiment Noël ensemble ? Grands gestes de la main, grand sourire à l'appui, et si Yoichi ne l'avait pas rapidement fait taire, Michaël s'en serait chargé avec plaisir. Le fait qu'il tienne la main de Yoichi en arrivant au point de rendez-vous ne voulait rien dire – mis à part que c'était Yoichi qui avait initié le geste, d'abord, parce qu'il avait froid dans ce pays de merde, et que Yoichi pouvait bien le réchauffer, de toute manière, puisque c'était chez lui.
La sale fouine aux cheveux bleus, un peu plus tard. Celui-là n'en manquait jamais une. Et donc, les tourtereaux, vous avez prévu quoi de beau pour le 25 ? Avec un sourire moins grand, mais infiniment plus moqueur, et là encore, heureusement que Yoichi s'était dépêché de le rembarrer ; parce que sinon, Michaël se serait fait une joie de lui envoyer son café (sans crème, sans lait, payé par Yoichi, bien sûr) à la figure. S'ils n'étaient même pas foutus de lui proposer vingt secondes de conversation intéressante de toute l'après-midi, ce n'était pas à lui d'en faire les frais – et donc il était déjà bien patient et compréhensif d'attendre qu'ils se taisent appuyé contre l'épaule de Yoichi. C'était même la moindre des choses que Yoichi le laisse faire sans se plaindre, puisque c'étaient ses amis.
… Tous ceux-là, cela dit, Michaël les connaissait. N'avait, d'ailleurs, jamais entretenu le moindre espoir en ce qui les concernait. Et donc, toutes leurs remarques- Peu importe qu'elles fassent rougir Yoichi jusqu'aux oreilles avant de le mettre hors de lui, (peu importe qu'elles fassent manquer un battement ou deux à son cœur à lui), il pouvait les ignorer. Il les ignorait même parfaitement bien. Mais celles qui venaient de ses parents...
Sentant la migraine poindre rien qu'à cette idée, Michaël tourna la tête et fronça les sourcils. Là encore, il n'y avait rien à en dire : s'il daignait perdre son temps auprès des Isagi, c'était uniquement parce que réserver un hôtel n'aurait rimé à rien quand il avait prévu de passer toutes ses nuits dans le lit de Yoichi. Ses parents devaient tout de même s'en douter. D'autant plus qu'il ne... cherchait pas particulièrement à être silencieux, lorsque Yoichi... Avec ses jambes puissantes entre ses cuisses, ses doigts enfoncés dans sa peau jusqu'à y laisser leur marque, son membre tout au fond de lui... Bref, il n'avait rien contre Iyo Isagi et son mari- En toute franchise, il n'aurait même pas pu dire qu'il les détestait, mais-
Au fait, Mi-kun… Je sais que ce n'était pas prévu, mais ça nous ferait très plaisir à tous si tu acceptais de passer Noël avec nous cette année, tu sais.
Le simple souvenir de ces mots lui était... désagréable. Sans que ça ait quoi que ce soit à voir avec ce surnom, bien sûr, Mi-kun, qu'elle était la seule à lui donner- Ni même vraiment le fait que ce n'était pas prévu, en effet, il avait même d'ores et déjà réservé son billet d'avion pour le retour, le dernier vol de demain, le 24 au soir, pour s'assurer de passer la majeure partie de la journée en vol sur cette date-là-
Quoi, ils n'aiment pas ça, dans ta famille ? Ils ne savent pas ce qu'ils ratent ! Sache que ma femme et moi, nous serions vraiment ravis de fêter Noël avec toi.
Ce n'étaient même pas les demi-mensonges qu'il avait racontés au père de Yoichi sur sa soi-disant famille, comme quoi il n'en avait pas vraiment et qu'ils n'auraient pas eu envie de fêter quoi que ce soit avec lui de toute manière, non- Encore moins la main trop familière, trop ferme, qu'Issei avait posée sur son épaule sans son accord avant de lui répondre, pff, comme si ça pouvait avoir la moindre importance-
C'était juste. Les mots qui avaient suivi.
Et c'est encore plus vrai en ce qui concerne Yo-chan.
Parce qu'encore plus que tout le reste – ils étaient faux. Impossibles. Plus qu'impossibles ; car l'impossible n'était plus qu'une formalité, sitôt que Michaël Kaiser le souhaitait ; c'était juste impensable que Yoichi ait envie de passer Noël avec lui.
(Impensable, inimaginable que quiconque, peu importe qui- Yoichi, son père, sa mère, surtout pas Yoichi- Que quelqu'un au monde veuille de lui, que quelqu'un réclame sa présence et s'en réjouisse un 25 décembre. Pas comme ça. Pas ce jour-là.
… Et si l'espoir osait le brûler à cette idée, il-)
Enfin, pas qu'il le souhaite le moins du monde, non plus. Évidemment que non, mais-
Tout à coup, Yoichi – qui était passé juste devant lui pour se glisser sous une arcade, profitant sans doute de la seule occasion qu'il aurait jamais de le devancer, hmm – s'arrêta net, et Michaël faillit bien lui rentrer dedans. Sans les doigts de Yoichi qui tenaient toujours les siens, qui les avaient serrés à peine plus fermement le temps d'une seconde... Sa chaleur soudain plus vive à travers leurs gants respectifs...
Michaël se retint de cligner des yeux, plissa plutôt le front avec mépris, mais alors qu'il s'apprêtait à lui demander ce qu'il était en train de fabriquer au juste – remarqua l'immense vitrine entièrement décorée devant laquelle ils s'étaient arrêtés. Le village de Noël miniature tout en couleurs à l'intérieur. Le petit téléphérique qui montait et descendait... La grande roue qui tournait sans discontinuer...
Mal à l'aise, la poitrine un peu serrée, comme s'il était sur le point de déclarer une grippe, il détourna brièvement le regard, cherchant bien malgré lui celui de Yoichi ; mais les yeux de Yoichi ne fixaient que le spectacle, dont l'éclat se reflétait sur sa peau claire.
« ... Hé, Kaiser. »
Un poids sur l'estomac, Michaël ne répondit pas. Il était plus doué que personne pour lire le jeu sur le terrain, pourtant, mais- Dans ces conditions… Avec Yoichi qui n'avait toujours pas lâché sa main...
« Je sais que t'as pas envie, mais... Reste. Demain. »
Il lui fallut une seconde, sans doute, une bonne seconde, pour assimiler l'information.
Puis son cœur se mit à battre à tout rompre, quand bien même c'était idiot, quand bien même il n'avait absolument aucune raison de le faire, rien qu'à l'idée que Yoichi ne le regardait toujours pas, que ses doigts maintenaient toujours fermement les siens, qu'ils les serraient même un peu plus fort, qu'il ne sentait plus le froid sur son visage et qu'il n'aurait même plus été capable de décrire les couleurs qui se mélangeaient dans la vitrine en face d'eux et dans les yeux de- Ah-
« ... Hein ? »
Immédiatement, Yoichi pivota sur ses talons, cette fois-ci – et lorsqu'il lui jeta un regard furieux, c'est à peine si Michaël remarqua comme ses joues étaient rouges.
« ... C-Comment ça, hein ?! T'as- T'as très bien compris ce que je veux dire ! s'emporta-t-il. J'ai juste envie de passer Noël avec toi, c'est tout ! Alors t'as qu'à faire un effort ! »
Juste. Il avait dit… Qu'il avait juste… Envie de…
Merde. Cela faisait longtemps, mais- Michaël connaissait cette sensation de picotement aux coins de ses yeux- Accompagnée de toute la chaleur qu'il sentait monter d'un coup à son visage- Et son idiot de cœur qui n'en avait toujours pas fini de tambouriner dans sa poitrine. Et son idiote de main qui ne faisait que serrer plus fort encore celle de Yoichi. Et cet idiot de Yoichi lui-même, évidemment, dont les yeux si bleus plongeaient désormais dans les siens, comme s'il se fichait bien qu'on puisse y lire tout son agacement et tout son embarras et tout son… Tout son…
« Ah, m-mais compte pas sur moi pour t'offrir quoi que ce soit, hein ! ajouta-t-il encore – les derniers mots, salvateurs, qui permirent à Michaël de se reprendre un minimum et de lui répondre.
– Pff, parce que- Qu'est-ce qui te fait croire que je voudrais d'un de tes cadeaux de merde, Yoichi ? »
Puis Yoichi s'agaça de plus belle- Alors, bien sûr, Michaël n'eut d'autre choix que d'en rajouter une couche-
(Mais en fin de compte, au matin du surlendemain, Yoichi lui en offrit deux, pour qu'il, de ses propres mots, n'envisage même pas d'essayer de se plaindre.
Et Michaël s'en plaignit quand même, bien sûr ; ne serait-ce que pour voir son cher Yoichi s'énerver encore un peu, les joues à nouveau bien rouges, les yeux à nouveau bien rivés sur ses lèvres moqueuses, tout ça même alors que Michaël était installé sur ses genoux et n'avait qu'à lui voler un baiser pour le faire taire ; mais à cet instant, il ne put s'empêcher de songer, fugacement, qu'il avait peut-être... Aussi impensable que cela ait l'air... Aussi inimaginable... Eut tort de ne pas y croire-
Sans se douter, pas encore, que celui qui voulait assurément de lui ce 25 décembre ne le désirerait que plus encore toutes les années suivantes.)
