Personnages/Pairings : Alexis Ness/Michaël Kaiser
Rating : M


19 : Si tu étais à moi

Au moment où Kaiser commence, lentement, tout doucement à s'enfoncer sur son membre raide, Alexis serre les doigts autour des barres de métal froid qui composent la tête de lit et lutte de toutes ses forces pour ne pas fermer les yeux. Pour se repaître du spectacle qui s'offre à lui, juste encore un peu, malgré le brasier dans son bas-ventre qui menace de le consumer d'une seconde à l'autre.
Kaiser est tellement, tellement sexy. Ses cheveux blonds en bataille et ses yeux mi-clos, dont Alexis devine plus qu'il n'aperçoit le moindre éclat du bleu intense, son torse musclé et ses jambes puissantes de chaque côté de lui – son souffle est court, entre ses cuisses son sexe est encore dur de leurs longs préliminaires, et la fine couche de sueur qui recouvre sa peau si pâle le fait resplendir à la lumière du plafonnier. Sublime. Magnifique. Alexis a envie d'embrasser chaque parcelle de son corps, de caresser du bout de la langue chacune de ses zones les plus sensibles, de s'enivrer de lui jusqu'à l'overdose-

Si Michaël Kaiser était à lui, Alexis le servirait encore mieux.

En- Enfin, Kaiser n'est pas à lui, bien sûr, et ne le sera jamais ! Kaiser n'appartient à personne, non, au contraire, il est l'empereur du terrain devant lequel tout un chacun ferait mieux de s'agenouiller, et sans attendre, s'il vous plaît- Si vraiment, c'est plutôt Alexis qui lui appartient. Son second, son fidèle toutou obéissant et dévoué. Et c'est vrai – il mourrait pour Kaiser. Il tuerait pour Kaiser. C'est juste que, lorsqu'ils font ce genre de choses... Parfois, Alexis rêverait...

D'un geste fluide, Kaiser achève sa descente, son bassin enfin pressé contre celui d'Alexis, et la vague de désir qui le submerge un instant lui fait tourner la tête. Ouah. Il est... Si profondément en lui...
Et malgré tout, il a conscience que ce n'est que ça : un rêve irréalisable, un vœu pieux. Car même si c'est au-dessus de lui que Kaiser marque une pause et reprend son souffle maintenant, sur son sexe qu'il s'apprête à aller et venir jusqu'à l'orgasme, rien ne lui garantit que demain, ce n'est pas dans le lit d'un de leurs coéquipiers qu'il passera la nuit ; quand bien même Alexis s'efforce toujours de les désintéresser de lui. Ou peut-être qu'il cédera aux avances de l'un de ces types plus âgés sur lesquels il leur arrive de tomber lorsqu'ils sortent en boîte, et là- Peu importe qu'Alexis accompagne Kaiser justement pour éviter ça-
Le fait est qu'il n'a pas de raison, qu'il n'est personne pour exiger ça. Kaiser n'a pas de relations exclusives. Encore moins de... de petit ami.

Mais si Michaël Kaiser était à lui, rien qu'à lui, Alexis le traiterait mieux que personne. (Jusqu'à ce qu'il ne puisse plus se passer de lui.)

Tandis que Kaiser se soulève puis s'abaisse, entame enfin ses premiers va-et-vient, Alexis sent son cœur accélérer en rythme dans sa poitrine, et la chaleur- l'étroitesse- les pulsations de leurs ébats commencer à le faire délirer. Sans réfléchir, il lâche la tête de lit, ses mains trouvent instinctivement le chemin des cuisses de Kaiser – et si d'abord il ne fait que caresser sa peau brûlante bientôt il s'en empare franchement et l'accompagne dans ses mouvements.

La vérité, c'est qu'il ferait un super petit ami, il le sait. Pas juste pour ça- Kaiser qui halète, et pousse un cri de plaisir lorsqu'Alexis le rencontre sous le bon angle, exactement au meilleur endroit- Mais aussi le reste. Le petit-déjeuner, zwieback à la confiture d'orange et un café sans lait, qu'il lui apporterait tous les matins pour le réveiller en douceur. Les cadeaux dont il le couvrirait ; Dior, Saint-Laurent, Armani, Chanel, même s'il éblouit davantage que tout le luxe au monde ; les destinations de rêve où il l'emmènerait. Les dîners au restaurant. Tout, tout ce qui lui plairait- Avant même qu'il ne se rende compte qu'il en avait envie, parce que rien n'est trop beau pour lui-
La cadence augmente et Alexis, étourdi, enfonce les ongles dans la peau de Kaiser.

Il lui dirait qu'il l'aime, aussi. Combien il l'aime. À quel point il est- Superbe, brillant, un génie, la meilleure chose qui soit arrivée à cette planète- Le seul être au monde doué de magie, oui, de la vraie magie, celle dont on fait les cultes, celle qui asservit les peuples, et malgré tout ça, à lui- Parfait, sans le moindre défaut, pour autant qu'il soit à lui, qu'il n'ait jamais envie qu'il en soit autrement, tout comme Alexis ne peut envisager l'avenir qu'à ses côtés, qu'il soit à lui, à lui, à lui-

Et si Michaël Kaiser était à lui, oh, si cette divine créature lui appartenait tout entier, alors peut-être qu'Alexis lui ferait enfiler un collier, avec une laisse au bout de laquelle il le tiendrait en permanence, ou peut-être qu'il l'enfermerait, voilà, pieds et poings liés dans la chambre idéale dont il n'aurait pas la clé, nu sur le matelas confortable, pour en faire son jouet-

Merde ! Sans s'en rendre compte, il a fermé les yeux, et la simple image de son Michaël nu et offert et enchaîné au cadre de lit, la gorge prise dans un collier à son nom, le visage rouge et les yeux dans le vague- L'envie le prend si fort si vite qu'il n'a d'autre choix que de renverser Kaiser sur le lit et de se retirer pour ne pas déjà jouir.
Il a à peine le temps de se calmer, toutefois, que ses esprits repris, c'est au regard désapprobateur, aux sourcils froncés de l'homme de ses rêves – dans tous les sens du terme – qu'il doit faire face ; et son cœur lourd qui pèse d'un coup sur sa poitrine, son estomac qui se serre.

« Putain de merde, qu'est-ce que tu fous, Ness-
– A-Aah, pardon Kaiser ! Excuse-moi, je- »

Il ne termine pas sa phrase, cependant – le souffle coupé.
Sous ses yeux, Kaiser est allongé dos au matelas, les jambes écartées, le sexe tendu et rouge et débordant tout au bout, à deux doigts de l'explosion- L'un de ses bras est balancé au-dessus de son visage, comme pour vainement couvrir les rougeurs qui descendent jusque sur ses épaules, jusqu'à sa poitrine, secouée de sa respiration saccadée, mais surtout- Mais surtout ce sont les larmes qui perlent aux coins de ses paupières-
Il n'en faut pas plus pour qu'Alexis agrippe ses cuisses, fort, et le pénètre d'un coup, sans douceur. Encore et encore.

(Et à l'instant tant attendu, euphorique, libérateur où il se répand à l'intérieur de Kaiser, comme en un flash, soudain, il en est sûr-
Si Michaël Kaiser était à lui, surtout, Alexis ne le laisserait jamais s'en aller. Le suivrait au bout du monde pour le garder captif, s'il le fallait.
... Et à quelques mois du projet Blue Lock, il ne croit pas si bien dire.)