Disclaimer : Ils sont à Tokita/Yadate/Tomino je les emprunte et j'essaye de ne pas les abîmer, en tout cas, ils ne se sont encore jamais plaints.
Genre : Tranche de vie
Rating : K
Acteurs: Heero, Duo, Relena, Quatre, Wufei, Trowa.
Suite de: Tous les moyens sont bons.
Début d'écriture: 01/10/2022
L'arche de Duo
Chapitre quatre
Duo pousse la porte du commerce à quinze heures trente après sa journée de travail.
— Il n'y a pas eu de problèmes avec Mamzelle ? interroge directement Heero.
— Non, les clients sont tolérants, du moins ceux d'aujourd'hui.
— Tu es tôt!
— Le placement du matin était rapide et celle de l'après-midi chez elle au matin. J'ai pu commencer plus tôt, sourit-il.
— Tant mieux.
— Je te laisse travailler, je vais prendre une douche.
Heero se replonge dans son travail tandis que Duo monte à l'étage, la chienne sur les talons. Arrivé à la cuisine, il vide son sac de travail, Mamzelle s'installe sur son tapis et s'endort presque directement, ça fait sourire son maître.
Après sa douche, il commence à préparer le repas. C'est souvent Heero qui sort la viande du congélateur, lui adapte le souper autour. Sur le réfrigérateur, il y a un post-il qui sert à celui qui prend la dernière pièce dans la réserve. Ça, c'est plus lui qui l'a instauré dû à sa peur d'avoir encore faim. En prenant le dernier paquet de beurre à cuire, il l'inscrit sur la liste.
Depuis qu'il a le bracelet électronique, c'est Heero qui fait les courses, seul. Il sera content de pouvoir retourner faire des achats avec son ami qui ne prend que ce qu'il y a sur la liste. Lui aimait bien regarder les promotions, les ventes rapides.
Tout en cuisinant, il appréhende un peu la nuit au home. Est-ce que Pascal va respecter son choix? Heero ne lui a pas demandé l'exclusivité, mais pour lui elle va de pair avec une relation saine.
À dix-huit heures pile, Heero remonte, il a fermé le bureau. Il passe par la chambre pour ôter son costume qu'il utilise pour travailler. Il a mis simplement un jeans et un T-shirt. Duo est presque surpris quand Heero vient demander un baiser en le prenant délicatement dans ses bras. Duo s'y abandonne avec plaisir.
— Qu'est-ce que tu m'as manqué! murmure-t-il à l'oreille de son amant.
— Heero, je ne suis pas plus là qu'avant.
— Je sais, mais tu me manquais atrocement. Ça, je m'en suis rendu compte quand tu as été emprisonné.
— Et tu as encore mis un mois pour le dire? s'étonne Duo.
— Je devais me comprendre aussi.
— Tu es vraiment trop mignon.
Un regard noir le fusille sur place, mais ça fait sourire Duo, il n'a jamais eu peur de son ami.
— Tu dois partir bientôt, il serait temps de passer à table. Tu as téléphoné au home pour Mamzelle?
Cette dernière redresse la tête à son prénom.
— Oui, il est d'accord et je l'ai prévenu aussi pour la formation que j'arrêtais à la rentrée scolaire.
— Donc, tu es bloqué ici pendant les congés payés? demande Heero en mettant la table.
— En nuit, mais pas en journée. On aura du temps pour nous.
— Je vais nous organiser des excursions à la journée. Il y a des endroits que je veux visiter.
— Tu veux que je demande des congés à mes places d'intérêts généraux?
— Tu as envie? s'étonne Heero.
— Bien sûr, j'aurai le temps de les finir sur les trois ans. Je m'en occupe dès ce soir pour le home et j'en parlerai le week-end aux autres places. Il me faut juste les dates.
— Tu ne me demandes même pas où je veux aller? lâche son amant.
— Non, je te fais confiance et si c'est avec toi et Mamzelle, ça me convient.
— Je regarde pour réserver et je rentrerais le lieu et les dates à ton contrôleur.
— N'oublie pas de me donner les dates que je prévienne aussi, sourit Duo.
Ainsi son homme voulait lui faire une surprise. Le bâtiment étant fermé en août, il a le temps.
Après le repas en tête à tête, Duo siffle la chienne. Une petite promenade jusqu'au home à deux kilomètres. Les adolescents sont surpris par la venue de Mamzelle qui devant ses mains qui se tentent vers elle se cache derrière les jambes de son maître.
— Doucement, les cocos. Vous voyez bien que vous l'effrayez. Personne n'a jamais eu de chien parmi vous?
Plusieurs mains se lèvent.
— Alors vous savez qu'il ne faut jamais se précipiter au-devant d'un chien ou d'un animal. Elle va venir avec moi tous les soirs, laissez-lui le temps de s'habituer à vous.
— On pourra aller la promener? demande Bertrand.
Ce jeune avait été interné ici pour consommation et revend de drogue pour qu'il décroche et change de type de vie. Surtout que ses parents étaient dans le milieu aussi. Il ne pouvait sortir que sous surveillance, à croire que ce n'était pas encore gagné pour la réinsertion avec lui. Il cherchait par tous les moyens de sortir pour rejoindre ses parents en étant poli et serviable. Il n'avait rien cassé ici, étudiait bien c'était peut-être ça le pire.
— Toi, encore moins que les autres. Mais non elle a fait sa promenade en venant. Elle la fera en repartant. Laissez-moi aller dire bonjour à Pascal et je reviens. Demain, il y a école, coucher dans une heure trente.
Duo repart dans les couloirs, toujours la chienne sur ses talons. Il frappe à la porte du local éducatif pour venir chercher son badge.
— Salut Pascal, dit-il en entrant.
— Tu ne m'avais jamais parlé d'un chien.
— Parce que je ne l'ai que depuis samedi, sourit-il.
— Le dirlo est au courant?
— Bien sûr, il m'a dit que c'était une bonne idée pour la réinsertion.
— Je n'aime pas les chiens, lâche Pascal.
— Tu t'es fait mordre plus jeune?
— Oui.
— Ne t'inquiète pas, elle reste près de moi tout le temps. Si tu n'as pas de gestes violents, elle ne t'approchera même pas. J'y vais, après le coucher, il faut qu'on parle.
Le voilà reparti dans les couloirs, toujours Mamzelle sur les talons. Il a laissé la laisse avec ses affaires.
Dans la salle de repos, il y a des jeunes qui jouent à la console, d'autres sont sur la table pour finir leur devoir ou leçon. C'est vers eux que se dirige Duo.
— Ça va la jeunesse, pas besoin d'un coup de main?
Il y a plusieurs non, mais un oui. En souriant, il s'installe près de Denis, Mamzelle se couche directement sous sa chaise.
Pendant une heure trente, Duo les aide à tour de rôle ou il contrôle sous la demande d'un jeune. Parfois, il doit admettre que ce n'est pas dans ses compétences.
Au moment du coucher, Duo les envoie dans leur chambre.
— Et je ne veux en voir aucun dans les couloirs.
Si les douches sont en bas, il y a une chaise percée dans chaque chambre qu'ils doivent entretenir comme leur univers. Ils vont à la douche quand ils veulent, mais pas juste avant de se coucher. Du moins, avant de devoir retourner en chambre. Il y en a que Duo voit rarement en semaine, car ils préfèrent travailler dans leur chambre ou faire une activité tranquille.
Quand Duo entre dans le bureau, il envoie Mamzelle dans un coin près de son sac qui a son odeur.
— Pascal, samedi, je me suis mis en ménage avec le type pour lequel je travaille.
— Celui que tu connais depuis l'adolescence?
— Oui, lui avoue mal à l'aise Duo.
— Je suis content pour toi depuis le temps que tu te posais des questions sur son implication dans ta libération et que ça te perturbait. Nos petits coups durant la nuit c'est fini, je suppose?
— Oui, dit-il encore plus mal dans sa peau.
— Ne te mine pas avec ça. Je te souhaite d'être heureux, tu le mérites. Tu es un type bien.
— Là, tu me fais rougir.
— Ç'a été un week-end formidable pour toi, sourit Pascal.
— Je ne te le fais pas dire. Et toi?
— Pareil aux autres, une fois maman assise dans son fauteuil roulant, elle se débrouille seule dans l'appartement. Je fais ce qu'elle ne sait plus faire. Les courses, un peu de ménage aussi.
— Elle a surtout besoin d'une présence, le matin et le soir.
— Oui, elle n'a pas de force dans les bras, c'est surtout ça son problème, c'est sa maladie qui veut ça, lâche Pascal en haussant les épaules.
— Je me couche. J'ai mis ma montre sur minuit.
— Je surveille les monstres, sourit-il.
Duo va vers son lit de camp plié près de son sac et l'installe. Il sort une couverture d'un placard, ôte son pantalon et se couche. Mamzelle vient se recoucher entre le mur et le lit de camp. Il lui donne une caresse et s'endort.
À Minuit, Pascal vient le réveiller, avant d'installer son lit de camp près des écrans. Duo en profite pour passer son pantalon et faire une tournée dans les étages. Regarder s'il n'y a pas des lumières en dessous des portes. Ces rondes sont obligatoires, mais toujours à la même heure. Quelqu'un qui a quelque chose à cacher aura vite compris qu'il faut éteindre ou ne pas circuler dans les couloirs à minuit, deux heures et quatre heures du matin.
Il a toujours été tenté de faire des rondes à d'autres moments, mais c'est dans le règlement alors il s'y plie.
La semaine file et Duo est heureux de rentrer chez lui samedi matin pour dormir un peu avant d'aller à la SPA.
Début d'après-midi, il part avec Mamzelle pour ses heures de nettoyage des cages. Plus il approche de la SPA, plus il doit tirer sur la laisse pour l'obliger à avancer. Devant la porte la chienne ne veut pas entrer, elle pleurniche, tremble. Duo a beau lui parler gentiment rien ni fait. Il finit par sonner à Heero pour lui demander de venir rechercher Mamzelle. Ce dernier arrive rapidement et repart avec la chienne.
Pourtant à seize heures, Heero est à nouveau devant l'établissement pour venir rechercher son homme. Elle est déjà moins nerveuse.
µµµ
Et la vie de Duo continue bien réglée par son travail, ses heures d'intérêt général, son amour pour Heero. Il aime ses samedis et dimanche soir dans les bras de son petit ami. Il aime dormir aussi avec lui. Mamzelle n'a plus jamais montré les dents sur personne, même si elle reste craintive dès qu'il y a beaucoup de monde autour d'elle.
Et les semaines passent, devenant des mois pour arriver début août. Heero lui avait demandé de ne poser qu'une semaine de congé pour après le 15 août. Il ne savait toujours pas où ils se rendraient, mais il l'avait dit, tant qu'il était avec ceux qu'il aime, il veut bien aller n'importe où.
La première semaine de congés, Heero a surtout organisé des sorties à la journée dans des parcs animaliers qui autorisent les chiens tant qu'ils sont tenus en laisse. Ils ont aussi besoin de repos, alors quand Duo rentre des nuits au home, il vient retrouver son homme dans le lit. Ils se lèvent vers dix heures avant de partir en expédition.
Duo est ravi par le choix d'Heero pour leurs vacances, il a loué un petit appartement sur le bord de mer. Ils partent faire de longues promenades le long de l'eau ou dans les dunes quand il y a trop de vent.
La troisième semaine se passe comme la première par des randonnées dans les environs surtout en forêt. Ils aiment marcher tous les deux.
Fin août, Duo était presque au bon compte pour ses heures d'intérêt général. Il continuera la plaine et la SPA, mais là, il devait dire au revoir à ses gamins parce qu'il allait commencer sa formation d'éducateur dès lundi soir.
En poussant la porte ce vendredi soir, il avait sous les bras un gâteau qu'il avait commandé à la boulangerie. Il l'avait repris en sortant de sa dernière place. Il n'avait pas osé dire aux adolescents qu'il partait. Il se sentait l'âme d'un traître en plus. Fini les aides du soir pour les devoirs, finis les parties de jeux. Ils allaient se retrouver bien solitaires.
Comme souvent Georges l'attend dans le couloir, depuis le temps Mamzelle se précipite vers lui pour lui faire la fête.
À la boîte que tient Duo, le jeune arrête de sourire:
— C'est donc vrai la rumeur que tu t'en vas?
— Oui, je vais commencer des cours du soir pour être éducateur.
— Et tu reviens?
— Je ne crois pas et même si je revenais, c'est dans trois ans, tu seras majeur et dans un appartement.
— Tu vas devoir faire des stages, insiste Georges.
— Non, ce n'est pas un cursus normal. Beaucoup travaillent la journée et font ça comme une reconversion. Je te donne le gâteau, tu installes tout?
— Oui, Duo.
— J'arrive, je vais dire bonjour à Pascal.
À Suivre…
