Disclaimer : Ils sont à Tokita/Yadate/Tomino je les emprunte et j'essaye de ne pas les abîmer, en tout cas, ils ne se sont encore jamais plaints.

Genre : Tranche de vie

Rating : K

Acteurs: Heero, Duo, Relena, Quatre, Wufei, Trowa.

Suite de: Tous les moyens sont bons.

Début d'écriture: 01/10/2022


L'arche de Duo

Chapitre cinq


Quand Duo arrive dans la salle commune, dix minutes après avoir déposé ses affaires dans le local de Pascal. Il ne s'attendait pas à voir tous les adolescents lui faisant une haie d'honneur. Certains éducateurs de jour sont là ainsi que le directeur. Il comprend mieux les écrans éteints dans la salle des éducateurs.

Pascal arrive dans son dos, lui met une main sur l'épaule pour le faire avancer.

— Mais c'est trop d'honneur, lâche Duo d'une petite voix.

Duo s'installe devant la table, il y a son gâteau, mais aussi des pâtisseries maison sûrement faites par les adolescents. Lui qui voulait faire une fête surprise, c'est lui qui est étonné.

— Ce n'est pas vrai, Monsieur Maxwell. Durant tous ces mois, vous vous êtes investi dans ses enfants, leur montrant qu'on peut s'en sortir. Venir de la rue, travailler, commence le directeur.

Pourtant, il ne peut pas laisser dire qu'il est un saint alors il l'interrompt:

— Si j'ai un bracelet à la cheville, c'est aussi pour une raison.

— Et si cette raison, c'était pour te montrer une voie, entend-il dans son dos.

Il se retourne surpris d'avoir reconnu la voix de son compagnon, il se tient à l'entrée de la salle.

— Tu étais au courant et tu m'as laissé acheter un gâteau?

— Il fallait bien pour que la surprise soit de taille.

Heero va s'installer à la place qu'on lui montre. Il caresse Mamzelle qui est juste venue demander de l'attention avant de retourner dans le coin qui est le sien.

— Je ne sais pas quoi dire, lâche Duo en écrasant une larme au coin de son œil.

— Il n'y a rien à dire, conclut le directeur. À part, merci et bon appétit.

On tend le couteau à Duo pour qu'il coupe les gâteaux. Le café et le cacao chaud coulent à flots. À 22 heures, tout le monde se dit au revoir. Certains jeunes ont un petit cadeau pour Duo fait main pour qu'il ne les oublie pas. Il a reçu un vide-poche en noix de coco décoré et sculptée, un porte-clefs et autres bricolages qu'ils ont dû réaliser cette semaine.

Le directeur parafe lui-même la dernière journée de présence. Il a ajouté un mot au carnet.

— Il te servira aussi de C.V. pour des stages ou rechercher un emploi.

— Merci. Bizarrement, je sais pourquoi je fais les études, mais je ne sais pas comment je vais utiliser ce diplôme. Mon travail de jour me plaît aussi beaucoup.

— J'ai fait le compte, tu peux rendre ton carnet à ton référent d'approbation, tu as dépassé les mille heures.

— Oh! Je n'ai pas fait le compte, je m'y plais tellement.

Heero sort de l'établissement en même temps que les éducateurs de jour et le directeur.

Alors que Duo se couche sur le lit de camp, il se demande s'il va continuer les autres places. Heero ne dit rien, il rouspète rarement, mais il voit bien qu'il voudrait avoir plus de temps avec son amant. Duo n'a jamais eu de vraie relation de couple, vécu avec quelqu'un. Là, il a envie de lui faire plaisir aussi, lui consacrer des moments et il doit avouer qu'il aime chaque seconde qu'il passe près de son compagnon.

Il faudra qu'il en parle avec lui, ça, c'est sûr. La promenade du soir de Mamzelle le week-end, Heero vient souvent avec lui juste pour le plaisir de sa compagnie. Bientôt, il pourra dormir toutes les nuits avec son amant et ça le fait sourire à l'avance.

À six heures moins quart, il quitte le home pour la dernière fois. Il a serré très fort Pascal dans ses bras en lui souhaitant le meilleur du monde. Il est surpris de trouver Bertrand qui l'attend près de la porte.

— Tu vas me manquer Duo.

— Prends soin de toi, tu as fait le plus dur. Tu dois faire une croix sur tes parents, tu vaux mieux que ça, crois-moi.

— Je sais que tu as raison, le monde est tellement beau sans les effets de la drogue. Tu reviendras au moins pour dire bonjour?

— J'essayerai.

— Merci, Duo.

— Je ne suis pas le seul à t'avoir aidé. Ça va aller, dit-il en mettant une main sur son épaule.

— Tu attends que je m'en aille pour faire le code?

— Oui, je voudrais pouvoir aller retrouver mon compagnon et Mamzelle doit faire ses besoins.

— Au revoir, dit-il en partant.

Duo attend qu'il soit loin pour faire le code de sortie de cette semaine. Ce n'était pas une prison, mais les jeunes étaient souvent placés par un juge pour leur offrir un avenir. Si entrer ne posait pas de problème. Le code était inscrit près de la porte. Pour sortir, c'était une autre histoire. Mais cela marchait, peu de jeunes passés par ici se retrouvaient dans les prisons par après.

Duo réalise un petit footing jusqu'au parc que Mamzelle puisse faire ses besoins et ils repartent. Il entre dans la partie maison silencieusement, il ôte ses vêtements et va se coucher près de son homme. Il le prend dans ses bras et se rendort.

C'est la main d'Heero courant sur son corps qui le réveille trois heures plus tard.

— Salut, le beau au bois dormant.

— Salut, tu crois que tu vas me réveiller ainsi dorénavant?

— L'avenir nous le dira. C'est long cinq nuits sans toi.

Duo se retourne dans le lit pour l'embrasser. Puis il s'éloigne un peu pour lui dire:

— Pourtant, tu as dormi plus souvent sans moi dans ta vie.

— C'était avant, ça ne compte pas.

Duo lui sourit et l'embrasse à nouveau. Une chose entraînant une autre, ils ne se lèvent qu'une demi-heure plus tard.

Le week-end se passe comme tous les autres depuis qu'ils sont ensemble.

µµµ

C'est nerveux que Duo revient de ses placements lundi en fin de journée. Il va commencer les cours dès ce soir. Est-ce qu'il va se faire jeter dehors à cause de son bracelet électronique? Il n'en a rien dit en s'inscrivant.

— Ça va aller, Duo calme-toi, lance Heero en prenant les documents que lui tend son amant.

Duo écarquille les yeux, surpris par l'affirmative.

— Je suis si transparent pour toi? s'étonne-t-il.

— Tu es nerveux depuis hier soir. Tu n'écoutes pas la moitié de ce que je te dis.

— J'en suis navré, vraiment. Mais pourquoi es-tu tellement certain que ça va aller?

— Parce que tu es fait pour aider les gens. Tu aimes les rendre meilleurs, aucun caractère n'est un obstacle pour toi.

— J'espère que tu as raison, Heero.

— On le saura vite. Va prendre une douche.

— Oui, puis je prépare le repas. Même si je n'ai pas faim. Il faut que j'essaye de manger.

À dix-huit heures quart, ils passent à table. La vaisselle se fait dans la foulée. Duo ramasse la sacoche qu'il a préparée hier soir avec un classeur, du papier et un plumier. Il avait hésité longtemps à prendre son portable, mais il ne savait pas comment était disposée la classe et puis taper ses notes lui permettra de mieux assimiler ses cours sans passer des heures à étudier.

Il vient embrasser son homme quand il constate que ce dernier a passé sa veste et ses souliers.

— Tu crois que je vais me débiner? demander légèrement vexé Duo.

— Bien sûr que non. Mamzelle doit faire sa promenade et j'ai envie de passer encore du temps avec toi.

— Tu ne vas pas venir me chercher comme un gamin?

— Je ne sais pas encore, je dois bien l'avouer.

— Dans quelque temps, tu vas en avoir marre de m'avoir toutes les nuits.

— Je ne crois pas, j'ai même hâte.

Duo lui sourit et vient l'embrasser. Depuis que son maître avait passé sa veste et mit ses souliers, Mamzelle s'était redressée, mais elle attendait le signal pour venir.

Duo la siffle et prend la laisse, il l'attache à son collier, prend la main de son homme et les voilà tous les trois partis. Une fois la porte franchie, il lâche la main d'Heero, mais sa présence faisait du bien à Duo, plus qu'il ne l'aurait cru. Heero entretenait la conversation, parlant du planning de demain, lui annonçant qu'il avait été contacté par un jeune pour un apprentissage.

— Tu crois que je vais être capable de l'évaluer?

— Enfin, Heero, pourquoi tu ne saurais pas? Il va devoir aller sur le terrain aussi non?

— Oui, mais je le ferai, parfois ça me manque de ne plus faire de pratique.

— La femme de Roger est enceinte, il sera peut-être intéressé de faire moins d'heures de temps en temps pour l'accompagner.

— Comment sais-tu ça? Vous ne travaillez jamais ensemble, s'estomaque Heero.

Duo sourit à son homme avant de demander:

— Comment je sais ça aussi ou comment je sais ça tout court?

— Tout court, avoue Heero.

— Il me sonne de temps en temps quand il a un problème sur un chantier. L'autre jour, il est venu sur mon chantier parce qu'il ne retrouvait plus une pince dont il avait besoin et que le client n'en avait pas. Et puis, on a fait un gros chantier ensemble, il y a quinze jours, les locaux administratifs de Sank.

— Vous deviez faire chacun VOTRE lotissement! s'indigne Heero.

— Le travail a été effectué. En plus quand Robert est arrivé dans le sien, rien n'avait été bougé.

— Et pourquoi te sonne-t-il et pas à moi?

— Tu peux être très impressionnant quand tu veux, sourit Duo.

Ils étaient arrivés devant l'immeuble où Duo aurait cours. Il y avait déjà une dizaine d'adultes. Ça rassurait Duo, il ne serait pas le plus vieux. Il y avait même un type qui avait l'air de friser les cinquante ans. Il avait même l'air d'être le plus jeune.

— Je rentre à la maison. À tout à l'heure, dit Heero en lui prenant la laisse de Mamzelle.

— Soyez sage, taquine Duo en donnant un baiser à son amant.

En voyant les yeux noirs de son homme, Duo se pose des questions qu'il formule directement:

— Tu as honte de m'aimer?

— Bien sûr que non. J'ai horreur des démonstrations en public, c'est tout, rétorque-t-il à voix basse.

— Je le sais pour demain, sourit Duo.

Heero hoche la tête et s'en va. Duo le regarde partir. La chienne tourne la tête vers lui tous les trois pas alors il entre dans la foule pour lui masquer sa présence. Il voit que de petits groupes se sont formés quand le type de cinquante ans vient vers lui.

— François Rensonnet, je suis votre professeur pour aujourd'hui. J'enseigne la psychologie.

— Duo Maxwell.

— Ce nom me dit quelque chose?

— Maxwell est fort courant.

L'homme se rapproche un peu plus et lui dit à voix basse:

— C'est vous qui avez un bracelet électronique?

— Heu oui. Ça pose un problème?

— Non, pas du tout, on m'a juste signalé de prévenir des sorties pédagogiques.

— Pourtant je ne l'ai pas dit en m'inscrivant.

— Votre contrôleur judiciaire doit l'avoir fait, dit-il en partant.

Le professeur va jusqu'à la porte, ouvre le bâtiment avant de se tourner vers ses élèves:

— Bien, suivez-moi, je vais vous montrer la classe qui sera la vôtre pendant trois ans.

Le groupe monte à l'étage, le professeur ouvre une classe, la 123.

— Les femmes de ménage sont déjà passées alors respectez leur travail. Choisissez vos places.

Duo s'installe au premier rang. Il sort de son sac à dos, son plumier et son cahier. Il voit sa voisine sortir son ordinateur, une prise est prévue sur chaque pupitre. Ça change tout même s'il va rester avec son cahier qu'on peut plus facilement transporter et moins lourd. Il a demandé à Heero de lui acheter cinq cahiers de couleurs différentes pour les cinq cours.

— Bien, vous êtes tous installés. Pour ceux à qui je ne me suis pas présenté, je suis François Rensonnet et je vais vous enseigner la psychopédagogie. C'est l'art d'aider et voir ce qui cloche dans le comportement. Comment aider sans écraser et être trop autoritaire. Mes notes et définitions de certains mots sont sur ma page https/f majuscule, point Rensonnet, point courspsycho en un mot point com. Monsieur Maxwell vous n'avez pas de portable?

— Si, mais retaper mes notes après les avoir écrites me permettra de mieux les retenir sans trop étudier. Comme beaucoup ici je suppose, j'ai un travail, du bénévolat, une vie de couple à gérer en plus des études, répond-il.

— Voilà une preuve vivante de la psychopédagogie. Avant même de commencer à étudier, il prépare son esprit et son temps de travail. Et comme la fait remarquer Monsieur Maxwell nous avons tous une vie. Une chose que vous devez savoir aussi c'est que l'on va surveiller la fréquentation des cours. Il faut y avoir participé 90% pour obtenir le diplôme.

— Et quand les enfants seront en vacances? demande une dame derrière Duo.

— Comment faites-vous maintenant? rétorque le professeur.

Duo avait eu la même pensée.

— C'est mon conjoint qui le garde et le met au lit, explique-t-elle.

— Je ne vois pas de différence, lâche l'enseignant.

— Si, durant les congés scolaires, il va voir ses enfants d'une autre relation et vit chez eux pour les garder.

— Quand vous allez travailler, ça va doit être le même problème.

— Il est au chômage.

— Vous trouverez une solution. Seuls les jours fériés vous ne devrez pas venir. La matière se donne en condensé pour avoir la même valeur que les cours de jours. Il a fallu trouver une solution. Si vous n'êtes pas prêt à faire ses efforts, alors vous pouvez quitter les cours maintenant. Et le minerval vous sera remboursé. Et je ne dis pas ça pour vous Madame?

— Monica Denis, dit-elle d'une petite voix.

— Tout est clair? On peut commencer? Personne ne quitte la formation? Très bien, on y va.

À Suivre…