Disclaimer : Ils sont à Tokita/Yadate/Tomino je les emprunte et j'essaye de ne pas les abîmer, en tout cas, ils ne se sont encore jamais plaints.

Genre : Tranche de vie

Rating : K

Acteurs: Heero, Duo, Relena, Quatre, Wufei, Trowa.

Suite de: Tous les moyens sont bons.

Début d'écriture: 01/10/2022


L'arche de Duo

Chapitre sept


À vingt-deux heures, Heero est debout de l'autre côté de la rue, Mamzelle secoue la queue dès qu'il apparaît. Duo va rejoindre son amant et lui sourit avant de donner une caresse à la chienne.

— Ç'a été les cours, elle ne t'a plus ennuyé? demande Heero.

— Non, je n'étais pas le seul à ne pas avoir fini son bouquin. Elle m'a jeté un regard noir comme si j'étais responsable. Tu as su nourrir les bébés?

— Oui sans problème et elle est venue plus facilement. Tu les prends avec nous demain pour aller à la SPA?

— Je ne sais pas, on verra avec les tétées aussi. Il faudra que je vérifie sur le net pour savoir le nombre qu'ils doivent avoir par jour.

— Le vétérinaire est à la SPA ce samedi matin pour une consultation gratuite. J'ai rendez-vous pour le chien de la vieille Berthe.

— Heero! On peut payer une visite chez le véto, s'indigne Duo.

— Puisque je dois y aller, je prendrais les chatons. Il ne faudrait pas qu'il rende malade Mamzelle, tranche Heero.

— Je n'y ai même pas pensé, je suis un mauvais maître.

— Tu as paré au plus urgent pour des âmes en détresse, c'est ce qui fait ton charme.

Duo ne savait même pas pourquoi c'est Heero qui se rend avec le chien de Betty, leur voisine, chez le vétérinaire. En général, c'est son petit fils qui vient faire la grande promenade une fois par jour. Le reste du temps, elle le lâche dans le jardin. Mais il doit bien admettre qu'il ne dit pas toujours tout non plus à son homme.

Après la visite chez le vétérinaire, les bébés comme ils les appellent sont en bonne santé. D'après lui, ils avaient trois semaines et un peu des puces. Heero avait acheté un produit pour les laver en les ramenant à la maison et en passant par la pharmacie pour récupérer le lait. Mamzelle attendait avec Duo de pouvoir partir en promenade avec les copains du chenil que Heero revienne. Ils avaient décidé en soirée de garder les chatons. Heero ne voulait pas les mettre dans le système, il trouvait qu'il y avait déjà trop de chats à la SPA et il préférait laisser leur chance aux autres que de venir en ajouter encore deux.

Et la vie reprit son cours, les bébés grandissaient, apprenaient bien la propreté. Ils courraient partout en jouant. Petit à petit, Heero et Duo remplaçaient les biberons par de la nourriture solide. Mamzelle avait appris à ne pas toucher à la pâtée des chatons, mais ça n'allait pas dans l'autre sens, malgré les grognements de la chienne. Ils avaient fini par les appeler Tic et Tac, leur seul signe distinctif étant un nez rose et un nez noir, sinon les tâches noires sur le pelage blanc étaient les mêmes.

Duo réussit ses examens de fin de deuxième haut la main. Le couple en était à se demander comment partir en vacances en août.

— On aurait dû habituer Tic et Tac à la laisse, je vois souvent des vidéos de chats qu'on promène comme ça. Ils ont l'air d'apprécier, soupire Heero.

— On peut toujours essayer. J'irai acheter deux harnais en revenant du travail. Ils aiment suivre Mamzelle. Ils ne sont pas si vieux, ils peuvent apprendre.

— Il faudra encore trouver un appartement qui accepte trois animaux quand tu vois les difficultés qu'on a eues pour un chien, soupire à nouveau Heero.

— Tu n'as jamais souhaité faire du camping? On pourrait louer un mobile home?

— Pourquoi rien n'est jamais un obstacle avec toi?

— Je ne sais pas, sourit Duo.

— Je vois les obstacles, tu vois les solutions.

— On fait la paire, c'est bien.

Dès le soir, Duo met les harnais aux chatons. Si dans un premier temps, ils n'apprécient aucun des deux la situation, se roulant au sol, courant partout dans l'espoir de s'en débarrasser. Quand Duo siffle Mamzelle pour la promenade du soir, il voit les trois arriver comme souvent. Cette fois, il attache les trois animaux et donne la laisse du chien à son amant. Dès qu'ils sont dehors, les chatons suivent Mamzelle comme tous les jours sans plus se soucier du harnais et de la laisse. C'est même plus rassurant pour Duo de savoir les chats attachés, ils ne risquent pas de les perdre durant la promenade s'ils prennent peur.

— Tu sais j'ai vu des sacs à dos de transport avec des fenêtres pour les chats. Il y a même une assise sur le dessus pour s'ils sont fatigués de marcher, commence Heero.

— Il me semble que tu regardes beaucoup de vidéo pendant que je travaille, taquine Duo.

— Là, où tu vas au feeling, j'ai besoin de préparation. J'ai regardé les locations de mobile home, c'est presque moins cher de l'acheter ou de le faire soi-même dans un utilitaire.

— On ne part pas cette année alors? s'informe Duo.

— Si, mais on pourrait s'en construire un pour l'année prochaine ou les week-ends.

— Ça me va, je te laisse cette partie pendant que je travaille.

Voyant son amant le regard plus dur, il ajoute en lui souriant:

— Je plaisante. Tu as moins de travail de prospection qu'au début, c'est normal. Il n'y a pas un jour où je ne suis pas sur le terrain, donc tu as fait le tien.

— Si tu plaisantes et que je le sais, c'est quand même vexant, lâche Heero.

Ils sont arrivés à la partie du parc où ils peuvent lâcher Mamzelle. Le moment le plus stressant pour Duo. Tic et Tic aiment aussi courir partout. Heero vient lui caresser le bras en lui murmurant:

— Lâche-les aussi. Il n'y a pas d'autres chiens. Ils reviennent toujours quand tu siffles.

— Tu as raison.

Retenant un soupir, Duo s'abaisse et défait l'attache des trois harnais. Mamzelle court avant de faire un pipi, puis elle repart en courant. Elle finit par tourner en rond pour faire la grosse commission. Duo sort le sachet pour aller ramasser. Les chatons sont montés dans les arbres.

— Doucement, les bébés, je n'ai pas envie de grimper pour vous récupérer.

Duo s'abaisse ramasse la crotte de son chien et deux autres tout près. Il revient près de son homme qui sourit avant de jeter le sachet dans la poubelle mise à cet effet.

— Qu'est-ce qu'il y a? J'ai une crasse?

— Je t'aime et j'ai envie de toi.

— Pas ici tout de même?

Heero éclate de rire avant de dire:

— Non, j'attendrais qu'on soit rentré. Siffle-les qu'on rentre.

Duo regarde sa montre, il y a quinze minutes qu'ils ont libéré les animaux. Oui, il peut les rappeler. Il siffle. Mamzelle est la première à revenir et s'asseoir pour son harnais, il passe la laisse à son amant et cherche du regard Tic et Tac. Le premier arrive en courant alors que le deuxième court aussi, mais après un oiseau qu'il a délogé.

Duo siffle une deuxième fois, et Tac revient enfin. Ils peuvent rentrer.

µµµ

Alors qu'il caresse la peau de son amant, Heero lui murmure à l'oreille:

— Tu pouvais ôter les harnais des chatons, je n'étais pas si pressé que ça de te faire l'amour.

— Ils vont les garder un peu, le temps qu'ils soient bien habitués.

— Tu as déjà pensé à ce que tu vas faire de ton diplôme?

— Non, mon contrôleur me l'a demandé aussi l'autre jour. Mais je ne sais pas, je verrai quand l'opportunité arrivera. Je suis bien dans ma vie.

— Je suis bien avec toi, avoue Heero en se cachant dans le cou de son compagnon.

— Je n'ai pas l'intention de te quitter.

— Peut-être ton emploi? insiste Heero.

— Non, je l'aime bien.

Un soupir de soulagement arrive aux oreilles de Duo.

µµµ

Les vacances avaient été agréables. Sillonner les routes, s'arrêter où ils avaient envie, ça leur plaisait plus que de rester au même endroit. Les gens se retournaient sur les chatons en laisse ce qui dérangeait un peu Heero qui n'aimait pas être le centre de l'attention.

Le temps file, l'année scolaire a repris. Maintenant, que Duo n'a plus son bracelet électronique, ils peuvent partir sur un coup de tête, suivant la météo et se rendre là où ils ont envie. Depuis peu, Heero s'est pris de passion pour la pêche, Duo apprécie moins rester des heures à regarder un bouchon, mais il discute avec son homme et joue avec les animaux.

Alors qu'ils rentrent d'une journée vadrouille en avril à la nuit tombée. Duo a plus étudié au bord de l'eau que pêché réellement, une voix l'interpelle.

— Sébastien? Comment as-tu trouvé mon adresse et qu'est-ce que tu fais là?

Au pied du jeune homme, il y a deux sacs.

— J'ai eu dix-huit ans hier, comme je n'ai pas de projets d'études, le home m'a mis dehors sans aide. Je ne veux pas retomber dans le milieu. Duo, j'en suis sorti.

— Mais comment as-tu trouvé mon adresse?

— J'ai demandé à Pascal. Je savais ce qui m'attendait. Duo, les choix d'études proposés ne m'intéressent pas, panique Sébastien.

Heero en profite pour rentrer son matériel et les animaux. Il réapparaît cinq minutes plus tard en disant:

— Tu ne vas pas le laisser dehors. Venez discuter à l'intérieur.

— Pascal n'a jamais eu mon adresse, rétorque Duo en lui montrant la porte d'entrée.

Le jeune homme ramasse ses sacs et entre.

— Je lui ai demandé et le lendemain, il me l'amenait.

— Tu as mangé? s'informe Duo.

— Non.

— Je t'amène de quoi faire une tartine.

Duo en profite pour préparer sa boîte à tartines pour le lendemain tout en discutant:

— Tu ne vas pas arrêter tes études?

— Je ne sais déjà pas où dormir, lâche Sébastien en mordant dans son sandwich.

— Pourquoi es-tu venu? demande Duo en coupant le sien en deux.

— Tu as été dans mon cas. Je me suis dit que tu aurais au moins une piste.

— J'ai travaillé, j'ai fait n'importe quoi. J'ai dormi dans la rue. Je voulais m'en sortir.

Heero écarquille des yeux, mais n'intervient pas. Alors Duo lui sourit et vient l'embrasser en allant déposer sa boîte à tartines dans le frigo, puis il reprend:

— Alors je te le répète, pourquoi es-tu venu? Si c'est par mesure de facilité, ça ne va pas le faire. La vie n'est pas facile, tu le sais.

— Pour que tu m'aides à ne pas replonger. Je ne veux plus de cette vie-là. Je ne veux pas finir comme mon père égorgé pour ses doses.

— OK, je veux bien t'aider à une condition que tu finisses ton année scolaire.

— Merci.

— Duo, je peux te parler? intervient pour la première fois Heero.

— Tu nous excuses, réplique Duo à l'intention de Sébastien.

Puis il suit son homme dans leur chambre.

— Qu'est-ce que tu vas faire de lui? s'informe Heero.

— Je vais lui payer l'hôtel du coin de la rue. J'aurai des discussions avec lui pour son avenir.

— Tu sais ton projet de fin d'études, tu devrais le mettre en pratique.

— Heero, je n'ai pas l'argent pour racheter une vieille maison et encore moins la retaper même avec l'aide des pensionnaires. Tu as vu les fonds qu'il faut soulever pour y arriver. Tu as suffisamment relu mon travail.

— Je crois que tu devrais le proposer au concours Peacecraft qui se termine en juillet?

— C'est quoi ça? s'étonne Duo.

— Chaque année Relena organise un concours pour aider des projets à se lancer, il y a cinq cent mille crédits qui y sont alloués. Trouve le bâtiment et propose-le.

— J'ai fait le projet avec le mini château en haut de la rue, avoue Duo.

— Lance-toi et tu pourras combiner ton amour des animaux et ta soif d'aider.

Duo reste pantois, c'était un rêve un peu fou et il pourrait se concrétiser. Il ira chercher les renseignements tout à l'heure sur le net. Maintenant, il doit s'occuper de Sébastien.

— Tu as toujours Mamzelle, sourit le jeune homme quand Duo revient.

— Bien sûr, une adoption ne se fait pas à la légère et un animal ce n'est pas une peluche non plus.

— Je me rappelle que ça t'horrifiait déjà à l'époque qu'on mette certains jeunes dehors à dix-huit sans les avoir préparés à la vie, projet ou pas projet.

— Bien sûr, tout ça pour des primes de fonctionnement. Je veux bien aussi que ça permet à d'autres jeunes de s'en sortir, mais tu n'as pas de projets, tu n'es pas assez loin dans sa réalisation, démerde-toi, ça ne me va pas non plus, s'énerve Duo.

— C'est une des raisons pour lesquels je suis venu chez toi aussi. Duo, je ne veux pas recommencer. Je sais que ça ne sera pas facile.

Duo lui sourit avant de dire:

— Viens, prends tes affaires. Je te paie le logement, mais toi en échange tu finis ton année scolaire et tu réfléchis à ce que tu veux faire dans la vie, explique-t-il en ouvrant la marche.

— Et je mange comment?

— Le petit déjeuner est compris à l'hôtel. Pour le dîner, je vais payer aussi ceux de l'école. Je dois encore réfléchir pour le repas du soir et les week-ends.

— Je peux me passer de celui du soir. Ou je peux faire des réserves sur le petit déjeuner, propose Sébastien.

— Il ne te laissera pas remonter avec de la nourriture. L'hôtel n'est pas haut de gamme, mais il tient à son étoile. À toi de me prouver que tu veux y mettre du tien.

— Merci Duo.

Arrivé devant l'hôtel, Duo pousse la porte. Il sourit à l'homme derrière le comptoir.

— Bonjour, ce serait pour prendre une chambre à la semaine pour lui. Je la paie à l'avance.

— Petit déjeuner compris? demande le réceptionniste.

— Oui.

— Vingt crédits la nuit fois sept, cela fait cent quarante crédits, calcule l'homme.

Duo paye directement avec sa carte. Le réceptionniste appelle une femme derrière le comptoir.

— Elle va le conduire à sa chambre. Celle-ci devra être libérée pour dimanche à dix heures.

— C'est noté, précise Duo.

— Dès qu'il sort, il doit rendre la clef à la réception.

— Tu as entendu Sébastien? s'informe Duo.

— Oui, répond ce dernier.

— Alors, passe une bonne nuit. Les choses vont s'arranger si tu y mets du tien.

Arrivé à la maison, Duo cherche l'établissement de Sébastien pour voir les tarifs des repas. Il fait directement le virement avec le bon montant et envoie un mail explicatif. Il note le numéro pour sonner demain tout de même. Deux bras qui viennent sur son torse le sortent de ses réflexions.

— Excuse-moi, je t'ai délaissé.

— Tu avais plus urgent, c'est tout. Tu regardes pour le concours?

— Non, j'ai réglé les problèmes de Sébastien. Deux options d'étude c'est limite.

— Lesquels?

— Restauration et mécanique.

— Tu sais ce qui peut lui convenir?

— Non, je n'en sais strictement rien. Il y a trois ans, la seule chose qui l'intéressait c'était rejoindre ses parents et le milieu de la drogue. Là, je vois un jeune homme qui a peur d'y retomber par facilité et oublier ses soucis. Peur que sa mère l'entraîne à nouveau sur cette piste.

— Tu regardes maintenant pour le concours, insiste Heero.

— Je ne voudrais…

— Tu ne me délaisses pas, rassure-toi, coupe Heero. Je vais au bureau m'occuper aussi.

En moins de trois clics, Duo trouve le concours et le fichier à remplir. Il hésite encore un peu, mais son homme à son travail également. Et il va avoir moins le temps après avec Sébastien à gérer en plus de ses études. Alors, il se lance, son travail scolaire sur une page et le concours sur l'autre.

C'est à nouveau deux bras sur son torse qui le font sursauter.

— Tu en as encore pour longtemps?

— Une bonne demi-heure, les questions du concours ont complété mon travail de fin d'études. Je fais les deux de front, explique Duo.

— Bien, je vais faire la promenade de Mamzelle et me préparer pour la nuit, continue ton travail.

En entendant son nom, la chienne se lève.

— Il est déjà si tard que ça?

— Il va être vingt-trois heures. Tic et Tac vous restez là, ordonne Heero.

Les chatons pleurent devant la porte, une fois Heero et la chienne partis. Duo se dépêche, sans bâcler, mais il aimerait avoir fini quand son compagnon rentre.

Il met la dernière touche quand la porte s'ouvre à nouveau. Il est à la dernière relecture pour le concours. Son travail de fin d'études, il pourra le peaufiner plus tard.

— Tu veux que je relise avant que tu n'envoies? demande Heero en ôtant le harnais.

— Non, je ne crois pas que ça puisse être si grave deux ou trois fautes. J'envoie et j'arrive.

À Suivre…