Le léger vrombissement de la sphère tire Hermione de sa rêverie.

Elle ferme le livre sur ses genoux et jette un regard brumeux à sa montre. Bientôt 15h. Son estomac commence à crier famine.

Draco dormait encore. Elle n'en aurait que pour quelques secondes, juste le temps d'aller chercher un fruit dans la cuisine.

À son retour, un détail capte immédiatement son attention, la sphère exhale des volutes de fumées d'un violet nébuleux.

- Comment est-ce possible ? Ça ne fait même pas quatre heures que je l'ai activée... Il faut que je la purge avant qu'elle ne s'enraye.

Hermione s'approche doucement et s'agenouille sur le rebord du lit, se penchant au-dessus du corps endormi pour se saisir de l'objet. Avant qu'elle ne l'atteigne, une main fraîche se referme avec vigueur sur son poignet nu, la déstabilisant.

- Qu'est-ce que tu fais ? demande une voix grave, empreinte de sommeil, juste sous elle.

Son corps entier se tend sous l'effet de la surprise. Elle incline la tête, juste assez pour croiser les yeux gris de Draco, qui maintient toujours son poignet.

Une odeur de vétiver, chaude et boisée envahit l'air autour d'eux.

- Pardon, je voulais juste récupérer quelque chose, souffle-t-elle avant de se dégager en reculant d'un bond maladroit.

- Qu'est-ce que c'est ? Il suit le mouvement de sa main alors qu'elle fourre l'objet dans sa poche.

- Rien d'important, répond-elle, la voix tendue. Est-ce que tu te sens mieux ?

- Un rien que tu as utilisé sur moi, visiblement, rétorque le jeune homme avec suspicion, tout en ignorant sa question.

Il se redresse lentement, passe une main dans ses cheveux en bataille. La tentative pour les recoiffer est perdue d'avance.

- Granger, j'ai le droit de savoir, non ?

Son regard passe de manière éclectique sur Hermione et l'environnement qui l'entoure.

- J'ai l'impression d'avoir dormi des jours. Tout était... paisible, jusqu'à ce que je me réveille d'un coup. Qu'est-ce que c'était ?

Hermione s'assied à ses côtés, croisant les mains sur ses genoux. Elle semble hésiter, pesant le pour et le contre avant de soupirer et ressortir la sphère de l'endroit où elle l'avait dissimulée.

- C'est un onirophage, un dévoreur de rêves, appelle ça comme tu veux. De la magie ancienne. On l'a trouvé perdu dans un tas de bric-à-brac sous la boutique quand on a emménagé, souffle-t-elle en le tournant doucement entre ses doigts.

Draco plisse les yeux, les traits marqués par une curiosité mêlée de méfiance.

- Et ça sert à quoi exactement ?

- Pendant ton sommeil, ça ramène ton esprit à un état "neutre", si l'on peut dire ça.

Elle observe l'étincelle qui passe dans son regard et devine ses pensées avant même qu'il ne parle.

- Je sais ce que tu te dis, et c'est une mauvaise idée, reprend-elle fermement. Ça finit par absorber tes doutes, tes peines, mais aussi ta joie, tes rêves, tes ambitions... tout ce qui fait que tu es toi.

- Ça fait bien longtemps que j'ai dit adieu à tout ça.

Hermione lutte pour apaiser le tremblement qui commence à envahir ses mains, puis ancre son regard dans le sien, comme pour s'assurer qu'il comprenne bien sa mise en garde.

- Tu te souviens de la clé qu'on a trouvée dans la boîte l'autre jour ? Elle sert à l'activer. J'avais demandé à Neville de la cacher quelque part il y a plusieurs mois. Parce que j'étais devenue tout simplement incapable de m'en passer... et tu ne mérites pas de subir ça.

Elle détourne les yeux, la voix vacillante.

- On peut dire que j'ai sacrément raté mon coup. Je voulais juste t'aider, je suis désolée.

- Je crois que je comprends.

Le ton de la voix de Draco est bas, presque hésitant. Il ne sait plus vraiment ce qu'il est supposé ressentir à cet instant. Le prix pour vider son esprit lui semble si peu élevé. Il en oublierait jusqu'à son nom s'il le pouvait, tant qu'il restait capable de poursuivre ses objectifs.

Mais la douleur palpable de la sorcière s'insinue en lui et le trouble. Elle aussi semblait souffrir.

Alors, il se tait.

Absorbée par le cœur de fumée éthérée de l'onirophage, Hermione finit par lever les yeux vers Draco, son visage à quelques centimètres du sien.

- Il s'est rempli si rapidement, je...

Draco désigne sa tempe d'un mouvement de l'index.

- C'est le chaos, là-dedans, mais ça va aller. C'est toi qui m'a dit qu'il fallait continuer d'avancer. Je suivrai ton exemple.

Il cherche à la rassurer mais elle n'est pas dupe malgré le sourire réconfortant qu'il affiche.

Elle baisse les yeux, les laissant se poser sur l'avant-bras gauche de Draco, replié contre son torse. Il remarque immédiatement son regard.

- Il ne me l'a pas apposée, si c'est ça que tu cherches à vérifier. Il a trouvé d'autres manières plus créatives de laisser sa marque, dit-il, la voix chargée d'une amertume froide.

- Je sais. J'ai déjà vu ton bras quand je t'ai... enfin, peu importe. Je ne cherchais pas à te mettre mal à l'aise.

Draco se lève soudain, se positionnant devant elle avant de lui tourner le dos.

De la chute de ses reins jusqu'à son omoplate, une longue cicatrice, profondément gravée dans sa chair, porte les lettres suivantes : "LÂCHE".

- Mais même si je venais à oublier qui j'étais, j'ai ce qu'il faut pour me le rappeler.

Ses mots sont acides mais dépourvus de colère, seulement chargés d'une cruelle résignation.

Hermione se fige.

- Ce n'est pas ce que tu es, finit-elle par dire, se refusant à se détourner de cette marque indélébile.

Être le fils d'un disgracié conseiller du Seigneur des Ténèbres et avoir trahi à peu près tout le monde… rien de tout cela ne s'effacerait jamais, il le savait bien.

D'un geste rapide et nerveux, la jeune femme frotte ses yeux humides avant de se lever à sa hauteur, du moins autant que possible.

Elle lui adresse un grand sourire, balayant toutes les émotions qui menaçaient de déborder.

- On devrait manger, sinon on ne va pas s'en sortir. Quelque chose te tente ? propose-t-elle avec un entrain factice.

- J'aimerais surtout récupérer mes vêtements, rétorque Draco d'un ton mordant.

Elle cligne des yeux, surprise, puis se retourne vers lui avec une moue contrite.

- Ah... c'est vrai...Carmine a insisté pour les laver elle-même. Elle s'en veut énormément.

- Je ne vais pas rester comme ça.

- Non, non bien sûr ! On va… trouver quelque chose.


Vêtu d'un tee-shirt à l'effigie des Bizarr' Sister, probablement utilisé par Hermione en guise de pyjama, Draco contemple avec perplexité le vide abyssal du réfrigérateur que la sorcière vient d'ouvrir.

- Hm, je pensais qu'il nous restait un peu plus que ça. On a de quoi faire de la pâtisserie, mais pour un vrai repas, ça semble... plus compliqué, dit-elle en haussant les épaules.

- Je m'en occupe.

Il attrape une boîte esseulée de coulis de tomate, qu'il ouvre et verse dans une poêle. Il y ajoute ensuite les restes d'épinards trouvés dans un coin du frigo, mélange rapidement et creuse trois petits puits dans la sauce avant d'y casser les derniers œufs disponibles.

- Tu improvises une chakchouka ?

- Une quoi ? Non, je cuisine, tout simplement.

Un sourire amusé éclaire le visage d'Hermione alors qu'elle le regarde faire, les bras croisés.

- J'ai hâte de goûter... enfin, si tu ne fais pas tout brûler.

- Je t'en prie, viens cuisiner à ma place, Mademoiselle je-fais-mieux-que-tout-le-monde, rétorque-t-il avec une pointe de sarcasme alors qu'il lève les yeux au ciel.

Hermione éclate de rire, posant une main sur le bord de la table.

- Mes excuses, chef Malfoy. Mais tu sais quoi ? Je vais juste rester là et juger la qualité de ton expertise culinaire. J'ai de grandes attentes, sache le.

Draco, mi amusé, mi exaspéré, se reconcentre sur sa poêle avant d'éteindre sous le feu.

Ils passent le reste de l'heure à discuter de tout et de rien, esquivant soigneusement les événements précédents.

Tout semble plus doux ici, comme hors du temps. Il aime le son de son rire, les petites marques qui creusent ses joues quand elle s'extasie sur la nouvelle édition des Chroniques Magiques de Meryaz ou bien sur la découverte d' une nouvelle espèce de Niffleur en Suède. La sincérité chaleureuse qu'elle lui offre dans chacun de ses sourires, comme s'il n'avait jamais été monstrueux.

Bientôt le temps vient à manquer.

- Zabini ne devrait pas tarder à arriver. On devrait descendre, suggère Hermione en s'étirant lentement.

Accoudé sur le comptoir de la boutique, Blaise attend patiemment, jouant distraitement avec les feuilles d'une petite plante verte.

- Oh, waouh, quel look, susurre-t-il, moqueur, en apercevant son ami au bas des marches. On dirait le chanteur d'un boys band en gueule de bois.

- Merci pour le compliment, rétorque Draco d'un ton traînant sans même lever les yeux.

- Tu te sens mieux ? lui demande Zabini en saluant Hermione d'un geste de la main.

- Ouais, j'ai dormi comme un bébé... grâce à une plante toxique dont on m'a involontairement aspergé. Je te raconterai, lâche Malefoy, évitant soigneusement de croiser le regard de Carmine.

Blaise arque un sourcil, visiblement partagé entre la compassion et l'envie irrépressible de taquiner son associé.

- Très bien. Toujours partant pour un verre ce soir, ou tu préfères t'épargner ?

Draco jette un regard furtif à Hermione.

- Pas de contre-indication avec ce que tu m'as donné ?

- Évite de finir par terre, et ça devrait aller. D'ailleurs, Carmine, est-ce que tu peux ramener les flacons posés tout à gauche sur le comptoir de l'atelier ? Pour la nausée et les maux de tête, précise-t-elle à l'adresse de Draco.

La jeune fille s'exécute rapidement, rapportant une petite bourse dans laquelle s'entrechoquent les remèdes. Elle la dépose avec soin sur le comptoir avant de reculer pour se replacer derrière Hermione.

Blaise, un sourire en coin, observe la scène avec amusement.

- Qu'est-ce que tu dirais de proposer à ces dames de se joindre à nous ce soir, pour enterrer la hache de guerre ? suggère-t-il en se tournant vers elles.

- Non, je ne pense pas que ... commence Draco, sans grande conviction.

Hermione ne lui laisse pas le temps de finir. Son esprit avait réfléchit à tout vitesse. Elle ne connaissait pas bien Blaise mais n'avait rien contre lui. Sortir s'amuser leur ferait du bien. Elle en avait besoin.

- Pourquoi pas ? On est fermé demain. Je testerais bien les nouvelles bières dont tout le monde parle en ce moment. Ça te va Carmine ?

Cette dernière hoche la tête et Blaise est ravi de la réponse, au demeurant inattendue.

- Excellent choix. Vous ne le regretterez pas, elles sont délicieuses. Disons 20h au Frogs ? Ça laissera à ce monsieur le temps de se décrasser et de retrouver une allure à peu près présentable.


- Le goût est fabuleux ! s'exclame Hermione en reposant sa chope, les joues légèrement empourprées. Blaise fait alors un signe au serveur pour qu'il s'approche.

- On va vous prendre une planche de fromages ensorcelés et des frites au sel de Mezmor, s'il vous plaît.

- Ajoutez deux Éclosions Écarlates pour nous, merci, enchaîne Hermione.

Blaise tourne la tête, surpris, en direction de son associé.

- Oh, si on se lance dans les cocktails, un Souffle de Vert Gallois en plus. Draco ?

- La même.

La soirée se poursuit, rythmée par les va-et-vient du serveur à leur table et les débats enflammés quant aux meilleures alliances à faire pour survivre en cas d'apocalypse zombie.

- Les trolls Herneux n'auraient aucune chance ! assène Hermione, reprenant une gorgée dans un verre dont elle n'avait plus la certitude qu'il s'agisse du sien. Sa voix se teinte du ton légèrement prétentieux qu'elle prenait à l'époque. Vraiment ! Ils sont lents et stupides avec une corne ridicule sur le front !

- Pardon ? réplique Blaise, faussement outré. Leur épaisse peau écailleuse est pratiquement impénétrable ! Les zombies se casseraient les dents dessus. Je pense définitivement qu'une alliance avec eux serait bénéfique.

Draco, jusque-là silencieux, lève les yeux de son verre.

- Une alliance qui impliquerait de négocier avec des créatures qui ne comprennent même pas le mot "apocalypse". Bonne chance avec ça.

- Traître ! Tu ne vois pas leur potentiel, et toi, Granger, tu manques cruellement de vision. Je suis un incompris, s'insurge Zabini .

Il prend son verre d'une main avant d'ajouter :

- Il ne me reste plus qu'à me noyer dans l'alcool.

Et il le termine cul-sec.

Une musique monte alors dans l'air et Hermione en reconnaît immédiatement les premières notes.

- Oh ! Les Riot Dolls ! J'adore ! s'exclame-t-elle avec une ferveur probablement accentuée par son dernier verre.

- Une danse ? propose Blaise en lui tendant sa main.

- Volontiers.

- Vous venez, vous deux ? ajoute-t-il en se tournant vers Carmine et Draco.

Carmine secoue timidement la tête, un sourire gêné sur les lèvres. Draco lève une main avec nonchalance, comme pour dire "Faites donc."

Blaise entraîne Hermione vers la piste et l'accompagne dans un pas de Rock'n'Roll improvisé, laissant leurs amis à la bonne compagnie des victuailles restantes.

- Je suis vraiment désolée pour ce matin, commence doucement Carmine.

Draco tourne lentement la tête vers elle, détachant son regard de la piste.

- C'est bon. Je n'aurais jamais dû rentrer sans prévenir. C'est moi qui me suis montré inconscient.

La jeune fille ne dit rien et regarde Blaise faire tournoyer Hermione qui rit de bon cœur.

- Ils sont complètement bourrés, note-t-elle.

Draco esquisse un rictus, jouant distraitement avec sa chevalière.

- Mais ils s'amusent. Tout va bien.

- Tu ne vas pas les rejoindre ?

- Je préfère rester ici, commence-t-il, lorsqu'il entend la voix essoufflée mais joyeuse d'Hermione les appeler.

- Carmine, Draco, venez !

Blaise se tourne à son tour pour les héler :

- Malefoy, ramène tes fesses ici, c'est plus marrant que la valse, promis!

Draco soupire profondément, puis se redresse avec une lenteur théâtrale sous le sourire de Carmine. Il n'avait pas été si dur à convaincre.

- Très bien.

Hermione applaudit, victorieuse, tandis que Zabini s'avance vers lui.

- Accordez-moi cette danse, cher ami.

- Va te faire voir, grogne Draco dans un sourire qui le trahi alors que les deux comparses l'entraînent déjà vers la piste .

Blaise attrape la main du blond pour le guider dans une série de pas croisés et, lorsqu'il le sent plus confiant, le relâche pour revenir vers Hermione. D'un geste habile, il la ramène contre lui, ses doigts frôlant sa taille, avant de la faire tournoyer jusqu'à ce qu'elle atterrisse dans les bras de Draco. Timidement, ce dernier saisit à son tour la main de la sorcière et croise brièvement son regard. Un battement de cœur manqué pour un instant d'éternité.

La jeune femme virevolte d'un partenaire à l'autre, avant de s'esquiver, le souffle court, alors que les deux autres entament une sorte de tango alcoolisé.

De retour près de leur table, Hermione s'assied un instant auprès de Carmine, un franc sourire aux lèvres.

- Tu es certaine de ne pas vouloir venir ?

La jeune fille hésite mais Hermione la prend doucement par l'épaule, l'entraînant dans leur cercle.

Ils dansent depuis près d'une heure lorsque le bar annonce sa fermeture.

- Il est minuit, les Cendrillons, annonce Blaise en allumant une cigarette dans la douceur de la nuit.

- Oui, l'heure de rentrer à la maison, répond Hermione en vacillant.

- Attends, qu'est-ce que tu fais ? la retient Carmine.

- Je rentre, chez moi c'est tout droit.

Elle pointe ensuite du doigt une direction parfaitement aléatoire.

- Alors... pas vraiment, non. On devrait prendre le Magicobus, ou bien...

- Je vais vous ramener, propose Draco d'un ton calme, presque protecteur. Je suis probablement le plus sobre de nous tous. Je devrais bien réussir à retrouver le chemin. Blaise, tu nous accompagnes ? poursuit-il en rajustant le col de son manteau.

-Toujours.

La petite troupe se met en marche et atteint sa destination au bout d'une vingtaine de minutes.

- Je crois que le dernier verre était de trop, annonce Hermione, soulagée d'arriver enfin à bon port.

- Le dernier seulement ? Se moque Draco alors qu'il ouvre la porte de la boutique pour elle. La sorcière lui rend son sourire.

- Bon d'accord, peut-être les deux derniers alors. Mais c'était une bonne soirée, marmonne-t-elle, laissant sa tête lourde de sommeil tomber comme une pierre contre le torse du jeune homme. Ce dernier pose une main sur sa joue pour essayer de la revigorer.

- Il faut rester debout encore un peu, vous y êtes presque. Carmine, ça va aller si tu passes devant ?

- Bien sûr. Elle salue Blaise et Draco avant de prendre la tête du cortège dans la cage d'escalier.

- Je t'attends en bas, je ne suis pas certain que monter les marches soit une super idée pour moi non plus, annonce Blaise en s'adossant à la rampe.

- Ok, on se retrouve dans cinq minutes.

Il saisit le bras d'Hermione avec douceur et l'aide à monter jusqu'à sa chambre pour la coucher dans le lit où lui-même avait reposé quelques heures plus tôt.

- Merci. Son visage rencontre la fraicheur des draps et elle laisse son esprit dériver vers les eaux profondes du sommeil.

Draco hésite. Il n'oserait jamais lui enlever ses vêtements, aussi se contente-t-il de retirer ses chaussures avant de remonter la couette sur ses épaules pour la réchauffer. Une mèche de cheveux ondulée tombe sur sa joue et il retient le geste de la replacer derrière son oreille.

Les mots lui échappent :

- Je ne sais pas ce qui s'est passé pour toi depuis tout ce temps, mais... j'espère que ça va mieux maintenant.

Elle ne répond rien, probablement déjà endormie. Tant mieux.

Draco dépose un petit paquet soigneusement emballé sur la table de nuit, ses doigts s'attardant un instant sur le bois poli.

Il ferme les yeux un instant, pressant l'arête de son nez entre ses doigts, comme pour tenter de remettre de l'ordre dans ses pensées confuses. Il n'avait pas tant bu, mais le contenu de son cœur s'agitait de sombres palpitations.

Qu'est-ce que tu fais, bon sang ? Tu n'es qu'un poison qui corrompt tout ce qu'il touche. Tu ne dois pas rentrer dans sa vie, et certainement pas de cette manière. Il n'y a pas de place pour ça et il n'y en aura jamais.

Ce simple cadeau et ça s'arrêterait là.

- Bonne nuit, Granger.

Sans un bruit, il se détourne et quitte la pièce, refermant doucement la porte derrière lui.


WARNING: Le prochain chapitre sera un peu spicy, je vous invite à ne pas le lire si cela vous met inconfortable :).