Bonjour!
Petit warning, il s'agit d'un chapitre spicy. Plutôt court, il s'inscrit dans le déroulement de l'histoire mais je ferai en sorte de rattacher les wagons dans le prochain chapitre :)
Il y'avait de cela bien longtemps que l'utilisation d'un réveil n'était plus nécessaire pour Draco Malefoy. Pourtant, ce matin-là, un bip irritant et régulier martèle ses oreilles pour le tirer de ses songes.
- Mais qu'est-ce que... ? maugrée-t-il en tâtonnant au-dessus de sa tête pour se saisir du coupable.
Arraché à sa torpeur, il plisse les yeux, observant le minuscule réveil dans sa main. Un réveil qu'il ne reconnait pas. Tout comme la pièce dans laquelle il se trouve, bien qu'elle lui semble familière.
Il redresse la tête, scrutant les alentours, l'esprit encore embrumé. La soirée de la veille avait-elle dérapé ?
Une vague de d'appréhension traverse son esprit lorsqu'il entend du bruit émaner de la pièce adjacente. Draco attrape à la hâte un pantalon et une chemise noire abandonnés sur une chaise avant de se diriger vers la porte.
Il pousse cette dernière avec précaution et découvre Hermione tendue sur la pointe des pieds, cherchant à attraper un pot de confiture perché au-dessus d'un placard de taille démesurée. Le tee-shirt qu'elle porte peine à couvrir la naissance de ses fesses.
- Granger ? grogne-t-il, surpris en détournant le regard.
- Oh, bonjour. Bien dormi ? lui lance-t-elle en abandonnant l'objet de sa convoitise pour se tourner vers lui.
Il se frotte l'arrière de la tête, une moue contrariée sur le visage.
- Où suis-je ? Et... qu'est-ce qu'on fait ici ? demande-t-il en lui tendant le pot qu'il vient de saisir.
Hermione soupire, amusée.
- Viens déjeuner, au lieu de poser des questions idiotes.
Encore peu certain de comprendre la situation, il s'exécute et s'assied avec elle autour de l'ilot de la cuisine. La chaleur de la pièce lui semble presque irréelle.
La sorcière leur prépare du thé qu'ils accompagnent de tartines beurrées à la confiture. Draco mord avec ferveur dans l'une d'entre elles, apaisant un estomac pour une fois plaintif.
- Bien, est-ce que tu peux me raconter comment on est arrivés... là.
Il se mordille la langue et les mots se perdent en cours de route, ensevelis sous sa gène.
- Tu ne te souviens vraiment de rien ? C'est dommage.
Avant qu'il ne puisse répondre, elle tend la main et essuie du bout du pouce une petite tache de confiture sur sa joue .
Il fronce les sourcils, surpris par le geste, puis se contente de marmonner :
- Je pouvais très bien m'en occuper moi-même.
Un sourire se dessine sur les lèvres de la jeune femme.
- Ca aurait été beaucoup moins amusant.
Un jeu silencieux se joue dans ses yeux alors qu'elle se rapproche un peu plus de lui.
- Il y'en a encore un peu ici je crois, murmure-t-elle en frôlant sa gorge de la pointe de son nez.
- Granger, qu'est-ce que tu fais ?
Encore une énième question à laquelle elle choisit de ne pas répondre. Au lieu de ça, elle se lève et vient se placer face à lui. Lentement, elle s'installe sur ses cuisses, son regard plongé dans le sien dans une intensité qui lui fait perdre ses mots.
Elle dépose un baiser sous son lobe d'oreille, puis ses mains glissent sous sa chemise pour remonter avec lenteur jusqu'à ses pectoraux.
Draco inspire profondément et pose instinctivement les mains sur ses hanches, hésitant entre la repousser et l'attirer davantage. Il devait la repousser.
Les contradictions retournent son esprit dans tous les sens. Il tente de réprimer l'affamé qui se meurt de désir au fond de ses entrailles. Il est dur à faire taire et son corps le trahit.
- Alors, ça te plaît ? Ou tu préfères qu'on continue à discuter ? murmure-t-elle à voix basse tandis qu'elle termine de déboutonner sa chemise.
Un feu de sensations, qu'il pensait éteintes depuis longtemps, enflamme ses sens. Son corps devient brasier sous ses caresses, et les remparts de sa raison cèdent lorsqu'il sent la douceur brûlante de ses baisers contre son cou.
Hermione, dont la tête repose à présent sur son épaule, se cambre quand les mains chaudes de Draco glissent sur son dos, caressent le creux de ses reins, explorant chaque frisson qu'il éveille.
- On dirait que oui. Elle se presse un peu plus fermement contre son érection.
Il passe ses doigts sous le menton de la sorcière et attire son visage vers lui.
- Tu es sûre que c'est que tu veux, grogne-t-il sans pouvoir la regarder dans les yeux.
Elle répond par un gémissement, intensifiant le rythme de ses baisers.
Les mots semblent superflus.
Un dernier clou dans le cercueil de sa volonté. Il empoigne alors le bas du tee-shirt de la jeune femme, le remontant jusqu'à dévoiler ses hanches. Ses mains passent jusque sous ses cuisses qu'il soulève sans effort, la déposant sur le comptoir derrière eux. Ses doigts s'attardent ensuite sur l'arrondi de ses fesses nues, tandis qu'elle resserre instinctivement les jambes autour de sa taille, annihilant définitivement l'espace entre eux.
Hermione approche ses lèvres des siennes, les joues échauffées. Il l'embrasse, doucement, comme pour demander la permission d'aller plus loin.
Ses lèvres ont le goût sucré des cerises.
Draco sent la main de la jeune femme se glisser dans la sienne pour le guider entre ses cuisses. Il comprend ce qu'elle attend de lui.
Ses lèvres capturent les siennes dans un baiser plus profond cette fois, son corps désespérément attiré par le sien.
Le souffle court, il parcourt les courbes douces et sensuelles de la sorcière jusqu'à passer les doigts sous ses dessous afin de les retirer.
Elle gémit, se livre toute entière à ses caresses. Leurs souffles s'emmêlent, la frontière entre hésitation et abandon s'efface complètement.
Draco la serre un peu plus contre lui pour calmer les violents battements de son cœur alors qu'elle agrippe ses épaules.
- J'ai envie de toi, murmure-t-il, en l'aidant à se débarrasser du dernier vêtement qui la sépare de lui.
Elle est à présent complètement nue, assise face à lui sur le comptoir.
Il laisse son visage se perdre dans la cascade de boucle brune, apposant de léger baiser à la naissance de sa poitrine. Les doigts d'Hermione s'affairent à défaire sa ceinture, et tout son corps se tend de désir.
Il la veut toute entière, il en est maintenant certain, mais pas ici, pas comme ça.
- Attends, murmure Draco, la voix rauque, quand il rencontre son regard fiévreux.
Avec une tendresse qu'il ne se connaissait pas, il passe un bras sous ses cuisses et l'autre autour de son dos pour la porter vers la chambre.
Le monde semble soudain se troubler. Un fourmillement intense parcourt ses jambes, comme si le sol s'apprêtait à s'effondrer. Autour d'eux, l'environnement se désagrège au rythme d'une lourde pulsation. Le corps d'Hermione se fait plus léger.
Draco tente de resserrer sa prise, mais elle glisse entre ses bras, happée dans ce vide étrange. Un vertige le saisit et il vacille, incapable de lutter.
-Non...
Draco ouvre les yeux, engourdi dans la moiteur des draps, le cœur et le corps encore en ébullition. A la fenêtre, Altaïr tape du bec avec empressement contre la vitre.
Secoué par l'écho brûlant de ce qu'il vient de vivre, il se redresse lentement, les jambes flageolantes, pour ouvrir au volatile. Altaïr agite ses ailes devant lui avant de lui tendre fièrement sa patte. Délicatement, il détache le message et déplie le papier jauni.
"S'il te plait, ne prends pas la fiole jaune. Une petite erreur, rien de trop dramatique. Je t'expliquerai tout quand tu repasseras chercher la Vysperine. - Hermione."
Draco fixe le message, le froncement de ses sourcils trahissant une incompréhension grandissante. Ses doigts replient lentement le papier.
Une petite erreur. La fiole anti-nauséeuse qu'il avait prise en rentrant cette nuit.
Des images, aussi vives que dérangeantes, défilent dans sa tête. Son corps et son esprit se souviennent encore parfaitement. Un goût de cerise. Des cheveux bruns. Une peau brûlante contre la sienne.
Draco serre le parchemin dans sa main, envahit par un mélange d'apaisement et de déception. Il se refuse à explorer l'origine de ces émotions contradictoires et douloureuses qui perce un trou dans son âme.
Tout cela n'était qu'un foutu rêve induit par une foutue potion. Ses rêves ne lui ficheraient donc jamais la paix.
Mais il n'avait pas perdu la tête, bafoué ses principes, ni cédé à une pulsion aussi viscérale qu'interdite.
Simplement le fruit de son imagination galopante. Il était clair qu'il ne lui dirait rien si elle le questionnait, mais elle allait devoir fournir de sacrées justifications.
Altaïr pousse un cri, comme pour le ramener à la réalité. Draco soupire profondément, froissant le parchemin avant de récompenser l'animal d'une gourmandise piochée dans le stock de Murmure.
"Un peu tard, Granger." se contente-t-il d'écrire sur morceau de parchemin vierge, qu'il confie à l'oiseau.
