Vaisseau amiral RSV115 «Emancipator», atelier principal.
Non sans mal, les corvées de nettoyage avaient fait place nette. Corps et débris avaient été évacués et les machines les plus encombrantes, ou ce qu'il en restait, avaient été repoussées contre les cloisons. Seuls les impacts de blaster, derniers vestiges de la bataille, étoilaient encore les parois.
Isse avait réuni les sous-officiers survivants ainsi que la totalité des Death troopers. La troupe, fatiguée, se plaça en silence autour de son chef, les «noirs» au plus près.
Il monta sur un établi et s'adressa à l'assemblée :
-Dans douze heures nous rejoindrons la flotte à Wayland !
Une rumeur d'approbation parcourut l'assemblée.
-Pourquoi Wayland ? demanda un des centurions noirs au premier rang.
-Nous y avons des forces en concentration. Elles nous aideront à finir le nettoyage du vaisseau et à l'intégrer à nos forces.
-Pourquoi attendre ?
-Pour disperser la flotte Réps qui est à nos trousses !
Isse continua :
-D'ici là, pas d'attaque ! Vous devez juste surveiller et contenir si nécessaire !
-Tout est calme. Ils pansent leurs plaies comme nous… intervint un officier de la sécurité intérieure.
-Nous n'avons pas encore été repéré ? demanda son voisin.
-Non, répondit Isse. Nous sommes en silence radio absolu, dans une région ou ils n'ont pas de sonde.
Malgré la coupure du chauffage, il faisait chaud dans la pièce bondée. Certains Death trooper avaient retiré leurs casques pour mieux respirer. La plupart avaient pensé à couper l'alimentation de leurs comlink, mais pas tous…
Isse conclut la réunion.
-Je veux une escouade de Death trooper à toutes les barricades ! Vous assurerez la liaison entre les points d'appuis !
-Jusqu'à la mort et au-delà ! Répliquèrent les «noirs».
La salle se vida au rythme des groupes qui regagnaient leurs emplacements. Le général des Death trooper les regarda se retirer.
Crebs, qui s'était tenu à ses cotés et qui n'avait pas ouvert la bouche jusque là prit la parole :
-Juste avant le grand saut, je ferai une communication au conseil impérial.
-Bonne idée. Ca brouillera encore un peu plus les pistes, répondit Isse.
Les deux hommes quittèrent à leur tour la pièce.
-Je remonte au poste de commandement, annonça Crebs.
-Vérifie les ascenseurs, répondit le général des Death troopers. Ils ont été minés, mais on ne sait jamais…
-Pas de problème, ça sera fait.
-Je reste ici pour l'instant. Je veux inspecter les barricades.
-Entendu. Je préviendrai l'amiral.
Isse le regarda partir du coté du sas. Il était confiant.
«Ça va être du gâteau…» pensa-il.
Au même moment, deux étages au-dessus des impériaux, trois républicains réunis autour du casque récupéré par Judd n'avaient rien perdu de la réunion. Il s'agissait du responsable soute qui avait pris en charge la résistance, de l'informaticien de bord qui avait conservé la maitrise du recyclage de l'air et enfin du chef navigation qui venait de terminer le point.
Le chef soute fit un signe à l'informaticien qui interrompit la liaison du casque.
-Ça se passe de commentaires. On a douze heures pour éviter de finir prisonniers.
-Pas d'aide à attendre de l'extérieur, répondit le chef navigation. On est dans une zone complètement déserte.
-De toute façon, si les nôtres nous trouvent ça hâtera notre destin, intervint l'informaticien. Leur commandant a été clair là-dessus.
-On peut bloquer le vaisseau ? demanda le chef soute à l'informaticien.
-Non. Ils ont tout déplombé, si je rentre dans la boucle de pilotage je serai immédiatement repéré.
-On peut émettre ?
-On a juste récupéré le poste d'un bombardier. Sa portée est insuffisante.
-Il y a une planète habitable à proximité ?
-Rien du tout, répondit le chef navigation. La première planète tellurique est à une demi-heure lumière…
Le chef soute se gratta le menton.
-Il va bien falloir trouver quelque chose...
Il se leva, ouvrit la porte et appela le planton qui surveillait le couloir.
-Envoyez des estafettes ! Je veux tous les officiers au réfectoire dans dix minutes !
Le planton salua et partit distribuer les consignes.
Quasiment au même moment, Sven et Esan arrivaient eux aussi à l'entrée de la cantine. Ils y croisèrent un messager qui partait porter les consignes aux étages inférieurs et qui en profita pour leur annoncer leurs convocations.
-Pour une fois ça tombe bien, nota flegmatiquement Esan.
-Que ça ne nous coupe pas l'appétit ! Renchérit Sven.
Et ils passèrent le seuil de la salle en recherchant Diane du regard.
Ils la trouvèrent assis à une table un peu à l'écart en compagnie de deux pilotes de X-wing, ce qui fit ronchonner Sven.
-Ceux-là alors… toujours en chasse !
-Soyons indulgent, répondit Esan un peu goguenard, ils viennent de perdre leurs montures…
-C'est pas une raison pour aller braconner chez les autres !
Diane les vit et leur fit signe de son bras valide.
-Salut les gars ! C'est bon de vous voir vivant !
Les deux hommes s'assirent à la table, non sans pousser un peu les deux chasseurs.
-Eh ! Tu peux pas faire un peu gaffe ! Dit l'un des pilotes.
-Laisse, répondit l'autre, c'est son équipage…
Il se leva, suivi de son acolyte.
-Ça tient toujours Bébé. Quand tu seras réparée, bien sûr…
Et ils sortirent du réfectoire sans se retourner.
-Qu'est-ce qu'il a voulu dire ? demanda Esan étonné.
-Oh pas grand-chose ! Répondit Diane d'un ton badin. Il me proposait juste un vol d'initiation en T70 biplace…
-La vache ! Ils ont vraiment peur de rien…
Diane éclata de rire.
-Bah, au moins ils gardent le moral ! Et vous comment ça va ?
-Ben on a fait le coup de feu contre les impériaux. Avec le scorpion qu'on a cru mort.
-Oui, je l'ai rencontré. Il a bien failli me tuer.
-Comment ça ? s'exclama Sven.
Diane leur raconta alors son périple avec les blessés. Elle n'omit que la récupération du lieutenant après sa crise de vertige. A la fin du récit, Esan prit la parole :
-Sacrée histoire ! Qui pouvait bien être le type que tu as endormi ?
-Je ne sais pas. Un dignitaire impérial. Ex-jedi certainement…
Puis encore Diane :
-J'ai appris pour le groupe…
Un froid silence descendit sur la table.
-Oui… répondit Esan. On est moins du quart de l'escadrille maintenant…
-Y'a rien à boire ici ? demanda Sven.
-C'est tout ce que ça t'inspire ?
-Pour trinquer à leur mémoire…
Il se leva et se dirigea vers le comptoir. Diane et Esan le virent discuter longuement avec le soldat qui tenait le mess. Enfin il revint avec un plateau supportant trois minuscules gobelets.
-Eh bien ! Ils l'ont distillé rien que pour toi ? L'interpella Diane.
-Que dalle ! C'est de la flotte ! Tout est rationné !
-Bouse…
Le trio contempla tristement le plateau.
-Que ça ne nous empêche pas de trinquer ! décréta Diane.
-Oui, à nos morts ! répondit Esan.
-A eux ! Et aux autres aussi… conclut Sven.
Les gobelets furent levés et avalés d'un trait. Un bref moment de silence s'imposa, tout de suite rompu par une estafette.
-Conférence de commandement ! Les non-convoqués doivent immédiatement quitter la pièce !
Diane se leva.
-Vous me raconterez, les gars !
Elle salua et sortit.
