Junior se réveilla très tôt le lendemain matin, comme à son habitude. Le temps était bien plus clément que la veille au soir et il mit quelques secondes à se remémorer les évènements l'ayant amené à dormir chez sa collègue. Cette soirée avait été vraiment très agréable. S'il était vraiment honnête tout les moments qu'il passait avec elle étaient fabuleux, peu importait le contexte. Après quelques minutes à réfléchir, le Seal s'habilla et entreprit d'aller préparer un petit déjeuner pour lui et sa collège.
De son côté, Tani émergea bien plus tard. Ces derniers jours n'avaient pas été simples et elle avait définitivement besoin de repos. Malgré tout ce qu'il s'était passé, la jeune femme ne put s'empêcher de sourire quand elle se souvint de la présence de son coéquipier dans la chambre d'à côté. Il avait décidément le don de l'apaiser. Après s'être complètement réveillé, elle se rendit compte qu'il y avait du bruit dans la cuisine.
Intriguée, la policière se leva, enfila un gilet par-dessus son short et son débardeur puis sortit de sa chambre pour finir par trouver Junior en train de préparer à manger. Cette scène semblait tellement naturelle que cela la fit presque paniquer.
— Hey, salut, bien dormit ? Interrogea-t-il en la voyant réveillée.
— Très bien et toi ? Rétorqua Tani hésitante, en restant appuyée contre la porte.
– À merveille, même si ton frère a des goûts intéressants en matière de décoration. Enfin, c'était définitivement bien plus sage de rester hier soir. À ce que j'ai entendu aux informations, la tempête à fait pas mal de dégâts sur la route.
— Les informations… ? Attend, tu es levé depuis combien de temps ?
— Pas aussi longtemps que tu ne le crois. J'ai préparé le petit déjeuner. Enfin, j'ai essayé vu que tu n'as vraiment pas grand-chose dans ton réfrigérateur. Tu devrais aller faire des courses, blagua le policier qui essaya de détendre l'atmosphère, voyant bien qu'elle remit ses barrières en place. Il ne s'en formalisa pas vu que c'était très courant chez Tani. `
— Tu sais, tu n'étais pas obligé de préparer quoi que ce soit je, bafouilla-t-elle.
— Hey, respire, ce sont juste des pancakes. Allez à table, parce que je meure de faim et que l'on risque de finir par être en retard au travail, expliqua Junior en coupant court à la conversation. Sa coéquipière détestait se sentir vulnérable alors, il ne souhaitait pas faire durer plus longtemps que nécessaire. Seulement, il comptait bien continuer ses petites attentions pendant aussi longtemps qu'il le faudrait pour qu'elle comprenne qu'il n'irait nulle part.
Le repas se passa dans le calme. Les deux amis discutèrent de tout et rien en écoutant les informations pour avoir un bilan des dégâts faits par la tempête pendant la nuit. Visiblement, cela restait assez superficiel. Néanmoins, dès qu'ils eurent fini de manger, Junior reçu un appel de son patron et colocataire pour lui demander où il était et le prévenir qu'ils allaient devoir travailler pour éviter que les délinquants profitent du chaos ambiant.
Quand l'ancien SEAL lui expliqua être chez sa coéquipière (en précisant le motif de ce découchage) il reçu immédiatement une remarque taquine. Heureusement qu'il n'avait pas mis le haut-parleur. Une fois la conversation terminée, les deux amis se préparèrent à partir travailler. C'était assez étrange pour eux d'effectuer de tels gestes du quotidien ensemble.
Junior avait déjà eu une relation sérieuse alors il savourait de retrouver la familiarité de passer du temps avec une personne qui comptait tant pour lui. Le jeune homme trouvait dingue qu'elle lui fasse autant d'effet dès le réveil.
De son côté, Tani n'avait jamais connu ça avant et c'était aussi agréable qu'effrayant. Elle adorait l'idée de l'avoir à ses côtés, de passer du temps seule avec lui. La jeune femme ne pouvait d'ailleurs pas nier que de l'avoir vu torse nu plusieurs fois lui avait donné des idées assez osées. Enfin, elle essaya de réprimer ses émotions pour qu'il ne s'aperçoive pas de l'effet qu'il lui faisait et se prépara sans encombre.
Une demi-heure plus tard, ils partirent travailler dans la voiture de l'officier Reigns. En arrivant, ils purent voir que la mère de Tani avait réitéré l'action de la veille en s'asseyant sur le banc devant leurs locaux. La jeune femme passa une nouvelle fois devant elle de manière indifférente, mais Junior la connaissait suffisamment pour savoir que ça l'atteignait.
Une fois arrivée dans les locaux, les deux policiers partirent travailler séparément. En fin de matinée, il était seul avec Steve et ne supportait plus la situation alors il sortit des bureaux pour aller à la rencontre de la mère de sa meilleure amie.
- Madame Rey, Junior Reigns du 5-0 … Je suis un collègue de votre fille. Je sais que je ne peux pas vous y obliger, mais j'aimerais vous demander de partir maintenant.
- Enchanté monsieur Reigns. Je comprends votre démarche, car j'imagine que ma fille vous a dit tout un tas de truc horrible sur moi. Toutes ces histoires sont surement vraies d'ailleurs. Seulement, j'ai changé et je compte bien me faire pardonner.
- Pour être honnête, elle ne m'a quasiment rien dit sur vous, mais je la connais suffisamment pour voir qu'elle souffre et ça je ne le supporte pas. Vous n'avez pas idée d'à quel point Tani est merveilleuse et elle ne mérite pas cela.
- Je sais que je lui ai fait du mal et c'est justement ce que j'essaye de réparer. Si vous me dites que ça la fait souffrir à ce point, je vais réfléchir à une meilleure manière de le faire, mais je n'abandonnerais pas. Cette fois-ci, je compte bien rester et peu importe le temps que cela prendra pour qu'elle me fasse confiance à nouveau.
- Je comprends, mais veillez bien à ce que ça se fasse en respectant sa volonté, car je ferais ce qu'il faut pour la protéger, termina le jeune hawaïen en tournant les talons pour rentrer dans le bâtiment.
Cette conversation n'était pas passée inaperçue aux yeux du commandant McGarett qui avait pu les observer depuis la fenêtre de son bureau. Bien conscient de ses sentiments et de la complexité de la situation, il fit venir son colocataire dans son bureau pour une petite discussion.
- Junior, bien que tes intentions soient louables, tu es conscient que si Tani apprend que tu t'es mêlé de ses affaires, elle risque de ne pas apprécier.
- Je sais boss, mais elle a beau dire que tout va bien, je n'y crois pas. Elle souffre et je veux l'aider comme elle m'a aidé à régler mes problèmes quand je suis revenue d'Afghanistan.
- Je sais et je comprends. Vous tenez profondément l'un à l'autre. C'est une évidence …
- Je t'arrête tout de suite, il ne s'est jamais rien passé entre nous. Je ne suis même pas sûre que ce que je ressente soit réciproque.
- Pour moi, ça ne fait aucun doute que ça l'est. Enfin, ce que j'essaie de te dire, c'est que tu devrais lui parler. Les sentiments réprimés peuvent être dangereux sur le long terme, car ils finissent toujours par ressortir et rarement de la meilleure des manières. En plus, la vie est trop courte et trop tordue pour ne pas la passer avec les personnes que l'on aime. Est-ce que tu vois où je veux en finir ?
- Oui patron, j'y penserais, conclus Junior avant de retourner dans son bureau, des pensées plein la tête. Ses sentiments pour Tani ne faisait que s'amplifier avec le temps et il n'allait bientôt plus pouvoir les cacher, mais il ne souhaitait définitivement pas tout gâcher.
Le jeune homme se dit que de toute façon, il fera tout pour protéger leur amitié … Quoiqu'il arrive !
