Je crois pas que je l'avais précisé dans mon précédent texte sur eux, mais en fait, j'ai des gros problèmes de NagiReo. Au sens que c'est absolument mon OTP sur ce fandom. Du coup les revoilà, toujours pour la Nuit du FoF, cette fois-ci sur le thème Vérisimilitude ! Mais promis j'ai bientôt fini de spammer haha avec toujours un grand merci à Zofra pour son aide et son soutien indéfectible x33

Personnages/Pairings : Seishirô Nagi/Reo Mikage
Rating : T


04 : Juste une image

Les cheveux en bataille, partiellement glissés le long d'une tempe et partiellement éparpillés sur l'oreiller ; avec cet épi rebelle sur le côte droit, cette frange trop longue en travers du visage. Les yeux mi-clos, les paupières à peine relevées, mais le regard gris et fixe qui n'en apparaissait que mille fois plus intense. L'air encore tout endormi, si doux et sans barrières, et pourtant la sensation qu'il savait exactement ce qu'il voulait, qu'il ne tarderait plus à l'obtenir-
Allongé sur le côté dans le grand lit confortable, presque avalé par les draps douillets et roses comme des nuages sucrés, malgré tout resplendissant, impossible à ignorer au cœur de la scène, Nagi avait une main négligemment glissée sous un coussin et l'autre à plat contre son propre ventre, sur ses muscles abdominaux dont son haut relevé n'invitait qu'à imaginer les contours. Le pyjama qu'il portait était bleu clair, d'une teinte qui mettait en valeur sa peau laiteuse aussi bien qu'elle s'accordait à tout le reste, et l'ensemble du bas simple et du haut sagement boutonné accentuait davantage encore la candeur de l'image – enfin, s'il n'y avait ces deux boutons habilement défaits tout en haut, juste comme il le fallait pour révéler sa clavicule, ce pan du col qui remontait à peine trop sur son épaule…

Merde.

Le visage brûlant, en proie à des sentiments parfaitement contraires, Reo plaqua une main sur sa bouche et détourna le regard mais ne put se résoudre à fermer le magazine sur son bureau, ouvert à la double page consacrée au premier shooting photo exclusif de Nagi Seishirô.

Eh merde !
C'était sa faute. Il le savait, cette fois-ci, il ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même ; parce que sans lui, jamais Nagi n'aurait eu ne serait-ce que l'idée d'accepter une proposition pareille, quand bien même c'était exactement ce qu'il manquait à sa carrière pour s'assurer une meilleure visibilité et fidéliser sa fanbase. Parce que sans lui, jamais Nagi n'aurait même considéré que son image de marque avait la moindre importance, trop persuadé qu'il lui suffisait de marquer plein de buts pour attirer les sponsors- Et dans un sens, ce n'était peut-être pas complètement faux, mais-
… Mais merde, Nagi était juste beaucoup, beaucoup, beaucoup trop mignon. Et au moins tout aussi séduisant. L'équilibre parfait entre le câlinable et le sexy, de sorte que Reo n'avait plus envie que de se jeter dans ses bras – ce qui aurait été tout l'inverse d'un problème en temps normal, mais là ! Mais là ! Alors qu'il s'agissait d'une photo dans un magazine, un magazine imprimé à des milliers d'exemplaires, sur lequel des milliers de fans allaient poser leurs yeux, à cause duquel des milliers de personnes allaient voir Nagi, son Nagi, son trésor à lui, comme ça-

Reo avait bien étudié les photos avant leur publication, pourtant. En tant que petit ami officiel, il n'avait même pas hésité à user de son droit de véto contre plusieurs d'entre elles, de sorte à ne conserver que les plus chastes, celles qui n'en dévoilaient pas trop, pas en ce qui concernait les aspects de Nagi qui devaient n'appartenir qu'à lui. Mais maintenant qu'il se trouvait face au produit fini, il était bien obligé d'avouer qu'il avait oublié de tenir compte d'une chose.

Ça avait l'air si réel.
Nagi, au réveil, adorable et irrésistible. Avec ce regard qu'il ne jetait normalement qu'à Reo. Cet épi qui n'était là que pour que Reo l'arrange. Ces boutons que c'était à Reo de rattacher, ou de défaire pour de bon suivant les jours – mais à Reo. À personne d'autre. Parce que Nagi Seishirô était son trésor, son partenaire, son amoureux, son futur époux si tout se déroulait comme il l'espérait plus que tout au monde-

Comptant mentalement jusqu'à dix, Reo inspira profondément, et passa deux mains moites sur son visage toujours en feu. Rationnel, Reo. Pense rationnel. Ce n'était qu'une photo dans un magazine, en fin de compte. Ça avait beau avoir l'air vrai, dans les faits, ça n'avait rien de la vérité – c'était mis en scène, pris sous l'angle le plus avantageux, retouché pour faire ressortir les bonnes couleurs…
Et puis, maintenant qu'il y réfléchissait, ce n'était qu'une image. Un instantané. Une seconde de la vie imaginaire d'un Nagi imaginé ; pas les longues minutes qu'ils passaient dans les bras l'un de l'autre tous les matins. Il manquait les moments où il refermait les yeux, ses adorables marmonnements pour ne pas se lever, ses bras tendus pour exiger que Reo le porte. Ou bien le ton blasé de ses commentaires, les petits signes peace qu'il faisait de la main droite pour illustrer que leur lit était l'endroit qu'il préférait chez eux, et même le geste incroyablement fluide et sexy avec lequel il ramenait ses cheveux en arrière pour le convaincre de rester quelques heures de plus entre les draps…

Désormais plus calme, Reo parvint enfin à reprendre le contrôle de son visage, mais garda les yeux clos.
Voilà, c'était ça. Le Nagi de la photo n'était pas son Nagi. Ce n'était pas le vrai. C'était juste- Une représentation, imagée, trafiquée, incomplète, du vrai. Parfaitement. Et il ne fallait pas qu'il s'autorise à penser ne serait-ce qu'une seconde à ce que quiconque d'autre se permettrait d'imaginer sur la base de cette représentation, car-

Sans plus hésiter, Reo referma le magazine d'un geste sec, puis le classa pour référence future. Le dossier était clos.
(Et plus jamais il n'accepta, pour quelque magazine que ce soit, que Nagi réitère l'expérience du shooting photo.)