Ça faisait un petit moment, mais j'ai profité du mois d'octobre pour écrire quelques textes en plus sur ce fandom, donc je les ajoute discrètement à la suite de ce recueil c: Un tout grand merci Zofra pour ton avis sur ce petit texte, c'est ce qui me motive à quand même le poster finalement !
Personnages/Pairings : Ryûsei Shidô/Sae Itoshi
Rating : T
13 : Je sais que je ne devrais pas
Le truc, c'est que Ryûsei a conscience qu'il ne devrait pas. Rationnellement. Faire ce qu'il s'apprête à faire.
Tout envoyer valser sur un coup de tête, juste comme ça, et sauter dans le premier avion pour aller faire un petit coucou à son chéri en Espagne – faut dire qu'il en connaît pas beaucoup, filles ou garçons, qui apprécieraient ça. De voir leur copain d'à peine une année débarquer sans prévenir, sans même un coup de fil au préalable, peut-être juste un SMS une fois à l'aéroport, genre heyy bébé, devine où je suis. Quand bien même ils ne se sont plus vus autrement qu'en appel vidéo depuis des mois, lui imposer sa présence à l'improviste et l'obliger à revoir tout son planning à la dernière minute pour s'en accommoder, c'est un peu le comportement du petit ami égoïste et trop envahissant par excellence, non ? À deux doigts de tomber dans le flippant ? Et en même temps, aah, rien que d'imaginer la bouille tout impassible de Sae-chan... Son sourcil haussé, pour bien lui montrer que ses conneries ne l'impressionnent pas... Ryûsei en frissonne d'avance.
Et donc, oui, le pouce en suspens au-dessus du bouton Valider l'achat dans l'appli de la compagnie aérienne de son choix, il sait très bien qu'il ne devrait pas. Mais qu'on évite de se foutre de sa gueule – quand est-ce que ça l'a déjà arrêté, hein ?
Pas la dernière fois que Sae-chan est passé au Japon et que Ryûsei n'a pas pu s'empêcher de tâter son joli petit cul en le serrant dans ses bras à l'aéroport, en tout cas. Pas non plus toutes ces fois où il lui a envoyé, à distance, des photos de lui après la douche et des gros plans du monstre entre ses jambes – ça, c'est sûr ! Même pas du temps où ils n'étaient pas encore en couple, en fait, et que se jeter sur le dos de Sae-chan en plein match lui paraissait aussi naturel que d'exploser à chaque but qu'ils marquaient ensemble... Alors quoi.
Aux lèvres de Ryûsei, le sourire se fait aussi large que ceux qui lui ont valu son surnom de démon, et il presse le bouton sans hésiter. Oui, il est égoïste, et alors ? Ça tombe bien, c'est précisément ce que lui ont toujours demandé la bande de clowns derrière le projet Blue Lock, lui, il s'est contenté de satisfaire la clientèle ; et s'il est trop envahissant, comme petit ami, s'il est vraiment à ce point près d'être flippant, eh bien... Sae-chan savait à quoi s'attendre en signant pour se le taper, non ?
En tout cas, songe Ryûsei lorsqu'il descend de son taxi espagnol quelques dizaines d'heures plus tard, son bagage cabine à la main et tout le corps vibrant déjà à l'idée de retrouver Sae-chan, s'il ne le savait pas, il va être vite fixé. Il ne lui a même pas fait le coup du SMS de dernière minute, au final – juste un message rapide pour lui dire j'aurai une surprise pour toi demain ;) avant d'embarquer, ce à quoi Sae-chan s'est contenté de répondre ?, et juste comme ça...
Juste comme ça, il est là. Les joues presque douloureuses à force de sourire d'excitation et chaud bouillant. Chaque atome qui le compose branché sur la fréquence du mec qu'il préfère sur cette Terre, les yeux à la recherche de sa silhouette qu'il connaît par cœur, avec et surtout sans vêtements, le rythme cardiaque d'ores et déjà un peu plus rapide-
Et puis soudain, il le voit. Son Sae-chan. Exactement à l'endroit où ses coéquipiers que Ryûsei a menacés par messages ont dit qu'il serait. De dos, pour l'instant, mais ce n'est pas ça qui l'empêche d'être encore plus beau que dans ses souvenirs ; canon avec ses épaules bien solides et bien droites, sexy comme pas deux dans son petit ensemble de training aux couleurs de son équipe... L'espace d'une seconde, Ryûsei est pris d'au moins trois envies différentes, incompatibles mais toutes irrépressibles : appeler son nom et attendre qu'il se retourne pour enfin poser sur lui son regard froid et magnifique, ou bien courir jusqu'à lui et sauter sur son dos avant qu'il ait le temps de réagir, ou bien l'attraper par le bras et profiter de sa surprise pour le faire pivoter sur ses talons, le presser contre le mur le plus proche-
Mais c'est une autre idée qui traverse son esprit et qui s'impose, finalement. Oh, oui. En un flash, comme une révélation divine. Traversé d'un nouveau frisson, Ryûsei lâche temporairement sa valise, et s'approche de Sae-chan en silence, le sourire plus carnassier que jamais.
Quelques instants plus tard, le geste plus rapide que ses meilleures actions sur le terrain, ce sont ses deux bras qui passent autour de son petit ami, ses deux mains qui se pressent contre ses yeux, en même temps qu'il s'exclame joyeusement :
« Devine qui c'eest~ »
Et lorsque Sae-chan se retourne, sa forte poigne se saisissant du bras de Ryûsei puis de son t-shirt, il pense aussitôt, oh, il va me foutre à terre- Sae-chan en est capable, après tout, Sae-chan l'a déjà fait, Sae-chan n'hésiterait pas une seconde, et le pire, c'est que Ryûsei ne serait vraiment pas contre-
Mais il n'en est rien.
Au lieu de ça, ce sont les lèvres de Sae-chan qui s'écrasent sur les siennes, ses doigts froissant plus fort encore le tissu de son t-shirt, comme pour l'obliger à rester à sa place, mais Ryûsei tuerait celui ou celle qui essaierait de le faire bouger de là, et bientôt sa langue qui rejoint la sienne. La rencontre sans douceur. Lui fait miroiter une caresse puis la domine. Ouah. Ce n'est pas ce qui était prévu, mais Ryûsei n'est pas du genre à cracher sur un cadeau pareil – alors il ferme les yeux, attrape son Sae-chan par la taille, et l'attire tout contre lui en même temps qu'il reprend le contrôle de leur baiser.
Lorsqu'ils se séparent, Ryûsei a le plaisir intense de rouvrir les yeux pour plonger dans ceux, si beaux, si bleus, du mec qu'il aime plus que tout au monde. En plus de ça, son Sae-chan adoré garde l'air imperturbable, comme toujours, mais d'aussi près il voit bien que son souffle est un peu plus court, que ses joues sont un peu plus rouges qu'à l'accoutumée… Aah, et alors quoi, si ça l'excite ? Encore un truc qu'il ne devrait pas faire, ça- Se mettre à bander en public, alors que Sae-chan est collé à son torse et peut définitivement le sentir- Mais il n'est qu'un homme. Et ce n'est pas le fameux sourcil haussé de son cher petit ami qui va l'arrêter – pas les mots qui suivent, sur un ton on ne peut plus neutre, qui vont lui faire croire que c'est seulement ce que Sae-chan essaie de faire.
« On s'excite tout seul, mon petit démon ?
– Oh, je crois que c'est plutôt toi qui cherches à me faire exploser au plus vite, Sae-chan. »
Pour toute réponse, Sae-chan plisse les yeux, et ce serait adorable si Ryûsei ne mourait pas autant d'envie de l'allonger sur la première surface plane à leur disposition pour le faire sien. Puis il laisse échapper un souffle un peu hautain, presque moqueur, et relâche le t-shirt de Ryûsei pour le repousser d'un geste doux mais ferme. Le regard toujours accroché au sien, mais l'attitude trahissant bien sa décision – pas ici, petit démon. Mais aussi : un peu de patience, ton heure viendra.
« Débrouille-toi pour te retenir, ajoute-t-il. Mon appartement est à vingt minutes en taxi. »
Et d'accord, ce n'est pas le genre de Ryûsei, d'hésiter à faire ce qu'il ne devrait pas faire. Encore moins d'accepter des ordres et de se soumettre à quiconque. Malgré ça, il n'en faut pas plus pour qu'il sache immédiatement, assurément que cette fois, il ne va pas commettre le moindre impair ; pas faire ne serait-ce qu'un pas en dehors du chemin qu'on lui a demandé d'emprunter, ni s'autoriser un seul geste de travers-
Car avec Sae-chan, il le sait, la récompense de son obéissance en vaut toujours l'effort – et aah… Il n'y a pas à dire, Ryûsei se réjouit déjà d'y arriver, à cet appartement.
