L'incendie des Hale avait marqué la fin d'une nuit éprouvante et l'aube se levait lentement sur Beacon Hills, apportant une lumière pâle qui faisait ressortir les ruines encore fumantes de la maison. Les pompiers étaient toujours sur place, luttant contre les dernières braises, et les ambulances transportaient les blessés vers l'hôpital.
Pour John Stilinski, la fatigue physique n'était rien comparée au poids émotionnel qui pesait sur ses épaules. L'odeur de fumée imprégnait encore ses vêtements, un rappel des événements tragiques de cette nuit-là.
Après avoir laissé Stiles à la maison sous la surveillance de quelques voisins, John se rendit directement au poste. Il avait besoin de comprendre ce qui s'était passé, de trouver des réponses.
Les premiers rapports étaient déjà sur son bureau. L'incendie semblait avoir été criminel, déclenché par plusieurs foyers répartis autour de la maison. John serra les poings en lisant les détails. Ce n'était pas un accident. Quelqu'un avait voulu détruire cette famille.
Il pensa à Peter Hale, qu'il avait sauvé de justesse. L'homme était gravement brûlé, mais vivant. Mais les autres ?
Les Hale étaient une famille nombreuse, et John savait qu'il devait s'assurer qu'ils allaient tous bien. Il pensa à Talia Hale, qu'il avait aperçue au milieu des cendres, rassemblant les survivants avec une force tranquille malgré ses blessures. Elle avait murmuré un remerciement, mais son regard avait dit bien plus.
John savait qu'il devait leur parler, mais il ignorait comment aborder la situation.
Dans la matinée, après avoir pris un peu de repos et préparé un déjeuner rapide, John décida d'emmener Stiles à l'hôpital. Il n'avait personne d'autre pour le garder, et de toute façon, il préférait avoir son fils près de lui.
Stiles était toujours un peu secoué par les événements de la nuit précédente, et John savait que l'hôpital était l'endroit où ils pourraient obtenir des informations sur l'état des blessés.
Arrivés à l'hôpital, John et Stiles se dirigèrent vers le service des urgences. L'atmosphère était différente de d'habitude, plus tendue, avec des médecins et des infirmières qui couraient dans tous les sens. Les bruits des machines et des pas précipités résonnaient dans les couloirs.
« Papa, tu crois qu'ils vont tous s'en sortir ? » demanda Stiles en levant les yeux vers son père.
John posa une main sur son épaule, un geste rassurant malgré la lourdeur de la situation.
«On va espérer que oui, Stiles. »
Ils se dirigèrent vers la zone où se trouvaient les Hale. En entrant dans la chambre, John aperçut Talia Hale, entourée de plusieurs membres de sa famille, blessés mais vivants. Il y avait des bandages sur leurs bras, leurs jambes, mais ils étaient tous là, ensemble.
Talia, bien que visiblement fatiguée, dégageait une impression de calme et de maîtrise.
« Madame Hale, je suis désolé pour ce qui est arrivé à votre famille, » commença John, retirant son chapeau par respect.
Talia hocha la tête, son regard scrutant le shérif comme si elle cherchait à évaluer ses intentions.
« Merci, shérif. »
Elle marqua une pause, puis ajouta :
« Nous avons eu de la chance. Mais nous avons encore des questions. »
John se pencha légèrement en avant, son regard sérieux.
« Je comprends. Nous avons besoin de savoir ce qui s'est passé. Avez-vous des ennemis ? Quelqu'un qui aurait pu vouloir vous faire du mal ? »
Talia hésita un instant, échangeant un regard rapide avec un homme plus âgé,
probablement un autre membre de la famille.
« Non, shérif, » répondit-elle finalement, ses yeux devenant plus perçants. « Nous n'avons pas d'ennemis connus. »
John sentit que cette réponse n'était qu'une partie de la vérité, mais il ne poussa pas davantage pour l'instant. Il savait que le temps viendrait pour les questions plus difficiles.
Pendant que John discutait avec Talia et sa famille, Stiles se retrouva seul dans le couloir. Il n'aimait pas l'atmosphère pesante de l'hôpital, mais il savait que son père devait parler aux Hale. Il se dirigea donc vers une zone plus calme du bâtiment, où il aperçut un garçon un peu plus âgé que lui, assis seul sur un banc. Le garçon avait l'air fatigué, ses vêtements étaient légèrement en désordre, et son visage portait les traces d'une nuit difficile.
« Salut, » lança Stiles, sans gêne, en s'approchant.
Le garçon leva les yeux, surpris.
« Salut, » répondit-il d'une voix rauque.
« T'es un Hale, non ? » demanda Stiles, curieux.
Le garçon hocha la tête, un léger sourire se dessinant sur ses lèvres.
« Oui, Derek Hale. »
Stiles s'assit à côté de lui, les jambes balançant dans le vide.
« Moi, c'est Stiles. T'as l'air d'avoir vécu une sacrée nuit. »
Derek le regarda un instant, semblant hésiter. Puis, il répondit d'une voix basse :
« Ouais, c'est le moins qu'on puisse dire. »
Stiles sourit, un peu nerveux.
« T'inquiète, tu vas t'en sortir. »
Derek haussait les épaules, mais Stiles n'était pas du genre à se laisser décourager.
« Et je vais être ton ami. »
Derek le regarda, surpris.
« Pourquoi ? »
« Parce que t'as l'air d'avoir besoin d'un ami, et moi je suis super bon pour ça. »
Derek ne répondit pas immédiatement, mais un faible sourire se dessina sur ses lèvres.
Pour la première fois depuis l'incendie, il se sentit un peu moins seul.
Pendant ce temps, John venait de quitter la chambre des Hale. Il avait l'impression d'avoir à peine effleuré la surface de ce qui s'était réellement passé, mais il savait qu'il devait rester concentré. Il se dirigea vers le parking, où il aperçut une silhouette familière.
C'était la femme blonde qu'il avait vue près de l'incendie. Elle se tenait près d'un véhicule noir, discutant avec un homme en costume.
John sentit une colère sourde monter en lui. Qui était-elle ? Et pourquoi était-elle là, si proche de la scène de l'incendie ?
Il s'approcha discrètement, mais avant qu'il ne puisse l'interpeller, elle monta dans la voiture et disparut.
Il serra les poings, une inquiétude grandissant en lui. Cette femme semblait être liée à quelque chose de bien plus grand, et il avait l'intuition qu'il allait bientôt en découvrir plus.
De retour chez lui, John trouva Stiles endormi sur le canapé, un livre de détectives posé sur sa poitrine. Il s'assit à côté de lui, son regard se posant tendrement sur son fils.
« Comment je vais te protéger de tout ça ? » murmura-t-il.
Les événements de la nuit tournaient en boucle dans son esprit. L'incendie, les Hale, cette femme mystérieuse… Il avait l'impression de marcher sur un fil, au bord d'un précipice.
Mais une chose était sûre : il ne laisserait personne menacer sa ville ou sa famille.
