Sabo rentra dans son ancienne chambre, dotée d'un grand lit à baldaquins bleu pâle, ornés de fils d'or. Il se souvint avec émotion de ses derniers instants de jeune homme célibataire, avant son départ pour le pays de Karasu. En général, les omégas royaux n'étaient pas forcément initiés aux pratiques sexuelles, et il se rappelait des séances d'apprentissage très secrètes après son mariage.

À ces souvenirs, il jeta un coup d'œil très chaleureux à son époux, qui lui rendit la pareille. Sabo ne comprenait toujours pas comment d'une nuit de noces ratée, sous le signe de la frayeur, il en était venu à adorer son mari. Mari qui l'enlaça tendrement. Sabo se sentit rougir. Ici, dans cette chambre qui évoquait son enfance, il avait le sentiment de renaître, de s'épanouir à nouveau.

Et surtout, de violer ce qui avait été autrefois le territoire de son innocence virginale. Un cocon de beauté et de sûreté. Il avait été chéri, choyé, dorloté, mais ces adjectifs avaient eu une toute nouvelle connotation avec son Alpha qui se posait sur lui, sur ce matelas qui avait vécu son adolescence.

Sabo était à fleur de peau, la langue de son amour lécha sans vergogne ses tétons, son ventre, et son antre chaud, si sacré. Pour un peu, dans cette chambre, Sabo se recroquevilla par pudeur. Karasu éclata doucement de rire.

-Tu es tellement… mignon.

Sabo fit mine de se redresser et de mimer l'outrage. Cependant, Karasu le retint, et le força gentiment à coucher son dos nu contre les draps de soie.

-Allons, pas de ça, entre nous.

Pourtant, le blond ne pouvait contenir un rougissement de pudeur, il se revoyait, enfant, dans cette chambre.

-Tu as grandi depuis…

Depuis quand Karasu lisait-il en lui tel un livre ouvert? Voilà qui devenait inquiétant pour une personnalité royale.

-Et tu es charmant quand tu es écarlate de plaisir, mon amour.

Non, Sabo, ne tiendrait pas une minute de plus. Son clitoris était brûlant, son vagin semblait en proie à un incendie, et son utérus réclamait des attentions particulières.

-Pas si vite.

Et pourtant, toute l'anatomie de l'Alpha pulsait au rythme de ses hormones exigeantes. Ses muscles doublaient de volume, son pénis était plus impressionnant que jamais, et son odeur masculine chatouillait ses narines.

-Je sais, tu le veux, mon tendre.

Sabo plia ses genoux, écarta ses cuisses, caressa sa poitrine aux tétons pointus. Étrangement, ses mamelons étaient plus bombés que d'habitude.

-Des chaleurs précoces?

En effet. La température corporelle de Sabo évoluait de façon drastique, son antre se couvrait d'une substance humide et parfumée, qui excitait tout Alpha à la ronde. Son épiderme se couvrit d'une fine pellicule de sueur. Le blond se lécha les doigts et mima l'acte sexuel en se frotta les pubis.

-Non, pas comme ça, c'est mon rôle, tout ça.

Sabo gémissait de désir, pourtant, l'Alpha ne tenait pas encore à le dominer, à réclamer son dû. Aussi, Karasu enveloppa son Oméga entre ses membres puissants et le baisa intensément.

-Tes seins sont très humides.

Lors de leurs chaleurs, les Omégas émettaient une humeur laiteuse, succulente pour tout Alpha qui la léchait alors. On appelait cela la tétée nuptiale.

-Tu es si bon.

La poitrine de Sabo gonfla davantage, évoquant la fin de la grossesse, tout son corps était offert pour l'Alpha qui le domptait présentement. Il gémissait, ronchonnait, l'Alpha semblait ne pas le vouloir.

-Tu sur le ventre?

C'était la position la plus avilissante pour un Oméga royal, néanmoins, Sabo faisait entièrement confiance à son amant.

-Très bien…

Karasu le pénétra violemment, sans signe précurseur, lui aussi menaçait de se plonger dans l'état du rut. L'Alpha s'empara d'un morceau de peau de l'Oméga au niveau de la nuque, et le mordit, imposant sa marque.

Sa mâchoire resta là le temps que dura la danse sexuelle, tandis que Sabo se plongeait dans un état de bonheur profond, embrumé par les phéromones, les hormones, et les odeurs de son Alpha.

À un moment, il se recula, se moulant plus dans l'acte intime, sans ressentir la moindre gêne, et Karasu se coula sur son dos, plaquant sa poitrine contre le coussin. Sabo était certain d'ovuler à cet instant. Son organisme était conçu pour cela à ce moment précis.

-Tiens…

Le sperme se répandit dans le gynécée de Sabo, qui tomba à plat ventre sur le matelas, pantelant. Aucune trace de honte ne se peignit sur son visage. Bien au contraire. C'était l'extase. D'autant plus que la morsure avait été produite.

-Tu es enfin à moi. Entièrement.

Et cette pensée était très érotique.

Pourtant, une sensation électrisante naquit au niveau du nombril, un nouvel enfant était conçu.

-Bravo, ma chérie, tu es enceinte.