Les professeurs discutèrent longuement du cas de Barty Croupton Junior, la voix rauque de Rogue mélangée avec celle de Dumbledore ( le directeur de Poudlard semblait dépassé, fatigué.)
Assis face à face sur le bureau, ils échangeaient avec les commentaires incessants et plutôt énervant des tableaux. Dumbledore leurs répondaient de façon courtoise, et Rogue ignorait.
Dans un coin de la pièce, Chouta était prise dans une occupation bien moins sérieuse. Aux côtés de Fumseck, qui se tenait majestueusement droit sur son perchoir doré, elle s'appliquait à gratter le bec du phénix. Elle lui retirait les derniers morceaux de caramel qui s'y étaient collés. Fumseck semblait apprécier l'attention, émettant de légers trilles de satisfaction...
Ils étaient bien d'accord sur l'urgence de l'arrêter, sans vraiment savoir où le trouver. Le trente décembre, Rogue raconta s'être rendu au village de Little Hangleton, dans la maison qu'ils avaient visité dans le rêve lucide. Voldemort et son serpent avaient effectivement bien squatté la demeure, ils l'avaient même profanée. L'état dans lequel la bâtisse se trouvait était encore plus glaçante que dans le rêve. La cheminée était encore chaude lorsqu'il était arrivé, ce qui voulais dire qu'il avait manqué Lord Voldemort et ses fidèles de très peu.
Pour conclure son rapport, Rogue informa Dumbledore qu'il avait découvert, près du fauteuil en cuir,
des traces de Polynectar, identifiables sous forme de quelques gouttes disséminées...
Chouta trouva ça tenace de s'être rendu là-bas, seul, dans la version réel de ce lieu épouvantable. Mais Dumbledore, lui, n'en pensait pas un mot. Il désapprouvait fermement cette petite escapade téméraire, cette prise de risque qui, dans d'autres circonstances, aurait pu mener Rogue à sa perte.
La discussion finit par s'orienter sur elle. Son père lança un assuradio pour ne pas qu'elle l'entende, mais Le Phénix compris que ce n'était pas de son goût. Avec un gros effort de concentration, l'oiseau parvient à paré le sortilège...
- T'es un véritable coeur, Fumseck, dit-elle tout bas.
Les voix de Dumbledore et son père furent d'abord petite, comme dans le bout d'un tunnel, puis claires et audibles...
- ...Et Karkaroff reviendra à Poudlard plusieurs jours après la rentrée, annonça Rogue, les mâchoires serrées. Il a, semble-t-il, des affaires urgentes à régler à Durmstrang. Je n'ai aucune idée d'où la petite va aller d'ici là, ni qui pourra s'occuper d'elle.
- Il avait été convenu que Chouta resterait à Poudlard pendant les vacances, comme certains élèves le font chaque vacances. Vous étiez d'accord, Severus.
- Je ne le suis plus, grinça Rogue.
- Poudlard est un foyer sûr. Moi-même, Hagrid, et d'autres professeurs veillerons sur elle, promit Dumbledore avec bienveillance. Cette idée ne me paraît pas effrayante...
- Vous vous croyez capable de savoir ce qu'elle fait pendant que vous êtes assis dans votre bureau à vous gaver de bonbons? Vos pouvoirs me surpassent, Dumbledore!
- Je crois que vous exagérez. Vous savez comme moi qu'il n'y a pas plus sûr que Poudlard. Chouta est suffisamment grande pour...
- Tant que Barty Croupton Jr. courre librement, je ne serai jamais confiant. Avec le Polynectar, il peut être n'importe qui! Je sent qu'il est plus près de nous que nous le pensons...
- Comme vous souhaitez garantir sa sécurité à ce point, rien ne vous empêche de rester au château, vous aussi.
- Vous semblez oublier, Dumbledore, que je suis également en droit de prendre des vacances. Ce château n'est pas ma maison. Je ne suis pas Sibylle Trelawney.
- Merveilleux, dit d'un coup Dumbledore d'une voix mélodieuse. Une idée m'est venue grâce à vous!
- Plait-il? Demanda Rogue avec réserve.
- Comme Poudlard n'est pas votre maison, qu'est-ce qui vous empêcherait d'accueillir votre fille chez vous?
- Chez moi? S'emporta-t-il. Vous n'y pensez pas!
Rogue réalisa que son sortilège avait été saboté et en lança trois nouveaux de la foulée...
Un peu plus tard, devant les grilles du Château, avec l'aube se levant...
- Ma maison est fonctionnelle, tu ne seras pas à l'hôtel, dit Rogue sur le ton de la mise en garde. Elle sert à manger, dormir, rester propre et lire.
Chouta était à bout de forces, brisée de toutes parts. Elle n'avait pas fermé l'œil depuis plus de vingt-quatre heures. Cette journée semblait sans fin, une épreuve interminable qui la laissait au bord de l'effondrement.
Tant pis si la maison de Rogue était dans le même état que sa chambre à Poudlard. Dû moment qu'elle trouvait un bout de tissu, une surface à peu près convenable sur laquelle s'allonger, elle s'en contenterait. À cet instant, même un simple fauteuil poussiéreux aurait été un luxe. Elle n'était pas vraiment ravie de ne pas pouvoir passer le restant de ses vacances à Poudlard, mais ça lui donnait l'opportunité de passer du temps avec son père, ce qui n'avait pas de prix.
Il marchait devant elle d'un pas rapide malgré sa jambe boitante, c'était presque compliqué de le suivre à travers ce pont de pierre, la frontière de Poudlard.
- Il y a-t-il un cube de lumière avec des images qui bougent, dans ton salon? Demanda Chouta avec curiosité.
C'était un objet moldu électronique très populaire, elle pouvait bien se creuser les méninges, elle n'arrivait pas à revenir sur le nom, c'est Viktor qui en lui en avait déjà parlé à l'école. Apparemment, les moldus s'en servent pour connaître la météo des semaines à l'avance et pour plein d'autres choses dont elle ne se souvenais plus non plus.
- On appelle ça une télévision. Un objet de distraction pour les gens paresseux...
- Pfff, merci papa, j'ai ma réponse.
- Téléportes-toi avec ta bague au numéro 13 de l'impasse du tisseur, demanda-t-il. Tes trajets sont invisibles avec elle...
- D'accord.
- Tu arriveras trois minutes avant moi grâce à sa puissance. Ce quartier est entièrement moldu. Pas de baguette magique, pas de gestes brusques...
