Bonjour à tous, l'histoire d'Harry Potter ne m'appartient pas, créer par JK Rowling, plusieurs personnages viennent de mon imagination. Je suis désolée pour les fautes d'orthographes.

Les phrases en italique et avec des guillemets, sont des phrases en Fourchelangue

Chapitre 65 : La lutte se prépare

Harry a la tête levée au plafond depuis qu'il a terminé de manger. Il regarde ce ciel si beau où dansent des bougies sur une pluie d'étoiles. Il n'y a pas à dire, le plafond de la grande salle est la chose la plus merveilleuse dans cette école. Il laisse un sourire naitre sur son visage et ferme les yeux, pour savourer encore plus cet instant. Il se laisse porter par le bruit des conversations autour de lui, sachant que Ténébris, Severus et Regulus se sont lancés dans une discussion folle sur la limite que peut avoir l'art des potions. Harry a complètement décroché au moment où Regulus a osé dire que les potions ne pouvaient pas tout faire. Sur ce coup-là, le jeune Serpentard n'a pas été très intelligent puisqu'il vient de se mettre à dos, les deux plus grands potionnistes de leur temps. En ignorant leur conversation (plutôt leur remontrance), Harry peut entendre les bruits des autres conversations, des rires et des éclats de voix. Cette pièce regroupant tout le monde donne l'impression à Harry qu'il n'y a pas de guerre, pas de disputes, pas de séparation entre les maisons, que tout le meilleur du monde va arriver. Un rire étranglé sort de sa bouche devant sa bêtise.

- Harry, ça va ? demande une voix à sa droite.

Le survivant tourne la tête pour tomber sur les faux yeux bleus de Ténébris et sur sa tête inquiète. Sous la table, il va chercher sa main et sans un mot, il tourne la tête vers le groupe de Gryffondors le plus bruyant du réfectoire.

- Oui, parfaitement.

Ténébris sait très bien qu'est-ce qu'il regarde. Elle est vraiment heureuse qu'Harry est une chance de se rapprocher de sa famille, comme elle a une chance de retrouver sa complicité avec son père et Severus. Elle ne le réprimande pas de regarder les Rouges avec autant d'amour dans les yeux, sachant que personne ne les observe. Tous les autres Serpentards sont bien trop concentrés par ce que dit Macnair pour les voir, c'est pour cela qu'ils en ont profité pour se placer en bout de table. Ténébris se reconcentre sur sa discussion, bien décidé à faire regretter Regulus pour ses mots.

La fin du repas avance lentement, mais Harry n'y fait pas attention, préférant garder dans son champ de vision ses parents et amis, même s'il y a aussi Peter qui a un sourire très crispé. Pourtant, avant que la foule ne commence à partir, Macnair et Rosier se tiennent devant Ténébris et lui. Aussitôt, ils reprennent immédiatement leurs masques de Sang-purs, attendant sagement la suite. Severus et Regulus, qui sont dos aux deux Serpentards, comprennent ce qui se passe et adopte la même posture au moment où ils entendent :

- Pourquoi vous ne vous êtes pas joint à nous, ce soir ? demande Rosier avec agressivité.

Ce ton les met tous en alerte et leur fait redoubler de vigilance.

- Désolé, mais être entouré de gamins qui t'idolâtrent ne nous intéresse pas, annonce tranquillement Regulus.

- Ils me regardaient avec ce regard, car je racontais les exploits du maitre ! s'exclame fièrement Macnair. Et vous auriez dû être à mes côtés ! Vous ne voulez plus donner de la voix au Seigneur des Ténèbres et montrer quel est le bon chemin ?

Ténébris tourne son regard vers lui et rétorque :

- Nous n'avons eu aucune consigne comme quoi nous devions t'entendre, n'est-ce pas ? Harry et moi avons rempli notre mission et Regulus et Severus n'en ont eu aucune. Nous ne recevons des ordres que du Maitre, pas de toi. Donc à part si c'est ce qu'IL souhaite, non, nous ne sommes pas obligés de vous écouter.

Des éclairs de colère dansent dans leurs regards et la tension monte. Ténébris ne peut empêcher ses commissures de lèvres de se relever en se souvenant à quel point Rosier et Macnair voulaient se rapprocher d'eux en début d'année. Croyant qu'elle se moque de lui, Rosier susurre :

- C'était tellement mieux quand vous étiez séparé tous les quatre. J'ai l'impression que le Sang Impur de Rogue vous détourne de notre devoir.

Heureusement que Severus est dos à eux. Ces mots les énervent tous, au point où Harry serre les poings sous la table. S'il s'écoutait, il l'aurait déjà mis dans la tête de Rosier et balancé plusieurs sorts sur Macnair, tout sourire, mais il a appris à agir autrement. Il se lève très doucement en mettant les poings sur la table et rétorque, sans réussir malgré tout à cacher la colère dans sa voix :

- Cela ne gêne pas le Maitre d'avoir Severus dans ses rangs. Je parie même qu'il doit être plus heureux de l'avoir lui que vous deux réunis.

- Comment oses-tu ! Nous sommes des Sang Purs !

- Oui, mais cela s'arrête là ! D'accord, pour l'instant, vous lui avez une utilité, car vous pouvez forcer la jeune génération à le rejoindre, mais une fois en dehors de l'école, à quoi vous servirez, hein ? Severus est un génie en potion, ce qui n'est pas votre cas.

Quand Harry voit la bouche de Macnair s'ouvrir pour répliquer, il poursuit sur un ton doucereux, ton qu'il espère ressembler à son professeur de potion.

- Et avant que tu ne dises quoi que ce soit, je vais juste te rappeler deux ou trois choses. Le maitre apporte plus d'importance à ce qu'on peut lui apporter que notre Sang une fois dans ses rangs. Regulus a un pied dans toute la société anglaise grâce à son nom et est l'héritier de la famille Black puisque l'autre a été renié. Le maitre peut donc compter sur son influence. Quant à nous deux, nous lui apportons des contacts à l'étranger et le soutien des créatures magiques de la forêt. Et vous ? Qu'avez-vous à lui apporter, alors que vous êtes plus nuls que nous, toutes matières confondues?

Leurs têtes étaient impayables et face au silence qui s'éternise, Harry achève :

- Je vais vous le dire, de la chair à canon.

Le survivant prend un malin plaisir à voir de la colère sur leurs visages. Il voit bien qu'ils veulent sortir leurs baguettes, mais ils savent qu'ils n'ont aucune chance. Depuis le début de la prise de parole d'Harry, Ténébris sourit, mais elle reconnait qu'elle admire plus la tête de Regulus et Severus que ni Macnair, ni Rosier ne peuvent voir. On peut y lire de la surprise, mais aussi un mélange de fierté. C'est la première fois qu'ils voient vraiment Harry dans une position de chef, en dehors de leur souvenir.

- Avez-vous quelque chose à nous dire de plus important ou c'est fini ? demande Ténébris en restant le plus poli possible.

Elle se doute qu'il y a autre chose qui les a poussés à venir les voir. Peu importe s'ils sont en colère contre eux, si Voldemort leur a donné des ordres, Rosier et Macnair leur diront pour ne pas recevoir le courroux de leur cher maitre.

- Le Seigneur des Ténèbres souhaite nous voir, dit entre ses dents Macnair.

- Quand ?

- Vu que samedi prochain sera joué le dernier match de Quidditch, la sortie à Prés au Lard a été décalée au lendemain. C'est sera donc dimanche, même heure et même endroit que la dernière fois.

Ils se retournent et partent loin d'eux alors qu'Harry est toujours debout et que Severus, Regulus et Ténébris réfléchissent. Ils savaient qu'à un moment ou un autre, Voldemort allait les appeler. Ténébris jette un coup d'œil vers la table des Rouges et voit les Maraudeurs toujours en discussion avec Lily et ses amis. Sauf qu'un œil attentif aurait remarqué qu'ils les observaient à l'instant où Macnair et Rosier se sont approchés d'eux. Ténébris sort de son sac un galion particulier et tourne des molettes. Elle a piqué l'idée d'Hermione et a créé neuf faux galions pour qu'ils puissent se donner une heure de rendez-vous au besoin, consciente qu'ils ont besoin de discuter le plus vite possible.

Tous les galions chauffent et les Verts sont les derniers à se lever, en direction de la salle sur demande, lieu qu'ils ont choisi pour se regrouper. Instinctivement, Ténébris propage sa magie pour s'assurer que personne ne les suit, même si Harry regarde la carte des Maraudeurs à intervalle régulier. Savoir que la carte et la cape se trouvent dans les deux groupes est vraiment une chance incroyable. Regulus passe immédiatement trois fois devant le mur, où apparait une salle où sont déjà regroupés les cinq Gryffondors. C'est la première fois qu'ils se retrouvent tous ensemble avec Peter, ce qui provoque une légère tension, mais Ténébris ne veut pas se concentrer là-dessus, puisqu'il n'y a rien à faire. À la place, elle leur annonce que Voldemort les a convoqués et qu'ils seront auprès de lui dimanche.

- Quel est son plan, à votre avis ? demande Remus qui va directement à l'essentiel.

Harry et Ténébris ont été entrainés pour réfléchir comme lui, alors la réponse leur semble assez claire.

- Il va donner ses ordres pour agir. Je ne sais pas comment, mais il ne peut espérer un meilleur moment. La population est terrifiée, l'ordre n'est pas assez puissant, l'opinion publique s'écrase devant lui, ses alliés sont puissants et prêts à combattre, surtout qu'il pense avoir les créatures magiques de Poudlard à ses côtés. Il est sûr que les seuls qui peuvent l'arrêter sont Albus Dumbledore et les deux Anges du Destin qui ne sont plus aussi souvent présents lors des Raids qu'avant, déclare Harry.

- Il veut tenter quelque chose, poursuit sa fiancée. Pour l'instant, il ne peut rien faire contre Harry et moi, ne sachant pas qui nous sommes, mais s'il arrive à tuer papa, qui est son plus grand ennemi, il gagnera beaucoup. Le monde magique ne fera sans doute plus rien pour l'arrêter, ayant perdu espoir. Si Poudlard et son directeur tombent, il n'y aura aucune résistance ou très peu pour attaquer le ministère et le prendre. Je vous laisse donc imaginer ce qu'il adviendra.

Personne n'a besoin d'elle pour imaginer ce futur.

- Qu'est… qu'est-ce qu'on fait alors ? demande Peter d'une voix incertaine.

Tous le regardent, ne s'attendant pas à ce que ce soit lui qui parle. Malgré sa peur, Peter se tient droit et essaie de cacher ses tremblements. Ténébris applaudit dans sa tête, en comprenant que Peter fera tout pour se faire pardonner. Elle regarde Harry qui fixe Peter et elle s'introduit dans son esprit pour comprendre ce qu'il ressent. Ténébris s'attendait à de la colère, du dégout ou de la haine. C'est pour cela qu'elle est surprise de ressentir à la place de l'espoir. Peut-être qu'au final, Harry a déjà commencé à pardonner au rat. Se doutant que ce n'est pas le cas des autres, elle reprend la parole en regardant Peter droit dans les yeux puisque c'est lui qui a posé la question.

- Pour l'instant, rien. Il faut qu'on attende pour savoir ce qu'il va faire exactement pour se préparer.

- Tu es sure ? demande Lily. Après tout, rien ne nous dit qu'il n'attaquera pas très rapidement, ne nous donnant pas l'occasion de nous organiser.

- Il veut en finir avec toute résistance, mais cela ne veut pas dire qu'il va tout bâcler, bien au contraire. Il veut que sa victoire soit totale et implacable, que les livres d'histoire en parlent encore pendant des siècles. Cela prend donc du temps, surtout s'il veut nous faire participer dans son projet.

- Téné a raison. Attendons de voir ce qu'il va nous annoncer pour qu'on puisse se préparer. Mais une chose est sûre, nous devons anticiper certains faits avant qu'il ne fasse quoi que ce soit, continue Harry.

La jeune Dumbledore hoche la tête pour montrer qu'elle est d'accord. Elle voit James s'avancer, sans doute ayant compris ce qu'il reste à faire.

- Vous êtes surs de ne pas vouloir de notre aide pour le dernier Horcruxe ?

Sa voix n'est ni dure ni suppliante comme si James connaissait déjà la réponse, mais a besoin de s'en assurer.

- On ne reviendra pas sur ce point, l'Horcruxe est à nous, affirme Harry.

Le père et le fils s'observent intensément, comme si l'un pouvait faire plier l'autre.

- Très bien, annonce James d'un ton triste.

Harry voit leurs épaules s'affaisser en comprenant qu'ils avaient eu l'espoir de les accompagner jusqu'au bout.

- Qu'est-ce qu'on peut faire à la place ? demande Sirius.

Harry pose son doigt sous son menton pour réfléchir. Il a plusieurs idées, mais il ne sait pas dans quel ordre les formuler. Ténébris s'en charge après avoir vu les brides d'un plan dans son esprit.

- Quand on connaitra le plan de Voldemort, nous nous réunirons pour mettre au point le nôtre. Même si vous ne nous accompagnez pas, vous allez avoir du travail que vous pouvez commencer dès maintenant.

- Comment cela ? demande Lily

- Je ne peux que vous conseiller de poursuivre votre entrainement, mais au-delà de cela, il est temps de recruter des personnes prêtes à se battre dans l'école.

- Tu… tu veux que l'on forme une armée, comme vous l'avez fait ? demande Regulus incrédule.

Harry sourit face à cette idée, surtout que les Rouges sont tout autant surpris par la proposition de Ténébris que les Verts.

- Pas vous deux, non. Ce serait trop risqué pour vous.

- Mais nous, on peut ! s'exclame Sirius en comprenant. On peut essayer de rallier les élèves à notre cause et les convaincre de se battre !

- En plus, on connait déjà ceux qui ont rejoint les rangs de Voldemort ! continue James. On pourra les éviter !

- Et pour être sûr qu'ils ne nous trahiront pas, on peut noter leur nom sur un parchemin comme l'a fait Hermione pour l'AD ! poursuit Lily.

- Sauf que cette fois, j'appliquerais personnellement un sort de silence sur le parchemin, dit tout de même Ténébris. Cela évitera toute fuite, mais il faudra également n'en parler qu'aux majeurs.

- Pourquoi ? demande Sirius. Lors de votre grande bataille, des mineurs étaient présents ! Ils ont le droit de combattre aussi.

- Non, Sirius, Ténébris a raison, dit Lily d'un ton catégorique. Tu ne l'as peut-être pas remarqué, mais la plupart des mineurs restés au château sont morts ! On ne peut pas s'attendre à ce que des 1ère et 2ème années combattent des Mangemorts !

- Minerva les avait renvoyés de l'école avant le combat, explique Ténébris. Son plus grand regret est de ne pas avoir prévu que certains trouveraient une solution pour revenir. Avoir vu leur cadavre l'a anéanti et cela m'a personnellement suffi pour ne pas refaire la même chose.

Sirius baisse la tête en comprenant son erreur.

- D'accord, dit-il, on n'enrôlera que des majeurs, mais rien ne dit qu'ils accepteront.

- À vous de les convaincre, dit Ténébris. Trouvez ceux qui ne veulent pas d'un monde dans lequel Voldemort régnera et encouragez-les à se battre. Commencez par ceux qui étaient là lors de la fête de la nouvelle année et dites-leur que ce sont les Anges du destin qui ont besoin d'eux.

- Tu crois qu'ils accepteront ? demande Remus sceptique.

- Oui, vous n'avez pas idée à quel point savoir que quelqu'un de puissant se bat à vos côtés peut être important.

Ils la croient sur parole et ils acquiescent chacun leur tour.

- Bien, surtout que vous aurez une autre mission, poursuit Harry.

- Ah bon ? demande Peter.

- Oui, car il faut récupérer l'épée de Godrick Gryffondor.

À la tête qu'ils font, Ténébris sait qu'ils n'ont aucune idée de l'importance de cette épée.

- Pourquoi faire ? demande Lily. Loin de moi l'idée de dire qu'elle n'est pas utile, mais sans le venin de basilic, elle n'est pas capable de détruire des Horcruxes.

Lily se souvient que c'est ce que le Directeur avait dit. Dans leur temporalité, l'épée est capable de détruire les Horcruxes grâce au venin de Basilic absorbé lors de la 2ème année d'Harry et Ténébris. Celle de leur époque ne l'a jamais fait et est par conséquent inutile.

- Non en effet, tu as raison, mais elle sera utile autrement, explique Ténébris.

- Comment ? demande James.

Ténébris et Harry se sourient mutuellement, sachant qu'ils ont la même idée.

- Nous vous expliquerons un peu plus tard.

- Vous nous faites des cachoteries maintenant ? demande Regulus

- Non, disons qu'en fonction de ce que Voldemort compte faire, l'épée aura son importance.

- Sauf que pour l'avoir, il faut s'en montrer digne, informe Remus.

- En effet, Harry a pu l'avoir, car il allait affronter un Basilic et Neville, car il était prêt à combattre Voldemort. Nous devons trouver quelque chose qui poussera l'épée à se laisser prendre par l'un d'entre vous.

Ténébris les voit commencer à réfléchir à plusieurs idées quand Regulus intervient :

- C'est bien beau tout cela, mais tu ne donnes des missions qu'aux Gryffondors, et nous ?

Sirius sourit devant la réaction de son petit frère et va vers lui. Il met son bras au-dessus de son épaule et dit tranquillement :

- Et oui, petit frère, seuls les braves et courageux Gryffondors peuvent sauver le monde.

- Tu oublies stupides et suicidaires.

Tous rigolent devant les deux frères, trouvant cette scène très comique, mais en savourant également cette complicité fraternelle qui revient. Pourtant, leurs sérieux reviennent très vite.

- Regulus a raison, on veut en être, dit Severus déterminé.

- Vous allez jouer aux espions, annonce Ténébris

- Auprès de qui ?

- De Rosier et Macnair. On peut dire ce qu'on veut d'eux, il n'empêche que ce sont eux qui reçoivent les consignes de Voldemort. Si on avait accès à leurs informations concernant Poudlard, ce serait bien. À vous de trouver comment et d'avoir les informations en toute discrétion.

- Euh, loin de moi l'idée de te contredire, mais ce ne serait pas mieux que vous alliez voir dans la tête de Voldemort pour les avoir les informations ? demande Sirius.

- Ça ne fonctionne pas comme cela, Sirius, déclare Harry. On ne provoque pas les visions, elles se font quand il a une émotion très forte et c'est sur l'instant présent. Alors à moins qu'il annonce pile à ce moment-là tout son plan, nous ne saurons rien.

- Et en allant fouiller directement dans son esprit ? demande Remus.

- C'est trop dangereux, il pourrait se rendre compte de quelque chose, dit Ténébris. C'est sûr qu'on pourrait avoir plus d'informations, mais ce serait prendre le risque qu'il le remarque et nous découvre. Il vaut mieux qu'on soit certains des informations, plutôt qu'on soit pris.

Ils hochèrent la tête, comprenant leurs arguments. Harry les regarde une dernière fois avant de dire :

- Même si on vient de mettre Rosier et Macnair en colère, ils ne peuvent pas nous tourner le dos. Je suis sûr que vous y arriverez. En attendant, on se réunira à nouveau après notre réunion avec Voldemort pour mettre en place notre plan. Et on se reverra à chaque fois que Regulus et Severus auront de nouvelles informations.

Sans rien ajouter d'autre, chaque groupe sort de la salle séparément, rejoignant leurs salles communes. Tout le reste de la semaine fut très calme et Ténébris put constater que les Gryffondors jouaient parfaitement leurs rôles. Ils leur lançaient des coups d'œil de temps en temps, mais personne n'aurait pu dire que c'était pour qu'ils soient rassurés. Les Rouges ont fait une énorme farce contre les Verts en faisant tomber du poil à gratter, invention Moldu que Ténébris ignore comment ils s'en sont procurée, sur leurs vêtements pendant le petit déjeuner. L'envie de se gratter était tellement horrible que Ténébris aurait pu leur lancer un sort pour leur faire payer d'avoir choisi cela. Heureusement, Dumbledore leur retira assez vite ce poil quand il est devenu évident que les étudiants ne pourraient pas suivre les cours.

Severus et Regulus ont bien répliqué, en les entrainant dans une nouvelle dispute contre les maraudeurs. Les professeurs sont intervenus avant que cela ne dégénère, mais grâce à cela, personne ne se doutait de rien. La fin de la semaine s'est bien terminée et avec elle, commence le dernier match de Quidditch de l'année. L'ambiance était très tendue dans le réfectoire, car tous savaient que tout se jouerait pour 40 points. Le capitaine des verts a tenu à ce que toute son équipe mange ensemble et les encourage à bien manger, alors que lui même ne touchera pas à son assiette. Cela faisait sourire Ténébris, mais elle cachait son sourire de peur que leur capitaine la regarde pile à ce moment-là. Elle se doutait qu'il n'aimerait pas la voir sourire, pensant soit qu'elle se moque de lui soit qu'elle est trop confiante. Chose qui était le cas, mais Ténébris savait qu'il lui rappellerait la manière dont elle a joué lors du dernier match et elle ne le voulait pas. Surtout qu'elle était sûre que cela ne se reproduirait pas.

Une fois le petit déjeuner englouti, ils partent vers les vestiaires et s'habillent sous les consignes de leur gardien qui finissait toujours ces phrases par : "Et surtout Vladiar, tu dois récupérer le Vif d'or quand on aura plus de 40 points". Harry avait vraiment l'impression d'avoir Olivier Dubois en face de lui et s'il n'avait pas su que Dubois était le fils de deux Gryffondors, il pourrait vraiment croire qu'ils sont Père et Fils.

Sous les applaudissements du public, les Verts s'élancent sur le terrain et après avoir salué l'équipe adversaire, le jeu commence. Dès le début, les Verts prennent le Souafle et attaquent les buts ennemis sans relâche, marquant rapidement leurs premiers points. Ténébris et Regulus ont retrouvé leurs symbioses, se positionnant pour pouvoir récupérer le Souafle à chaque instant. Les Poufsouffle ne touchent quasiment pas la balle et sont obligés de rester en défense, ne s'approchant pas un seul moment des buts adversaires, pendant un long moment.

Depuis les Gradins, les spectateurs admirent le spectacle et les vers sont carrément euphoriques en comprenant qu'ils ont une chance pour avoir la coupe cette année. À l'inverse des Lions qui tirent toute une tête d'enterrement, sauf une poignée d'entre eux. Lily, Remus, Sirius et James gardent une expression neutre, même si tous admirent le spectacle. Surtout James qui doit se retenir de ne pas laisser un sourire se propager sur son visage. Il n'a jamais pris du plaisir à regarder les matchs de ses adversaires, il le faisait uniquement pour analyser et mettre au point des stratégies. Pour la première fois, il s'émerveille devant un match de Quidditch, alors que les Verts jouent et c'est uniquement dû à la présence d'Harry. Maintenant qu'il sait que c'est en réalité son fils, il veut le voir joué, pas pour éplucher ses tactiques, mais uniquement pour prendre du plaisir. Il frissonne quand il voit Harry commençait à faire des figures pour encourager son équipe, il voudrait l'applaudir en voyant son aisance sur un balai. En voyant ce match, James voudrait être au côté de son fils, jouer avec lui, faire des passes et même se lancer des défis, tout en jouant au Quidditch. La tristesse commence à l'envahir en se rendant compte que c'est peut-être la dernière fois qu'il peut voir son fils jouer au Quidditch. Il secoue la tête pour chasser ses idées noires, refusant de gâcher ce moment quand il a soudainement une idée. Quand la guerre sera derrière eux, il voudrait qu'ils jouent tous ensemble, pas de compétition ou d'enjeu, seulement le plaisir de jouer tous ensemble. Il se fait la promesse qu'ils feront cela, au moment où Serpentard l'emporte après avoir écrasé les Poufsouffle 180 à 20 points. Ainsi, les Verts remportent la coupe de Quidditch avec 730 points, sous des cris de joie.

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La température était ce qui l'avait choquée la première fois qu'elle s'était rendue dans la demeure de Voldemort. Ténébris avait mis cela sur le fait qu'ils étaient en plein hiver, mais elle doit reconnaitre que malgré le temps qui s'est réchauffé, il fait toujours aussi froid. La joie, suite à la victoire de Serpentards, n'est pas assez forte pour la réchauffer. En traversant les longs couloirs menant à la «salle du trône», la Survivante se remémore cette matinée qu'elle aurait bien voulu éviter. Après avoir fait la fête une grande partie de la nuit, Harry et elle se sont réveillés à deux heures du matin en catastrophe après avoir eu une vision du Mage Noir ordonnant une attaque-surprise sur un village Moldu.

Les deux voyageurs se sont précipités dehors pour aller combattre sous leurs masques d'ange. Néanmoins, la jeune femme a informé son père de l'attaque grâce à une missive, sachant qu'un peu d'aide n'est jamais une mauvaise idée. En arrivant dans le village, les dégâts étaient déjà importants, mais ils ont pu sauver de nombreuses vies et les aurors du ministère sont arrivées très rapidement, sans doute grâce au Directeur qui les a prévenus.

Ils n'ont pu regagner l'école que vers quatre heures et n'ont pas réussi à se rendormir. Bien sûr, au matin, tous les journaux parlaient de l'attaque, effaçant toute la joie que les gens ont ressentie hier. Quand Severus et Regulus ont lu les nouvelles, les deux Serpentards leur ont fait passer un sale quart d'heure pour ne pas les avoir prévenus. Ténébris était même heureuse que les Gryffondors ne puissent pas venir les voir en public sinon Harry et elle seraient peut-être devenus sourds. Le pire, c'est que Ténébris a très bien vu le sourire en coin de son père, face au comportement de ses étudiants. De ce fait, quitter le château est un soulagement, mais il est de courte de durée quand ils se sont rappelé où ils devaient aller.

Avant de pénétrer dans la maison abandonnée de Près au Lard, Ténébris a lancé un regard à Severus et Regulus pour voir comment ils allaient. Elle devait reconnaitre que les deux Serpentards ne laissaient aucun sentiment transparaitre sur leur visage. Par précaution, elle utilise sa magie pour protéger leur esprit de peur que Voldemort le pénètre et voit tout. Ténébris les avait prévenus de ce qu'elle allait faire pour avoir leur accord. Ils avaient accepté comme si cela n'avait pas d'importance, mais elle voit bien les frissons parcourir leur corps au moment où elle est entrée dans leurs esprits. Cela n'a après tout rien d'anodin et c'est quelque chose qui reste désagréable, malgré toutes ses précautions. Pourtant, elle sent dans leurs esprits qu'ils sont rassurés d'avoir cette protection.

Ensuite, c'était comme la dernière fois, Malfoy et Lestrange étaient là, ils ont eu le droit au discours de bienvenue et sur «l'honneur» que Voldemort leur fait, avant de les faire transplanner un par un. Face à la porte de la salle, Ténébris se reconcentre sur l'instant présent. Elle remet bien en place son masque de Sang Pur, s'assure que ses barrières, ainsi que celles des trois autres sont solides avant d'entrer dans la pièce où se trouve le Seigneur des Ténèbres et tous ses Mangemorts. Voldemort est assis sur son trône et les observe. Il émane de lui cette puissance qui terrorise plus d'une personne. Harry ne peut pas leur en vouloir d'avoir peur, lui-même ne se sentait pas très bien quand il a rencontré pour de vrai Voldemort en 4ème année. Sauf que pour lui, il n'a pas eu le choix d'être présent, à l'inverse de tous ces gens qui ont choisi de le rejoindre. Comme le reste de l'assemblée, Harry met le genou à terre et baisse légèrement la tête avant que le Mage Noir ne leur demande de se relever. Le Survivant voit Voldemort les scanner de son regard rouge jusqu'à ce que ses yeux croisent les siens. C'est à ce moment-là qu'il parle d'un ton doucereux :

- Mes chers amis, le moment est venu.

Cette simple phrase excite au plus haut point les sorciers présents. Voldemort se lève de son siège et descend les quelques marches en continuant tranquillement.

- Pendant bien longtemps, notre société a été corrompue, pervertie et amenée au bord du précipite à cause de ses abominations que sont les Sang de Bourbe.

Des murmures de colère se font entendre dans la pièce et on peut voir que Voldemort sourit de délice face à la rage qu'il provoque.

- Nous les avons laissés entrer les traditions Moldus, en oubliant les nôtres. Ils ont pris notre travail, nos positions, notre avenir pendant des générations. Certains disaient que c'était pour nous améliorer, pour nous faire… évoluer.

Des sifflements et des cris de rage font écho à ces paroles. Ténébris voit Voldemort lever les bras comme pour les prendre dans ses bras.

- Ce ne sont que des menteurs, des lâches et des incapables ! Nous savons la vérité ! Nous l'avons toujours su ! Les Sang de Bourbe n'auraient jamais dû intégrer notre communauté et les Moldus devraient être nos esclaves, ne valant pas mieux que ces créatures inférieures à nous, les sorciers !

Plusieurs personnes applaudissent, surtout, les jeunes étudiants happés par ces phrases.

- Nous rêvons tous de ce jour et il est proche. Il est temps pour nous de revendiquer ce qui est nôtre, mes chers amis. Et pour cela, nous allons agir!

L'excitation se fait sentir dans cette salle, au point où Harry est malade de voir tellement de gens savourer l'idée de blesser, torturer et tuer des innocents.

- Nous avons commencé cette guerre, il y a plusieurs mois. Après beaucoup de combats, d'obstacles et de pertes, il est venu l'heure de mettre en place la dernière étape de mon plan. Nos gouvernants sont tellement faibles, qu'ils se font manipuler par Dumbledore, considéré comme le plus puissant sorcier de sa génération.

Ténébris jette un coup d'œil à Severus et Regulus pour s'assurer que tout va bien. Aucun des deux Serpentards ne bouge et ne laisse rien paraitre.

- Mais nous savons la vérité ! Ce n'est qu'un vieillard fou qu'il faut remplacer. Mes Mangemorts, avant la fin de l'année scolaire, nous allons prendre Poudlard ! Ce château que l'on dit inviolable, le plus sûr de Grande-Bretagne, nous allons le faire nôtre, je vais combattre Dumbledore et le tuer ! Ainsi je prouverais à tous ma supériorité et la voie à suivre. Sans leur leader, le gouvernement tombera et nous prendrons enfin ce qui est à nous !

Les hurlements de joie se propagent, mais Voldemort n'a pas l'air de faire attention à cela, préférant aller vers les étudiants.

- Et c'est vous, mes jeunes recrues, qui allez m'aider à réaliser cet exploit.

Les 4 Serpentards ouvrent grandes leurs oreilles, dans l'espoir de recueillir le plus d'informations possibles, mais ils sont vite déçus quand le Mage Noir reprend.

- Je vous ferais parvenir par l'intermédiaire de Rosier et Macnair mon plan quand le moment sera venu. Je tiens quand même à vous dire que je compte sur vous tous pour me soutenir une fois à l'intérieur du château.

Plusieurs personnes répondent au Lord ou baissent plus bas la tête, en signe de soumission, à l'inverse de Ténébris et Harry qui préfèrent regarder par terre. Quand soudain, ils voient la robe noire de Voldemort à leur pied. Instinctivement, ils lèvent la tête et comme la dernière fois, croisent le regard rubis de ce monstre. Harry s'attendait à une intrusion dans son esprit, mais rien. À la place, Voldemort parle plus doucement comme pour leur livrer un secret que tous peuvent entendre.

- Je compte également exploiter au maximum l'alliance que j'ai avec les créatures de la forêt interdite et pour cela, je vous félicite.

Tellement de gens tueraient pour avoir les félicitations de cet être monstrueux, ce qui fait plutôt rire Ténébris n'ayant rien fait pour les mériter.

- Continuer à me prouver votre importance pour mon nouveau monde, Lord Voldemort (frisson général) sait récompenser ceux qui le méritent.

À nouveau, ils baissent la tête et répondent en cœur:

- À vos ordres, maitre.

Cela satisfait le Mage Noir car il retourne sur son trône, mettant fin à cette réunion. Pourtant, Ténébris note plusieurs faits importants. Le premier, il n'a pas parlé une seule fois des Anges du destin, pourtant devenus un plus gros obstacle qu'Albus. Alors pourquoi n'en a-t-il pas parlé ? Peut-être parce qu'il n'a pas de solution, pour l'instant ? Ou peut-être parce qu'il a, à l'inverse, un plan et qu'il veut garder la surprise ? Le deuxième point important, c'est que son discours est la preuve que le futur a complètement changé. Jamais, à part lors de la bataille finale à leur époque, Voldemort n'a attaqué directement Poudlard. Même s'ils avaient annoncé lors de leur réunion au château que cela pouvez arriver, ils savent désormais que c'est un fait et qu'ils doivent se préparer.

Ils sont rentrés assez rapidement au château après être revenus à Prés au Lard et Harry a utilisé les galions pour prévenir les Gryffondors qu'ils doivent se réunir. Severus, Regulus, Ténébris et Harry vont immédiatement dans la salle sur demande, vite rejoints par le reste de l'équipe. Aucun des quatre Serpentards n'a le temps de parler que Lily et Sirius se précipitent vers eux et les regardent sous toutes les formes. Les deux Gryffondors poursuivent leurs observations malgré les protestations de Severus et Regulus.

Sirius regarde en premier son frère et cherche la moindre entaille ou égratignure sur son visage ou tous signes montrant qu'il a pu recevoir un Doloris. Rassuré de ce côté-là, il fait de même avec Harry et Ténébris qui viennent d'être regardés à la loupe par la rousse. Harry rigole intérieurement à ce spectacle et sent une douce chaleur monter en lui. Il est ému de voir sa mère puis son parrain le regarder avec inquiétude et soulagement. Il s'imagine très bien ce qu'ils doivent ressentir et avoir une preuve d'amour comme cela lui fait un bien fou. Il voit même Sirius lancer un regard à Severus outré par l'attitude de Lily qui lui demande de retirer sa veste pour être sûr qu'il va bien. Toute cette histoire pourrait peut-être rapprocher ces deux garçons si différents et pourtant si semblables. Quand d'un coup, ils entendent un raclement de voix.

- Hum, je suis sûr que Severus, Ténébris, Harry et Regulus sont heureux de se sentir comme des poussins entourés par leurs parents, mais si on pouvait les laisser parler de ce qu'ils ont vu, ce serait parfait, annonce James en cachant son sourire

Remus rigole immédiatement, vite suivi par Harry et Ténébris. Pour Lily et Sirius, c'est plus de la gêne, tout comme Severus et Regulus qui sont sans doute plus vexés d'être traités de poussins. Peter lui, ne dit rien, ayant sans doute trop peur que sa réaction ne soit pas bien acceptée. Pendant que chacun se remet de ses émotions, James avance tout de même vers eux et dit :

- Je suis quand même content de vous voir en bonne forme.

Harry lui fait un sourire sincère, heureux d'entendre cela.

- Bien, James a raison, dit Ténébris qui commence à raconter ce qui s'est passé.

L'humeur douce et joyeuse, s'assombrit pour laisser peu à peu place à de l'inquiétude et de la colère.

- Attaquer Poudlard ! C'est impossible ! Il est complètement fou! s'exclame Sirius, hors de lui.

- Sirius, calme-toi, commence son frère. Et ce n'est pas si impossible, il l'a déjà fait et on savait qu'il risquait de le faire.

Regulus se rappelle de la bataille finale où Voldemort a fait exploser le dôme de protection qui recouvre l'école.

- Et puis, on a vu qu'il a déjà réussi à s'infiltrer dans Poudlard par des moyens détournés, poursuit Remus.

- Oui, mais toujours avec l'aide d'autrui !

- Cela ne veut pas dire qu'il ne réussira pas à nouveau, Sirius, dit tout de même Lily qui sent l'abattement l'atteindre.

Voir Poudlard être attaqué lui avait fait énormément de mal, mais elle s'était convaincue que malgré tous les propos de Ténébris et Harry, cela n'arriverait jamais à leur époque. Alors, savoir que cela va arriver la démoralise complètement. Poudlard est le symbole de l'apprentissage, de la réussite, d'un nouveau monde pour beaucoup et une porte vers des possibilités infinies. Toucher à cela, c'est toucher à l'avenir de leur communauté et Voldemort le sait très bien.

- Je comprends que cela vous fasse peur et vous enrage, dit Harry qui sent la tristesse les prendre, mais nous devons quand même nous préparer pour y faire face.

- Oui, mais comment? demande Lily.

- En restant forts, soudés et en mettant en place notre plan, annonce Ténébris en croisant les bras.

Une aura de force et de certitude entoure les deux Voyageurs qui n'a aucun lien avec leur magie. Lily a sous ses yeux les deux chefs de l'Ordre du Phoenix et de l'armée de Dumbledore. Ceux qui ont déjà vécu bien trop de choses à leur âge, qui sont morts et qui sont revenus pour continuer à se battre. Cela booste Lily, consciente qu'elle se battra auprès d'eux, mais la tristesse ressentie après avoir vu leur passé remonte à la surface. Se remémorer tout ce que son fils et sa fiancée ont fait lui donne envie de les prendre avec elle et de partir. De tout abandonner pour les protéger, pourtant elle rejette vite cette pensée. Ce serait une honte pour elle. Au fond, elle ne pourra jamais quitter le monde de la magie et puis, ni Harry, ni Ténébris ou même James et les autres ne la suivront. Alors, avec volonté et détermination, elle attend les paroles de ceux devenus instinctivement leurs chefs.

- Pour l'instant, nous ne savons pas quand et comment Voldemort va agir, alors ne nous précipitons pas.

Tous hochent la tête, confortés par ses paroles. Harry annonce:

- À ce titre, votre mission, Severus et Regulus, est essentielle ! De vos découvertes découlera notre plan d'action.

Les deux nommés sentent une pression importante s'abattre sur leurs épaules, mais ils en sont fiers et feront tout pour réussir. Ténébris décroise ses bras pour paraitre moins intimidant :

- En tout cas, tout ce que Voldemort nous a annoncé nous encourage vraiment à récupérer l'épée de Gryffondor.

La surprise se lit dans leurs yeux, en se souvenant de cette mission et ne sachant toujours pas à quoi va servir l'objet des Lions.

- Euh, demande Sirius, est-ce que vous voulez bien enfin nous expliquer pourquoi?

- L'épée nous servira d'appât contre Voldemort, explique Ténébris dans un sourire, consciente que ce serait injuste de garder le secret plus longtemps.

- Pourquoi ? demande Remus surpris. S'il vient à Poudlard, un appât ne sert à rien.

- Faux, Remus. On sait que Voldemort va combattre le Directeur pendant qu'il est ici. Autant papa fera tout pour protéger les élèves et les combattants présents, autant Voldemort n'en aura rien à faire. Au contraire, il pourra même les utiliser contre lui. Il nous faut donc une raison qui poussera Voldemort à soit, arrêter son combat contre papa, soit une motivation à s'éloigner de la foule.

- Et l'épée est parfaite pour cela, termine Harry.

- D'accord, je comprends le principe, dit Regulus, mais la question est toujours la même. Pourquoi l'épée ? Pourquoi pourrait-il tout abandonner pour l'épée ?

Harry et Ténébris se regardent et se sourient. Ils ont l'impression d'être des professeurs avec leurs élèves, cela leur fait penser à l'AD.

- Vous oubliez ce que Voldemort veut plus que tout, commence Harry.

- Quoi ? demande James.

Mais ni Harry ni Ténébris ne répondent, les obligeant à réfléchir et à se souvenir du but ultime de Voldemort. Après plusieurs minutes, c'est Severus qui comprend le premier.

- Les quatre reliques des Fondateurs !

Harry et Ténébris hochent la tête avant de poursuivre.

- Voldemort veut créer sept Horcruxes, dont quatre appartenant aux fondateurs de l'école, explique Ténébris, vite reprise par Lily qui a également compris.

- Et pour l'instant, en dehors du carnet et de la bague des Gaunt, il n'a que le médaillon pour Serpentard, la coupe en lien avec Poufssoufle et le diadème qui représente Serdaigle, mais rien de Gryffondor !

- Donc votre plan est de l'attirer avec une relique de notre maison pour le distraire ! s'exclame James.

- Et la relique la plus connue et la plus accessible que nous ayons, c'est l'épée, termine Remus.

Ténébris ne peut s'empêcher un petit rire de sortir de ses lèvres face à eux.

- Vous avez tout compris, dit-elle. S'il voit l'épée, il ne pourra pas résister à l'envie de la prendre pour en faire un Horcruxe. C'est là qu'il sera le moins attentif, on pourra alors le piéger et le tuer.

L'enthousiasme se fait sentir et les discussions partent un peu dans tous les sens pour trouver un moyen de prendre l'épée, car même s'ils savent où elle est, la prendre reste toujours un défi. Les cinq Gryffondors commencent à se lancer dans des plans risqués pour l'avoir.

- Avant de chercher une méthode pour avoir l'épée, laissez-moi déjà aller chercher le Choixpeau auprès de mon père, d'accord. J'en profiterai également pour le mettre au courant et si on peut éviter que cela vous prenne une main pour récupérer l'épée, Sirius, se serait fort sympa.

Les rires se font à nouveau entendre, mais Harry reprend vite en parlant cette fois à Ténébris:

- Et pour le basilic ?

Rappeler à tous les élèves l'existence de ce monstre sous leur pied jette un froid.

- Je maintiens ce que je t'ai dit la dernière fois, Harry. Hors de question qu'on le tue à nouveau et on ne peut pas non plus prendre le risque qu'il soit libéré pendant l'attaque.

- Je suppose qu'il vaut mieux suivre ton plan et lui ordonner de ne pas bouger, alors ? dit Harry résigner et vraiment peu heureux de revoir le serpent.

Ténébris tapote le dos de son fiancé comme pour lui donner du courage ce qui permet à tous de récupérer le sourire. D'un coup, Lily fronce les sourcils et dit :

- Il faudra aussi que vous préveniez les créatures de la forêt de l'attaque et leur rappeler leur promesse.

- C'est vrai, on va devoir s'en occuper assez vite, mais je préfère avoir la date de l'attaque avant de les prévenir, annonce Ténébris

Ils hochent la tête, sachant qu'ils devront attendre la prochaine réunion pour continuer à construire leur plan.

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Depuis leur «visite» chez Voldemort, les Raids sont beaucoup moins fréquents, ce qui permet à Harry et Ténébris de souffler. Ils n'ont pas non plus eu de nouvelles visions ou de douleurs au niveau de leur cicatrice, ce qui est plutôt un bon signe. Les deux Voyageurs ont décidé de s'occuper de récupérer le médaillon et de soumettre le Basilic la même journée et de le faire rapidement. Il y a presque 3 semaines, ils avaient voulu aller à la grotte, mais coup du destin, ce jour-là, ils ont été convoqués chez le directeur et la vérité a éclaté. Ils n'ont pas oublié l'Horcruxe, mais aucun des deux n'était en état pour agir. Maintenant qu'ils savent que l'heure des combats approche, ils doivent vraiment avoir tous les Horcruxes avec eux pour en finir avec le Mage noir.

En pleine semaine, Harry et Ténébris sortent du château quand la nuit est tombée. Cette fois, ils ont prévenu tout leur petit groupe. Ils ne veulent pas se prendre une soufflante si leurs amis découvrent à nouveau qu'ils ont agi sans les prévenir. Surtout, il faut que Severus et Regulus puissent agir pour les couvrir si besoin. Même s'ils ont fait croire à tout le monde qu'ils se reposaient dans leur lit respectif, avoir mis les deux Serpentards au courant est un gage de sureté pour leur couverture. Ils pourront agir et les couvrir au besoin. Une fois loin de la limite de protection, Harry et Ténébris transplannent et se retrouvent sur le même rocher, balayé par les vents, que la dernière fois où ils sont venus. Sauf que cette fois, ils ne sont que deux et non trois.

Rapidement, ils pénètrent dans la grotte sombre et glaciale et malgré les couches de vêtements, le froid s'insinue sur leur peau, provoquant des frissons. Ténébris sait que c'est la magie noire qui provoque ses sensations désagréables, mais également le fait de revenir ici. Ténébris ne peut s'empêcher de penser que la dernière fois, elle vivait ses derniers moments avec son père, sans qu'elle le sache. Elle lève la tête au moment où le rocher s'écarte devant eux après que le sang d'Harry ait ouvert le passage. Elle se met à ses côtés pour prendre sa main ensanglantée et quand elle voit l'entaille profonde, elle rétorque :

- Tu n'étais pas obligé de te couper autant, Harry.

- Je… je sais, dit-il d'une voix tremblante. Ma main a tremblé.

En effet, son autre main qui tient un petit couteau tremble énormément. Sans un mot, Ténébris utilise sa magie pour fermer la blessure, mais elle ne lâche pas sa main, préférant entrelacer ses doigts aux siens. La jeune femme sait que c'est aussi difficile pour Harry, car même s'il n'a pas perdu un père ce jour-là, il a perdu un mentor, quelqu'un qu'il respectait malgré qu'Albus l'est blessé.

- Lumos, prononce Ténébris, ce qui fait apparaitre une boule de lumière, éclairant le passage.

En silence, ils avancent vers le fond de la grotte pour arriver devant le lac et l'ile en son centre. La dernière fois, son père avait fait apparaitre la barque pour qu'il puisse s'y installer pendant qu'eux volaient. Cette fois, ils n'en ont pas besoin et se transforment à nouveau en Phœnix et Griffon pour se diriger vers l'île. Ils ne s'attardent pas dans les airs et se posent rapidement sur les rochers, devant le bassin où se trouve l'Horcruxe, caché par la potion. Harry et Ténébris sont l'un en face de l'autre regardant l'eau du bassin. Ils ne se sont pas mis d'accord sur qui devra boire la miction, n'en ayant même pas parlé, en sachant qu'un seul peut boire la mixture. Harry prend le coquillage à sa gauche, servant de verre, puis regarde Ténébris. Quand il plonge le coquillage dans le bassin et l'approche de ses lèvres, Ténébris ne fait rien pour l'arrêter.

À ce moment-là, l'ordre des choses se met en place. Elle a récupéré la bague, l'objet qui a condamné son père et Harry va récupérer le médaillon dans le dernier endroit où ils ont combattu ensemble, avant d'être séparés. Elle le voit boire la potion une fois, puis deux et encore une autre gorgée. Elle ne bouge pas, observant quand la potion va agir. À la quatrième gorgée, Harry montre les premiers signes d'intoxications, son visage se crispe, il fronce les sourcils et commence à trembler, mais continue malgré tout à boire en silence. Ténébris lance son esprit contre celui d'Harry pour l'aider à augmenter ses barrières d'occlumencie. Cela permet à Harry de diminuer sa douleur et de filtrer les visions qui s'imposent à lui.

Mais malgré tout, il ne peut empêcher les images de défiler.

Harry est debout, devant la porte de son placard sous l'escalier. Il voit un petit Harry jouer avec un cheval de plomb et imaginer une histoire où quelqu'un viendrait le chercher et l'emmènerait loin de cet enfer. Les images défilent et Harry voit toutes ces journées à travailler dans la maison de son oncle et de sa tante, les chasses au Harry où son cousin et ses amis le poursuivent, à l'école où personne ne voulait être amis avec lui, à toutes les injustices et cruautés qu'il a subies. Il voit tout et ressent une douleur atroce parcourir tout son corps. C'est à cause de la potion ! Tout cela est dans sa tête, il est dans la grotte et l'esprit qui le protège en filtrant la douleur est celui de Ténébris, mais rien n'y fait.

Il est comme happé par ce qu'il aperçoit. Tous les moments de tristesse, de malheur ou d'injustice se répètent sous ses yeux, mais aussi de nouvelles qui ne se sont jamais produites. Il entrevoit un monde sans ses amis, un monde où il est seul à Poudlard, rabaissé et maltraité. Un Harry qui sombre peu à peu pour devenir comme Voldemort, un Mage noir aimant la torture et les meurtres. Il sait que s'il arrête de boire la potion, tout disparaitra, mais il persiste. Gorgée après gorgée, il regarde ces scènes passer sous ses yeux en supportant la douleur jusqu'à ce que les images changent. Cette fois, il voit ses parents, son parrain, Remus, Severus, Regulus et Peter. Lily s'avance vers lui et dit d'une voix dénuée d'amour:

- Tout est de ta faute. C'est à cause de toi que nous sommes morts, à cause de toi que des gens meurent tous les jours. Je regrette tellement de t'avoir donné la vie.

Ces mots poignardent son cœur, car ils lui sont adressés directement. Il n'est plus témoin, mais devient acteur de leur critique.

- Je ne te considère pas comme mon fils, dit James en s'avançant et prenant Lily par la main.

- Et moi, certainement pas comme ton parrain, lance Sirius. Non, mais sérieux comment peux-tu être le fils de James ?

- Tu es une telle déception, rajoute Remus en secouant la tête.

- J'ai perdu Lily par ta faute, poursuit Severus. Tu as tous les défauts d'un Potter, sans rien de bon en toi.

- Tu es le héros qui a plongé le monde magique dans la guerre et tu oses dire que c'est de ma faute, reprend Peter. Si tu n'étais pas là, on serait toujours les Maraudeurs.

- Tu mourras seul Potter, sans que personne ne te pleure, termine Regulus.

Harry les regarde, mais n'arrive pas à répondre. Il n'a jamais entendu ses mots, mais combien de fois il y a pensé. Il s'est toujours dit que sans lui, ses parents seraient encore vivants, que des personnes auraient pu être sauvées et qu'il n'apporte que le désespoir. D'un coup, une main se pose sur son épaule et le retourne violemment. Il voit son oncle, rouge de colère où apparait une veine palpitant sur son front.

- Tu es un monstre ! Même dans ta propre communauté, tu es une abomination !

Derrière, la tante Pétunia le foudroie du regard :

- J'ai perdu ma sœur à cause de toi, Dudley a été obligé de vivre avec une atrocité toute sa vie. Personne ne t'aime et ne t'aimera jamais !

Harry fait un pas en arrière et percute un corps. Il pense avoir touché ses parents, mais en se retournant, il voit Ténébris... les deux Ténébris, bonne et mauvaise et d'une même voix, elles annoncent :

- La prophétie a été annoncée à cause de toi, Harry. Sans toi, mon destin m'aurait appartenu, je n'aurais pas été la marionnette d'Albus ou de Voldemort. J'aurais tellement voulu que nos chemins ne se croisent pas !

Harry sait que c'est impossible. Si Voldemort n'avait pas disparu cette nuit-là, Ténébris serait devenu l'arme de Voldemort et n'aurait jamais été libre. Pourtant, cette conviction s'éteint et Harry doute en se disant que les mots des Ténébris sont peut-être vrais. Sans pouvoir dire quelque chose, deux formes apparaissent à ses côtés, ils ne prennent pas corps, mais Harry les reconnait à leur voix.

Ron et Hermione.

- Nous ne serions pas morts si tu n'existais pas. Nous n'aurions pas eu besoin de te protéger, nous ne nous serions pas lancés dans des aventures mortelles, tu nous as pris notre futur.

Harry reste planté au milieu de ce cercle qu'ils ont formé. Harry ne sait pas s'il a bu la dernière gorgée, mais il n'en peut plus. Il voudrait se mettre en boule et pleurer, leur demander pardon quand il entend une voix hurler au loin.

- C'est faux et tu le sais !

Il la reconnait, Ténébris, la vraie Ténébris. Il sent sa magie antique remuer en lui de sa propre conscience quand elle s'élève autour de son corps. Les mêmes personnes lui font toujours face, mais au-dessus de leur tête, il y a des bulles vertes où s'écoulent des films. Au-dessus de ses parents, il se revoit dans leur bras, au sommet de la tour d'astronomie, les moments de bonheur passés avec Remus et Sirius adulte, mais aussi leurs sourires timides depuis qu'ils connaissent la vérité. Harry voit les heures passées avec Regulus et Severus dans la salle commune, mais aussi le sacrifice de Rogue lui confiant Ténébris avant de mourir. En haut de la tête de Peter, il regarde le moment où le Maraudeur promet de tout faire pour changer. Refusant de se retourner, sachant qu'il ne verra rien de joyeux, le survivant regarde alors les quatre dernières personnes.

Au-dessus des formes de Ron et Hermione se déroulent leurs six années à Poudlard, mais aussi les vacances et moments qu'ils ont passés en dehors de l'école. Les rires, les pleurs, les joies, les deuils et les promesses qu'ils se sont faits lui rappellent que sa vie a complètement changé pour le mieux en rentrant dans le monde magique. Et enfin, il regarde les deux Ténébris où il n'y en a plus qu'une seule... sa Ténébris. Il se voit avec elle, tous les moments intimes qu'ils ont partagés et leurs espoirs d'être ce que l'autre voit réellement en eux. Harry prend conscience que ce sont ces moments qui comptent et pas ce qu'ils lui ont dit.

- Ensemble, Harry, dit la voix de Ténébris au loin, pour toujours et à jamais.

Oui, ils seront ensemble alors hors de question de rester ici. Il ferme les yeux et les rouvre sur ceux rubis de Ténébris. Il a chaud et soif, il n'a pas le temps de dire quoi que ce soit que Ténébris lui présente une gourde à sa bouche où il boit goulument. Ils avaient eu l'idée de prendre de l'eau, sachant que cette potion donne soif, pour éviter de réveiller les Inféries. Sa soif étanchée, Harry murmure :

- Ténébris…

Sa voix est complètement écorchée comme s'il avait crié pendant des heures, mais il n'a pas le temps de poursuivre que Ténébris annonce.

- Tu sais la vérité, tu n'es pas seul, des gens t'aiment et t'aideront quand tu en auras besoin.

Harry sourit, comme il avait tout vu dans la maison des Gaunt, Ténébris a vu son combat, mais il avait besoin d'entendre ces mots. Il se lève, aidé par sa fiancée et il se rend compte qu'ils se sont éloignés de la bassine. Harry a dû vouloir partir et Ténébris a sans doute dû continuer à lui donner la potion comme ils l'ont fait avec Albus. Difficilement, ils remontent pour voir le médaillon au creux du bassin et cette fois, c'est le vrai. Pas de faux, pas d'imitation, le vrai et unique Horcruxe. Ils le récupèrent avant de se transformer, même si Harry est aidé par Ténébris, et quittent la grotte en silence. Ce n'est qu'une fois à Poudlard qu'ils parlent enfin.

- Expérience horrible et déroutante, avoue Harry en frissonnant.

- Je sais, déclare Ténébris se rappelant ce qu'elle a vécu à cause de la bague des Gaunt.

- J'espère ne plus jamais vivre cela.

Harry lève les bras au ciel et s'étire pour délier ses muscles comprimés depuis trop longtemps.

- Je peux aller voir le Basilic seule, annonce Ténébris en regardant la posture d'Harry.

Harry la regarde immédiatement et la contredit.

- Je vais bien, je peux…

- Tu ne voulais pas aller le voir Harry, coupe Ténébris. Tu dois te reposer. Je peux le faire seule, je n'ai pas besoin de toi. Et puis ce sera peut-être plus simple, s'il n'y a personne avec moi. Le basilic se laissera peut-être faire plus facilement, s'il n'y a que la descendante de Salazar Serpentard.

Harry regarde Ténébris, ne voulant pas la laisser y aller seule, mais comprenant ses raisons. Honnête avec lui-même, il voudrait s'allonger et ne plus bouger aussi longtemps que la potion est encore dans ses veines. Il a moins mal, mais la douleur est toujours là et il se sent tellement ankylosé. Aller avec Ténébris ne ferait que la ralentir, mais la laisser y aller seule, c'est l'abandonner face au roi des Serpents. Ténébris s'approche et lui prend la main, étant consciente de ses doutes :

- Ça va aller, Harry.

Elle l'embrasse sur la bouche, savourant ce moment. Harry a besoin de repos et ce n'est pas dans la chambre des secrets qu'il en aura. Elle le lâche et s'avance vers le château, laissant son amant derrière elle, sachant qu'il ne la suivra pas.

§§§§§§§§§§§§

Sur le chemin pour rejoindre les toilettes des filles du deuxième étage, Ténébris se remémore la potion de Polynectar qu'Hermione et elle avaient préparé pour prendre l'apparence des Serpentards, mais aussi la grande révélation de ce lieu … Unique et effroyable. Ils s'étaient lancés dans cette mission de découvrir qui était l'héritier, car Ron était convaincue qu'il s'agissait de Malfoy et voulait le révéler à tout le monde. Si ce ne fut pas le cas, découvrir qui était l'héritier et où se trouvait la chambre était devenu vitale quand toute l'école pensait qu'il s'agissait d'Harry après avoir découvert son don du Fourchelangue. Même maintenant, Ténébris s'en veut de ne pas avoir dit à ses amis la vérité qu'elle parlait également Fourchelangue et que c'était elle, la véritable descendante de Serpentard. Les problèmes se sont rapidement accumulés entre l'arrestation d'Hagrid, la pétrification d'Hermione, les accromentules, l'enlèvement de Ginny et enfin son secours. Heureusement, tout s'est bien terminé à son époque et Ténébris espère vraiment que tout sera plus simple à celle-ci.

Inspirant un grand coup, la voyageuse pousse la porte et tombe tout de suite devant l'immense lavabo au milieu de la pièce. Elle s'avance presque hypnotisée devant la grandeur de l'objet, connaissant le secret derrière sa création. Au moment où elle pose sa main sur l'évier, elle entend dans son dos :

- Qu'est-ce que tu fais ici, toi?

Ténébris se retourne vers les toilettes, se fusillant dans sa tête. Elle a complètement oublié Mimi Geignard. Le fantôme se tient devant une porte de toilette sale, bras croisés, avec son regard plein de haine.

- Bonjour Mimi, commence Ténébris, ne sachant jamais comment le spectre va réagir quand on lui parle.

- Comment sais-tu qui je suis? dit-elle d'un ton suspicieux.

- Eh bien, tu es connue dans le château et je…

Ténébris n'a pas le temps de finir sa phrase que Mimi se trouve à deux centimètres de son nez et hurle à lui casser les tympans.

- Oui ! Bien sûr ! Tout le monde connait la malheureuse et misérable Mimi Geignard !

La jeune étudiante a l'impression de revivre une scène où c'était Ron qui se tenait à sa place et se faisait crier par Mimi. À son époque, le fantôme n'a jamais été méchant avec elle, ne voulant pas se frotter à elle, mais là, Mimi ignore qui elle est.

- Je ne suis pas venue me moquer de toi, Mimi. Je veux juste utiliser le lavabo.

Ce n'est pas un mensonge en soi, mais pas sûr que la morte la laisse faire gentiment.

- Tu crois que tout est permis ? Ce sont mes toilettes !

Et elle commence à se lancer dans un monologue sur l'injustice du monde. Ténébris regarde, plus qu'elle n'écoute, Mimi montrer à quel point elle n'a plus besoin de respirer pour parler. Au bout d'un long moment, Ténébris perd patience et d'un tour de poignet, elle fait taire Mimi qui s'en rend compte rapidement. Ne pouvant plus lui crier dessus, elle essaye au début de la pointer du doigt en même temps qu'elle fait des bruits bizarres, mais voyant le peu d'effet (et sans doute à quel point elle est ridicule) qu'elle a, Mimi plonge dans les cuvettes des toilettes en pleurant.

- Désolée Mimi, murmure Ténébris se sentant quand même mal d'avoir fait cela.

Mais elle n'a pas de temps à perdre et se reconcentre sur le lavabo, où est dessiné un serpent sur le côté. Du bout des doigts, elle touche le serpent, avant de murmurer :

- « Ouvre-toi »

Le passage s'ouvre et Ténébris se précipite à l'intérieur. Elle atterrit dans la même pièce que la dernière fois, sale et jonchée de cadavre, avant de s'engouffrer dans le couloir lugubre qui va l'amener devant la grande porte. Même si l'ambiance est sinistre, Ténébris n'est pas effrayé, même si elle s'est très bien ce qui se trouve au bout du chemin. Enfin, devant la grande porte, Ténébris l'ouvre pour pénétrer dans la chambre de Salazar Serpentard. Elle ne fait pas attention à la décoration, l'ayant assez vue la dernière fois, et se dirige à la place au fond de la pièce, où se trouve la tête géante de son créateur. La descendante de Serpentard regarde la bouche de la statue de Serpentard, sachant que le Basilic va sortir par là, avant de prononcer les mots que le jeune Tom Jedusor a employés pour ouvrir le passage :

- « Viens à moi, toi, le roi des Serpents, viens à moi, l'Héritière du Grand Salazar Serpentard a besoin de toi ».

Comme la dernière fois, la bouche de la statue s'ouvre, laissant avancer le Basilic. Par réflexe, elle ferme les yeux, mais ne bouge pas. Elle entend des bruits de mouvement autour d'elle, mais ne fait rien que l'animal pourrait prendre comme une menace jusqu'à ce qu'un sifflement se fasse entendre :

- Tu peux ouvrir les yeux, descendante de Serpentard, je ne te ferais rien.

Doucement et avec prudence, Ténébris ouvre les yeux et rencontre la tête du Serpent juste devant sa tête. Elle n'entre pas directement dans le regard du Basilic, car sur ses yeux se trouvent une membrane qui doit s'en doute permettre à la créature de voir se qui se trouve autour d'elle, sans prendre le risque de tuer qui que ce soit. Pour la première fois, Ténébris prend le temps d'admirer cette bête majestueuse et puissante, sachant qu'elle ne va pas l'attaquer dans la seconde. Elle doit reconnaitre que c'est vraiment un bel animal. Elle n'a pas le temps d'admirer plus en détail que le sifflement reprend :

- « Quels sont tes ordres, héritière de mon maitre ? »

Ténébris ne s'attendait pas à ce que la bête soit aussi docile, mais en réfléchissant bien, c'est normal. Le basilic a juré obéissance à Serpentard et ses héritiers. D'un ton sur, la Fourchelangue demande :

- « J'ai besoin de savoir. Si tu as devant toi, deux fourchelangues, descendant de Serpentard », obéiras-tu à la première personne qui t'aura donné un ordre ou à la personne dont les intérêts te conviennent ?

C'était quelque chose que Ténébris ignorait complètement. Elle a besoin d'avoir la réponse à sa question, car c'est ce qui déterminera l'avenir du Basilic. Ténébris ne pourra pas prendre le risque de laisser l'animal vivre si elle sait qu'il suivra la personne qui lui promettra de tuer les humains.

- « Je suivrais la première personne qui me donnera un ordre, peu importe ses intentions », siffle le basilic en la regardant sous tous les angles.

Cela enlève un poids important sur le cœur de Ténébris qui prend conscience qu'elle a une chance de ne pas le tuer. Elle continue, ayant besoin d'avoir d'autres réponses à ses questions.

- « Très bien. Te souviens-tu du dernier garçon qui est venu te voir la dernière fois ? »

- « Oui », répond le monstre en se redressant. « Il m'avait demandé de poursuivre l'œuvre de mon maitre et une sang impur est morte. Sauf qu'après cela, il m'a dit qu'il ne pouvait plus me lâcher dans le château et que je devais rester dans ma cachette. »

Ténébris entend de la fierté dans ses sifflements, mais s'empêche de faire quoi que ce soit.

- « Est-ce qu'alors, si je te donne mes ordres, tu n'obéiras qu'à moi malgré que tu l'aies rencontré en premier ? »

Comme il y a un risque que le serpent soit face à Voldemort et elle, Ténébris doit être sûre que le Basilic suivra ses ordres et non ceux de Voldemort. Sinon, elle devra vraiment le tuer, refusant de prendre le risque de lâcher un tel monstre dans les couloirs.

- « Oui », siffle le Basilic, « peu importe qui je rencontre en premier, c'est celui qui me donne ses consignes avant tous les autres qui compte. »

Ténébris sourit en comprenant qu'elle a désormais une longueur d'avance sur le mage noir.

- « Dans ce cas, voici mes ordres. Tu ne dois obéir qu'à moi et à moi seule, car tu risques de rencontrer le garçon de la dernière fois. S'il te demande quoi que ce soit, tu ne dois pas obéir, tu dois rester dans cette grotte, sans lui révélé mon identité, et ne pas en sortir. »

Ténébris sait que quand Voldemort saura qu'il existe un autre héritier de Serpentard, chose que le basilic ne pourra pas lui cacher, il voudra savoir qui c'est. Ténébris est consciente que Voldemort supposera rapidement qu'il s'agit d'Harry ou elle, puisqu'ils sont Fourchelangue. Elle le sait et compte bien en jouer mais elle ne veut pas que le Basilic lui donne une information importante la concernant. Étant un animal magique, le basilic voit au-delà des apparences et il pourrait lui donner des indices sur sa véritable identité, chose qu'elle ne veut pas. Elle pourrait également lui révélé son lien avec les Uniques, tout comme elle l'a fait avec les créatures magiques et les Gobelins, mais elle ne veut pas. Bien trop de gens sont au courant de sa condition d'Immortelle et elle ne veut pas rajouter une autre personne dans la confidence, surtout qu'elle peut l'obliger à lui obéir autrement. Par mesure de précaution, Ténébris rajoute, consciente qu'elle doit s'assurer que le Basilic ne fasse plus jamais de mal à personne :

- « Et tu devras y rester à jamais sans nouvelles consignes de ma part, même si tu te retrouves un jour face à un autre Héritier. Si c'est clair, tu peux retourner dans ta grotte. »

Ténébris sait que Voldemort et elle sont les deux derniers descendants de Serpentards, mais il faut mieux prévenir que guérir. Elle préfère être prudente et s'assurer que son ordre, soit le dernier que le Basilic suivra. D'ailleurs, un sifflement de colère résonne dans toute la pièce, montrant ce qu'en pense le serpent, mais il n'attaque pas. Ténébris ne sait pas comment Salazar a forcé l'animal à obéir à son sang, mais le sort doit vraiment être puissant pour l'obliger à obéir.

- « D'accord », dit rageusement l'animal.

Un pincement au cœur prend Ténébris, sachant la cruauté qu'elle impose quand elle voit le serpent faire demi-tour. En soit, elle ne peut pas en vouloir à la bête d'avoir obéi à Voldemort ou de les avoir attaqués la dernière fois, mais elle s'en veut de priver sa liberté à un animal qui y est contraint. En remontant à la surface, elle se promet que si tout se termine bien, elle reviendra ici, prendre le basilic avec elle et lui trouvera un endroit tranquille pour qu'il puisse y vivre en paix. Avec toutefois, la consigne de ne pas tuer d'humain.