L'équipage mit quelques heures à charger le trésor dans les cales du bateau, aidé par la tribu cochon qui entre-temps était revenue voir si leur ancienne cheffe souhaitait reprendre sa place. En effet, les dernières élections n'avaient rien donné de bon.
« Je regrette, ma place est désormais aux côtés de mon têtard d'amour ! » avait déclaré Benjamina, au grand dam des autochtones.
Ils aidèrent également à remettre le bateau à flot, leur offrirent des victuailles ainsi que de l'eau de source et bientôt ils firent leurs adieux à cette compagnie, regardant le bateau s'éloigner de l'île au trésor avec la ferme intention de ne jamais revenir.
Tous les pirates avaient été jetés dans les geôles, à tel point que celles-ci débordaient littéralement, et les prisonniers avaient à peine assez de place pour s'allonger. Silver avait été enfermé dans une cellule plus isolée que les autres. Étant le cerveau de l'opération, il ne fallait pas que celui-ci fomente un nouveau plan avec ses compagnons ! Flint, quant à lui, avait de nouveau rejoint l'épaule de Jim, peu attiré à l'idée de rester enfermé dans la cale.
Le voyage du retour s'effectuait paisiblement, sous un calme parfois déroutant. Peu de chants, plus de répliques ni de taquineries lancées avec une voix bourrue. La grande majorité de l'équipage était maintenant dans les geôles, et avec elle, la vie qu'elle avait apporté lors de la première traversée. Ils avaient eu l'inquiétude que le manque de main d'œuvre ne rende la traversée compliquée, mais les vents furent propices et aucune tempête ne virent bouleverser la navigation. Les marins, moins nombreux mais disciplinés, effectuaient leurs tâches avec une efficacité silencieuse. Arrow supervisait chaque manœuvre et veillait à ce que rien ne soit laissé au hasard. Smollett avait nommé Jim sous-officier, aidant l'aigle à superviser l'équipage et à donner des directives. Le garçon, qui avait hérité du sifflet d'alerte, prenait ses tâches très à cœur et semblait se débrouiller comme un chef. Cependant un détail chiffonnait le capitaine. Durant le voyage, Jim eut tout le loisir de renouer avec ses amis, rattrapant le temps perdu qu'il avait passé avec Silver. Il bavardait et riait en leur compagnie. Pourtant Smollett voyait parfois son regard se voiler de tristesse et de déception.
Le capitaine, quoiqu'on puisse en penser, n'avait pas été dupe durant la première traversée. Il avait compris que Silver n'avait pas embarqué avec de bonnes intentions, et que les marins qu'il avait recrutés étaient des hommes de main sans cervelle, prêts à se mutiner à sa moindre volonté. Il n'avait cependant pas prévu que le détenteur de la carte de Flint serait le jeune Hawkins, fils d'un quartier-maitre qu'il avait connu et apprécié. Il n'avait pas non plus prévu que Silver le manipulerait aussi facilement, faisant du garçon son pion et son otage, et empêchant Smollett de prendre des décisions plus radicales. Et maintenant que tout était terminé, le pauvre Jim payait les pots cassés de cette trahison. S'isolant quelques fois, le regard plongé vers l'horizon, le jeune homme semblait faire le deuil de cette amitié perdue.
Cette amitié, ou peut-être plus ?
Un soir, alors que Jim s'était une nouvelle fois isolé de ses compagnons avec Flint, le capitaine vint à sa rencontre.
« Puis-je ? » fit-il de son habituelle voix posée.
Jim acquiesça en silence, et Smollett prit place à côté de lui.
« Superbe soirée, n'est-ce pas Jim ?
— Oui Monsieur, la mer est magnifique, répondit simplement le garçon en caressant d'un doigt le perroquet posé sur sa main.
— Vous savez, vous allez percevoir une belle somme d'argent avec ce trésor. Qu'allez-vous faire une fois de retour en Angleterre ?
— Eh bien… la question du capitaine provoqua une boule dans sa gorge, mais il fit comme si de rien n'était. Je vais rentrer à l'auberge de mes parents, donner l'argent à ma mère pour lui permettre de financer les réparations…
— Et vous ne comptez pas reprendre la mer ? Vous avez une belle carrière dans la marine qui peux s'offrir à vous.
Jim émit un petit rire sans joie.
— C'est drôle, John… je veux dire, Silver, il m'a dit la même chose. Il m'avait même proposé de l'accompagner dans ses « aventures ». Si j'avais su de quoi il parlait à ce moment-là…, il soupira, j'ai vraiment été stupide.
Le capitaine hocha la tête, l'air compatissant.
— Ne vous en voulez pas trop pour cela, Jim. Silver est un redoutable pirate et un manipulateur hors pair ! Je comprends que vous soyez déçu, mais vous ne devez pas rejeter la faute sur vous-même.
— Déçu ? lança le garçon. Le mot est faible, je suis totalement anéanti ! Il m'a tellement promis, et j'y ai tellement cru, qu'aujourd'hui je me noie dans la honte ! Même Gonzo, qui est pourtant plus jeune, avait essayé de me mettre en garde mais j'ai foncé tête baissé ! Vous aviez raison : j'ai été trop naïf ! Comment voulez-vous que je songe à m'engager dans la marine après cela ?
— Vous savez, chaque difficulté que nous porte la vie est une leçon. Vous êtes jeune – sans vouloir vous manquer de respect ! ajouta-t-il. Des leçons, vous allez en recevoir durant toute votre existence ! Il faut savoir les accepter et apprendre de celles-ci ! »
Jim hocha la tête, un minuscule sourire apparaissant sur son visage triste. Smollett paru néanmoins satisfait de ce petit changement. Il remarqua du coin de l'œil Gonzo et Rizzo se rapprocher d'eux, et se releva.
« Je dois vous laisser, mon garçon, j'ai des tâches qui m'attendent avant de retrouver mon lit. » Il posa une main sur l'épaule du jeune homme. « Jim, sachez que je suis là si vous avez besoin de parler. Et je peux tout entendre. Silver n'est pas le seul marin à avoir fait le tour du monde… »
Il s'éloigna, laissant aux trois amis le soin de se retrouver.
Les jours s'écoulèrent et le garçon sembla reprendre du poil de la bête. Il ne se confiait pas beaucoup au capitaine, la trahison de Silver l'ayant un peu renfermé sur lui-même, mais les quelques paroles qu'ils échangeaient semblait lui faire beaucoup de bien. Pourtant, l'ombre du pirate planait toujours au-dessus de lui.
« Jim, demandait un jour le capitaine, que diriez-vous de descendre donner leurs rations aux prisonniers ? »
Il avait alors poliment refusé, ne se sentant toujours pas prêt à affronter le visage de son ancien mentor.
« C'est problématique… » pensait le muppet. Le jeune homme ne semblait pas avoir conscience du sort qui était réservé à Long John Silver et au reste des pirates lorsqu'ils arriveraient à Bristol.
Et cette révélation lui parvint de manière brutale.
Les repas qu'ils partageaient se déroulait à présent dans la cabine du capitaine. Benjamina était devenue leur nouveau coq et préparait des plats qui n'avaient presque rien à envier au talent de Silver. La grande table de la cabine était animée par les rires et les conversations des marins, tandis que l'odeur des plats emplissait la pièce.
« Les prisonniers ont bien eu leurs rations aujourd'hui ? » demanda la grenouille à l'équipage.
Le cœur de Jim se serra légèrement, comme toujours lorsqu'il entendait parler des geôles.
— Oui capitaine ! répondit Arrow avec entrain. Ils s'ennuient tellement en bas que ça leur tarderait presque d'arriver à destination !
— Et Silver … ? Jim avait risqué demander.
— Toujours dans sa cellule. À part pour demander quel jour nous sommes, il semble avoir perdu sa langue. C'est certain que l'on est beaucoup moins loquace quand on sait qu'on sera pendu dans quelques jours ! »
Lâchant sa cuillère, le visage du garçon blêmit, figé d'horreur. Il se leva brusquement et tous les regards se tournèrent vers lui.
« Je vous prie de m'excuser, je ne me sens pas très bien…
Et il quitta précipitamment ses compagnons, le cœur au bord des lèvres.
— Monsieur Arrow, vous auriez pu le ménager un peu. Il est encore jeune ! houspilla Benjamina en fronçant les sourcils.
— Baliverne, ça forge le caractère ! J'ai vu ma première pendaison à l'âge de cinq ans !
Benjamina leva les yeux au ciel avec une exaspération théâtrale.
— À votre époque, peut-être, mais nous ne sommes plus au XVIIe siècle !
— Les jeunes ont besoin de réalité, pas de contes de fée !
— Merci Benjamina, Monsieur Arrow. Veuillez m'excuser, je reviens tout de suite, » coupant court au débat, Smollett quitta lui aussi la table. « Vous deux, restez ici s'il vous plait, » ajouta-t-il à Gonzo et Rizzo qui semblaient prêt à le suivre.
Arrivé sur le pont Jim dut se tenir au bastingage pour ne pas tomber, sa tête tournant dangereusement. Son estomac se retourna et il vomit par-dessus le bateau. Silver l'avait mentionné un jour, mais il avait oublié le sort qui attendait tout pirate ou mutin en Angleterre. Telle était la loi ci-bas, froide et implacable.
« Jim, vous vous sentez bien ? Smollett l'avait rejoint, le regardant avec inquiétude.
— Silver va être pendu ! réussi à lâcher le garçon en s'essuyant la bouche, l'estomac encore retourné.
— Je suis navré que vous ayez appris cela d'une manière aussi brutale… dis le capitaine avec douceur en lui tendant un morceau de tissu.
— J'aurais dû le laisser sur l'île. Il est débrouillard, il aurait fini par s'en sortir. Je suis en train de le conduire à la mort sans lui laisser la moindre chance ! Je m'en veux tellement…
— Jim, il a choisi son destin, il ne faut pas vous en vouloir. Maintenant que vous savez cela, il vous faut prendre une décision.
— Quelle décision ?
— Vous avez sans doute reconnu Mademoiselle Benjamina, sur le portrait de mon bureau. Nous devions nous marier, elle et moi, il y a quelques années. Hélas, j'ai été pris d'un affreux manque de courage et je me suis dérobé à ma promesse. Toutes ses années j'ai été pris de remort de ne pas avoir juré fidélité à la cochonne de ma vie. »
Se nettoyant le visage, Jim écouta avec un pincement au cœur. Mais pourquoi lui racontait-il cette anecdote ?
« La chance a fait que nous nous sommes recroisés, sur cette île, comme si le destin m'avait offert la possibilité de me racheter. Aujourd'hui elle rentre avec moi en Angleterre, et nous nous marierons sitôt arrivé à Bristol !
— Monsieur… je ne comprends pas… pourquoi vous me dites tout cela ?
— Jim, vous êtes sur le point de faire la même erreur que moi. Vous allez bientôt perdre un homme pour lequel vous semblez avoir énormément d'affection. Et malheureusement, il n'y aura pas de seconde chance. »
Les larmes commencèrent finalement à couler sans que Jim ne puisse les retenir, prenant conscience de ce que Smollett avait constaté et ce qu'il essayait de lui faire comprendre.
« Descendre le voir, pour lui dire quoi ? lâcha finalement le garçon d'une voix brisée. Nous sommes ennemis maintenant, c'est à cause de moi qu'il se retrouve dans cette situation. Il doit avoir envie de m'étrangler de ses propres mains !
— Ce n'est pas tout à fait vrai, mon garçon. Lors de la bataille sur l'île, Silver a accepté notre combat singulier parce que je me suis servi de vous pour le manipuler. Je m'excuse d'ailleurs vivement pour cela ! Mais je prends peu de risque en affirmant que vous êtes bien plus précieux à ses yeux que vous ne semblez le croire. »
Jim ne répondit pas, les larmes coulant toujours sur ses joues.
« Décidez-vous Jim, termina la grenouille, nous arrivons à Bristol dans quelques jours. N'oubliez pas ce que je viens de vous dire. Vous pouvez garder le mouchoir. »
Puis le capitaine s'en alla, laissant Jim seul avec ses pensées. Il pleura encore un moment, laissant la vérité imprégner son cerveau et acceptant avec difficulté le sort qu'attendait son mentor. Il réfléchit de nombreuses heures sur la situation. Et au milieu de la nuit, alors qu'il était toujours plongé dans la réflexion, il entendit tout à coup un bruit sur le pont. Se levant de son hamac, il sortit de la cabine sans réveiller ses compagnons et traversa silencieusement le pont vers la poupe. Il aperçut alors Flint, posé sur le bastingage en fixant quelque chose dans l'eau et il s'approcha doucement.
Long John Silver s'était échappé de sa geôle. Il avait réussi à mettre un canot à flot et s'était débrouillé à le charger de deux gros coffres de pièces, ainsi que des vivres. Contre toute attente, Jim éprouva un immense soulagement en s'apercevant que Silver était un homme qui avait toujours plus d'un tour dans son sac. Mais rapidement la réalité le rattrapa. S'il ne l'arrêtait pas, cela pourrait le mettre en tort. Il sortit de sa cachette, le cœur palpitant.
« Silver. »
Sur le canot le pirate se redressa brusquement, surpris par la voix de Jim, mais il reprit rapidement son sang-froid.
« Jim. Je suppose que tu vas sonner la troupe pour me dénoncer ? lança-t-il avec défi, faisant un signe de tête sur le sifflet d'alerte suspendu autour du cou de son élève.
— C'est mon devoir, répondit-il résolu, vous devez retourner à Bristol pour y être jugé…
Long John éclata d'un rire sans joie.
— Je regrette, Jim, mais l'idée d'être pendu me noue la gorge… »
Il saisit rapidement un revolver qu'il pointa en direction du jeune homme. Pourtant celui-ci ne bougea pas et porta lentement le sifflet à ses lèvres, son regard fixé sur Long John. Devant son expression déterminée celle de Silver devint plus grave, ses yeux presque suppliants.
« On est des amis, voyons Jim ! Des gentilshommes de fortune tous les deux ! Accorde-moi une chance ! »
Ils se toisèrent plusieurs secondes, aucun des deux ne voulant céder. Jim restait résolument immobile malgré l'arme pointé sur lui. Il sentait son cœur se serrer tandis qu'il tenait le destin de son ancien mentor entre ses doigts. Il savait ce qu'il devait faire. C'était son devoir, sa responsabilité envers ses amis, envers la loi. Mais alors qu'il regardait dans les yeux de Silver, il ne voyait plus l'ennemi. Il voyait l'homme qui lui avait appris à naviguer, à se battre, à rêver. Était-il vraiment prêt à sacrifier tout cela, à trahir celui qui, malgré ses défauts, avait marqué son cœur comme aucun autre ?
Finalement ce fût John qui craqua en premier. Avec un soupir de résignation, il baissa son arme.
« Oh, sacré nom ! Je ne pourrais jamais te faire de mal ! Tu es honnête, brave et loyal… et ce n'est pas moi qui t'ai appris ça ! Tu es vraiment la seule chose que je ne regrette pas dans ce satané voyage ! »
Les mots de Silver frappèrent Jim en plein cœur. La tristesse finit par prendre la place de la rancœur, en l'entendant lâcher ces mots avec une telle sincérité. Sachant qu'il le voyait peut-être pour la dernière fois, il décida qu'il était temps de lui dire ce qu'il avait sur le cœur.
« Je tiens ces qualités de ma famille et de mes amis, Monsieur Silver, répondit Jim avec émotion. Vous êtes un homme malhonnête, cupide et sournois. Vous m'avez manipulé, vous êtes servi de moi pour arriver à vos fins et je devrais vous détester pour cela. »
Il marqua une courte pause. Silver resta silencieux, semblant accepter tous ses reproches.
« Pourtant, vous m'avez inculqué tant d'autres choses durant ce voyage. Le combat, la navigation et… et cette flamme qui brûle… parce qu'en dépit de ce que vous êtes et de ce que vous avez fait je… j'ai des sentiments pour vous. »
L'air grave, Long John s'avança alors en escaladant l'échelle de corde et, malgré sa béquille, atteignit rapidement le bastingage où se tenait Jim.
Le baiser fut immédiat. Son bras se referma autour du buste de son ancien élève, le tirant contre lui avec une force douce mais ferme. Jim, submergé par ses émotions, posa ses mains sur Silver, ses doigts caressant son visage et s'enfouissant dans ses cheveux, comme pour ancrer à jamais ce moment dans sa mémoire.
Ils se séparèrent enfin, le souffle court. Ils restèrent un instant ainsi, leurs visages seulement séparés de quelques centimètres, puis John lâcha doucement.
« Jim, ce que tu veux de moi, je ne peux pas te l'offrir…
— Je sais, murmura le garçon. Cela n'a plus d'importance. Partez maintenant. Je ne veux plus jamais vous revoir… »
Ils restèrent ainsi encore quelques secondes, semblant retarder le moment fatidique. Puis John se détourna, redescendit dans le canot et se prépara à partir. Flint, immobile durant tout ce temps prit finalement son envol, choisissant de suivre son maitre.
« Oh, Jim ! »
Silver se pencha pour saisir quelque chose dans la barque qu'il lança au garçon avec un geste vif. Jim attrapa l'objet avec surprise et se rendit compte qu'il s'agissait de la boussole de son père, que le pirate lui avait volé quelques semaines auparavant.
« C'est dommage, termina son mentor, on aurait fait une bonne équipe ! »
Le canot se mit en mouvement, glissant lentement sur la mer calme. Jim l'observa s'éloigner avec une douleur poignante, retenant la précieuse boussole dans ses mains tremblantes. Puis il disparut dans la brume, emportant avec lui un morceau de son cœur. Alors que le dernier écho des rames de Silver s'éteignait, le garçon ferma les yeux, essayant de retenir le chagrin qui montait en lui. Il venait de perdre d'un seul coup son mentor, son ami et son amant. Soudain, une voix s'éleva derrière lui.
« Bravo, Jim. »
Il se retourna brusquement, les yeux embué de larmes. Smollett se tenait derrière lui et regardait le garçon avec respect.
« Monsieur ! Je… je n'ai pas pu… commença-t-il, mais Smollett ne montra aucun signe de colère.
— Ce que vous avez fait est admirable. Vous avez laissé sa chance à un pirate, rares sont ceux qui auraient eu la noblesse de le faire. Votre père aurait été fier. »
Prenant place aux cotés de Jim, il rajouta.
« Rassurez-vous, rien de ce que je viens de voir ne sera dévoilé. Silver s'est échappé, rien de plus. Vos secrets sont en sécurité. »
Il lut le soulagement sur le visage de Jim et il lui sourit avec douceur.
« Et qui sait, un jour peut-être, lorsque vous serez devenu un grand explorateur, vos chemins pourraient de nouveau se croiser !
Jim lâcha un petit rire, malgré sa tristesse.
— Le monde est si vaste… cela m'étonnerais que je le revois un jour.
— Méfiez-vous ! La vie peut réserver bien des surprises ! Sur un bateau, au détour d'un voyage ou, qui sait, sur une île perdue au fin fond des caraïbes ! »
