Salut ! Ceci suive David pendant la saison 1 et le début de la saison 2 à travers de ses rêves qui sont hantés par les pleurs de Emma et Blanche quand il avait amené Emma a l'armoire.
Once Upon a Time ne m'appartient pas.
-B
Il n'y a rien. Rien qu'il puisse apercevoir et il pense presque à quelqu'un, mais il ne sait pas qui. Et un fruit, quelque chose de rouge, rouge comme le sang. Mais lorsqu'il tente d'examiner ces presque-pensées, elles s'envolent avant qu'il ne puisse se demander pourquoi il penserait à une chose pareille ou découvrir de quoi il pense en effet. Et il n'y a rien.
Il passe du temps comme ça, ou peut-être pas. Impossible de savoir si le temps passe, ou combien du temps. Il n'y a rien.
Parfois, il croit entendre quelque chose, une voix. Elle semble venir à travers un mur, et il ne peut même pas essayer de la déchiffrer mais elle remplit son esprit d'une chaleur réconfortante. Et après il n'y a rien.
C'est presque mieux ainsi, car l'unique chose qu'il perçoit de temps à autre ne le réconfort pas du tout.
Parfois, il entend des cris, perçants et aigus. Les cris d'un bébé. Un bébé qui réclame ses parents, qui a peur, qui a froid, qui a faim.
Ces cries se mêlent à d'autres. À des sanglots hoquetés, déchirants, emplis de douleur. Les pleurs de quelqu'un dont le monde est en train de s'écrouler, de quelqu'un qui perd tout ce qu'elle a jamais aimé, tout ce qui lui a jamais été chère.
Il doit les trouver, ce bébé et cette personne, si évidemment en détresse. Il doit les trouver et les réconforter. Il ne sait rien mais il en est convaincu, il pourra les aider.
Mais où sont-elles ? Leurs cris viennent de partout et de nulle part à la fois. Ils l'engloutissent, et il n'arrive pas à réfléchir et comment pourrait-il les aider s'il ne peut pas les trouver ?
Je tE re trO u v e...
…mais cette pensée ne vient pas. Il ne peut pas l'achever et il ne peut pas les trouver. Leurs cris déchirent son cœur et il reste impuissant. Et comment pourrait-il les trouver et les aider s'il ne sait même pas qui elles sont ? Comment pourrait-il les aider s'il ne sait même pas qui il est, lui ?
Puis, les cris cessent.
Et il n'y a rien.
II
Quand il dort, il n'y a rien. Pas de femme qui veut qu'il s'en souvienne d'une vie qui ne lui revient pas, pas d'obligations à jouer ce rôle, à être David Nolan. Il n'y a rien.
Mais parfois, il rêve.
Il rêve de Mary Margaret, avec son joli visage, ses traits parfaits et sa gentillesse innée. C'est toujours elle. Mais elle n'est pas la même.
Elle se tient différemment, avec plus d'assurance, et cela la rend encore plus belle. Elle a les cheveux longs, un sourire enjoué et confiant qui fait briller ses yeux d'une joie éclatante. Elle porte une robe blanche qui lui donne une allure angélique, et elle tend la main vers lui.
David est captivé. Il n'hésite pas à s'approcher d'elle, à tendre la main à son tour. Mais quand il veut saisir la sienne, l'image vacille. Mary Margaret commence à disparaître et il ne peut pas la toucher et soudainement il entend des cris.
Des cris comme s'ils portaient tout le malheur du monde. Il sait que ces sanglots viennent de Mary Margaret, et il ne peut pas supporter l'idée d'elle dans un tel désarroi. Mais que peut-il faire ? David Nolan ne prend jamais la bonne décision, il est incapable de faire quoi ce soit pour elle.
Et il y a des autres cris aussi, plus perçant, plus forts. Les cris d'un bébé. David ne sait pas pourquoi ces pleurs le bouleversent autant que ceux de Mary Margaret ; il n'a pas de bébé il ne se souvient même pas d'avoir vu un bébé depuis qu'il est sorti du coma.
Mais ces deux cris, ces malheurs jumeaux, le consument et il ne peut rien faire pour les arrêter et…
David se réveille en sursaut, le cœur battant et une sueur froide coulant sur son front. Kathryn dort de l'autre côté du lit, et bien qu'elle ne soit qu'à quelques dizaines de centimètres de lui, il a l'impression qu'elle se trouve sur une autre planète. Les cris résonnent encore dans sa tête.
Il est trop tôt, mais David se lève, prenant soin de ne pas réveiller la femme qui est son épouse (il n'a vraiment pas envie de devoir s'expliquer). Il s'habille, se rase, se brosse les dents, et sort dans le bois.
Sur le pont des trolls, il écoute les bruits de la forêt et les laisse effacer les cris de son rêve.
À 7 h, il part, retournant vers la ville.
À 7 h 15, il veut être chez Granny.
II
David entend à nouveau les cris dans son rêve. Mais c'est pire maintenant, parce qu'il les comprend.
Le bébé qui pleure, c'est son bébé, sa fille. Elle a peur, elle a froid, elle a faim. Elle vient de naître, elle a besoin de sa maman.
Et Blanche… Blanche, qui avait été si forte les dernières semaines. Il avait vu à quel point c'était difficile pour elle. C'était déjà difficile pour lui, alors pour elle cela devait être encore pire. Il voyait qu'elle était au bord de l'effondrement, mais elle s'était maintenue avec une force qu'il ne pourrait jamais tenter de comprendre.
Il ne reste rien de cette force, maintenant. Elle a utilisé ses dernières ressources pour prendre la décision, pour lui ordonner de sauver leur enfant. Pour retenir ses larmes quand il avait hésité, parce qu'elle savait qu'il ne serait jamais sorti de la chambre si elle avait pleuré en ce moment-là.
Mais maintenant, il entend les cris de Blanche aussi. Des sanglots comme il n'en avait jamais entendus auparavant, des sanglots qu'il avait espéré de ne jamais entendre à nouveau. Et il a envie de pleurer lui aussi, parce que c'est lui qui a pris leur bébé de ses bras, la raison pour laquelle elle pleure si désespérément, si violemment qu'il entend qu'elle n'arrive presque plus à respirer.
Il doit retourner auprès d'elle. Il doit lui ramener leur fille. Emma. Ils doivent rester ensemble, il doit trouver un moyen.
Mais il est blessé. Il a un coup de poignard au ventre, une plaie moins grave à l'épaule, il perde du sang, et il ne peut pas se bouger, et il ne peut pas les trouver, et il ne peut pas les réconforter. Sa femme et leur fille, dévastées, et il est incapable de faire quoi ce soit pour elles.
Il se réveille en sursaut, tendant la main immédiatement vers l'autre côté du lit avant même d'ouvrir les yeux. Mais c'est vide. Sa femme n'est pas là. Elle n'est pas là et il n'a pas besoin de vérifier pour savoir que sa fille n'est pas en bas non plus.
Elles ont disparu. Disparues à travers d'un chapeau qui les a emportées dans un endroit que personne ne connaît. Disparues sous ses yeux, et David ne peut toujours pas les retrouver, encore moins les réconforter.
Mais en bas, il entend son petit-fils. Et David sait bien reconnaître ces pleurs, les cris d'un cauchemar. Henry, lui, il peut le trouver. Henry, lui, il peut le réconforter, avec une bougie comme il le faisait autrefois pour Blanche.
Et il garde la foi. Il retrouvera aussi Blanche et Emma. Il les retrouvera toujours.
