Note de l'auteure: Ce chapitre est celui que j'attendais avec IMPATIENCE! Pourquoi? Je vous laisse découvrir!
Chapitre 6
Lorsque Kocoum et Améthyste reviennent au village le jour se lève.
L'envoyé de Mère Nature a un immense sourire aux lèvres, discutant vivement avec Kocoum qui tente de répondre aux questions d'Améthyste, heureux lui aussi de la réussite du plan de Mère Nature et des trois Esprits millénaires.
Ils sont accueilli par Kekata assis face à un feu ronflant, au centre du village, muet, se contentant de leur offrir un bol de nourriture à chacun accompagner d'un sourire chaleureux, les yeux luisants de complicité.
-Alors? sourit le vieil homme.
S'asseyant face aux flammes, c'est Améthyste qui raconte, Kekata découvrant la réelle apparence de son jeune interlocuteur.
Je comprends mieux pourquoi Lenmana disait que son ami fait tourner bien des têtes.
Fidèle à lui-même, Kocoum ne dit rien, mais Kekata sent son émoi.
-Rencontrer Mère Nature et ses compagnons est quelque chose d'incroyable. N'est-ce pas Kocoum?
Se rappelant de la présence de Kocoum à sa gauche, Améthyste tourne la tête vers lui, lui adressant un petit sourire d'excuse, les joues roses.
-Ce n'est rien. Et oui, c'était quelque chose d'incroyable.
Vivrais-je cent ans, jamais je n'oublierais ce moment.
Pendant de longues minutes les trois hommes gardent le silence, songeurs, mangeant avec appétit.
Posant son bol à terre, les yeux baissés sur la pierre précieuse de son pendentif, Kocoum compte bien aidé l'envoyé de Mère Nature à vaincre les forces du Mal lorsqu'elles se manifesteront. Et l'aider à retrouver sa voix!
Quelques instants plus tard arrivent Esmeralda et son cadet.
En voyant Améthyste en meilleur forme et surtout lui-même Esmeralda fonce vers lui, le faisant tomber sur le dos après qu'elle lui ait sauté dessus, au comble du bonheur, le noyant d'exclamations ravies.
Enlaçant la jeune fille, Améthyste éclate de rire, lui aussi heureux.
Invitant les nouveaux venus à s'asseoir le vieil homme leur explique le rendez-vous d'Améthyste avec Mère Nature, Dame Soleil, l'Homme de la Lune et Grand-mère Feuillage.
-Je comprends mieux cette paix intérieure que nous avons tous ressenti au fort. se redresse Esmeralda à la droite d'Améthyste.
Les yeux toujours fixés sur son bijou, Kocoum ne répond pas. Il sursaute légèrement quand deux petites mains se posent sur la sienne.
Levant la tête, il plonge son regard onyx dans celui émeraude d'Esmeraldo.
-Soyez patients, 'sieur Kocoum. lui sourit l'enfant. Très bientôt vous et Améthyste serez heureux.
Ne sachant pas si l'enfant a eut une vision ou pas, d'un simple regard il le remercie.
Son regard dérive sur un morceau de papier dépassant de la poche droite du pantalon d'Esmeraldo.
-Qu'est-ce que c'est?
Suivant des yeux ce qui a attisé la curiosité de l'adulte Esmeraldo sort le papier.
-C'est une lettre de mon parrain! sourit l'enfant.
-Parrain? fronce des sourcils, confus, l'adulte. Qu'est que c'est?
Sincèrement étonné par la question de l'Élu de l'Eau Esmeraldo explique avec des mots simples ce qu'est la fonction du parrain.
-...comme un oncle il devient la figure parentale de l'enfant qu'il a juré de protéger. termine Esmeraldo. Vous n'avez pas cette coutume chez vous?
-Non. Les membres d'une famille ne sont composé que des aïeux, des parents, oncles et tantes et des enfants.
Esmeraldo acquiesce, il reprend la parole pour raconter le contenu de sa lettre.
La lettre est de Leland date d'i ans, lui racontant la naissance de son fils James quelques temps après leur installation à Barnes à Sarah et lui-même.
《...James et Sarah se portent à merveille. Avec Sarah, nous avons longuement discuté du choix sur la personne qui deviendrait les marainne et parrain de notre enfant.
À défaut de pouvoir te le demander en personne, je le couche sur papier: Esmeraldo Ruben Leland, acceptes-tu de devenir le parrain de notre fils?》
Devenant le regard interrogatif de Kocoum, Esmeraldo a un grand sourire aux lèvres.
-J'ai accepté, bien sûr! Je ne l'ai pas encore rencontré, mais j'espère bien le voir un jour.
Pendant que l'Enfant de la Vue et l'Élu discutent, Améthyste explique plus en détails son rendez-vous.
-C'est incroyable...maman m'a souvent raconté qu'il est possible de rencontrer Mère Nature, mais Améthyste est le deuxième, après vous Kekata, à l'avoir rencontré.
Le vieil homme acquiesce, le regard lointain, tendre.
-La première fois que je l'ai rencontré je venais d'être reconnu Chaman. J'avais 30 ans.
Le sourire de la jeune fille s'agrandit davantage.
Elle est heureuse que Mère Nature ait permis à Améthyste de retrouver sa réelle apparence. Bien qu'au fond d'elle-même, elle soit triste que son ami n'a pas su retrouver l'usage de la parole.
-J'en informerais maman et les autres.
-Nous informer de quoi, ma chérie?
Tournant la tête par-dessus son épaule droite Esmeralda voit s'avancer vers eux sa mère, Bao, Lenmana/Lily et Quasimodo poussant le fauteuil roulant de Carmen.
Lorsque Améthyste se lève pour leur faire face, Rubis fonce dans sa direction pour le prendre dans ses bras, les yeux luisants de larmes de joie.
Si Quasimodo et Carmen sont paralysés par la stupeur, les yeux exorbités de pouvoir contempler la réelle apparence de l'envoyé de Mère Nature, ils comprennent mieux pourquoi les parents d'Améthyste l'ont baptisé ainsi.
Avec retenue, mais non sans émotions Bao serre son meilleur ami dans ses bras pour ensuite laisser place à Lenmana/Lily qui les prend d'autorité dans les siens! Éclatant de rire en les sentant se tendre sous la brusquerie de son geste!
Lenmana/Lily libère ses deux amis, clamant haut et fort que Mère Nature leur a parlé en rêve à Bao et elle qu'une surprise de taille les attend à Paris.
Se plaçant à la gauche d'Améthyste après que ce dernier ait haussé des épaules, indécis, Bao demande à Esmeralda et Rubis si elles savent ce que Clopin avait l'intention de faire en restant à Paris.
-Avant de partir j'avais entendu Clopin parler de quelque chose qui devait impérativement revenir en force. Savez-vous de quoi il s'agit?
Mère et fille se regardent avec complicité avant de répondre en chœur:
-Le jour d'Amour!
-Et la fête des Fous! renchérit Esmeraldo en se levant d'un bond.
Après avoir installé sa mère entre Kekata Rubis puis s'être installé à ses ordres Quasimodo regarde tour à tour Rubis et ses enfants, confus.
-Le Jour d'Amour est une célébration qui met les amoureux sur le devant de la scène. Elle dure toute la journée du 14 février, mais c'est aussi mon anniversaire! répond Esmeraldo avec un grand sourire.
Rubis et sa fille acquiescent, Esmeralda poursuit :
-Quand à la vraie durée de la fête des Fous elle dure normalement une semaine, mais ça fait longtemps que Frollo l'avait réduite à un jour. C'est d'ailleurs lui qui a supprimé le Jour d'Amour.
Prenant la main de Carmen dans les siennes, Rubis la regarde, le visage grave. Carmen comprend tout de suite de quoi sa belle-sœur va lui parler.
-Le vieux Bernardo, que Mère Nature puisse lui rendre vigueur et santé, nous a appris que c'est à cause de Bruno que Manolo et Paco ont été arrêté.
-Je sais...acquiesce, tremblante, Carmen, les yeux luisants de larmes contenues. Pendant vingt ans j'y ai longuement réfléchi. Savoir que j'avais vue juste ne me rendra pas mon Manolo, mais au moins suis-je rassurée de savoir que Bruno et sa famille ont été banni de la Cour.
-Bruno? Qui est cet homme? demande Quasimodo.
-Le cousin de ton père. explique Rubis. Avant l'arrivée de Tiago, ton grand-père, à la Cour des Miracles ta grand-mère était devenue la Cheffe de la Cour peu après la mort de Nanosh, son jumeau.
Quasimodo serre la main de sa mère, tenant de la réconforter. Cette dernière lui adressant un petit sourire de remerciement.
-Jamais auparavant une femme n'avait dirigé la Cour, mais cette décision, décidée par Fraco, ton arrière-grand-père, a été approuvé à l'unanimité suite au décès précoce de Nanosh à 25 ans. reprend Carmen en s'essuyant les yeux
-Inès était une femme au fort caractère qui refusait de se marier, appréciant plus que tout au monde sa liberté.
-L'arrivée de Tiago dans la Cour n'a rien changé, Inès restait la Cheffe. C'est aussi elle qui avait ordonné à Tiago de ne surtout pas léguer les rennes de la Cour à Manolo, mais à Ruben. Beaucoup plus apte à diriger.
Quasimodo apprend que suite aux aveux de Bruno, il a eut la langue coupée en guise de châtiment.
Châtiment, à première vue, sévère, mais efficace car aussi bien Esmeralda que Quasimodo apprirent que le cousin par alliance de Carmen avait reçu une coquette somme d'argent de la part de Frollo.
Si Quasimodo est horrifié par la sentence, il comprend néanmoins pourquoi le Vieux Diego a pris la décision de faire justice à la place de Ruben.
Peu de temps après, Bruno et sa famille ont été banni de la Cour des Miracles.
-En quoi est-ce surprenant, Monsieur Johnson? demande Ruben.
Ruben, les frères de Châteaupers, John Smith, Pocahontas, Wahunsunacock, Bao et les autres Colons sont sur la plage, guettant l'arrivée de "L'Araignée", bateau ayant à son bord les ministres français et anglais.
Le dénommé Johnson, âgé de 75 ans, est le plus vieux parmi les Colons. Aussi bien britannique que français.
Le vieil homme explique que le Duc n'était qu'un jeune Damoiseau lorsque ses compatriotes et lui-même ont quitté l'Angleterre pour la Virginie.
-Déjà à l'époque ce n'était pas un Saint, alors maintenant qu'il tient la bourse du pays, je n'ose imaginer les dégâts!
-Il haït les gens qui ne sont pas anglais! On risque une guerre avec lui sur ces terres! Moi, j'vous le dis, les p'tits gars! renchérit un second Colon Britannique avec une grimace.
Un Colon français demande ce qu'ils peuvent faire pour empêcher cette éventualité.
-Aucune idée. Vous êtes nobles, vous. Que conseillez-vous?
La question est adressée aux frères de Châteaupers. Qui prennent leur temps avant de répondre.
-L'empêcher de se prétendre supérieur, comme Ratcliffe, serait un bon début. répond Renaud.
Entendre le nom de l'ancien Gouverneur fait grimacer bon nombre de personnes.
Yuma explique à Ruben et aux autres qui était Ratcliffe.
-Je n'en suis pas certain, mais je pense que si notre père et Buckingham ont été envoyés par nos Souverains respectifs c'est sûrement pour établir des liens commerciaux avec vous Wahunsunacock. développe Philippe.
Devant la confusion de Wahunsunacock et de son peuple, Bao explique ce qu'est le commerce.
-Nous ne possédons pas de telles richesses. prend la parole Pocahontas. Nous serons les perdants dans cette histoire.
-Que nenni! Tomates, pommes de terre, courges, haricots, maïs, arachides, piments, cacao, vanille, ananas et la dinde (1)! Avant notre voyage nous n'avons jamais, au grand jamais, entendu parler ni même manger de ces choses-là!
-Parmentier a raison. acquiesce John Smith. Vous êtes plus riches que vous ne le pensez! Nous ferons en sorte, Renaud et moi, que les futures décisions entre nos pays respectifs et votre peuple soient les plus équitables possibles!
Approuvant les paroles de John, Renaud acquiesce, une lueur déterminée dans les yeux.
Quelques temps après les nombreux échanges qu'il a eut avec les Colons, Wahunsunacock, Bao et les frères de Châteaupers Ruben est retourné au village où l'attendent Dina et Namontack. De même que Bao, Pocahontas et son père, étant retournés à leur cabane/tente (plus précisément celle de Kekata) respective.
Sous le conseil de sa femme, Namontack avait proposé aux cousins une visite-découverte de ses terres, leur faisant découvrir les merveilles de son pays, Ruben et Dina comprennent mieux pourquoi Renaud et John Smith souhaitent rester.
Si Ruben pose pleins de questions, ce n'est pas le cas de Dina qui, perdue dans ses pensées, n'écoute que d'une oreille.
Soudain, un détail capte son attention. Jetant un rapide coup d'œil aux deux hommes qui l'accompagnent, ces derniers ne font pas attention à elle, c'est pourquoi elle se dirige vers le sapin qui a capté son attention.
Car contrairement aux autres, ce sapin n'est pas très grand.
Délicatement, elle retire la neige d'une des branches à sa hauteur, découvrant...
-Oh, Sainte Mère bien-aimée...murmure-t-elle.
Devant ses yeux embués de larmes se trouve un petit collier composé de bec-de-jars fissurés par endroits, accroché à la branche.
Tendant la main, elle effleure l'un des coquillages lorsque retentit la voix de Namontack dans son dos:
-Il appartenait à Naya.
Sursautant, Dina tourne la tête par-dessus son épaule droite pour voir le frère de lait de Kocoum à deux pas d'elle. Ruben étant en retrait.
Lisant dans le regard clair les questions que la jeune fille n'ose formuler, Namontack s'approche.
Arrivé devant la stèle, qu'il caresse des yeux, son regard luit de douleur et de chagrin.
-Elle nous a quitté il y a cinq ans. Elle...Naya...était notre fille à Lenmana et moi.
Sur le pont de l'Araignée, Amélie de Châteaupers serre son manteau de fourrure tout contre elle, le regard rivé vers l'horizon.
Le bonheur qu'elle ressent à la perspective de revoir trois de ses garçons lui fait l'effet d'un feu de cheminée en son cœur.
-Allez, messieurs! retentit un rire d'enfant derrière elle. Oh hisse!
Un doux sourire vient étirer ses lèvres lorsqu'elle se tourne vers la source du rire.
Séparés par une corde de cinq mètres qu'ils tirent de toutes leurs forces dix hommes se font face de part et d'autres de la dite-corde.
L'une des équipes a pour chef une petite fille aux yeux bleus, les cheveux roux coiffés en macarons pour une peau claire parsemée de tâches de son sur le nez et les joues.
L'enfant est vêtue de vêtements chauds, mais contrairement aux membres de son équipe ses pieds ne touchent pas terre.
Un rire tonitruant retentit:
-Attend un peu, canaille!
Le chef adverse n'est nul autre que son mari, Joseph, au teint aussi clair que celui de leur dernière-née pour un regard onyx que seule leur aînée Blanche a hérité.
-C'est pathétique.
En entendant l'accent à sa gauche, le sourire d'Amélie fait place à un visage de marbre.
Faisant face à l'individu, elle lui assène ces mots d'une voix polaire:
-Si de voir une scène de jeu entre un père et son enfant vous répugne, rien ne vous empêche de retourner à votre cabine.
Tournant la tête vers Amélie, un homme d'une vingtaine d'années aux regard et cheveux bruns lui adresse un sourire dédaigneux, une lueur d'arrogance dans ses iris bleues foncées. Son nom? Lord George Buckingham.
-Qui croyez-vous être Lady Châteaupers?
-Une épouse et une mère qui a à cœur le bonheur de son mari et de son enfant. réplique Amélie. Mais étant célibataire vous ne pouvez comprendre.
Sur ce, elle va rejoindre le capitaine, laissant Buckingham muet de rage.
Arrivée auprès du Capitaine, Amélie est heureuse pour l'homme qui dirige d'une main de fer le bateau que Louis XI a prêté pour cette expédition.
-Vous semblez bien pensive, Amélie. Buckingham vous a-t-il causé le moindre tort?
-Nullement, mon cher Leland. Je suis agréablement émerveillée par votre réussite. Après tout, c'était votre rêve.
Amélie adresse un sincère sourire sincère à Leland. Sourire que lui rend Leland, torse bombé.
Leland Hope est vêtu d'un uniforme rouge et blanc et de bottes blanches, les cheveux éternellement coiffés en dreaklook sont rassemblés en une haute queue de cheval.
Cet uniforme, mais plus spécifiquement son grade de Capitaine des flottes royales de Barnes, Leland avait travaillé dur pour l'obtenir car sa naissance, modeste, avait été source de moqueries et de brimades, mais grâce au soutien et à l'amour sans faille de sa femme l'homme métis avait tenu bon.
-J'ai hâte de revoir les Lopez! Surtout mon petit Esmeraldo!
-Et moi, mon petit Renaud. Mais vous avez raison, Esmeraldo a sûrement bien grandi. acquiesce Amélie. Comme je suis curieuse d'apprendre comment Esmeralda a rencontré Phoebus.
-Lord Buckingham, Lord Châteaupers, au nom de tous mes camarades, je vous souhaite la bienvenue en Virginie.
Ces mots, ce sont John Smith et Renaud qui les ont clamés en un parfait accord.
D'un même ensemble, toutes les personnes présentes sur la plage, à savoir les Colons survivants et les frères de Châteaupers s'inclinent, marquant leur respect aux nouveaux venus.
Une heure plus tôt l'Araignée accostait, le Duc de Buckingham et Joseph de Châteaupers ont posé pieds à terre où les attendent les Colons, de même que les jumeaux de Joseph.
-Fils, je suis heureux de te revoir en bonne santé.
Joseph redresse son plus jeune rejeton, un sourire fier aux lèvres, gardant ses mains sur les épaules de ce dernier.
Ému, Renaud serre des poings pour s'empêcher de pleurer d'émotions.
-J'ai grande hâte de vous présenter quelqu'un, Père. Je suis sûr que vous allez l'a...
-Bon! Où sont ces sauvages? Je n'ai pas que ça à faire!
Tournant brusquement la tête vers Buckingham, Renaud se retient de s'élancer vers le noble anglais pour lui dire sa façon de penser, mais si ses frères le retiennent, Parmentier ne se prive pas pour s'exclamer :
-Ce ne sont pas des sauvages!
-Vous ne les connaissez pas! renchérit l'unique vieillard parmi les Colons. Ce sont des personnes incroyables!
-Ils ont raison. approuve Arthur Ruisseau, un français. Leur croyance envers une certaine Mère Nature est étrange, mais ils ne nous ont jamais attaqué!
-Ils ont raison, Lord Buckingham. intervient John Smith. Ils nous ont appris qu'une relation saine est possible entre français et britanniques.
-Ils nous ont aidé à démonter le Fort pour en faire des cabanes beaucoup plus confortables que nos anciennes tentes. acquiesce Johnson.
Afin de ne pas en dévoiler trop sur son adoption, Yuma a dû revêtir ses habits européens, son collier bien cachée sous sa chemise.
-De plus, ceux que vous appelez ''Sauvages'' sont beaucoup plus civilisés que vous ne le pensez! Ces terres leur appartiennent, nul n'a le droit de se les appropriées! renchérit-il.
Plissant le nez, Lord Buckingham ne cache pas son dégoût, l'œil luisant de dédain.
Tournant la tête en direction de Joseph, il lui demande quand vont arriver Amélie, leur petite Sorcière et le singe qui leur sert de Capitaine.
Sous le regard franchement interrogatif de Phoebus, ses frères et leur père font volte-face, les pommettes rouges (pour le patriarche), le regard empli d'orages, au Lord Buckingham, il a juste le temps d'attraper ses frères chacun par une épaule pour les empêcher de faire un impair...
-Nous sommes là, My Lord! se fait entendre une voix d'homme.
Excepté Joseph qui prend à part Buckingham, tout le monde tourne la tête pour voir descendre un homme au teint café au lait portant sur ses épaules une petite fille et ayant à son bras une magnifique femme.
Cette passagère n'est pas inconnue à la fratrie de Châteaupers.
-Mère?! S'exclame-t-elle, au comble de l'étonnement.
-Fifi! Ren'! les salue la petite fille en faisant de grands signes de bras avec un immense sourire aux lèvres. Fifi! Ren'!
De surprise, Philippe sursaute alors qu'un sourire tendre étire les lèvres du surnommé Ren'.
-Léa?!
Renaud et Philippe avaient appris à Phoebus la naissance de la petite et tout ce qu'elle apporte à leur famille.
Lorsque Amélie, l'homme à son bras et la fillette posent pieds à terre, la petite Léa court vers ses aînés en criant de joie.
Philippe la réceptionne aisément pour ensuite la lancer dans les airs, la faisant redoubler de rire.
Lorsque la petite fille réclame une pause, elle saute dans les bras de Renaud qui la réceptionne avec agilité pour lui faire un énorme câlin.
Lorsque le câlin prend fin, c'est Philippe qui fait les présentations entre Léa et Phoebus.
-Câlin! lui sourit-elle en lui tendant les bras.
Si Phoebus est sincèrement étonné par la spontanéité de sa nouvelle petite sœur, il accepte avec plaisir de la prendre dans ses bras.
Confortablement installée contre le torse de son aîné, la petite fille ferme les yeux de bien-être.
Dans un coin spécifique de la foret se trouvent les guerriers Powathans, Ruben, Bao, Quasimodo et Améthyste.
Après les explications de Namontack sur le décès de sa fille aînée, Dina avait laissé les deux hommes rejoindre les guerriers Powathans, retournant au village, perdue dans ses pensées.
En chemin, elle avait croisé la route de sa mère de cœur, soulevée par Vent, mais si l'Esprit millénaire avait refusé que Dina porte le fauteuil roulant, il avait été conciliant de laisser la jeune femme porter sa mère sur son dos.
Cet endroit est assez éloigné du village pour permettre aux guerriers de s'entraîner en toute tranquillité.
Depuis l'aube les guerriers Powathans et Améthyste s'entraînent durement, Bao et Ruben les ayant rejoints par le plus grand des hasards.
Au début ça a été la course à pieds ensuite la nage suivis par la montée aux arbres, le tir à l'arc pour terminer par la lutte.
Devant la surprise d'Améthyste, Namontack lui a expliqué que c'est Lenmana/Lily, alors amnésique, qui leur avait enseigné.
C'est du Lily tout craché. Elle adore les sports de combat aux corps-à-corps.
Il avait traduit sa pensée au mari de sa meilleure amie.
Au début, Bao et Quasimodo n'étaient pas enchantés à l'idée de suivre un entraînement guerrier, mais très vite ils ont compris l'importance de maintenir leur corps en bonne santé.
Et puis, le fils de Carmen a put montrer à tous qu'il est meilleur grimpeur!
Pour la nage, Quasimodo avait catégoriquement refusé. Il refuse de montrer sa bosse, source croit-il qu'elle sera de moqueries malgré les propos apaisants de Kekata sur le fait que personne ne se moquera de lui.
Si Bao s'était retrouvé très vite en sueur, n'ayant clairement plus l'habitude, Ruben avait adoré cet enchaînement d'exercices fort variés, mais ce qu'il adora le plus fut la lutte! Après tout, hormis Wahunsunacock, personne n'est aussi grand que lui parmi les Powathans!
Quatre heures plus tard sont restés Kocoum et Améthyste, Namontack et les autres étant retournés au village.
Le premier perfectionne sa maîtrise, faisant tournoyer autour de lui l'élément liquide.
D'un habile mouvement du bras, il dresse l'eau entre lui et un ennemi invisible en une haute barrière liquide.
L'instant suivant l'eau se trouve dans le dos de Kocoum, prenant la forme de tentacules qui attaque et défend l'Élu de l'Eau face à des individus invisibles.
Le second est en position du lotus, méditant. Ou du moins...essaie.
Lorsqu'il tente de vider son esprit, Améthyste revoit avec une précision chirurgicale la torture subie.
Impossible de méditer! grogne-t-il. Je n'y arriverais pas.
Son cœur battant à un rythme beaucoup trop rapide, démentant sa contrariété.
Je SAIS que Frollo est mort! Mais...je suis effrayé. Je ne sais pas comment faire pour passer outre!
Kocoum le ressent, c'est pourquoi il cesse son entraînement.
Plus tôt dans la journée, Ruben lui avait parlé de ce qui était arrivé à Améthyste.
Comme le patriarche Lopez lui avait appris qu'Améthyste et ses amis, dont Lenmana/Lily, viennent du futur.
Si cet homme, ce Frollo, n'était pas mort, je l'aurais tué de mes propres mains!
Silencieusement, Kocoum se dirige vers l'envoyé de Mère Nature.
-Améthyste?
Sursautant, le prénommé tourne la tête vers Kocoum qui lui demande s'il serait intéressé par un combat amical à la lutte.
❅Je n'y connais pas grand chose.❅
Ce qui est vrai. Bien qu'il ait regardé les guerriers Powathans lutter plus tôt, jamais à son époque il n'avait pratiqué ce sport.
-Je peux t'apprendre.
❅Pourquoi pas? Ça me changera sûrement les idées.❅
Quelques instants plus tard les deux hommes "combattent" sous les explications de l'aîné.
Plus d'une fois Améthyste se retrouve à terre, mais à chaque fois il se relève, déterminé.
Après une ème défaite où il se retrouve à terre, Améthyste reste allongé, en sueur, haletant.
Assis à ses cotés, Kocoum est lui aussi recouvert de sueur, satisfait de son idée.
Un murmure dans sa tête lui apprend que s'il ne fait pas lui-même le premier pas, jamais Améthyste n'aura connaissance de son secret le plus précieux.
Inquiet quant à l'idée que jamais Améthyste ne sache ce qu'il ressent, l'oncle de Pocahontas se place au-dessus d'Améthyste, surprenant ce dernier, Kocoum le rassure, l'œil luisant d'incertitude.
-Je..j'ai quelque chose à te dire.
Épuisé, l'envoyé de Mère Nature est trop fatigué pour s'exprimer. C'est pourquoi il acquiesce.
-Avant notre rencontre, ma vie était très simple: Protéger mon village et ses habitants tout en remerciant Mère Nature et les Esprits pour ce qu'ils apportent chaque jour qui passe.
Acquiesçant, Améthyste écoute attentif.
-Lorsque j'ai été reconnu comme l'Élu de l'Eau, j'ai fais la promesse à Wahunsunacock et aux autres que je les protégerais contre Chernabog et ses fervents.
Doucement, du bout des doigts, la main gauche de Kocoum caresse la joue droite d'Améthyste.
-Lorsque tu t'es interposé entre tes semblables, Namontack et moi, pour la première fois de mon existence mon cœur a tremblé. Jamais auparavant, je n'avais ressenti pareil émoi.
La caresse, légère comme une plume, fait frissonner Améthyste. Et faire emballer son cœur beaucoup trop vite pour être normal, mais...il se sent bien.
-De part l'enseignement reçu de Opchanacanough, mon père adoptif, j'éprouve beaucoup de mal à exprimer mes émotions.
Avec délicatesse, Kocoum prend l'une des mains de son vis-à-vis qu'il pose à l'emplacement de son cœur.
-Mais je sais qu'elles sont là. Mon cœur est comme un cheval fou lorsque tu te tiens à mes côtés, mais...lorsque je suis seul je me sens vide.
Sous ses doigts, l'envoyé de Mère Nature sent le cœur de Kocoum battre à un rythme beaucoup trop rapide. Comme le mien...
Avec la même douceur, Kocoum lève la main d'Améthyste à ses lèvres, embrassant chaque doigt sans le quitter des yeux qui frissonne à chaque baiser.
Incapable de bouger, mais n'en éprouvant aucunement l'envie, Améthyste lève son autre main qu'il pose sur la joue de son aîné.
En cet instant les mots n'ont pas leur place.
Avec lenteur, les deux hommes rapprochent leur visage, leur souffle se mélange, fermant à l'unisson les yeux jusqu'à ce que leurs lèvres se touchent.
Un incendie enflamme leur cœur alors qu'un feu d'artifice explose dans leur tête.
Tout à leur baiser, ils ne voient pas l'éclosion rapide de viola Cornuta les encercler.
Lorsqu'ils mettent fin au baiser, rouvrant les yeux en même temps, Kocoum et Améthyste se murmurent un ''Je t'aime'' authentique, les yeux luisants.
Note de l'auteure: Alors? Contentes? Moi, TROP! Depuis le temps que je voulais écrire leur premier baiser à ces deux-là...:)
1) Je fais une grosse entorse car certains des aliments cités ne sont pas tous originaires de l'Amérique du Nord!
