Le domaine des Hale, bien que réduit en cendres, restait le cœur symbolique de la famille.
Les Hale, qui vivaient chacun dans leurs propres maisons autour de Beacon Hills, s'étaient rassemblés ce jour-là pour une réunion de famille. Ils avaient décidé de rester proches les uns des autres, non seulement pour se soutenir dans cette épreuve, mais aussi pour des raisons de sécurité.
Pour se protéger, la famille Hale avait mis en place des mesures modernes : des caméras de surveillance, des alarmes reliées à un réseau privé et des détecteurs de mouvement autour du périmètre. Ces précautions n'étaient pas inhabituelles pour des familles fortunées, mais elles étaient devenues une nécessité depuis l'incendie.
Talia Hale, en tête de la famille, coordonnait les efforts pour reconstruire leur vie. Elle s'assurait que chacun avait un rôle à jouer tout en gardant un œil attentif sur la sécurité de ses proches.
John Stilinski, qui était venu leur rendre visite avec des informations sur son enquête, observait leur organisation avec une certaine admiration.
« Vous avez mis en place un bon système, » remarqua-t-il en s'approchant de Talia.
« Nous faisons ce que nous pouvons, » répondit-elle d'un ton mesuré, sans détourner les yeux de l'écran où défilaient les images des caméras de surveillance.
John hocha la tête.
« Je voulais vous proposer quelque chose. Si je remarque des comportements suspects en ville – des étrangers ou des incidents inhabituels – je peux vous en informer. »
Talia le regarda enfin, son expression neutre.
« Et pourquoi feriez-vous cela ? »
« Parce que personne ne devrait vivre ce que vous avez traversé. »
Elle resta silencieuse un moment, évaluant ses intentions, avant de répondre : « Très bien, shérif. Mais gardez à l'esprit que je protège ma famille avant tout. »
Stiles accompagnait souvent son père depuis l'incendie. John avait jugé préférable de le garder près de lui pour des raisons pratiques et émotionnelles. Après tout, il n'y avait personne pour s'occuper de Stiles à la maison, et le garçon semblait apprécier ces moments passés avec son père.
Ce jour-là, il avait trouvé un nouveau centre d'intérêt : Derek Hale.
« Tu sais, mon père dit que les meilleures cicatrices viennent des batailles épiques.
Peut-être que tu devrais inventer une histoire où tu as combattu un dragon. Ça ferait bien, non ? »
Derek, assis sur une chaise près des ruines, releva à peine les yeux.
« Ce n'est pas une bataille que j'ai envie de raconter. »
Stiles, malgré son jeune âge, comprit qu'il avait touché un point sensible. Il s'assit près de Derek, pour une fois silencieux, un geste rare pour lui.
« C'est pas grave, » murmura-t-il finalement. « Moi, je trouve que tu es déjà un héros. »
Derek tourna légèrement la tête vers lui, surpris, mais ne répondit rien.
John, de son côté, continuait de lutter avec ses sens de sentinelle. Les conseils de Marcus et Clara, ses référents du SGC, lui étaient utiles, mais limités. Ils lui avaient expliqué que, sans guide, il lui faudrait apprendre à gérer ses perceptions seul, ce qui demandait une concentration et une discipline constantes.
Lorsqu'il se rendait à l'hôpital pour voir Peter Hale, il remarquait une étrange sensibilité à tout ce qui concernait cet homme. Peter, bien que gravement blessé, n'était pas silencieux. Il parlait peu, mais chaque mot était chargé de sarcasme ou d'une pointe d'ironie.
Ce jour-là, Talia était assise près de lui, une main posée sur le lit, discutant à voix basse.
John, en entrant, sentit immédiatement l'atmosphère se tendre légèrement.
« Shérif, » salua Talia, son ton poli mais distant.
« Comment va-t-il ? » demanda John, se tournant vers Peter.
« Toujours vivant, à votre grand désespoir, je suppose, » répondit Peter avec un sourire en coin.
« Pas vraiment, » répondit John calmement. « J'ai vu assez de morts pour une vie entière.»
Talia observa l'échange avec attention, mais ne dit rien. John s'assit finalement sur une chaise, et bien qu'il n'ait pas de raison précise de rester, il ne se sentait pas prêt à partir.
Lorsque Peter s'assoupit, Talia se leva et fit signe à John de la suivre dans le couloir.
« Vous passez beaucoup de temps avec ma famille, shérif, » commença-t-elle.
« J'essaie de faire ce qui est juste. »
Talia croisa les bras, son regard perçant.
« Et qu'est-ce que cela signifie, exactement ? »
« Cela signifie que je veux enquêter sur ceux qui vous ont fait ça. Ceux qui ont détruit votre maison et mis votre famille en danger. »
Talia fronça légèrement les sourcils.
« Vous jouez avec le feu, shérif. Si vous creusez trop profondément, vous pourriez attirer leur attention sur nous. »
« Je ne ferai rien sans votre accord. Mais vous devez comprendre que je ne peux pas ignorer ce qu'ils ont fait. »
Elle resta silencieuse un moment, puis soupira.
« Faites ce que vous avez à faire. Moi je protégerai les miens. »
La tension monta d'un cran lorsque John reçut un appel en urgence peu avant minuit. L'un des cousins de Talia, Elias Hale, avait été attaqué en ville alors qu'il rentrait chez lui après une journée passée à aider à organiser les affaires de la famille.
« Shérif, c'est grave. » annonça la voix tremblante de l'un de ses adjoints. « Elias Hale a été agressé dans une ruelle près de la zone commerciale. Il est blessé, mais conscient. Les ambulanciers sont sur place. Vous devriez venir. »
John, déjà en alerte constante depuis l'incendie, sentit son cœur s'accélérer. Il attrapa ses clés et quitta la maison sans un mot, laissant Stiles endormi dans sa chambre.
Lorsqu'il arriva sur les lieux, il trouva Elias assis sur le bord d'une ambulance, une compresse plaquée contre son épaule ensanglantée. Sa chemise était déchirée, et son visage portait des marques de coups. À ses côtés, un policier prenait sa déposition, mais Elias semblait agité, lançant des regards autour de lui comme s'il craignait une nouvelle attaque.
« Élias » appelle John en s'approchant.
L'homme releva la tête, et bien qu'il fût visiblement en état de choc, il répondit d'une voix rauque :
« Shérif Stilinski. »
« Que s'est-il passé ? » demanda John, son ton ferme mais empreint de sollicitude.
Elias inspira profondément avant de répondre : « J'étais sur le point de rentrer chez moi. J'ai senti que quelqu'un me suivait, mais je n'ai pas voulu paniquer. Puis, dans une ruelle, ils m'ont sauté dessus. Deux hommes, masqués. Ils m'ont frappé, m'ont demandé ce que je savais sur l'incendie... »
Il marqua une pause, visiblement troublé.
« ...et l'un d'eux a dit quelque chose comme: 'Ça, c'est de la part de Kate.!' »
Le sang de John se glace.
« Vous les avez vus ? Vous pourriez les reconnaître ? »
Elias secoua la tête.
« Non, ils étaient masqués. Mais ce n'était pas un simple vol. Ils voulaient envoyer un message. »
John hocha la tête, son esprit déjà en train de relier les fils.
« On a des témoins ? » demanda- t-il.
« Une femme a vu deux hommes s'enfuir en courant, mais elle n'a pas pu les identifier. On va vérifier les caméras de surveillance dans la zone. »
John acquiesça.
« Faites-le immédiatement. Et mettez un mot d'ordre : la famille Hale est sous surveillance renforcée. Je veux des patrouilles près de leurs maisons et des rondes régulières. »
L'adjoint s'éloigna pour exécuter les ordres, tandis que John revenait vers Elias.
« Vous allez à l'hôpital, » dit-il d'un ton qui n'acceptait aucune protestation.
Elias hésita, mais finit par acquiescer.
Alors qu'il regardait l'ambulance partir, John sentit une colère sourde monter en lui. Cette attaque n'était pas un hasard. Elle portait la marque d'une vengeance ciblée, un avertissement clair que les Hale n'étaient pas en sécurité. Il serra les poings, sa mâchoire se crispant.
« Ça suffit. » murmura-t-il pour lui- même.
Il se promit de redoubler d'efforts pour protéger cette famille. Peu importait ce que cela lui coûterait, il ferait tout pour que les responsables de ces actes répondent de leurs crimes.
