Bonjour à tous !

EliamHL: Je vais voir ce que cela donne niveau rythme. Je sais déjà mes horaires, mais après il y a la route, je fais également de la course à pied, et j'ai un chien. Donc comment dire, qu'au chômage, j'ai le temps d'écrire, avec un boulot/ formation c'est moins sûre ahah. J'aurais éventuellement le week-end, mais j'écrirais aussi moins vite, que là à écrire un peu tous les jours. Donc peut être je partirais sur des fictions plus courte, où avec une publication 1/semaine, on verra bien. Et puis faut trouver les idées de fanfiction aussi, j'arrive un peu à court là pour être honnête ahah.

Bonne lecture !

XXXX

Les premières heures sur le terrain furent intenses. Chaque membre de l'équipe travaillait avec une précision et une détermination indéfectibles. L'adrénaline, mêlée à la responsabilité de ne pas échouer, se lisait dans les traits crispés de mes coéquipiers. L'obscurité commençait à s'étendre sur la forêt dense, l'air se rafraîchissait tandis que nous nous enfoncions de plus en plus dans la mission. Et pourtant, tout restait calme… Pour l'instant.

Je supervisai attentivement l'ensemble de l'opération, me fiant à la radio pour garder le contact avec chaque unité. Bellamy et Octavia étaient partis en éclaireur pour repérer un emplacement idéal pour établir un campement permanent. Leur voix basse transmettait régulièrement des rapports succincts sur la radio.

Clarke, ici Bellamy. Nous avons trouvé un endroit prometteur à 300 mètres au nord-est. Terrain dégagé avec une falaise à l'ouest, ce qui nous donne une vue parfaite sur les alentours. Il y a un ruisseau à proximité. Je pense qu'on tient notre position.

Je relâchai un soupir de soulagement. Parfait. Bellamy, Octavia, sécurisez le périmètre et attendez-nous. Nous arrivons avec l'équipement.

Je fis signe à Jasper et John de charger le matériel nécessaire pour établir la base, tandis qu'Echo donnait des instructions à ses unités pour renforcer la défense du secteur. La jeune femme aux yeux perçants analysait chaque recoin, chaque branche, chaque pierre, cherchant le moindre indice de mouvement. Anya était à ses côtés, veillant silencieusement, le regard vif.

On doit éviter de se faire surprendre, rappelai-je fermement. Si les patrouilles ennemies nous repèrent maintenant, on sera pris au dépourvu.

Echo acquiesça sans hésitation. Rien ne passera sans que je ne le sache. Son assurance m'apporta un semblant de réconfort. Elle avait vraiment progressé depuis son entrée à l'académie, je n'avais pas imaginé qu'elle puisse être un si bon élément. Anya et moi allons établir des points de contrôle tout autour du secteur, avec un réseau de signaux lumineux. Nous préviendrons immédiatement en cas d'intrusion.

Je hochai la tête, confiante. Très bien. Fais attention.

Le crépitement de la radio interrompit notre échange. Ici Lexa. Nous avons terminé la mise en place des points de coordination pour les manœuvres furtives. Nous allons bientôt passer à la phase d'entraînement. Je veux m'assurer que tout le monde sache quoi faire si on doit se replier en urgence.

Je pouvais entendre la tension sous-jacente dans sa voix, un léger tremblement presque imperceptible. Malgré son ton professionnel, je savais que chaque instant sur le terrain représentait un défi monumental pour elle. Mon cœur se serra, mais je gardai ma voix calme et ferme.

Bien reçu, Lexa. Assure-toi que tout est en place. Restes en contact, je veux des rapports réguliers.

Elle répondit d'un simple « compris », avant de se concentrer sur sa tâche. Je savais qu'elle se jetait dans le travail pour ne pas laisser ses pensées s'éparpiller. Bellamy et Octavia nous rejoignirent peu après pour détailler le terrain, et, ensemble, nous commençâmes à établir le camp. Le temps pressait. Si nous ne terminions pas avant la tombée de la nuit, nous serions vulnérables.

Une fois le campement sécurisé et le matériel en place, la réalité de notre situation s'imposa rapidement. L'exercice était conçu pour tester nos capacités à survivre en conditions précaires. La première chose que j'imposai fut une gestion drastique des ressources. Chaque membre reçut des rations limitées de nourriture. Les batteries de nos radios et appareils de surveillance étaient précieusement rationnées.

On va devoir économiser sur les batteries, l'exercice dure 3 semaines et si nous ne pouvons plus communiquer cela va être compliqué, avertis-je, en distribuant les provisions. Si quelqu'un consomme plus que ce qui est prévu, on sera en difficulté bien avant la fin de la semaine.

Attends Clarke ! M'interpelle Raven. Je la regarde perplexe. J'ai fabriqué un système afin de recharger nos batteries et appareils de surveillance, grâce à un panneau solaire. La journée, il faut les mettre en pleins soleil et les mettre à charger la nuit. Ce n'est pas très puissant, mais cela nous donnera un peu plus de liberté.

T'es un génie Raven ! Merci. Dis-je en prenant le matériel qu'elle me donnait.

Par contre, pensez à rationner votre nourriture. Nous en avons un peu moins que nécessaire, si l'on a le temps et qu'on est en sécurité, on ira chercher dans la nature, mais partez du principe, qu'on va manquer de nourriture avant la fin.

Jasper grimaça en regardant la maigre portion de nourriture qu'il avait reçue pour le repas du soir. Super. J'ai déjà faim.

John leva un sourcil, amusé. Allez, Jasper. Ce n'est pas comme si c'était notre première mission de ce genre. Tu survivras. Et puis même à l'académie, tu as toujours faim, peu importe la quantité. Ce qui fit rire tout le monde.

Echo et Anya, quant à elles, avaient déjà entamé des patrouilles régulières autour du périmètre. Je savais que je pouvais compter sur elles pour nous protéger. Mais l'exercice n'était pas seulement une question de survie physique. Il testait notre mental, notre capacité à fonctionner sous pression.

Les premiers jours de l'exercice se déroulèrent comme prévu, chaque membre de l'équipe s'attelant à ses tâches avec une rigueur presque irréprochable. Le camp fut rapidement établi, le périmètre sécurisé grâce aux efforts d'Echo et d'Anya, qui avaient mis en place des postes d'observation et des pièges de détection rudimentaires. L'abri principal se fondait dans le paysage, camouflé par la végétation dense qui les entourait. Notre organisation avait été plus que parfaite, j'étais totalement satisfaite de notre travail. Chacun avait trouvé sa place, personne ne posait problème. Lexa et Anya s'étaient complètement intégrées au groupe. C'était parfait.

Chaque journée était une bataille pour rester invisibles. Les simulations de patrouilles ennemies rendaient chaque déplacement risqué. Les tirs étaient fictifs, mais l'adrénaline qu'ils généraient n'avait rien d'un jeu. À plusieurs reprises, je surpris des ombres passant à proximité du camp, des silhouettes silencieuses et rapides qui cherchaient la moindre erreur de notre part. Et ce n'était pas le groupe de Logan. Ils avaient mis le paquet pour rendre la situation totalement réelle.

J'avais déjà entendu parler de la capacité d'Anya à naviguer dans des situations de stress extrême, mais la voir en action était impressionnant. Même Lexa, qui restait souvent en arrière pour surveiller les mouvements de leurs alliés, et qui était déjà partie en mission avec elle, ne pouvait dissimuler son admiration. Et chaque soir, lorsque les groupes se retrouvaient autour d'un feu de camp discret, les tensions de la journée semblaient s'effacer dans la chaleur de leurs échanges.

Après des heures passées à se déplacer furtivement dans les bois, à éviter les embuscades ennemies et à cartographier chaque position hostile repérée, nous avions eu avec Lexa enfin un moment d'intimité. La nuit était tombée, le camp était silencieux, chacun récupérant des forces pour le jour suivant. Nous pouvions partager notre tente à deux, et j'avais bien évidemment choisi Lexa, je devais m'assurer qu'elle allait bien. Raven quant à elle avait dû se « sacrifier » pour dormir avec Anya, car c'était obligatoirement par deux. Mais je savais bien que cela rendait ma meilleure amie plus qu'heureuse de dormir avec sa copine.

J'étais allongée contre Lexa dans notre petite tente, et je la sentis frémir légèrement à mes côtés. Je relevai doucement la tête, cherchant son regard.

Comment tu te sens mon cœur ? Murmurais-je, mes doigts effleurant tendrement les mèches sombres de Lexa.

Fatiguée, répondit Lexa en esquissant un sourire. Mais ça va. Je… Gère.

Je fronçai les sourcils, notant la tension qui persistait dans le corps de Lexa malgré sa réponse. Si tu te sens trop stressée, je peux adapter ton rôle mon cœur. L'objectif était de voir si tu en étais capable, ne pas t'emmener vers un burn-out.

Lexa soupira doucement, puis se tourna pour me faire face, nos visages à quelques centimètres l'un de l'autre. Je veux rester utile, bébé. Je sais que tu t'inquiètes pour moi, mais je ne veux pas être un fardeau.

Tu ne l'es pas, répondis-je fermement, capturant le menton de Lexa entre mes doigts pour qu'elle me regarde dans les yeux. Tu es l'un des meilleurs éléments de cette équipe, et ce que tu fais pour la coordination est crucial. Je t'en prie, ne doute pas de nous as déjà sauvé la mise une dizaine de fois.

Le silence tomba entre nous, seulement brisé par le murmure du vent à l'extérieur. Finalement, Lexa se détendit légèrement et hocha la tête.

Merci, mon amour. Sa voix était douce, fragile, presque brisée par l'émotion. D'être là.

Je souris et déposai un baiser appuyé sur ses douces lèvres. Toujours. Je te l'ai promis.

Nous restâmes ainsi, serrées l'une contre l'autre, jusqu'à ce que la fatigue finisse par les emporter dans un sommeil paisible.

Quelques jours plus tard, le soir venu alors que le feu crépite doucement, réchauffant le groupe malgré l'air frais de la soirée. Les conversations vont de bon train. Nous sommes tous installées en cercle autour des flammes. Un rare moment de repos et d'accalmie dans cet exercice qui nous prend toute notre énergie.

Allez, quelqu'un doit bien avoir une anecdote embarrassante à raconter, plaisanta Octavia, son regard pétillant de malice.

J'esquisse un sourire avant de poser son regard sur Raven. Oh, j'en ai une pour Raven. Enfin, non, j'en ai plusieurs.

Raven lève les yeux au ciel, déjà sur ses gardes. Clarke, je t'avertis…

Laquelle choisir… Dis-je en faisant semblant de réfléchir

Clarke…

Le générateur ou la catapulte ? Dis-je en voyant le regard de Raven s'assombrir en deux secondes.

Clarke !

Elle a fait sauter le courant de tout le bâtiment ! M'exclamais-je d'un coup, les yeux brillants de malice. Et ce n'est pas tout. Non seulement, elle a plongé tout le bâtiment dans le noir, mais elle a réussi à déclencher toutes les alarmes en même temps ! Les sirènes hurlaient, les lumières de secours clignotaient… Un véritable chaos.

Les rires éclatent tout autour de nous. Raven se redresse, une lueur de défi dans le regard. Eh bien, pour ma défense, je testais les limites du générateur. On a su qu'il était vraiment à bout de souffle, pas vrai ?

Mais je n'avais pas fini mon histoire. Ah, et j'ai failli oublier la meilleure partie. Elle était tellement sûre d'elle, que quand notre prof est arrivé pour voir ce qui se passait, elle a juste haussé les épaules et dit : "C'est exactement ce qui devait se passer." J'imitais avec précision l'air faussement nonchalante de Raven, déclenchant un éclat de rire général.

Raven rougit légèrement, mais un sourire finit par apparaître sur ses lèvres. Bon, ok, c'était embarrassant. Mais je te signale que c'est moi qui ai rétabli le courant, sans faire tout exploser.

Oui, mais tu avais déjà perdu toute crédibilité devant le prof et en plus, tu t'es fait coller pendant un mois pour ça, répliquais-je avec un sourire triomphant.

Et du coup… La catapulte ? Demanda soudainement Jasper, qui n'avait pas fini de rigoler.

Ohhhh, et bien elle as voulu impressionner son ex, en fabriquant une catapulte à partir de vieux ressorts !

Clarke ! Tais-toi !

Je continuai néanmoins. Eh bien, au lieu de lancer le projectile en avant, la catapulte a explosé… Et a projeté une tonne de boue en arrière… Juste sur elle. Elle était couverte de la tête aux pieds !

Le groupe éclata de rire, certains se tenant les côtes, incapables de reprendre leur souffle.

Vous auriez dû la voir. Elle ressemblait à un monstre des marécages. Dis-je pliée en deux, en me souvenant de ces bons moments.

Raven grogna, ses joues brûlant de honte. Génial. Merci pour ce souvenir…

Anya, qui observait la scène, se leva doucement et attrapa Raven par le bras. Viens par ici, on dirait que tu as besoin d'un peu de réconfort, mon petit génie boueux.

Elle l'emmena à l'écart, les laissant s'éclipser dans l'ombre des arbres. Je les observai du coin de l'œil, souriant doucement en voyant Anya se pencher vers Raven, murmurant quelque chose avec douceur. Raven sourit timidement, rougissant encore plus, avant qu'Anya ne lui passe doucement une main dans les cheveux, la rassurant. Puis, avec une tendresse surprenante, Anya posa un baiser délicat sur les lèvres de Raven, chuchotant quelque chose que je ne pus entendre. Raven parut s'apaiser, son sourire s'élargissant alors qu'elle se laissait aller contre Anya. Leur intimité m'émut, et je détournai les yeux pour leur laisser ce moment.

Mais je n'eus pas le temps de m'attendrir trop longtemps, car Lexa s'éclaircit la gorge. Si on parle d'anecdotes embarrassantes… Je crois que j'ai quelque chose à partager sur Clarke.

Je me redressai, méfiante. Lexa…

Les regards se tournent ensuite vers Lexa, qui croise les bras en défi. Très bien. Si vous voulez une anecdote embarrassante sur Clarke, commence-t-elle lentement, je me dois de mentionner… Notre premier entraînement en escalade.

Je grogne, sachant exactement de quoi elle allait parler. Lexa, non…

Mais ma copine n'en démord pas. Clarke était tellement concentrée sur l'idée d'atteindre le sommet avant moi, qu'elle a oublié de vérifier ses prises. Elle s'est retrouvée coincée à mi-hauteur, incapable de descendre ou de continuer. Je suis montée pour l'aider, et quand je l'ai atteinte… Elle était littéralement agrippée au rocher, tremblante. Elle refusait de bouger, même d'un centimètre. J'ai dû rester là, à lui parler doucement, jusqu'à ce qu'elle accepte de me lâcher une main pour se détendre.

Les autres rient doucement, imaginant la scène. J'étais gênée, et je secoue la tête, me souvenant de cette scène. J'avais juste… Besoin d'un moment pour respirer.

Un moment qui a duré trente minutes, ajoute Lexa avec un sourire affectueux, et surtout pour bien enfoncer le couteau dans la plaie. Mais elle se tourne vers moi. Mais c'est là que j'ai su que tu ne te laissais jamais vaincre par tes peurs, Clarke. Parce que malgré tout, tu as fini par atteindre ce sommet.

Je lui souris doucement, avant de l'embrasser, et de m'installer dans ses bras. Alors que le calme revenait parmi nous, Bellamy se laissa tomber lourdement sur une bûche, regardant Octavia, qui ricanait déjà, appuyée contre un arbre.

Qu'est-ce qui te fait rire, petite sœur ?

Octavia lui jeta un regard malicieux. Je pensais juste à cette fois où tu as essayé de grimper à l'arbre près de la ferme, tu te souviens ? Et tu es resté coincé…

Bellamy leva les yeux au ciel. Oh non, pas cette histoire…

Mais Octavia, bien sûr, continua sans se laisser démonter. Et tout ça parce que tu essayais de récupérer un nid d'oiseaux pour me l'offrir ! Il a fallu que papa amène l'échelle pour te faire descendre.

Les rires fusèrent. Même Bellamy finit par sourire, secouant la tête avec résignation.

Hé, c'était pour toi, protesta-t-il, les mains en l'air. Je voulais juste que tu sois contente.

Octavia sourit doucement, et pour la première fois, je vis une sincère tendresse dans son regard, cachée derrière son amusement. Je l'étais, Bell. Puis elle ajouta, plus taquine : mais c'était aussi l'une des choses les plus stupides que tu aies jamais faites.

Bellamy secoua la tête, regardant le ciel comme s'il cherchait de l'aide. Et toi, tu te souviens de cette fois où tu as voulu m'impressionner avec ton nouveau couteau ? Lança-t-il, les yeux pétillants. Sauf que tu as fini par couper la corde de la tente et que tout s'est effondré sur toi !

Le groupe éclata de rire, Octavia donnant un coup de coude à Bellamy en rougissant légèrement. Ce n'était pas ma faute si cette corde était fragile, marmonna-t-elle.

De mon côté, j'observais Lexa, blottie contre moi. Elle avait un petit sourire aux lèvres, son regard posé sur Anya, qui semblait contempler la scène avec un air serein. Je savais qu'Anya ne s'ouvrait pas facilement, mais ce moment de relâche semblait l'adoucir.

À quoi tu penses, Anya ? Demandai-je doucement, curieuse.

Anya tourna la tête vers moi, puis vers Lexa, avant de hausser légèrement les épaules. Je pensais juste à cette fois où Lexa a essayé de se battre avec l'un des instructeurs lors de sa première année d'entraînement.

Les yeux de Lexa s'élargirent de surprise. Anya…

Oh, je veux entendre ça, s'écria Bellamy avec enthousiasme. J'étais heureuse de voir que tout le monde était à l'aise avec nos deux lieutenants.

Anya esquissa un sourire en coin, un éclat d'affection dans le regard. Elle devait avoir quoi, dix-sept ans ? L'instructeur lui avait crié dessus pour une erreur insignifiante. Et au lieu de se taire comme tout le monde… Elle lui a jeté son arme en pleine figure !

Tous se tournèrent vers Lexa, bouche bée. Je ne pus m'empêcher de rire doucement. Si j'avais fait ça, tu m'aurais tuée. Répliquais-je outrée.

Qu'est-ce qui s'est passé après ? Demanda Jasper, captivé.

Anya haussa un sourcil. Eh bien, elle s'est retrouvée en détention pendant une semaine. Mais je ne l'ai jamais vue plus fière d'elle-même. Elle tenait bon, même si elle savait que c'était stupide. Elle tourna son regard vers Lexa. C'était à ce moment-là que j'ai su qu'elle serait quelqu'un de spécial.

Le silence qui suivit était plein de respect, et Lexa, les joues légèrement rouges, se contenta de secouer la tête avec un sourire.

C'était vraiment idiot, murmura-t-elle. Mais Anya la fixa intensément.

Mais c'était aussi toi, Lexa. Et c'est pour ça que je t'admire.

Je serai doucement sa main dans la mienne, murmurant un moi aussi presque imperceptible.

Nous continuâmes à raconter des anecdotes une bonne partie de la soirée, avant d'aller se coucher paisiblement. Le début des problèmes arriverait bien assez vite, pour pas que l'on soit en plus épuiser.

Et c'est ce qu'il se passa 2 jours plus tard. Le chaos éclata d'un coup alors que nous étions en mission de repérage, et de cartographie. Les tirs crépitent tout autour de nous, la nuit noire s'illuminant par à-coups de flashes lumineux et de coups de feu simulés. Je hurle des ordres, tentant de ramener un semblant de contrôle sur la situation. Mon équipe est dispersée, chacun essayant de trouver une position avantageuse, mais nous sommes pris en tenaille. Les ennemis semblent surgir de partout, comme s'ils avaient anticipé chacun de nos mouvements.

Repli sur le point bravo ! Maintenant ! Crie Raven, quelque part à ma droite. Je vois Bellamy et Octavia disparaître derrière les arbres, leurs silhouettes se fondant dans la pénombre. Echo est déjà en position, ses mouvements rapides et calculés, couvrant notre retraite. Mon esprit s'emballe, jonglant entre mille priorités. Sécuriser l'équipe. Rester en contact avec Raven. Repousser l'assaut.
Mais au milieu de cette cacophonie, un détail attire soudain toute mon attention. Une ombre familière s'éloigne du groupe, de plus en plus à découvert, comme paralysée. Mon cœur manque un battement. Lexa.
Elle est juste là, à quelques mètres de moi, immobile. Alors que je cours pour la rejoindre, je perçois la crispation dans ses épaules, sa respiration trop rapide, la façon dont elle serre son arme, ses jointures blanchies par l'effort. Elle essaie de rester maîtresse d'elle-même, mais je reconnais les signes. Sa panique grandit. Et cela ne fera qu'empirer si je n'interviens pas.

Lexa ! Je hurle son nom, mais ma voix semble se perdre dans le tumulte. Les tirs se rapprochent, sifflant tout près de nos têtes. Mon cœur bat si fort que j'ai l'impression qu'il va exploser. Je la vois tressaillir, tourner la tête dans ma direction. Nos regards se croisent, et je lis dans ses yeux une terreur pure, une lueur que je n'ai jamais vue chez elle. Lexa est habituellement inébranlable, une force de la nature, mais là… Elle est complètement figée.

Merde, je jure entre mes dents, mon esprit travaillant à toute allure. Je dois faire quelque chose. Je dois la sortir de là. Mais je dois aussi protéger le reste de l'équipe. Je ne peux pas sacrifier mon équipe, pour une seule personne, c'est insensé. Réfléchis Clarke ! Réfléchis !

Echo, couvre la gauche ! Bellamy, Octavia, bougez vers la zone de repli, maintenant ! Je donne mes ordres d'une voix ferme, tranchante, tâchant de masquer la panique qui menace de me submerger. Je dois aller chercher Lexa.

Je me précipite vers elle, fendant les ombres, me baissant sous les branches basses. Chaque seconde qui passe est une torture. À chaque pas, je m'attends à la voir tomber, à ce qu'un ennemi surgisse pour la capturer. Je sens mon souffle s'accélérer, mes mains trembler. L'idée de la perdre — même dans ce scénario simulé — me noue l'estomac de terreur.

Je suis presque sur elle quand un bruit de pas surgit derrière elle. Un ennemi factice, tout de noir vêtu, s'approche rapidement, levant son arme pour tirer. Non !

Lexa ! Bouge ! Je crie, mais c'est comme si elle ne m'entendait pas. Elle est figée, les yeux écarquillés, le souffle saccadé. Je sais ce qui se passe dans sa tête — tout ce bruit, ces éclats, les tirs qui fusent autour… Ça la ramène à un endroit qu'elle pensait avoir laissé derrière elle. Mais là, elle est perdue dans ce tourbillon de peur.

L'ennemi est sur elle, son arme dirigée sur elle. Il va tirer. Mes pensées s'entrechoquent, l'angoisse monte en flèche. Je me jette en avant, sans réfléchir, l'adrénaline brûlant dans mes veines. Mon épaule percute Lexa de plein fouet, la projetant au sol avec moi. L'ennemi rate son coup et je roule pour me relever, visant rapidement.

Cible neutralisée ! Je hurle, tirant un coup sec qui atteint le simulateur de l'adversaire. Il s'effondre, faisant semblant d'être touché. Mais nous n'avons pas le temps de célébrer.

Je me tourne vers Lexa, essoufflée. Elle est encore par terre, ses mains tremblantes, son regard flou. Sa poitrine se soulève rapidement, sa respiration presque saccadée. J'ignore la peur qui menace de me paralyser à mon tour, me penche et lui attrape le visage avec une délicatesse qui contraste avec le chaos autour de nous.

Hé, regarde-moi, je murmure d'une voix douce, mais ferme, forçant son regard à se concentrer sur moi. C'est moi, Clarke. Ça va. Tu es en sécurité. Tu es avec moi.

Elle cligne des yeux, ses pupilles dilatées, la panique toujours visible, mais lentement, très lentement, elle semble revenir à la réalité. Je continue de murmurer, des mots rassurants, inutiles, tout ce qui me passe par la tête. Je veux qu'elle sache qu'elle n'est pas seule, qu'elle ne sera jamais seule. Mais soudain, un autre éclat de tir résonne, plus proche cette fois. L'ennemi se réorganise, les tirs fusent dans notre direction. Je vois Lexa sursauter, un hoquet de panique lui échappant. Je n'ai pas le choix.

On doit bouger, dis-je d'une voix plus dure. Lexa, lève-toi. Tout de suite.

Elle hoche la tête faiblement, ses mouvements maladroits alors qu'elle essaie de se relever. Mais elle est encore trop lente, trop désorientée. Un deuxième ennemi surgit, et je vois la confusion dans ses yeux, la terreur brute qui menace de l'engloutir.

Clarke ! Elle tente de lever son arme, mais ses mains tremblent trop pour viser correctement. Je n'ai pas le temps de réfléchir. Je me place entre elle et l'ennemi, tirant deux coups rapides. Il s'effondre, désactivé.

Ça va aller, je murmure, plus pour moi que pour elle, l'adrénaline brûlant encore dans mes veines. Je l'attrape par le bras et la tire avec moi, presque de force. On doit partir d'ici Lexa. Maintenant.

Elle trébuche, mais je ne la lâche pas. Peu importe les simulateurs, peu importe les consignes de l'exercice — je ne laisserai pas quelqu'un l'approcher encore. La peur de la perdre, de la voir sombrer, me propulse en avant. Nous courons à travers les arbres, les tirs s'éloignant peu à peu. Je sens sa respiration haletante à côté de moi, sa main serrée dans la mienne. Enfin, nous atteignons un petit repli derrière un buisson épais. Je m'agenouille devant elle, reprenant difficilement mon souffle.

Regarde-moi, mon cœur dis-je doucement. Sa poitrine se soulève rapidement, ses yeux écarquillés. Je passe mes mains sur ses épaules, tentant de l'ancrer dans le présent. C'est fini. Ils ne nous ont pas eus. Tu vas bien. Tu es en sécurité, je suis en sécurité. C'était un exercice mon cœur, tu es en sécurité.

Elle hoche la tête, ses yeux s'emplissant de larmes refoulées. Je… Clarke, je suis désolée…

Non, je souffle, mon cœur se serrant. Ne t'excuse pas. C'est moi qui suis désolée… De t'avoir mise dans cette position. Je n'aurais pas dû t'emmener avec moi, tu aurais dû rester au camp de base avec John et Jasper. Ma voix est un murmure rauque.

Je la serre contre moi, m'assurant que tout est bien réel, que je ne la perds pas et qu'elle revient bien à moi. Ses doigts, crispés autour de mon gilet tactique, tremblent encore légèrement, mais au moins, elle est avec moi. Sain et sauf. Pour l'instant.

L'angoisse qui m'étreignait quelques minutes plus tôt commence à s'apaiser, laissant place à une lucidité froide. Il faut qu'on reparte. Lexa doit être mise en sécurité, elle n'est pas apte pour le moment à revenir sur le devant, et mes responsabilités envers le reste de l'équipe n'ont pas disparu. Je ne peux pas me permettre de rester ici plus longtemps. Je dois aussi protéger le reste de mon équipe.

Ils vont revenir, je murmure, un œil vigilant sur les ombres mouvantes autour de nous. L'ennemi ne nous laissera pas tranquilles et ce n'est pas impossible qu'ils aient repéré par où nous sommes parties. Je dois rejoindre les autres. Raven tiendra la position jusqu'à ce que je revienne, mais je ne veux pas te laisser seule ici.

Elle prend une grande inspiration, se redressant un peu, comme pour se ressaisir. Sa main cherche la mienne, un geste presque inconscient, une ancre dans le tumulte. Nos regards se croisent, et je vois la détermination vacillante dans ses yeux, mêlée à une honte qu'elle ne parvient pas à dissimuler. La culpabilité la ronge, et je sais qu'elle se reproche de s'être effondrée au pire moment. Mais c'est faux. Elle est forte. Juste… Humaine.

Écoute-moi, je murmure, ma voix adoucie malgré l'urgence de la situation. Tu n'as rien à te reprocher. Rien du tout. C'était trop. Tu as été courageuse, et maintenant, on doit juste continuer à avancer, ensemble. D'accord ?

Elle hoche la tête faiblement, mordant sa lèvre inférieure pour ravaler ses émotions. Je passe une main rapide dans ses cheveux, un geste d'une tendresse irréfléchie mais nécessaire, et me penche un peu plus près.

Reste ici, planque-toi et garde l'entrée en vue, je souffle. Je vais couvrir notre retraite. Et je te retrouverai dès que possible, je te le promets. Mes mots sont rapides, presque trop pressés, mais elle semble comprendre. Elle ferme les yeux un instant, sa main resserrant brièvement la mienne.

Nan, Clarke, s'il te plaît… Ne me laisse pas… Murmure-t-elle finalement.

Je n'ai pas le choix mon cœur, je ne t'abandonne pas, d'accord ? Mais je ne peux pas laisser les autres en danger, sinon on va échouer… Tu es en sécurité ici, personne ne pourra t'atteindre, d'accord ?

D'accord, murmure-t-elle finalement résignée. Reviens vite, s'il te plaît...

Je lui adresse un dernier regard avant de me redresser, le cœur lourd, mais l'esprit clair. Je ne dois pas laisser mes émotions prendre le dessus. Pas maintenant. Je serre ma mâchoire, balayant les environs du regard pour m'assurer qu'aucun autre adversaire n'est à portée. Ensuite, je me glisse dans les ombres, mes sens en alerte maximale. Le terrain autour de nous est accidenté, les arbres serrés les uns contre les autres. Je dois retrouver les autres, m'assurer que tout le monde s'en sort et établir un nouveau plan. Mes pensées s'éparpillent, jonglant entre Lexa — que j'ai laissée seule, mais en sécurité relative — et le reste de l'équipe, qui doit s'attendre à me voir revenir pour les guider. Je perçois soudain un mouvement furtif sur ma droite. Un éclat de noirceur entre les troncs. Un éclat métallique à peine perceptible. L'ennemi revient. Ils nous traquent. Le doute me ronge. Lexa est assez loin pour ne pas être visible, mais pas assez pour être en dehors de leur rayon d'action. Mon instinct me hurle de retourner vers elle, de rester à ses côtés, mais la voix de la raison me rappelle que ma priorité est de sortir tout le monde d'ici. Je prends une profonde inspiration, ancrant mes pensées.

Non, Clarke, concentre-toi. J'observe les mouvements ennemis, notant leur progression méthodique. Ils ratissent la zone. Je me place en retrait, cachée derrière un bosquet épais, mes sens affûtés. S'ils continuent dans cette direction, ils vont tomber sur mon équipe avant même que je puisse intervenir.

Raven, ici Clarke. Ma voix est basse, étouffée par l'intercom. Je prie pour qu'ils n'interceptent pas notre communication. Il y a un groupe qui vous contourne. Je les vois. Position à deux heures. Je vais essayer de les ralentir.

Le silence suit, puis la réponse Raven, calme mais tendue : reçu. Évite de te faire prendre.

Je serre les dents, sortant de ma cachette aussi silencieusement que possible. Mon plan est risqué, mais je n'ai pas d'autre option. S'ils tombent sur Lexa dans son état, je ne pourrai pas revenir en arrière. Je ne peux pas laisser cela arriver. Je me déplace lentement, chaque muscle de mon corps tendu comme une corde d'arc, prête à réagir au moindre signal. Je dois détourner leur attention, les éloigner de Lexa et de l'équipe sans me faire prendre. Je m'arrête soudain, entendant un craquement léger. Un soldat ennemi émerge, ses mouvements fluides, bien entraînés. Je reste immobile, calculant mes chances. Il est seul. Si je le neutralise rapidement, je pourrai peut-être semer la confusion dans leurs rangs. Je prends une grande inspiration, me préparant, et ... L'attaque est brève, précise. Un coup sur son simulateur et il s'effondre, un grognement de surprise étouffé par le silence de la nuit. Je récupère son arme et me replie, disparaissant avant que les autres ne réalisent ce qu'il s'est passé. Quelques minutes, plus tard, un éclat de lumière s'élève dans la forêt, signalant leur progression. Ils se dispersent, désorientés. Je souris pour moi-même, mon cœur battant toujours la chamade. J'ai réussi. Au moins pour l'instant.

Je tourne les talons et fonce vers l'équipe, ma respiration rauque, mon esprit fixant un seul objectif : rejoindre les autres, assurer la sécurité de tout le monde et revenir vers Lexa. Ma Lexa.

Je ne laisserai plus jamais la peur nous paralyser. Pas tant que je serai là pour veiller sur elle.