Quelques jours plus tard, nous étions enfin en route pour rendre visite aux parents de Lexa. Le stress montait à mesure que nous approchions de sa maison d'enfance. Je ne pouvais m'empêcher de me sentir nerveuse. L'idée de rencontrer à nouveau sa mère me tordait l'estomac.
Babe… euh… peut-être que tu pourrais y aller seule? Je… j'ai l'impression de m'imposer. Je veux pas que…
Ma voix tremblait un peu, mal assurée. Lexa me jeta un coup d'œil, un sourire doux sur les lèvres, et serra ma main.
J'ai besoin de toi pour faire ça, princesse. Et tu as parlé à mon père au téléphone, non? Il est content que tu viennes, tu le sais bien.
Sa voix était apaisante, pleine de cette douceur qui me réconfortait toujours.
Mais ta mère… elle me déteste.
Non, elle ne te déteste pas. Elle est juste... spéciale.
Lexa eut un sourire amusé, mais je pouvais voir l'ombre de l'inquiétude dans ses yeux. Je suis sûre que quand elle te connaîtra mieux, elle t'adorera. Promis.
Sa main glissa de la mienne à ma cuisse, une pression rassurante qui m'aida à souffler un peu.
D'accord… je suis désolée, soufflai-je.
Non, t'inquiète pas. Tu as raison de m'en parler. C'est important. Mais tout va bien se passer, je te le promets.
Au feu rouge, elle se tourna vers moi et m'embrassa rapidement avant de se reconcentrer sur la route. Quelques minutes plus tard, nous arrivions dans un quartier résidentiel chic, où chaque maison semblait crier prospérité. Elles étaient grandes, élégantes, toutes impeccablement entretenues. Pas de doute, les parents de Lexa avaient vraiment beaucoup d'argent. Elle se gara et, fidèle à elle-même, insista pour porter mes valises malgré mes protestations.
Je peux les prendre, tu sais, dis-je avec un sourire amusé, mais elle secoua la tête, déjà en route vers la porte d'entrée.
Quand elle sonna, la porte s'ouvrit presque instantanément sur son père, rayonnant de bonheur en voyant sa fille. Il la prit dans ses bras, son enthousiasme débordant.
Les filles ! Ravi de vous revoir. Alors, le chalet ? C'était bien ?
Oui, c'était super, merci encore, papa, répondit Lexa en souriant.
Il se tourna ensuite vers moi, son visage tout aussi accueillant.
Clarke, comment vas-tu ?
Il me fit une petite accolade, ce qui me surprit un peu, mais me réchauffa le cœur.
Ça va, merci. Encore merci de m'accueillir chez vous, monsieur Woods dis-je en souriant timidement.
Oh non, pas de "monsieur Woods" ici, tu m'appelles Jeff, sinon je te renvoie à la porte ! Il éclata de rire, brisant tout formalisme.
Oh, euh, oui, d'accord… Jeff.
Avant que je puisse dire autre chose, une tornade rousse nous sauta dessus, Lexa d'abord, puis moi.
Salut les filles ! Je suis tellement contente de vous revoir !
Lu', ça ne fait même pas un mois, t'es déjà en manque ? Lexa éclata de rire.
Peu importe ! Vous allez bien ? demanda Luna, son énergie toujours aussi communicative.
Ça va, et toi? — répondit Lexa, amusée. Tu fais quoi de tes vacances?
Oh, tu sais, pas grand-chose : je bronze, je vais à la plage avec les filles, et puis je bronze encore, répondit-elle en riant. Maman a dit que le repas était presque prêt, venez !
Nous la suivîmes à l'intérieur, continuant de discuter. Mais dès que la mère de Lexa apparut, je sentis un nœud se former dans mon estomac. Lexa aussi s'était raide, son sourire un peu plus crispé.
Ma chérie, contente de te revoir, dit sa mère en l'embrassant brièvement.
Bonjour, maman. Ça va ?
Oui, merci. On peut passer à table, le repas est prêt, répondit-elle avant de se tourner vers moi. Bonjour, Clarke. Comment vas-tu ?
Ça va, merci. Et vous ? Merci de m'accueillir, votre maison est magnifique.
Merci, Clarke. J'espère qu'on apprendra à mieux se connaître ces prochains jours, dit-elle avec un sourire tendu.
Je lui rendis son sourire, mal à l'aise. Lexa, sentant mon stress, me serra la main avant de me montrer la maison. Nous déposâmes nos affaires dans sa chambre, qui, sans surprise, était une parfaite représentation de Lexa : simple, mais marquée de touches de caractère. En voyant mon stress, elle prit un moment pour me serrer dans ses bras et m'embrasser tendrement avant que nous descendions pour le déjeuner. Le repas fut tendu, comme je m'y attendais. La mère de Lexa me lançait des piques à peine voilées, et je tentais de sourire, de rester polie, même si chaque remarque piquait un peu plus. Puis, le père de Lexa rompit le silence avec un sourire chaleureux.
Alors les filles, comment se fait-il que vous ayez quelques jours de repos?
Oh, on a intégré une nouvelle unité après des tests assez éprouvants, répondit Lexa. Le général nous a donné quelques jours avant notre première mission, alors on a décidé d'en profiter pour se ressourcer.
Et au frais de Lexa, bien sûr, marmonna sa mère.
Je sentis ma gorge se serrer, mais Lexa répondit avec enthousiasme.
Non, on a passé quelques jours au chalet. C'était super. Et Clarke m'a cuisiné des plats incroyables ! — Elle me lança un regard complice.
Tu cuisines, Clarke? demanda Jeff, curieux.
Oui, j'adore ça. Rien de trop compliqué, mais j'ai appris avec mes parents. Mon père disait toujours : "un esprit sain dans un corps sain". Et Lexa fait comme si c'était les meilleurs plats qu'elle ait jamais goûtés, plaisantai-je en riant.
Eh bien, tu nous cuisineras quelque chose un de ces jours, pour voir si ma fille est juste amoureuse ou si tu as vraiment du talent, ironisa la mère de Lexa avec un sourire acerbe.
Oui, ce serait avec plaisir, répondis-je, gênée mais essayant de rester aimable.
Et cette nouvelle unité, elle consiste en quoi? demanda Luna.
On ne peut pas en parler, mais ce sera moins contraignant qu'une unité normale. On devrait rester principalement au pays, et avoir plus de liberté. C'est assez secret, mais ça semble plus stable.
Ça veut dire qu'on pourra se voir plus souvent? demanda Luna, un éclat d'espoir dans les yeux.
Oui, exactement, répondit Lexa avec un clin d'œil.
Le repas continua dans une ambiance mitigée. Les conversations étaient variées, mais je ne pouvais m'empêcher de me sentir un peu sur la défensive à chaque remarque de la mère de Lexa. Elle n'appréciait visiblement pas notre relation, et cela rendait les choses compliquées. Pourtant, malgré tout, je me disais que, tant que Lexa était à mes côtés, je pouvais supporter bien des choses.
Après le repas, voulant les remercier de leur accueil, je me retrouvai dans la cuisine à faire la vaisselle. Cela me détendait, m'offrant un moment de répit. L'eau chaude qui coulait sur mes mains m'apaisait, jusqu'à ce que j'entende des pas derrière moi. J'espérais secrètement que ce soit Lexa, mais ce fut sa mère.
Tu t'en sors, Clarke ? demanda-t-elle d'un ton poli, mais distant.
Oui, merci. Encore merci de m'accueillir chez vous, répondis-je en lui adressant un sourire timide.
Elle me rendit un sourire tout aussi poli, mais sans chaleur. Le silence s'installa. J'essayai de trouver un sujet de conversation, mais chaque tentative semblait inutile. Après quelques instants, elle croisa les bras et prit la parole.
Je pense que notre conversation de la dernière fois a été interrompue par ma fille, et j'aimerais la reprendre, dit-elle d'un ton sérieux.
Je me figeai à ses mots. Un frisson désagréable parcourut ma colonne vertébrale, mais je coupai l'eau et me tournai vers elle, essayant de garder mon calme.
Je vous écoute, dis-je avec un semblant d'aplomb, bien que mes mains tremblaient légèrement.
Je ne suis toujours pas convaincue que tout cela soit le bon choix pour Lexa, reprit-elle sans préambule. Elle devrait être avec son père, à gérer l'entreprise familiale, plutôt que de risquer sa vie sur un champ de bataille. Les Woods ont un nom à préserver, et votre relation… disons qu'elle est un obstacle à tout cela.
Je pris une grande inspiration, prête à répondre, mais elle me coupa.
Lexa mérite mieux que de jouer à la soldate et de mettre sa vie en danger. Notre famille a une réputation à maintenir, et votre relation ne fait que la détourner de ses vraies responsabilités.
Je serrai les dents, tentant de rester calme malgré la colère qui montait en moi.
Je ne la forcerais jamais à faire quoi que ce soit contre sa volonté, madame Woods. Ce qui compte pour moi, c'est son bonheur, dis-je fermement.
Elle haussa les sourcils, sceptique.
Elle souffre de stress post-traumatique, Clarke. Ne penses-tu pas qu'elle serait mieux ailleurs qu'à l'armée, loin des dangers?
Nous avons travaillé là-dessus… Je fais tout pour l'aider. Être militaire, c'est ce qu'elle aime, et je vous assure qu'elle est incroyablement douée. Elle a obtenu 98 sur 100 aux tests d'évaluation. C'est quasiment la perfection. Oui, elle a des difficultés, mais son nouveau rôle sera plus en retrait. Ce sera moi en première ligne, pas elle. Elle sera en sécurité.
Sa mère secoua la tête, insensible à mes arguments.
Et si quelque chose t'arrive, Clarke? Tu penses qu'elle le supportera? Comment crois-tu qu'elle va réagir?
Il ne m'arrivera rien. C'est sûr, le risque zéro n'existe pas, mais Lexa veille toujours sur moi. Avec elle à mes côtés, les risques sont limités.
Un silence lourd s'installa, avant qu'elle ne lâche froidement :
Comme avec ton père?
Cette phrase me coupa le souffle. Mon cœur se serra, et je sentis les larmes me monter aux yeux.
Ce n'était pas… la même situation, murmurai-je, la gorge nouée.
Elle continua, implacable :
Clarke, comprends-moi. Je veux le bonheur de ma fille. Et tout ce que je vois, c'est qu'elle risque sa vie pour un travail qui ne lui apporte ni sécurité ni reconnaissance. Elle pourrait vivre dans le confort, dans le luxe, comme elle le mérite. Au lieu de ça, je la vois s'enfoncer dans un monde de violence et de boue.
Je ne pouvais plus me contenir. La colère, la frustration, tout ce que j'avais accumulé éclata d'un coup.
Ce n'est pas l'argent qui détermine le bonheur! Lexa n'aspire pas à ce luxe. Ce qu'elle veut, c'est une vie simple. Et l'armée la rend heureuse ! Je préfère être avec elle, pour la protéger et savoir qu'elle va bien. C'est ça aussi, être en couple, c'est se protéger mutuellement !
Clarke, tenta-t-elle de reprendre, mais je l'interrompis à mon tour, ma voix tremblant de rage.
! Maintenant, c'est vous qui allez m'écouter ! J'en ai assez. Vous ne me laissez aucune chance depuis le début ! Je l'aime à en crever, votre fille et moi, on est faites pour être ensemble. Si elle voulait quitter l'armée demain, je la soutiendrais. L'argent? Je m'en fiche! Ce n'est pas un problème entre nous, et ça ne le sera jamais ! Depuis le début, je me mets une pression folle à l'idée que vous puissiez croire que je l'aime pour son argent. Mais finalement, j'en ai rien à faire ! Que ce soit dans un chalet luxueux ou sous une tente, peu importe. Là où Lexa est, je suis bien. Vous entendez ? Je ne vous demande pas de m'aimer, mais juste de me respecter et de me donner une chance ! Parce que si vous saviez à quel point je l'aime, c'en est presque indécent! Si je n'avais pas peur de votre réaction, je l'aurais déjà demandée en mariage! Je veux construire un futur avec elle, une maison, un chien, des enfants, tout ça! Si vous craignez que je veuille son argent, je signe n'importe quel contrat! Mais ne me traitez pas comme si j'étais une menace!
Ma voix se brisa sur ces derniers mots, et les larmes coulèrent librement. J'étais à bout. C'est alors que j'entendis des pas précipités dans le couloir. Lexa apparut, alarmée par mes cris. Elle se précipita vers moi, passant un bras protecteur autour de mes épaules.
Qu'est-ce qui se passe ici ? Sa voix était froide, et ses yeux, glacés, passaient de sa mère à moi.
Je me détournai légèrement pour éviter qu'elle ne voie à quel point j'étais en larmes, mais elle l'avait déjà remarqué. Sa mère, elle, était figée, comme choquée par la scène qui venait de se dérouler.
Clarke, ça va? murmura Lexa en me serrant contre elle, la tension palpable.
Je ne répondis pas tout de suite, essayant de calmer mes sanglots. Lexa tourna un regard furieux vers sa mère, prête à obtenir des réponses. Lexa me serrait contre elle, cherchant à comprendre ce qui venait de se passer. Sa mère, toujours immobile, semblait décontenancée, comme si elle ne s'attendait pas à une telle explosion de ma part.
Clarke, qu'est-ce qui s'est passé? demanda Lexa de nouveau, la voix plus tendre cette fois, mais avec une note de colère contenue.
Je pris une profonde inspiration, essayant de calmer les tremblements dans ma voix.
C'est… C'est rien, Lexa, dis-je en reniflant, essayant d'effacer les traces de larmes sur mon visage. Je n'ai pas voulu… crier comme ça. Je suis désolée.
Elle se tourna légèrement vers sa mère, ses yeux déjà remplis de soupçons. Sa main caressa doucement mon dos, me pressant de lui dire la vérité.
Ne t'excuse pas, Clarke. Je veux savoir ce qui s'est dit, insista-t-elle doucement, mais fermement.
Je restai silencieuse un instant, mon cœur battant fort dans ma poitrine. Une part de moi voulait éviter la confrontation, épargner Lexa du poids des paroles de sa mère. Peut-être que c'était égoïste, mais je ne voulais pas que ça dégénère.
Lexa, c'est vraiment pas grave… soufflai-je, essayant de détourner la conversation. Je… j'étais juste fatiguée et peut-être un peu trop sensible… Elle n'a rien dit de…
Clarke, me coupa Lexa, plongeant son regard dans le mien. Ne fais pas ça. Ne minimises pas. Dis-moi ce qui s'est passé. S'il te plaît.
Elle savait. Elle savait que j'essayais de protéger son équilibre, mais elle ne me laisserait pas m'enfuir cette fois. Je me mordis l'intérieur de la joue, hésitante.
C'est juste que… ta mère… elle a des opinions bien tranchées sur toi, sur nous… et… je suppose qu'elle a simplement exprimé son inquiétude pour toi. Elle… elle ne veut pas que tu risques ta vie dans l'armée. C'est tout.
C'était un demi-mensonge, une esquive. Mais Lexa fronça les sourcils, sentant que je ne disais pas tout. Son regard se fit plus insistant.
Clarke… Qu'est-ce qu'elle a vraiment dit?
Je serrai les poings, sentant la pression monter en moi. Je ne voulais pas raviver les tensions, mais je savais que Lexa ne lâcherait pas l'affaire tant que je ne lui dirais pas la vérité. Après quelques secondes de silence, je finis par céder.
Elle… elle a dit que notre relation était un obstacle pour toi, murmurai-je. Que tu devrais être avec ton père, à gérer l'entreprise plutôt que de… "batifoler avec moi", en quelque sortes.
Lexa se tendit à ces mots, son expression se durcissant instantanément. Mais je savais que ce n'était pas tout. Je baissai les yeux, mon cœur se serrant alors que je me préparais à révéler la partie la plus difficile.
Et… elle a parlé de mon père, ajoutai-je d'une voix tremblante.
Lexa fronça les sourcils, l'incompréhension mêlée à l'inquiétude.
De ton père? Qu'est-ce qu'elle a dit?
Je pris une grande inspiration, sentant les larmes menacer de revenir.
Elle a insinué que… que si je me faisais tuer, tu souffrirais comme j'ai souffert quand mon père est mort, soufflai-je, la gorge serrée. Elle a utilisé… elle a utilisé la mort de mon père contre moi, Lexa.
Je vis le visage de Lexa se transformer. La colère qui émanait d'elle était palpable, mais elle gardait son calme pour moi. Elle me serra plus fort, comme pour m'empêcher de m'effondrer à nouveau.
Comment a-t-elle osé? murmura-t-elle, sa voix trahissant à peine l'orage qui grondait en elle.
Lexa, s'il te plaît… la coupai-je rapidement. Je sais que c'est dur à entendre, mais ne te bats pas avec elle à cause de moi. Ce n'est pas ce que je veux. Je… je peux gérer ça.
Mais Lexa secoua la tête, ses yeux brillants de détermination.
Non, Clarke, tu n'as pas à "gérer" ça. Ce n'est pas juste que tu te retrouves à supporter tout ça. Ce n'est pas juste que tu sois attaquée par quelqu'un qui est censé faire partie de ma famille. Elle n'a pas le droit de te traiter comme ça.
Je voulus lui répondre, lui dire que je pouvais faire face, mais avant que je puisse dire quoi que ce soit, Lexa se tourna vers sa mère, qui avait observé la scène en silence, les bras croisés.
Maman, tu es allée beaucoup trop loin, dit Lexa d'une voix glaciale. Tu n'as pas seulement insulté notre relation, tu t'es permis de parler du père de Clarke, et ça, c'est inacceptable.
Lexa, je ne faisais qu'exprimer des craintes légitimes, commença Madame Woods, sur la défensive.
Non. Tu n'exprimais pas des craintes, tu l'attaquais, corrigea Lexa durement. Je ne vais pas laisser passer ça.
Mais Lexa…
Non! Tu m'écoutes, maintenant, répliqua Lexa, ses yeux flamboyant de colère. Clarke est la personne avec qui je veux être. Elle est ma vie. Si tu ne peux pas accepter ça, tu risques de me perdre, maman.
Un silence lourd s'installa, le visage de Madame Woods se figea, comme si elle mesurait enfin la gravité des paroles de Lexa. Je me mordis la lèvre, me sentant à la fois coupable d'avoir provoqué tout cela, et soulagée que Lexa me soutienne de cette manière.
Lexa se tourna vers moi, ses yeux s'adoucissant instantanément. Elle glissa une main sur ma joue, essuyant doucement une larme que je n'avais pas remarquée.
Viens, Clarke, souffla-t-elle avec tendresse. On va sortir d'ici. Prendre l'air.
Elle me guida doucement hors de la cuisine, me tenant fermement contre elle. Je la suivis, le cœur encore lourd, mais réchauffé par sa présence, par son soutien inébranlable. En sortant dans le jardin, je pris une profonde inspiration, sentant l'air frais du soir me calmer. Lexa se tourna vers moi et m'attira contre elle, ses bras protecteurs m'enveloppant.
Je suis tellement désolée, murmura-t-elle à mon oreille. Tu ne méritais pas ça. Tu ne devrais jamais avoir à te défendre de cette manière.
Ce n'est pas ta faute, répondis-je en lui rendant son étreinte. Je sais que ta mère veut simplement… te protéger à sa manière, même si elle s'y prend très mal. Mais je suis soulagée que tu sois là, avec moi.
Elle me regarda dans les yeux, une intensité douce mais ferme dans son regard.
Clarke, je suis là, toujours. Et je te l'ai déjà dit : personne, pas même ma mère, ne se mettra entre nous.
Je hochai la tête, sentant une vague d'émotions monter en moi, mais cette fois, elles étaient plus douces, plus apaisantes. Nous restâmes là, enlacées dans le jardin, tandis que la nuit s'installait autour de nous, enveloppant notre bulle de réconfort. On s'installa toutes les deux dans une balancelle dans le jardin. Lexa me berçait doucement, et je finis par m'endormir, blottie dans ses bras. Quand je me réveillai, il faisait nuit noire, et j'étais allongée dans son lit. Elle avait dû me porter jusqu'à sa chambre. Un sourire étira mes lèvres en me rendant compte qu'elle m'avait même mis en pyjama. Lexa est vraiment un amour. Je me levai doucement, sentant la soif me tirailler, et descendis dans la cuisine pour me servir un verre d'eau. Tandis que je remplissais mon verre, j'entendis des pas derrière moi, et je me retournai brusquement, surprise. C'était la mère de Lexa, encore elle.
Clarke… je suis désolée, dit-elle soudainement, avec une voix plus douce que jamais.
Je restai silencieuse un instant, ne sachant pas trop comment réagir.
Je sais que je suis allée trop loin tout à l'heure, poursuivit-elle. Mon mari et Luna m'ont passé un savon pendant des heures… et Lexa… elle n'a même pas voulu me regarder, pas une seule fois, même quand j'ai essayé de m'excuser.
Elle inspira profondément, comme pour trouver le courage de continuer.
Je voulais juste la protéger, Clarke, mais… je dois accepter qu'elle n'a plus besoin de moi pour ça. Elle est forte, indépendante. J'ai du mal à l'admettre, mais c'est la vérité. Tu sais, quand elle a fait son coming-out, elle a beaucoup souffert. Je crois qu'elle pense que je n'accepte pas qui elle est.
Elle baissa les yeux, jouant nerveusement avec ses mains avant de reprendre :
Mais c'est faux. En réalité, j'ai peur pour elle. J'ai toujours eu peur qu'elle souffre à cause de ce qu'elle est, à cause de ce que le monde pourrait lui faire. Je me suis trompée de bataille… Costia… Costia lui a fait tellement de mal. Et depuis, je me suis mise à vouloir la surprotéger de tout et de tout le monde. Mais tu as raison. Je t'ai jugée sans te connaître, et j'en suis sincèrement désolée.
Je la regardai, un peu décontenancée par cette soudaine ouverture. Son regard se fit plus doux, presque suppliant.
Je sais à quel point Lexa est heureuse avec toi. Ça se voit dans ses yeux. Alors je veux vraiment m'excuser, et si tu veux bien, je serais heureuse d'apprendre à te connaître.
Elle s'arrêta, me regardant avec un mélange d'hésitation et d'espoir. Je pris quelques instants pour assimiler tout ce qu'elle venait de me dire. Ce n'était pas facile de lui pardonner après ce qu'elle avait dit, mais je pouvais voir qu'elle était sincère. Je lui fis un petit sourire avant de répondre.
Merci… peut-être que vous ne m'apprécierez pas à la fin, mais je suis heureuse que vous soyez prête à me laisser une chance. Je vous promets que je suis quelqu'un de bien.
Elle sourit à son tour, son visage s'adoucissant encore.
Je n'en doute pas, Clarke. Allez, va te coucher avant que Lexa se réveille et s'inquiète. Si elle nous voit là, elle risque de paniquer. Bonne nuit, à demain.
Je hochai la tête, légèrement amusée par cette perspective, puis remontai rapidement à l'étage pour retrouver Lexa. Une fois dans la chambre, je me faufilai doucement sous les couvertures et me collai contre elle. Lexa bougea légèrement, encore à moitié endormie.
Hum… bébé, t'étais où? murmura-t-elle d'une voix pâteuse, les yeux à peine ouverts.
J'avais soif, et… je crois que je me suis réconciliée avec ta mère, chuchotai-je en m'enfouissant dans son cou, respirant doucement son odeur familière.
Elle émit un léger grognement, à moitié consciente.
Hum… d'accord. On en reparlera demain… répondit-elle, déjà en train de retomber dans le sommeil.
Je ne pus m'empêcher de rire légèrement, amusée par sa somnolence. Rassurée et réchauffée par sa présence, je fermai les yeux à mon tour, mon cœur plus léger.
