La première semaine avait été plus dure que Clarke ne l'avait imaginé. L'excitation initiale de son nouveau poste s'était rapidement dissipée, remplacée par la pression d'un environnement étranger et plus compétitif que ce à quoi elle s'attendait. Ce nouvel univers semblait l'étouffer, malgré la présence rassurante de Lexa à ses côtés. Le contraste entre leur expérience respective était palpable.
Dans l'équipe, Lexa brillait. Dès son arrivée, elle avait fait l'unanimité. Sa réputation la précédait, et son charisme naturel lui avait rapidement valu le respect de tous. Clarke, en revanche, sentait les regards plus sceptiques se poser sur elle à chaque réunion. Elle avait beau être une excellente professionnelle, ici, elle n'était plus la Clarke Griffin, leader à l'académie et respecté dans son ancienne unité, mais la "nouvelle". Et cela la mettait en difficulté.
Anya, le remarqua très vite. Un soir, alors que Lexa essayait de réconforter Clarke après une réunion tendue, Anya s'était approchée et avait interrompu leur conversation.
Lexa, laisse Clarke gérer ça. Elle doit prouver qu'elle peut y arriver seule. Ses mots étaient directs, presque durs.
Lexa avait froncé les sourcils. Elle n'a pas à se battre toute seule. Ce n'est pas juste.
Anya avait secoué la tête. Ce n'est pas une question de justice. Si tu l'aides trop, les autres le verront comme une faiblesse de sa part. Elle doit trouver sa place par elle-même.
Lexa avait jeté un coup d'œil à Clarke, silencieuse, qui regardait fixement le sol. La frustration bouillonnait en elle, mais elle savait qu'Anya avait raison. Clarke, malgré tout son talent, devait faire ses preuves aux yeux de l'équipe, sans l'ombre de Lexa qui la couvait.
Le quotidien au bureau ne faisait qu'accentuer le fossé qui se creusait entre Clarke et les autres membres de l'équipe. Les repas, moment de détente pour certains, étaient devenus pour Clarke un véritable supplice. Chaque jour, lorsqu'elle arrivait à la cantine, les tables étaient déjà pleines. Lexa, naturellement assise avec les autres, jetait souvent des regards désolés à Clarke, qui se retrouvait seule, son plateau en main, cherchant une place dans un coin de la salle.
Un jour, Clarke était arrivée un peu plus tôt, espérant enfin trouver une place à côté de Lexa. Mais à son entrée, elle avait aperçu Moreno, le lieutenant toujours trop proche de Lexa, assis juste à côté d'elle. Le sourire charmeur de Moreno n'échappa pas à Clarke, ni à la façon dont il effleurait l'épaule de Lexa en parlant. Clarke avait serré les dents, la jalousie grondant en elle. Elle ne supportait pas de voir Moreno tourner autour de Lexa, mais ce n'était pas juste cela. C'était tout. Ce sentiment de n'être jamais au bon endroit, de ne jamais être assez.
La fin de semaine approchait, et Clarke se sentait à bout. Lexa l'avait bien remarqué, même si Clarke tentait de tout dissimuler derrière son masque de détermination. Un soir, Lexa l'avait rejoint dans leur logement, inquiète de voir Clarke de plus en plus distante.
Princesse, tu vas bien ? demanda Lexa, s'asseyant près d'elle sur le canapé. Tu sembles... ailleurs.
Clarke détourna le regard, fixant un point invisible dans la pièce. Je vais bien. Juste fatiguée, c'est tout.
Lexa fronça les sourcils, cherchant ses yeux. Mon coeur, je te connais. Ça ne va pas, n'est-ce pas ? Tu sais que tu peux m'en parler.
Clarke resta silencieuse un instant, les émotions bouillonnant en elle, mais elle ne voulait pas paraître faible, pas devant Lexa. Elle inspira profondément. C'est juste... j'ai l'impression que je ne fais rien de bien ici. Ils m'ignorent, ou ils me testent sans cesse. Et toi...
Moi, quoi ? demanda Lexa doucement.
Tu es parfaitement acceptée. Toi, tu fais partie de l'équipe, alors que moi, je n'arrive même pas à trouver une place à table.
Lexa lui prit la main, la serrant doucement. Clarke, c'est normal d'avoir du mal au début. Mais tu es forte, et je sais que tu vas y arriver.
Clarke secoua la tête, un sourire triste sur les lèvres. Je ne suis pas sûre de pouvoir. Pas cette fois.
Lexa allait répliquer, mais Clarke se leva brusquement, comme si elle fuyait la conversation. Laisse tomber, ça ira mieux la semaine prochaine. Elle s'éloigna vers leur chambre, laissant Lexa seule, inquiète et impuissante.
Le poids de cette première semaine, avec les doutes de Clarke, la jalousie qu'elle ressentait vis-à-vis de Moreno, et cette impression d'être seule dans un monde où tout semblait se jouer contre elle, l'avaient épuisée. Mais elle ne voulait pas alourdir Lexa avec ses propres insécurités. Alors, elle garda tout pour elle, tentant de se convaincre qu'elle trouverait un moyen de faire face, seule.
Le week-end était arrivé comme une bénédiction après une semaine exténuante. Clarke et Lexa avaient enfin l'occasion de s'éloigner du stress et des tensions du travail, pour se concentrer sur ce qui comptait vraiment : leur amour et leur avenir ensemble. Lexa, sentant que Clarke était particulièrement fatiguée, avait décidé de la chouchouter tout au long du week-end. Dès le samedi matin, elle avait préparé un petit-déjeuner au lit, avec des pancakes, des fruits frais, et du café, apportant le tout sur un plateau avant de la réveiller avec un doux baiser sur le front.
Réveille-toi, mon amour. Petit-déjeuner servi. Murmura Lexa, un sourire tendre aux lèvres
Clarke ouvrit les yeux, encore alourdis par le sommeil, et sourit en découvrant Lexa, son amour, qui avait pris soin de tout préparer pour elle.
Je suis tellement chanceuse... Tu es incroyable, tu sais ça ? dit Clarke en la regardant avec affection.
Après avoir partagé un délicieux petit-déjeuner, elles se détendirent pour le reste de la matinée. Allongées côte à côte sur le canapé, elles parcouraient des magazines de mariage et des sites web, imaginant leur futur grand jour. Chaque idée, chaque suggestion apportait son lot de sourires, de rires et de moments tendres où leurs mains se cherchaient sans effort.
En feuilletant un magazine, Lexa proposa : Que penses-tu d'une cérémonie en plein air ? Un coucher de soleil, des lumières suspendues dans les arbres, des bougies... C'est intime et romantique.
Clarke, touchée par l'image que Lexa peignait, acquiesça, un large sourire sur les lèvres. J'adore. Ce serait parfait. Et puis, imagine les photos. Tu seras magnifique dans ta robe... murmura-t-elle en caressant doucement les cheveux de Lexa.
Lexa, qui n'était pas du genre à se laisser emporter par les émotions liées au mariage, éclata de rire, légèrement gênée.
Tu veux vraiment me voir pleurer, hein ? dit-elle en souriant. Puis elle se tourna vers Clarke, taquinant : Mais toi, tu sais déjà ce que tu veux porter ?
Clarke haussant un sourcil, répondit malicieusement : Peut-être un smoking blanc ? Qui sait...
Lexa leva les yeux au ciel, faussement sérieuse.
Tu serais tellement sexy dans un smoking. Mais pour toi, je pensais à quelque chose de plus fluide, plus romantique. Quelque chose qui te mette encore plus en valeur.
Clarke rit doucement, se blottissant contre Lexa, savourant cette intimité qui lui semblait à la fois rare et précieuse.
Je te fais confiance. On trouvera quelque chose de parfait, comme nous. dit Clarke, sa voix douce et pleine de tendresse.
Elles passèrent le reste de la journée à discuter, rêver, et imaginer leur avenir ensemble. Pour quelques heures, la pression du travail et les responsabilités disparurent, et tout ce qui comptait, c'était elles, ensemble.
Le lundi matin, Clarke se réveilla avec une boule au ventre. Le week-end de détente avec Lexa avait été parfait, mais l'idée de retourner au travail la submergeait d'une nouvelle forme d'anxiété. C'était la première fois qu'elle ressentait un tel poids à l'idée de franchir les portes du bureau. La sensation était étrange, presque étouffante, et la perspective de se retrouver à nouveau ignorée, voire rabaissée, la paralysait.
Elle jeta un coup d'œil vers Lexa, qui semblait sereine et confiante comme toujours, ajustant les derniers détails de son uniforme. Clarke se demanda brièvement comment Lexa parvenait à maintenir une telle assurance, même dans les moments les plus stressants. Clarke, elle, sentait ses mains trembler légèrement tandis qu'elle essayait de dissimuler ses doutes.
Clarke, un peu hésitante et la voix tremblante, dit :
Lexa... parfois, tu te sens comme si... tu n'avais pas ta place ici ?
Lexa, surprise par la question, tourna son regard vers Clarke, ses yeux remplis d'inquiétude.
Pourquoi tu dis ça ? Tu es l'une des personnes les plus compétentes que je connaisse. Pourquoi tu douterais de ta place ? dit Lexa doucement.
Clarke baissa les yeux, son regard perdu dans le sol.
Je ne sais pas... Peut-être parce que chaque fois que je propose quelque chose, c'est ignoré, comme si mes idées n'avaient aucune valeur. J'ai l'impression d'être invisible parfois. Et toi, tu... ils t'écoutent toujours, comme si ta parole valait de l'or, murmura Clarke.
Lexa s'approcha doucement de Clarke, posant sa main sur son épaule avec tendresse.
Clarke, ce que tu ressens, c'est normal. Mais tu dois te rappeler que tu es nouvelle ici, et que dans un environnement comme celui-ci, les liens se forment lentement. Ce n'est pas un reflet de ta valeur. Je sais que c'est frustrant, mais tu es faite pour ce poste. Ils finiront par le voir, comme je le vois. Ils n'ont pas encore appris à te connaître. Laisse-leur du temps, mon amour, dit Lexa avec douceur.
Clarke sourit faiblement, bien que le doute persistât en elle. Elle savait que Lexa avait raison, mais cela n'allégeait pas le poids qui pesait sur ses épaules.
Une fois au bureau, la journée commença par la réunion habituelle avec le général Huxley. Clarke se força à maintenir une attitude confiante malgré l'anxiété qui la rongeait. Lorsque le briefing débuta, elle prit une profonde inspiration et décida de contribuer activement, espérant que cette fois, ses idées seraient entendues.
Je pense qu'on pourrait revoir l'organisation des patrouilles pour améliorer leur efficacité. Si on augmente les rotations dans les secteurs plus sensibles, surtout à la frontière nord..., dit Clarke avec assurance.
Mais elle n'eut même pas le temps de finir sa phrase que Huxley se tourna vers Lexa, comme s'il n'avait pas entendu Clarke.
Commandant Woods, qu'en pensez-vous ? demanda Huxley, l'air pensif, en regardant Lexa.
Lexa, prise au dépourvu, jeta un coup d'œil rapide à Clarke, ses yeux cherchant une solution. Elle tenta de reformuler l'idée de Clarke sans s'approprier ses paroles.
En fait, Clarke a raison. Renforcer les patrouilles dans les secteurs sensibles est crucial, mais au lieu d'augmenter simplement les rotations, on pourrait déployer des unités d'observation supplémentaires dans ces zones. Cela permettrait d'avoir une couverture plus étendue sans épuiser les troupes, répondit Lexa calmement.
Huxley hocha la tête, visiblement satisfait.
Excellente idée. Nous ferons comme ça, dit Huxley en souriant légèrement.
Clarke sentit son cœur se serrer. Lexa avait reformulé exactement ce qu'elle avait dit, mais cette fois, l'idée avait été acceptée sans réserve. Elle regarda brièvement autour de la table, ses collègues la regardaient à peine, comme si elle n'existait pas. Même si Lexa avait essayé de lui rendre justice, Clarke se sentait invisible.
À l'heure du déjeuner, Clarke se retrouva seule à la cantine, ses pensées tournant en boucle sur la réunion du matin. Elle n'avait pas l'énergie de rejoindre Lexa et les autres membres de l'équipe, qui riaient autour de Moreno, toujours aussi insupportablement charmeur avec Lexa. Le voir flirter ouvertement avec Lexa alors que tout le monde semblait l'ignorer, y compris Huxley, la blessait profondément.
Elle poussait distraitement son plateau lorsqu'elle vit Raven entrer. Raven, qui avait remarqué l'isolement de Clarke, s'approcha immédiatement et s'installa en face d'elle.
T'as l'air d'une zombie, dit Raven avec un regard attentif. Qu'est-ce qui se passe ? T'as l'air perdue.
Clarke poussa un long soupir, reconnaissante que Raven prenne le temps de s'asseoir avec elle.
J'ai l'impression d'être invisible ici, dit Clarke avec frustration. À chaque réunion, quand c'est moi qui propose un truc, on m'ignore. Mais si Lexa dit exactement la même chose, tout d'un coup, c'est une idée géniale. Ça me rend folle.
Raven secoua la tête avec un sourire sarcastique.
Bienvenue dans le monde des politiques, dit-elle avec compréhension. T'es nouvelle, et ils te testent. Ils veulent voir si tu vas tenir le coup. Faut juste leur montrer que t'es pas là pour être une figurine. Ça va prendre du temps, mais crois-moi, t'es plus forte que tu crois.
Clarke hocha la tête, mais son regard s'attarda sur Lexa, toujours entourée de Moreno. Elle fronça les sourcils en les voyant rire ensemble. Cette proximité la gênait, surtout que Moreno ne faisait aucun effort pour cacher ses avances.
Et c'est pas facile de rester calme quand je vois Moreno se rapprocher de Lexa à chaque occasion. C'est à peine discret, et ça m'énerve, dit Clarke, l'air sombre.
Raven éclata de rire avant de poser sa main sur celle de Clarke pour la rassurer.
Lexa ? Flirter avec Moreno ? T'inquiète, il a aucune chance, dit Raven moqueuse mais sincère. Elle s'en fiche complètement de lui. Mais je comprends que ça te mette mal à l'aise. C'est jamais facile de voir quelqu'un autour de celle qu'on aime. Mais t'as pas à t'inquiéter, Lexa n'a d'yeux que pour toi.
Clarke sourit faiblement, un peu réconfortée par les paroles de Raven. Mais une part d'elle restait inquiète. Elle savait que Raven avait raison, mais le fait de voir Moreno insister la mettait mal à l'aise.
Après leur déjeuner, Clarke et Raven se dirigèrent vers la salle de travail, mais en passant devant la salle de repos, elles entendirent une conversation qui les fit immédiatement s'arrêter. Moreno et quelques soldats discutaient bruyamment, leurs voix montant dans les airs, et ce qu'ils disaient était impossible à ignorer.
Sérieusement, c'est facile de grimper les échelons quand t'es la fille de Jack Griffin et que tu sors avec Lexa Woods. Franchement, t'as tout pour toi, dit Moreno en ricanant avec arrogance. Lexa est blindée, c'est un fait.
Un autre soldat, visiblement amusé, renchérit d'un ton plein de sous-entendus.
Ouais, mais c'est pas que pour ses médailles qu'on traîne avec elle. Elle est sacrément... canon. Pas que pour ses compétences, tu vois ce que je veux dire, dit le soldat en riant.
Moreno, un sourire narquois aux lèvres, répondit avec une lueur lubrique dans les yeux.
Oh, crois-moi, si j'avais la moindre chance, je la mettrais dans mon lit sans hésiter. C'est pas Clarke qui va faire le poids face à moi, dit Moreno avec un ton provocateur.
Clarke sentit un torrent de rage monter en elle, son cœur battant à tout rompre. Ses mains se crispèrent en poings, prêtes à exploser. Mais avant qu'elle ne puisse réagir, Raven, furieuse, serra les poings et s'apprêtait à entrer dans la pièce.
On va leur faire payer ça. Ces connards méritent une bonne leçon, dit Raven d'une voix basse, menaçante.
Clarke, bien que tout aussi en colère, attrapa le bras de Raven pour la retenir.
Non, Raven. Ne fais rien. Ça ne ferait qu'empirer les choses, dit Clarke à voix basse, les dents serrées.
Tu vas les laisser parler comme ça de toi et de Lexa ? Ils méritent une leçon, rétorqua Raven, exaspérée mais furieuse.
Clarke prit une profonde inspiration, tentant de contenir sa frustration. Elle savait que si elle réagissait maintenant, cela ne ferait qu'attiser les tensions et lui donnerait l'air d'une novice incapable de contrôler ses émotions.
Ils ne méritent même pas qu'on leur accorde plus d'attention, dit Clarke, résolue mais frustrée. Ce n'est pas en les affrontant directement que je vais gagner leur respect. Ils ne valent pas la peine.
Raven, bien que réticente, hocha la tête. Mais la colère restait palpable, prête à exploser à la moindre provocation supplémentaire.
Le retour dans la salle de travail fut lourd de tension pour Clarke. Elle essayait de se concentrer sur ses documents, mais son esprit était troublé par ce qu'elle venait d'entendre. Lexa, qui avait remarqué son malaise, s'approcha d'elle, l'air inquiet.
Clarke, qu'est-ce qui se passe ? Tu sembles... perturbée, dit Lexa doucement, mais avec inquiétude.
Clarke, encore secouée, ne voulait pas parler de ce qu'elle avait entendu. Elle détourna brusquement le regard, sentant la colère monter à nouveau.
Rien. Je vais bien, répondit Clarke, exaspérée.
Mais Lexa, qui connaissait Clarke mieux que personne, insista.
Ce n'est pas rien. Je sais que ça ne va pas. Parle-moi, tenta Lexa, cherchant à apaiser Clarke.
Clarke, à bout, perdit patience. Elle se tourna brusquement vers Lexa, les yeux brillants de frustration.
Laisse-moi tranquille, Lexa ! J'ai pas besoin que tu sois toujours derrière moi, dit Clarke, agacée, la voix tremblante.
Lexa, choquée par le ton de Clarke, recula légèrement. Elle respecta l'espace de Clarke, mais ne put cacher l'inquiétude qui marquait son visage. Clarke, quant à elle, se replongea dans ses dossiers, essayant de reprendre le contrôle de ses émotions, mais le malaise persistait.
La fin de la journée arriva, mais l'incident de la pause repas continuait de bouillonner en Clarke. Elle essayait de se concentrer sur la préparation des documents pour le général Huxley, espérant que son travail serait enfin reconnu. Quand elle lui remit les dossiers, elle attendit en silence, son cœur battant la chamade. Huxley les parcourut rapidement, prenant son temps avant de lever les yeux vers elle avec un sourire presque imperceptible.
Bon travail, Lieutenant Griffin. Vos propositions sont bien rédigées et vos idées sont solides. Continuez comme ça, vous faites du bon boulot, dit Huxley calmement.
Bien que ses paroles fussent une reconnaissance, Clarke ne pouvait pas s'empêcher de ressentir une certaine frustration. Elle s'était battue toute la journée pour être entendue, et cette reconnaissance semblait trop tardive, trop formelle.
Prenant une grande inspiration, Clarke osa poser la question qui la rongeait depuis des jours.
Général... puis-je vous poser une question franche ? dit Clarke, hésitante mais déterminée.
Huxley releva la tête, visiblement surpris par le ton direct de Clarke.
Allez-y, Lieutenant, répondit Huxley calmement.
Clarke, en pesant chaque mot, continua.
Que dois-je faire pour être vraiment acceptée ici ? Mon travail est bon, mais on ne m'écoute pas. J'ai l'impression que, peu importe ce que je dis ou fais, on me voit toujours comme la "fille de Jack Griffin" ou la fiancée de Lexa Woods. Comment est-ce que je fais pour m'imposer par moi-même ?
Huxley l'observa un instant, mesurant ses paroles avant de répondre avec une honnêteté rare.
Lieutenant, je comprends ce que vous ressentez. Vous êtes encore nouvelle dans cette équipe, et ici, les relations se construisent lentement. Ce n'est pas seulement une question de compétences, même si vous les avez. C'est une question de confiance et de respect, et cela prend du temps à gagner. Vous devez continuer à prouver que vous êtes là pour rester. Montrez-leur que vous êtes une leader, pas juste une présence. Ils finiront par vous respecter, mais cela ne se fera pas du jour au lendemain, expliqua Huxley, sérieux.
Clarke hocha lentement la tête, reconnaissante pour ces conseils, mais toujours alourdie par un sentiment de frustration et d'injustice. Le chemin à parcourir s'annonçait encore long et semé d'embûches.
Merci, général. Je vais suivre vos conseils, dit Clarke, un faible sourire aux lèvres, mais reconnaissante.
Huxley lui adressa un dernier regard avant de lui rendre ses documents.
Vous faites un bon travail, Lieutenant Griffin. Ne l'oubliez pas, dit Huxley en hochant la tête.
Clarke sortit du bureau du général avec un mélange de soulagement et de frustration. Le soutien de Huxley était rassurant, mais la réalité de devoir prouver sa valeur encore et encore restait pesante. Elle savait qu'elle avait du travail à faire, et qu'il faudrait du temps avant d'être acceptée comme une vraie leader. Mais elle était prête à relever le défi.
