Chapitre 66 : incitatives
Les choses continuèrent d'évoluer au rythme de notre vie. Tranquillement, je me rendais compte que Mage prenait de plus en plus de place dans notre vie puisqu'il passait une grande partie des fins de semaine avec nous. Je m'étais rapidement habitué à ce rythme de vie; tout était toujours plus plaisant quand il était là.
Au final, j'avais essayé d'être sur le dessus et ça avait été tellement normal que je ne ressentis même pas le besoin d'écrire pour en parler. Ça avait été plaisant, comme toutes les autres activités sexuelles que nous faisons. Certes, il y avait eu une part de stress, mais, comme toujours avec Mage, j'avais réussi à passer par-dessus puisque j'étais avec lui. Avec lui, rien n'était jamais stressant au final. Tout était permis et tout était une question de prendre le temps de voir ensemble comment on allait arriver à toute finalité.
Je me fis également opérer. J'attendais cette opération avec impatience puisqu'elle me permettrait de bien respirer à nouveau. Il y eut beaucoup plus d'effet à l'opération que ce à quoi je m'attendais! Non seulement ma respiration s'améliora, mais mon sommeil et ma digestion également. En plus de cela, il sembla qu'au niveau sexuel plusieurs choses avaient changé. Les jours suivants, les orgasmes ne semblaient jamais aussi intenses qu'à l'habitude, mais ça revint éventuellement. En contrepartie, tout était plus facile, plus naturel, plus normal. Être avec lui ou être seul devenait de plus en plus comparable, alors qu'à la normale, réussir à avoir un orgasme en sa présence était quand même une tâche qui demandait une certaine persévérance et parfois même un effort.
Parmi une de nos nombreuses discussions (ou monologue de ma part pourrai-je dire), je lui demandai si ça le dérangeait que je n'initie jamais les relations sexuelles. Sa réponse se déclinait en 2 parties : s'il avait envie d'initier les choses, ça ne le dérangeait pas, mais s'il n'avait pas envie d'initier les choses, il aurait trouvé cela plaisant que j'initie alors les choses (le cas contraire menait alors à une date sans relation sexuelle puisque les 2 restions sans rien initier).
Initier les choses, pensais-je, c'était bien vaste comme proposition! Prendre une décision (celle de vouloir initier les choses, j'imaginai? Celle de vouloir avec une relation sexuelle à moment donné, j'imaginai, également?), puis ensuite, me mettre en action pour initier les choses. Cela pouvait être mille-et-une actions. En même temps, je pensais à l'inverse : quand lui initiait les choses. Tout était toujours très limpide puisqu'il commençait toujours de la même manière : soit en m'embrassant ou soit en s'installant collé en cuillère puis en décidant éventuellement de respirer dans mon oreille ou de toucher mes mamelons. En même temps, ces trois options qui semblaient être les meilleurs indicateurs d'un début de sexdate venait quand même d'éléments que moi j'avais suggérés comme des choses que j'aimais. En y pensant bien, je ne savais même pas dire explicitement quelque chose de précis qu'il aimait. J'aurais pu lister plusieurs éléments qui rentraient dans la catégorie « choses que j'aime en général » ou encore « choses que j'aime en mode câlin » ou encore « choses qui me font dormir », mais au niveau de la sexualité en tant que telle, rien de précis ne me venait en tête.
C'est alors que je me mis à penser à certains scénarios. Est-ce qu'une mince chose serait considérée comme « initier la chose »? Est-ce que ça prendrait quelque chose qui me semblerait trop compliqué? Seule Mage allait pouvoir me le dire.
Scénario 1 :
Nous étions couchés dans le lit, enlacés comme à l'habitude. Je décidai alors d'initier les choses doucement. Je me tournai simplement pour l'embrasser.
Hum, certes, ce scénario était trop mince. En même temps, j'avais toujours un peu l'impression que ça lui tenait plus ou moins qu'on s'embrasse, comme si c'était une transition vers autre chose et non une activité en soi. De ce point de vue, je pouvais alors concevoir que s'il ne voulait pas de relation sexuelle, il allait alors éviter de m'embrasser. Cependant, pour moi c'était relativement indépendant; s'embrasser pouvait être faite à elle seule. En même temps, elle pouvait évidemment servir de prélude à autre chose. C'était peut-être ambigu.
Scénario 2:
Nous étions couchés dans le lit, enlacés comme à l'habitude. Je décidai alors d'initier les choses doucement comme j'étais à l'aise de le faire. Je ne parlais jamais beaucoup, mais je lui disais ce que je voulais avec mon corps, ce que je fis. Je pris sa main et la déposa sur mon sein, lui laissant ainsi le choix de ce qu'il voulait faire. Il pouvait décider de simplement l'enlever et continuer à se coller ou que ça évolue vers autre chose.
Hum, certes, on se retrouvait dans le même bateau! Je n'initiais rien ici, c'était encore tout à lui de tout faire!
Scénario 3:
Nous étions couchés dans le lit, enlacés comme à l'habitude. Je décidai alors d'initier les choses doucement comme j'étais à l'aise de le faire. Je ne parlais jamais beaucoup, mais je lui disais ce que je voulais avec mon corps, ce que je fis. Je l'amenai à se coucher sur moi. Une fois sur moi, je le caressai comme j'aimais le faire (d'une manière non sexuelle de mon point de vue, mais peut-être autrement selon d'autres perspectives) et je me mis à bouger d'une manière que je faisais seulement lors des relations sexuelles avec lui.
Hum, en même temps, ceci n'était vraiment rien de très initiateur. C'était déjà arrivé de se retrouver dans ce contexte et que tout cela évolua par une makeout-date. En même temps, ça pouvait être sympathique une make-out date.
Scénario 4 :
Nous étions couchés dans le lit, enlacés comme à l'habitude. Je décidai alors d'initier les choses doucement comme j'étais à l'aise de le faire. Je ne parlais jamais beaucoup, mais je lui disais ce que je voulais avec mon corps, ce que je fis. Je pris simplement sa main et je la plaçai à sur mon clitoris. J'imaginai que le message de mes désirs était alors clair.
Hum, encore une fois, il n'y avait aucune initiative, non? C'était encore à lui de tout faire. Est-ce que l'inverse serait alors possible?
Scénario 5 :
Nous étions couchés dans le lit, enlacés comme à l'habitude. Contrairement à l'habitude, je plaçai ma main sur son pénis en attendant de voir sa réaction.
En même temps, ce n'était vraiment pas le contexte idéal. J'avais toujours l'impression de ne pas savoir quoi faire dès que ma main touchait son pénis; c'était étrange quand même puisque c'était relativement quelque chose d'assez simple.
Scénario 6 :
Nous étions couchés dans le lit, enlacés comme à l'habitude. Contrairement à l'habitude, je décidai d'énoncer ce que je voulais dire en mot au lieu d'en gestes : « si je te dis que j'ai vraiment le gout qu'on couche ensemble aujourd'hui, est-ce que ça compte comme « initier les choses » », demandai-je?
Est-ce qu'une mince phrase (et sa réponse) pouvait faire état « d'initier », je trouvais que c'était peu.
Au fond, tous les scénarios que j'envisageais étaient toujours basés sur un moindre effort de ma part, mais c'était que tout effort pour dire ou montrer autrement (ou faire autrement) ce que je voulais amenait un nouveau stress. En fait, c'était paradoxal : c'était dans le moment où il avait « quand même le gout qu'on couche ensemble, mais pas assez pour initier les choses » que j'allais être amené à initier les choses, mais c'était dans ce moment où j'allais avoir le plus l'impression de faire « pas la bonne chose ». En comparaison, quand il était vraiment horny, je n'avais jamais l'impression de ne pas faire la bonne chose parce que je savais que, peu importe ce que je ferais, ça lui conviendrait. Dans le fond, j'avais en général de la misère à envisager ce que serait cette fois où j'aurais initié les choses? De quoi l'ensemble aurait l'air?
