BLEACH – RISING HELL

CHAPTER SPECIAL # 3 : THE DREAM III

Doucement, la lueur du jour brillait. Un mal de crâne passager mais résonnant intensément, l'empêchait de mettre en ordre toute pensée cohérente. Où se trouvait-il ?

« — Ah ! Il se réveille ! »

Il reconnaissait cette voix. Féminine, un petit peu enjouée et plutôt bon vivante … en revanche, lorsqu'enfin, ses yeux lui permirent de voir un petit peu plus clair, il ne reconnaissait absolument pas l'endroit dans lequel il se trouvait. D'un blanc désespérant et monotone, il comprit néanmoins, au bout de quelques secondes, que cette chambre était une chambre d'infirmerie. Quand avait-il été blessé ?

« — Hé oh ! Tu m'écoutes ? »

De grands gestes de mains, de bras, en face de son visage, dans le but d'attirer son attention. Akane Honkyô. Et il s'en rappelait maintenant … cette femme avait foncée vers lui, poursuivie par des colonnes de flammes gigantesques. Et … c'est tout ? Rien de plus ? Redressant légèrement la tête, Taikai Meirô sortait lentement son esprit d'une brume insondable, pour voir plus précisément la mine de son interlocutrice.

« — Je suis contente que tu ailles bien ! s'enquit cette dernière. Je suis désolée de t'avoir utilisé mais c'était dangereux ! »

Non, tu plaisantes ?

« — Ah, ouais. C'est pas grave, marmonna le bleuté, en secouant négativement la tête. Et … Enigo ? Comment il va ?

— Il n'est pas resté sur place, lui.

— Hein ? Alors comme ça c'est ma faute maintenant ?

— Je n'ai pas dit ça ! Je dis juste que tu aurais très bien pu t'en sortir sans devoir partir à l'infirmerie !

— Ouais bah si tu veux savoir, c'est plutôt toi qui devrais être sur le lit en ce moment !

— Allez, oublie ! lâcha finalement Akane, comme pour changer de sujet de conversation. L'important, c'est que tu ailles bien maintenant ! Netsujô est passée rapidement te voir, histoire de savoir si tu allais survivre ou non. Je te le dis au cas où tu penserais qu'elle n'a vraiment aucun cœur !

— Si elle en avait un, elle serait restée pour me présenter des excuses, affirma sans détour le futur Shinigami, en croisant les bras. »

Pour toute réponse, Akane se contenta d'hausser les épaules avant de tourner les talons. Elle affirmait avoir du travail à faire, et que lui devait se reposer encore un jour ou deux avant de repartir. C'était bien sa chance, ça … prendre du retard dans l'entraînement pour obtenir le droit de manier la déesse des Eaux, pouvait-il se rattraper ?

L'infirmière passait régulièrement afin de vérifier son état de santé. Comme il s'agissait d'une vieille femme ridée et grincheuse, Taikai n'osait rien dire, de peur de s'attirer les foudres de cette harpie. Mais il n'en pensait pas moins : ses prises de sang faisaient mal et sa voix elle-même ressemblait à un orchestre mal géré. Mais il devait s'en accommoder, après tout. Cela ne lui posait guère tant de problèmes, de toute façon : il s'agissait d'une courte période, fort heureusement.

Plus tard …

Le bruit de l'eau ruisselait doucement, tandis que Netsujô Kakusu s'en imprégnait sur les mains, avant de se laver le visage. Ses lunettes déposées sur un meuble juste à côté, sa vision était tout de suite beaucoup moins claire. Son regard se porta toutefois sur le miroir en face d'elle, histoire de savoir si elle était convenable ou non. Malgré tout ce qu'elle pourrait affirmer sur son manque de sociabilité, il lui paraissait important pour une femme de prendre soin de son apparence. La porte dans son dos ne tarda pas à s'ouvrir, et brusquement, la Shinigami aux cheveux crépusculaires dégaina son Zanpakutô, pointant sa lame sous la gorge du nouvel entrant …

« — … Je peux savoir ce que tu fais, là ? »

… Nouvel entrant qui ne s'agissait autre que de Shunô Kaminari, Garde Royal de la Foudre. Ce dernier écarquillait vivement les yeux, surpris par un tel accueil.

« — Toi, plutôt, déclara la femme en face de lui, en reprenant ses lunettes et rengainant Tasogane. Ne rentre pas dans ma salle de bain lorsque je m'y trouve.

— Arrête de dire des trucs comme ça, lâcha-t-il, en levant les yeux au ciel. Je voulais juste te parler de ce qui allait suivre.

— Et tu ne pouvais pas attendre que je sorte ?

— Ça va, si tu prenais une douche, tu fermerais la porte à clé, nan ?

— Bien sûr que non, martela Netsujô, sous l'air ahuri de son interlocuteur. Tu penses qu'il y a beaucoup de monde qui entrerait chez moi de cette façon ?

— … Bref. Je voulais juste te dire que la partie de la Brigade d'Expédition qui n'était pas encore arrivée va se ramener. Et elle a la « marchandise ».

Palais de l'Eau — Salle d'entraînement, quelques jours plus tard.

Chutant lourdement sur le sol, un corps se cambra de douleur, le visage de l'intéressé permettant aisément de distinguer une souffrance physique couplée à une fatigue morale indicible. Depuis plusieurs dizaines de minutes maintenant, cette bataille durait, et n'en voyait pas l'issue.

« — Stop ! Stop ! J'abandonne ! »

Le corps parsemé de blessures et de sueur, Enigo Shakarez inspira un grand coup. L'Asauchi conféré se trouvait à ses côtés, sur le sol, tandis que lui levait son visage haut vers les cieux, bien que ces derniers soient invisibles à cause du plafond.

Devant lui, Taikai Meirô affichait nettement moins de blessures. Le sabre nonchalamment posé sur son épaule, il décida toutefois de s'accorder lui aussi cette petite pause. Pas qu'elle soit franchement méritée à ses yeux, mais cela faisait toujours du bien. Sans se poser davantage de question, il déposa son épée, et se posa lui-même sur le sol.

« — T'es vraiment doué. Tu pourrais devenir le nouveau talent de cette Garde Royale, tu ne crois pas ?

— Mouais, c'est toi qui le dis, répliqua son interlocuteur, en haussant les épaules. Ça fait à peine … une semaine qu'on est là, je pense. Et y'a encore bien du chemin à parcourir.

— Haha, ce sont des paroles sages, c'est presque étonnant venant de toi !

— L-La ferme ! »

Le court échange déboucha sur un silence relativement profond. Chacun se perdait dans ses pensées, dans ses doutes et ses appréhensions. Taikai Meirô pouvait voir à travers le regard de son camarade, une vraie peur naissante. Celle de l'échec ? Il n'avait pas encore pleinement pris conscience d'un fait, depuis son arrivée : lui et Enigo étaient en réalité concurrents pour un poste unique. Peu importe la façon de voir les choses, lorsque tout cela sera terminé … il y aura forcément quelqu'un pour qui les choses se seraient mal déroulées. Et à partir de ce moment, comment voir le futur ? Certes, la vie au Paradis n'est pas la plus à plaindre. Mais chaque rêve qui y naît ne peut donc s'y accomplir ? Voilà une bien étrange conception du bonheur promis.

« — Au fait, tu es au courant que la Brigade d'Expédition aurait ramené des Hollows ? lança le bleuté, afin de se changer les idées.

— Ouais, si j'ai bien compris, c'est pour notre futur entraînement. Apparemment, l'ultime épreuve serait d'affronter des Hollows.

— Waw, c'est plus un entraînement là, ils veulent nous tuer … !

— Je crois qu'il y a déjà eu des morts dans le passé.

— Avec le vieux fou qui dirige tout ça, c'est à moitié étonnant seulement. »

Cette possibilité ennuyait effectivement Taikai, qui poussa un nouveau soupir.

« — Bon, t'es prêt ? On reprend ça !

— Déjà ?!

— Allez, fais pas ta mauviette ! »

Je dois bien admettre, qu'au bout d'une semaine ici, cela m'a fait du bien de pouvoir croiser quelqu'un que je pourrais finalement qualifier « d'ami » … L'interrogation étant de savoir, si nous pourrons le rester à l'avenir. J'ai toujours eu bon espoir. Mais n'est-ce pas un petit peu trop beau ?


Palais Royal — Entrepôts dissimulés, quelques jours plus tard.

Entre hurlements sourds, grognements rauques et cliquetis stridents, cet endroit ne pouvait être confié à un esprit faible. De nombreuses cages enfermaient l'incarnation même des esprits malfaisants peuplant le monde : les Hollows. De tailles variables, mais plutôt grandes en général, ces créatures lançaient des regards particulièrement menaçants à ceux qui avaient osé les mettre en boite.

« — Ces Hollows sont parfaits. Maugréa une voix grave. Un peu trop bruyants cependant. »

Rikuchi Rôshin —parce qu'il s'agissait bien de lui— darda son regard sur toutes les bêtes présentes. À ses côtés, Shunô Kaminari, Netsujô Kakusu, Akane Honkyô ainsi que Shikidô Atsuji. Le plus puissant des Shinigamis ferma lentement les paupières, avant que son aura verte ne se matérialise doucement autour de lui, et qu'une pression gigantesque n'écrase absolument tous les captifs. Pas un seul ne se retrouva nez sur le sol, poussant de faibles râles de douleurs, écrasés par un pouvoir qui appartenait à un monde totalement différent.

Les Shinigamis présents sur les lieux eurent eux-mêmes quelques difficultés à conserver une forme de consistance. Quelques gouttes de sueurs perlaient du visage de Kaminari, lequel ne semblait pas franchement ravi de la tournure des événements. Ce vieillard était-il si fier et arrogant au point de toujours montrer le caractère ostentatoire de sa force dès lors que d'autres personnes venaient ? Gardant ses pensées irritées pour lui-même, le blond sentit néanmoins le regard accusateur de Netsujô Kakusu dans son dos, sans néanmoins oser se retourner et trahir ses pensées blasphématoires. Et puis comment savait-elle qu'il songeait à cela, d'ailleurs ?!

La pression dans l'atmosphère retomba de nouveau, laissant désormais des cellules bien plus silencieuses.

« — Voilà qui est mieux, souffla Rôshin, en se retournant.

— Combien de Hollows seront utilisés pour l'épreuve ? demanda doucement Akane, en plantant ses yeux sur le chef des lieux.

— Je vous laisse carte blanche à cet égard, répondit le vieil homme, en continuant sa route. Toujours au moins une dizaine. Cette épreuve finale n'est pas supposée être aisée. N'oubliez pas de nourrir ces créatures.

— Ah ça, dès qu'on parle de nourriture, il est forcé d'y penser, hein … marmonna Shunô, de sorte à ce que l'on ne puisse l'entendre.

— Il risque de t'entendre. »

… Pour la discrétion, il faudrait y repasser. En même temps, le Garde Royal commandant au Tonnerre n'avait pas remarqué que sa collègue du Feu Divin avait avancé de quelques pas pour arriver à sa hauteur. Pris en flagrant délit, il n'y avait pas trente-six solutions : ne pas réagir, ou feindre de ne pas le faire.

Heureusement, Rôshin ne semblait pas l'avoir entendu, son heure aurait probablement sonnée.

« — Laissez Yamarenko Ryusei s'occuper de nourrir les Hollows. »

Yamarenko Ryusei.

Cet homme avait concouru au titre de Shinigami Royal des Flammes. Netsujô s'en souvenait encore comme hier. Le jour où elle a obtenu les faveurs du Dieu Tsugare, et était devenue une Garde Royale, elle avait bien failli rater l'épreuve par pure bonté d'âme lorsque cet individu en avait profité pour l'attaquer. Au final, elle s'en était sortie avec une vision affaiblie, mais un Zanpakutô Divin entre les mains : le change penchait plutôt en sa faveur. Même si ce simple événement avait suffi pour refermer encore davantage son esprit et sa confiance à l'égard des autres.

« — De toute manière … murmura soudainement la voix du chef des Nécromanciens, Shikidô Atsuji. L'épreuve finale ne devrait pas intervenir avant un moment. Nous ne serons peut-être plus là le moment venu, pourrez-vous gérer tout cela seuls ?

— Pour qui nous prends-tu, Shikidô ? articula le détenteur de Shinsen Katsûdan. Les différentes épreuves seront sous le commandement de la Garde Royale, tu n'as pas à t'en faire. Vous pouvez disposer comme bon vous semble du temps qu'il vous reste.

— Et puis franchement ça va hein, on peut revenir dans quelques mois au pire … affirma Akane, en haussant les épaules. »

La Brigade d'Expédition avait toujours des occupations diverses qui prenaient toujours des semaines au minimum. Mais compte-tenu du fait que les Shinigamis —ou plutôt ceux qui aspirent à l'être— ne venaient que de débuter leur entraînement, il y avait une bonne chance pour que les Brigadiers puissent être présents pour l'intronisation du futur élu de la déesse Kisayeka.

Rapidement, la pièce austère vit ses portes fermées, temporairement. Le groupe d'élite de la Dimension Royale marcha, déambula à travers les nombreux couloirs du Palais. Akane vint se positionner aux côtés de Netsujô, en affichant un petit air souriant.

« — Je vais partir pour le Grand Nord de la Soul Society. Affirma-t-elle, en hochant positivement la tête. On a repéré quelques sources d'énergie intéressantes, et je pourrais peut-être enfin faire du recrutement !

— Que veux-tu que je te dise ?

— … C'est toujours un bonheur d'avoir des discussions avec toi, soupira la jeune femme aux cheveux argentés. Merci pour ces moments de complicité intenses. »

Dès la fin de l'après-midi, les Brigadiers quittèrent le Palais. Leurs visites à intervalles réguliers animaient toujours un petit peu la vie aux différents palais, particulièrement monotones. Surtout lorsqu'une partie de ces derniers était même privée de Capitaine pour en dicter le fonctionnement. Dès lors que l'imposant navire flottant conduit par Akane disparut derrière les nuages, un certain vide regagna toute l'assemblée. Placés sur une plateforme flottante pour assister à ce départ, Netsujô Kakusu et Shunô Kaminari ne disaient pas un mot. De toute manière, ils ne parlaient pas énormément d'ordinaire, surtout puisque la Shinigami des Flammes Divines n'appréciait pas vraiment cette activité, tandis que l'autre ne voyait aucunement pourquoi lui devrait commencer une discussion.

Tous deux finirent par retourner dans leurs quartiers respectifs.

Et ainsi, la vie poursuivit sa route. Le développement des différents candidats au poste de Shinigami suivait la voie tracée par leurs aînés. Les heures d'entraînement s'accumulaient, les jours, les semaines également … Et le rêve, lui, restait encore d'actualité …

Dimension Royale — Village natal de Taikai Meirô …

« — Grand-père ! Grand-père ! Regarde !

— Saki ? Pourquoi fais-tu autant de bruit à une heure si tardive ? Le soleil s'est déjà couché, ne dérange pas les voisins !

— Mais on a une lettre d'Onii-chan !

— Quoi ?! Où ça ?! Montre-moi ça ! »

Évidemment, entre annoncer des préceptes et les respecter, se trouvait toujours un étonnant décalage. Et à ce titre, l'âge n'apportait pas toujours la maturité nécessaire pour prendre et adopter le bon comportement. Frénétiquement, le vieil homme déchira l'enveloppe pour y trouver la lettre de son petit-fils. Cela faisait déjà de longues semaines que ce dernier n'avait plus donné le moindre signe, envolé dans les cieux de la Dimension Royale aux côtés de cette femme …

« Yo c'est moi.

J'espère que vous allez bien, que vous mangez bien et tout ça. Je sais que ça fait un bail qu'on s'est pas vus, et je dois sûrement vous manquer. Remarque, je peux vous comprendre, moi aussi je me manquerais. Je vous donne quelques nouvelles quand même : j'ai rencontré des gars au Palais Royal avec qui je suis devenu potes. Ouais en fait, je me suis fait un tas de potes alors ne vous inquiétez pas pour moi. J'ai entendu dire que j'aurais bientôt le droit de venir vous revoir alors patientez un peu, ok ?

Je vais devenir Garde Royal et je demanderai que vous puissiez me rejoindre. On m'a dit que c'était possible, alors préparez-vous à faire vos valises. En attendant, Saki, sois sage et ne fais pas mourir grand-père avant, ok ?

Taikai Meirô. »

La famille du concerné resta un moment incrédule, relisant bien chaque ligne pour voir s'il n'y avait rien qui leur avait échappé. Cette écriture peu lisible portait en tout cas bien la marque du bleuté, et recevoir quelques nouvelles faisait toujours du bien. Saki ne pouvait réprimer un sourire béant de gagner son visage, en même temps qu'elle sautillait dans tous les sens.

« — Ce garnement … Maugréa le plus âgé des lieux. Je suis sûr qu'il ne s'est pas fait beaucoup d'amis … !

— Mais Onii-chan a dit qu'il avait beaucoup d'amis ! Pourquoi tu ne le crois pas ?

— C'est évident enfin, il dit ça pour nous rassurer. Il n'a même pas beaucoup d'amis ici alors là-haut …

— Mais c'est pas grave, il a dit qu'il allait revenir !

— Encore heureux … enfin bon. Il m'a l'air d'être sûr de lui. Continuons de prier la déesse Kisayeka pour qu'elle fasse de lui son élu.

— Oui ! Oui ! »

Le regard porté vers la fenêtre, le vieil homme cherchait à voir à travers le voile sombre de la nuit, des nuages. Là, tout en haut, son petit-fils travaillait dur pour accomplir son rêve. Peu importe le résultat aujourd'hui, il ne pouvait plus masquer la fierté qu'il éprouvait pour ce dernier, quand bien même les choses seraient différentes dès lors qu'ils se retrouveraient. Ce qui n'allait pas tarder, il en était totalement persuadé. Le destin arrangeait toujours bien les choses, ici …

Palais Royal — Grande Arène d'entraînement.

« — Et vous vous dîtes candidats ? Magnez-vous un peu ! Je vous rappelle que les épreuves ont commencé et ceux qui ratent, peuvent déjà préparer leurs valises !

— Il en a de bonnes lui …

— Comment on peut réussir … ? C'est impossible … ! »

L'épreuve « Volonté ». C'est ainsi que fut nommé ce à quoi les nombreux concourants participaient actuellement. Le sol tremblait, et le bruit effrayant de l'orage en faisait reculer plus d'un. Les mains dans les poches, Shunô Kaminari se tenait de l'autre bout du terrain. Le concept était basique : les candidats devaient réussir à traverser le terrain pour venir se saisir d'une amulette de l'autre côté, juste devant le Capitaine du Tonnerre. Une fois le pied posé dans celui-ci, il n'y avait plus la possibilité de reculer. Si par malheur, l'un des candidats sortait des limites du terrain … alors il était éliminé, ni plus, ni moins.

Et inutile de dire que cela ne paraissait pas si simple. Cette pré-sélection devait faire face à un amas de pouvoir assourdissant : Kaminari laissait échapper une dose de son pouvoir, et les éclairs frappaient régulièrement el terrain, en déclenchant diverses ondes de chocs qui pourraient s'avérer éliminatoires. Sur la ligne de départ, la peur et l'appréhension se lisait aisément sur chaque visage. Cette assemblée sursauta, alors que la foudre frappa le sol à quelques mètres d'eux …

« — Ou alors peut-être préfériez-vous être tous éliminés directement ? souffla Shunô Kaminari, d'une voix sombre. Cela nous ferait gagner du temps, après tout.

— Moi j'suis tranquille. Allez j'arrive, vous êtes des lâches vous autres. »

Le Garde Royal ne put s'empêcher d'arquer un sourcil devant l'individu qui venait de faire son apparition. Un homme plutôt robuste à la peau mate, une queue de cheval ébène descendant jusqu'à sa nuque. Avec une certaine confiance, il s'avança sur cet abattoir, un pied distinctement posé sur le terrain, avant de faire quelques pas, sous l'œil intrigué de tous.

« — … Comment tu t'appelles ? articula Kaminari, le regard légèrement plissé.

— Mitako Anazuki. Déclara ce dernier, en faisant de même.

— Mitako Anazuki, hein … »

Dans les tribunes, Netsujô Kakusu assistait silencieusement à l'épreuve. Rien dans tout cela ne dérogea à ses prévisions. D'un calme stoïque, elle ne broncha pas lorsqu'une violente secousse sismique secoua tous les environs, alors que la foudre venait de s'abattre avec une grande violence près du dernier candidat.

« — Alors, Mitako Anazuki … tu peux faire tes valises. »

Incrusté sur le mur du fond, calciné et désormais au fond moralement parlant, le dernier interpellé ne pouvait même pas avoir le luxe de répondre. Il fallait dire que le Capitaine Kaminari n'y était pas allé de mainmorte, et Netsujô elle-même réprima un léger soupir devant ce comportement quelque peu enfantin et vexé de son collègue. Et plus que jamais dorénavant, la peur s'immisçait dans chaque candidat, paralysant les plus téméraires d'entre eux.

Enigo Shakarez lui-même voyait quelques gouttes de sueurs perler de son front face à ce déversement de pouvoir de son supérieur hiérarchique … pourtant, ces dernières semaines, il avait effectué un entraînement physique et mental intensif pour ne pas reculer le moment fatidique. Toute cette pratique s'écroulait pourtant aujourd'hui. Il espérait que Taikai n'était pas dans le même état que lui et …

Et où était-il passé d'ailleurs ? Cherchant à côté de lui, tournant la tête de droite à gauche, Enigo ne voyait pourtant pas trace de son camarade. Il n'aurait tout de même pas … fui ?!

Un silence pesant et quelques bruits de pas lui permirent pourtant de prendre conscience que non, ce ne fut pas du tout le cas. Dans les yeux de Shunô Kaminari, un être qu'il avait déjà croisé osait encore profaner de sa présence ennuyeuse, son champ de vision. Marchant au ralenti, sortant de son kimono des lunettes de soleil qu'il plaça immédiatement et lentement sur son nez, Taikai Meirô affichait un air désinvolte à faire frémir Netsujô dans les tribunes, qui secoua négativement et discrètement la tête devant le comportement de cet imbécile.

« — Vous voulez aussi savoir mon nom, ou vous vous en souvenez, hun ?

— Je me souviens de ta tête, articula froidement le Shinigami à la chevelure blonde. Ton nom m'échappe encore. Peut-être parce que je n'aime pas me souvenir des petits débiles de ton espèce.

— Ah ok, j'ai compris, affirma son interlocuteur, en hochant positivement la tête … avant de placer son pied sur le véritable champ de bataille qui s'annonçait. Alors je vais vous le rappeler … quand je serais devant vous. »

NEXT CHAPTER : THE DREAM IV

Les coulisses du Chapitre — « Hinamori, l'ennemie public »

Aizen Sôsuke : J'abandonne le Hogyôku si quelqu'un arrive à résister à Hinamori-kun, moralement parlant. Les règles sont simples : vous devez tenir une journée avec elle alors qu'elle cherche à s'immiscer dans chaque aspect de votre vie. C'est un homme qui doit accomplir la mission.

Yamamoto Genryûsai : Marché conclu ! Le Hogyôku me reviendra alors !

Aizen Sôsuke : Ça j'en doute fortement.

Ichigo Kurosaki : J'suis le seul à ne pas comprendre pourquoi Aizen fait soudainement ce pari sans aucun intérêt en contrepartie ? Il est con ou quoi ?

Aizen Sôsuke (sourire sadique) : Oh ? « Aucun intérêt » tu penses ? Je vais prendre un malin plaisir à vous voir totalement liquéfiés face à elle. Vous ne semblez pas vous en rendre compte. Cette fillette est une ennemie de l'Humanité.

Yamamoto Genryûsai : Très bien ! Kurosaki Ichigo, tu seras donc le premier à tenter cela ! Hinamori Momo est envoyée en mission spéciale chez toi et tu dois la supporter sans une minute où vous serez séparés par plus de dix mètres ! Entendu ?!

Ichigo Kurosaki : QUOI ?! Mais-

Ichigo Kurosaki se retrouve mystérieusement chez lui, et Hinamori Momo se trouve installée sur son bureau.

Hinamori Momo : Oh, bonjour Kurosaki Ichigo ! Je suis envoyée en mission pour voir comment tu te comportes ! Je ne dois pas te quitter !

Ichigo Kurosaki (se racle la gorge) : C'est pas plutôt l'inver-

Hinamori Momo : Oh ! Tu as une console ?! À quels jeux joues-tu ?

Hinamori Momo allume la Playstation 3.

Hinamori Momo : Oh, tu as la vieille version ? C'est dommage ! Si tu veux on peut aller acheter des nouveaux jeux ensembles ! Et d'ailleurs, qu'est-ce que tu aimes acheter quand tu fais les courses ? Moi j'aime acheter des vêtements et de la nourriture ! Combien de fois tu fais les courses d'ailleurs par semaine ? Moi j'essaie d'en faire souvent parce que ça me rend heureuse !

Ichigo Kurosaki : Une question à la fois …

Hinamori Momo (large sourire et vient s'installer à côté d'Ichigo) : Oh pardon ! Peut-être que tu n'aimes pas faire les courses ! Alors peut-être que c'est ta mère qui fait les courses pour toi !

Ichigo Kurosaki (grands yeux écarquillés) :

Hinamori Momo : Oh pardon ! Je suis désolée, j'avais oublié que ta mère est morte ! Si tu veux, je peux te parler de ma famille aussi ! Le problème c'est que je ne la connais pas ! Shiro-chan et « notre » grand-mère sont la seule famille que j'ai ! Je suis contente de ça ! Vraiment !

Ichigo Kurosaki : J'ABANDONNE !

Hinamori Momo : Qu'est-ce que tu abandonnes ? Il faut savoir rester droit dans la vie, je crois ! Moi j'ai été trahie par le Capitaine Aizen mais heureusement que tout s'est bien passé ensuite ! Je suis redevenue la Hinamori que tout le monde aime !

Ichigo Kurosaki : STOP STOP STOP !

Ichigo Kurosaki, essoufflé, se retrouve à genoux … là où se trouvent Aizen et Yamamoto.

Aizen Sôsuke : Lol, il n'a même pas tenu cinq minutes.

Ichigo Kurosaki (respire difficilement) : … On … on ne peut pas gagner ! C'est foutu !

Yamamoto Genryûsai : Bien. Puisque tu as échoué, je vais compter sur le Capitaine Kuchiki Byakuya.

Byakuya Kuchiki : Je refuse. Je n'ai pas le droit de la tuer alors c'est tout bonnement impossible d'accomplir une telle mission. Capitaine-Commandant, j'ai très bien vu que Kurosaki Ichigo a lamentablement échoué. J'ai aussi vu que ce fut le cas pour Renji, qui s'est enfermé dans les toilettes après cette expérience, pour pleurer. J'ai donc dû le tuer. Et j'ai aussi vu Madarame Ikkaku devenir cannibale, Yumichika Ayasagewa affirmer qu'il est extrêmement laid à longueur de temps, Hisagi Shûhei ne plus aimer Matsumoto Rangiku et Hitsugaya Toshirô devenir adulte, Shunsui Kyôraku boire de l'eau, Ukitake Jushirô piétiner une fleur ... C'est une mission impossible à accomplir, rendez-vous à l'évidence.

Yamamoto Genryûsai : NON ! Je refuse ! Le Hogyôku doit être entre mes mains ! Si vous êtes lâches à ce point-là, je m'en occupe moi-même !

Plus tard …

Hinamori Momo : Je suis très contente d'être devenue temporairement votre Lieutenante !

Yamamoto Genryûsai :

Hinamori Momo : Vous savez, je pense que votre barbe est bizarre ! Elle devrait être coupée ! Et peut-être que vous devriez prendre un peu de crème de Rangiku-san contre les rides parce qu'on dirait que vous êtes desséché actuellement !

Yamamoto Genryûsai :

Hinamori Momo : Est-ce que vous aimez les animaux de compagnie ? J'aime beaucoup les chats et les chiens, mais aussi les oiseaux, les poissons, les lapins, les lézards … mais pas les serpents, parce que ça me rappelle le Capitaine Ichimaru et c'est étrange …

Yamamoto Genryûsai :

Hinamori Momo : Ah … je me demandais si vous pouviez donner un petit peu d'argent aux personnes du Rukongai ? Vous savez, maintenant que je suis votre Lieutenante, je pourrais vous prodiguer mes conseils ! Hihi !

Yamamoto Genryûsai (serre les dents) :

Hinamori Momo : Ensemble nous allons pouvoir accomplir des choses merveilleuses ! Même si dans Rising Hell, nous sommes tous les deux morts et qu'il y a peu de chances que nous fassions notre retour dans le prochain chapitre, The Dream IV ! Ce sera le dernier chapitre d'ailleurs, vous êtes au courant ? Moi je l'ai appris il y a peu de temps, et vous ? Vous vous sentez comment d'ailleurs ? Ça va ?

Yamamoto Genryûsai : GYAAAAAAAAAAAAAAAAAA ! RYÛJIN JAKKA !

Hinamori Momo : Oh, mais nous avons le même élément dans nos Zanpakutô, nous sommes liés ! J'ai toujours pensé que le destin faisait bien les choses et réunissait les âmes qui devaient être réunies !

Yamamoto Genryûsai brûle Hinamori Momo.

Aizen Sôsuke : Bah voilà !

Yamamoto Genryûsai :

Aizen Sôsuke : Le Hogyôku est mien ! MDR.