Merci pour les petits commentaires sur le précèdent chapitre :)
Loup Lune, tant mieux si ça apporte quelque chose de bien pour les personnalités, j'avoue être dans une passe ou je doute beaucoup de ce que j'ai fait jusqu'à maintenant :)
A l'aube, elle avait disparu.
De sa présence ne subsistait qu'un petit bout de papier soigneusement plié, posé à côté de lui. Draco s'en saisit d'un geste lent, le corps encore troublé par un sommeil en pointillé.
"Je dois filer à l'atelier. La vyspérine sera prête dans l'après-midi si tu le souhaites. Cette fois-ci pas d'incident, je te le promets.
P.S : Sois prudent avec Karswic. - H."
On n'était jamais prudent quand on jouait à la roulette russe, et rencontrer ce Gobelin s'y apparentait parfaitement songea-t-il.
Une douche et un café noir brûlant plus tard, il est dehors à son tour. Le temps est mordant pour la saison mais au moins, il ne pleut pas.
La façade du bâtiment devant lequel il s'arrête tire une bien triste mine. La peinture est écaillée par le temps et l'ensemble aurait semblé abandonné s'il n'y avait eu cette étrange lumière dorée filtrant sous la porte.
Draco frappe fermement pour s'annoncer, tâchant de rester calme et mesuré. S'il s'était préparé mentalement à cette rencontre, Il espérait ne pas avoir à vérifier par lui-même les rumeurs sordides qui couraient à propos du gobelin.
Après quelques instants, la porte s'ouvre dans un long grincement strident, qu'il juge presque trop théâtral pour être naturel.
De part et d'autre de l'entrée, d'étranges mannequins accueillent les visiteurs dans la lueur d'une petite applique à abat-jour plissé. Le premier, une femme habillée en domestique, figée dans une posture servile, le fixe avec un sourire crispé. Le rouge de sa bouche a coulé et marque son visage d'un air piteux et triste. Un peu plus loin, un laquais aux bras arrachés semble attendre une consigne qui ne vient jamais tandis qu'à ses côtés, un enfant en culotte bouffante joue accroupi sur le sol. Leurs yeux de bois, creusés profondément dans leurs orbites, semblent refléter une souffrance infinie que le temps n'aurait su effacer.
Draco fronce les sourcils en les contournant. Sinistre. Visiblement, Karswick aimait les mises en scènes et il ne s'en privait pas.
Alors qu'il franchit l'angle d'un mur paré de dorures et de tentures en velours grenat, un grognement retentit du fond de la pièce.
- Ici.
Le gobelin est assis derrière un immense bureau, le visage à demi dissimulé derrière les volutes d'une fumée à l'odeur immonde.
- Oh, un Malefoy, cela faisait longtemps. Approche donc, l'invite-t-il d'une voix trop mielleuse pour être honnête. Dis-moi, comment vont tes parents ? Ton père a-t-il enfin trouvé le courage de se supprimer, ou lui reste-t-il encore assez de fierté pour endurer un peu plus d'humiliation ?
Un sourire carnassier tord ses lèvres hideuses avant qu'il ne reprenne :
-À moins, bien sûr, qu'il n'ait placé ses derniers espoirs dans ces affreuses fiançailles pour laver la honte qui vous ronge...
Draco s'avance, les mâchoires serrées, le visage aussi neutre que possible, ignorant les attaques que Karswick prend plaisir à lui infliger.
- Ils vont très bien, merci. Je suis ici pour des informations, lâche-t-il d'une voix égale.
Le gobelin laisse échapper un ricanement, faisant claqueter ses doigts griffus sur le bois précieux du bureau.
- Bien sûr, susurre-t-il, ses yeux étroits se posant sur Draco dans un mélange de mépris et de malice.
Ignorant la pique, le sorcier sort de sa mallette un document qu'il dépose prestement devant lui. Une reproduction de la Veyr d'obsidienne et des ornements gravés sur sa lame.
Le visage de Karswic s'étire en un immonde sourire tordu, révélant des dents pointues et soigneusement entretenues.
- Intéressant...elle est bien gobeline, crachote-t-il en exhalant une bouffée putride. Mais dis-moi, te reste-t-il donc si peu d'orgueil pour venir me demander de l'aide ?
- Voilà bien longtemps que je n'en n'ai plus. Je paierai le prix qu'il faudra, rétorque Draco d'un ton tranchant, sourd aux provocations du gobelin.
- Je n'ai que faire de ton argent, croasse Karswick en désignant d'un geste désinvolte les nombreux coffres forts amoncelés derrière lui. Tu cherches à réparer quelque chose que tu ne comprends même pas et tu penses que ta fortune peut tout acheter.
Ses yeux parcourent à nouveau les gravures de la lame avant de s'arrêter sur un symbole particulier, une sorte de demie lune qui surplombent les autres .
Un éclat mauvais passe dans son regard sans qu'il ne dise rien.
- J'aurai bien demandé ton bras gauche, mais en l'état, il ne m'intéresse aucunement, ajoute-il avec cynisme.
- Qu'est ce que je pourrais vous offrir ? Questionne Draco, son ton trahissant une impatience grandissante.
- Vous autres humain êtes bien insipides. Pourtant, si quelqu'un que tu connais est maudit par la lame...Karswick tire une longue bouffée de son cigare. Laisse moi te dire qu'il souffre et son que temps est compté, quelques mois tout au plus...
Il marque une pause et savoure l'effet de ses paroles sur Draco, relâche un nouveau relent de fumée nauséabond avant de suggérer dans une moue provocatrice:
- Trouves moi quelque chose de plus amusant et je pourrais probablement t'aider. Pourquoi pas... ta nouvelle amie ?
- Oh, et je ne parle pas de l'insipide plante verte que tu t'es dégoté pour tes fiançailles, mais de l'autre. Granger. Je te promets que je m'en occuperai bien. Son air se fait malsain, presque lubrique.
Le gobelin joue avec ses nerfs et Draco le sait, mais sa remarque fait monter la tension d'un cran.
- Ou je pourrais simplement vous arracher ces informations, répond-t-il seulement.
Sans qu'il ait le temps de réagir, quelque chose fuse près de son visage et lui entaille la peau dans une coupure nette et brûlante, laissant perler le sang sur sa joue.
- Tu ne serais pas le premier à essayer, gronde Karswick. Souviens-toi bien que les gobelins n'oublient pas les offenses Malefoy. Je pourrais réduire ton corps en miette, et je t'assure que personne ne le retrouverait jamais.
Draco serre les poings. Ses jointures palissent sous l'effet de la colère. Il est allé trop loin et il le sait.
- Je suis seulement venu ici pour des réponses, finit-il par dire avec neutralité. Si ce n'est pas possible, j'irai les trouver ailleurs.
Karswick éclate d'un rire cruel.
- Alors reviens quand tu seras prêt à payer un vrai prix. Mais ne tente jamais de me rouler, ou tu finiras comme eux, annonce-t-il hilare en désignant les trois mannequins de l'entrée.
- Est-ce que quelqu'un est là ? demande Blaise en refermant la porte du Bazar. Pas de réponse.
Il réitère la question un peu plus loin, slalomant entre les bacs de fleurs fraîchement arrivés mais pas encore rangés. Il manque faire tomber un pot quand une petite voix lui répond depuis le fond de la boutique.
- Bonjour ! Désolée mais il n'y a que moi, Hermione est encore à La Serre, elle devrait arriver dans quelques minutes.
Carmine émerge parmi les plantes aux couleurs colorées, tenant dans ses mains un énorme sécateur bleu vif.
- Ça tombe bien, c'est toi que je voulais voir. J'espère que ce n'est pas contre moi, lance Blaise en désignant le sécateur.
- Oh, non, bien sûr que non, balbutie-t-elle. Elle baisse les yeux vers l'outil et s'empresse de le fourrer dans la poche de son tablier pour le faire disparaitre.
Blaise lève les mains dans un geste apaisant.
- Je plaisantais. Relax. Est-ce qu'on peut discuter un moment ?
Elle détourne les yeux et semble hésiter un instant.
- Je... je ne suis pas sûre de pouvoir t'aider, mais... allons nous installer sur la mezzanine. Ce sera plus confortable.
Un petit sourire nerveux s'affiche sur ses lèvres alors qu'elle le conduit à l'étage.
Soufflant sur sa tasse de café, Blaise sourit en voyant la jeune femme se tortiller en face de lui, visiblement peu à l'aise.
- Je voulais juste te poser une question.
- Une question ? De quel genre ? demande-t-elle en mordillant sa lèvre inférieure.
- Ne t'inquiète pas, rien de dramatique. Je me demandais juste...pourquoi est-ce que tu ne leur dis pas ?
Le visage de Carmine devient livide et la panique gagne son regard.
- Je... je ne vois pas de quoi tu parles, rétorque-t-elle. Le rouge qui afflue sur ses joues la trahit déjà.
- Moi, je crois bien que si, murmure t-il en se penchant vers elle.
Le sourire énigmatique qu'il affiche trouble la jeune fille. Comment saurait-il ? Elle n'en avait jamais parlé à personne.
Conscient qu'elle n'en dirait pas plus, Blaise poursuit.
- Je n'en étais pas certain au début. Alors je t'ai bien observée l'autre soir. Tu n'es pas une sans pouvoir.
- Qu'est ce qui te fait dire ça ? demande-t-elle sur la défensive.
- Mon Talent. Disons que c'est une sorte de pouvoir héréditaire. Celui de ma famille permet de détecter le potentiel magique des gens. Et il ne me trompe jamais.
Le cœur de Carmine tambourine soudain avec force dans sa poitrine. Elle voudrait fuir, se cacher, mais quelque chose la retient tant et si bien qu'elle se sent incapable de bouger.
- Carmine, tout va bien, je ne voulais pas te mettre dans cet état.
Elle sent le contact de la main chaude de Blaise se poser sur la sienne encore tremblante. Doucement, sa bouche s'ouvre pour laisser échapper quelques mots confus.
- Je... Ça ne fonctionne pas. J'ai essayé...
Sa respiration est saccadée alors elle inspire lentement pour tenter de chasser l'angoisse qui comprime ses poumons.
- Si je ne leur ait rien dit, c'est parce que ça ne peut pas marcher. Je ne veux pas être une déception à nouveau.
De ses doigts pâles, elle plie méticuleusement la serviette en papier posée devant elle tout en évitant le regard de Blaise. Ce dernier abandonne son habituelle nonchalance pour arborer un ton plus sérieux et sincère.
- Écoute, je ne vais pas te mentir. C'est vrai, tu n'as pas beaucoup de puissance magique, c'est comme ça. Mais je peux t'assurer que tu en as assez assez pour acquérir certaines bases. C'est simplement que tu l'as réfrénée toute ta vie, jusqu'à la rendre inexistante. Je peux t'apprendre, ajoute-t-il.
Sa voix est chaude et rassurante. Carmine lève timidement les yeux vers lui.
- C'est d'accord.
- Promets-moi seulement une chose. Si on arrive à te faire maîtriser un sort de base, tu en parleras à Hermione et Neville. Je suis certain qu'ils te soutiendront. Tu le sais autant que moi.
Elle hoche la tête mais avant qu'elle ne puisse répondre, un juron proféré depuis le rez-de-chaussée capte l'attention de Blaise, qui réagit au quart de tour. Il se lève brusquement pour regarder par-dessus la rambarde de la mezzanine et aperçoit Draco traverser le hall d'un pas énervé.
- Qu'est ce qu'il a encore fait...
Carmine capte l'inquiétude qui perce dans son regard.
- Hm, en parlant de petits secrets, tu ne lui confies pas tout non plus, n'est-ce pas ? lance-t-elle avec une audace cavalière
Blaise tourne lentement la tête vers elle.
- Certaines choses doivent rester comme elles sont, et ça me va très bien comme ça, répond-il d'un ton placide.
Les deux dévalent ensuite les escaliers quatre à quatre. Les râles semblent provenir du fond de l'atelier où ils découvrent Draco assis sur un tabouret, Hermione penchée au-dessus de lui.
- C'est bon, j'ai déjà mis de l'essence de dictame dessus, grogne-t-il en essayant de dégager sa joue blessée.
- Périmée depuis combien de temps ? souffle Hermione en maintenant son visage entre ses doigts. Ça suinte et ce n'est pas joli à voir. Si tu veux mon avis, c'est empoisonné.
- Foutu Gobelin...
Il continue de gromeller en fixant le sol alors qu'il repasse les images de leur rencontre dans sa tête.
- Je te laisse seul deux minutes et voilà où ça nous mène, se moque Blaise en s'appuyant contre l'encadrement de la porte.
- Fiche moi la paix Zabini...
Draco siffle entre ses dents alors que Hermione tartine sa blessure de baume de Mandragore.
- Malefoy, arrête de bouger ou bien je te fais avaler une potion de purification du sang, prévient-elle.
- Tu n'oserais pas.
- Essaie pour voir, et tu te retrouveras à vomir partout pendant les deux prochaines heures.
Blaise ricane, s'attirant au passage le regard noir de Draco, qui lutte pour se tenir tranquille.
- C'est terminé. Hermione ouvre alors une main tendue devant Draco.
- Le pendentif s'il te plait, précise-t-elle. Il le détache de son cou et le dépose dans creux de sa paume.
- Je reviens dans deux minutes. Et ne filez pas, j'aimerai comprendre ce qui s'est passé.
Lorsqu'elle les rejoint, les deux hommes attendent sagement, presque comme des enfants punis.
Draco est toujours assis sur le tabouret. Ses épaules se sont légèrement affaissées mais il semble préoccupé. Il rattache le bijoux qu'elle lui tend et l'effet est immédiat. Pas de nausée ou de maux de tête cette fois-ci mais une douce chaleur sereine qui se propage en lui. Ce n'est pas suffisant pour dissiper complètement la tension qui palpite dans ses veines, mais il se sent plus en phase avec les effets du charme.
- Bien. Je suppose qu'il est temps que quelqu'un m'explique, lance Hermione, croisant les bras, son regard alternant entre Zabini et Malefoy.
Pattenrond, peu affecté par les révélations qui se jouent devant lui, profite du moment de flottement pour monter sur les genoux de Draco et entreprend de se toiletter. Le sorcier soupire et décide d'ignorer l'animal ainsi que les poils qu'il collent avec application sur son pantalon.
- Je suis allé voir Karswick comme tu le savais, et j'ai... merdé.
- Par là, il entend qu'il a manqué de se faire empailler, raille Blaise.
Hermione le fusille du regard, peu encline aux plaisanteries.
- Je vois ça oui. Son regard se fixe sur la coupure encore visible sur la joue de Draco et son visage se farde d'une inquiétude sincère. Et donc, qu'est-ce que...
Sans prévenir, la porte de la boutique s'ouvre à la volée, laissant apparaitre Neville, les bras chargés d'une énorme caisse.
- Hermione, regarde ce qu'on a trouvé ! Elles fonctionnent avec Les Terres de l'Oubli, s'exclame-t-il en désignant une figurine d'une bonne dizaine de centimètres représentant une créature magique au visage quelque peu effrayant. C'est parfait pour ce soir !
Derrière lui apparait Harry, les cheveux en bataille, tenant ce qui semble être un tapis de jeu roulé sur lui-même.
- Harry ! La jeune femme s'illumine en s'approchant de lui.
Ce dernier ouvre les bras pour l'étreindre dans une embrassade chaleureuse.
- Ça fait longtemps. C'est bon de te voir, dit-il en lui adressant un franc sourire. On a fait des bonnes affaires à la brocante magique des quais, ajoute-t-il en voyant Hermione poser un air interrogateur sur Neville et son bric-à-brac lorsqu'il passe à côté d'elle.
- Une aubaine, l'entend-elle lancer derrière eux.
- Je suis contente que tu puisses venir ce soir. Ginny et James vont bien ?
- Oui, ils sont partis passer quelques jours chez les grands-parents. Par contre... il faut que je te dise, reprend-il sur un ton plus sérieux. Ron ne viendra pas ce soir. Emy est souffrante, il préfère rester à ses côtés...
Attentif, il scrute le visage d'Hermione, essayant de décrypter l'effet que la nouvelle pourrait avoir sur elle. Mais elle ne réagit pas, ses yeux n'affichant qu'une profondeur insondable et impénétrable, couvrant les traces d'une ancienne douleur.
- C'est mieux comme ça je suppose, tranche-t-elle avant d'afficher à nouveau un sourire radieux. Entre donc. Par contre, tu risques d'être...surpris.
Ils pénètrent un peu plus à l'intérieur et le regard de Harry accroche immédiatement celui de Draco, toujours assis près du comptoir, Pattenrond paresseusement couché sur les genoux.
Il cligne des paupières, accusant un léger mouvement de recul. Effectivement, il n'aurait pas été moins surpris s'il avait découvert un troupeau de chèvres cosmiques au milieu de la boutique.
- Malefoy et Zabini. Quelle...surprise. Son ton est méfiant et il braque de grands yeux interrogateurs vers Hermione.
- Potter, répond simplement Draco, la voix dénuée d'émotion.
Un silence s'installe, jusqu'à ce que Neville le brise en déposant sa caisse sur le sol dans un bruit sourd.
Il jauge longuement Blaise et Draco, comme s'il pesait les conséquences de ses mots, puis jette un coup d'œil rapide aux filles avant de déclarer :
- Il nous manque deux joueurs ce soir. Vous souhaitez vous joindre à nous ?
Blaise se tourne immédiatement vers son comparse.
- Qu'en dis-tu, Draco ? Ça se tente, non ?
Draco incline la tête avant de planter un regard assassin dans le sien. Blaise n'en démord pas et ignore l'avertissement silencieux.
- On est partants, poursuit-il avec désinvolture en faisant un petit geste de la main à Néville. Ca sera l'occasion de faire un peu plus connaissance.
- Superbe. Dans ce cas, rendez-vous ici à 18h ce soir. Harry et moi avons prévu d'observer des slurpins cet après-midi, le temps est exceptionnel, ajoute-t-il tandis qu'il farfouille dans les tiroirs du comptoir pour y chercher une boîte de Larme de vénus séchées.
Victorieux, il s'approche d'Hermione et lui dépose un baiser sur le sommet de la tête.
- Bonne chance avec tu-sais-qui, lance-t-elle alors qu'il disparait avec Harry dans l'arrière-boutique pour transplaner.
- Je sens qu'il te tarde déjà d'y être, se moque-t-elle ensuite gentiment à l'adresse de Draco.
- Tu n'imagines même pas. Et dire que tout ça n'aurait jamais pu avoir lieu sans l'altruisme infini de Blaise, ironise-t-il.
- Ne me remercie pas, c'est tout naturel, répond son ami. Par contre, il est à peine 14h et il se trouve que Carmine et moi avions...quelque chose à faire.
Hermione plisse les yeux sur lui, méfiante comme une louve protégeant ses petits.
- Ah oui ? Et qu'est-ce que vous avez prévu ?
- Une petite course sur le Chemin de Traverse, répond Carmine d'un ton innocent mais qui ne dupe personne.
- Hm, je vois. Dans ce cas, qui va m'aider à faire la tarte au citron ?
Un silence suit sa question et leurs deux paires d'yeux se tournent simultanément vers Draco.
- Bien, tu as Pattenrond sur les genoux. Tu ne pouvais de toute manière pas quitter la boutique avant qu'il ne se lève, lance Hermione.
Draco glisse un regard vers le félin endormi, puis revient sur la sorcière.
- Sérieusement, Granger ?
- Absolument. Juste toi et moi en cuisine, pas d'échappatoire, tu vas devoir tout me raconter.
