Nothing is permanent in this wicked world – not even our troubles.

Charlie Chaplin


Taiga se sent flotter, un peu comme si seul un fil ténu le reliait à son corps. Il dérive dans un espace-temps où les sons lui parviennent déformés, parfois amplifiés, parfois assourdis. Des phrases traversent le vide dans un grésillement désagréable et semblent s'échouer dans du coton avant de disparaître. Les sons s'enchaînent, et il sait que ce sont des mots, mais il est incapable d'en saisir le sens. Il entrevoit des ombres bouger à la périphérie de ses paupières. Il a vaguement conscience que des gens l'entourent et passent... un courant d'air perpétuel le fait frissonner, et des douleurs et tensions diverses contribuent à l'empêcher de dériver comme un pur esprit.

Peu à peu, ses perceptions se clarifient, et il rouvre les yeux, émergeant de son mauvais sommeil. Ce n'est même pas du sommeil, c'est plutôt comme s'il avait perdu conscience. Après une nuit banche, cet aéroport ressemble à un territoire entre la vie où la mort où errent les âmes en peine. Et il est coincé dans ce purgatoire pour encore... Les cinq prochaines heures. Trois ont déjà passé péniblement.

Il déplie sa carcasse pour se diriger vers la machine à café la plus proche, et soudain ça le frappe: aujourd'hui, il rentre chez lui!

Certes, il en a encore pour une vingtaine d'heures, mais il rentre chez lui, et c'est tout ce qui importe.

Voici deux mois qu'il est parti dans un pays inconnu pour y effectuer son stage de fin d'études. Deux mois sur le papier, mais en pratique, c'était une éternité. Comme dans ce fichu aéroport, son séjour semblait ne jamais devoir cesser de s'étirer en longueur. L'envie et même le besoin de rentrer étaient si forts qu'ils remplissaient tout son espace mental, d'autant qu'il n'est pas parvenu à trouver ses repères dans ce pays dont il ne parle pas la langue et où tout lui paraît étrange et incompréhensible. Tout son séjour a été à l'image de cette parenthèse à l'aéroport, où il attend, perdu et désorienté au milieu de visages inconnus, autant de vies qui lui échappent et passent et disparaissent devant lui dans un ballet étourdissant.

Il a toujours eu du mal à se sentir chez lui où que ce soit, flottant au gré des aléas de la vie ici et là, sans trouver de racines, sans aucun endroit qu'il puisse qualifier en toute sincérité de «foyer».

Mais aujourd'hui, alors qu'il pianote sur la machine à café, puis assiste d'un œil vide à la préparation de son breuvage, il réalise qu'il en a un.

À des milliers de kilomètres de là, avec Daiki.


Daiki a l'impression d'être de retour en enfance, la veille de son anniversaire. Incapable de trouver le sommeil en pensant à tous ses cadeaux qui l'attendent, sans doute déjà emballés. Ou alors, et de manière moins amusante, d'être sur le point de passer un entretien d'embauche. Car à la joie succède rapidement la nervosité, et ses émotions vacillent comme une flamme dans un courant d'air, instables, fragiles, tandis que la pression monte à l'intérieur de sa poitrine.

Énervé et joyeux à la fois, il rejette les couvertures en poussant un soupir bruyant. Taiga ne sera pas là avant la fin de la journée, et il n'est que deux heures du matin. Que va-t-il donc faire de tout ce temps? C'est comme une antichambre totalement vide où on l'a enfermé sans avoir rien à faire.

Il se frotte le visage et tâche de réfléchir. Il y a bien des choses qu'il peut faire. Mais voyons, quoi donc... Ah! Le ménage. C'était sur sa liste. Acheter à manger. Et... Où elle est déjà, cette liste?

Il attrape son ordinateur portable au pied du lit et l'allume, grimaçant comme un vampire quand la lumière bleutée lui saute au visage.

Passer chez Atsushi prendre à manger

Demander à Ryo comment m'habiller

Faire le ménage (et la vaisselle!)

Faire tourner une machine

Demander à Satsu de m'aider à trouver un cadeau

Sortir les poubelles

«Ça fait beaucoup pour une seule journée...» marmonne-t-il.

Il aurait dû s'y mettre avant, évidemment. Mais il a passé la journée à tourner en rond et à brasser de l'air.

Pourquoi est-ce qu'il est aussi nerveux? On dirait que c'est son premier rendez-vous. Et encore, il n'a jamais été aussi nerveux pour un rendez-vous jusqu'à maintenant... Taiga et lui sont ensemble depuis plusieurs années. Et pourtant, dès qu'ils sont séparés ne serait-ce que quelques jours, la fébrilité des débuts revient. Alors deux mois! C'est comme s'ils recommençaient leur relation depuis le début!

Il enfile un jogging et un t-shirt et déambule dans la petite maison. Par quoi commencer? Ce tas de vêtements esseulés, là? Ou par l'empilement précaire d'assiettes et de casseroles sur le plan de travail? Ou encore les sacs poubelle qui attendent dans le vestibule?

Il soupire.

Quand Taiga n'est pas là, il perd la notion du temps. Et puis, il décroche un peu de la réalité, et il oublie les choses simples. Parfois, c'est reposant, mais à terme, il finit par avoir l'impression de devenir un spectre, juste une ombre flottant à la surface des choses. Taiga l'ancre dans le réel, dans son corps, dans la dimension sensuelle et joyeuse de la vie.

Il s'est toujours vu comme un gars solitaire, et il l'est toujours même en partageant sa vie. Mais ça ne signifie pas que Taiga ne lui a pas manqué. C'est même tout le contraire. À certains moments, ça lui faisait physiquement mal, comme si on tirait trop fort sur un fil attaché à ses entrailles. Et maintenant que les retrouvailles approchent, son cœur s'emballe et ses pensées se bousculent.

Il pousse un grognement frustré et se dirige vers la tâche la plus proche.

Il commencera donc par la lessive.


Les avions se déplacent sur le tarmac comme de gros oiseaux patauds. Eux aussi semblent englués dans cette attente interminable, errant entre deux mondes, aspirant à rejoindre le ciel tandis que la tour de contrôle les retient, organisant leur départ un par un. Et ils patientent, mélancoliques, sous le ciel qui semble peser des tonnes. Les nuages d'un gris sombre et métallique créent une atmosphère crépusculaire qui ajoute à la désorientation de Taiga. Il pourrait être n'importe quelle heure du jour, tout semble suspendu.

De retour sur son siège en plastique inconfortable, il renverse la tête en arrière, laissant échapper un soupir. Il reste quelques instants dans cette position, puis décide de se lever de nouveau. Trouver un passe-temps, n'importe lequel.

Il passe devant la salle de prières... Non. Le bocal pour les fumeurs?... Non plus. Le lounge pour les riches? Ce n'est pas comme s'il avait un abonnement.

Il vagabonde jusqu'aux boutiques qui s'étalent dans leur parodie de luxe, incapables de cacher la tristesse des néons et le vide inhérent aux espaces transitoires. Tout est éphémère ici, comme si rien n'avait vraiment de consistance. Et dans sa fatigue profonde, même le personnel en uniforme lui semble issu d'un rêve fiévreux.

Il finit par rentrer dans une boutique offrant livres, magazines et victuailles pêle-mêle. Il attrape une barre chocolatée, un magazine quelconque, et une boisson sucrée. Avec son butin, il retourne dans l'immense salle d'attente. Il donnerait n'importe quoi à cet instant pour un bon fauteuil. Glacé, il remonte la fermeture éclair de son sweat, et déchire l'emballage de son en-cas avant de le grignoter d'un air morne tout en feuilletant son magazine.

Incapable de fixer son attention sur les images et encore moins sur les mots, ses pensées se mettent de nouveau à dériver.

Il se rappelle le jour de son départ, aussi désastreux et chaotique que celui qu'il est en train de vivre. Il se souvient de la façon dont sa gorge s'est nouée douloureusement à l'aéroport, soudain inquiet de devoir laisser Daiki, et celui-ci paraissant tout aussi alarmé de le voir sur le point de s'en aller. Ils avaient fait bonne figure... mais une part de lui avait au moins envisagé la possibilité de tout abandonner et de rentrer à la maison en pleurant.

Et ces deux mois n'ont pas été faciles, mais au moins, il est allé jusqu'au bout. Il a obtenu le droit de rentrer. Il peut laisser tout ça derrière lui et aller retrouver Daiki. Tandis qu'il se concentre sur cette idée, son mal-être reflue un peu et il arrive à accepter l'idée de patienter encore quelques heures.

Il est cinq heures du matin et la maison est nickel. Du moins, il le croit, mais avec la lumière réduite et ses facultés mentales égales à celles d'un zombie en phase avancée de décomposition, il existe tout de même une marge d'erreur.

Il est encore trop tôt pour appeler ses amis et finir le reste de sa liste, alors il se laisse tomber dans le canapé avec un café, réfléchissant à l'opportunité ou non de retourner se coucher. Mais son esprit est trop agité et il n'a pas envie de passer des heures à se tourner et se retourner. En désespoir de cause, il allume la télévision et sirote son café en fixant l'écran d'un œil vide. Ce qui s'y déroule lui paraît confus, comme s'il regardait un film expérimental dans une langue étrangère. Il finit par se retrouve engourdi, si bien qu'il pique parfois du nez sans s'en rendre compte, mais par miracle, son mug reste debout dans sa main.

Au bout d'un moment, l'aube approche des fenêtres, colorant le salon d'un gris bleu fatigué. Il imagine que sa tête doit avoir à peu près la même couleur. Il s'étire et n'y tenant plus, il envoie un message à Satsuki. Après tout, elle a l'habitude de se lever tôt. À son grand soulagement, la réponse ne se fait pas attendre et sa meilleure amie l'invite à passer boire un café.

C'est seulement en ouvrant la porte qu'il réalise qu'il a neigé toute la nuit. Le froid blanc, mordant, l'agresse aussitôt, et si ça a le mérite de lui éclaircir l'esprit, il n'en retourne pas moins en vitesse à l'intérieur pour prendre un manteau chaud et des gants. Marmonnant tandis qu'il s'embrouille avec ses clés, puis en traversant le mètre de neige qui crisse sous ses baskets, il arrive enfin sur le trottoir qui lui a été déneigé. Il marche aussi vite qu'il peut sans risquer de tomber, et soudain, une nouvelle inquiétude surgit: et si toute cette neige retardait l'avion de Taiga? Ou paralysait les transports? Inconsciemment, il accélère le pas, et tandis qu'il pose le pied sur un passage piéton, il sent le monde s'inverser et la gravité lui rappeler son existence.

« Merde! » s'exclame-t-il dès qu'il arrive à reprendre son souffle après la rencontre brutale entre son dos et le bitume. Il se relève en laissant échapper d'autres injures, c'est qu'il s'est fait mal en plus! Il grimace et reprend sa route plus prudemment. Heureusement, Satsuki n'habite pas loin.

« Qu'est-ce qui t'arrive? » est la première phrase que prononce cette petite peste.

« Comment ça, qu'est-ce qui m'arrive ?! aboie-t-il en retour.

— T'as de la neige partout et on dirait que t'as vu le diable ! »

Il croise les bras sur sa poitrine et la toise.

« Et si c'était le cas, tu me laisserais comme ça dans le froid au lieu de me faire rentrer ?

—Roh, ça va, ça va ! » marmonne-t-elle en s'écartant du passage.

Il est soulagé de retrouver la chaleur familière de la maison de Satsuki. Il y est un peu comme chez lui aussi, il aime la façon dont elle a rendu l'endroit aussi confortable que réconfortant. Les pièces y sont de taille réduite, mais bien agencées, avec des tapis moelleux, des rideaux qui laissent filtrer la lumière, et de petites lampes d'appoint réparties ici et là. Ils s'installent autour de la table basse dans le salon et la jeune femme dépose une tasse de café fumante devant lui. Il lui raconte alors sa nuit blanche, jusqu'à sa chute il y a quelques instants.

« Dai-chan, il ne faut pas te mettre dans tous tes états ! s'offusque-t-elle. C'est censé être un jour heureux !

— Mais qu'est-ce que j'y peux, moi?! Et pour la neige, t'as vu les infos ?

— Il neige tous les hivers, ça paralyse pas le pays pour autant. Tout ira bien. »

Il grogne, peu convaincu. Il n'avait pas besoin de ce paramètre supplémentaire d'incertitude.

« Et du coup, pour le cadeau... C'est dingue, ça fait plusieurs années qu'on est ensemble, mais j'ai toujours pas d'idées... »

Sa meilleure amie sourit avec indulgence.

« C'est parce qu'il ne demande pas grand-chose.

— Ouais, c'est vrai, c'est comme s'il avait jamais besoin de rien de plus que ce qu'il a déjà!

— C'est plutôt une qualité, juge Satsuki.

— Peut-être, mais moi ça m'aide pas!»

Satsuki fronce un peu le nez, comme elle le fait toujours tandis qu'elle réfléchit.

« J'aurais suggéré un cadeau maison, reprend-elle, mais c'est vrai que tu sais pas faire grand-chose...

— Hé ! C'est pas sympa ! »

Mais vrai aussi, c'est pourquoi son amie ne relève même pas ses protestations. Finalement, elle s'illumine:

« Je pense que le cadeau, ça devrait être toi !

— Hein ?! Comment ça, 'moi' ?! Tu veux que je m'emballe dans du papier cadeau ?

— Quelque chose du genre, oui », acquiesce-t-elle d'un air malicieux qui ne lui dit rien qui vaille.


C'est enfin le moment d'embarquer. Taiga se dirige avec les autres passagers vers le guichet, avec la sensation d'être sur le point de verser son droit de passage au nocher des morts. Il est si fatigué, ça commence à créer une légère paranoïa. Il ne cesse de voir bouger des ombres du coin de l'œil, de sursauter au moindre bruit. Il veut juste s'allonger. Et pourtant, il sait que ce sera difficile de s'endormir dans l'avion... Il a du mal à se rappeler qu'il sera «bientôt» rentré chez lui. Mais il tâche de se raccrocher à cette idée tandis qu'il présente son billet, puis s'engouffre dans le tunnel amovible afin de rejoindre son avion.

Il se détend imperceptiblement une fois qu'il est assis dans son siège. Maintenant, il ne reste plus qu'à attendre d'être arrivé. Il étend ses jambes comme il peut et se met un peu de musique, ignorant le ballet des passagers qui rangent leurs bagages et s'installent pendant ce qui lui semble un temps infini. Et ensuite, il faut encore que l'appareil déambule dans le labyrinthe des pistes à une allure d'escargot. Le nez planté devant le hublot, morose, il regarde l'asphalte défiler sous la grande aile blanche.

Enfin, ils arrivent sur la piste de décollage, et un frisson d'excitation l'arrache à sa morosité tandis que les réacteurs sont poussés à pleine puissance. Après tout ce temps passé immobile ou presque, la sensation de vitesse est euphorisante. L'avion se cabre et un instant plus tard, ils sont dans les airs, et en quelques secondes, ce pays qu'il a habité pendant deux mois se transforme en un souvenir, toujours plus flou alors que les bâtiments se réduisent à des miniatures, irréelles comme des jouets d'enfant éparpillés sur le sol. Bientôt, même ce paysage disparaît, avalé par le brouillard gris des nuages bas. Ils errent dans ce lieu transitoire encore un moment, puis l'avion perce la surface de cette mer céleste, et les voici flottant dans un azur pur, le soleil traçant les contours de formes fantastiques dans la couverture nuageuse. Taiga inspire profondément, sa poitrine libérée d'un poids. C'est fait. Plus rien ne pourra le retenir. Il est bel et bien sur la route du retour.


« Euh... Vous êtes sûrs, là ?! »

Daiki espère que son teint mat cache les rougeurs qu'il a aux joues. Et puis, pourquoi est-ce qu'il faut que Ryota soit là?! Certes, il voulait ses conseils pour sa tenue du soir mais pas pour... ses sous-vêtements! Le blond examine la lingerie d'un œil avisé, sans se préoccuper de lui, et Satsuki a l'air tout aussi absorbée.

« Hé ! Je vous parle ! »

Les deux autres se tournent vers lui d'un air interrogateur.

« Oh, nous on est juste là pour t'orienter, le rassure Ryota. Ce que tu choisis et ce que tu fais avec ne nous regarde pas, clame ensuite le blond en le gratifiant d'un clin d'œil.

— Mais je... Pourquoi ?! C'est pas un peu...

— Too much ? Excentrique ? » complète Ryota. Il hausse les épaules. « Ça ne l'est pas pour les femmes, si?

— Oh y a certains trucs, si, clairement », répond Satsuki en fronçant les sourcils devant un ensemble bariolé avec des fanfreluches.

Daiki secoue la tête, embarrassé et ne comprenant pas dans quoi il s'est embarqué. Si ça se trouve, il s'est endormi et est en train de rêver.

«F ais pas cette tête, Minecchi, dit Ryota en abattant une main amicale sur son épaule. Réfléchis deux secondes: si ce genre de trucs est réservé aux femmes, c'est pour quelle raison ?

— Euh...

— Des codes sociaux, complète Satuski. Des codes qui déterminent ce qui appartient à la féminité et ce qui appartient à la masculinité.

— Mais les codes, ça définit pas les goûts... Ni même la réalité, conclut Ryota.

— Euh... » répète bêtement Daiki, dépassé par cette conversation.

Le blond soupire devant sa bêtise et se tourne vers lui, poings sur les hanches.

« Minecchi, t'aimes pas les codes, pas vrai ? Respecter des horaires, te tenir tranquille, obéir à des règlements...

— Nan ! J'aime pas ça du tout ! répond Daiki, de nouveau dans sa zone de confort.

— Et pourquoi ça ?

— Parce que c'est chiant et débile !

— Bah voilà, là c'est pareil.»

Daiki a un peu l'impression de se faire expliquer la vie comme s'il était un enfant, mais il doit reconnaître que son ami ne débite pas que des idioties. Il se tourne vers Satsuki pour savoir si elle est du même avis.

« Il a raison, Dai-chan. Essaie de t'imaginer avec ça... Peut-être que ça te plairait ! » dit-elle en lui tendant un porte-jarretelle.

Il est trop fatigué pour protester devant le front uni de ses deux amis et se prête donc à l'exercice. Fronçant les sourcils dans la concentration, il en déduit que ça devrait mettre son corps en valeur.

« Eh ben... Peut-être. Mais Taiga ?!

— Tu rigoles ?! Il va en tomber à la renverse ! » déclare Ryota avec une assurance troublante.

De nouveau, Daiki cherche l'assentiment de sa meilleure amie.

« Je pense aussi. Et même si c'est pas le cas, il sera vraiment impressionné que tu aies fait ça pour lui. »

Impressionner Taiga... Là, ça l'intéresse ! Ce n'est pas si facile d'impressionner quelqu'un qui vous connaît aussi bien, et il aime voir l'admiration dans les yeux de son homme. Sa poitrine se gonfle d'une détermination nouvelle.

« Ok, c'est bon je gère. Attendez-moi dehors. »

Ryota et Satsuki échangent un regard complice, puis quittent les lieux pour le laisser faire son choix.