Hello à toutes ! Comme d'habitude, merci aux fidèles lectrices pour leurs reviews : Gwen who et Kaname !

Divorcera, divorcera pas ? Vous le saurez dans ce chapitre !

Bonne lecture !


Chapitre 15

Forks, 17 avril 2020

POV Dr. Williams

Je soupire en refermant mes notes. L'inconvénient d'être un professionnel de la santé mentale, c'est qu'on ne peut pas toujours agir et dire les choses comme on le souhaiterait.

C'est actuellement mon cas. Sur le papier, le dosser de Madame et Monsieur Cullen est un cas d'école. Un couple rencontrant des difficultés à concevoir. Dans la réalité… Leur cas de figure est bien plus complexe.

Si je n'étais pas psychologue spécialisé dans les relations de couple depuis plus de vingt ans, j'en prendrais un pour taper sur l'autre, car en vingt ans, j'ai eu l'occasion de voir défiler des couples dans mon cabinet, mais un couple amoureux comme celui-ci, jamais.

Mais mon professionnalisme fait que je dois me contenter de les écouter et les faire chacun se questionner sur leurs schémas, pour désamorcer leurs problématiques.

Monsieur Cullen a fait pas mal de chemin depuis notre première entrevue. Sa femme, elle, a déjà fourni beaucoup de travail, mais son parcours thérapeutique est encore long. Ils tenaient chacun le bon bout, c'est du moins ce que je pensais, jusqu'à recevoir le téléphone paniqué d'Edward en début de semaine.

Il m'a déjà expliqué leur dispute dans les grandes lignes et j'avoue avoir été plus que surpris par le comportement d'Isabella. Cette femme vit un flot d'émotions si fort qu'elle n'a tout simplement pas pu gérer la tempête émotionnelle qui s'est abattue sur elle dimanche. Comme dirait mon fils informaticien, elle a fait une erreur 404, et la fuite a été son mécanisme de défense. Fréquent, mais c'est suite à ce genre de cas qu'on observe des ruptures dans les couples. La confiance n'est plus et c'est souvent le début de la fin.

Voilà comment je me retrouve à les recevoir tous les deux dans mon cabinet en cette veille de week-end. Je réserve toujours mon vendredi après-midi pour les urgences et aujourd'hui, je pense qu'on peut parler carrément d'urgence vitale pour ce jeune couple.

Edward, lui, a plus besoin d'une oreille attentive que d'une véritable psychanalyse, même si, je le sais d'avance, la semaine écoulée a inévitablement engendré un traumatisme chez lui qui, aux vues de la situation au long cours de leurs maux, mettra du temps à guérir.

Isabella, elle, est dans une situation très complexe. Plusieurs problématiques se mêlent rendant le tout explosif: choc émotionnel, gestion et acceptation de la maladie, manque cruel de confiance en elle, victimisation, gestion des émotions, début de dépression… C'est une bombe à retardement à elle seule, mais ce n'est pas un cas désespéré, loin de là. Nous avons déjà fait du bon travail, et comme dans toutes thérapies, les rechutes sont monnaies courantes. Ce genre de situation est typiquement ce que je peux qualifier de rechute. Violente rechute, mais rechute quand même.

Avant de recevoir le couple, enfin, si Madame a accepté l'invitation de son mari, je prends le temps de passer un coup de fil à mon confrère Jasper. C'est lui qui m'a adressé le couple et pour cette séance, je vais avoir besoin de son aide. Comme à son habitude, il décroche rapidement.

-Whitlock.

-Bonjour Jasper, comment vas-tu, je lui demande cordialement.

-Bonjour Dr. Williams, très bien, et vous. Que me vaut le plaisir de votre appel?

-Ça va bien, merci. Je t'appelle pour mon couple de patient Cullen, tu sais, ceux que tu m'as adressé. J'aurais un service à te demander.

-Je vous écoute.

-Est-ce que tu es disponible ce soir?

-Je n'avais rien de prévu.

-Parfait! Alors réserve une session à Seattle pour eux deux à dix-neuf heures ce soir et supervise la séance, tu veux bien. Tu me feras un compte rendu en début de semaine prochaine.

-A vos ordre Dr. Williams, c'est comme si c'était fait.

-Merci mon grand. Je dois te laisser, ils ne devraient plus tarder.

-Avec plaisir, Robert. Je vous rappelle en début de semaine pour le débrief.

-Au revoir, Jasper!

Au moment où je raccroche, la sonnette du cabinet retentit. Il est temps d'enfiler ma cape de super psy sauveur de couples pour la dernière fois de la semaine avant un week-end bien mérité.

POV Jasper

Je sirote ma bière accoudé au comptoir en attendant mes patients de la soirée. Le Dr. Williams a été un de mes professeurs pendant mon cursus et mon superviseur durant ma formation postgrade. Depuis, j'ai gardé des liens professionnels étroits avec lui et parfois, il me lance un coup de fil pour lui donner un coup de main, comme c'est le cas ce soir. Robert se dit trop vieux pour cela, alors je prends le relai pour ce type d'activité.

Je jette un coup d'œil à ma montre, ils ne devraient plus tarder. J'ai reçu plus tôt un message de Robert m'informant qu'ils étaient tous les deux présents à la séance. Je termine ma boisson quand la porte battante de l'établissement s'ouvre sur Edward et Bella. Il a le visage tiré et elle les yeux rougis et gonflés par les larmes. Pas de doute, cette seconde partie de séance pour le moins originale leur fera du bien, j'en suis persuadé.

Je les salue brièvement avant de leur demander de me suivre. Je suis un habitué ici et je n'ai donc pas besoin d'être accompagné par un membre du personnel, ce qui m'arrange bien pour le secret professionnel.

Je les emmène dans un vestiaire, pour qu'ils déposent leurs effets personnels et où je leur tends à chacun une combinaison intégrale de protection en plastique, ainsi qu'une coque de protection pour le thorax, des gants et un casque muni de lunettes.

Ils me regardent chacun avec des yeux de merlan frit. Je leur demande de ne pas réfléchir et enfiler tout ça, alors que je les imite. Je n'ai pas envie de perdre un œil ce soir. Une fois tout le monde équipé, je les emmène avec moi dans la seconde pièce où la séance va avoir lieu.

J'adore observer leur mine déconfite. Ça fait toujours cet effet lorsque quelqu'un rentre pour la première fois dans une rage room. Je les laisse regarder autour d'eux quelques instants avant de prendre les choses en main pour la session.

-Bienvenue dans la seconde partie de votre thérapie du jour. Ce soir, je ne serai pas Jasper votre beau-frère, mais Jasper le thérapeute qui donne un coup de main à un confrère. Donc tout notre passif familial n'existe pas ce soir et tout cela restera confidentiel aux yeux du reste de la famille. Personne n'est jamais venu ici ce soir. Des questions avant de commencer?

J'étouffe discrètement un rire devant leurs regards perdus. Mon dieu ce qu'ils peuvent être sonnés et tout penauds quand ils s'y mettent ses deux-là. Je mets ma main à couper qu'il en sera tout autrement dans un moment. Je reprends la parole pour leur expliquer le concept.

-Bien. Vous êtes ici dans une rage room. Le concept? Plutôt que de péter un câble, certains courent, d'autres font de la boxe, là ce soir, vous allez péter des trucs. Avant d'y aller, deux trois consignes pour la forme. On ne se tape pas dessus volontairement et involontairement, et ici tout se casse sauf la porte, les murs et les luminaires, des questions?

Encore un peu désarçonné par ce qu'il leur arrive, je n'obtiens pas vraiment de réponse. Je me retiens d'éclater de rire quand je tends une batte de baseball à Bella et qu'Edward s'éloigne subitement d'elle. Je ravale mon sourire et supervise ma belle-sœur de patiente pour son premier objet à détruire pendant qu'Edward observe du coin de la pièce, pas très rassuré par la tournure de la soirée.

-Visualise tout ce qui t'a rendu en colère ses derniers temps. Une fois que c'est fait, concentre toute ta colère sur ce vase, qui reflète tous tes tourments. Et quand tu es prête et que personne ne risque de se ramasser un débris, tu fracasses le vase de toutes tes forces.

Ma patiente de ce soir apprend vite, elle ne tarde pas à exploser le vase désuet en mille morceaux. Edward se déride un peu lui aussi, alors qu'il défonce un vieux téléviseur cathodique à coup de pied de biche.

Je leur tends à chacun une pile d'assiettes et ils prennent vite le rythme, à les exploser au sol ou les balancer contre le mur. Sans s'en rendre compte, ils retissent une relation, en s'aidant à détruire un objet plutôt coriace ou un lance un projectile pour que l'autre le balance contre le mur avec la batte de baseball.

Je m'éclipse un instant pour récupérer les papiers du divorce que je sais de source sûre qu'Edward avait sur lui pour le rendez-vous avec le Dr. Williams. Je retourne dans la pièce et leur brandit le tas de papier. Je le divise en deux tout en gardant une partie pour plus tard.

J'en ai presque la larme à l'œil quand je les vois chacun déchirer le dossier avec entrain. Je crois que Robert et moi pouvons le dire, nous avons fait du bon travail aujourd'hui. Un couple de plus qui ne divorcera pas grâce à nous.

L'heure à disposition touche bientôt à sa fin. Je les invite à me suivre pour se changer et effectuer la dernière étape de la séance, à l'extérieur cette fois.

Sur la terrasse arrière de l'établissement se trouve un grand bidon en tôle servant de réceptacle pour le papier à détruire. Ils comprennent vite le message lorsque je leur tends à chacun un briquet. Ils allument tour à tour, Edward d'abord, le coin du tas de papier que je leur ai fourni, le brûle et le jette dans le bidon. Les dernières pages de la demande de divorce partent en cendres sous leurs yeux.

J'admire la scène de loin, les laissant dans leur bulle. Ils n'ont pas conscience de l'avancée qu'ils ont fait aujourd'hui et c'est émouvant de les voir à nouveau proche physiquement.

En entrant dans l'établissement, un mètre de distance de sécurité les séparait, comme deux étrangers arrivés par hasard en même temps sur le lieu de rendez-vous. Là, chacun observe le petit brasier se consumer, Edward un bras autour des épaules de Bella et elle, sa tête appuyée contre lui.

J'envoie un rapide sms au Dr. Williams, lui indiquant que la mission est accomplie. Je lui ferai le débrief complet en début de semaine prochaine. C'est ici que ma tâche prend fin. Je leur signale discrètement que je m'en vais d'un signe de tête et je les laisse pour la soirée qui leur appartient désormais.

POV Angela

Je m'étire alors que le générique de fin se déroule sur l'écran géant et que les lumières de la salle se rallument. Ben enfile déjà sa veste, prêt à partir.

Le film était sympa, mais bien moins sympa que le milkshake qui nous attend après la séance. Alors que nous nous dirigeons vers la sortie, je prends mon portable et retire le mode avion. Plusieurs notifications me parviennent, dont une qui attire particulièrement mon attention.

-Dis, chéri, tu y tiens vraiment à ton milkshake de chez Shake Shack?

-Ça dépend, tu as une autre idée en tête, me demande Ben, subitement intrigué par le changement de programme.

-Burgers et bières gratuits au Lodge?


Comment avez-vous trouvé ce chapitre ? On se retrouve la semaine prochaine pour la suite !

S.