Hello ! :)

Nous voici pour ce dernier chapitre de Bataille, celle de Poudlard du moins, car nos personnages auront d'autres batailles à livrer... plus émotionnelles et psychologiques. Je crois que les prochains chapitres seront durs, ils ont sûrement été les plus durs à écrire. Donc continuez à prendre soin de vous. 3

CW : Mort d'un (ou plusieurs) personnages. Je vous promets que c'est le dernier chapitre avec cette mention.


CHAPITRE 14 – … Et Mat

We were caught up and lost in all of our vices

In your pose as the dust settles around us

And the walls kept tumbling down

In the city that we love

Grey clouds roll over the hills

Bringing darkness from above

...

Bastille – Pompei

«Marraine est avec Granny et Grandpa maintenant.»

«Tante Do a eu un accident.»

«ELIZABETH LILY POTTER, TU VAS AVEC MAMAN!»

«Papa et Maman sont désolés mes petits cœurs.»

«Abracadabra». Sa maman tomba au sol.

« Non, ma Beth, Papa et Maman ne peuvent plus venir. Je suis désolé.»

«Lyall est parti…»

Erine était totalement immobile, ses grands yeux noirs étaient devenus vitreux et étaient grand ouverts.

«Cedric Diggory est mort.»

«Vous-Savez-Qui est revenu.»


— S'il te plaît, ma Violet. Reste avec moi.

Elle l'entendait. La voix d'Olivier la suppliait de rester. Elle l'entendait. Elle aurait aimé ouvrir les yeux, mais elle restait maintenue ailleurs. Elle ne ressentait que du mal. Tout n'était que perte et tristesse.

L'éclat de verre s'enfonça un peu plus dans sa chair.

Sirius traversa l'arche jusqu'à disparaître.

Lord Voldemort était là.

«Avada Kedavra»

«Tu es la boîte de Pandore ma Violet.»

Olivier ne réagissait pas. Il ne bougeait plus. Pas un seul mouvement. Pas même un tremblement.

«Fol Œil est mort.»

«Leni McMorry a été retrouvée morte.»

«Ils savent qui est Elizabeth.»

«Et si je n'arrive pas à décider qui je souhaite être ?»


— Mais, tu as Erine, tu as Holly, tu as George, tu as Teddy. S'il te plaît, Violet. Tu m'as moi.

Elle l'entendait. La détresse d'Olivier l'appelait. Elle la cognait, si fort, qu'elle voulait hurler. Sans succès. Elle l'entendait, mais elle était incapable de revenir. C'était trop dur.

L'obscurité l'avait vaincue. Tout n'était que mort.

«AVADA KEDAVRA !» La lumière verte jaillit jusqu'à impacter l'abdomen de son père.

Olivier n'eut pas besoin de parler, car elle lut dans ses yeux marron que Tonks aussi n'avait pas survécu à cette nuit.

Elle découvrit leur meilleur ami agenouillé proche d'un corps, un corps identique au sien.

On lui transperçait le cœur.

«Où est Erine?»

Et elle comprit. Harry était un Horcruxe. Il devait mourir et elle aussi.

«On est fichus Violet! FICHUS! Depuis le jour où nous sommes nés, il n'y avait aucun espoir!»

«AVADA KEDAVRA!»


— Reste avec moi.

«Coucou, ma petite citrouille»

Son cœur se réchauffa quand Marraine la prit dans ses bras.

« A trois, tu attrapes le souafle. Un, deux…» Oncle Patmol n'avait pas dit trois que son papa l'envoya dans les airs pour attraper le souafle.

Tante Mary lui fit un gros bisou sur la joue et elle était sûre d'avoir une trace de rouge à lèvres.

Elle sauta sur le lit de son Papa et de sa Maman jusqu'à se cacher entre tous les deux. Deux bras s'enroulèrent autour d'elle.

Harry avança à quatre pattes vers elle. Elle lui tira la langue. Il rigola.

«On vous aime très fort»

«Bien, Violet. Tu tapes le sol avec ton pied et tu montes tout doucement. Oui c'est bien.» «JE VOLE!»

«Je m'appelle Olivier Dubois.»

« Tu ne t'arrêtes jamais de gesticuler» dit-elle à la fille aux cheveux noirs, agacée de ne pas pouvoir être tranquille. «Et toi? Ça t'arrive de sourire?»

Les livres tombèrent dans un vacarme infernal sur la tête des jumeaux Weasley.

«Je suis ravi d'être ton grand-père.»

Avec Erine et Holly, elles s'amusaient à sauter dans le rouleau des vagues de l'Océan. Ces vacances étaient exceptionnelles.

«Car à part au Quidditch, c'est à toi que je pensais.»

Olivier posa sa main sur la sienne et elle en était fière. Ils étaient trois capitaines. Unis.

« Comme tu as grandi, Beth. Tu as les yeux de James. »

« J'aimerais te connaître. Enfin... Vraiment te connaître»

«J'ai signé un contrat ce matin en tant que poursuiveuse titulaire moi aussi au Club de Flaquemare.»

«George et moi sortons ensemble»

« Violet Hope Lupin, veux-tu m'épouser ? »

Ils soufflèrent leurs vingt bougies d'un même souffle. Elle était plus qu'heureuse de partager cela avec Fred et George.

«C'est un garçon ! On l'a appelé Teddy.»

«Tu es ma fille au même titre que Teddy, d'accord ? Je t'aime et je suis heureux de vous avoir tous les deux comme enfants.»

Ils se retrouvèrent tous les cinq dans une étreinte qu'ils ne s'étaient jamais accordée.

«Peu importe les vies que j'aurais menées, je suis sûr que tu m'aurais trouvé. Peu importe les vies que j'aurais menées, je t'aurais aimé.»

— VIOLET!


L'air agressa ses poumons. Une vive douleur claqua dans sa poitrine. Ses yeux s'ouvrirent. Enfin. Elle avait l'impression de suffoquer entre l'impression de ne plus réussir à respirer et y parvenir, trop vite. Olivier la souleva par les épaules. Elle était assise. Où? Où était-elle? Que s'était-il passé?

Au fil des secondes, un film en accéléré défila dans sa tête. Violet retrouvait ses esprits, elle réalisait où elle se trouvait. Les personnes autour d'elle partageaient son air, comme s'ils l'avaient perdue et qu'ils se réveillaient avec elle. Madame Pomfresh l'observait, rassurée, surtout curieuse.

— Je me souviens.

Personne ne saisit le pourquoi de ses mots, sauf peut-être madame Pomfresh. Ce n'était pas important. Elle, elle comprenait. Le souvenir de son passé était agressif. Une torture. Il était mieux enfermé dans la boîte de Pandore, dans laquelle elle aurait rajouté ceux des dernières heures. Tous ses flashs l'abattaient, d'une violence jamais connues. Ses doigts se fermèrent avec force autour des bras d'Olivier.

Violet ne voulait plus se détacher de lui. Elle avait besoin de lui, et plus que jamais, elle réalisait qu'il avait besoin d'elle.

— Je suis toujours là, Oli, murmura-t-elle.

— J'ai cru te perdre, sanglotait-il, elle prit conscience d'à quel point il avait eu peur. Je t'aime, Violet. Je t'aime.

Oui, même elle avait cru ne jamais revenir. Elle continua de lui murmurer qu'elle était toujours là. Autour d'eux, George était figé. Holly pleurait à chaudes larmes. Madame Pomfresh se tenait à leurs côtés, vigilante. Violet la fixa et déclara:

— Vous avez été présente pour moi depuis le début.

L'infirmière lui sourit, comme une évidence. Malgré les airs de madame Pomfresh et son agacement, l'infirmière avait – depuis toujours – été présente pour sa famille. Madame Pomfresh avait – depuis toujours – été d'une grande importance dans leur vie.

— Harry Potter est mort.

Le répit avait été trop court. Violet ne s'était pas encore réapproprié toute sa respiration. Olivier ne s'était pas remis de ses émotions. Personne n'était prêt.

Tous ne voulaient qu'une chose: que cette guerre cesse.

Les visages étaient fatigués, ils n'étaient pas capables de tenir une bataille supplémentaire.

Les paupières de Violet se fermèrent pour digérer les quatre mots de la voix glaçante de Voldemort. Elle les refoula. Si elle avait survécu, elle avait le droit de garder espoir qu'Harry aussi. Peut-être était-il en train de se battre entre la vie et la mort. C'était un combat difficile et Harry avait aussi besoin d'être sauvé.

Mais si Harry avait péri, il ne lui restait qu'un objectif: elle devait le venger. Elle devait venger toutes les personnes de sa famille. Elle avait une seconde chance, elle devait la saisir pour faire payer à Voldemort tout ce qu'il leur avait fait subir.

Doucement, elle demanda à Olivier de desserrer son étreinte. Elle garda sa main dans la sienne. Il était encore trop tôt pour qu'ils se séparent. Olivier avait besoin d'être rassuré et elle avait besoin d'énergie.

Debout, ses jambes tremblaient, encore trop faibles. Elle ne tomberait pas.

Voldemort les appelait à se rendre. Il leur promettait un nouveau monde. Personne ici ne le désirait.

A l'entrée de la Grande Salle, elle le vit. Voldemort entrait dans leur lieu de recueillement, prêt à profaner la mémoire de ceux qu'ils avaient perdus. Violet refusait qu'il entache les défunts. Tout le monde se leva. Voldemort ricana en présentant Hagrid qui portait…

Le cri déchirant de la Professeure McGonagall provoqua un rire sadique chez Voldemort et les Mangemorts. La colère montait, toutes les émotions négatives remontaient. Violet les accueillait sans filtre. La main d'Olivier serra la sienne. Il craignait qu'elle ne s'effondre, mais cela n'arriverait pas.

Elle devait venger Harry.

Progressivement, elle se faufilait à travers les personnes. Elle devait faire face à Voldemort, une nouvelle fois. Elle s'arrêta quand elle vit Neville avancer. Neville, qui ne ressemblait rien au petit garçon rondouillard et manquant de confiance en lui. Neville, qui s'avançait courageusement vers Voldemort. Neville, qui prouvait qu'il méritait plus que quiconque sa place chez les Gryffondor.

Toute la foule s'agita quand le Choixpeau Magique apparut pour se retrouver sur la tête de Neville et que Voldemort y mit le feu. Ce fut l'élément déclencheur pour remotiver toutes les troupes. Les combats reprirent.

— Je dois tuer Voldemort, annonça-t-elle à Olivier. Je vais le tuer.

Elle lut un mélange de peur et de tristesse dans les yeux d'Olivier, mais il ne la contredit pas. Il lui rendit sa baguette qu'elle avait oubliée. Alors qu'ils se faisaient bousculer par les nouveaux duels, il la pria:

— Reviens-moi.

— Promis

Elle détestait les promesses non tenues. Elle détestait les mensonges. Cependant, Violet comptait bien tenir celle-ci. Elle lui reviendrait quand tout cela serait terminé.

Avec détermination, Violet s'avançait jetant des sortilèges de protection à ses alliés. Elle refusait de blesser à nouveau, sauf Voldemort. Ses sorts étaient faibles, mais suffisants. Violet se fraya un chemin entre deux alliés. Un élément lui échappait. Elle se paralysa quand elle constata qu'Hagrid ne tenait plus Harry. Elle tentait de passer sa tête pour observer le sol, mais Harry était inaccessible.

Harry avait disparu.

Un pas supplémentaire. Un choc la bouscula. Violet perdit l'équilibre et tomba sur les pierres fraîches. Elle tendit sa baguette, prête à lancer un sortilège. Une voix la retint.

— Tu es vivante.

— Harry? s'assura-t-elle devant les yeux émeraude de son frère. C'est toi?

Il lui sourit. Elle réalisa qu'ils étaient sous la cape d'invisibilité. Violet le serra dans ses bras. Tout n'était pas désespéré. Ils pouvaient encore gagner. Elle s'apprêtait à le motiver pour qu'ils y aillent ensemble, qu'ils le tuent ensemble comme prévu.

— C'est à moi de le tuer, l'empêcha-t-il avant même qu'elle n'ait pu parler. Souviens-toi de la prophétie.

— Je dois le faire aussi. Je…

— Non. C'est à moi de le faire. Il doit mourir de ma main, Violet. Prends la cape et reste à distance.

Elle avait rêvé de pouvoir se venger, pourtant elle ne refusa pas. Une grosse douleur tiraillé son ventre, elle en grimaça. Elle avait besoin de rester assise. Des sueurs la troublèrent.

— Ça va? s'inquiéta Harry.

— Oui, répondit-elle. Je… J'attends.

Rassuré, il quitta la cape. Il était désormais visible aux yeux de tous. Les combats s'interrompirent abruptement. Tous ne réalisaient pas qu'Harry était là. Vivant. Devant eux. L'attention de Voldemort se porta sur Harry et seulement Harry.

Violet retrouva ses deux pieds, chassant avec mal la douleur physique qui la perturbait. Elle retira la cape d'invisibilité et la plia pour la mettre dans la poche de son gilet. En même temps que les autres, elle reprit les combats. Elle rejoignit Lee et George qui se battaient contre Yaxley.

Elle lança un Protego et les Stupefix de ses amis touchèrent de plein fouet Yaxley qui s'effondra au sol. Ils n'eurent aucune once de pitié.

Au loin, le rire strident de Bellatrix Lestrange résonna dans chaque corps d'une vibration glaciale. Elle était en train de livrer un duel impressionnant avec madame Weasley. Bellatrix Lestrange s'éteignit dans son rire quand Molly la toucha. Violet eut un léger sourire. Sirius était vengé.

Enfin, deux cris s'élevèrent parmi toute la cacophonie de la Grande Salle. Un Expelliarmus et un Avada Kedavra. Une détonation résonna comme un coup de canon. Tous les combats cessèrent. Les regards se focalisèrent sur l'origine.

Des flammes dorées explosèrent entre Harry et Voldemort. Le jet de lumière verte de Voldemort heurta le sortilège d'Harry. Tout se passa très vite, Violet n'y croyait pas. La baguette de Voldemort vola dans les airs jusqu'à trouver la main de Harry.

Voldemort bascula en arrière, les bras en croix. Il s'abattit sur le sol.

Voldemort était mort.

Le silence fut plus infernal que le chaos qui avait régné. Le choc du moment se digérait pour réaliser ce que signifiait cette fin.

Un long silence. Pendant une longue minute.

Les acclamations éclatèrent dans la Grande Salle. Des cris de joie balayèrent la peur des dernières heures. Une foule se rassembla autour d'Harry, mais Violet n'eut pas le temps d'y penser que quatre bras la saisirent. Lee et George. Ils partagèrent cette victoire avec elle. Elle les serra tous les deux dans ses bras, fort. Ils étaient là. En vie.

Olivier les rejoignit.

— On a gagné, dit Olivier. C'est fini.

Oui, tout était terminé. Voldemort n'était plus. La prophétie s'était réalisée. Ils n'auraient plus à se battre. La vie leur tendait les bras.

Malgré cette effusion de joie, ils comprirent que ce n'était pas si simple.

Ils étaient heureux, pourtant il y avait toutes ces personnes qu'ils avaient perdues. Ils avaient gagné, mais avaient beaucoup perdu.

Violet s'éteignit petit à petit. Elle s'assit. Devait-on réellement parler de victoire?

Olivier et George l'entourèrent, alors que Lee partait lui aussi trouver Harry. Violet observa Holly et Luna parmi la foule, où étaient tous les Weasley, les professeurs, Ginny, Neville, tant d'autres. Elle les observa. Tous avaient le sourire aux lèvres.

— J'ai juste besoin de souffler un peu, hoqueta-t-elle en tenant son ventre dont la douleur était de plus en plus forte.

— On en a tous besoin, répondit Olivier. Après, j'irai chercher Erine.

Violet approuva. George demeurait silencieux.


Au fil des heures, la lumière du soleil s'infiltra dans la Grande Salle. Elle annonçait le jour. La victoire sur l'obscurité. Le début d'une nouvelle ère.

Le corps de Voldemort occupait une autre salle, bien loin de ses victimes.

Violet restait assise, sans quitter ces personnes qui n'avaient pas survécu. Celles qu'elle avait perdues. Beaucoup étaient allés à sa rencontre. Ils la remerciaient de s'être livrée à Voldemort. Ils lui avaient posé des questions, parfois auxquelles elle n'avait pas de réponse. Ils avaient complimenté Harry, admiratifs. Certains lui avaient adressé leurs condoléances. D'autres étaient venus partager leur deuil.

Olivier s'était absenté quand on lui avait proposé de reprendre son rôle lors de la trêve. Il avait hésité à la quitter, mais elle l'avait encouragé. Elle désirait qu'il y aille et lui aussi, pour la même raison: Erine restait introuvable.

Le Professeur Flitwick et la Professeure McGonagall avaient passé du temps à ses côtés. Ils s'assuraient de son bien-être, comme depuis le tout début. Violet avait eu la force de leur raconter ses vagues souvenirs. Ils lui avaient dit qu'ils n'auraient pas hésité une seule seconde si c'était à refaire. Elle n'en doutait pas, mais elle ne souhaitait pas que ça arrive.

Violet aurait aimé remercier Madame Pomfresh, mais l'infirmière était bien trop occupée. Elle avait encore les morts à répertorier et tous les blessés à soigner, dont certains qu'elle pouvait désormais envoyer à Sainte-Mangouste. Anna Lorn l'aidait, même si elle luttait pour ne pas s'effondrer. Prunille Gardner suivait à la trace Anna et Violet sourit, cette fille était bien courageuse pour son jeune âge.

Les Weasley s'étaient approchés d'elle. Elle avait accepté l'étreinte de chacun d'entre eux. Elle avait gardé plus longtemps Bill entre ses bras. Depuis qu'elle le connaissait, il avait toujours été d'un soutien infaillible. Il lui prouvait, encore. Le plus dur avait été de soutenir Percy. Premièrement, ils n'étaient pas très proches. Mais surtout, Percy était empli de culpabilité et Violet ne pouvait supporter cette émotion. C'était déjà bien difficile pour elle.

La réflexion d'Holly avait été compliqué à gérer. Holly se posait des questions sur sa sœur et sur l'avenir du monde des sorciers. Violet l'avait écoutée, incapable de répondre à ne serait-ce qu'une question. Elle aussi tentait de comprendre le sens de la Boîte de Pandore. Elle aussi se demandait où était Erine. Elle aussi se demandait quelle était la suite. Elle n'avait pu lui répondre.

— Au final, c'est logique que tu aies survécu, déblatéra Holly. Seule l'espérance reste enfermée dans la Boîte. Tu étais l'espoir.

Si Holly le disait… Violer avait remercié Luna d'un regard quand celle-ci avait tempéré Holly.

— A la place de Violet, j'aimerais avoir un peu de calme. Beaucoup de pensées traverseraient mon esprit.

Holly s'était contentée de la prendre dans ses bras, ce que Violet n'avait pas refusé, bien au contraire. Elle était soulagée de savoir Holly en vie.

Pendant tout ce temps, George ne l'avait jamais quittée ou alors elle ne l'avait jamais quitté. Elle ne savait pas qui soutenait l'autre. Ils étaient restés assis l'un à côté de l'autre. Ils s'adressaient un mot par moment, pour s'assurer qu'ils étaient bien là. Ils accusaient le coup. Ensemble.

Ce ne fut qu'au milieu de la matinée que Violet aperçut Harry. Il s'assit à côté d'elle et son bras entoura sa taille. Elle pivota vers lui et réalisa qu'ils n'avaient plus à se cacher. Il était son frère, elle pouvait l'appeler ainsi. Elle aurait dû se sentir heureuse, pourtant il n'en était rien. Elle se sentait étrangement perdue.

— J'ai quelque chose à te montrer, lui annonça-t-il.

Il lui fit face et lui prit les mains pour l'aider à se lever. Harry ne comprenait pas. Elle ne pouvait pas partir. Elle ne voulait pas laisser George tout seul. Ses pensées durent être entendues. Ron arriva – main dans la main avec Hermione, qu'avait-elle raté? – et prit place près de son grand frère.

— Vas-y, l'encouragea George. On se voit après.

Alors, elle suivit Harry. Violet se laissa guider telle une marionnette. Ils parcoururent les couloirs poussiéreux d'explosions. Violet ne reconnaissait pas le château qui l'avait accueillie pendant sept années. Il était difficile de se repérer quand la moitié des fondations étaient détruites.

Après quelques minutes, ils rencontrèrent le grand griffon, celui qu'elle avait connu dans des circonstances bien différentes. Ils montèrent les escaliers qui les menèrent dans le bureau de leur défunt Directeur: Albus Dumbledore.

Harry gardait sa main dans la sienne. Ils s'arrêtèrent devant une Pensine.

— Est-ce que tu peux me prêter ta baguette? demanda Harry. Je n'ai plus la mienne.

Elle lui tendit, par automatisme. Harry s'en servit pour attraper un souvenir qu'il plongea dans la Pensine. Que faisait-il?

— Suis-moi.

Son état ne lui permettait pas de réfléchir. Elle accepta l'invitation d'Harry.

Elle se pencha. Elle s'était attendue à être mouillée du liquide de la Pensine. Il n'en était rien. Violet identifia les lieux. Ils étaient dans la Forêt Interdite, enfin, pas réellement, une sorte de fenêtre circulaire la séparait de l'endroit.

Au centre de sa vision, elle le reconnut. Harry. Le même Harry qu'elle avait quitté avant de se livrer à Voldemort.

Harry fit tournoyer un petit objet dans sa main. Quelques secondes plus tard, elle distingua quatre personnes qui avançaient vers lui. Leur contour était flou, pourtant elles paraissaient plus consistantes que les fantômes, mais elles n'étaient pas non plus des personnes en chair et en os.

Elle les reconnut. Son cœur s'emballa. Les battements étaient forts et rapides. Pressés. Son cœur aurait aimé foncer les rejoindre.

Leurs parents étaient là. James et Lily. Ils ressemblaient exactement au dernier souvenir qu'elle avait d'eux, le jour de leur mort. Leur père était mal peigné. Elle eut chaud au cœur devant ses yeux, les mêmes que les siens. Leur mère avait un plus grand sourire. Elle rejeta ses longs cheveux roux, légèrement ondulés. Ses yeux émeraude fixaient Harry, comme si elle ne pourrait jamais le contempler suffisamment.

Juste derrière eux arriva Sirius. Il avait quelques années de moins que son souvenir. Son air était fier. Il n'avait jamais paru aussi aristocrate. Sirius avait retrouvé son apparence.

Son cœur accéléra quand elle vit son père. Elle approchait l'évanouissement. Violet tenta de courir pour le retrouver. Impossible. Elle était comme figée, incapable de faire un pas. C'était douloureux. Elle se contenta de l'observer, ignorant la peine qui gonflait en elle. Son père ne ressemblait en rien au moment où elle l'avait quitté. Il était plus jeune, beaucoup plus jeune, comme sur les photos d'avant 1981. Il était heureux, apaisé.

S'étaient-ils tous retrouvés? Est-ce que ses parents n'avaient pas été seuls tout ce temps? Est-ce qu'ils avaient retrouvé sa marraine? Est-ce que Sirius avait retrouvé Mary? Est-ce qu'ils étaient de nouveau cette famille? Elle aurait aimé leur poser toutes ces questions, mais elle demeurait muette. Violet n'avait aucun contrôle.

Ils n'étaient qu'un souvenir. Celui d'Harry.

Harry se dirigea vers leur mère. Il lui tendit la main. Celle-ci passa à travers à celle de leur mère. Ils ne pouvaient pas se toucher. Le cœur de Violet se serra. Harry baissa la tête de déception. Harry leur posa des questions. Elle comprit qu'il les avait vus avant de lui aussi se livrer à Voldemort.

Il posa des questions sur leur mort et sur leur présence ici. Harry s'excusa d'avoir été responsable de leur mort. Sans aucune surprise, tous réfutèrent. Ça n'avait jamais été sa faute, leur faute ajouta leur mère. Leur mère parlait d'Harry et elle. Leur mère ne l'avait pas oubliée.

Puis Harry s'adressa directement à son père:

— Juste après avoir eu un fils… Remus, je suis vraiment désolé…

— Moi aussi, répondit son père. Je suis désolé de ne pas pouvoir le connaître, mais il saura pourquoi je suis mort, assez de personnes seront présentes pour lui pour pouvoir lui expliquer et j'espère qu'il comprendra. J'essayais de construire un monde dans lequel il puisse avoir une vie plus heureuse.

Violet croyait que le souvenir se terminait car les bords devenaient troubles. Il continua. Elle n'était pas préparée pour la suite. Pourtant, elle avait besoin de l'entendre. Elle recevrait la bouffée d'espoir dont elle avait besoin. Harry avait déclenché ça. C'était la raison pour laquelle il l'avait amenée ici. Pour son bien.

— Violet… Elle vous rejoindra aussi? Elle aurait tellement aimé vous voir aussi.

— Ne t'en fais pas pour ta sœur, le rassura leur mère d'un sourire et ses yeux émeraudes brillaient comme des pierres précieuses. Ta sœur ira très bien. Nous aimerions l'embrasser et lui dire que nous l'aimons, que nous vous aimons plus que notre propre vie. Nous sommes toujours là.

— Je suis fier de la petite fille que j'ai quittée, prit le relais leur père et Violet sourit difficilement elle aurait tant aimé les prendre dans ses bras. Elle est si forte et si courageuse. Sachez que nous serons toujours présents pour vous, mes enfants, à chaque seconde de votre vie.

— Beth mérite tout l'amour du monde, enchaîna Sirius. Elle a juste besoin d'être secouée et qu'on lui répète qu'elle ne doit jamais renoncer, elle pourrait être surprise. N'oubliez pas que ceux qui nous aiment ne nous quittent jamais vraiment. Jamais.

Enfin, Harry se tourna vers son père. Son père dont elle avait tant besoin. Il était la seule personne qui n'ait jamais autant compté pour elle. Violet réalisa qu'il était aussi celui qui avait le plus à lui dire. Elle prit conscience qu'à cet instant, ils savaient qu'Harry et elle survivraient. Ils savaient qu'elle entendrait ses mots.

— Ma Violet… Cette petite fille si fragile et pourtant si forte que j'ai eu la chance de voir grandir, elle aura été tout pour moi. C'est elle qui m'aura gardé en vie. Je t'en prie, Harry, montrez-lui la force et le courage dont elle est capable. Elle en aura tant besoin… Beaucoup plus que vous ne le pensez. J'aurais aimé ne jamais avoir à l'abandonner. Mais elle ne doit pas oublier ceux qui sont toujours là. Elle a ce merveilleux garçon fou amoureux d'elle.

Leurs parents approuvèrent. Ils avaient vu Olivier et ils l'acceptaient. Ils l'appréciaient et ça réchauffa son cœur.

— Elle a ce meilleur ami qui a aussi besoin d'elle et qui continuera de la faire rire, il le faut. Mais surtout rappelle-lui qu'elle a désormais deux frères: celui qu'elle a toujours voulu connaître et celui qu'elle n'a pas encore rencontré. Dis-lui que je l'aime. Prenez soin de vous.

— Je ne serai plus là..., commença Harry.

— Ne te pose pas trop de questions, mon chéri, le coupa leur mère. Garde espoir.

— Vous resterez avec moi ? demanda Harry pour se rassurer.

— Jusqu'à la toute fin, répondit leur père.

Le souvenir disparut dans un tourbillon. Violet se laissa tomber dans les bras de son frère. Ses émotions, qui hurlaient leur envie de sortie, la submergèrent. Elle les accueillit. Des larmes coulèrent à n'en plus finir.

Elle avait vu ses parents. Ceux qui l'avait quittée trop tôt. Ils lui avaient dit tout ce qu'elle avait toujours rêvé d'entendre. Ils étaient fiers d'elle. Elle avait ressenti tout l'amour qu'ils lui avaient porté les trois premières années de sa vie.

Elle avait vu cette personne qu'elle avait défendue toute sa vie. Elle avait vu Sirius, qui les avait quittés trop tôt alors qu'ils s'étaient retrouvés trop tard.

Mais plus que tout, elle avait eu les au revoir de la personne qu'elle aimait plus que tout au monde.

— Merci, murmura-t-elle à Harry.

Il resserra son étreinte avant de remuer un sujet auquel elle ne pensait plus.

— Tu vas pouvoir être de nouveau toi. Tu vas pouvoir être Elizabeth Potter.


Les larmes séchées, Harry et Violet retrouvèrent les couloirs abîmés. Des ricochets de cailloux roulaient sous leurs pieds. La poussière chatouillait leur nez et grattait leurs yeux. Au détour d'un couloir, ils croisèrent Ron et Hermione.

— Que faites-vous là? demanda Hermione.

— J'avais quelque chose à montrer à Violet.

Harry se tourna vers elle, le visage illuminé comme si le plus beau était arrivé et qu'aucune ombre ne masquait la joie:

— On a quelque chose à faire. Ça ira pour retrouver les autres toute seule?

— Oui, répondit-elle dans un souffle. George?

— Bill est avec lui, la rassura Ron.

Elle hocha la tête, soulagée. George n'était pas seul.

Elle quitta le Trio inséparable et marcha les yeux rivés au sol. A l'allée, la vue des vestiges du château lui avait suffi. Elle ne souhaitait pas en voir plus. Elle n'avait plus envie de voir sa deuxième maison ainsi et ressasser toute cette horrible nuit. Elle souhaitait l'oublier, qu'elle n'ait jamais existé. Elle souhaitait garder le souvenir de Poudlard de ses sept années dans l'école, et non garder ce souvenir effroyable.

Violet n'était pas encore arrivée dans le Grand Hall que des voix cassées attirèrent son attention. Elles étaient proches des escaliers dans une petite salle, dans laquelle Violet n'était jamais allée. Ses pas changèrent de parcours, entraînées par les voix. Une porte était entre-ouverte. L'oreille tendue, Violet reconnut la Professeure McGonagall et le Professeur Flitwick.

Depuis la Pensine, Violet avait pensé que les mots de ses parents, de son père et de Sirius l'aideraient à aller de l'avant. Pendant quelques minutes, elle avait cru qu'elle surmonterait toutes ses blessures.

Violet y avait vraiment cru.

— Miss Lupin! s'exclama la Professeure McGonagall en se décalant.

— Je vous ai entendus, murmura-t-elle. Qu'est-ce qu'il se passe?

— Peut-être ne devriez-vous pas être seule…, reprit la Professeure McGonagall d'une voix brisée et Violet ne comprenait pas pourquoi le Professeur Flitwick ne s'exprimait pas. Attendez juste…

Violet n'attendit pas. Elle se créa un passage entre la porte et la Professeure McGonagall. A ce moment, elle n'aurait pas pu savoir qu'elle allait réaliser la pire erreur – et la plus horrible – de sa vie.

Elle s'avança. Seule. D'une marche sourde. Ralentie. Interminable. Elle se dirigeait vers ce que cachaient ses professeurs. Aucun son. Hypnotisée. Plus rien n'existait. Seul son déplacement. Vers l'irréversible. Assez près, Violet identifia de longs fils noirs gouttaient en cascade.

A la hauteur du Professeur Flitwick, Violet comprit qu'elle s'apprêtait à recevoir le coup fatal. Ce coup abattant.

A ce moment, Violet sut qu'elle coulerait. Et ne remonterait plus jamais à la surface.

Le Professeur Flitwick et la Professeure McGonagall avaient retrouvé Erine.

Elle était là, étendue sur le banc. Comme endormie. Son teint était bleuté, elle devait avoir très froid. De grosses traces rouges s'étendaient sur ses parties du corps visibles.

Elle ne ressemblait rien à Erine.

Petit à petit, Violet prit conscience. Elle avait la sensation de se vider. La douleur qui tiraillait son ventre n'existait plus, elle avait disparu. Violet se liquéfiait. Violet se perdait. Tout ce qu'elle était s'échappait pour laisser place au néant.

La main du Professeur Flitwick la soutint.

— Le calmar géant l'a remontée à la surface en début de matinée, expliqua la Professeure McGonagall. Nous pensons qu'elle a dû tomber de son balai après avoir été déstabilisée par un sortilège. Les Strangulots l'ont tirée vers les profondeurs.

Les mots de la Professeure McGonagall traversèrent son esprit. Pourtant Violet ne les entendait pas clairement. Ils s'éparpillaient telle la fin d'un écho. Peu audibles, mais présents. Ils étaient brouillés, comme quand Holly cherchait Potterveille.

Pour le moment, elle avait juste les yeux posés sur Erine.

— Nous pensons qu'elle s'est noyée, termina la Professeure McGonagall.

— Vous devriez lancer un sort de Métamorphoses, lâcha-t-elle d'une voix blanche. Personne n'a besoin de la voir ainsi.

— Nous sommes désolés, miss Lupin, sortit de son silence le Professeur Flitwick, incroyablement anéanti.

— Ce n'est qu'une question d'habitude.

Violet haussa les épaules. Elle effectua un demi-tour, échappant à la main du Professeur Flitwick. Elle n'avait plus rien à faire ici. Elle devait sortir et rejoindre la Grande Salle.

Elle avait un nouveau devoir.

— Miss Lupin…

Le Professeur Flitwick tenta de la retenir, probablement pour lui parler.

Mais que pouvait-il lui dire? Il n'y avait plus rien à faire.

En une nuit, elle avait perdu son père de cœur. Elle avait perdu son père qui avait toujours compté, celui qu'elle avait tant aimé et celui qui l'avait tant aimée. Elle avait perdu une amie, la femme de son père, celle qui avait réussi à ouvrir une des personnes qu'elle aimait le plus, celle qui l'avait soutenue à maintes reprises. Elle avait perdu un de ses meilleurs amis, celui lui qui complétait tant l'autre, celui qui pouvait la faire rire en un regard malicieux. Elle avait perdu sa meilleure amie, celle au sourire éclatant qui avait le pouvoir d'illuminer toute une pièce, celle qui ne l'avait jamais laissé tomber.

Pour la deuxième fois dans sa vie, une seule nuit avait suffi à lui voler les personnes qu'elle aimait.

Il n'y avait plus rien à dire. Elle n'avait plus qu'une chose à faire.

Violet devait l'annoncer à Holly.

Comme lors de sa quatrième année, Holly devait l'entendre de sa bouche. Mais, contrairement aux événements précédents, Violet n'aurait aucune parole rassurante.

Car cette fois-ci, Erine ne reviendrait pas.

Dans la Grande Salle, Violet occulta tout ce qu'il se passait autour. Elle ne voyait rien. Elle n'entendait rien. Toute son attention était portée sur Holly au fond de la Grande Salle. Tant de pas à faire.

A chaque pas, ses émotions s'engouffraient dans un endroit inaccessible. A chaque pas, elle réalisait qu'elle les perdait. A chaque pas, elle se vidait un peu plus. A chaque pas, Violet comprenait qu'il ne resterait d'elle que son apparence.

Un dernier pas. Holly était en face d'elle.

— Holly… Ils ont retrouvé Erine. Elle est…

Violet ne parvint pas à prononcer ce mot. Elle en était incapable. Elle ne ressentait rien. Aucune larme. Aucune tristesse. Aucune peur. Aucune colère. Rien. Plus rien.

Mais Holly était une vraie analyste, elle n'avait pas besoin de ce mot pour comprendre. Mêmes dans les pires moments, Holly Green était capable de tisser rapidement les liens jusqu'à la réponse. Violet sut qu'elle avait compris quand Holly s'exprima avec une souffrance écrasante. Le cri d'Holly rappela à Violet le jour où le morceau de verre s'était planté dans son épaule.

Mais le cri d'Holly n'était pas aussi fort, pourtant il était bien plus puissant. Le cri aigu transperça le cœur de Violet. Il se répercuta dans les murs touchant chaque personne sur son passage. Tout le monde se retourna. Violet ne sentit pas le cri d'Holly vibrer en elle.

— PAS MA SŒUR! hurla-t-elle. NON! PAS MA SŒUR!

Holly s'effondra dans ses bras, mais Violet était incapable de la serrer contre elle. Elle la rattrapa juste, l'empêchant de toucher le sol.

Aucune compassion. Aucune pitié. Aucune empathie. Rien.

Des personnes s'approchèrent d'elles pour comprendre cette terrible scène. Une seule raison pouvait pousser Holly à perdre pied. De la foule se dégagea George. Violet évita son regard. Elle n'avait pas pu le dire à Holly, alors elle était incapable de le dire à George. Pas à lui. Pas après tout ça.

— Qu'est-ce qu'il se passe? demanda-t-il d'une voix que Violet n'avait jamais entendue. Holly? Vio, pourquoi es-tu si blanche? Pourquoi tu… Attends, Vio… Pourquoi est-ce que tu saignes?

De quoi parlait-il? Holly se détacha pour l'observer et ses yeux rougis s'écarquillèrent. Que se passait-il? Sa tête tourna et elle eut juste le temps d'entendre George crier:

— TROUVEZ OLIVIER DUBOIS! MADAME POMFRESH!


Les chaussures d'Olivier claquaient à chacune de ses foulées. Ils les étendaient et en prenaient appui. C'était la meilleure manière de gagner en vitesse. Il n'avait aucun temps à perdre. Quelques minutes plus tôt, Roger et Connor l'avaient trouvé. Ils étaient alertes, surtout inquiets. Ils avaient à peine prononcé «Violet» qu'Olivier avait filé sans se poser une seule question.

Olivier s'était promis de ne jamais la lâcher. Si quoi que ce soit lui était arrivé, il ne se le pardonnerait jamais.

Il repéra Holly et George, entourés de leurs amis proches. Ils se détachèrent pour l'accompagner vers un rideau tiré. Olivier passa sa tête. Violet était allongée. Il s'horrifia à la vue du sang sur son pantalon. Elle ne l'avait pas avant. Elle en avait sur son gilet et sur son visage. Pas sur son pantalon

— Que lui est-il arrivé? Pourquoi saigne-t-elle?

— Elle était avec moi et elle s'est décomposée… Je ne sais pas, Olivier, murmura Holly.

Madame Pomfresh le regarda avec peine. Il s'approcha. S'il attendait, il pourrait s'effondrer à n'importe quel moment.

— Miss Lupin a fait une fausse couche.

— Ce…Ce n'est pas possible, nia Olivier.

— Elle l'était …, assura Madame Pomfresh. Tous ces événements étaient de trop.

Il n'en revenait pas. Comment avaient-ils pu ne rien voir? Ce n'était pas dans leur projet d'avoir un enfant maintenant. Ça n'empêchait pas qu'il avait l'impression qu'on lui arrachait une partie de lui. C'était un sentiment étrange. Une lourde perte. Une tristesse surprenant. Il ne la comprenait pas.

— Il faudrait que vous me laissiez avec elle. Je dois la soigner et elle devra se reposer.

— Non, refusa-t-il.

Il hocha la tête de droite à gauche. Il s'interdisait de l'abandonner, encore.

— Olivier… Je sais que vous souhaitez rester et je le comprends. Mais laissez-moi cinq minutes, s'il vous plaît. Je vais prendre soin d'elle. Monsieur Weasley, miss Green…

— Viens, Olivier, l'encouragea Holly en le traînant par le bras.

Olivier aurait juste aimé voir Violet. Vraiment. Le regard de madame Pomfresh l'en empêchait. Il ne pouvait pas se révolter contre elle. Elle avait toujours pris soin de Violet. Aujourd'hui ne ferait pas exception. Harry arriva, mais c'est vers Holly qu'il se tourna.

— Que t'a-t-elle dit? l'interrogea-t-il car après toute cette soirée, il devait bien y avoir un élément déclencheur.

— C'est Erine…

Holly avait énoncé ces trois mots à une vitesse qui aurait pu rendre jaloux un Eclair de Feu. Elle ne termina pas sa phrase. Holly se laissa tomber dans ses bras. Il passa sa main dans son dos pour la réconforter. Seul acte qu'il pouvait lui offrir.

Puis, il vit George perdre le peu qu'il lui restait.

Que pouvait traverser George? Certainement, un vide infini. George avait perdu sa moitié cette nuit, il avait perdu l'être qui faisait ce qu'il était. Il venait de perdre sa seule raison d'avancer. George n'avait plus rien.

Quelques secondes, Olivier se focalisa sur Holly. Il ne pouvait pas l'abandonner, elle aussi. Pas maintenant. Il la garda dans ses bras, assimilant ses pensées. Erine…

Qu'allait devenir Violet sans Erine? Et George? Et Holly? Et lui? Qu'était-il sans Erine? Erine Green ne pouvait pas être morte. C'était impossible.

Olivier ferma les yeux. Une seule envie le submergea: il avait envie de tout casser, chaque misérable miette restante du château. Des larmes de colère ou de tristesse – quelle importance? –, perlaient au coin de ses yeux. Il culpabilisait de l'avoir perdue. Il l'avait abandonnée. Il l'avait livrée à la Mort. C'était sa faute.

Il bouillonnait, mais il devait tenir bon. Violet avait besoin de lui. George aussi. Et Holly. Mais il fallait qu'il…

Il décala doucement Holly vers George. Il se retourna, la tête entre les mains. Il attrapa la première chaise à sa disposition. Il la lança. La chaise explosa contre le mur de pierre sous le cri de stupeur d'Holly. Il en prit une deuxième. Il la claqua lui-même contre le mur. C'en était trop. Il détruit une troisième chaise. Jusqu'au dernier morceau de bois. Jusqu'au dernier morceau de paille. Jusqu'à la dernière miette de son cœur.

Il poussa un rugissement de rage. Puissant. Intense. Il ne supportait plus rien de cette nuit. Comment pourraient-ils se remettre de tout ça?

La voix d'Harry le sortit de cet état second. Il se tourna, violemment, les joues rouges.

— Violet?

— Elle était enceinte…, lâcha-t-il sans regarder Harry. Elle l'a perdu.

C'était tout. Harry s'approcha. Olivier recula. Heureusement, madame Pomfresh vint à leur rencontre. Elle devait lui dire que Violet allait bien. Il avait besoin d'une bonne nouvelle.

— Elle est réveillée, annonça madame Pomfresh.

Olivier se précipita pour voir Violet. Il eut juste le temps d'entendre Harry.

— Elle ne doit pas savoir.

Devant Violet, Olivier constata que toute trace de sang avait disparu. Il aurait voulu serrer Madame Pomfresh dans ses bras pour la remercier. Violet tourna la tête vers lui. Olivier la blottit contre lui.

— Oli…, dit-elle d'une voix si blanche que cela lui asséna un coup supplémentaire. Erine… Je…

— Je sais, je sais…, murmura-t-il en caressant ses cheveux. Calme-toi, je sais.

— Qu'est-ce qu'il m'est arrivé?

Les yeux de Violet défilèrent sur Harry, sur George, sur Holly, puis sur lui en passant par Madame Pomfresh. Harry lui fit un signe de tête pour lui demander de se taire. Olivier retrouva Violet. Il essaya de retarder ce moment. Au moins pour maintenant.

— On va en parler à l'appartement, d'accord?

— Dis-moi, Oli, s'il te plaît.

Elle le suppliait alors que Harry lui signifiait toujours «non».

Olivier refusa de suivre Harry. Violet devait savoir. Il se souvenait qu'elle s'en était voulu de cacher des choses à Harry. Il se souvenait de son regard quand elle s'était sentie trahie lorsque Remus lui avait avoué qu'elle était présente lors du meurtre de ses parents. Il savait qu'elle lui en aurait voulu de ne pas lui avoir dit la vérité s'il avait su le fond de la conversation de Remus et Sirius.

Violet devait savoir. Il posa ses mains sur ses joues et les caressa de ses pouces. Il lui sourit tendrement – du mieux qu'il pouvait vu les circonstances – et colla son front au sien.

— Ma Violet, tu étais enceinte.

— Non, ce n'est pas possible. Je l'aurais su, je…,

— Chut…, murmura-t-il avant de l'embrasser sur le front. Ça va aller. Ces dernières heures étaient de trop, ma Violet. On l'a perdu.

— Désolée…, chuchota-t-elle dans un souffle.

— Ce n'est pas toi, ma Violet. Ce n'est pas ta faute.

Il la blottit contre lui et elle enroula ses bras autour de son cou. Il la rassura par des répétitions de murmures près de son oreille. Il était hors de question qu'elle se sente coupable.

— Tu aurais dû ne rien lui dire, déclara froidement Harry.

Olivier le foudroya du regard. C'était plutôt à Harry de se taire. Être le Survivant ne lui accordait pas tous les droits. Il l'abandonna et se concentra sur Violet.

— Je te ramène à l'appartement, mon cœur. On va rentrer à la maison maintenant.

Elle accepta d'un hochement de tête. Il l'embrassa, encore, sur le front. Il l'aida à se relever. Il passa son bras autour de sa taille pour la maintenir le plus possible.

— Ça ira, Holly? demanda-t-il et elle hocha la tête, puis il se tourna vers George. Viens quand tu veux.

Il s'excusa auprès des Weasley, puis auprès des professeurs de Poudlard. Il leur promit d'être présent dès le lendemain pour la reconstruction de Poudlard.

Pour maintenant, Violet et lui avaient besoin de calme. Ils devaient rentrer chez eux.


...

...

Je n'ai pas les mots pour exprimer la profonde tristesse que je ressens. Je sais à quel point vous serez touchée-es, car je sais à quel point Erine était aimée. Comme d'autres éléments de ce chapitre, j'ai longtemps réfléchi à changer le cours des choses. Surtout lors de mon blocage émotionnel qui m'empêchait d'écrire. La mort d'Erine m'a anéantie. J'ai voulu changer le cours des choses, je vous promets. Mais la suite de l'histoire n'aurait pas été la même. Vous vous en fichez sûrement, je voulais juste vous le dire. Au tout début, à la création des Fils, il y a presque 10 ans, c'était le Destin d'Erine. Elle était l'amie de Violet, celle qui se ferait pétrifiée, celle qui mourrait lors de la Bataille. C'était "son rôle". C'est triste, car plus j'écrivais leur histoire, plus je cernais son personnage, plus ça me faisait du mal. Car personne ne remplacera Erine, même si je pense que c'est pour ça qu'Holly a grignoté de la place. Elle a cherché à panser mon coeur de cette blessure. Je suis vraiment désolée...

Pour Violet, petit chou survit finalement. Même si vous n'avez pas le temps de vous réjouir de cette nouvelle, Violet continuera de vivre. Ou survivre. Le reste de l'histoire sera du chagrin et du deuil, de la reconstruction avec autant de PTSD et de culpabilité du survivant. Violet a encore un long chemin à parcourir. Très lourd...

Pour la fausse-couche, j'ai aussi hésité à la supprimer. Ca m'a travaillé longtemps lors de la réécriture, je me suis dit : "on tombe un peu dans le pathos, le full drama. Enlève". Mais je vous l'ai dit, cette histoire part d'une fanfiction, mais j'ai beaucoup de choses à raconter. Si je supprimais cette intrigue, je supprimais une grande partie de la suite. J'ai des sujets à aborder, des éléments de vie à raconter. Et cet événement n'est que le début.

Bref, voici quelques questions en vrac : Que pensez-vous de la remarque d'Harry ? Violet va-t-elle choisir de reprendre le nom d'Elizabeth ? Comment va-t-elle vivre cette double identité aux yeux de tou-tes ? Comment Olivier va-t-il vivre avec cette profonde culpabilité ? Comment George va-t-il surmonter cette double perte ? Comment Holly va-t-elle vivre ça ? Se trouvera-t-elle un place dans ce groupe qui ne sera plus jamais le même ? N'hésitez pas à donner vos théories, vos craintes, vos espoirs.

Au prochain chapitre "Courage" : De retour à l'appartement, Olivier doit faire face à une nouvelle bataille. Entre les pertes et une Violet absente, il y a des personnes qu'il doit revoir. Plus que tout, Olivier a son propre chagrin à apprivoiser.

Ne me détestez pas trop... Je reste disponible en mp sur FanFiction et sur Instagram. Prenez soin de vous et à bientôt. (coeur)