Bonjour à tous et bonanée! Lol
Santé mais pas des pieds, du bonheur comme s'il en pleuvait, du taff toute l'année (mais pas trop épuisant, faut pas déconner) et de l'amour et de la paix pour nous entourer. Surtout en ce moment…
Puis-je aussi vous souhaiter de bonne fanfictions à mater? XD
Journal des reviewers
KokoroClamp1996 : Non, ne t'inquiète pas quand à un risque de "en cours" définitif. Je me borne au max à publier des histoires de je sais d'avance complète. En général, je commence à publier les chapitres quand j'ai écris les 3/4 de l'histoire. Il y aura donc bien une fin à Elévation.
Ayaka : Ah, je vous intrigue vraiment avec Hiyori XD Patience, c'est pas encore pour tout de suite.
Mys974 : Ah, les couleurs! Mdr, même pas! En fait, j'ai un site internet qui me sert de "dictionnaire chromatique" et qui me donne une infinité de qualificatif de couleurs. J'ai toujours eu une fascination bizarre pour ces adjectifs de couleurs. Oui, je suis bizarre… ^^''
Lyna : Le "Est-ce mal?" concerne le fait qu'elle porte de sentiments envers Yato ^^
Satsuki-chan : Mdr, je vois. Je suis un peu pareille avec le bordel lol. Arf moi aussi, je voudrais tout de suite du YxH mais comme je déteste la facilité et que j'ai besoin de crédibilité… XD Pour Inari, je vous distille ça petit à petit, comme je le fais toujours. Niark!
Et si on s'attaquait à un sujet sensible?
Chapitre VIII : Cœur orageux
"_ Yato aura bientôt grand besoin de toi et de Yukine-kun."
Les heures avaient depuis défilé à grande vitesse, traversant ainsi la fin d'après-midi, le soir et la nuit et pourtant, les dernières paroles d'Amaterasu n'avaient pas quitté l'esprit de Hiyori. Que cela pouvait-il bien signifier? Yato était-il en danger? Ce n'était pas le ressenti que la jeune fille avait mais elle était convaincue que quelque chose allait bientôt atteindre son ami. Evidemment, la divinité n'avait rien voulu dévoiler de plus. Y avait-il un rapport avec la secondé épreuve qui allait bientôt commencer? Sûrement. Il lui faudrait redoubler de vigilance au moment venu.
Toutefois… Yato aurait-il vraiment besoin d'aide? Et surtout de son aide à elle? Ce fut à cette pensée que Hiyori sentit clairement la présence des "nuages" mentionnés par Amaterasu. Après tout, à y repenser, elle avait bien chamboulé la vie tranquille du dieu depuis que celui-ci l'avait rencontrée. Il n'avait certainement pas eu besoin de s'encombrer d'une fille humaine à moitié transformée alors qu'il était dans sa course à la renommée. Elle l'avait entraîné dans bien des situations compliquées.
L'expression pincée de Yato qui quittait son terrain d'entrainement de kendo lui revint en mémoire et elle baissa les yeux.
_ Nous sommes bien différents. Comment puis-je l'aider alors que j'ai souvent été un poids pour lui?
Elle ne le comprendrait sans doute jamais aussi bien qu'une autre divinité ou qu'une Arme Divine comme Yukine. Un autre visage vint s'afficher devant ses yeux. Ou comme Nora.
Tout à coup, son corps tressaillit sous l'effet d'une vive douleur qui venait de lui traverser la poitrine. Les dents serrées par la douleur, Hiyori porta une main à sa poitrine et posa l'autre sur le tatami devant elle pour s'empêcher de tomber.
_ Encore…? s'étonna-t-elle entre ses dents.
La douleur n'était plus, il ne restait qu'une vague sensation d'acidité qui courait le long de ses membres. L'adolescente se leva de la table basse de sa chambre derrière laquelle elle s'était assise et s'approcha de la commode de bois de paulownia pour s'emparer du petit miroir qui y trônait. Elle tira un peu sur le décolleté de son pull et inspecta son sternum. Au premier regard, elle ne vit rien.
_ Tiens…?
Elle approcha un peu plus le miroir de sa peau et plissa les paupières. Là, juste au milieu, se trouvait un petit point blanc à peine visible. Un peu comme une cicatrisation suite à la mise en place prolongée d'une perfusion. D'où cela venait-il?
Son début de réflexion fut mis à quia par un léger toc-toc à sa porte. Une silhouette fine et élancée inclina brièvement le buste derrière le papier du shôji.
_ Vous êtes attendue, fit la voix de l'un des jumeaux.
Hiyori reposa son miroir et alla ouvrir. L'expression d'ordinaire blasée que pouvait afficher Murakumo ou Kusanagi avait ce matin disparu pour laisser place à un air suspicieux et méfiant. Le jeune homme fixait de ses yeux senois son hôtesse avec une intensité qui la mit mal à l'aise. Certes, l'accueil du premier jour n'avait pas été des plus cordiaux mais là, il avait l'air clairement hostile.
_ Tout va bien, Ku… euh… Mura…? Enfin…
Elle eut un rire nerveux. Lequel des deux était-ce?
L'Arme Divine l'observa un moment et finit par tourner les talons.
_ Qu'importe. Ca revient au même. Veuillez me suivre.
_ B-Bien !
L'adolescente lui emboita aussitôt le pas, intriguée. "Cela revient au même"? Comment ça?
Le jeune homme brun l'emmena, à sa grande surprise, non pas vers la salle commune pour prendre le petit déjeuner mais dans une autre aile de la demeure qu'elle ne connaissait pas encore. Où pouvait-il bien l'emmener? Hiyori suivit donc Kusanagi le long de couloirs silencieux sous les regards peints des différents héros de l'Histoire du Japon qui ornaient les murs de leurs fresques épiques. Enfin, le garçon s'arrêta devant une double porte finement sculptée de fleurs de prunier et toqua. La jeune humaine s'étonna beaucoup d'entendre la voix de Tsukuyomi l'inviter à entrer.
Kusanagi fit coulisser les portes dans leurs rails puis s'effaça pour laisser Hiyori passer.
_ Bonjour, salua-t-elle un peu timidement en entrant.
La salle dans laquelle elle venait de pénétrer était assez singulière et la lumière du jour tamisée en une pénombre feutrée et mystérieuse n'arrangeait rien. Vaste et parquetée comme un dôjô, de nombreux symboles inconnus étaient tracés dans la symétrie de cercles, de triangles et de carrés qui s'entremêlaient les uns aux autres avec une complexité que seul l'auteur de ces écritures magiques pouvait comprendre et interpréter. Et justement, le dit auteur se trouvait vers le centre de la salle, en plein cœur d'un triangle inséré dans un cercle entouré de monogrammes indéchiffrables.
Ne paraissant nullement affecté par l'heure du jour et la posture bien droite, Tsukuyomi affichait un air à la fois calme et sérieux. Il salua d'un hochement de tête la nouvelle arrivante qui hésitait à poser le pied sur un dessin magique.
_ Tsukuyomi-sama, qu'est-ce que tout cela?
_ Mon épreuve pour Yato.
Hiyori n'eut le temps de l'interroger davantage car voici justement Yukine et Yato qui arrivaient, escortés respectivement de Murakumo et Usagi. En découvrant la salle, Yukine eut un sifflement de surprise, contrairement à son maître qui se figea sur place après une brève observation des lieux. Tsukuyomi n'ignora pas sa réaction et eut un léger sourire. Oui, il avait compris.
_ Je ne pensais pas que tu connaîtrais cela.
Yato leva vers lui une expression mêlée de colère froide et - était-ce bien cela? - de peur? Le dieu de la lune déchiffra sans mal la question que son regard flamboyant lui assenait avec hargne.
_ La première épreuve, celle de l'humilité, était une épreuve d'Amaterasu. A présent, c'est à mon tour de te tester, Yato.
_ Après ce que vous avez dit le premier jour, je ne m'étonne même pas que ce type d'épreuve vienne de vous, riposta le jeune homme avant de laisser son ressentiment transparaitre dans sa voix. Pourquoi sont-ils ici?
Restés derrière leur ami, Yukine et Hiyori s'échangèrent un regard interloqué. Il parlait d'eux, là?
Tsukuyomi conserva un air détaché et décrivit de sa main un demi-cercle devant lui. Les écritures incrustées dans les murs et le sol de mirent alors à briller doucement d'une lueur bleutée.
_ Parce que tout l'intérêt réside justement dans leur présence à cette épreuve.
_ Yato, qu'est-ce qu'il se passe? finit par demander Yukine qui ne comprenait pas l'état de nervosité de son partenaire.
Le kami pesta entre ses dents.
_ Il veut sonder ma tête.
_ Je dirai plutôt "découvrir qui est vraiment le dieu Yato à travers ses souvenirs", corrigea Tsukuyomi d'un air dégagé.
Il fit un signe de la main à Usagi qui l'attendait sagement en retrait et la fillette disparut dans une lumière argentée avant de se matérialiser sous forme de grande faucille dans la main de son maître. Le manche d'argent bien en main, le dieu pointa le parfait arc de cercle nacré de son Arme Divine vers Yato.
_ Alors, Yato? Acceptes-tu de te soumettre à mon épreuve? L'épreuve de sincérité?
Silence dans la salle tandis que les esprits tournaient à mille à l'heure. Hiyori était partagée entre l'appréhension et l'incompréhension. Tsukuyomi voulait sciemment leur révéler le passé de Yato en leur dévoilant ses souvenirs. Dans quel but? C'était auprès des dieux que Yato devait faire ses preuves et à personne d'autre. La jeune fille devinait à la rancune qu'elle lisait sur le visage de son ami qu'il vivait cette épreuve plus comme un viol que comme un test.
"Je suis le dieu de la lune. Je vois bien plus facilement les ténèbres qu'Ama." avait dit Tsukuyomi le premier jour. Hiyori comprit ce que Yato avait compris aussi. Si Amaterasu avait cherché à travers son épreuve à mettre en avant les qualités de Yato, son frère lui, voulait s'attaquer à la part d'ombre qui résidait en lui. Certes, chacun avait sa part de noirceur, mais de là à la jeter en pâture aux yeux de tous?
De son côté, Yato n'avait cessé de soutenir le regard gris de lin de son juge. Il s'était douté qu'il aurait droit à un test qui ferait ressurgir les fantômes de son passé, mais pas de façon aussi directe. Il sentait dans sa nuque deux paires d'yeux qui le scrutaient avec inquiétude, ce qui ne fit qu'exacerber le goût du poison qu'il avait dans la bouche. Pourquoi? Pourquoi cela devait-il se passer comme cela?
Les poings serrés de résolution, le jeune homme avança lentement vers le centre du cercle que Tsukuyomi lui désignait. Hélas pour lui, le dieu devina une nouvelle fois ses pensées :
_ Plus tu fermeras ton esprit, plus ce sera douloureux pour toi.
Les symboles brillèrent plus fort et les monogrammes se mirent à tourner autour de leur forme géométrique.
_ As-tu donc si peur de ce que tu y verras? souffla le dieu de la lune, juste pour son challenger.
Ce dernier ne répondit pas et ferma les yeux avec douleur. Non. Pas ce de qu'il verrait…
Soudain, la lumière bleue devint encore plus vite et éclata jusqu'à engloutir la pièce tout entière. Imitée de Yukine, Hiyori se protégea les yeux du revers du bras avant d'être saisie par une irrépressible envie de dormir. Tout son corps se fit de plomb et son esprit devint brume épaisse. Alors qu'elle se laissait tomber à genoux sur le sol, elle entrevit entre ses doigts tendus Yato qui s'était pris la tête entre ses mains, visiblement en grande souffrance. Elle tenta de l'appeler mais sa voix ne parvint pas à franchir le bout de ses lèvres. Ses dernières forces pour résister vacillèrent et la jeune fille s'effondra.
_ …ri? Ca va? Tu m'entends, Hiyori?
Cette voix lointaine qui s'apparentait à celle de Yukine qui l'appelait depuis le fond d'un tunnel interminable lui fit l'effet d'une résonnance infinie aux quatre coins de sa tête à l'instar d'un gong frappé avec force. Sa tête était comme ancrée dans le sol et son corps y était enraciné. Même si elle ne l'avait jamais vécu encore, Hiyori était certaine que l'effet "gueule de bois" était identique en tout point.
Une main sur son épaule la secoua doucement, ce qui suffit à réactiver le système de mouvements de son corps. L'adolescente papillonna des paupières et découvrit le visage soulagé du blondinet au-dessus d'elle.
_ Yukine… kun…
_ On dirait que le voyage a été plus difficile pour toi, Hiyori-san. Je m'en excuse.
Puis ce fut au tour de Tsukuyomi d'apparaître dans son champ de vision, visiblement en pleine forme. L'homme se pencha et vint aider la jeune fille à se redresser.
_ Merci, murmura Hiyori, la tête encore prise de vertige. Que s'est-il passé?
_ Regarde par toi-même, l'invita Yukine avec impatience. Regarde autour de toi !
Notre amie leva les yeux et en eut le souffle coupé. Ils se trouvaient dans une immense plaine d'herbe tendre qui s'étirait à perte de vue et au-dessus de leur tête, s'étendait un ciel d'une beauté irréelle. Ses couleurs variaient du bleu nuit intense au violet soutenu et des milliers, non, des millions d'étoiles piquetaient cette toile céleste avec une densité si forte que la lumière ambiante s'apparentait à celle d'un crépuscule d'été.
_ C'est… magnifique… lâcha Hiyori, bouche-bée. Où sommes-nous?
Tsukuyomi l'imita et admira la voûte étoilée.
_ Dans l'esprit de Yato, du moins, une personnification de son esprit. Ce qui nous apparait comme des étoiles sont en fait ses souvenirs. J'étais d'ailleurs persuadé que nous allions plutôt nous retrouver dans un couloir avec des portes scellées en guise de souvenirs… ajouta-t-il d'un air pensif
_ Héééé? On va devoir tous les voir? s'écria Yukine avec panique.
_ Bien sûr que non. Seulement ceux qui nous permettront de déterminer qui est le vrai Yato.
_ Tsukuyomi-sama, intervint Hiyori en se remettant debout. Yato avait l'air plus que réticent à l'idée que Yukine-kun et moi allions voir ses souvenirs. Notre présence est-elle vraiment indispensable?
Le dieu la considéra un moment sans rien dire. Il lisait clairement dans ses yeux que Hiyori souhaitait respecter le silence de son ami divin à propos de son passé. Lui-même trouvait cela honorable. Hélas, il n'avait pas d'autre choix.
_ Oui. La difficulté pour Yato à nous exposer son esprit n'est pas la même si vous êtes là.
_ Pourquoi? Pour le forcer à se dévoiler à nous?
_ Hiyori… souffla Yukine avec prudence pour calmer son amie.
La jeune fille l'entendit et savait qu'elle se montrait bien présomptueuse à ainsi tenir tête à une divinité majeure. Mais c'était plus fort qu'elle, elle ne pouvait en démordre. Cette épreuve relevait de la cruauté. Yato ne voulait par leur montrer son passé, pourquoi l'y forcer alors?
En dépit de son apparente forte tête, Hiyori n'en menait pas large et attendit douloureusement la réponse de Tsukuyomi qui la dévisageait avec une expression difficile à cerner. Enfin, le dieu finit par se tourner vers elle.
_ C'est ainsi, Hiyori. Et puis, oserais-tu me dire droit dans les yeux que tu n'as jamais voulu en savoir davantage sur lui? D'où il venait, qui il était avant de te rencontrer?
Piégée. L'adolescente tenta de camoufler au mieux sa gêne mais le dieu n'était pas dupe, il savait qu'il avait mis dans le mille. Cependant, hors de question de passer pour une profiteuse de première classe.
_ Certes. Mais j'aurais voulu qu'il se confie à moi de son propre choix et non mis au pied du mur comme ça, fit-elle remarquer sagement.
Il y eut un bref silence dans la pleine onirique où chacun s'était égaré dans un point lumineux perdu dans l'immensité de cette nuit artificielle. L'étoile qu'ils fixaient était-elle une étincelle heureuse ou une lueur triste? Tout à coup, le ciel se mit à gronder et les couleurs enchanteresses varièrent dans des tons plus froids et sombres. Si Yukine et Hiyori s'interrogeaient sur ce phénomène, Tsukuyomi lui, ne s'en étonnait pas.
_ Il commence déjà à regagner un peu de sa conscience, ce garçon ne veut vraiment rien lâcher, murmura-t-il pour lui-même avant de hausser la voix. Je te l'ai dit, Yato ! Plus tu te fermeras, plus douloureux ce sera !
A ces mots, le ciel gronda encore puis des petits filaments argentés se décrochèrent des étoiles avant de tomber dans une trainée de lumière vers la plaine.
_ Le ciel nous tombe sur la tête? s'écria Yukine en voyant les étoiles filantes foncer droit vers eux.
_ Pas tout à fait.
La première étoile s'écrasa à quelques mètre d'eux dans son impact, une sorte de grande sphère oblongue d'énergie se matérialisa dans laquelle des images apparurent. En s'approchant pour mieux voir, Hyiori poussa une exclamation de surprise.
_ Mais, c'est…!
Dans le miroir chimérique, elle se voyait dans une rue de la ville avec ses amies de lycée lorsqu'elle cessa de suivre leur conversation pour s'attarder dans le regard cyan de ce garçon inconnu qui longeait le trottoir à contre-sens. Brun, vêtu d'un survêtement sombre, elle était incapable de détacher ses yeux des siens.
_ Ma rencontre avec Yato? fit-elle, abasourdie tandis qu'une étoile filante voisine lui montrait le moment où elle s'était jetée sur lui pour le sauver d'un terrible accident de bus.
_ Et là, c'est quand il a fait de moi Sekki, indiqua Yukine qui revoyait la scène de l'attribution de son nouveau nom alors qu'il n'était encore qu'un simple esprit.
Tsukuyomi demeurait silencieux face aux souvenirs qui s'affichaient devant lui. C'était trop facile.
_ Ces souvenirs sont des récents, il est facile pour eux de se montrer à nous. Ceux-là, Yato ne les retient pas vraiment. Sans doute parce qu'ils sont heureux pour lui.
Hiyori et Yukine ne dirent rien, chacun happé par un souvenir qui leur était propre. Lui, au lendemain de son ablution quand Yato lui avait accordé sa pleine confiance. Elle, lorsque Yato s'était battu comme un lion pour elle quand Rabô avait détruit ses souvenirs et qu'il n'avait pas hésité à faire barrage de son corps entre elle et une chute de rochers. Un souvenir heureux…
Leur cœur se serra et sans le vouloir, les deux jeunes gens eurent la même réaction en se tournant vers le ciel perturbé.
_ Yato, nous savons ce que tu ressens, mais cela ne changera rien ! Nous resterons tes amis ! cria Hiyori.
_ Tu resteras toujours un maître crétin, immature et mégalo mais je saurai me montrer digne de ta confiance ! surenchérit Yukine.
Est-ce qu'il les entendait, quelque part dans un coin de son esprit? Pouvait-il ressentir leur empathie pour ce qu'il endurait? A moins qu'il fût prisonnier entre les sombres pensées qu'il gardait au fond de lui comme une chaîne glacée qui l'entravait. Hiyori en était sûre. Ce ciel agité, ces grondements sourds, ces étoiles dont la lueur devenait de plus en plus terne… Tout cela, c'était lui. C'était Yato qui avait mal, qui se sentait perdu. Qui était seul et qui appelait à l'aide.
La jeune fille ne se rendit compte qu'elle pleurait que lorsque les larmes lui brouillèrent la vue.
_ Yato…
Tsukuyomi continuait de scruter la nuit orageuse au-dessus de sa tête, analysant chaque nuance de couleur qui variait en continu. Plus le ciel était foncé et plus il concentrait des souvenirs sombres et à l'inverse, les nuances plus claires démontraient des temps plus légers. Bien que ces variations fussent en constant mouvement, il était facile de voir qu'il y avait une large dominance de couleurs foncées par rapport à la petite portion d'étoiles claires qui chutaient sur la plaine. Avait-il malgré tout réussi à entendre les appels de ses amis? Certainement. Yato était en train de mener une bataille intérieure qui n'avait rien à voir avec celles qu'il avait menées auparavant. Il luttait de toutes ses forces. Il luttait autant contre ces images qu'il refusait d'exposer que contre la puissance magique qui le poussait à ouvrir son esprit. Cruel dilemme.
_ Tu résistes encore, pensa le dieu de la lune qui interprétait les cris du ciel. Je sais de quoi tu as peur et ce test te fait justement affronter cette peur. Si tu as si peu confiance en toi, est-ce parce que tu n'es pas sincère?
Un coup de tonnerre éclata, par provocation. Inutile d'en chercher une traduction par des mots humains, Tsukuyomi devinait sans difficulté ce qu'il voulait dire.
_ Tu l'auras voulu.
Son Arme Divine toujours bien en main, le dieu la mit à hauteur de ses yeux et une lueur d'argent émana de la lame de la faucille.
_ Tsukuyomi-sama? Que faites-vous? s'enquit Yukine, nerveux.
Le cerveau de Hiyori, bien que tournant à mille à l'heure, comprit une demi-seconde trop tard.
_ NON !
Tout se passa très rapidement. Elle s'élança vers Tsukuyomi qui d'un geste circulaire net et impitoyable, trancha de sa faucille les miroirs oniriques qui l'entouraient. Les images se désagrégèrent avant de mourir dans le néant. Une énorme bouffée de colère et de désespoir envahit aussitôt Hiyori et alla se concentrer en un point affreusement douloureux au niveau de son sternum. Elle cria de douleur. Le ciel se mit à hurler dans une teinte noire d'encre puis se fut comme si toutes les étoiles s'étaient crashées à l'unisson dans la plaine.
Le noir.
Le prochain chapitre mettra ma crédibilité d'auteur en jeu. Soyez là!
