Hi everybody !
Pardooooon, je vous ai complètement zappés ç_ç La faute aux vacances vraiment attendues (sinon je pétais un câble à mon travail) et ensuite la rentrée qui n'aide pas. Vraiment vraiment désolée ! * se met en dogeza *
Je vous oublie et pourtant, je continue de recevoir de vos précieuses et gentilles reviews. Vous êtes vraiment supers !
D'ailleurs, je suis désolée mais je ne pourrais pas vous remercier un par un cette fois parce que j'ai changé de PC pendant mes vacances (une énorme machine de guerre gamer qui fait tout tourner en ultra *ç*) et comme j'ai des messages sur l'ancien Outlook et d'autres sur le nouveau, c'est un peu la galère ^^'
Mais n'oubliez pas que je vous adore et j'espère que se chapitre en ravira plus d'un(e) !
Chapitre XIII : L'épreuve qui n'était pas prévue
_ Pourquoi ça dure aussi longtemps? Ca fait une demi-heure qu'ils sont partis!
_ Yato, pour la centième fois. Amaterasu a déjà expliqué que cela prenait du temps.
Nouveau soupir excédé d'impatience dans la grande salle commune.
Suite à l'incident du temple, le retour fut à la fois brutal et discret pour tous. Afin de ne pas compromettre le matsuri aux esprits, Amaterasu et Tsukuyomi avaient évacué Hiyori et Inari, suivis de Yato et Yukine dans le plus grand secret des autres visiteurs pour ne pas ébruiter l'incident qui venait de se produire. Une fois tous rentrés, le dieu de la lune avait emporté Hiyori ailleurs tandis que sa sœur était partie de son côté avec Inari, sans doute pour l'interroger. Yato était tombé des nues quand il avait découvert l'existence de la divinité des céréales et du commerce chez ses hôtes et fut davantage surpris en apprenant que Hiyori connaissait l'enfant. C'était la première fois que le jeune homme rencontrait Inari et la mauvaise impression que ce dernier lui avait laissé ne fit qu'augmenter la peur qu'il ressentait pour son amie possédée. Ce gamin avait l'air plus sournois et pervers qu'un renard. Qu'avait-il donc fait à Hiyori? Rien ne le démangeait plus que de prendre le dieu entre quat 'yeux pour lui faire cracher le morceau, hélas, le retour avait été si rapide que Yato n'avait pas eu le temps de saisir ce qu'il se passait. Tout ce qu'il avait pu entendre des bribes de conversations discrètes entre Amaterasu et Tsukuyomi ne lui expliquait rien de concret. Il avait eu beau exhorter les dieux, ceux-ci avaient refusé de lui en dire plus avant d'avoir enquêté par eux-mêmes.
Et voici donc Yato, seul avec Yukine, consignés dans la salle d'audience du premier jour. Yukine restait immobile, assis en tailleur, les poings serrés et les sourcils froncés, tandis que son maître ne cessait de tourner en rond comme un lion en cage, changeant son sens de rotation tous les dix pas. Cette agitation vaine couplée à la lumière vive du plafond était un supplice sans nom pour Yukine qui ne savait plus quoi faire pour essayer de calmer Yato.
_ Inari… répétait-il à voix basse, empreint de haine vengeresse. J'ai déjà entendu parler de lui… Un déséquilibré qui aime se jouer des autres… Quand je l'aurai devant moi, je…
_ Tu ne feras rien du tout car c'est maintenant du ressort d'Amaterasu et Tsukuyomi ! coupa Yukine d'une voix tremblotante par la lassitude et l'inquiétude.
_ Et laisser impuni ce qu'il a fait à Hiyori? Certai…!
Le shôji qui coulissa dans ses rails le fit taire aussi brusquement que si quelqu'un avait appuyé sur la touche "silence" d'une télécommande. C'était Amaterasu. Yato ne sut dire s'il était satisfait ou pas de la voir revenir en premier. Il avait tout aussi hâte de savoir ce qu'Inari avait fait à Hiyori que de savoir si Tsukuyomi avait réussi à sauver leur amie. Qu'importe. A peine la déesse du soleil fît-elle un pas à l'intérieur que le jeune homme fondit sur elle tel un oiseau de proie en essayant malgré tout de conserver un semblant de sang froid.
_ Alors?
Amaterasu comprit à son empressement qu'il englobait une dizaine de questions à la fois dans ce simple mot. Elle ferma les yeux et eut un soupir dégoûté.
_ Inari a senti que Hiyori était mi-humaine, mi-ayakashi. Du fait qu'il manipule les ayakashis, il… - elle pesait ses mots, cherchait la tournure qui ne ferait pas tout exploser - Il a vu en elle une sorte d'oiseau rare qu'il lui fallait.
Yato écoutait dans un silence religieux mais la dilatation de ses pupilles à mesure qu'Amaterasu parlait en disait long sur le volcan qui grondait en lui.
_ Qu'est-ce qu'il a fait à Hiyori pour qu'elle soit changée comme ça? intervint Yukine qui redoutait le pire.
_ J'ai entrevu mon frère et il m'a dit qu'apparemment, Inari aurait fait en sorte que le côté ayakashi de Hiyori se développe au détriment de sa moitié humaine.
_ Il l'a transformée en ayakashi? explosa Yato qui se faisait violence pour éviter un geste malheureux. Comment ça se fait que personne n'ait rien senti de bizarre? C'est un comble !
Son interlocutrice eut une grimace douloureuse. Cette question était la pire à laquelle elle devait répondre car sa réponse était à la fois implacable et dérisoire : Inari avait bien calculé son coup quand il avait frappé. Hiyori avait beau être une semi-démon, elle demeurait dans sa chair et son sang de constitution humaine. Même si son âme était entièrement corrompue par son "moi" ayakashi, son enveloppe extérieure restait celle d'une humaine et faisait en quelque sorte mur de rétention. En bref, au niveau de l'aura, les divinités présentes ne pouvaient donc ressentir qu'une présence humaine et non démoniaque.
Ce fut l'équivalent du poids d'une enclume qui tomba sur la tête de Yato et Yukine à un point qu'ils en furent mis à quia. Ce fut pourtant le jeune kami qui se retrouva le plus dévoré par la culpabilité : l'ayakashi qu'il avait fait de Hiyori l'avait dévorée de l'intérieur et ce, sans qu'il ne s'en aperçoive. Elle s'était vue disparaitre petit à petit en étant ignorée de tous.
Il serra si fort ses poings que ses ongles dans sa paume lui faisaient mal.
_ On peut faire quelque chose?
Sa question relevait plus de l'ordre qu'autre chose. Amaterasu ne répondit pas tout de suite, perdue dans ses pensées, entre ce qu'elle savait, ce qu'elle espérait, ce qu'elle voulait lui répondre et ce que la réalité était.
Il allait devenir fou. Ces silences étaient des obstacles entre lui et la rémission de Hiyori.
_ Amaterasu-sama!
_ Inari dit que le processus est terminé et qu'on ne peut plus rien faire mais Tsukuyomi veut tenter quelque chose, lâcha la déesse, torturée. Il est encore dans les préparatifs mais il ne sait pas si ça va marcher.
_ Il faut essayer ! s'exclama Yukine en se levant. On ne peut pas la laisser comme ça! Si on a le moindre espoir…
Amaterasu lui adressa un sourire réconfortant.
_ C'était prévu, Yukine-kun. Nous tenterons le tout pour le tout. Et, Yato…
Il n'en fallut pas plus pour retenir le jeune homme qui se dirigeait vers la sortie d'un pas déterminé.
_ Même si cette affaire te touche toi et ton entourage, la punition d'Inari concerne les divinités majeures. Ne rends pas justice toi-même, même si moi aussi, ça me démange de lui mettre mon poing dans la figure.
Yato fut d'abord tenté de mentir et dire qu'il voulait voir où en était Tsukuyomi mais se ravisa rapidement : Amaterasu avait très certainement vu la noirceur qui entourait son cœur ainsi que son envie d'en découdre avec Inari. Cette vengeance en bonne et due forme qu'on lui refusait était une punition qu'il lui était difficile à accepter mais il devait se résigner. Hiyori était sa priorité, il devait se concentrer d'abord sur elle et la sauver.
Ce fut à cet instant que le shôji glissa une seconde fois et laissa apparaitre Tsukuyomi, suivi de près par Usagi. L'homme paraissait à la fois soucieux et impatient. Il scanna rapidement des yeux la salle et les visages et s'arrêta sur Yato et Yukine.
_ Venez.
Tous lui emboîtèrent le pas et se rendirent vers la salle dans laquelle s'était déroulée l'épreuve de sincérité de Yato. Le jeune homme comprit assez vite ce que le dieu de la lune avait en tête.
Lorsque la porte s'ouvrit, le kami et son Arme Divine eurent un même mouvement d'arrêt. Une fois encore, la salle était couverte de symboles étranges et inconnus dans des formes géométriques sur le sol et sur les murs, irradiant les lieux d'une lueur parme blafarde. Le sujet principal de ce tableau mystique se trouvait au centre de la pièce. Allongée sur le dos en plein milieu d'un pentagramme inscrit dans un cercle, Hiyori reposait, les yeux clos, des entraves magiques la maintenant au sol au niveau des chevilles, de la taille et des poignets. On pouvait voir sa queue de renard spirituelle qui longeait sa jambe. Elle semblait endormie dans une sérénité factice qui mit mal à l'aise ses deux amis. La jeune fille ressemblait à une morte qui avait été apprêtée pour être présentée à son entourage. Son calme sommeil n'était qu'une façade qui cachait sans doute une violence et une souffrance puissantes.
Yato fit quelques pas à l'intérieur avec prudence comme s'il eût peur d'effacer le moindre symbole sans quitter son amie des yeux. La voir dans cet état lui tordait les entrailles.
_ Quelle est votre idée? demanda-t-il une fois arrivé près de Hiyori.
_ Faire à peu près la même chose que lors de ton épreuve, répondit Tsukuyomi. Je vais t'envoyer dans son esprit pour que tu y retrouves sa part humaine. C'est notre seul espoir.
Le dieu de la lune expliqua qu'il avait retrouvé des restes de magie ayakashi dans le corps de Hiyori, ce qui était très certainement à l'origine de sa transformation. On l'avait "aidée" à évoluer. Hélas, impossible de faire à présent disparaitre un poison déjà répandu et assimilé. Il fallait dorénavant s'attaquer directement au niveau de l'esprit, l'ayakashi en elle étant une sorte de parasite de la conscience. Si ce parasite venait à être neutralisé, la personnalité humaine de Hiyori devrait revenir à la surface.
_ Mais je ne garantis rien, avoua Tsukuyomi avec gravité.
_ Toujours à voir la part d'obscurité, hein? s'amusa Yato sans joie. Très bien. Que dois-je faire?
_ Le rituel est un peu différent d'hier. J'aurai besoin d'un contact entre vous, le reste, je m'en charge.
Le jeune homme opina du chef et s'agenouilla aux côtés de Hiyori. La lueur pâle des symboles qui tournaient autour d'elle telle une auréole céleste lui donnait le sentiment que sa peau avait perdu toute couleur de vie. Le temps lui était compté, il le savait.
Sans s'en rendre compte, sa main se posa sur celle de son amie. Sa peau était froide, ses doigts raides. Etait-ce l'effet d'entrave de ses liens magiques ou était-ce le démon qui était en elle qui lui aspirait toute sa vie? Un frisson glacé le parcourut à cette pensée.
_ Je vais commencer, annonça Tsukuyomi, sa faucille de nacre dans la main.
Yato serra brièvement les doigts de son amie entre les siens puis s'étendit près d'elle, toujours sans la lâcher, puis il expira un bon coup avant de fermer les yeux.
_ Ramène-la, Yato, pria Yukine d'une voix profonde.
Le kami lui répondit par un bref signe de tête puis essaya de faire le vide dans son esprit. Il entendit Tsukuyomi s'avancer puis le froissement de ses vêtements. Suite à cela, en dépit de ses paupières closes, Yato devina que les symboles autour de lui s'étaient mis à briller plus fort tant le noir autour de lui s'était tout à coup éclairci. Son corps se fit aussi beaucoup plus lourd comme s'il cherchait à s'enfoncer dans le parquet avant de ressentir ensuite une sensation de légèreté extrême. Il n'avait plus conscience de la moindre partie de son être, hormis sa main sur celle de Hiyori. Son ouïe se brouilla à son tour affaiblissant les sons autour de lui comme s'il avait un casque épais sur la tête. Lorsque qu'il sentit ses oreilles se déboucher suite à une courte apnée, sa main perdit le contact. Il prit peur.
_ Ah!
Il rouvrit aussitôt les yeux et découvrit avec surprise qu'il n'était pas au même endroit.
Yato se trouvait au milieu de nulle part, perdu dans une immensité ouverte sans mur, sans toit ni ciel. Il n'avait que pour seul repère dans ce vaste espace un sol lisse qui ressemblait à de l'eau. Une eau grise, trouble dont on ne pouvait voir s'il y avait un fond. Autour du kami, le silence quasi spatial n'était effleuré que par le son de gouttes d'eau qui tombaient dans une flaque. Il leva les yeux mais ne vit rien pas plus qu'il ne sentait ou ne voyait de l'eau tomber sur lui. Ce ne fut que lorsque qu'il regarda devant lui qu'il put voir le phénomène : des petits cercles se traçaient ici et là sur la surface du sol aqueux qui se froissait le temps pour la goutte de se faire happer dans le noir de l'eau. Qu'était la symbolique de ces gouttes qui disparaissaient dans les ténèbres? Mieux valait ne pas chercher à l'interpréter. Le temps pressait.
_ J'arrive, Hiyori.
Il se mit alors en route, guidé par le chemin qu'il avait vu dans les ondes froissées de la surface. Yato savait qu'il ne pouvait pas se permettre de se perdre dans les limbes de la conscience de son amie mais il n'avait pas d'autre piste. Il comptait sur son envie indéfectible de la sauver, elle serait son guide.
Il marcha ainsi pendant un temps qu'il ne sut mesurer. Le monde qui l'entourait était une dimension à part dans lequel toute sensation était troublée. L'espace était tout aussi déformé à un point que le kami finit même par se demander s'il avançait réellement. Son doute se dissipa lorsqu'il vit une fine brume blanche se former au loin puis s'épaissir de plus en plus à mesure qu'il approchait. Nul doute qu'il avait trouvé ce qu'il cherchait.
Yato accéléra le pas et s'engagea avec détermination dans les limbes qui avaient la dérangeante propriété d'occulter le moindre son. Plus de bruit de goutte d'eau, pas même celui du froissement de ses vêtements. Le jeune homme essaya d'appeler Hiyori mais sa propre voix ne lui parvint pas.
_ Je parie que c'est l'ayakashi qui me barre la route, rumina-t-il en son for intérieur.
Loin de le décourager, cette pensée ne fit qu'accroitre sa combattivité. Yato poursuivit sa progression en appelant son amie dans l'espoir que la moindre bribe de sa voix lui parviendrait.
_ Ah, qu'est-ce qu'il est bruyant…
Cette voix grinçante qui n'avait rien d'humain lui parvint au même moment qu'il sortit du brouillard. Le kami se retrouva face à une créature qu'il ne sut définir au premier abord. C'était un mammifère au corps gracieux et souple comme un chat aux pattes puissantes dotées de griffes affûtées comme des lames et dont le pelage était d'un rouge cramoisi semblable au feu des Enfers. La tête, elle, était issue d'un croisement hideux entre un félin aux yeux en amande et un renard au long museau. La bête était sagement assise par terre, seules ses neufs longues queues se dressaient dans son dos, retenant en leur extrémité le corps inanimé de Hiyori. Le sang de Yato ne fit qu'un tour.
_ Hiyori !
Le corps enlacé par la taille et les chevilles, les bras écartés en croix par deux autres queues de l'ayakashi, la jeune fille était tel un papillon épinglé dans un tableau de collectionneur. Sa tête retombait sur sa poitrine, son visage caché par une cascade de cheveux chocolat.
_ Elle aura lutté jusqu'au bout. A tel point que j'ai cru qu'elle allait réussir à m'avoir, minauda l'ayakashi en se léchant une patte. Quand elle se sera entièrement endormie, il ne restera que moi.
_ Parce que tu crois que je vais laisser l'abomination que tu es prendre ses quartiers? répliqua le kami avec fureur.
_ Oh oh ! J'attends bien de voir avec quoi tu comptes me déloger!
La triste réalité lui revint en pleine figure avec la violence d'un boomerang. La bestiole avait horriblement raison : il était seul et sans arme. Sa grimace d'horreur mêlée à de la colère amusa grandement le monstre qui eut un ricanement de victoire dédaigneux.
_ Réfléchis une petite minute, kami. Les ayakashis se nourrissent de la négativité des humains, n'est-ce pas? Ta chère petite protégée ne s'est pas transformé toute seule…
Yato écarquilla les yeux face à ce discours, saisi d'une douleur coupable.
_ Mais oui, appuya le félin démoniaque d'une voix mielleuse. Depuis que vous êtes entrés dans cette demeure, tu n'as fait que me nourrir. Et le coup de grâce final a été la vision de ton passé : le calme et serein esprit neutre qui devient un kami sanguinaire sans état d'âme qui ne pensait qu'à sa survie en fauchant les vies des humains, quel choc.
Le jeune homme ne bougeait plus, tétanisé par cette même peur qui l'avait assailli lorsque Hiyori l'avait rejeté après son épreuve de sincérité. Ce qu'il craignait était donc finalement vrai? Il avait déçu Hiyori au point d'avoir causé la perte de sa part humaine en ayant donné de la force au démon qu'elle avait en elle? Mais qu'avait-il fait? C'était une nouvelle trappe qui s'ouvrait sous ses pieds et qui le happait dans le vide sous les rires devenus lointains de l'ayakashi.
C'était étrange. Le "plic" régulier et apaisant des gouttes qui s'écrasaient à la surface de l'eau lui était devenu lointain. Ce son discret et net d'une monotonie tranquillisante lui faisait pourtant beaucoup de bien. La douleur s'amenuisait, la peur disparaissait. Le sommeil qui l'avait enlacée était si dense et rassurant et pourtant, c'était comme si une petite craquelure avait zébré ce cocon si accueillant dans lequel elle s'était abandonnée. Qu'était-ce ? Qu'est-ce qui perturbait sa félicité?
Pourquoi était-elle là, d'ailleurs? Pour échapper au mal, se rappelait-elle vaguement. Mais ce mal, d'où venait-il? Hiyori sentit ses sourcils de froncer subrepticement sous la concentration. Sa tête faisait un blocage, comme si un voile invisible lui cachait la partie de ses souvenirs qu'elle devait atteindre. Bah, était-ce si important, après tout? Elle était si bien ici, dans ce vide chaleureux. Pourtant, une petite pique de glace prenait un malin plaisir à la titiller au fond d'elle. Qu'était-ce? Pourquoi sa sérénité était-elle ainsi brouillée? Etait-ce un signe?
Les gouttes d'eau étaient encore plus lointaines à présent. La brèche de sa bulle laissait filtrer un courant d'air froid qui la fit frissonner. D'où venait-il? Cet air froid avait l'étrange pouvoir de l'emplir d'une immense tristesse. Son cœur saignait et résonnait à l'unisson avec le pique de glace. Pourquoi avait-elle si mal? Pourquoi avait-elle l'impression d'avoir un trou béant dans la poitrine? Qu'est-ce qui lui manquait? Que n'avait-elle pas achevé?
Le froid flottait à présent autour d'elle, s'insinuant dans le mal-être qui la prenait désormais tout entière. Cette tristesse, cette souffrance… Ce n'était pas les siennes… Ce n'était pas elle qui avait mal…
Non… La personne qui souffrait… Celle qui était vraiment seule… Celle qu'on cherchait à lui enlever…
_ Ya… to…
Ses deux syllabes fuirent d'entre ses lèvres dans un souffle à peine audible et pourtant, il n'en fallut pas d'avantage pour briser la coquille de sérénité factice qui l'enveloppait. Un faible mouvement de la main suffit à figer l'ayakashi :
_ Quoi?! Comment a-t-elle pu reprendre conscience? s'étrangla-t-il en se retournant vers ses queues.
A ces mots, Yato sortit de sa noire torpeur et l'imita. Son cœur rata un bond quand il vit Hiyori papillonner faiblement des paupières. Elle revenait à elle!
La tête encore embrumée, la jeune fille tenta de se redresser mais réalisa que son corps était entravé. De la fourrure? Elle se souvint. C'était le monstre kitsune qu'Inari avait introduit dans son corps avec un grain de riz. Hiyori baissa les yeux vers le démon et vit qu'il n'était pas seul. Voir Yato lui fit l'effet d'un rayon de soleil qui transperçait des nuages noirs chargés de pluie.
_ Yato ! Tu vas bien ! s'exclama-t-elle, la voix chargée par l'émotion.
Ses mouvements pour se libérer de ses chaînes de fourrure n'étaient pas du tout du goût du monstre qui s'agitait de plus en plus comme s'il était tourmenté par un mal intérieur. Le félin grattait le sol comme un dément, secouait la tête et remuait ses queues valides dans tous les sens.
_ Non ! Non ! Je suis plus fort que toi ! vociférait-il avec rage. Tu n'aurais pas dû te réveiller !
_ J'ai encore des choses trop importantes à faire pour m'effacer devant toi! répliqua Hiyori avec tout autant de véhémence. Disparais, imposteur ! Tu n'es pas mon autre "moi"!
Le monstre redoubla de violence dans ses gestes en poussant des cris aigus à un point si inquiétant que Yato ne savait quoi faire, craignant pour la sécurité de son amie restée en hauteur. Hélas, il ne pouvait rien faire de plus que d'assister avec impuissance à la scène digne d'un exorcisme spectaculaire. L'animal tournait sur lui-même, tombant à plusieurs reprises sur ses flancs comme si ses pattes ne le portaient plus, secouait la tête pour chercher à se débarrasser d'un insecte invisible qui tournait autour de lui. Il finit par retomber sur le sol avec un hurlement plaintif déchirant. Au même moment, ses neuf queues retombèrent, privées de toute force.
Le souffle en suspens, Yato s'élança.
_ Hiyori…!
Tout se passa très vite et pourtant, il sembla au jeune homme que la scène se déroula au ralenti. La dernière queue toucha terre en même temps qu'il arriva près de Hiyori. Il n'eut qu'à tendre les bras pour rattraper contre lui la jeune fille qui tomba aussi légèrement qu'un oiseau aux ailes brisées.
_ Yato !
Pourtant… ce fut avec une force inouïe que Hiyori le serra, les bras enroulés autour de ses épaules. Cette subite étreinte, presque désespérée, ébranla le kami qui se sentit tout à coup bien faible.
_ J'aurais dû faire ça il y a longtemps, murmura l'adolescente d'une voix chargée, la tempe contre celle du dieu. Pardonne-moi d'avoir tardé.
Yato n'osait plus bouger pas plus qu'il n'osait parler. Des dizaines de choses lui traversaient l'esprit sans qu'aucune ne puisse se formuler dans sa gorge. Seule cette impression de chaleur qui lui montait de la poitrine au visage lui était parfaitement claire.
Hiyori ne retint pas davantage la brûlure dans ses yeux se muer en larmes. Elle resserra encore ses bras et laissa la fragrance si douce qu'elle aimait tant lui emplir l'esprit pour le vider de tout le reste. Elle ne le laisserait plus s'éloigner. Pas tant qu'elle ne lui avait pas dit tout ce qu'elle aurait dû lui dire.
_ J'ai assisté à ta naissance en tant que dieu…
Le kami cligna des yeux avant de les baisser.
_ Tu as vu… souffla-t-il en se revoyant couvert de sang et des marées de cadavres autour de lui. J'étais…
A sa surprise, loin de le fustiger, Hiyori l'étreignit davantage.
_ Toutes ces années… Tout ce temps… Alors que les hommes t'ont arraché à ta félicité naturelle… murmura-t-elle, les mots chevrotant dans sa gorge. Comme tu as dû les maudire pour cela. Tu as été seul… Tellement seul… Ca m'a fait si mal de te voir ainsi…
Yato n'en revenait pas. Cette fille ne savait-elle donc pas se préoccuper un peu d'elle?
_ C'est ma faute si tu as été changée en ayakashi, dit-il d'une voix rauque. Je n'ai rien vu de ce qui t'arrivait.
_ C'est moi qui n'ai pas été assez forte pour lutter contre le démon. J'ai été dépassée par mes propres ténèbres. Des idioties. Alors que j'avais tellement besoin de te parler. De te dire que tu n'es plus seul… De te dire qu'on a besoin de toi, Yukine et moi. Peu importe qui tu as été.
La goutte d'eau salée qu'il sentit rouler dans son cou eut fini de l'achever, en même temps que ces derniers mots :
_ Il n'y a que "toi" qui comptes, Yato.
Il déglutit difficilement tant sa gorge était nouée. Son corps était complètement liquide et son esprit était à la fois retourné et clair comme du cristal. Quelle était cette lumière qui croissait en lui? Depuis quand les mots de Hiyori pouvaient-il le désarmer à ce point?
Il ferma les paupières pour apaiser cette brûlure qui montait à ses yeux et serra son amie de toute sa force, une main glissée dans ses cheveux bruns. Merci d'exister, Hiyori.
Le temps s'arrêta autour d'eux et les oublia, les laissant seuls dans cet instant qui leur appartenait. Rien d'autre que la présence de l'autre tant recherchée ne comptait. Hélas, cette joie retrouvée s'acheva en même temps que le corps de Hiyori se fit tout à coup plus lourd contre celui de Yato.
_ Hiyori? Ca va? s'inquiéta-t-il en la retenant tandis qu'elle relâchait les bras autour de lui.
_ Je… Je me sens…
Le kami mit aussitôt un genou à terre pour asseoir son amie. Les yeux à demi-clos, Hiyori semblait lutter pour garder la tête droite et ne pas sombrer. Son regard embrumé finit par se focaliser sur quelque chose qui se trouvait un peu derrière Yato. Ce dernier finit par regarder par-dessus son épaule et découvrit avec étonnement le corps inanimé, non pas de l'ayakashi monstrueux à neuf queues, mais d'une sorte de chat un peu plus grand que la moyenne aux grandes oreilles pointues et à la très longue queue fine, semblable à celle de Hiyori. Le flanc de l'animal au pelage framboise se soulevait et se creusait en de rapides mouvements de détresse respiratoire et ses pattes remuaient subrepticement.
_ Cet animal… dit Yato qui sentait l'angoisse monter en lui. Ce ne serait pas…
_ Si. Ma vraie part ayakashi, acheva Hiyori dont l'attention se faisait de plus en plus lointaine. Yato…
Elle leva et posa une main chancelante sur la joue du jeune homme et lui sourit avec confiance.
_ Termine ton Elévation.
Là, il paniquait vraiment. D'instinct, il prit la main de Hiyori dans la sienne comme s'il pouvait réellement la retenir de sombrer.
_ Quoi? Qu'est-ce que tu dis? s'exclama-t-il, le cœur bondissant comme un fou dans sa poitrine. Tu seras là pour y assister, non? Hein?
Ses paupières étaient presque closes.
_ Tu y arriveras…
Ces cils se scellèrent, sa main se fit plume. Il cria.
Yato se redressa d'un bond comme le diablotin qui surgissait de sa boite, le sang battant à ses tempes et le myocarde au bord des amygdales. Autour de lui, le blanc infini de l'horizon s'était rétréci en la pénombre bleutée de la salle de rituel. Mais la seule chose à laquelle il prêtait attention était cette peau froide entre ses doigts. Il ne lui fallut qu'une demi-seconde pour réaliser et se retourner vers le corps qui gisait près de lui.
_ Hiyori ! Tu m'entends? Réveille-toi!
Ses paumes refermées sur les joues pâles de l'adolescente ne diffusaient que du frais. Son visage demeurait prisonnier d'un sommeil sans rêve. Il l'appela encore. Pourquoi ne se réveillait-elle pas !
_ Yato, du calme !
Il sursauta. La grande main de Tsukuyomi qui s'abattit tout à coup sur son épaule le ramena aussitôt à la réalité. Le dieu de la lune l'observait avec incompréhension et impatience bien qu'il tentait de garder son calme.
_ Que s'est-il passé? demanda Tsukuyomi.
Incapable de lâcher Hiyori par crainte de perdre à tout jamais la possibilité qu'elle se réveille, le kami expliqua comme il put son incursion dans l'esprit de son amie. Il ne savait même pas s'il était intelligible et cohérant dans son récit, il voulait juste en finir pour savoir ce qu'il fallait faire pour ramener Hiyori à la vie.
A mesure de l'histoire, Tsukuyomi passa par plusieurs expressions qui filaient et se modifiaient sur son visage, regardant tour à tour Yato, Hiyori ou dans le vide pour réfléchir. Visiblement, il faisait de son mieux pour tout comprendre du premier coup. Faire répéter Yato n'aurait pas été une bonne idée vu l'état dans lequel il était.
_ Elle a vaincu son démon, pourquoi elle ne revient pas à elle? demanda Yukine qui avait assisté à la scène, pétrifié.
_ Mais son démon à été touché lui aussi, ce n'est pas sans conséquence… répondit Tsukuyomi l'air étrange.
_ Que voulez-vous dire? s'empressa Yato.
L'espèce de chat inconscient que Yato avait vu était bel et bien la part ayakashi "normale" de Hiyori. Le renard démoniaque à neuf queues qui avait emprisonné la jeune fille n'était en fait que la version parasitée du chat et transformée par le poison. La part humaine et ayakashi de Hiyori forment un tout qui dépend l'une de l'autre. Si l'une est touchée, l'autre l'est aussi. S'ils avaient su que c'était la moitié ayakashi qui avait été la proie du parasite et non la conscience humaine de Hiyori, ils auraient pu ajuster le tir et venir en aide aux deux entités.
Il y eut un moment de blanc pendant lequel la faculté de penser de Yato et Yukine disparut.
_ Mais… elle va se réveiller, n'est-ce pas?
Tsukuyomi laissa son regard errer sur le corps inanimé de Hiyori et le désespoir marqué de Yato. Il n'aimait pas être à cette place en cet instant précis.
_ C'est… compliqué, lâcha le dieu avec un soupir. Cette entité ayakashi vient de toi, Yato. C'est lorsqu'elle t'a sauvé la vie que Hiyori a traversé l'Autre Côté. Vous êtes tous les trois liés par ce triangle. Ca ne pourrait se jouer qu'entre vous et encore, je ne suis pas sûr du comment…
Le silence s'abattit tout à coup sur l'ouïe de Yato. Il n'entendait plus Yukine qui bombardait Tsukuyomi de questions pour essayer de trouver une solution. La seule chose qu'il comprenait encore était celle qu'il ne voulait justement pas comprendre : Hiyori était peut-être perdue à tout jamais. Elle n'ouvrirait peut-être plus jamais les yeux, ne lui sourirait plus, ne le gronderait plus. Elle ne serait plus là. Cette perspective peignait son décor de noir et de blanc, sans chaleur ni goût. Et tout cela était en grande partie de sa faute à lui.
Yato se revit un instant dans cette rue, à appeler un chat perdu. Il n'avait pas fait attention à ce groupe d'étudiantes en uniforme qui arrivait en contre-sens au bout de la rue. Pourquoi son regard s'était-il arrêté sur cette fille en particulier? Il se rappelait ses yeux fuchsia qui semblaient tout aussi captivés et intrigués que les siens. Et quand elle avait plongé sur lui pour lui éviter cet accident… La folle. Quelle inconsciente. Il lui semblait bien que quelque chose l'avait traversé quand elle l'avait touché.
Et à cause de ce "quelque chose", la voici perdue dans les limbes.
Le jeune homme se pencha et posa son front contre celui de Hiyori. Non. Il ne la laisserait pas ainsi. Peu importe le prix. Pas elle.
_ Donnez-lui mes pouvoirs.
Les voix de Yukine et Tsukuyomi moururent dans un silence stupéfié. Quand il se redressa et se retourna, Yato trouva deux expressions hébétées (bien que celle du dieu de la lune fut plus réservée que la mâchoire pendante du jeune garçon).
_ Quoi? L'ayakashi qu'elle a en elle vient de moi. Il n'y a que moi qui puisse faire quelque chose alors donnez-lui ma force pour le sauver et sauver Hiyori.
_ Yato, tu… commença Yukine.
_ Vous pouvez le faire? coupa le kami en regardant Tsukuyomi droit dans les yeux.
Le dieu le considéra sans rien dire. Ce garçon avait le don de l'étonner aussi facilement que Hiyori. Tous deux ne s'étaient pas trouvés par hasard. Yato avait songé à ce que lui aussi avait pensé sans avoir osé en parler. Mais cette idée n'était pas la solution absolue, rien ne garantissait son succès. Il l'avait pourtant proposée - pire, imposée - avec une détermination farouche impressionnante. Oui, Yato n'avait vraiment plus rien à avoir avec le jeune homme en kimono sombre qu'il avait vu auparavant.
_ C'est un rituel compliqué mais faisable, concéda Tsukuyomi avec prudence. Mais sache que c'est une décision coûteuse et dont l'issue est incertaine.
_ C'est ma décision, appuya Yato, le regard aussi implacable que dans sa lointaine jeunesse.
Son interlocuteur opina lentement du chef avec un faible soupir. Certains kamis avaient beau se défendre de ressembler aux humains, ils pouvaient pourtant avoir des réactions aussi drastiques et imprévisibles qu'eux. C'est sans doute aussi pour cela que leurs deux mondes ne pouvaient vivre l'un sans l'autre.
_ Comme tu vou…
_ Inutile de s'enflammer autant.
Cette voix feutrée à l'arrière ton moqueur réactiva le sang de Yato et Yukine qui s'enflammèrent d'envies de meurtre. Accompagné par Amaterasu, Inari venait d'entrer dans la salle. Sa mine boudeuse comme un sale gosse qui s'était fait prendre pour la première fois était simplement insupportable. Le dieu bondit sur ses pieds mais fut vite intercepté par Tsukuyomi qui se mit en travers de son chemin.
_ Tu as des choses à nous dire, Inari? demanda-t-il simplement d'un ton calme néanmoins péremptoire.
Le gamin balaya la pièce d'un bref coup d'œil. La fraction de seconde qu'il passa sur Hiyori donnait à Yato l'envie de le détruire à mains nues.
_ Amaterasu-dono m'a expliqué ce que vous avez fait. S'il ne reste que l'ayakashi initial, même dans un sale état, il n'y a rien à faire de plus. Même s'il vient directement de Yato, c'est à Hiyori de faire le reste du travail car c'est elle qui cohabite avec le démon. Je pense même que lui donner ses pouvoirs ne ferait que compliquer les choses.
Yato fut soulagé que Yukine pose la question à sa place :
_ Quelles sont ses chances de s'en sortir?
_ Cinquante-cinquante? minauda le dieu avec un sourire sardonique vengeur. Les grains de Tamamo no Mae sont assez "envahissants".
_ Ca suffit, coupa Amaterasu qui sentit que la situation pouvait dégénérer d'un moment à l'autre. Tsukuyomi, emmène-le. Je voudrais parler à Yato.
L'homme hocha la tête et prit le relais en escortant Inari hors de la pièce, sans doute pour le consigner en attendant de statuer sur son sort. L'atmosphère devint dès lors plus respirable. La déesse du soleil lâcha un soupir de soulagement et alla retrouver ses deux hôtes qui étaient tendus comme des arbalètes.
_ Il reste encore un espoir, aussi infime soit-il, rappela-t-elle avec douceur.
_ Ce qu'il a dit sur le fait de donner mes pouvoirs à Hiyori, c'est vrai? demanda Yato sans en démordre.
_ Hélas, j'aurais tendance à être d'accord avec Inari. Si un pouvoir ayakashi a fait autant de dégâts, je resterais prudente avec des pouvoirs divins.
Le jeune homme se mordit la joue, frustré. Alors, il ne pouvait rien faire de plus que d'attendre? Sans rien faire? Cette idée le torturait au plus haut point.
_ Que vouliez-vous me dire sinon? demanda-t-il tout en essayant d'ignorer l'aigreur qui se diffusait en lui.
_ Le moment n'est pas le plus approprié, je le conçois, mais dans un souci de timing, je dois te demander si tu voulais tout de même accéder à l'Elévation, demain.
Yato fronça les sourcils. En effet, il n'avait pas la tête à ça.
_ Il me reste une épreuve pourtant.
La jeune femme eut un sourire gêné. Qu'il était compliqué d'annoncer de bonnes nouvelles quand tout le reste autour était sombre et grave.
_ Eh bien… La troisième épreuve prévue était celle de générosité. Mais quand je t'ai vu prêt à sacrifier tes pouvoirs pour Hiyori, je n'ai pas pu imaginer meilleure preuve d'altruisme. Tu as fait preuve d'une grande noblesse d'âme, Yato.
_ Noblesse d'âme qui ne peut pas influer sur la rémission de Hiyori, grinça son interlocuteur sans joie. La belle affaire.
Il regarda derrière son épaule. Hiyori n'avait pas remué d'un cil. Avait-il vraiment le droit de la laisser ainsi même si tous lui disaient qu'il ne pouvait rien faire de plus? Lui parler de son Elévation dans un moment pareil était comme lui demander d'oublier Hiyori. Pourtant…
Pourtant, elle comptait sur lui. Comment avait-elle pu lui demander cela dans un moment pareil? Idiote…
Il se tourna vers Amaterasu, animé d'une nouvelle énergie.
_ Très bien. L'Elévation aura lieu demain.
On se rapproche de la fin !
