La galerie 291, située sur la 5e Avenue accueillait d'ordinaire les expositions de grands artistes. Mais cette fois ci, ce fut celle d'un inconnu qui avait l'honneur de figurer parmi les grands. Était-ce parce que c'était un survivant du Titanic? Bien sur, cette hypothèse était probable pour certains, mais d'autres supposaient qu'un nouveau talent avait été repérer et on attendait l'exposition de ce nouvel artiste avec une impatience grandissante.

Pour une jeune femme en revanche, cet évènement était important pour une toute autre raison. L'exposition était prévue pour 1 semaine. Aura t-elle la chance de rencontrer l'artiste?

Son cœur se serra, alors qu'elle se trouvait devant le bâtiment. Elle hésitait à en franchir les portes. Molly avait raison mais elle n'avait pas la force de l'entendre. Elle aurait pu avoir la réponse bien plus tôt, mais elle n'avait pu s'y résoudre. Et aujourd'hui, elle était là.

Un léger vent se leva dans son dos, la poussant a pénétrer à l'intérieur.

Cal fut informé à l'instant même où elle pénétra dans l'édifice.

"Que faisons-nous, monsieur?

- Elle va certainement demander des informations sur l'artiste. Faites lui savoir qu'il sera présent à la fin de la semaine. Encouragez la à revenir et précisez lui de ne pas oublier de laisser un mot dans le livre d'or.

-Bien, Monsieur.

Henri quitta la pièce le cœur serré. Il ne savait pas exactement ce que tramait son nouveau patron, mais son instinct lui criait qu'il nourrissait e noirs desseins envers cette femme. Il suivit néanmoins les ordres à la lettre.

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Il s'approcha de la jeune femme qui se tenait timidement à l'entrée de la galerie. Elle contemplait un des dessins. Sa main se leva, semblant vouloir toucher ce dernier et retomba tout aussitôt. Il put voir qu'elle tremblait. Sa chevelure rousse tombait délicatement sur ses frêles épaules. Son regard se perdait dans la contemplation de l'œuvre, happé et même prisonnier.

"Vous semblez apprécié cette esquisse, mademoiselle.

Elle tourna son regard noyé d'émotions vers lui et ne sut lui répondre. Il fut envouté par cette fascinante beauté dont la fragilité submergeait les traits en cet instant.

- Tout va bien?, bégaya t-il.

- Oui, eut-elle la force de répondre, je vous remercie.

- Bien, je vous laisse profiter de l'exposition.

Il se retourna pour partir mais elle l'arrêta et posa la question qui lui brulait les lèvres.

- Savez-vous si l'artiste est ici?

- Non, il sera là le dernier jour. Mais si vous ne pouvez pas être présente, vous pouvez laisser un mot dans le livre d'or.

-Merci, lui répondit-elle.

Elle se détourna de lui, à nouveau captivée par la première œuvre. Il ne tenta pas de lui adresser la parole de nouveau. Le cœur lourd, il rejoignit son poste.

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A la fin de la journée, Cal consulta le livre d'or. Ses yeux parcourait les pages avec impatience quand soudain il reconnut son écriture. Le mot était court et simple :

"Tu sautes, je saute."

"Le plan a marché, murmura t-il pour lui-même.