Chapitre 7

Les trois jours suivants se déroulèrent de la même façon. La table apparaissait ponctuellement à dix-neuf heures chaque soir. Hermione s'approchait et se penchait par-dessus quelques minutes avant vingt heures. Malefoy entrait… performait… puis repartait sans un mot.

Hermione se récitait intérieurement de la poésie et essayait de faire partir son esprit aussi loin qu'elle le pouvait. Tout pour ne pas penser à ce qui était en train d'arriver à son corps.

Elle n'était pas là. Elle était allongée en travers d'une table parce qu'elle était fatiguée. Elle passait ses doigts sur le léger grain du bois. Peut-être que c'était du chêne. Ou du noyer.

Aussitôt qu'elle était autorisée à quitter la table, elle grimpait dans son lit et espérait que le sommeil viendrait. Elle n'était pas autorisée à se laver avant le matin suivant, et elle n'avait pas envie de sentir le fluide entre ses jambes.

Elle essayait de ne pas y penser. Pas pendant que c'était en train d'arriver. Ni ensuite. Ni le lendemain matin. Elle… essayait juste de ne pas y penser.

Il n'y avait rien qu'elle puisse faire.

Elle essaya d'enterrer ça dans un coin de son esprit. Emmener son esprit aussi loin de son corps qu'elle le pouvait et y rester.

Quand elle se réveilla le matin suivant le cinquième jour, elle avait envie de pleurer, elle était si soulagée que ça soit - au moins temporairement - terminé. La sourde sensation d'horreur qui demeurait dans son ventre parut s'alléger légèrement.

Elle se leva et se baigna. Récurant rituellement chaque centimètre carré d'elle-même. Puis elle se tint avec résolution devant la porte de la chambre.

Elle allait sortir. Elle allait sortir de sa chambre et explorer au moins… quatre. Quatre des autres pièces du couloir.

Elle était déterminée. Elle allait examiner chaque recoin et voir si elle pouvait trouver une arme potentielle avec laquelle tuer Malefoy.

Elle avait imaginé sa mort de multiples façons créatives au cours des derniers jours. Avait nourri le fervent désir de regarder la lumière quitter ses yeux. Elle donnerait n'importe quoi pour planter une lame dans son cœur froid.

Elle avait envie de planifier son étranglement ou son empoisonnement.

Voldemort et Antonin Dolohov mis de côté, il n'y avait personne d'autre dont Hermione souhaitait la mort avec autant de ferveur.

Dolohov avait été à la tête de la section de recherche sur les sortilèges de Voldemort. Les sorts les plus horribles qui étaient nés au cours de la guerre lui étaient attribuables. Hermione se demanda s'il était en vie, toujours en train d'inventer de nouvelles méthodes pour tuer les gens dans une lente agonie.

Maintenant, Dolohov et Malefoy étaient presque liés. Hermione ne savait pas lequel des deux elle voulait le plus voir mort. Probablement toujours Dolohov, supposa-elle. Même si le nombre de gens qu'ils avaient tués était équivalent, au moins Malefoy n'était pas aussi sadique.

Elle poussa la porte pour l'ouvrir et fit un pas à l'extérieur. Elle ne s'arrêta pas pour la fermer derrière elle. Elle ne se donna pas le temps de se figer. Elle se précipita dans le couloir jusqu'à la pièce voisine.

Quand la porte fut fermée, elle appuya sa tête contre le cadre et se força à respirer. De longues et profondes inspirations. Faire rentrer de l'air jusqu'au fond de ses poumons et le faire sortir lentement en comptant jusqu'à huit.

Ses épaules tremblaient et ses doigts étaient agités de spasmes. Elle se tourna résolument pour examiner la chambre. Elle était presque identique à la sienne mais avec deux fauteuils et une chaise.

Elle tourna sur elle-même, notant les détails généraux. Ce faisant, elle jura presque quand elle aperçut une peinture sur le mur. C'était une nature morte hollandaise. Une table de fleurs et de fruits. À côté de la table se tenait la sorcière du portrait de la chambre d'Hermione. Elle regardait Hermione avec une légère expression de défi.

Hermione avait envie de jeter quelque chose sur la peinture, mais elle serra les mains en deux poings et se força à ne pas réagir. Elle marcha doucement autour de la chambre. Jetant un œil dans la garde-robe. Sous le lit. Dans la salle de bain.

Elle se glissa derrière les lourds rideaux d'hiver et regarda dehors une autre section du labyrinthe de haies.

Elle vérifia toutes les lames de parquet, mais aucune d'entre elles ne fit ne serait-ce que grincer.

Bien sûr que ça ne serait pas aussi facile.

Elle prit une grande inspiration et se força à marcher doucement vers la pièce voisine.

C'était presque exactement la même. Le portrait la suivit et continua sa surveillance en s'asseyant à un pique nique dans le style impressionniste qui avait lieu près d'une rivière. Grignotant délicatement du fromage alors qu'elle étudiait Hermione.

La troisième chambre était la plus réconfortante. Non qu'elle contienne réellement quelque chose de même vaguement utile, mais la salle de bain contenait une douche. Le cœur d'Hermione bondit légèrement. Elle mourrait d'envie de prendre une douche.

Se laver les cheveux dans une baignoire était l'une des innombrables choses qu'elle détestait dans sa vie. Quand elle s'était réveillée à l'infirmerie de Poudlard après s'être évanouie, ses cheveux et son corps avaient été nettoyés par des sortilèges pour enlever des mois de crasse. Elle ne se souvenait pas de la dernière fois qu'elle s'était correctement lavée les cheveux.

Elle se rendit dans la pièce suivante. Elle continua à avancer. Ses crises d'angoisse semblaient légèrement sous contrôle quand elle se concentrait sur sa progression de chambre en chambre. Compter doucement jusqu'à quatre à chaque inhalation et exhalation.

C'était principalement le couloir qui la préoccupait. L'inconnu vaste et ouvert…

Les pièces individuelles étaient contenantes. Gérables.

Elle traça son chemin à travers toutes les pièces déverrouillées du couloir. La chose la plus proche d'être utile qu'elle trouva dans l'une d'entre elles était un tisonnier - qu'elle ne put toucher.

Elle suivit le chemin du retour vers sa chambre et se blottit dans le fauteuil devant la fenêtre.

Elle se sentait perdue. Qu'était-elle censée faire ?

Elle ferma les yeux.

Elle frissonna légèrement intérieurement. Il fallait qu'elle se rapproche de Malefoy.

Il était ce qu'elle avait de plus proche d'une clé. Tant qu'il demeurait un mystère, elle n'aurait aucune façon de prédire à quoi il faisait et ne faisait pas attention.

Il apparaissait être méticuleux. Tout était incassable. Un portrait dans chaque chambre et salle de bain. Mais personne n'était parfait. Tout le monde avait des faiblesses, et elle trouverait celles de Malefoy et les utiliserait pour le mener à sa fin.

Ce serait, bien sûr, un jeu du chat et de la souris.

Toute faiblesse qu'elle découvrirait, il la verrait rapidement dans son esprit. Si elle ne savait rien de lui et essayait juste d'être imprévisible, il le verrait aussi quand même dans son esprit. Le truc serait d'apprendre à le connaître assez bien pour qu'elle puisse agir avant qu'il ne puisse la stopper.

La pensée d'être à proximité de lui était terrifiante.

Elle siffla légèrement entre ses dents et se roula un peu plus en boule. La simple pensée d'être dans le champ de vision de Malefoy faisait glisser le long de sa colonne vertébrale une sensation aiguë de terreur qui s'enroulait dans le bas de son dos.

Elle enfouit son visage dans le fauteuil.

Elle le ferait.

Vraiment.

Juste… pas encore.

Elle avait besoin de quelques jours de plus pour prendre ses repères. Pour se remettre des cinq jours qu'elle venait juste d'endurer.

Peut-être le surlendemain.

Malefoy ne lui donna pas le temps de se remettre ou de prendre ses repères. Ils entra dans sa chambre alors qu'elle finissait son déjeuner le jour suivant, et elle fut si horrifiée qu'elle hurla presque.

Il resta juste là, la regardant pendant quelques secondes, pendant qu'elle s'agrippait au dos de son fauteuil et essayait de s'empêcher de se recroqueviller.

Pourquoi était-il là ? Que voulait-il ? Allait-il la violer encore ?

Ses doigts tressaillirent et furent agités de spasmes alors qu'elle essayait de se ressaisir.

Les yeux froids et pâles de Malefoy glissèrent sur elle alors qu'il prenait note de chaque détail d'elle. Quelque chose vacilla en eux quand il remarqua ses mains qui étaient agitées de spasmes. Ça disparut rapidement dans une froideur attentive et implacable.

Comme une vipère, un instant avant qu'elle ne frappe.

"Tu n'as pas suivi les instructions," dit-il après l'avoir étudiée pendant une minute.

Hermione ne regarda, perdue.

Était-elle censée ne pas aller dans les autres chambres ? Personne ne lui avait dit qu'elle ne pouvait pas. Il avait dit qu'elle était autorisée à sortir de sa chambre. Elle réalisa que son ventre s'était noué - ça avait sûrement été un piège. Pour lui donner l'opportunité de la punir.

Elle avait l'impression que quelque chose était coincé dans sa gorge alors qu'elle essayait de ravaler sa terreur et deviner ce qu'il allait faire.

"Tu es censée aller dehors pendant une heure chaque jour," dit-il en guise de clarification, ses lèvres se tordant légèrement. "Voyant que tu quittes à peine ta chambre, tu as apparemment ignoré cette instruction. Je ne laisserais pas ton instabilité mentale interférer avec mes capacités à obéir à mon Maître."

Il fit simplement un geste sec vers la porte puis se figea et regarda de nouveau vers elle.

"As-tu une cape ?"

Hermione secoua faiblement la tête. Il grimaça et leva les yeux au ciel.

"J'imagine que te laisser attraper des engelures serait qualifié de négligence et de torture," dit-il avec un soupir. Il sortit sa baguette et, d'un mouvement, fit apparaître une lourde cape d'un rouge profond qu'il fit voler vers elle.

"Viens !" Il marcha d'un air arrogant à travers la chambre et sortit dans le couloir.

Elle le suivit automatiquement alors qu'il la guidait jusqu'aux escaliers principaux de l'aile et à travers une grande terrasse couverte au sol en marbre.

Hermione eut une exclamation étouffée alors qu'elle sortait à l'extérieur et sentait la brise glacée sur son visage. Elle se mordit la lèvre et essaya de se ressaisir alors qu'elle se tenait dans l'encadrement de la porte.

Il se tourna brusquement.

"Quoi ?" demanda-il, ses yeux d'acier se rétrécissant.

"Je… n'ai pas été à l'extérieur depuis le jour où Harry est mort," dit-elle d'une voix légèrement fêlée. "J'ai oublié… à quoi ressemblait le vent."

Il la fixa pendant quelques secondes avant de renifler et de se retourner.

"Une heure. Va," dit-il, faisant apparaître un fauteuil et sortant un journal de nulle part.

Les yeux d'Hermione se verrouillèrent immédiatement sur les titres qu'elle pouvait apercevoir. Elle était si avide d'information que cela retint son attention plus fort que l'abrupte sensation d'être à l'extérieur.

Effort de repeuplement en cours ! scandaient les mots au sommet de la page.

Elle sentit quelque chose se tordre en elle, pressa ses lèvres l'une contre l'autre et détourna les yeux. Malefoy remarqua son regard.

"Tu veux voir ?" demanda-il d'une voix traînante qui lui piqua la peau. Elle entendit le claquement du papier qui se dépliait et jeta un œil pour découvrir une photo d'elle, inconsciente dans un lit d'hôpital, en couverture de la Gazette du Sorcier.

Elle se figea d'horreur.

"La Sang-de-Bourbe de Potter fait partie des premières mères porteuses choisies par le Seigneur des Ténèbres pour faire croître la population magique," disait le résumé inclus sous le titre principal.

Malefoy la regarda avec un petit sourire narquois.

"Regarde, je suis dedans aussi." Sa bouche se tordit dans un léger sourire malicieux et ses yeux brillèrent alors qu'il pointait du doigt une photo de lui-même un peu plus bas dans la colonne. "Au cas où le monde entier voudrait savoir exactement qui te baise et où tu es."

Hermione avait envie de vomir dans les épicéas en pots près de la porte.

"Je pensais que c'était un piège plutôt évident," ajouta Malefoy avec un soupir, détournant les yeux d'elle et s'adossant dans son fauteuil. Il ouvrit le journal avec une expression d'ennui. "Après tout, ta Résistance n'a jamais été connue pour son intelligence. Quelque chose de plus subtil leur aurait probablement échappé. Le Seigneur des Ténèbres a bon espoir que s'il reste quelqu'un, il se sentira moralement obligé de débarquer pour te sauver comme Potter aimait toujours le faire."

Oh dieux…

Le monde entier était au courant que Voldemort l'avait transformée en l'esclave sexuelle de Malefoy pour le programme de repeuplement. Elle était utilisée comme appât.

Hermione recula, se sentant faible. Elle avait besoin de s'éloigner de Malefoy et de sa cruauté avant que son esprit ne se brise. Elle posa sa main sur sa bouche alors qu'elle trébuchait le long du chemin de gravier.

"Si tu te perds dans le labyrinthe de haies, j'enverrai mes limiers pour te tirer de là." La voix dure de Malefoy semblait la suivre.

Elle courut.

Elle n'avait pas couru depuis une éternité, mais elle s'était entretenue dans sa cellule. Tous ces sauts et ces pompes. Tout ce qu'elle avait fait pour éteindre son esprit.

Elle ne pouvait pas penser. Elle avait besoin de bouger jusqu'à ce qu'elle ne le puisse plus.

Elle suivit le chemin en un éclair jusqu'à ce qu'il s'ouvre sur une allée. Elle se dépêcha de la remonter. Les haies qui la dominaient étaient suffocantes.

Tout était suffocant.

Ses mains se levèrent, et elle dégrafa la cape que Malefoy lui avait donnée. Elle sentit le vent la lui arracher.

Elle préférait geler.

Elle courut encore et encore jusqu'à ce que les haies s'arrêtent et que l'allée débouche sur de grands champs. Elle continua à avancer. Parce que si elle s'arrêtait, elle se mettrait à penser. Si elle se mettait à penser, elle pleurerait. Elle ne pouvait pas pleurer. Pas tant qu'elle n'aurait pas trouvé un moyen de s'échapper et d'empêcher tout membre survivant de la Résistance d'essayer de la sauver.

Oh dieux.

Oh dieux…

Finalement, elle s'arrêta.

Ses poumons paraissaient en feu. Le besoin poignant et brûlant d'oxygène était intense alors que sa poitrine se soulevait. Son corps entier était poisseux de transpiration qui devint rapidement une froide morsure sur sa peau. Il y avait une douleur aiguë à son côté. Ses chaussures étaient presque en miettes. Ses robes bordées de boue.

Elle resta là, haletante, et pivota pour voir où elle était.

Le domaine Malefoy semblait sans fin. Des collines grises couvertes d'herbes mortes et de sombres regroupements d'arbres sans feuilles dans le lointain, le tout sous un ciel gris.

On aurait dit que toutes les couleurs avaient été lessivée du monde. Sauf d'elle. Elle se tenait là dans sa robe écarlate. Tranchant sur le monochrome.

Elle pressa ses mains sur sa bouche en continuant à haleter.

Quand sa poitrine cessa enfin de se soulever, elle devint progressivement consciente d'à quel point elle commençait à avoir froid. Il y avait un vent mordant qui traversait le fin tissu qu'elle portait. Ses mains devenaient dangereusement blanches. Elle pouvait sentir ses joues et le bout de son nez commencer à être douloureux. Une sensation glacée dans ses orteils commençait à irradier vers ses jambes alors que l'eau s'imprégnait dans ses chaussures et ses bas.

Elle fit demi-tour pour faire face à la direction dont elle venait. Les haies étaient minuscules dans le lointain.

Elle pressa ses mains glacées contre ses yeux pendant plusieurs minutes. Essayant de réfléchir.

Il n'y avait rien.

Rien de nouveau. Rien qu'elle ne puisse faire.

Ses plans demeuraient les mêmes. Rien n'avait changé.

Sa situation était exactement la même qu'elle l'avait été la nuit précédente. La seule différence était que ses connaissances sur le sujet étaient légèrement améliorées. Les options étaient toujours aussi limitées ; les enjeux s'étaient simplement revus à la hausse.

Elle se retourna doucement.

Elle doutait que Malefoy enverrait réellement ses limiers après elle. Être molestée par une meute de chiens de chasse interférerait potentiellement avec ses capacités reproductives.

Elle se demanda négligemment si les menottes lui permettraient de se défendre contre un animal qui l'attaquait. Si elle était réellement désireuse de mourir, peut-être qu'elle pouvait se mettre sur le chemin d'une créature létale. Quelqu'un d'aussi vil que Malefoy pourrait avoir quelque chose comme une manticore sur son domaine. Ou peut-être qu'il y avait des pièges pour les potentiels sauveurs, elle pourrait se jeter dans l'un d'entre eux.

Ses dents commencèrent à s'entrechoquer alors qu'elle remontait l'allée vers les haies. Elle était trop fatiguée pour courir de nouveau et essayer de se réchauffer.

Elle enroula les bras autour d'elle et continua.

Il ne lui était pas venu à l'esprit que Voldemort publierait ses efforts de repopulation. En rétrospective, c'était évident. Ce n'était pas un secret qui pouvait être facilement gardé quand des mères porteuses étaient envoyées dans soixante-douze des familles les plus éminentes de Grande-Bretagne. Il était mieux de le faire entièrement au grand jour.

Elle se demanda négligemment ce que pensait Malefoy d'être publiquement associé à elle. La Sang-de-Bourbe qu'il détestait tellement à l'époque de leur scolarité, s'apprêtant maintenant à être la mère de ses enfants. Et tout le monde le saurait.

Il était si servilement obéissant à tout ce que son Maître voulait, il l'avait probablement rationalité d'une façon ou d'une autre. Elle ricana de dérision.

Le nombre de façon dont Hermione pouvait le haïr était presque ahurissant. À chaque fois qu'elle le voyait, c'était comme si elle découvrait un tout nouvel aspect de lui qui ne faisait que s'ajouter au nombre de raisons qui faisaient qu'il méritait une mort lente et cruelle.

Les pierres acérées du chemin de gravier finirent de lacérer complètement ses chaussures. Ses pieds commencèrent à saigner alors qu'elle atteignait les haies. Elle enleva les chaussures inutiles et les balança dans un if où elles restèrent coincées. Le rouge boueux ressortait de manière tranchante.

Elle continua. Frissonnant.

Quand elle atteignit finalement le manoir et en contourna le coin, elle découvrit que Malefoy était toujours là, lisant un livre. Son journal jeté à côté de lui.

Elle s'arrêta. Hésitante. Elle ne voulait pas interagir avec lui, mais elle avait froid à en mourir. Elle ne connaissait pas d'autre manière de rentrer à l'intérieur.

Son mouvement ou sa couleur attira l'attention de Malefoy. Il leva vivement les yeux et la fixa, l'air légèrement atterré alors qu'il prenait la mesure de son apparence débraillée. Puis il leva rapidement un sourcil et eut un rictus.

"Tu prends ton statut au sérieux, à ce que je vois. Du sang et de la boue." Il gloussa légèrement pendant un moment puis son expression se durcit. "Tu n'aurais pas dû perdre ta cape. Tu as toujours," il regarda sa montre, "dix minutes avant d'être autorisée à rentrer."

Hermione se retrancha dans sa misère et retourna sur le côté du manoir. Elle trouva un endroit qui était quelque peu à l'abri du vent et se recroquevilla en boule contre le bâtiment. Essayant de conserver sa chaleur.

Elle avait si froid.

Ses tremblements avaient cessé, et elle devenait juste terriblement somnolente.

Ce qui - réalisa-elle vaguement - indiquait une hypothermie.

Hermione n'avait jamais traité d'hypothermie pendant la guerre. Seulement la variété amenée par les Détraqueurs.

L'hypothermie n'était pas quelque chose dont la population magique tendait à souffrir. Les sorts de réchauffement étaient si faciles à utiliser, la plupart des cinquième année pouvaient les produire. Les vêtements d'extérieur des sorciers en avaient habituellement tissés à l'intérieur du tissu.

Elle devrait aller dire à Malefoy que la température de son corps devenait dangereusement basse.

Mais… si elle attendait… peut-être qu'elle en mourrait.

Cela résoudrait tous ses problèmes.

Elle se pressa plus près du côté du manoir et ferma les yeux. Respirant superficiellement.

Les choses devenaient lentement confortablement vagues.

"Créatif." La voix sévère de Malefoy envahit le brouillard de son esprit.

Quelque chose d'inconfortablement chaud frappa son corps entier. Surprise, Hermione glapit. Elle réalisa après un moment qu'il lui avait jeté un sort de réchauffement. Le contraste drastique de température avait été physiquement douloureux quand la magie du charme était entrée en collision avec sa peau.

Malefoy était déjà en train de s'éloigner quand elle leva les yeux.

Horrible batard. Il l'avait réchauffée juste assez pour contrer l'hypothermie mais pas assez pour la soulager du froid amer qu'elle ressentait.

Elle se blottit contre le manoir et essaya de deviner quand dix minutes auraient passé. Ses pieds et ses mains la faisaient souffrir jusqu'aux os à cause du froid.

Elle était pleine de regrets quant à l'endroit où sa cape avait fini. Apparemment il lui restait encore un peu de son impétuosité de Gryffondor. Juste assez pour s'autoriser occasionnellement à faire des choses très stupides. Maintenant que sa rage et son horreur s'étaient légèrement atténuées, elle était en capacité de se rendre d'avantage compte de ton idiotie impulsive.

Essayer de s'en prendre à Malefoy en refusant les soins qu'il était tenu de lui prodiguer ne faisait de mal à personne d'autre qu'à elle-même. C'était comme refuser de manger. S'affaiblir pour lui montrer qu'elle pouvait toujours être obstinée était l'exact opposé de ce qu'elle devrait faire. Malefoy n'allait baisser sa garde s'il pensait qu'elle avait toujours de la combativité en elle.

Elle se tirait une balle dans le pied.

Elle grogna et se tapa la tête contre le mur du manoir.

Une minute après, le son du crissement des graviers attira son attention. Elle leva la tête pour apercevoir Malefoy qui approchait de nouveau.

Son expression était aussi froide que le vent.

Il tendit le bras et fit tomber sa cape à ses pieds.

"Tu l'as trouvée," dit-elle, baissant les yeux.

"Magie. Le sort d'Attraction est plutôt utile, pour ceux d'entre nous qui peuvent toujours l'utiliser," dit-il avec un sourire cruel. "Vas-tu te lever ou dois-je te tirer ? J'ai d'autres choses à faire que de simplement te surveiller. Il y a tant de Moldus encore en vie. Il y a aussi quelques elfes de maison que je n'ai pas récemment battus."

Il lui fit un petit sourire.

Hermione se mordit la lèvre. Ramassant la cape, elle se leva et l'enroula autour d'elle. Il tourna brusquement les talons et partit à grands pas vers la terrasse. Il s'arrêta à la porte et attendit qu'elle le rattrape.

Quand elle l'atteignit, elle se rendit compte qu'il avait légèrement pâli et regardait le domaine derrière elle. Elle se retourna et vit qu'elle avait laissé des traces de pas ensanglantées sur le marbre blanc. Il devint légèrement pensif en les étudiant.

"Surpris de réaliser que nos sangs ont la même apparence ?" demanda-elle d'une voix douce.

Il ricana.

"Tous les sangs sont les mêmes. Mes limiers saignent de la même couleur. Mes elfes de maison également. La question de la supériorité tient dans le pouvoir. Étant donné que je suis le maître des limiers, et des elfes, et de toi, je crois que la réponse à cette question est assez claire."

"Oui, je suis celle qui est censée te donner des héritiers," dit Hermione, croisant son regard avec sa propre expression froide.

"C'est à cause de l'échec d'Astoria, pas du mien," dit-il, ses lèvres se retroussant légèrement. Il leva sa baguette et fit disparaître le sang du marbre. Puis il soupira et leva les yeux au ciel.

"J'imagine que je peux pas te laisser ruiner les tapis, indépendamment du fait qu'il serait amusant de te laisser saigner."

Il agita sa baguette vers ses pieds et les nettoya d'un sort avant de lancer une série de sorts de guérison sans délicatesse. Puis il fit disparaître la boue de l'ourlet de ses robes.

"Je crois que ton cerveau fonctionne encore assez pour que tu retrouves ton chemin toute seule jusqu'à ta chambre. Sinon, tu peux dormir quelque part sur le sol." Il disparut dans un craquement.

Hermione resta debout devant la porte pendant quelques secondes. Elle était gelée, mais…

Elle se précipita pour récupérer la copie de la Gazette du Sorcier qui avait été laissée sur le sol. Se glissant par la porte, elle avança juste assez dans les couloirs pour s'éloigner du froid mordant avant de l'ouvrir précipitamment et de commencer à dévorer chaque information qu'il contenait.