Chapitre 18
Hermione regarda le carré de papier qu'elle tenait avec confusion.
Elle fronça les sourcils alors qu'elle le pliait en deux, puis elle s'arrêta, perdue.
Elle ne se souvenait plus comment plier une grue en origami.
Elle en avait plié plus de mille. Des grandes et des petites. Jour après jour. Elle avait le souvenir distinct de les avoir pliées.
Mais d'une façon ou d'une autre…
Elle ne se souvenait plus comment le faire. Elle continua d'essayer, chaque matin après avoir lu le journal, mais elle ne pouvait plus trouver comment les faire.
Elle ne se souvenait plus de l'ordre des plis. Était-ce d'abord un pli en diagonale ? Peut-être qu'elle était censée le plier en deux et encore en deux ? Elle essaya des deux façons.
Elle ne se souvenait plus. Cette connaissance était…partie.
Elle n'avait aucune de ses anciennes grues à inspecter pour faire du reverse engineering. Les elfes les faisaient toujours disparaître à la fin de la journée.
Hermione soupira et mit le papier de côté.
Cela avait dû être perdu pendant la crise d'épilepsie. Peut-être qu'elle avait eu des dégâts au cerveau.
Le souvenir - le savoir - avait disparu de l'endroit où elle le gardait. Comme s'il n'avait jamais existé. Sauf qu'elle savait qu'il avait existé. Elle se souvenait, distinctement, d'avoir été capable de les plier.
Peu importait.
Elle ne savait même pas pourquoi elle pliait des grues. Elle ne se souvenait pas d'où elle l'avait appris. Peut-être à l'école primaire…
Elle mit sa cape et passa la tête à l'extérieur.
Le domaine était morne et boueux. L'hiver avait un dernier sursaut avant le printemps. Les fenêtres étaient occasionnellement givrées le matin mais les jours se réchauffaient et il avait plu plusieurs jours de suite.
La pluie ne tombait que légèrement alors Hermione s'aventura dehors.
Elle en était arrivée au point où elle pouvait traverser la plupart des jardins qui entouraient le manoir ; tant que ça n'était pas trop ouvert. Elle ne pouvait toujours pas gérer les espaces ouverts.
Quand elle essayait parfois de se forcer à aller au-delà des haies dans l'espace ouvert, les collines, elle avait l'impression que quelqu'un la disséquait ; découpait ses nerfs hors de son corps et les laissant dans le froid et le vent. Son esprit se repliait simplement sur lui-même et la laissait seule en état de pure panique.
Elle ne pouvait pas… ne pouvait pas y arriver.
Elle se demanda si elle serait jamais capable d'y arriver. Si elle guérirait jamais de son agoraphobie. Elle avait l'impression que la peur s'était profondément enracinée, s'entortillant en et à travers elle ; depuis son cerveau vers sa gorge, s'enroulant autour de ses poumons et de ses organes comme une vigne invasive ; attendant de l'étrangler à mort.
Les jours où il ne pleuvait pas à seau, Hermione passait la plupart de son temps à errer sur le domaine. Elle retournait à l'intérieur couverte de boue et n'avait pas d'autre choix que d'en laisser des traces à l'intérieur et sur les murs. On avait pas l'habitude dans les maisons de sorciers de mettre des tapis ou des paillassons quand un rapide récurvit pouvait enlever la boue. Hermione murmurait intérieurement chaque jour des excuses aux elfes de maison.
Les jours se fondirent dans une sorte de monotonie redoutable.
Elle se levait et prenait son petit déjeuner. Elle lisait plusieurs fois le journal. Elle pliait des origamis. Elle mangeait son déjeuner. Quand il ne pleuvait pas à verse à l'extérieur elle y allait et explorait le domaine pendant des heures et des heures. Si la pluie était trop forte elle sortait seulement brièvement puis faisait des exercices dans sa chambre jusqu'à presque tomber d'épuisement. Elle prenait sa douche. Elle explorait le manoir. Elle mangeait son dîner. Parfois Malefoy venait et pratiquait sa légilimancie sur elle. Parfois il venait et la baisait indifféremment sur une table. Elle allait se coucher. Elle se levait et répétait la routine.
Jour après jour.
Il n'y avait rien de nouveau dans la presse.
Elle ne parlait jamais à d'autres personnes que Malefoy et Stroud.
Savoir que le programme de reproduction n'était qu'une diversion ne changeait rien. Savoir que Voldemort était mourant, qu'il avait des Horcruxes, ne changeait rien.
Pas pour elle.
Malefoy passait toujours tout son temps à essayer de traquer celui qui avait détruit le médaillon. Quand il était venu pour inspecter ses souvenirs, il avait eu l'air visiblement broyé. Il n'avait exploré son esprit que brièvement, comme s'il avait peur de l'endommager et de causer une autre crise d'épilepsie.
Hermione commença à suspecter Voldemort de lui jeter le Doloris régulièrement ; à chaque fois que Malefoy rapportait qu'il n'avait toujours pas attrapé le coupable.
Il n'était pas, avait-elle réalisé, revenu au manoir pâle de fureur ; il était pâle à cause du choc physique causé par la torture. En fait, il avait l'air d'être torturé quotidiennement. Les symptômes se voyaient plus distinctement à chaque fois qu'elle le voyait. Il semblait visiblement érodé ; comme s'il était sur le point de se briser.
Le Doloris faisait ça aux gens. Quand il était utilisé trop fréquemment, même s'il ne rendait pas fou, ses effets pouvaient durer sur le long terme.
Ses mains étaient agitées de spasmes comme parfois encore celles d'Hermione. Elle se demanda s'il était soigné pour la torture. Quand il en avait le temps.
Il l'était sûrement ; il l'avait fait soigner après sa crise d'épilepsie. Il faisait probablement appel au même guérisseur. Il devait en avoir un. Il en avait probablement mis un sous mandat pendant la guerre. Il n'était pas du genre à aller s'asseoir dans la file d'attente de Sainte Mangouste.
Elle essaya de ne pas remarquer les symptômes ; la pâleur, les spasmes occasionnels de ses doigts, la dilatation de ses pupilles. Elle se rappela qu'il essayait de traquer le dernier membre de l'Ordre ; à chaque fois qu'il revenait torturé c'était un signe qu'il avait échoué et que l'Ordre survivait.
Mais cela l'ennuyait, en tant que guérisseuse. La détérioration ; elle ne pouvait se retenir de le remarquer et cela lui rongeait inexplicablement la conscience.
Elle l'ignora.
Voldemort était mourant. Voldemort était mourant et Malefoy le savait et il y avait répondu en grimpant dans les rangs, et en anéantissant l'Ordre. Elle s'était demandé pourquoi il était si servilement obéissant même devant le fait de l'avoir elle comme mère de ses futurs enfants, maintenant elle savait pourquoi. Bien sûr qu'il était désireux de tout faire pour rester dans les bonnes grâces de Voldemort.
Ron avait eu raison. Malefoy se voyait sûrement comme le successeur. Comment pouvait-il ne pas le faire ? Le Haut Préfet. La "Main de la Mort" du Seigneur des Ténèbres. Quand Voldemort disparaîtrait, qui oserait discuter le fait que Malefoy était l'héritier ? Il n'y avait aucun Mangemort qui pouvait rivaliser.
Malefoy avait clairement l'intention de devenir le prochain Seigneur des Ténèbres et à moins que Voldemort ne le tue avant, Hermione s'attendait entièrement à ce qu'il le fasse.
Elle se demanda quel genre de Seigneur des Ténèbres serait Malefoy. Que voulait-il seulement en tirer ? Hermione ne le savait toujours pas. Peut-être qu'elle ne le saurait jamais. Elle se l'était toujours demandé et ne l'avait jamais compris.
Il méritait de mourir, pensa-elle en elle-même. Il méritait de recevoir le Doloris. Le monde serait un endroit meilleur si Drago Malefoy était tué ou rendu fou.
Mais la pensée de lui les yeux vides dans l'aile Janus Thickey la dérangeait. Assister passivement aux conséquences que la torture avait sur lui la faisait se sentir étrangement coupable.
Elle ne pouvait rien y faire, se souvint-elle froidement alors qu'elle marchait à grands pas dans le labyrinthe de haies, même si elle avait voulu l'aider. Ce qui n'était pas le cas. Il était un Mangemort. Ce n'était pas comme si quelqu'un l'avait forcé à devenir un Mangemort ou à assassiner Voldemort ou à être celui qui avait liquidé tout l'Ordre du Phoenix et une grande partie de la Résistance dans son ensemble. Il méritait chaque parcelle de souffrance qui allait de pair avec sa servitude. Et plus encore.
Si elle n'arrivait pas à le tuer, l'ironie que ça soit Voldemort qui le fasse à petit feu était à la fois appropriée et satisfaisante à voir.
Pour la plupart.
Hermione soupira et arrêta de marcher, pressant les paumes sur ses yeux. Essayant de s'éclaircir l'esprit et d'arrêter de penser.
Il semblait qu'elle avait réussi à garder le cœur tendre, même pour des monstres dépravés. Elle avait toujours détesté la simple idée de la torture. Cela l'avait dérangée d'être témoin de celle d'Ombrage. Apparemment elle ne pouvait même pas apprécier celle de Malefoy.
Sa période fertile suivante fut nettement empirée par la potion de fertilité.
Alors qu'elle approchait, ses seins grossirent de plusieurs tailles et sans soutien gorge pour les soutenir ils pendaient, lui faisaient mal et étaient extrêmement sensibles. Son bas ventre enfla d'une façon qui lui donnèrent l'impression d'être réellement au début d'une grossesse. C'était horrifiant. Hermione se retrouvait soudain vivement, viscéralement confrontée à l'idée d'une grossesse d'une façon qu'elle avait réussi à ignorer et éviter jusque là.
Elle pleura. Ses vêtements ne lui allaient plus. Elle ne pouvait plus faire d'exercice, c'était trop inconfortable. Elle se sentait extrêmement fatiguée et sur les nerfs. Elle se roula juste en boule dans sa chambre et essaya d'ignorer toutes les choses que son corps faisait.
Quand la table apparut, elle trouva douloureux de s'y pencher et de sentir une pression sur sa poitrine. Elle eut dû mal à déglutir. Son corps entier semblait hypersensible, particulièrement à des endroits auxquels elle ne voulait vraiment pas penser. Quand elle entendit la porte s'ouvrir, elle se concentra intensément sur la douleur, s'appuyant plus fort que nécessaire sur sa poitrine et se forçant à ne porter son attention sur rien d'autre.
S'il te plait ne tombe pas enceinte. S'il te plait ne tombe pas enceinte, supplia-elle son corps.
Après cinq jours, quand Malefoy apparut pour inspecter ses souvenirs, il sembla légèrement moins sur les nerfs. Pas aussi mortellement pâle. Moins récemment torturé. Elle craignait que ça signifie qu'il avait fait une avancée significative dans ses investigations.
Il examina attentivement ses souvenirs. Plus minutieusement que la fois précédente mais toujours sans approcher les souvenirs verrouillés. Il ne regarda pas à répétition la conversation d'Hermione avec Ron en quête de détails. Quand il en arriva à son inquiétude réticente concernant ses symptômes de torture, il se retira de son esprit.
"Tu t'inquiètes pour moi, Sang-de-Bourbe ?" dit-il avec un ricanement. "Je dois admettre que je ne pensais jamais voir ce jour arriver."
"Ne prends pas ça pour un compliment," dit Hermione avec raideur. "J'étais désolée pour Ombrage quand elle s'est faite torturer aussi mais je danserais avec joie sur sa tombe."
Sa bouche se tordit d'amusement. "Malheureusement, le serpent l'a mangée."
Hermione se vit sourire avant de pouvoir s'en empêcher. Malefoy eut un rire qui ressemblait à un aboiement.
"Tu es une garce," dit-il en secouant légèrement la tête.
Le sourire d'Hermione s'évanouit. "Certaines personnes méritent de mourir," dit-elle froidement. "Et celles qui ne le méritaient pas… tu les as tuées quand même."
Il leva les yeux au ciel comme si elle avait simplement critiqué ses manières.
"J'ai fais ce qu'on m'a demandé de faire," dit-il avec un haussement d'épaules.
"Tu te dis ça pour alléger ta conscience ?" dit-elle avec un ricanement alors qu'elle s'asseyait sur le lit. "Quand tu les pends pour les laisser se décomposer ? Tu penses que tu agis noblement ?"
Il lui fit un petit sourire et leva un sourcil. "Ta Résistance était assez extrême dans ses espoirs même après que Potter soit mort devant leurs yeux. C'était le genre à ne jamais croire les rapports sur les morts basés sur les ouï-dires des Mangemorts. Combien penses-tu qu'il y aurait eu de combattants supplémentaires qui auraient tenté de s'échapper s'ils n'avaient pas vu les corps se décomposer devant leurs yeux ? Tu ne penses surement pas qu'il faille encourager le suicide par optimisme ?"
"Il y a toujours quelqu'un," dit-elle. "Quelqu'un que tu n'as pas attrapé."
Il eut un petit sourire narquois. "Plus pour longtemps."
Hermione sentit le sang se retirer de son visage si brusquement qu'elle eut l'impression que sa tête avait été évidée. "As-tu…?" Sa voix tremblait.
"Pas encore. Mais je peux pratiquement le garantir," dit-il avec un sourire cruel. "Bien avant que le Seigneur des Ténèbres ne disparaisse, ton dernier membre de l'Ordre sera mort et ta précieuse petite Résistance ne saura jamais qu'il a existé."
"Tu ne sais pas," dit férocement Hermione.
"Je le sais," dit-il, son expression se durcissant tellement qu'il aurait pu être taillé dans le marbre. "Ceci est une histoire avec une seule fin possible. Si ton Ordre en avait voulu une autre, ils auraient dû prendre des décisions différentes. Peut-être des décisions difficiles et réalistes. Ils auraient dû laisser tomber leurs croyances de contes de fée sur le fait qu'ils pouvaient gagner une guerre sans même se salir les mains. C'était des idiots, presque chacun d'entre eux." Il ricana dans la direction d'Hermione. "Sais-tu à quel point il est facile de tuer quelqu'un quand tu sais qu'il espère juste être stupéfixé ? Très facile. Si facile que j'aurais pu le faire dans mon sommeil."
Hermione le fixa, observant la façon dont sa bouche se tordait de dérision et la fureur dans ses yeux alors qu'il parlait.
"Qui détestes-tu autant ?" demanda-elle. Elle ne pouvait toujours pas comprendre. Cela semblait défier les limites de la magie.
"Beaucoup, beaucoup de gens," dit-il avec un haussement d'épaules insolent. Puis il sourit. "La plupart d'entre eux sont morts maintenant."
Il s'éloigna avant qu'elle ne puisse lui demander quoi que soit d'autre.
Après presque un mois, Montague recommença ses visites au manoir. Hermione ne s'embêta pas à l'espionner. Elle avait conclu qu'il n'était probablement pas un membre de la Résistance ou de l'Ordre. S'il y avait une chance qu'il le soit, Voldemort aurait envoyé Malefoy après lui.
Un jour, quand elle revint de sa promenade, elle trouva une demi-douzaine d'elfes de maison sur la terrasse de l'aile nord en train de dresser une grande table et de disposer une vaste quantité de fleurs partout. L'un d'entre eux disparut immédiatement dans un pop sec et un moment plus tard Topsy apparut et s'approcha d'Hermione.
"Maîtresse organiser une soirée d'Ostara ce soir. La Sang-de-Bourbe devoir rester hors de vue," dit Topsy.
Hermione cligna des yeux et regarda autour d'elle la terrasse qui semblait plus être prête pour un banquet de mariage que pour la célébration d'un équinoxe printanier.
"Très bien," dit Hermione, et elle partit en quête d'une autre entrée dans le manoir. Elle regarda les préparations depuis la fenêtre de l'étage et conclut que l'équinoxe n'était qu'un prétexte pour qu'Astoria organise une fête. Il n'y avait rien qui puisse s'apparenter aux rituels ou aux traditions autre que l'abondance de fleurs.
Quand le soir tomba, la terrasse était charmante, éclairée par des lumières féeriques fourrées dans des énormes bouquets de jonquilles et de tulipes. Astoria devait les avoir fait venir d'ailleurs, supposa Hermione, le domaine Malefoy étant toujours froid, rien ne laissant paraître l'arrivée du printemps.
Hermione regarda les invités arriver, les Mangemorts jusqu'au dernier. Ils restèrent raides et formels entre eux jusqu'à ce que les boissons se mettent à couler à flot.
Quand tout le monde fut assis et le repas bien entamé, Hermione s'éloigna de la fenêtre par laquelle elle regardait et attrapa sa cape. Elle se glissa dans un couloir silencieux puis dans les jardins. Elle pouvait entendre les voix de la soirée par-dessus les haies. Si elle pouvait trouver le bon endroit, elle pourrait être capable d'écouter aux portes. Peut-être que quelqu'un laisserait s'échapper une information sur l'Ordre ou la Résistance. Ou les autres mères porteuses.
La Gazette du Sorcier était toujours truffée de spéculations mais il était toujours difficile de savoir ce qui était vrai.
Elle suivit les chemins tortueux du labyrinthe de haies. Ses pas étaient silencieux. On ne lui avait pas dit de ne pas sortir.
Essayer d'écouter ce qui était clairement en train de devenir un dîner entre ivrognes était un soulagement. Hermione se sentait… en vie. Plutôt que de se sentir comme une créature mécaniquement morte qui passait toutes ses journées à plier des origamis, s'exercer et attendre qu'une table apparaisse au milieu de la pièce pour se faire cliniquement baiser et repartir pour un autre cycle.
La terrasse était juste de l'autre côté de la haie. Elle pouvait entendre clairement les voix.
"Il ne lui reste quasiment plus de doigts," dit une voix. "Je ne peux pas montrer une telle chose. Ça me fout des frissons. Au début, j'arrivais à peine à bander pour la prendre, mais maintenant qu'elle est en cloque elle a la plus belle paire de seins. Ça compense définitivement le manque de doigts."
Hermione se figea. Ils parlaient des autres filles. Possiblement Parvati ou Angelina. Elles avaient toutes les deux perdu la plupart de leurs doigts.
Certaines des filles étaient enceintes.
"Au moins la tienne a ses deux yeux," dit une autre voix. "La mienne est une foutue horreur à regarder. Je la prends par derrière ou je mets quelque chose sur son visage pour que je n'aie pas à regarder le putain de trou sur son visage. Elle a un cache oeil pour le couvrir maintenant, mais quand même…"
Hannah Abott.
"Elles ne sont pas faites pour être regardées," s'exclama la voix aigüe d'Astoria.
Ils étaient saouls, braillant des rires face à cette remarque.
"Vous devriez voir comment j'ai entraîné la mienne," résonna une autre voix. "Tout ce que j'ai à faire c'est de claquer des doigts et elle se penche. Sa chatte est si large que je préfère la prendre dans les fesses, à moins que ce ne soit un jour mandaté. Elle devait être une traînée à Poudlard, mais elle sait comment sucer une bite. Je l'ai sous la table tous les matins pendant que je prends mon petit déjeuner."
Hermione eut l'impression que quelqu'un l'avait poignardée. L'horreur qu'elle ressentait était physiquement douloureuse.
Il y eut beaucoup d'exclamations d'admiration.
"Tu as eu la Sang-de-Bourbe, n'est-ce pas Malefoy ? J'ai vu ce beau gros article dans la Gazette là-dessus."
"Oui," dit Malefoy d'une voix froide.
"La Gardienne la détestait quand on était à l'école. Elle est probablement arrivée en morceaux, je parie."
"Non," dit Malefoy, la voix coupante. "Le Seigneur des Ténèbres voulait qu'elle soit gardée intacte."
"La chance," marmonna quelqu'un.
"Ça doit être marrant, de regarder son petit visage de je-sais-tout pendant que tu t'enfonces en elle. Est-ce qu'elle pleure ? J'ai toujours imaginé que c'était une chouineuse. J'avais tellement de fantasmes à l'école, je voulais la coincer sur un bureau et me presser en elle pendant qu'elle sanglotait."
La peau d'Hermione se couvrit de chair de poule et elle resserra sa cape autour d'elle.
"Je n'ai jamais fait attention," répondit Malefoy l'air de s'ennuyer. "Ce que le Seigneur des Ténèbres ordonne, je le fais, mais il n'y a rien d'autre chez elle qui retient mon attention."
Plusieurs voix grommelèrent des choses sur Malefoy mais la conversation passa à autre chose.
Hermione tendit l'oreille. Ils parlaient de la mort d'Ombrage. Se plaignaient des patrouilles dans la Forêt Interdite et à quel point les Centaures étaient une nuisance. Il semblait qu'aucun d'entre eux n'était au courant pour les Horcruxes. C'était décevant mais pas surprenant.
Elle continua à écouter.
Malefoy allait être envoyé en Roumanie. C'était une nouvelle récente. Il y avait des exécutions programmées là bas et Voldemort voulait que ce soit fait cérémonieusement. Une démonstration de force au cas où les autres pays européens interprèteraient la tentative d'assassinat de Thicknesse comme un signe de faiblesse. Le Haut Préfet s'en chargerait.
Hermione se demanda si c'était la raison pour laquelle Voldemort avait cessé de torturer Malefoy. Il aurait besoin d'être au meilleur de sa forme pour démontrer son talent pour le meurtre en Roumanie.
Il y eut des marmonnements jaloux sur l'assignation de Malefoy. Les lèvres d'Hermione se pincèrent. Quel genre de créature haineuse était jalouse de quelqu'un envoyé pour tuer des gens ?
"Vas-tu les tuer avec des Avada ?" demanda quelqu'un d'un ton émerveillé.
"C'est la tradition," dit Malefoy, le ton si ouvertement traînant qu'Hermione pouvait pratiquement voir le roulement d'yeux qui l'accompagnait à coup sûr.
Elle ne savait pas ce qui était le plus énervant, l'insouciance de Malefoy ou l'enthousiasme des autres Mangemorts.
La conversation tourna, n'offrant plus rien d'utile. Puis il y eut le bruit de chaises qui bougeaient et de gens qui se levaient et Astoria bavarda sur les fleurs de la serre.
Hermione s'évanouit dans les haies pour retourner vers l'autre entrée du manoir. Elle ne voulait pas tomber sur un Mangemort qui aurait décidé d'explorer les haies.
Elle était presque retournée à la maison quand soudain,
Immobulus.
Le sort la frappa sur le côté de la tête. Elle se figea sur place alors que Graham Montague sortait par la porte fenêtre du manoir.
"Qui aurait cru qu'aller pisser me porterait bonheur ?" Il semblait être émerveillé alors qu'il s'approchait d'elle. "Avec toutes les protections que Malefoy a ajouté sur ta partie du manoir j'avais peur de ne plus jamais pouvoir te voir. T'a-t-il déjà mise en cloque ?"
Il jeta un sort de détection de grossesse sur elle et sourit quand il revint négatif.
"Je n'aurais jamais cru que convaincre Astoria d'héberger une fête d'équinoxe serait ce qui aurait finalement marché," dit-il avec un gloussement. Il étudiait son visage, l'expression triomphante comme au Nouvel An. Il décrocha la cape d'Hermione et la fit tomber de ses épaules. "Merde. Tu n'avais pas ça la dernière fois."
Ses seins avaient encore réussi à grossir à cause de la potion de fertilité. Il attrapa son sein gauche et le pressa fort alors qu'il s'approchait, si bien que leurs deux corps étaient presque pressés l'un contre l'autre. Il enfouit son nez dans ses cheveux, inspirant. Il sentait le vin. Ivre.
"Tu étais censée être à moi, tu sais," dit-il, reculant légèrement pour la regarder de nouveau. "C'est moi qui t'ai attrapée quand tu as attaqué le Sussex. Quand je t'ai vue te tenir sous un ciel rempli de Détraqueurs en feu… j'ai eu envie de te baiser immédiatement dans ce champ." Sa prise sur son sein se resserra pendant qu'il parlait, ses doigts s'enfonçant dans sa chair. Si Hermione avait pu bouger elle aurait crié de douleur. "C'est comme ça que j'ai gagné ma Marque, tu sais, t'attraper. Mon service exceptionnel au Seigneur des Ténèbres. Quand je t'ai vu dans ce champ je t'ai reconnue de la grotte. Souviens-toi, je t'ai dis que je demanderai à t'avoir. C'est moi qui ait rappelé ton existence au Seigneur des Ténèbres pour le programme de reproduction. Il a dit que tu serais à moi. Mais après il a changé d'avis et t'a donnée à Malefoy."
Montague siffla et tordit méchamment son sein dans sa main. "Ce putain de Malefoy a toujours tout. Mais je te dois tellement de douleur pour m'avoir poignardée avec ces couteaux empoisonnés, je ne vais pas le laisser se mettre en travers de mon chemin. Je fantasme sur ça depuis si longtemps. J'ai même acheté une pensine, juste pour que je puisse te voir t'agenouiller devant moi et déboutonner mon pantalon autant de fois que je le voulais."
Hermione aurait tremblé si elle avait pu bouger. Elle ne savait pas de quoi Montague parlait mais elle reconnut le chant de la cruauté et de l'obsession dans son ton. Il lui sourit et plaça le bout de sa baguette sur son front.
"Nous ne voulons pas que Malefoy nous interrompe, n'est-ce pas ? Confundo."
L'esprit d'Hermione se brouilla alors que le sort d'immobilisation était enlevé et qu'elle s'effondrait dans ses bras avides.
