Avertissement : Ce chapitre contient une tentative d'agression sexuelle, du gore et une blessure à l'œil.


Chapitre 19

Il y eut…

Quelque chose ne va pas, pensa Hermione alors qu'elle était poussée contre la haie et que sa robe était arrachée sur le devant.

Froid.

De l'air froid sur elle.

Des dents sur sa gorge. C'était douloureux.

Elle n'aimait pas ça.

Elle essaya de les éloigner mais ses mains furent rudement repoussées sur le côté et elle sentit des dents contre son sein juste avant qu'elles ne la mordent.

Fort.

Elle pleurait… pensait-elle.

Des doigts étaient entre ses jambes et s'inséraient en elle. S'enfonçant violemment.

Elle essaya de serrer les jambes mais quelque chose s'inséra entre elles.

Donc elle ne le put pas.

Elle ne pensait pas…

Ce n'était pas censé…

La haie la griffait. S'enfonçait dans son dos.

Les doigts continuaient de creuser en elle et les dents de mordre ses épaules et ses seins.

Puis elle fut sur le sol.

Elle pouvait sentir les graviers du chemin sous ses mains.

De petits cailloux acérés.

Quelque chose…qu'elle ne voulait pas.

C'était sur le point de se passer.

Elle était juste…

Elle n'était pas sûre de ce que c'était.

Avait-ce quelque chose à voir avec Malefoy ?

Un homme était agenouillé entre ses jambes. Montague.

Elle leva les yeux vers lui. Figée.

Ses doigts tressaillaient, agrippant les graviers.

Il s'allongea sur elle.

Son visage était très proche du sien.

Peut-être qu'il allait lui dire un secret.

Quelque chose la poussait entre ses jambes.

Elle sentit qu'elle aurait dû savoir quoi… mais elle n'arrivait pas à se souvenir.

Quelque chose qui n'était pas censé se passer.

Un secret.

De Malefoy.

Mais… elle n'avait pas envie.

Malefoy saurait… si elle avait un secret.

Il était toujours dans sa tête.

Elle essaya de le dire à l'homme mais elle ne put que pleurer.

Puis soudain l'homme ne fut plus là et il y eut un fort bruit d'écrasement.

Elle se retourna et vit l'homme écrasé contre le mur du manoir.

Malefoy le frappait si violemment que cela produisait des craquements.

Hermione s'assit et regarda.

Malefoy attrapa l'homme à la gorge et le souleva contre le mur jusqu'à ce qu'il soit à la hauteur de ses yeux.

"Comment oses-tu ? Pensais-tu que tu allais t'en sortir indemne, Montague ?"

"Tu n'avais pas l'air de te soucier de te la taper, Malefoy," dit Montague d'une voix rauque. "J'ai supposé que ça ne te poserait pas de problème de partager, vu comment tu laisses Astoria à disposition. La Sang-de-Bourbe était censée être à moi. Tu m'es passé devant. C'est moi qui l'ai attrapée. Elle était à moi."

"Elle ne sera jamais à toi," ricana Malefoy alors qu'il faisait un vif mouvement pour le poignarder, passant à travers son t-shirt jusque dans son ventre.

Sans hésiter, ou faire descendre Montague de là où il le tenait, Malefoy fourra sa main dans la cavité abdominale de Montague et commença à en sortir ses organes et à les enrouler autour de ses poignets.

Montague hurlait et se débattait.

Malefoy sortit une poignée d'intestins assez loin pour qu'ils brillent sous la lumière de la lune.

"Si je te revois, je t'étranglerai avec ça," dit Malefoy d'une voix mortellement calme.

Il lâcha les intestins pour qu'il pendent devant Montague comme une chaîne de montre. Malefoy nettoya le sang et autres fluides de sa main d'un sortilège alors qu'il regardait Montague s'éloigner en trébuchant, gémissant, sanglotant, et essayant de remettre ses intestins dans son ventre.

Malefoy se tourna vers Hermione. Son visage était blanc.

"Idiote… Pourquoi… es-tu sortie ce soir ?"

Hermione s'assit placidement dans les graviers et le regarda d'un œil vide.

Elle pensait qu'elle devait dire quelque chose. Mais… elle ne savait pas si elle se souvenait de ce que c'était.

Quelque chose à propos de Malefoy… pensa-elle. C'était ce qu'elle devait dire à l'homme. Montague.

"Malefoy vient toujours pour moi," murmura-elle.

Il la fixa, la mâchoire et les poings serrés pendant quelques secondes avant qu'il ne semble avaler quelque chose.

"Que t'a-t-il fait ?" dit-il d'une voix basse, s'agenouillant près d'elle.

Il essaya plusieurs contre-sorts sur elle avant que l'un d'entre eux fonctionne soudainement et que, comme de l'eau glacée, la réalité percute Hermione.

Un sanglot étranglé s'échappa de sa gorge et elle enroula les bras autour d'elle. Ses robes étaient en lambeaux et elle pouvait sentir des marques de morsures partout sur son corps. Elle ne pouvait pas s'arrêter de trembler.

"Allons te nettoyer."

Avec un pop ils transplanèrent dans sa chambre et il la fit s'asseoir sur le bord du lit avant de se tourner pour aller dans la salle de bain adjacente. Il y eut un long silence avant qu'il n'en émerge quelques minutes plus tard, portant une bassine et un chiffon mouillé qu'il lui tendit. Hermione avait cessé de sangloter et continuait de hoqueter alors qu'elle essayait de ne pas pleurer ou hyperventiler.

Malefoy se détourna et regarda par la fenêtre alors qu'elle essayait d'essuyer les graviers et la terre qui collait au sang de toutes les morsures qu'il y avait sur elle. Certaines d'entre elles étaient si profondes qu'elles ressemblaient à des croissants plutôt que des marques de dents. Elle pouvait sentir le sang en couler à flots sur sa poitrine. Ses mains tremblaient tant qu'elle ne cessait de faire tomber le chiffon sur ses genoux.

Elle entendit un sifflement d'irritation et les mains de Malefoy lui arrachèrent soudainement le chiffon. Elle se recroquevilla.

"Je ne vais pas te faire de mal," dit-il d'une voix tendue alors qu'il s'asseyait à côté d'elle sur le lit. Il tendit lentement les mains et la prit par les épaules, la tournant vers lui pour évaluer les dégâts.

Sa mâchoire se serra alors qu'il la fixait.

Bougeant doucement, comme si elle était un animal apeuré, il commença par ses épaules. Essuyant légèrement le sang puis murmurant les charmes pour guérir les blessures. Elle essaya de ne pas reculer à chaque fois qu'il la touchait. Il travailla d'une épaule à l'autre puis sur son cou avant de se tourner vers les pires morsures ; celles regroupées sur ses seins.

Ses lèvres étaient serrées dans une ligne droite alors qu'il commençait à les soigner. Certaines étaient si profondes et déchiquetées qu'il fallut de multiples sorts pour les refermer. Son expression était clinique et attentive alors qu'il travaillait. Hermione le fixait, toujours incapable de contrôler ses tremblements.

Il l'avait à peine touchée jusque-là. À l'exception des contacts minimaux quand il tentait de la féconder, les seules autres fois où il l'avait touchée était quand il l'avait empêchée de se jeter du balcon ou pour la faire transplaner.

Il travailla efficacement et s'assit finalement et détourna les yeux d'elle.

"Il y en a ailleurs ?" demanda-il.

'Non," dit Hermione d'une voix tendue, tirant sur ses robes déchirées pour les refermer et s'entourant de ses bras.

Il l'observa pendant un moment comme s'il évaluait si oui ou non elle disait la vérité. Puis il fit disparaître la bassine d'eau ensanglantée et se leva.

"Je ferai envoyer des philtres Calmants et des Potions de Sommeil sans rêves pour la semaine," dit-il. "Je suis sûr que tu as entendu que je serai absent pendant les prochaines semaines. Tu…devrais rester dans ta chambre jusqu'à ce que je revienne."

Hermione ne dit rien. Elle tint ses robes fermées et regarda le sol. Elle pouvait voir ses chaussures alors qu'il se tenait devant elle. Puis il se retourna et sortit de la chambre, fermant la porte derrière lui.

Hermione resta figée pendant encore plusieurs minutes. Puis elle se leva et alla à la salle de bain. Elle laissa ses robes tomber pendant qu'elle regardait l'eau remplir la baignoire.

Elle laissa les vêtements sur le sol et espéra que les elfes de maison les brûleraient plutôt que de les réparer et de les lui rendre.

L'eau devint rouge à cause du sang qu'il restait sur elle et elle la vida et remplit de nouveau la baignoire, se frottant la peau jusqu'à ce qu'elle paraisse à vif.

Elle pouvait toujours sentir les dents de Montague plonger en elle. La peau que Malefoy avait soignée était nouvelle et hypersensible. Elle lutta contre l'envie de la griffer.

Elle s'assit dans la baignoire et pleura jusqu'à ce que l'eau devienne froide et qu'elle commence à frissonner.

Sortant de la baignoire et serrant une serviette contre elle, elle marcha d'un pas hésitant jusqu'à son lit. Deux fioles de potion se trouvaient sur l'étroite table de chevet. Elle vida la potion de Sommeil sans rêves et rampa dans son lit.

Le matin suivant, elle resta au lit. Il n'y avait aucune raison de se lever.

Elle n'avait pas envie de bouger. Elle n'avait pas envie de penser. Elle voulait juste une autre dose de Sommeil sans rêves. Elle essaya tant bien que mal de dormir, sans succès. Elle prit le philtre Calmant et sentit le nœud d'horreur dans son ventre se desserrer un peu alors qu'elle restait roulée en boule dans son lit.

Elle n'arrivait pas à arrêter de penser.

Son esprit ne se taisait jamais. Il y avait toujours des prises de conscience, de la culpabilité et du chagrin ; quelque chose qui l'obsédait ou duquel s'inquiéter.

Montague… elle n'avait même pas envie de penser à Montague.

Il y avait peu de choses concernant la nuit dernière qui ne fut pas horrifiant.

Elle avait imaginé que la situation était la même pour toutes les filles du programme de reproduction. Que quelque soit la personne à qui on les avait données, elles seraient traitées de la même façon qu'elle-même était traitée. Cliniquement. Laissées seules la plupart du temps. L'effort de conception entièrement non-sensuel pour toutes les parties.

Mais ce n'était clairement pas le cas. Il était évident en rétrospective qu'on avait jamais attendu des mères porteuses qu'elles le soient. Guérisseuse Stroud pouvait considérer le programme de reproduction comme une science légitime, mais c'était essentiellement, et beaucoup plus fondamentalement une diversion. C'était un spectacle pour les Mangemorts mais c'était aussi un pot-de-vin. Les mères porteuses étaient des esclaves sexuelles.

Hermione réalisa avec un pincement de cœur amer qu'elle avait été si absorbée par sa propre situation qu'elle n'avait pas pris en compte le fait que ça pouvait être bien pire pour les autres.

Il avait toujours été clair que c'était l'intention de départ. Pas de soutien gorge. Pas de culotte. La façon dont les boutons de leurs robes s'ouvraient au moindre frôlement.

Accessibles.

On demandait aux Mangemorts de les violer les jours où elles étaient fertiles, mais les instructions ne faisaient pas référence à la période de fertilité comme une limite.

D'une certaine façon, avoir été donnée à Malefoy était… une chance ?

Il semblait clinique dans son utilisation d'elle.

Peut-être que c'était simplement parce que Voldemort ne voulait pas qu'elle soit trop abîmée jusqu'à ce que ses souvenirs ne soient retrouvés. Peut-être qu'il n'était pas autorisé à la blesser, ou à la violer comme il le voulait.

Mais… cela ne semblait pas vrai. Il ne semblait pas intéressé. Ce n'était pas comme s'il se restreignait. Il semblait toujours pressé d'en avoir fini avec elle. De s'éloigner d'elle. Elle était une corvée pour lui.

Était-il possible que le Haut Préfet soit le personnage le moins inhumainement cruel du gouvernement de Voldemort ?

Cela ne semblait pas exact non plus. Pas après avoir vu ce qu'il avait fait à Montague. Le regarder se tenir froidement là à dérouler les intestins de Montague à mains nues était… terrifiant.

Son impassibilité.

Sa facilité à le faire.

Malefoy avait beaucoup de cruauté en lui. Frémissant juste sous la surface, attendant d'être libérée.

Peut-être que le viol n'était pas son truc.

Une pensée étrange, mais la plus plausible à laquelle elle pouvait penser. Il détestait la toucher ; l'évitait le plus possible.

Apparemment Malefoy n'était pas complètement un monstre.

Non que cela ait de l'importance. Rien de tout cela n'avait d'importance. Rien de tout cela n'avait jamais eu d'importance.

C'était comme se rendre compte que Voldemort était mourant. Se rendre compte que c'était pire pour les autres filles ne faisait pas de différence. Il n'y avait rien qu'Hermione puisse faire.

Même si par miracle elle trouvait une façon de s'échapper, ce qui était en soi absolument impossible, elle ne pourrait pas s'arrêter pour sauver quelqu'un d'autre. Elle devrait courir. Elle devrait courir encore et encore. La meilleure chose qu'elle pourrait faire serait de trouver qui restait de l'Ordre et voir s'il avait un moyen de sauver toutes les autres. Mais s'il y avait un moyen de faire une telle chose, l'Ordre l'aurait sûrement déjà fait. L'Ordre n'aurait sûrement pas laissé les mères porteuses l'être aussi longtemps s'il existait un moyen de les sauver.

Hermione ne pouvait penser à personne d'autre qu'elle-même. Si elle avait l'information que Voldemort et Malefoy semblaient croire qu'elle avait, alors la chose la plus vitale qu'elle pouvait faire était de les empêcher de l'obtenir d'elle.

Il fallait qu'elle s'échappe.

Elle commençait à manquer de temps.

Il lui semblait être un miracle absolu de ne pas être enceinte. Elle avait été certaine qu'après la potion de fertilité elle serait enceinte.

Une fois qu'elle serait enceinte…

Hermione eut l'impression de ne plus pouvoir respirer. Sa poitrine et sa gorge semblaient écrasées, et elle commença à trembler alors qu'elle essayait de ne pas pleurer.

Ses chances d'évasion lui semblaient infinitésimales. Une fois qu'elle serait enceinte elles seraient pratiquement non-existantes et diminueraient à chaque jour qui passerait.

Elle ne pouvait même pas marcher dans un champ ou le long d'une route en l'état. Une évasion avec le challenge additionnel et évolutif qu'une grossesse présenterait serait impossible.

Une fois qu'elle aurait accouché, Malefoy lui arracherait l'enfant des bras (en supposant qu'il la laisse seulement le tenir), puis il donnerait Hermione à Voldemort qui la tuerait, et elle serait mangée par les vils pythons de Voldemort et son bébé serait laissé tout seul dans l'horrible maison de Malefoy, élevé par lui et son horrible femme…

La poitrine d'Hermione se serra et avant qu'elle ne puisse s'en empêcher elle commença à sangloter si violemment qu'elle s'étouffa.

Même si elle s'échappait, Malefoy ne cesserait jamais de la chercher.

Il n'y avait aucune façon de s'échapper. De toutes les idées auxquelles elle pouvait penser, aucune ne se réaliserait. Elle était comme un insecte, épinglée sur un tableau.

Le manoir était une cage sans défaut.

À moins que par miracle elle puisse convaincre Malefoy de la laisser partir…

Et il n'y avait simplement aucun moyen d'y arriver.

Elle ne savait même pas s'il pourrait la laisser partir, même s'il en avait envie. Il y avait parfois quelque chose dans la façon dont il regardait les menottes qui faisait douter Hermione sur le fait qu'il puisse les enlever.

Il pourrait seulement la tuer. Et il prévoyait déjà de le faire.

Elle roula sur le dos et regarda le baldaquin avec désespoir.

Il n'y avait pas d'issue.

Elle ne s'échapperait jamais. Elle serait bientôt enceinte.

Et elle ne s'échapperait jamais.

La vague de déprime la fit finalement s'endormir.

Hermione quitta à peine son lit pendant les jours suivants.

Elle fixait l'extérieur par la fenêtre quand la porte de sa chambre s'ouvrit dans une explosion et qu'Astoria entra à grands pas, la baguette dans une main et un journal serré dans l'autre.

Hermione se leva rapidement, et Astoria s'arrêta. Elles se fixèrent l'une l'autre pendant une minute.

Astoria n'avait pas approché Hermione depuis la nuit où elle avait amené Hermione dans la chambre de Malefoy. Les doigts d'Hermone tressaillirent nerveusement. Astoria devait être là à cause de Montague.

"Viens là, Sang-de-Bourbe," commanda Astoria d'une voix sèche.

Hermione traversa la pièce avec réticence jusqu'à ce qu'elle se tienne à seulement une trentaine de centimètres d'Astoria. Son cœur tambourinait et elle avait un très mauvais pressentiment sur le fait que la conversation qu'elles s'apprêtaient à avoir allait mal finir.

Astoria était pâle. Fragile. Elle était impeccablement habillée et apprêtée, mais elle donnait l'impression de vouloir en découdre. Les boucles d'oreille qu'elle portait tremblaient légèrement et ses yeux étaient rétrécis en deux fentes alors qu'elle fixait Hermione.

"Je sais que tu fouines. As-tu vu cette histoire ?" dit Astoria, levant le journal pour qu'Hermione puisse voir la photo de la une.

Hermione avait été trop déprimée pour ne serait-ce que regarder la Gazette du Sorcier depuis l'équinoxe. Son regard se baissa pour étudier la photo et ses yeux s'écarquillèrent.

Sur la une de la Gazette du Sorcier se trouvait une photo de Malefoy qui éventrait calmement Graham Montague au milieu de la salle d'attente de Sainte Mangouste.

Hermione ne put que la fixer pendant un instant avant qu'Astoria ne secoue la main pour replier le journal en deux.

"Je dois admettre," dit Astoria d'une voix artificiellement calme. "Quand j'ai entendu la nouvelle que Drago avait publiquement tué Graham, j'ai pensé qu'il avait finalement remarqué."

Les lèvres d'Astoria tressaillirent et elle détourna le regard d'Hermione.

"J'ai essayé d'être la parfaite épouse quand j'ai été choisie," dit Astoria. "La femme de Drago Malefoy. Ça n'avait rien de comparable. Le général le plus puissant de l'armée du Seigneur des Ténèbres. Toutes les autres filles étaient si jalouses. Bien sûr, c'était arrangé, mais j'ai pensé qu'il finirait par réaliser que j'étais la bonne pour lui. Que j'étais une bonne épouse. J'ai tout fait. J'ai rejoins chaque comité, chaque œuvre de bienfaisance. J'étais la parfaite épouse. J'étais parfaite. Mais il ne s'en est jamais soucié."

Astoria haussa les épaules et fit un geste négligent avec sa main de baguette. Ses ongles vernis d'argent reflétèrent la lumière.

"Les gens ne le savent pas, mais il ne vivait même pas ici. Nous nous sommes mariés et il… il m'a juste laissée ici dans cette maison. Ne m'a jamais vraiment fait visiter le manoir. Le jour de notre mariage, il m'a amenée ici et m'a laissée au foyer ; ne s'est pas embêté à consommer jusqu'à ce que je sois censée être fertile. Et après - une fois que les guérisseurs ont déterminé que j'étais stérile - Drago n'est plus revenu ici du tout. Il a juste… disparu. Je n'ai jamais su où il était. Je ne pouvais pas le contacter. J'ai pensé que peut-être que je pourrais avoir son attention si je le rendais jaloux mais il ne s'est jamais soucié de ce que je faisais. Finalement… j'ai accepté que c'était comme ça qu'il était."

L'amertume de l'expression d'Astoria transformait son visage en quelque chose d'à la fois moche et terrifiant.

"Mais après tu es arrivée." La voix d'Astoria tremblait de ressentiment. "Et là, il a emménagé ici et il a retourné tout le domaine pour le protéger et s'assurer qu'il était sécurisé. T'a emmené en promenade, t'a fait visiter la maison."

Hermione commença à ouvrir la bouche pour souligner qu'on avait ordonné à Malefoy de faire ces choses.

"Tais-toi ! Je ne veux pas t'entendre," dit sèchement Astoria, serrant les dents.

Le journal se froissait dans le poing serré d'Astoria et fumait légèrement.

"Et puis Graham a commencé à me porter de l'attention," dit Astoria, la voix tremblante comme si elle retenait ses larmes. "Il était si sympathique et me tenait compagnie à tous les événements où Drago ne s'est jamais montré. Il voulait voir tout ce que j'avais fait et il avait remarqué toutes les choses que j'avais faites pour impressionner Drago. Il voulait que je lui montre le manoir pour voir comment j'avais décoré. Il a eu l'idée de faire une soirée du Nouvel An ici, au manoir. Et des dîners. Et même une soirée d'équinoxe sur la terrasse de l'aile nord. Il avait été très insistant pour que ça soit dans l'aile nord…"

La voix d'Astoria se brisa et elle regarda par la fenêtre pendant plusieurs secondes.

"Quand j'ai entendu que Drago avait tué Graham j'ai pensé 'Drago a finalement remarqué, il était juste occupé avant.' Mais ensuite," Astoria tressaillit, "cela m'a traversé l'esprit… Graham m'a approchée pour la première fois une semaine après que la Gazette du Sorcier ait écrit ce vil article sur toi qui vivait ici. Il avait si envie de venir sur le domaine plutôt que d'aller à l'hôtel ou dans sa maison de ville. Il était très insistant. Il devait voir le domaine, le manoir. Toutes les pièces, même si nous devions enlever des protections pour y entrer. Puis il m'a traversé l'esprit que Graham avait toujours tendance à disparaître ; au Nouvel An, aux dîners, et à la soirée dans le jardin. Il… disparaissait toujours."

Astoria resta silencieuse pendant plusieurs secondes. Hermione grinçait des dents, incapable de parler ; incapable de clarifier les choses. Elle ne savait pas si cela ferait une différence même si elle le pouvait.

"C'était à cause de toi," dit finalement Astoria. "Graham venait ici à cause de toi. Drago l'a tué à cause de toi. Graham ne faisait que m'utiliser ! Il m'a utilisée pour arriver jusqu'à toi !"

Astoria jeta le journal sur le sol. Les pages se répandirent sur le parquet, montrant Malefoy assassinant froidement Graham Montage dans une boucle en noir et blanc continue.

Drago Malefoy Tue Publiquement Un Camarade Mangemort !

"Pourquoi se soucient-ils de toi ?" demanda Astoria, faisant un pas vers Hermione et plongeant brutalement sa baguette sur la gorge d'Hermione. "Qu'est ce que tu as de si spécial pour que Drago emménage ici, dans cette maison qu'il hait clairement ? Pour que Graham passe des mois à m'utiliser pour arriver jusqu'à toi ? Pourquoi tout le monde s'intéresse à une Sang-de-Bourbe ? Pourquoi est-ce que tout le monde pense que tu es si importante ?"

La lueur dans les yeux d'Astoria alors qu'elle regardait Hermione était maniaque.

Hermione commença à ouvrir la bouche et Astoria la gifla brutalement.

"Je ne veux pas entendre tes explications !" gronda Astoria. "Je t'avais prévenue. Je t'avais dit de ne pas me causer de problèmes."

Astoria pointa brusquement sa baguette sur le visage d'Hermione, vers ses yeux. La poitrine d'Hermione se serra et elle détourna son visage.

"Tu sais," dit Astoria d'un ton tremblant et cadencé, attrapant Hermione par le menton. "Marcus dit qu'il peut à peine supporter la vue de sa mère porteuse, parce que le trou dans sa tête la rend horrible. Peut-être que Drago passerait moins de temps à t'observer si tu en avais deux."

Hermione trébucha en arrière.

"Reste tranquille," ordonna Astoria.

Hermione se figea et Astoria s'approcha de nouveau.

Malefoy va venir. Malefoy va venir. Malefoy va venir.

Malefoy était en Roumanie.

Astoria attrapa de nouveau Hermione par le menton.

"Ouvre grand les yeux, Sang-de-Bourbe," ordonna Astoria.

Hermione put se sentir commencer à trembler alors que ses yeux s'élargissaient.

"S'il te plait… non !"

"Tais-toi," dit froidement Astoria alors qu'elle tirait le visage d'Hermione plus près. Astoria pressa le bout de sa baguette contre le coin extérieur de l'œil gauche d'Hermione ; enfonçant la pointe dans l'orbite. Elle ricana au visage d'Hermione. "J'espère que je serai là quand Drago te verra la prochaine fois. Même s'il me tue, la satisfaction en vaudra bien la peine."

Hermione essaya d'arracher son visage et Astoria retira momentanément sa baguette pour immobiliser Hermione d'un sortilège rapide, figeant Hermione en place avant d'enfoncer de nouveau durement sa baguette sur le côté de l'œil d'Hermione.

La douleur dans l'œil d'Hermione augmenta, elle pouvait sentir que son globe oculaire était sur le point de sortir de son orbite. Son corps entier tremblait et elle ne pouvait pas bouger.

Le son de sa respiration paniquée perçait à travers la réalisation surréaliste que le visage d'Astoria Malefoy pourrait être la dernière chose qu'elle ne verrait jamais. Elle entendit son propre cri étranglé quand elle sentit quelque chose céder dans son œil et que sa vision devint unilatérale.

Soudain, il y eut un craquement au loin si fort que le Manoir trembla. Astoria sursauta mais ne s'arrêta pas.

"Expelliarmus !" gronda Malefoy alors qu'il apparaissait.

La baguette enfoncée dans l'œil d'Hermione disparut et Astoria fut projetée à travers la pièce et heurta le mur avec un craquement écoeurant avant de tomber sur le sol.

Hermione resta figée en place avec un œil ouvert, sanglotant hystériquement, immobilisée là où Astoria l'avait laissée.

Malefoy se précipita devant Hermione, annulant le sort d'immobilisation. Hermione tomba sur le sol. Malefoy s'agenouilla devant elle et tourna sa tête vers la sienne. Son visage était pâle, gelé, et son expression devint horrifiée quand il vit son visage.

Il jeta un sort de diagnostic sur elle. Après une minute, il avala sa salive et prit plusieurs inspirations comme s'il essayait de se calmer.

"Ton oeil est à moitié sorti de son orbite et tu as une plaie profonde sur le blanc," dit-il finalement. "Quels sont les sorts pour guérir ça ?"

Hermione le fixa, étourdie. Pleurant. Son visage était tordu alors qu'elle tremblait contre la main de Malefoy et sentait ses larmes couler contre ses doigts. Elle pouvait le voir d'un œil mais il n'y avait qu'un flou sombre de son côté gauche.

Elle ne pouvait pas s'arrêter de pleurer et de trembler alors qu'elle regardait Malefoy.

Elle savait qu'elle devait connaître la réponse à sa question mais elle ne pouvait pas s'en souvenir. Elle pouvait juste sentir l'endroit où la baguette d'Astoria avait percé son œil.

Elle ne pouvait pas voir…

Malefoy inspira vivement et son expression se durcit alors qu'il la regardait plus intensément.

"J'ai besoin que tu te calmes pour que tu puisses me dire comment réparer ça," dit Malefoy. Son ton était lourd de sommation.

Hermione étouffa un sanglot et essaya de respirer. Elle avait envie de fermer les yeux mais elle ne pouvait pas, parce qu'Astoria avait essayé d'en arracher un.

Elle inspira irrégulièrement plusieurs fois pour essayer de se ressaisir. Puis elle se força à regarder le diagnostic toujours visible sur la baguette de Malefoy.

Elle était une guérisseuse. Quelqu'un avait un œil blessé. Elle devait travailler efficacement si elle voulait essayer de préserver sa vue.

"Pour une sclérotique crevée," dit-elle d'une voix vacillante, réfléchissant pour essayer de se souvenir tout en analysant les données. Malefoy avait lancé un diagnostic détaillé sur elle et elle pouvait voir que les dégâts étaient étendus. "Sclera Sanentur. Tu dois le dire rythmiquement, presque le chanter. Et passer le bout de ta baguette au-dessus de la plaie."

Malfoy répéta la formule et le rythme et elle fit un petit hochement de tête. Il s'appliqua à le lancer sur son oeil. Elle gémit tout bas quand elle sentit la plaie commencer à se refermer.

"Et après… pour une… luxation de l'œil gauche," dit-elle d'une voix plus calme que ce qu'elle était en réalité. "C'est oculus sinister retreho. Et le mouvement de baguette…"

Précautionneusement, à moitié aveugle, elle tendit la main vers la main gauche de Malefoy et, comme il ne l'éloigna pas d'elle, elle ferma les doigts par-dessus les siens et lui montra le délicat mouvement en spirale.

"Ne le fais pas trop vite ou tu vas le rentrer trop fort," ajouta-elle.

Malefoy hocha la tête.

Hermione sentit son œil glisser en place dans sa tête. Le flou sombre devint légèrement plus lumineux mais elle avait toujours l'impression de regarder à travers une vitre très sale.

Malefoy lança un nouveau sort de diagnostic.

"C-Comment vois-tu ?" demanda-il en levant de nouveau le visage d'Hermione vers le sien, le bout de ses doigts se pressant légèrement le long de sa mâchoire.

Elle leva les yeux vers lui et couvrit son œil droit avec sa main. Son visage n'était qu'à quelques centimètres du sien.

"Tu es blond. Je pense… je peux voir que tu es blond et si je force je peux distinguer tes yeux et ta bouche, un peu…" Sa voix se changea en un gémissement et elle s'étrangla comme si elle allait de nouveau pleurer. Sa main glissa de son œil droit et elle la plaqua contre sa bouche alors qu'elle luttait pour ne pas sangloter.

"Qu'est-ce que je dois faire d'autre ? Comment réparer ça ?" demanda-il.

"Dictame," dit-elle. "De l'essence de Dictame, ça pourrait réparer le reste des dégâts. Mais c'est rare. Ça pourrait être difficile de s'en procurer… à temps."

"Topsy !"

L'elfe apparut instantanément.

"Apporte moi de l'essence de Dictame."

L'elfe de maison disparut de nouveau.

Les mains de Malefoy restèrent sur le visage d'Hermione jusqu'à ce que ses sanglots s'apaisent de nouveau, puis il les retira doucement.

"Attends là. Je dois m'occuper d'Astoria maintenant," dit Malefoy.

Hermione hocha la tête et essuya son visage, découvrant qu'elle pleurait du sang. Elle regarda Malefoy marcher à grands pas vers sa femme, la faire léviter et la poser sur le fauteuil avant de lui lancer un sort de diagnostic. Le déséquilibre dans la vision d'Hermione compliqua les choses quand elle voulut lire le résultat. Elle pensait qu'Astoria avait plusieurs côtes cassées et une contusion.

Malefoy soigna les fractures avec une aisance qui témoignait de son expérience puis il la fixa pendant plusieurs minutes avant de la ranimer.