Chapitre 24
Il avait le goût du whiskey pur feu.
C'était un baiser punitif. Au moment où leurs lèvres se touchèrent, il écrasa le corps d'Hermione contre le sien. Sa main sur sa gorge glissa en arrière jusqu'à sa nuque, emmêlant ses doigts dans ses cheveux alors qu'il approfondissait le baiser. Son autre main se leva et sa paume se posa sur sa joue pendant un moment avant qu'elle ne glisse le long de son corps.
Il leva la tête d'Hermione alors qu'il continuait à l'embrasser. Sa langue se frayant un chemin jusqu'à sa bouche avant de se retirer alors qu'il mordillait ses lèvres. Assez fort pour faire mal, mais pas jusqu'à saigner. Puis, quand elle haleta, hors de souffle, il retira sa bouche et commença à l'embrasser le long de sa gorge.
Hermione était figée par le choc. Compliante et immobile entre ses mains possessives.
Il tirait sur ses vêtements. Elle put sentir la sur-robe glisser sur le sol, et les premiers boutons de la sous-robe s'ouvrir alors que l'air froid du manoir la mordait. Il arracha les boutons alors qu'il l'exposait et exposait sa peau nue.
Il se pressait contre elle alors qu'il retirait la sous-robe de ses épaules, la déshabillant jusqu'à la taille.
L'air froid mordait sa peau, et elle sentit ses tétons se durcir dans le froid alors que les mains de Malefoy fonçaient pour empalmer ses seins et les titiller. Sa bouche était à la jonction de son cou et de ses épaules, et il l'embrassait et tout mordillait tout le long quand soudain il atteignit un endroit et elle… gémit.
Ils se figèrent tous les deux.
Malefoy s'arracha violemment d'elle.
Il se tint debout, la regardant. Elle était effondrée contre le mur, à moitié déshabillée, et… excitée.
Les yeux de Malefoy étaient écarquillés, comme s'il prenait seulement conscience de ce qu'il faisait. Il resta là, l'air choqué, pendant quelques instants avant que le masque ne se remette brutalement en place. Son visage ne fit dur et il eut un rictus.
"Apparemment, tu as accepté ta place," dit-il avec un regard concupiscent.
Il tourna les talons et disparut dans l'obscurité.
Hermione resta là, sous le choc. Elle se sentit gelée alors qu'une vague froide de dévastation la heurtait.
Elle avait… elle avait été… réceptive. À Malefoy.
Sa compliance n'avait pas été forcée par les menottes. Il ne lui était même pas venu à l'idée de le repousser. Il ne lui était pas venu à l'idée d'en avoir envie.
Il l'avait embrassée et elle… l'avait laissé faire. Elle n'avait pas été révulsée. Cela avait enchanté quelque chose de seul et douloureux en elle. Être touchée. Quelqu'un avec des mains chaudes qui la caressait. C'était un désir ancré dans toutes ses fibres.
Piégée dans le manoir, elle s'accrochait à tout fragment de gentillesse qu'elle pouvait trouver.
Mais ce n'était pas de la gentillesse.
Malefoy n'était pas gentil ; il n'était simplement pas cruel. Il n'était pas aussi horrible qu'il pourrait l'être. Il avait un minuscule fragment de décence.
Apparemment, dans son esprit fracturé, une absence de cruauté était suffisamment réconfortante. Pour son coeur affamé, c'était assez.
Elle eût un sanglot étranglé, elle rassembla ses robes autour d'elle et s'enfuit jusqu'à sa chambre.
Ouvrant brusquement les portes de sa garde-robe, elle sortit un nouvel ensemble de robes et les boutonna aussi rapidement que possible. Puis elle enroula ses bras autour d'elle pour une sensation additionnelle de sécurité. De décence.
Elle valait mieux que ça.
Elle n'allait pas laisser son instinct de survie psychologique la piéger à tomber amoureuse d'un monstre ; à rechercher l'attention de la personne responsable d'avoir commencé la guerre ; à être réceptive à l'homme qui avait assassiné ses amis.
Elle ne pouvait pas laisser son esprit rationaliser le fait de tomber amoureuse de son violeur simplement parce qu'il n'était pas aussi monstrueux qu'il pourrait l'être.
Elle ne pouvait pas. Ne le ferait pas.
Ne le ferait pas.
Ne le ferait pas.
Elle pouvait supporter le fait d'être trahie par son corps. Elle ne se laisserait pas trahir par son esprit.
Elle préférait le briser.
Elle devait sortir du manoir.
Elle pressa ses mains contre la fenêtre froide et regarda désespérément le domaine éclairé par la lune.
Puis elle pencha la tête en arrière et l'écrasa de toutes ses forces contre le verre.
La vitre incassable ne se brisa pas. Ne pouvait pas céder.
Elle frappa de nouveau sa tête dessus.
Et encore.
Et encore.
Il y avait du sang qui coulait dans ses yeux mais elle continua.
Un bras se referma autour de sa taille, et une main se referma autour de ses deux poignets alors qu'on la tirait à l'écart de la fenêtre.
Elle se débattit. Essaya de libérer ses mains. Enfonçant ses orteils dans les irrégularités du parquet pour se propulser en arrière.
Sanglotant.
"Granger. Ne fait pas ça... Ne fait pas ça." La voix de Malefoy était proche de son oreille.
Elle tira futilement pour se libérer alors qu'elle sanglotait encore et encore.
Elle était si lasse d'être blessée et seule. Elle avait envie de disparaître. Si elle continuait d'exister dans cette maison elle allait essayer de trouver du réconfort. Tout plutôt que d'avoir froid et rester seule encore et encore.
Elle avait envie d'être touchée. Elle avait envie de se sentir en sécurité, même si ce n'était qu'une illusion. Elle le voulait…
Mais elle ne pouvait pas.
Elle ne trahirait pas tout le monde comme ça. Harry. Ron. Minerva. Ginny…
Elle ne se trahirait pas comme ça.
"Je ne peux pas… peux pas…" sanglota-elle, essayant de nouveau de se libérer.
"Ne te fais pas de mal. Granger, c'est un ordre. Ne te fais pas de mal." Malefoy grogna l'ordre alors qu'il l'éloignait encore de la fenêtre.
Elle continua à lutter.
"Stop."
L'ordre fut grondé.
"Arrête d'essayer de te blesser physiquement." Sa voix tremblait.
Elle sentit les menottes chauffer autour de ses poignets alors qu'il les invoquait, et elle lutta contre la magie.
"Non…!" sanglota-elle alors qu'elle sentait la magie croître jusqu'à ce qu'elle étouffe son esprit et que son corps devienne mou.
Elle s'affala contre Malefoy. Il relâcha ses poignets et enroula fermement son bras autour de ses épaules, comme s'il s'attendait à ce qu'elle se jette soudain de nouveau sur la fenêtre.
Elle resta là, frissonnant et sanglotant silencieusement dans ses bras. Il y avait du sang qui coulait le long de son visage et qui gouttait de ses lèvres et de son menton sur le sol.
"Alors…" dit-il d'une voix tendue après quelques minutes. "Tu as trouvé un moyen de contourner les menottes, à ce que je vois."
Alors qu'elle était accrochée à lui, elle se rendit compte sans joie que c'était vrai.
Les injonctions existaient dans son esprit. L'ordre était de ne pas se faire de mal, mais ne spécifiait pas de différence entre souffrance physique et psychologique. Alors… dans un état d'agonie mentale suffisant… avait été capable de l'ignorer. Elle se blessait d'une façon ou d'une autre ; elle ne pouvait pas empêcher son esprit de la blesser. L'injonction avait été annulée.
Elle était toujours dans son esprit.
Son interprétation des injonctions avait toujours été ce qui la limitait. L'ordre d'être silencieuse : elle l'avait interprété comme Malefoy ne lui permettant pas de parler sans permission parce qu'elle supposait qu'il serait vindicatif de cette façon. Alors elle n'avait pas été capable de parler. Si elle l'avait interprété comme quelque chose de plus simple, comme ne pas parler fort, elle aurait pu parler ; à moins que Malefoy n'ait clarifié et donné plus de précision sur l'injonction.
Les injonctions étaient construites pour prévenir la désobéissance délibérée.
Quand elle ne pensait pas au fait qu'elle désobéissait, quand elle réagissait instinctivement ou parlait sans réfléchir, elle avait toujours été capable de contourner les injonctions. Elle ne l'avait simplement pas remarqué.
"Je suppose que oui," dit-elle à voix basse, se remettant sur ses pieds et se relevant.
Les mains de Malefoy glissèrent d'elle. Quelque chose en Hermione se tordit à cette perte de contact.
Il la fit se tourner et utilisa un sort pour enlever le sang de son visage et lança un charme de guérison là où la peau s'était ouverte. Sa tête pulsait là où elle l'avait tapée.
"Pourquoi ?" demanda Malefoy d'une voix dure. "Pourquoi ce besoin soudain d'aller aussi loin ?"
Elle le regarda. Ils se tenaient à quelques centimètres de distance. Ses yeux gris acier l'étudiaient avec attention. Il avait pris une potion de sobriété depuis qu'il l'avait embrassée ; elle pouvait le sentir dans son haleine.
"Pourquoi pas ?" dit-elle d'une voix nostalgique. "Les options ont toujours été s'échapper ou mourir."
"Mais c'est la première fois que tu tentes réellement d'y arriver. Pourquoi ce soir plutôt qu'hier, ou le jour où je suis parti en France ?"
Alors il avait remarqué qu'elle était devenue réceptive contre sa volonté. La bouche d'Hermione se tordit et elle détourna le visage, pressant sa joue contre son épaule.
Ne lui parle pas. Ce n'est pas ton ami.
"Je n'ai pas besoin que tu parles pour avoir la réponse," dit-il après plusieurs minutes. "Bien que je pense que tu préférerais. Il est temps pour une petite session de légilimancie, après tout."
Hermione ferma la bouche, mais ses yeux volèrent vers son lit. Elle n'avait pas envie de s'allonger sur un lit devant lui encore une fois. S'il envahissait son esprit pour avoir la réponse il verrait à quel point elle était pathétiquement et désespérément seule. À quel point il était devenu important pour elle.
Si elle répondait à la question, elle aurait le contrôle sur la façon de le dire.
Elle ouvrit la bouche plusieurs fois alors qu'elle luttait pour savoir par où commencer. Elle avait si froid que sa peau lui faisait mal. Elle serra ses bras autour d'elle, frottant doucement ses bras.
"Je crois que je commence à développer un syndrome de Stockolm," dit-elle finalement à voix basse. "C'est une altération psychologique moldue. Je suppose qu'on peut dire que c'est un instinct de survie ou un mécanisme d'adaptation."
Elle se tut et jeta un oeil à Malefoy. Il avait une expression neutre, s'attendant apparemment à ce qu'elle continue ses explications. Elle se détourna.
Il soupira avec irritation. "Donc, on va utiliser la méthode dure. Très bien. Légilimancie alors."
Hermione se raidit et courba défensivement les épaules. "C'est quelque chose qui arrive parfois quand un otage peut commencer à développer un attachement pour son ravisseur… à cause de sa dépendance." Elle força les mots à sortir, la voix tremblante. Elle ne regarda pas Malefoy.
Elle se força à continuer.
"Je ne sais pas grand chose dessus. Je n'ai pas eu assez de temps pour étudier la psychologie. Mais, je pense que je commence à rationaliser ton comportement ; essayer de justifier ce que tu fais. Un manque de cruauté devient de la gentillesse. C'est un mécanisme de survie, alors il opère à travers des réactions et des adaptations inconscientes. Dans le but d'essayer de créer une authentique connexion émotionnelle. Je pourrais développer des sentiments pour toi…" Sa voix se brisa et elle resta silencieuse pendant un moment.
Il y eut une pause.
"Honnêtement, je préfère être violée par ton père qu'avoir des sentiments pour toi," dit-elle finalement en regardant le sang sur le sol.
Il y eut un silence assourdissant, et elle vit les mains de Malefoy se serrer lentement en poings de chaque côté de lui.
"Hé bien," dit-il après plusieurs secondes. "avec un peu de chance tu es enceinte maintenant et nous n'aurons plus besoin de subir l'attention l'un de l'autre. Tu seras juste toute seule."
Il commença à se tourner pour partir. Sans réfléchir, la main d'Hermione fusa et le retint par ses robes. Il se figea. Elle eut un sanglot dans sa respiration alors qu'elle agrippait le tissu plus fort, laissant reposer sa tête contre son torse. Il sentait la mousse et le cèdre, et elle trembla et se blottit contre lui. Les mains de Malefoy se levèrent et se posèrent sur ses épaules jusqu'à ce qu'elle puisse sentir leur chaleur s'imprégner lentement en elle, ses pouces glissant légèrement sur ses épaules jusqu'à ce qu'elle arrête de trembler.
Puis ses mains se figèrent et il la repoussa violemment. Hermione trébucha en arrière et tomba presque contre son lit alors qu'il s'éloignait d'elle. Ses yeux étaient froids et il y avait quelque chose qui n'était pas familier dans son expression, qu'elle ne pouvait identifier.
Il baissa les yeux vers elle et la regarda pendant un moment, la mâchoire serrée, puis il prit une inspiration brusque et eut un petit rire amer.
"Tu n'as pas le syndrome de Stockholm." Il leva un sourcil.
"Tu t'en fous de survivre. Les Gryffondor sont toujours avides de mourir." Ses lèvres se fendirent d'un rictus quand il dit 'Gryffondor'. "Après tout, tu as fantasmé sur un magnifique meutre-suicide pour nous deux pendant des mois. Non, ce qui te ronge ce n'est pas la survie, c'est l'isolation. Pauvre petite guérisseuse qui n'a personne à soigner. Personne qui n'ait besoin de toi. Ou ne veuille de toi."
Hermione le fixa alors qu'il continuait.
"Tu ne peux pas supporter d'être toute seule. Tu ne sais pas comment fonctionner. Tu as besoin de quelqu'un à aimer ; tu ferais n'importe quoi pour que les gens te laissent les aimer. C'était ce qu'était la guerre pour toi, n'est-ce pas ? Tu voulais te battre, mais tu étais assez intelligente pour savoir qu'une autre duelliste téméraire de dix-sept ans n'allait pas changer l'issue de la guerre… pas comme le ferait une guérisseuse."
Hermione se sentit pâlir.
"Potter et le reste de tes amis étaient trop stupides et idéalistes pour apprécier les choix que tu as fait. Un sacré fardeau, de faire partie du peu de gens assez intelligents pour comprendre ce qui était nécessaire pour gagner ; l'une des seule réellement volontaire pour payer le prix que demandait la victoire. Ils ne l'ont jamais apprécié. Tu les a laissés t'envoyer au loin. Puis, tu es revenue, tu les as laissés de faire travailler à mort. Pas de valeur ou de gloire pour les guérisseurs… pas comme les combattants. Même Ginny en avait conscience. Quand Crivey est mort, ils ont donné des jours à Potter pour se remettre juste parce qu'il l'avait vu. Tu étais la seule à essayer de sauver le garçon et qu'est-ce que tu as eu ? Quatre heures et tu étais attendue pour une nouvelle garde ?"
"Ce… ce n'était pas… comme… ça." Les poings d'Hermione étaient si serrés que ses os lui faisaient mal.
"C'est exactement comme ça que c'était. Tu peux te bercer d'illusions, mais j'ai passé tant d'heures dans tes souvenirs que je les connais probablement mieux que les miens. Tu aurais fait n'importe quoi pour tes amis ; tu aurais pris toutes les décisions difficiles et en aurait payé le prix sans te plaindre ; tu te serais prostituée pour l'effort de guerre. Mais dis-moi, parce que je suis sincèrement curieux, qu'à jamais fait Potter pour toi pour mériter tout ça ?"
Elle leva les yeux vers lui. "Harry était mon ami. C'était mon meilleur ami."
Malefoy renifla. "Donc ?"
Hermione détourna les yeux et prit une inspiration tremblante. "Je n'avais jamais eu d'amis… en grandissant. J'étais trop bizarre, trop plongée dans mes livres. J'en voulais plus que tout, mais personne n'avait jamais voulu être mon ami. Quand j'ai découvert Poudlard, je pensais… je pensais que tout serait différent, qu'être une sorcière était la raison pour laquelle je ne m'étais jamais intégrée. Mais… quand j'y suis arrivée… j'étais toujours bizarre et trop plongée dans mes livres et personne ne voulait rien avoir à faire avec moi. Harry… Harry était la première personne à me laisser être son amie. J'aurais fait n'importe quoi pour lui." Elle eut un sanglot sans larme dans la respiration et le ravala. "Sans compter que… ce n'est pas comme s'il y avait une chance de survie pour moi sans lui."
Il y eut un long silence.
"C'est la chose la plus pathétique que j'ai entendue de toute ma vie," dit finalement Malefoy, lissant ses robes. "Alors quoi ? Je suis ton Potter de remplacement ?" Il s'esclaffa. "Si quelqu'un le fait ne serait-ce que te parler, tu ne peux pas t'empêcher de t'accrocher à lui ? Les prostituées de l'allée des Embrumes coûtent plus cher que toi."
La mâchoire d'Hermione trembla, mais Malefoy n'avait pas fini. "Soyons bien clairs, Sang-de-Bourbe. Je ne veux pas de toi. Je n'ai jamais voulu de toi. Je ne suis pas ton ami. Il n'y a rien qui ne me ferait plus plaisir que d'en avoir fini avec toi."
"Je sais…" dit Hermione d'une voix basse et creuse.
"Bien que…" dit Malefoy après une pause. "Je ne peux pas nier que tu te sois améliorée pour moi ces derniers temps. Je vais devoir envoyer mes remerciements à Stroud."
Il ratissa son corps de ses yeux. Hermione prit une brusque inspiration et le regarda.
Puis elle s'esclaffa. "Vraiment ? C'est pour ça que tu m'as embrassée ? À cause de la potion ?"
Il haussa les épaules et la regarda de façon moqueuse, les yeux froids. "Que veux-tu que je dise ? Le viol n'est pas vraiment mon truc. Cependant, ton attachement croissant est à la fois fascinant et amusant à voir. Je n'aurais jamais imaginé que tu serais du genre à imaginer que mes soins obligatoires pour toi indiquaient une sorte d'attachement. Je ne peux même pas imaginer à quel point le Seigneur des Ténèbres sera amusé de voir ça dans quelques jours. La Sang-de-Bourbe de Potter tombant amoureuse de son violeur mangemort. Je ne pensais pas qu'il te serait possible d'être plus pathétique, mais apparemment avec les Sang-de-Bourbes on peut toujours tomber plus bas."
Il se retourna pour partir mais s'arrêta. "Je reviendrai plus tard pour m'occuper de tes souvenirs. S'il te plaît ne présume pas que je suis mort parce que j'ai occasionnellement mieux à faire de mon temps que patauger dans ta misérable petite vie."
Il renifla de façon dérisoire une dernière fois et marcha à grands pas hors de la chambre d'Hermione.
Quand il revint le jour suivant, Hermione avait à peine bougé. Il la fixa pendant plusieurs minutes. Elle ne leva pas les yeux ni ne le salua.
"Lit," commanda-il finalement.
Hermione se leva sans un mot et s'assit sur le bord du lit. Elle baissa les yeux vers le sol. Il n'avait pas besoin de ses yeux.
Il y eut un moment de flottement avant qu'il ne force son chemin dans son esprit.
Il passa la plupart de son temps à examiner ses souvenirs de Rogue. Il écuma à peine ses souvenirs récents. Quand il arriva au présent, il se retira et partit sans un mot.
Hermione se sentait… morte. Si elle se regardait dans le miroir et qu'elle voyait qu'elle était un fantôme, elle aurait à peine été surprise.
Un vide froid.
C'était tout ce qu'elle ressentait.
Elle resta au lit et formula des excuses à ses amis pour les avoir laissés tomber.
Quand Stroud arriva six jours plus tard, Hermione traversa la pièce sans un mot et s'assit sur le bord de la table d'examen ; ouvrant mécaniquement la bouche pour le véritasérum.
"Vous avez l'air plutôt gris," dit Stroud, sa bouche se tordant légèrement alors qu'elle l'étudiait. "Comment se sont passés les efforts de conception ce mois-ci ?"
"Je ne sais pas. N'est-ce pas ce pourquoi vous êtes là ?" dit Hermione d'une voix amère, baissant les yeux vers ses genoux et roulant le tissu de ses robes entre ses doigts.
Stroud eut un petit rire froid. "Intelligente."
Il y eut une pause alors que Stroud lançait le sort de détection de grossesse. Il y eut une pause plus longue.
"Vous êtes enceinte." Le ton de Stroud était triomphant.
Les mains d'Hermione se figèrent.
Non.
S'il vous plaît, non.
Hermione avait l'impression d'être brusquement enfoncée de force dans de l'eau glacée ; pas d'air et de la pression, comme si elle était écrasée de tous les côtés. Elle put entendre son rythme cardiaque s'intensifier jusqu'à ce que le bruit de son sang dans ses oreilles fut presque tout ce qu'elle pouvait entendre.
Stroud commença à parler mais Hermione ne pouvait distinguer aucun mot.
Elle ne pouvait pas respirer.
Stroud lui parlait de plus en plus fort. Les mots résonnaient et étaient indéchiffrables. Hermione haleta et essaya de faire entrer de l'oxygène mais sa gorge avait l'air compressée… comme si on l'étranglait.
Son cœur battait si fort qu'elle avait la sensation de se faire durement poignarder dans la poitrine.
Non. S'il vous plaît, non.
Stroud se tenait debout devant elle, regardant le visage d'Hermione. Stroud continuait de dire quelque chose, encore et encore. Le mouvement des lèvres de Stroud était le même à chaque fois alors qu'elle s'approchait plus près, faisant des gestes. Hermione ne pouvait pas discerner les mots. L'expression de Stroud devenait de plus en plus impatiente alors qu'elle ne cessait de se répéter. Le son se brouillait dans un rugissement indéchiffrable.
Hermione ne pouvait pas respirer ; ses poumons brûlaient alors qu'elle essayait. Les contours du visage de la guérisseuse se floutaient, comme si elle saignait dans l'air autour d'elle.
Tout devenait de plus en plus flou. Il y avait une sensation d'aiguilles qui s'enfonçaient dans les bras et les mains d'Hermione.
Soudain, Malefoy fut devant elle, ses mains sur ses épaules.
"Calme-toi."
Sa voix dure coupa à travers le flou.
"Respire."
Hermione haleta, prenant une inspiration enragée ; puis elle fondit en larmes.
Non. Non. Ne soit pas enceinte. Donnez la à Lucius, laissez-le la violer et la torturer à mort.
Chaque fois qu'elle prenait une inspiration, elle avait l'impression qu'un couteau était traîné tout le long de son œsophage.
"Oh mon dieu… Non…" Elle sanglota les mots encore et encore en tremblant.
"Respire. Continue à respirer," dit Malefoy. Son expression était tirée. Sa mâchoire tendue alors qu'il baissait les yeux vers elle et la regardait essayer de respirer.
Il fallut plusieurs minutes avant qu'elle n'arrête d'inspirer en tremblant et qu'elle commence progressivement à inspirer et expirer alternativement. La prise de Malefoy s'allégea progressivement et il se tourna lentement pour regarder Guérisseuse Stroud. Son expression était enragée.
"Vous savez qu'elle est sujette aux crises d'angoisse. Vous ne pouvez pas lui jeter les informations comme ça," dit-il d'une voix furieuse, tenant toujours fermement Hermione par les épaules alors qu'elle continuait de pleurer.
"Je pensais qu'elle paniquait seulement à cause des espaces ouverts." Stroud croisa les bras sur sa poitrine et leva le menton. "Étant donné à quel point elle est terrifiée par votre père, je pensais qu'elle serait soulagée."
"Essayez peut-être de réfléchir un peu plus," dit Malefoy d'une voix glacée. "Je commence à suspecter que vous cherchiez intentionnellement à la traumatiser. Vous l'avez menacée avec mon père, lui avez administré un aphrodisiaque sans la prévenir. Est-ce que vous essayez de lui faire perdre la tête ?"
Guérisseuse Stroud renifla alors qu'elle jetait un sort de diagnostic sur Hermione. "Je ne fais rien qui risque de compromettre ses souvenirs ; il n'y a pas besoin de vous inquiéter. J'ai été assez anxieuse à propos de leur déverrouillage depuis que je me suis rendue compte que c'était la responsable pour le Sussex." Stroud jeta un regard froid à Hermione. "Je suis curieuse de savoir comment une sorcière qui n'a jamais été diplômée de Poudlard, et sans véritable entraînement, a pu construire toute seule une bombe capable de tuer tous mes collègues."
Il y eut un long silence interrompu par les sanglots hachés d'Hermione alors que Malefoy regardait Stroud.
"Elle était une terroriste de la Résistance entrainée à travers l'Europe pour devenir une guérisseuse spécialisée dans la déconstruction des sortilèges du Sussex ; pour ne pas mentionner qu'elle avait un master en potions. Si elle peut prendre un sort et le neutraliser, elle peut aussi l'utiliser. Si vous étiez si curieuse, vous auriez pu me demander," dit-il d'une voix froide. "La torturer psychologiquement ne va pas vous donner de réponses, particulièrement si elle n'en a pas de souvenir. Votre programme n'est pas une opportunité pour exercer votre vengeance. Vous avez apparemment oublié que je ne tolère pas les imbéciles qui la blessent."
"Je n'étais pas…"
"Si. Le Seigneur des Ténèbres l'a placée sous ma garde. Vous savez à quel point son état est précaire. J'ai déployé des efforts et des coûts considérables pour maintenir son environnement. Étant donné que le Seigneur des Ténèbres n'a pas eu d'objection quand j'ai exécuté l'un de ses serviteur marqué pour avoir interféré, pensez-vous qu'il se souciera de vous ?"
Stroud pâlit mortellement. "Mon programme…"
"Est une farce." Malefoy renifla en le disant. "La raison pour laquelle vous n'êtes pas morte avec vos 'collègues' au Sussex est parce que votre proposition n'a pas été reconnue assez scientifiquement solide pour y ouvrir un laboratoire. Où sont vos contrôles ? Vos statistiques et l'historique de vos données ? Le spectacle que vous êtes si avide de voir dans les pages mondaines est en place et assez doté en personnel pour continuer facilement sans vous." Les yeux de Malefoy brillèrent vicieusement alors qu'il parlait. "C'est le seul avertissement que je vous offrirai. Vous n'êtes plus autorisée à être seule avec elle. Le rendez-vous d'aujourd'hui est terminé. Si vous avez de nouvelles instructions concernant ses soins, vous me les donnerez. Topsy !"
L'elfe de maison apparut dans un craquement. Malefoy ne quitta pas Stroud du regard.
"Escorte Stroud à la salle à manger. Je descendrai quand j'aurai fini de gérer la situation ici."
Stroud souffla, mais elle était toujours pâle et ses mains tremblaient alors qu'elle rassemblait ses documents. Alors que la porte se fermait, Malefoy se tourna pour baisser les yeux vers Hermione. Elle avait cessé de pleurer et essayait de respirer calmement.
Il fit un petit soupir et la remit sur ses pieds.
"Viens," dit-il alors qu'il la menait à travers la pièce jusqu'à son lit, l'étudiant avec attention avant de fouiller dans ses robes et d'en sortir une fiole de philtre de Sommeil sans rêves. "Au vu des événements récents, j'ai bien peur de ne plus te faire confiance quand tu es seule et consciente. Prends ça."
Hermione tendit une main de plomb et prit la fiole mais elle la regarda avec hésitation. Sa respiration était toujours hoquetante.
"Certaines potions peuvent causer des anomalies foetales. Je ne me souviens pas si la Sommeil sans rêves est ok," dit-elle d'une voix vacillante.
"Elle est ok."
Elle leva les yeux vers Malefoy. Comment diable pouvait-il savoir une chose pareille ?
Il croisa son regard. "Je me doutais qu'une chose pareille pouvait arriver si tu tombais un jour enceinte. J'ai vérifié."
Elle continua à hésiter.
"Je ne te demande pas. Si tu refuses je te forcerai," dit-il d'une voix dure.
Hermione pinça les lèvres et déglutit difficilement alors que sa poitrine continuait à tressauter. Elle déboucha la fiole en tremblant et l'amena à ses lèvres. Aussitôt qu'elle eut avalé le contenu, elle s'étrangla et éclata de nouveau en sanglots. La fiole glissa de ses mains et tomba au sol, se brisant.
"Oh mon dieu…" Elle sanglota entre ses mains alors que la potion entrait dans son organisme et prenait le pas sur son esprit comme un raz-de-marée noir. Elle s'enfonça dans le lit. "Oh mon dieu.. oh mon dieu… s'il vous-plait."
Ses yeux se fermèrent alors qu'elle continuait à pleurer. Elle était à peine consciente de ses jambes qu'on soulevait pour les poser sur le matelas. Les ténèbres l'avalèrent.
"Je suis désolé, Granger."
