Enfin ! Un nouveau chapitre ! Cela faisait quelques temps qu'il était écrit, mais entre mon travail et mon roman à écrire, j'ai mis un petit moment avant de le corriger...
Furina s'est donc enfuie après avoir dit ce qu'elle pensait qu'on attendait d'elle concernant la fin de la pièce d'opéra "Demain, dès l'Aube", et se retrouve maintenant face à ses pensées.
Une scène du jeu s'est glissée dans ce chapitre ! Saurez-vous la trouver ?
Cachée dans l'ombre, Furina avait attendu pendant de longues minutes que l'Opéra Epiclèse se soit enfin vidé pour se décider à sortir de son recoin. Doucement, comme une enfant timide à l'idée de monter pour la première fois sur scène devant un public, aussi réduit pouvait-il être, la jeune femme gravit les marches qui menaient sur les planches avec une lenteur somnanbulique. Elle avait l'impression que chaque pas lui coûtait une année de vie. Ironique, pour quelqu'un qui ne pouvait pas mourir, maudit par une Divinté.
À pas lents, elle se laissa porter par ses jambes comme un automate au milieu de la scène. Son visage se dressa en direction de l'unique projecteur encore braqué dans sa direction, tel un tournesol attiré par les éclats du soleil. Elle demeura ainsi des secondes durant, alors que les mêmes pensées tournaient en boucle dans sa tête.
Odieuse.
Décevante.
Méchante.
Et ces mêmes yeux de miroir qui refusaient de quitter son esprit. Tellement tristes. Tellement déçus. Tellement meurtris.
N'y tenant plus, Furina se laissa tomber à genoux, les mains agrippées à l'endroit du cœur comme si elle essayait de se l'arracher une bonne fois pour toutes. Sur son visage rondelet, des larmes, inarrêtables, s'étaient mises à couler et mouillaient le col de son veston de fortune. Mais rien n'aurait pu guérir la peine qu'elle ressentait dans son cœur.
Pourquoi ? Qu'est-ce qui lui avait pris de dire une chose aussi terrible ? Détestait-elle véritablement cette fin ? Certes, la jeune femme n'avait jamais été friande des histoires d'amour ; elle pensait simplement que c'était son incapacité à mourir qui l'avait rendue insensible à ce genre de chose futile. Mais ça, ce baiser entre filles, ça l'avait sincèrement retournée. Furina, la vraie, s'était mise à bouillonner au fond d'elle-même et n'avait demandé qu'à sortir pour crier haut et fort que c'était la plus belle fin qu'elle n'avait jamais vue.
Furina avait aussi peur de comprendre ce que cela signifiait.
Tâchant de refouler ses émotions tout au fond d'elle-même mais sans pour autant reprendre son rôle d'Archon Hydro, Furina laissa sortir sa véritable elle quelques instants, car elle sentait que son côté humain avait besoin de s'exprimer, ce soir. C'était ce genre de moment où, trop lassée et éreintée par le personnage qu'elle s'efforçait de rendre parfait de jour en jour, sa véritable personnalité tirait sur la sonnette d'alarme pour lui rappeler de ne pas se perdre et ne pas oublier qui elle était.
Alors, la jeune femme sécha ses larmes. À l'aide de l'intérieur de ses poignets, elle essuya les quelques résidus de perles salées qui avaient coulé autour de ses yeux et de ses joues, avant de se redresser avec la grâce d'un cygne. Là, son regard vairon à la pupille en forme de goutte d'eau se posa sur l'unique projecteur tendu dans sa direction, comme s'il était parvenu à voir Furina derrière la fausse Foçalor.
La jeune humaine ferma doucement les paupières, une main à l'endroit du cœur, avant d'entamer l'unique danse qui l'apaisait. Elle s'approcha doucement du devant de la scène, bras légèrement levés au niveau du torse. Furina sautilla quelques pas graciles, comme essayant de marcher sur la surface de l'eau avec la crainte d'être engloutie sous celle-ci. Elle jeta tout d'abord un premier bras sur le côté, avant de le ramener près de sa poitrine, suivit par son second bras, qu'elle dressa ensuite en direction d'un public invisible qui ne la verrait sans doute jamais sous cette réelle et authentique personnalité. Levant un bras gracile vers les hauteurs, elle tournoya une première fois sur elle-même avant de croiser une jambe devant l'autre et d'effectuer un petit saut voluptueux. La jeune femme tournoya ensuite dans l'autre sens, pour occuper une nouvelle partie de l'espace scénique, mais sans jamais quitter l'espace restreint imposé par le projecteur. Elle se stoppa un instant, tout en levant une paume gracile sur sa poitrine, à l'endroit exact du cœur. Furina entama une nouvelle pirouette, un bras levé vers les hauteurs pour conserver son équilibre et ainsi revenir vers le centre des planches. Elle avait tout de l'allure d'une danseuse étoilé sculptée dans une boîte à musique. Enfin, une jambe croisée devant l'autre, la jeune humaine leva voluptueusement ses deux bras en l'air, avant de les abaisser en même temps qu'elle effectuait la révérence, marchant l'achèvement de sa danse.
Le souffle court, les larmes lui piquant les yeux et menaçant de tomber au moindre tremblement, à la moindre pensée un peu trop négative, Furina demeura dans sa position de longues secondes. Avant d'entendre du bruit.
Des applaudissements.
Surprise, son souffle se coupa quelque part entre sa poitrine et sa gorge. Furina se redressa net, confuse, et balaya l'assemblée de sièges vides du regard. Elle se croyait seule. Personne n'aurait jamais dû voir sa vraie identité, personne n'aurait dû voir Furina derrière Foçalor.
Et pourtant, elle était bien là.
Au premier rang, qui plus était.
Une jambe passée par dessus l'autre, une jeune femme applaudissait avec entrain, un sourire visiblement charmé et ravi sur les lèvres.
L'actrice aux yeux de miroir.
Totalement empruntée, Furina ne sut comment réagir. Sa première option fut de prendre la fuite, mais ses jambes refusèrent de lui obéir. Tout ce qu'elle pouvait faire, c'était d'observer cette femme qui avait fait ressortir, ce soir, la véritable Furina, sans qu'elle ne sache comment elle était parvenue à une telle sorcellerie.
Furina manqua un battement lorsque l'actrice se redressa sans un mot. Une main serrée près du coeur, la fausse Archon Hydro l'observa monter les marches à pas de velours qui menaient sur les planches, les mêms foulées qui avaient arpenté le sable blanc durant la pièce. L'actrice se stoppa à quelques pieds de Furina, une expression indéchiffrable sur le visage.
Les deux jeunes femmes restèrent ainsi, de nombreuses secondes, à se regarder sans jamais oser prendre la parole.
"Je savais bien que vous n'étiez pas partie, déclara alors la jeune femme aux yeux de miroir. Cela fait un moment que je vous observe et, généralement, après être allé saluer les artistes, vous avez pour habitude de vous enfuir à travers un passage dérobé à votre intention, pour ne pas être incommodée par les Fontainois."
Furina en eut le souffle coupé. Alors, elle l'avait observé, et avait même repéré ses habitudes ? Elle qui pensait avoir été discrète… Une pensée dérangeante envahit soudain l'Archon Hydro : avait-elle déjà été suivie sans s'en rendre compte ?
"Vous…" débuta Furina, abasourdie.
"Oh, non, ne vous en faites pas. Votre secret a été bien gardé pendant des années. En vérité, je ne compte rien partager de vos petites habitudes avec qui que ce soit. Ni même… ce que j'ai vu ce soir. Vous êtes une danseuse hors pair. Mais…"
"Mais… ?" répéta doucement la fausse Archon Hydro, un soupçon d'inquiétude qui ne lui ressemblait pas dans le fond de sa voix.
"Vous m'aviez l'air très triste. Loin du personnage que vous vous efforcez de jouer en public. À vrai dire, je ne vous blâme pas. J'imagine que mêmes les divinité ont leur coup de mou."
Furina se pinça discrètement la lèvre inférieure, tandis que son regard se baissa tristement sur ses talons. Elle sentait son coeur battre la chamade. Un mélange d'émotions contradictoires se bousculaient dans sa poitrine : de la honte, de la tristesse, de l'inquiétude, de la colère envers elle-même et les paroles odieuses qu'elle avait eues pour l'actrice devant elle, mais aussi… de la joie. Pour la première fois en trois cent ans d'existence, elle avait l'impression que quelqu'un se souciait enfin d'elle. Quelqu'un avait vu à travers son personnage pour voir la véritable Furina. Mais… pouvait-elle vraiment crier victoire aussi vite ? Sa vraie elle lui dictait de tout raconter ce qu'elle avait sur le coeur, sa mission divine, sa véritable identité, tout, pour qu'elle se sentisse enfin moins seule. Mais… Même si la jeune femme lui avait confirmé que ses secrest seraient bien gardés, avec elle, la fausse Archon pouvait-elle réellement lui faire confiance ?
Incapable de faire un choix raisonnable, celui qu'elle penserait le plus juste, Furina décida de se taire. Lentement, elle se dirigea sans un mot sur le bord de scène pour sortir du cercle de lumière du dernier projecteur encore allumé et vint s'asseoir sur les planches, les jambes pendent dans le vide. Il serait probablement plus aisé pour elle de discuter dos à son interlocutrice. Elle serait ainsi un peu moins troublée par ses yeux de miroir qui lui renvoyaient sa propre image déboussolée et perdue.
"Je m'excuse pour mon comportement, tout à l'heure, débuta Furina, doucement, la voix teintée de cette tristesse qui ne ressortait que de nuit. Les mots ont dépassé ma pensée, je…"
"Ne vous en faites pas, répondit calmement l'actrice, tandis que Furina l'entendait se déplacer dans son dos. Vous ne faisiez que ce qu'on attend de vous. Je comprends. Cette fin peut surprendre."
"En effet, elle m'a surprise, mais peut-être pas… de la façon dont vous l'imaginez."
"Oh ? Voilà qui est intéressant."
La jeune femme aux yeux de miroir pris place à ses côtés, à une distance raisonnable. Elle pencha ensuite sa tête dans la direction de l'Archon Hydro, avec un sourire encourageant. Furina sentit son regard se dérober immédiatement, gênée par cette proximité avec cette fille qu'elle avait pourtant ébranlée quelques minutes plus tôt. Pourquoi se montrait-elle aussi gentille et patiente avec elle après les horreurs qu'elle lui avait dites ? Furina ne pouvait s'empêcher d'éprouver une vague de reconnaissance.
"On peut peut-être creuser la réflexion un peu plus, non ? Vous vouliez rencontrer la personne à l'origine de cette fin, c'est chose faite ! Maintenant que nous ne sommes que toutes les deux, au milieu de cette grande salle vide, juste vous et moi, il vous sera peut-être plus aisé de vous exprimer en tant que Dame Furina, et non plus en tant qu'Archon Hydro."
Furina sentit son coeur faire des bonds prodigieux dans sa poitrine. Elle lui parlait avec tellement de douceur, tellement de patience, alors qu'elle l'avait blessée. Malgré tout ce que l'Archon Hydro lui avait dit, elle cherchait tout de même à l'aider. Cette fille était décidément un don tombé des cieux !
En notant l'oeil divin Dendro accroché à sa taille comme une boucle de ceinture, la jeune femme comprit pourquoi l'Archon de Sumeru l'avait choisie : elle faisait preuve d'une sagesse et d'une patience hors du commun.
Mais surtout, elle avait été la première capable de voir à travers son masque. Même Monsieur Neuvillette ne l'avait jamais demasquée.
"J'aimerai effectivement que nous en discutions, reprit Furina, balançant ses pieds nerveusement dans le vide sous elle. En vérité, je pense… que j'ai apprécié cette fin. Parce qu'elle est effectivement osée et novatrice. Cela dit ce n'est pas… conventionnel, non ?"
"Vous trouvez que ce n'est pas normal ?" renchérit son interlocutrice, toujours avec autant de patience.
Si l'interprète d'Ondine avait été vexée, elle le cachait divinement bien !
"Non, je… ce n'est pas…"
Furina secoua la tête pour tenter de se remettre les idées au clair.
"J'ai plutôt une question. Elle restera entre nous, si vous ne voulez pas que cela se sache."
"Oui, bien entendu, je vous écoute" répondit l'actrice aux yeux de miroir en calant ses mains sous ses cuisses, comme un geste de nervosité.
Elle ne sut comment, mais Furina trouva le courage de lever les yeux en direction de son interlocutrice. Elle essaya de passer outre l'image d'elle-même que lui renvoyait les iris opaline de la jeune femme pour se concentrer sur le visage de cette dernière. Elle avait quelque chose de spécial qui faisait curieusement bondir son coeur et rendre ses joues plus roses. Furina voyait en elle l'amie qu'elle cherchait depuis tant d'années, l'unique personne qui serait capable de la comprendre. Mais était-elle prête à aller contre les indications de Foçalors et lui révaler la nature du contrat divin qu'elle avait signé avec la véritable Archon Hydro ?
"Pourquoi ? Comment vous est venue cette idée ? C'est… plus une question personnelle."
"Vous êtes curieuse ?" demanda à son tour l'actrice, un sourire enjoué sur les lèvres.
"Un… un peu…" avoua Furina, tout en se pinçant la lèvre inférieure.
"Très bien…" souffla la jeune femme à ses côtés.
L'expression de son visage se transforma du tout au tout. Bien que le sourire sur ses lèvres n'avait pas encore disparu, ses sourcils s'abaissèrent pour lui conférer un air triste et perdu, presque comme… honteux. Furina connaissait bien cette expression, car c'était ce qu'elle avait elle-même ressenti lorsqu'elle s'était présentée la première fois devant le peuple de Fontaine et que son discours avait complètement raté, avant de s'inventer son personnage, sa carapace, qu'elle ne faisait fondre que lorsqu'elle était seule.
D'une certaine façon, cette fille était exactement comme elle. Elle avait une face cachée qu'elle ne révélait à personne, et elle souffrait de ce secret en silence. Les sentiments de Furina à son égard ne firent que se renforcer davantage, et son désir de la connaître un peu plus augmenta à son tour. Elles avaient tant en commun !
L'actrice soupira, avant de lever les yeux au plafond, et d'avouer, enfin :
"C'est effectivement, une raison très… personnelle. Je me suis longtemps cachée aux yeux du monde car, comme vous l'avez dit, c'est une situation pas très… conventionnelle."
Furina écarquilla les yeux, tandis qu'elle fit le chemin toute seule dans son esprit. La jeune femme n'avait pas besoin d'en dire plus, elle avait parfaitement compris.
"Alors… Vous êtes vous-même… souffla Furina, empruntée, le reste de sa phrase mourant dans le creux de sa gorge. Et vous vous êtes dévoilée comme ça, au reste du Monde, devant la scène la plus prodieuge et influente de Teyvat. Vous êtes… scinèrement courageuse."
Un sourire en coin étira les lèvres de son interlocutrice. En le remarquant, Furina ajouta, comme pour la réconforter davantage :
"Et puis, finalement… cette fin a été très bien accueillie par le public."
"Ça… Ça dépend de vous, renchérit la jeune femme aux yeux de miroir en tournant son regard insolite dans la direction de Furina. Vous êtes la critique la plus importante de tout Fontaine. C'est moi qui ai demandé votre présence, ce soir."
"Moi ? Mais pourquoi ?" demanda Furina, abasourdie par une telle révélation.
"Parce que vous êtes la représentente de la Justice. À vous donc de faire savoir au peuple si vous reconnaissez les personnes comme moi. Car je ne suis sans doute pas la seule. Que ce soit ici, à Fontaine, ou même dans Teyvat tout entier."
Furina ne sut que répondre. Tant de responsabilités… Pour la première fois depuis trois cent ans de règne, elle prenait véritablement conscience du fait que les Fontainois vivaient à travers elle et ses décisions. Et cette pensée la rendait quelque peu nerveuse, voire l'inquiétait. Tout reposait donc sur son ultime critique.
La jeune femme ne put s'empêcher d'être déçue. Si l'actrice l'avait suivie, peut-être n'était-ce pas parce qu'elle avait su voir Furina derrière la fausse Foçalor, mais juste pour la convaincre de rédiger une critique qui soit positive. Pour influencer son jugement. Furina ressentit presque une pointe de trahison.
Furina prit une profonde inspiration, avant de s'exlcamer, sur le ton hautain que tout Fontaine lui connaissai t:
"Très bien. Je vais y réfléchir. Mais je vous préviens que le résultat ne sera peut-être pas à la hauteur de vos attentes, très chère."
"J'ai confiance en vous, Dame Furina répondit l'actrice avec calme. Vous prendrez la bonne décision si, pour une fois, vous laissez Furina s'exprimer en lieu et place de Foçalor."
La jeune humaine écarquilla les yeux, tandis qu'elle observa, pantoise, l'actrice se relever. Avec une pointe de déception, Furina se rendit compte qu'elle aurait aimé continuer à discuter sur ce sujet dont elle ne connaissait rien. L'amour entre deux personnes du même sexe, voire du même genre… voilà une chose à laquelle elle n'avait jamais songé. Et tellement de questions se bousculaient dans sa tête. Qui d'autre à part cette jeune femme inconnue aurait pu lui apporter les réponses tant désirées ? Mais elle ne pouvait pas lui demander de demeurer à ses côrés, bien que cela soit, en cet instant, son souhait le plus profond. Furina n'avait déjà que trop abusé de son précieux temps. Elle, elle avait encore bon nombre de paquet d'années devant elle, du moment qu'elle jouait le rôle de Foçalor à la perfection, mais l'actrice, elle… avait une espérance de vie comme une humaine tout ce qu'il y avait de plus banal. Et normale.
"Vous partez ?" demanda alors Furina, ses mots ayant brusquement dépassé sa pensée.
L'actrice baissa la tête dans la direction de l'Archon, un doux sourire flottant sur ses lèvres comme une fleur qui ouvrait ses pétales au printemps. Elle respirait tellement la joie de vivre et la bienveillance, une véritable oreille qui savait entendre et une épaule sur laquelle se poser en cas de besoin que Furina aurait aimé la garder uniquement pour elle, ce soir, et absolument tout lui dire. Cette jeune femme avait autour d'elle une aura indescriptible qui la rendait immédiatment sympathique, une personne à qui l'on pouvait tout confier, tout dire, sans avoir de secret et sans craindre, surtout, le moindre jugement.
"Vous avez l'air déçue" nota la brune aux yeux de miroir, un petit sourire joueur au coin des lèvres.
"N-Non… ! Non ! Non, pas du tout ! répondit Furina, se sentant presque offusquée, tandis que son ton hautain, appartenant plus à son rôle d'Archon qu'à elle-même, refesait surface. Qu'est-ce qui vous fait croire ça ?"
"Vos mots disent certes une chose, mais vos yeux prouvent le contraire. Mais n'ayez crainte, je suis certaine que si c'est ce que le ciel désire, alors nous nous retrouverons. Et bien plus vite que vous ne le pensez."
"Est-ce que c'est… une promesse ?" questionna Furina, dont la voix douce et incertaine avait repris le dessus.
"Je dirai plutôt un souhait" répondit la détentrice du pouvoir Dendro en lui adressant un clin d'oeil équivoque.
Furina sentit son cœur battre la chamade. Quelqu'un, dans ce Monde, désirait sincèrement passer du temps avec elle ? Non pas parce qu'elle était l'Archon Hydro, mais bien parce qu'elle était… Furina. Simplement Furina.
"Sur ce, je vous souhaite une bonne soirée, ma Dame" annonça la jeune femme aux yeux de miroir avec une courbette gracieuse et courtoise.
Furina sentit ses joues rosir, tandis qu'un rire nerveux s'échappa de ses lèvres. Des révérences, elle en avait déjà eues de nombreuses dans sa vie. Mais, curieusement, celle-ci était... différente. Elle n'aurait su expliquer pourquoi, exactement, juste une impression étrange et inconnue au fond d'elle-même.
L'actrice se redressa, lui adressa un radieux sourire ainsi qu'un signe de la main, avant de sauter par-dessus le bord de la scène pour rejoindre les rangées de sièges vides. Elle allait pour s'enfoncer entre les assises de velours, lorsque la voix de Furina retentit tout à coup, pressante :
"Attendez !"
Une fois encore, ses mots avaient dépassé sa pensée et étaient sortis de sa bouche sans même qu'elle ne puisse les contrôler. Furina se redressa avec difficulté sur ses pieds, chancela même, avant de trouver un équilibre convenable.
"Comment… Comment vous appelez-vous ?"
La jeune femme aux boucles chocolat demeura un long moment dans sa position à demie tournée vers Furina, l'observant en silence. Ce fut immédiatement comme si le temps s'était arrêté autour de deux jeunes femmes, où l'une comme l'autre fixa son regard sur la silhouette de son interlocutrice. Pendant ce temps d'observation, Furina sentit son coeur battre si fort, si vite, qu'il se cognait contre sa cage thoracique avec fracas, presque à lui en faire mal. De sa très longue vie, c'était bien la première fois qu'un tel sentiment la traversait. Et il avait quelque chose d'ennivrant, comme si elle souhaitant ne jamais s'en débarasser.
Puis, quand l'interprétatrice d'Ondine se décida enfin à se tourner complètement en direction de la jeune femme qui prétendait être un Archon, elle annonça, tout sourire :
"Azalea."
Voilà qui marque donc la fin de ce chapitre un peu plus long que les précédents ! J'ai beaucoup aimé écrire ce dialogue entre Furina et Azalea (maintenant qu'on connait son prénom !), et j'ai hâte de les retrouver de nouveau ensemble !
Que va faire Furina concernant sa critique ? Va-t-elle faire passer son coeur avant son devoir, et permettre ainsi d'ouvrir de nouvelles portes ? Réponse, peut-être, au prochain chapitre !
