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Vos lectures, vos retours et vos petits mots me motivent énormément. C'est un vrai plaisir de partager cette histoire avec vous, et j'espère que la suite vous plaira tout autant. À très vite !
Chapitre 19: "théorie du canapé"
Le silence entre eux était presque assourdissant, seulement brisé par les bruits de pas de Cameron sur le sol carrelé et le tapotement de la canne de House. La conversation quelques instants plus tôt avec Chase planait encore comme une ombre pesante. Cameron marchait d'un pas rapide, le dos bien droit, mais House n'eut aucun mal à percevoir la tension dans sa nuque et ses épaules, sa façon de serrer légèrement les poings.
House, à côté d'elle, essayait de capter son regard, mais Cameron évitait soigneusement tout contact visuel. Son expression était un mélange de colère refoulée et de trouble qu'elle semblait vouloir dissimuler.
— Tu sais, j'ai lu quelque part qu'un peu de stress était bon pour le développement du bébé, dit-il en jouant distraitement avec sa canne. Alors, techniquement, cette conversation avec Chase vient de rendre service au futur génie en herbe.
Cameron s'arrêta brusquement, pivotant sur ses talons pour lui faire face. Tous deux étaient désormais face à face. Les yeux de Cameron brillaient d'une intensité qu'il ne voyait que rarement.
— House, arrête. Juste… arrête.
Sa voix était ferme, mais il y avait une fissure, presque imperceptible, qui laissait transparaître sa fatigue.
— J'ai été mariée à cet homme, lâcha-t-elle, comme une évidence douloureuse.
House s'immobilisa, surpris par l'intensité de son ton. Son sourire sarcastique s'évanouit, laissant place à une expression plus sérieuse. Il planta ses yeux dans les siens, et pour un instant, il sembla chercher les bons mots.
— Je sais, dit-il doucement, presque à contrecœur. Et je le respecte.
Cameron eut un rire sec, un sourire incrédule étirant ses lèvres. Elle croisa les bras sur son ventre, comme pour se protéger.
— Tu respectes ça ? Vraiment ? Depuis quand ? Parce que tout ce que j'ai vu ces dernières années, c'est à quel point tu aimais le rabaisser, lui faire comprendre qu'il n'était jamais à la hauteur.
House pencha légèrement la tête, son regard s'assombrissant.
— Je respecte le fait qu'il t'aimait, répondit-il, sa voix plus grave. Il t'a aimée, il a essayé de te rendre heureuse… Et ça, c'est quelque chose que je ne peux pas lui enlever.
Un silence tomba entre eux. Cameron le fixait, son visage indéchiffrable, mais ses yeux semblaient vaciller entre colère et quelque chose de plus vulnérable.
— Mais ? continua-t-elle, sentant qu'il n'avait pas fini.
House haussa les épaules, un geste presque imperceptible, mais son regard ne quitta pas le sien.
— Mais je ne l'ai jamais aimé. Je ne l'ai jamais supporté. Et encore moins quand tu étais marié avec lui.
Cameron resta figée, ses bras tombant lentement de son ventre. Les mots de House avaient frappé quelque chose en elle, une corde sensible qu'elle n'était pas prête à affronter.
— Pourquoi ? demanda-t-elle finalement, sa voix à peine un murmure.
House laissa échapper un rire sans joie, baissant brièvement les yeux avant de les relever pour la regarder droit dans les siens.
— Tu sais très bien pourquoi, dit-il simplement.
Puis il détourna le regard et reprit sa marche sans un mot de plus. Cameron sentit un poids dans sa poitrine, une lourdeur qui la clouait sur place. Elle savait qu'il n'en dirait pas davantage. C'était ainsi que House fonctionnait : il s'approchait juste assez près de la vérité pour la rendre insupportable, puis s'éloignait avant que les conséquences ne le rattrapent.
Elle le regarda s'éloigner, son ombre s'étirant sous les néons froids.
Finalement, un léger sourire amer effleura son visage. Elle reprit sa marche, ses pas calant leur rythme sur le tapotement de la canne de House qui l'attendait déjà dans la salle de diagnostic. Lorsqu'elle le rejoignit l'atmosphère était lourde, presque palpable, et les regards de l'équipe trahissaient leur nervosité. Foreman, Taub et Thirteen se tenaient autour de la table, les traits crispés. Un silence inquiétant régnait, le genre de silence qui précède les mauvaises nouvelles.
Le patient, qu'ils avaient cru stabiliser, montrait des signes alarmants de rechute. House balaya la pièce du regard, sa voix éclatant soudain comme une détonation:
— Qu'est-ce qui s'est passé? Pourquoi personne ne m'a appelé?!
Foreman, manifestement agacé, ne tarda pas à répliquer, son ton ferme mais sans éclat:
— Vous étiez sur répondeur depuis une heure. On a essayé, encore et encore.
Il tendit les derniers résultats d'analyse à House, qui s'en empara sans un mot. Ses yeux s'attardèrent sur les chiffres, déchiffrant en quelques secondes ce qui aurait pris à d'autres des minutes. Le papier lui-même semblait lourd, presque chargé de la gravité des données qu'il contenait: des marqueurs biologiques hors normes, des valeurs qui dessinaient une vérité sombre et irréversible.
Cameron, légèrement en retrait, fixait les résultats d'un air vide. Ses épaules s'étaient affaissées, comme si le poids invisible de sa culpabilité l'écrasait. Chaque courbe sur les graphiques, chaque chiffre désastreux semblait crier son échec, une condamnation silencieuse qu'elle ne pouvait ignorer.
C'était elle qui avait poussé pour cette solution. Elle qui avait convaincu Cuddy, les yeux brillants d'espoir, que ce protocole expérimental était leur meilleure chance. Elle s'était portée garante, avait mis en jeu non seulement sa réputation, mais aussi celle de l'équipe. Et maintenant, les conséquences de ce pari hasardeux lui revenaient en pleine figure, brutales et implacables.
House, toujours debout, triturait machinalement sa canne, ses doigts jouant sur le bois usé. Son regard perçant se posa sur Cameron, la scrutant comme si elle était une énigme qu'il peinait à résoudre.
Le silence dura quelques secondes, assez longues pour devenir insupportables, avant qu'il ne le brise d'un ton tranchant, teinté de ce sarcasme qu'il maniait comme une arme:
«C'est fascinant. Tu sauves la mise à tout le monde, Cameron, et voilà comment la médecine te remercie: par une claque en pleine figure. Magnifique. »
Son sourire en coin, froid et calculé, n'atteignait pas ses yeux. Cameron ne bougea pas. Ses lèvres s'entrouvrirent, mais aucun son n'en sortit. Tout en elle criait qu'elle voulait se défendre, mais les mots restaient coincés dans sa gorge, écrasés par le poids de sa propre responsabilité.
House, lui, détourna les yeux, posant les analyses sur la table comme s'il venait de clore une affaire sans appel.
Cameron leva les yeux vers lui, son regard brillant de colère. Pourtant, une pointe de fatigue alourdissait ses traits, trahissant un épuisement qu'elle s'efforçait de masquer. Ses mains tremblaient légèrement, mais elle les serra en poings pour contenir sa nervosité avant de répondre: «Je sais que j'ai pris un risque, House, merci de me le rappeler. Et si on échoue, j'ai bien conscience que c'est moi qui en paierai le prix.»
House la dévisagea, ses lèvres s'étirant légèrement en un rictus cynique. Mais en scrutant de plus près, il nota les fines ridules de tension autour de ses yeux, la manière dont ses doigts se crispaient sur le bord de la table. Même si elle s'efforçait de tenir tête, il voyait bien qu'elle était à bout. Son instinct, affûté par des années d'observation et de diagnostics, lui soufflait que Cameron n'était pas loin de s'effondrer.
Il poussa un profond soupir, passa une main lasse sur sa nuque, et se tourna vers le reste de l'équipe, qui se tenait en retrait, silencieuse, comme si le moindre mot pouvait briser le fragile équilibre de la pièce.
«Thirteen, Foreman, Taub, arrêtez de jouer les spectateurs. Allez faire des tests. Biopsies, analyses, IRM… scannez tout ce qui peut l'être. Vous êtes médecins, non? Alors agissez.»
Les trois membres de l'équipe échangèrent un regard avant de s'exécuter sans un mot. Lorsque la porte se referma derrière eux, le silence revint, plus lourd encore. House se rapprocha de Cameron qui était assise sur une chaise médusée, son regard s'adoucissant presque imperceptiblement.
Sa voix perdit son tranchant habituel, se faisant plus calme, presque compatissante. «Tu n'as plus rien à prouver. Pas à moi, pas à Cuddy, et certainement pas au patient. Regarde-toi, Cameron. Tu es enceinte de sept mois, et tu tiens debout uniquement par la force de ta culpabilité.»
Elle détourna les yeux, les bras croisés, comme pour se protéger de ses paroles. Sa posture défensive, ses traits crispés trahissaient son combat intérieur. «Je vais bien. Ce patient a besoin de moi. Je vais rejoindre les autres.»
House secoua la tête, exaspéré, mais avec une pointe de sollicitude qu'il peinait à masquer. Il fit un pas en avant, se penchant légèrement pour capter son regard. «Non. Ce patient a besoin de moi. Et toi, tu as besoin de rentrer chez toi. Rentre, mange, repose-toi, tu veux être utile? Fais ça. Sinon, tu ne seras plus qu'une autre épave à gérer ici.»
Cameron serra les mâchoires, visiblement partagée entre sa volonté de rester et l'épuisement qui la tiraillait. Sa voix se fit plus faible, presque tremblante. «Je ne peux pas rentrer maintenant. Mon appartement est en travaux. Je pensais rentrer plus tard. Il y a des ouvriers partout jusqu'à tard ce soir, du bruit, des cartons … Je n'arriverai pas à me reposer. Autant rester ici et être utile.»
House glissa une main dans sa poche et en sortit ses clefs, les tendant vers elle avec une nonchalance étudiée. «Très bien. Prends ça. Mon canapé est mieux que n'importe quelle chaise de cet hôpital, et sûrement mieux que ton chantier.»
Elle le regarda un instant, hésitante, avant de prendre les clefs. Ses doigts effleurèrent les siens brièvement, mais House ne sembla pas y prêter attention. Il ajouta, plus doucement: «Je te tiens au courant s'il y a du nouveau.»
Cameron hocha la tête, son regard trahissant une gratitude qu'elle ne formula pas. Elle tourna les talons et quitta la pièce, laissant House seul avec ses pensées.
Cameron poussa doucement la porte de l'appartement de House et alluma la lumière. Immédiatement, l'ambiance familière la frappa: bien qu'elle ait déjà visité ces lieux, elle retrouva ce curieux mélange de chaos apparent et d'organisation presque méthodique. Le salon était encombré, mais pas désordonné, comme un puzzle savamment orchestré. Le piano, imposant, trônait toujours à la même place, son bois sombre renvoyant une aura intemporelle. Contre un mur, des piles de livres médicaux et de romans formaient des tours bancales sur des tables, tandis qu'un fauteuil usé semblait avoir enduré des heures de réflexion solitaire.
Elle déposa son sac près de l'entrée et avança à pas feutrés, comme si elle craignait de troubler un équilibre fragile. Chaque détail semblait capter son regard, comme si elle redécouvrait les lieux. Sur une étagère, une collection de vinyles soigneusement alignés se détachait du désordre ambiant. Son doigt effleura une pile de magazines médicaux abandonnés sur une chaise, avant que son regard ne tombe sur un flacon de Vicodin à moitié plein laissé négligemment sur la table basse.
Un sourire en coin effleura ses lèvres lorsqu'elle aperçut une photo encadrée: House et Wilson, leurs sourires sincères illuminant le cliché. Une image rare, presque incongrue dans ce décor austère, mais qui réchauffa imperceptiblement l'atmosphère.
Elle s'assit sur le canapé, un long soupir s'échappant de ses lèvres tandis qu'elle s'enfonçait légèrement dans le cuir usé. Son corps réclamait du repos, mais son esprit, lui, refusait de céder. Comme un manège infernal, ses pensées tournaient sans fin autour de leur patient. Elle repassait chaque étape, chaque décision, cherchant désespérément l'erreur qui avait pu leur échapper. La culpabilité s'entremêlait à la frustration, un poids invisible qu'elle n'arrivait pas à poser.
La fatigue alourdissant ses membres, elle se pencha néanmoins pour attraper son sac. D'un geste mécanique, elle sortit son ordinateur et l'alluma. Le doux bourdonnement du ventilateur emplit le silence presque religieux de l'appartement, tandis que l'écran s'illuminait. Ses doigts glissèrent rapidement sur le clavier: ouvrir des dossiers, revisiter des analyses, confronter les diagnostics posés et les hypothèses écartées.
Le temps s'étira. Une heure passa. Soudain, un grondement sourd brisa sa concentration. Son estomac protestait bruyamment, exigeant une attention qu'elle lui refusait depuis des heures. Instinctivement, elle posa une main sur son ventre arrondi. En réponse, le bébé donna un léger coup, comme pour rappeler sa présence. Un sourire furtif traversa son visage malgré elle. Ce geste simple, presque anodin, lui rappela qu'elle n'était pas seule. La petite vie en elle la ramenait doucement à la réalité.
« D'accord, d'accord… » murmura-t-elle, à mi-voix, comme si elle s'adressait au bébé. « Je vais manger quelque chose. »
Avec un soupir résigné, elle referma son ordinateur et se leva lentement, s'appuyant sur l'accoudoir du canapé pour soulager ses jambes lourdes. En traversant l'appartement en direction de la cuisine, elle s'arrêta un instant, fascinée une fois de plus par ce mélange étrange d'ordre et de désordre si caractéristique de House. Les piles de livres sur la table, les boîtes en carton empilées près d'un mur, les notes griffonnées sur des feuilles éparpillées sur le comptoir… Chaque détail semblait crier son identité, comme un miroir brut de son esprit complexe et brillant.
Arrivée devant le réfrigérateur, elle posa la main sur la poignée métallique et l'ouvrit doucement. Une bouffée d'air frais s'échappa, révélant un intérieur aussi atypique que son propriétaire. Des boîtes à emporter s'empilaient sur les étagères, côtoyant des bouteilles de bière et quelques sandwichs emballés sous vide.
Elle attrapa un sandwich, l'observa distraitement, puis se tourna vers l'évier pour remplir un verre d'eau. En déballant le sandwich, elle croqua dedans rapidement, presque machinalement. Ses pensées, déjà ramenées vers son patient, refusaient de lâcher prise. Chaque bouchée semblait un effort: elle n'avait pas perdu l'appétit, mais son esprit était prisonnier d'une spirale de préoccupations.
Finalement, incapable de rester loin de ses recherches, elle retourna s'asseoir sur le canapé, rouvrit son ordinateur et plongea à nouveau dans son travail. L'adrénaline et l'inquiétude prenaient le dessus sur la fatigue. Ses doigts couraient frénétiquement sur le clavier, cherchant des réponses dans les moindres détails, analysant encore et encore des données déjà parcourues.
Elle travailla ainsi pendant des heures, chaque minute la rapprochant un peu plus de l'épuisement total, mais l'idée d'abandonner ne lui effleura pas l'esprit.
Pendant ce temps, à Princeton-Plainsboro, dans la salle de diagnostic, l'équipe de House revenait tout juste du labo. Ils se figèrent en entrant, les résultats en main, mais leurs visages trahissaient une frustration palpable.
Au centre de la pièce, House se tenait devant le tableau blanc, son feutre raclant nerveusement la surface. Il griffonnait, effaçait, recommençait, son esprit en perpétuelle ébullition. Son regard était rivé sur les hypothèses qu'il alignait, comme si la réponse était là, juste sous son nez, et qu'il lui suffisait de la provoquer.
« Où est Cameron ? » lança Thirteen en brisant le silence.
Foreman haussa les épaules. « Elle n'est pas là, on avance. »
House leva un sourcil, moqueur. « Fascinant. Vous perdez du temps à discuter de l'absence de Cameron plutôt que de vous concentrer sur la vraie question : pourquoi notre patient se décompose sous nos yeux ? Une gestion des priorités… géniale. »
Le silence s'intensifia avant qu'il ne reprenne, sec et direct : « Alors, qu'est-ce qu'on a ? »
Taub s'avança. « Pas de cancer ni de dégénérescence cellulaire. Les biopsies sont normales. »
Foreman ajouta : « L'IRM est claire aussi. Pas de tumeur, rien. »
Thirteen réfléchit à voix haute. « Mais ses taux de lactate explosent. Une maladie métabolique rare ? Quelque chose d'invisible ? »
House frappa le sol avec sa canne. « Une maladie métabolique ? C'est une idée, mais inutile sans preuves solides. »
Il commença à faire les cent pas. « Le cœur est stable, les reins tiennent, mais les muscles lâchent. Pourquoi ? Pourquoi maintenant ? Quelque chose a déclenché ce chaos. »
Foreman, agacé, croisa les bras. « On tourne en rond. Si ce n'est ni infectieux ni tumoral… »
Une étincelle traversa le regard de House. « Et si c'était un facteur environnemental ? Quelque chose qu'on a ignoré en cherchant des réponses évidentes ? »
À cet instant, le téléphone de Foreman vibra. Il lut le message de Cameron discrètement : « Essaie cette piste. Mais ne dis pas à House que ça vient de moi. »
Foreman hésita, puis lança : « J'ai peut-être une théorie. »
House, moqueur, l'interrompit : « Une théorie? De votre part? Et pourquoi cette brillante illumination a-t-elle mis autant de temps à arriver? Eclairez nous, Nostradamus. »
Ignorant la pique, Foreman poursuivit : « Si c'est un facteur environnemental, ça pourrait être lié à ce qu'il a ingéré avant son hospitalisation. Une réaction au traitement expérimental ? Une perturbation des enzymes pancréatiques qui déraille son métabolisme. »
House se figea, les pièces du puzzle se mettant en place. « Les enzymes… Ça expliquerait l'accumulation de lactate. »
Il se tourna vers Taub et Thirteen. « Faites une recherche exhaustive sur tout ce qu'il a ingéré, médicaments, toxines, compléments… »
Thirteen, après un instant de réflexion, suggéra : « Et un inhibiteur enzymatique pour stabiliser la situation temporairement ? »
House hocha la tête. « Pas idiot. Faites-le. Maintenant. »
L'équipe quitta la pièce précipitamment, laissant House seul. Il posa une main sur la table, prenant une profonde inspiration. Il savait qu'il devait résoudre ce cas, non seulement pour le patient, mais aussi pour Cameron. Cette culpabilité qu'elle portait, il en était en partie responsable. Elle avait pris ce risque pour lui, pour son équipe. Et il ne pouvait pas la laisser tomber.
Du côté de Cameron, il n'y avait plus qu'à attendre. Elle venait d'envoyer sa théorie à Foreman et il n'y avait plus qu'à croiser les doigts pour que celle ci soit concluante. La fatigue l'envahissait peu à peu. Elle fixa l'écran de son téléphone : 00h30, toujours pas de nouvelles de House, ni du reste de l'équipe. Avec un soupir, elle se résigna à se lever.
Elle se rendit au bout du couloir, puis, hésitante, poussa doucement la porte de la chambre de House. La pièce était aussi sobre qu'elle s'en souvenait. Une bibliothèque imposante occupait tout un mur, remplie de livres aux couvertures usées, et le lit, large et étonnement bien fait, trônait au centre de la pièce. Mais ce qui captura immédiatement son attention, c'était l'odeur.
Un mélange subtil de savon et de musc flottait dans l'air. Une fragrance familière, presque ancrée en elle, profondément liée à House. Elle s'approcha lentement, ses doigts glissant sur le bois du lit, puis sur les draps sombres. Le tissu, doux et légèrement froissé, semblait encore imprégné de sa présence.
Elle inspira profondément, presque malgré elle, captant ce parfum qui l'apaisait d'une manière étrange. Une chaleur familière l'enveloppa, chassant un instant la fatigue et la tension des dernières heures. Elle s'assit sur le bord du lit, hésitant à s'allonger. Mais ses muscles, épuisés, finirent par céder.
Lorsqu'elle se leva pour se coucher, ses yeux se posèrent sur l'armoire ouverte de House, ses affaires pliées à l'intérieur. Un instant, elle hésita, puis se leva, ses pas l'attirant presque malgré elle. Elle parcourut les chemises empilées, ses doigts effleurant le tissu avant de saisir une chemise de coton, bleue, d'une teinte qui lui paraissait étrangement apaisante. Elle l'enfila, le col un peu large sur ses épaules, avant de se glisser sous les draps.
Le vêtement était trop grand, mais c'était comme si une part de lui l'accompagnait, la réchauffant. Elle s'étendit enfin, sentant la douceur du matelas et la chaleur réconfortante des draps. Ses pensées tourbillonnaient encore, mais peu à peu, l'épuisement l'emporta. Le parfum de House semblait l'envelopper comme une présence silencieuse, et, lentement, elle s'abandonna au sommeil, trouvant enfin le répit qu'elle cherchait.
Vers 3h du matin, lorsqu'il ouvrit la porte de son appartement, House sentit immédiatement le calme qui y régnait. Pas de bruit, pas de lumière vive, seulement une sérénité inhabituelle qui flottait dans l'air. Il referma doucement la porte derrière lui, et jeta un coup d'œil vers le canapé du salon. Vide.
Fronçant légèrement les sourcils, il se dirigea instinctivement vers sa chambre. Il poussa la porte avec précaution et la il l'aperçut. Elle était là, allongée sur son lit.
La lumière tamisée des lampes de chevet créait un halo doré autour d'elle. Sa respiration était régulière, son visage détendu, dépourvu de l'anxiété qui l'habitait presque constamment ces derniers temps. Ses cheveux blonds encadraient son visage comme une auréole, et ses mains reposaient délicatement sur son ventre arrondi.
House resta immobile dans l'embrasure de la porte, surpris. Il s'était imaginé la trouver sur le canapé Mais la voir ici, dans son lit, semblait à la fois étrange et… juste.
Il s'appuya légèrement sur sa canne, son regard parcourant la scène avec une attention inhabituelle. La couverture avait glissé partiellement, révélant une de ses chemises à lui qu'elle avait dû enfiler en arrivant. Le tissu, bien trop large pour elle, accentuait sa silhouette.
Une émotion qu'il ne s'autorisait que rarement à ressentir le traversa: de la tendresse. Il ne se souvenait pas de la dernière fois où quelqu'un avait occupé cet espace intime autrement que comme une distraction passagère. Et là, c'était Cameron, endormie, visiblement en confiance, au milieu de ses draps.
Il s'avança lentement, presque à contrecœur, de peur de rompre la tranquillité du moment. Ses yeux s'attardèrent sur elle, capturant chaque détail. Les traits fatigués qu'il voyait à l'hôpital avaient disparu, remplacés par une douceur paisible.
La couverture qui avait glissé, dévoilant une partie de sa silhouette. Il hésita un instant, puis tendit la main pour ajuster la couverture sur elle. Ce geste, si inhabituel pour lui, sembla l'émouvoir autant qu'il le dérangea.
Au contact du tissu, Cameron ouvrit les yeux. Elle mit quelques secondes à émerger, son regard encore embrumé croisant celui de House. Un sourire étira doucement ses lèvres, mélange de surprise et de satisfaction.
« House… » murmura-t-elle.
Il resta là, debout près du lit, la fixant avec un regard plus doux que d'habitude. Puis, sans un mot, il s'assit lentement sur le bord du lit, posant sa canne contre la table de chevet.
Elle fronça légèrement les sourcils, semblant soudainement alerte. « Le patient… Est-ce qu'il est… ? »
House hocha la tête lentement. Son visage restait impassible, mais une lueur d'ironie passa brièvement dans ses yeux. « Il va bien. Il est sorti d'affaire. »
Un soupir de soulagement s'échappa des lèvres de Cameron. Elle se redressa légèrement, et dans un geste naturel, l'enlaça doucement. « Merci, » murmura-t-elle, sa voix vibrante d'émotion.
House ne réagit pas immédiatement, surpris par le contact, mais il finit par répondre, son bras se posant lentement autour d'elle.
Quand elle se détacha, il la regarda, un éclat malicieux dans les yeux. « Bravo pour le diagnostic. »
Elle le regarda, perplexe. « Mais… comment? »
Il haussait un sourcil, l'air faussement choqué. « Vraiment ? Après tout ce temps, tu doutes encore de ma capacité à deviner que Foreman n'avait pas assez de neurones pour découvrir ça tout seul? »
Elle laissa échapper un sourire timide, secoua la tête. « Merci... »
House se leva alors, attrapant sa canne. « Rendors toi. Tu dois être épuisée. »
Cameron le regarda, hésita un instant, puis prit sa main. « Non, s'il te plaît, reste. »
Il arqua un sourcil, surpris, mais elle acquiesça, son regard calme et direct. « Tu as l'air tout aussi épuisé. Et c'est ton lit, après tout. »
Un instant de silence suspendit le temps, tandis que House semblait peser le pour et le contre, ses pensées inscrites dans la tension de ses traits. Cameron ne le quittait pas des yeux, son regard fixe et pénétrant, scrutant chaque mouvement, chaque hésitation. L'atmosphère dans la pièce devint plus dense, presque palpable, comme si leur échange silencieux retenait son propre souffle.
Finalement, House céda, brisant l'immobilité avec une nonchalance feinte. Sans un mot, il se pencha pour se défaire de ses chaussures, puis fit glisser son pantalon avec une économie de gestes, ne gardant que son tee-shirt et son caleçon. Il posa sa canne au sol dans un léger bruit sourd, puis se glissa dans le lit avec une hésitation qu'il ne chercha pas à dissimuler, choisissant instinctivement le côté opposé à Cameron.
La tension dans ses épaules trahissait un mélange de fatigue et d'inconfort, mais il ne prononça toujours pas un mot, comme si le silence portait plus de sens que tout ce qu'il aurait pu dire. Cameron prit l'initiative de se rapprocher de lui, sa tête trouvant instinctivement sa place sur son torse. Le silence retomba dans la pièce, mais il était différent, presque complice. House, raide au début, finit par détendre son bras et le poser délicatement autour d'elle.
Il n'y avait pas de mots, pas de gestes précipités. Juste l'instant. Mais quelque chose flottait dans l'air, une tension croissante, palpable.
Cameron releva doucement le visage. Leurs regards se croisèrent, un instant suspendu où aucune parole n'était nécessaire. Ses lèvres s'approchèrent des siennes, hésitantes, testant la barrière fragile entre eux. Mais c'est House qui, brusquement, franchit cette limite. Il combla l'espace, ses lèvres s'emparant des siennes avec une tendresse inhabituelle, mêlée d'une intensité qu'il n'essayait plus de dissimuler.
Le baiser, d'abord doux et exploratoire, se fit plus profond, plus urgent. House l'attira doucement à lui, ses mains trouvant naturellement sa taille. Mais il était attentif, mesuré, conscient de la fragilité de son corps transformé par la grossesse. Ses gestes étaient délicats, précis, guidés par un mélange de désir et de soin qu'il ne laissait voir à personne d'autre.
Sa main glissa lentement dans son dos, caressant la courbe de ses hanches avant de revenir vers le devant de sa chemise. Il hésita une fraction de seconde, puis ses doigts commencèrent à défaire les boutons, un à un, sans précipitation. À chaque bouton libéré, il découvrait une nouvelle parcelle de peau, chaude et douce sous ses doigts. Il fini par faire glisser la chemise le long des épaules de Cameron, révélant enfin l'objet de tous ces désirs depuis ces 24 dernières heures : House recula légèrement pour l'observer et ses yeux ne quittèrent pas son corps. Il resta un instant figé, son regard s'attardant sur ses seins. Leur rondeur parfaite, accentuée par la grossesse, semblait captiver toute son tendit une main, hésitant une fraction de seconde, avant de poser doucement sa paume sur l'un d'eux. La chaleur et la douceur de sa peau le firent frissonner. Il caressa délicatement la courbe, son pouce effleurant un point sensible, arrachant un soupir à Cameron.
« Magnifique... » souffla-t-il, presque dans un murmure. Ce n'était pas une remarque lancée au hasard, mais une vérité brute, exprimée avec une sincérité désarmante.
Cameron ferma les yeux, submergée par les sensations qu'il provoquait en elle. Ses mains, un peu tremblantes, s'accrochèrent à ses épaules, cherchant un appui alors que leurs baisers devenaient de plus en plus intenses.
C'est alors qu'elle glissa ses mains sous son tee-shirt, ses doigts explorant la chaleur de sa peau nue, comme si elle cherchait à graver cet instant dans sa mémoire. Elle sentit son souffle s'accélérer sous son toucher. Avec assurance, elle fit glisser son tee-shirt par-dessus sa tête, dévoilant enfin son torse nu. Leurs corps se rapprochèrent, et elle l'embrassa à nouveau, plus passionnée cette fois, laissant leurs désirs s'exprimer pleinement.
House l'allongea délicatement sur le dos , ses gestes toujours empreints de cette attention particulière. Il se plaça au dessus d'elle, son regard ancré dans le sien, comme s'il cherchait à imprimer cet instant dans sa mémoire. Ses lèvres parcoururent son cou, la naissance de ses épaules, et descendirent avec une lenteur calculée jusqu'à sa poitrine. Il s'arrêta juste assez longtemps pour savourer ses réactions : les frissons qui parcouraient son corps, les soupirs qui s'échappaient de ses lèvres.
Cameron, le souffle court, glissa ses doigts dans ses cheveux, l'encourageant sans un mot. Entre deux baisers haletants, elle murmura enfin, avec un sourire à peine perceptible : « J'ai gagné. »
Les lèvres de Cameron se jetèrent à nouveau sur les siennes, fébriles, l'empêchant de répondre. House, pourtant, n'était pas homme à ignorer une provocation, même dans un tel moment. Il ralentit soudain leurs gestes, brisant l'élan de passion. Il se redressa légèrement, plantant son regard bleu, intense, dans celui de Cameron.
« Alors c'est un jeu pour toi ? » demanda-t-il d'une voix rauque, teintée d'une froideur inattendue.
Cameron resta interdite, surprise par le brusque changement dans son attitude. Il la fixait, une ombre d'incompréhension et de frustration dans les yeux, comme s'il cherchait à percer ses intentions.
Elle secoua la tête, visiblement troublée. « Non… ce n'était pas ce que je voulais dire… »
Mais House se redressa déjà, son regard bleu devenu glacé. Il attrapa son t-shirt et l'enfila avec une brusquerie inhabituelle. « Bien sûr, » répondit il sèchement, avant de prendre sa canne et de se lever. Il tourna le dos à Cameron, se dirigeant vers la porte, sa main serrant la canne. Il ne comprenait pas. Cette situation lui échappait.
« Je n'arrive pas à croire ce que je vais dire, mais… je vais dormir sur le canapé. » Il s'arrêta un instant, presque en proie à un dilemme intérieur. Puis, il se dirigea sans un mot vers la porte, son dos raide, comme une barrière entre eux.
Cameron resta figée, la gorge nouée. « House… » murmura-t-elle, mais il ne se retourna pas.
La porte se referma derrière lui, et la pièce plongea dans un silence oppressant. Cameron porta une main tremblante à son visage, un mélange de regret et d'incompréhension se peignant sur ses traits. Le vide laissé par son départ semblait encore résonner, comme un écho cruel d'un moment presque parfait, désormais brisé.
Désolée de vous laisser ainsi, ne me haïssez pas surtout ! Promis je me rattraperai ;)
